PROS
FROT
que latine-française de Panckoucke) : en vers, par Mollevant, 1821 ; par Denne-Baron, 1825.
PROPHÈTES, hommes inspirés de Dieu.
Leurs prophéties roulaient le plus souvent sur les événements politiques, sur l’avenir de la Judée et des états voisins , sur le Messie et sur sa venue. Ou distingue les prophètes juifs en deux classes , ceux qui ont laissé des écrits , ceux qui n’en ont pas laissé. Les premiers se divisent en grands et petits prophètes; les grands sont Isa'ie, Jérémie (auquel on joint Baruch, son disciple), Daniel, Ezéchiel. Les petits sont : Osée , Joël , Amos, Abdias, Michée, Jonas, Nahum, Habacuc, Sophonias, Aggée, Zacharie, Malachie; en tout dix-sept. — On compte aussi 2 prophétesses : Débora, aut. d’un cantique cél., et Holda, contemporaine du roi Josias. L’histoire sainte fait mention d’un grand nombre de faux prophètes; ils pouvaient quelquefois dire la vérité, mais ils étaient inspirés par Baal, et non par le vrai Dieu.
PROP1AG (girard, chevalier de), noble bourguignon , né vers 1760 , mort en 1823 , servit dans l’armée des princes, revint en France sous le consulat, et fut nommé archiviste du dép. de la Seine. Il a laissé un grand nombre de compilations, la plupart sous le titre de : Beautés de V histoire (titre renouvelé de Durdent); le Plutarque français , 18 13; Dictionnaire d' émulation, 1820, et plusieurs traductions de l’allemand , parmi lesquelles celle de l' Histoire de Gustave IVasa, d’Archenholtz, et celle des Nouveaux contes moraux d’Auguste Lafontaine.
PROPONT1DE, Propontis , auj. mer de Marmara, petite mer unie à l’Égée par l’Hellespont, au Pont- Euxin par le Bosphore de Thrace , doit son nom à sa position en avant (pro) de cette dernière mer.
PROPRÉTEUR, d eproprætore, magistrat romain faisant fonctions de préteur; c’était tantôt un préteur dont on prolongeait la magistrature, tantôt un personnage qui n’avait jamais géré la préture. Ce dernier cas fut fréquent sous l’empire. Comme le préteur, il avait six licteurs.
PROSCRIPTIONS. Le premier àRome, Sylla proscrivit des citoyens et dressa des taLles de proscrits. Les triumvirs Octave , Antoine et Lépide imitèrent cet exemple. Les dénonciateurs, les meurtriers; recevaient en récompense une partie des biens Je la victime; et l’avidité, plus que la vengeance, prolongea le cours de ces assassinats. Les noms des proscrits étaient affichés au coin des rues, dans les places, sur des listes qu’on appela tables de proscriptions.
PROSERPINE, Perséphonê, fille de Jupiter et deCérès, était femme de Pluton et déesse des enfers. Dans sa jeunesse, elle cueillait des fleurs dans la vallée d’Enna (en Sicile), lorsque Pluton la vit et l’enleva pour l’épouser. Cérès la chercha par toute la terre , et quand elle Peut enfin trouvée, il fut décidé par Jupiter que Proserpine ne lui serait rendue que si elle n’avait encore rien mangé aux Enfers ; or, elle avait sucé des pépins de grenade, et Ascalaphe, qui l’avait vue, le révéla. Pirithoüs et Thésée descendirent aux enfers pour ravir Proserpine à Pluton , mais ils échouèreut dans cette criminelle tentative. On ne donne point d’enfants à Proserpine. Son culte était surtout répandu en Sicile, et el le y partageait les adorations avec Cérès , sa mère. Du reste, elle a, comme divinité , de grands rapports avec Cérès , Junou , Vénus et Diane, et souvent on l’a identifiée avec ces déesses : de là ses noms d’Hécate , de Juno infema. On en fait aussi une des divinités cabiriques. On la représente ordinairement sous la figure d’une belle femme, assise près de son époux sur un trône d’ébène, l’air morne, et tenant à la main un pavot, symbole de l’éternel assoupissement.
PROSPER (saint! , né en Aquitaine en 403, mort vers 463 , cultiva les lettres avec succès; il vint à Rome dénoncer au pape les progrès du semi-pélagianisme et écrivit beaucoup contre cette hérésie. D
composa contre elle un poëme latin : les Ingrats (désignant ainsi les semi-pélagieus , qui se montraient ingrats en ne reconnaissant pas la grâce divine). On a aussi de lui une Chronique estimée. Les meilleures éditions de ses ouvrages sont celles de Rome, 1752, et de Paris, 1750. Le poëme contre les Ingrats a été traduit en prose par Lequeux, Paris, 1 7 62; en vers par Lemaistre de Sacy , 1 646, et imité par L. Racine dans la Grâce. On fête S.Pr. le 25 juin.
prosfer tiro, Gaulois et peut-être Aquitain, est auteur d’une Chronique abrégée de celle de saint Frosper, où l’on trouve des traces de semi-pélagianisme ; elle se trouve imprimée à la suite delà Chronique de saint Prosper.
PROSZNA , riv. qui prend sa source dans la régence d’Oppein (Silésie prussienne), à 13 kil. N. E. de Rosenberg , sépare la prov. prussienne de Posen et la prov. russe de Pologne , coule au N. O., et tombe dans la Warta, après un cours de 160 kil.
PROSZN1TZ ou PROSTIEGOW, ville des Etats autrichiens (Moravie) , à 16 kil, S. O. d'Olmütz : 5,300 hab. Drap, toile, eau-de-vie.
PROTADE (saint), évêque de Besançon, mort en 624, était un des plus savants prélats du temps, et fut souvent consulté par Clotaire II.
PROTAGORAS, sophiste d’Abdère (489-408 av. J.-C.), avait été portefaix dans sa jeunesse; il devint disciple de Démocrite, tint école de musique (c’està-dire rhétorique, poésie, grammaire), près d’Abdèred’abord , puisdans Athènes (vers 422) , fitle premier payer ses leçons et devint fort riche, parcouru les principales villes de la Grèce, la Sicile, la Grande Grèce, fit des lois pour Thurium, puis revint habite Athènes; accusé d’impiété par les Athéniens, il s’en fuit sur une barque et périt en mer. U avait écri sur la rhétorique , la physique , la politique , mai tous ses écrits furent brûlés par ordre des magistrats d’Athènes. Protagoras fut un des plus dangereux sophistes : il disait que l'homme est la mesure de toutes choses , que l’on peut sur toute question plaider également le vrai et le faux , que tout est arbitraire et dépend des caprices de l’homme : lois, vertu, vérité; qu’on ne peut savoir s’il y a des dieux où s’il n’y en a pas, etc. Platon, dans le Théétète , a réfuté ce sophiste. Le même philosophe a donné le nom de Protagoras à un de ses dialogues.
PR OTAIS (saint), et saint GERVAIS , tous deux fils de saint Vital, subirent le martyre au 1er siècle. Saint Ambroise trouva leurs corps à Milan en 386. Au rapport de saint Ambroise, un aveugle, nommé Sévère, recouvra la vue en touchant le brancard qui portait leurs reliques. On les fête le 19 juin.
PROTÉ , une des îles Stéchades, est auj. Porqueralles , une des îles d’Hyères.
PROTECTEUR, était jadis le titre officiel du régent en Angleterre. Le duc de Bedfort fut protecteur d’Angleterre sous Henri VI ; le duc de Glocester (Richard III) le fut sous Édouard V. Cromwell se fit décerner ce titre. Richard, son fils, eut aussi la protectorat quelques mois. Depuis la restauration de 1660, ce titre n’a plus été donné aux régents en Angleterre. — Quelques autres princes ont pris le titre de protecteur relativement à des états étrangers qu’ils soumettaient à leur influence en attendant qu’ils en fissent des province de leur empire : c’est ainsi que Napoléon s’intitulait Protecteur de la Confédération du Rhin.
PROTÉE , Proleus , dieu marin, fils de Neptune et Je Phénice , avait la garde des troupeaux marins de son père ; il savait l’avenir, mais il ne le révélait que par force : p%ur échapper à ceux qui le pressaient de questions , il changeait de forme à volonté (Voy. Virgile, Géorg ., liv. IV). Les philosophes voient dans la fable de Protée l’image de la nature, à laquelle il faut faire violence pour lui arracher ses secrets. — Protée est aussi le nom d’u n
PROU — 1455 — PROY
ancien roi d’Egypte, dont on place le règne vers 1280 av. J.-C., et qui, suivant une tradition opposée à celle d’Homère, reçut Hélène et Pàris que la tempête avait jetés sur les côtes d’Egypte, retint la princesse adultère et la rendit à Ménélas, après la prise de Troie.
PROTESILAS, roi d’une partie de la Thessalie, était fils d’iphiclus et oncle de Jason. Appelé à l’expédition contre Troie, il quitta Laodamie, Ba femme, bien que n’étant marié que de la veille, et eut la gloire de mettre le pied le premier sur le rivage asiatique, mais il fut tué aussitôt.
PROTESTANTS, nom donné aux Luthériens, parce qu’ils proiestèretü, en 1529, contre la seconde diète de Spire, qui avait apporté des restrictions à la liberté de conscience accordée par la première diète de Spire tenue en 1526. Les Protestants diffèrent des Catholiques , principalement en ce au'ils u1 admettent d’autre autorité que celle de la Bible interprétée par la raison individuelle, rejetant la tradition et le pouvoir du pape; ils reprouventle culte des saints, des reliq.,des images, le purgat., les indulgences. la confr«« .etc. V. luthériens, calvinistes, etc
PROTOGENE, peintre grec, vivait à Rhodes vers 336 av. J. -G. Apelle fut le premier à ouvrir les yeux de ses concitoyens sur son mérite. Démétrius Poliorcète, faisant le siège de Rhodes, ordonna de respecter le faubourg où Protogène travaillait. Ses ouvrages principaux étaient des portraits de Cydippe, Tlépolème, Antigone, Alexandre, et surtout le beau tableau du chasseur Jalyse , fondateur de Rhodes. Ce chef-d’œuvre périt à Rome dans un incendie du temple de la Paix.
PROTONOTA1RES APOSTOLIQUES, collège de douze notaires , secrétaires de la chancellerie romaine, Institués par Clément I pour écrire la vie des martyrs, assister aux canonisations, etc.
PROTOPAPE, Protopapas, nom que les Grecs donnent aux premiers de leurs prêtres ; leurs prêtres mêmes se nomment papas. — Ce titre s’est conservé à Messine en Sicile et à Corfou, pour désigner un prélat ecclésiastique.
PROTOSYNCELLE, c.-à-d. le l*r des syncelles, 1er domestique du palais patriarcal de Constantinople, était comme le vicaire du patriarche. Les autres églises épiscopales avaient aussi des syncelles et par suite un protosyncelle, mais alors il fallait ajouter à son titre le nom spécial de l’église. Le protosyncelle était un des premiers dignitaires ecclésiastiques de Constantinople.
PROUDHON (J.-B.-Victor), doyen de la faculté de droit de Dijon, né dans le dép. du Doubs en 1758, m. en 1838 à Dijon, suivit d’abord le barreau, et fut, lors de la réorganisation des écoles, nommé professeur, puis doyen à la faculté de Dijon. 11 perdit momentanément ce dernier titre en 1815, lors de la seconde restauration, à raison de ses opinions libérales ; mais aucun de ses collègues n’ayant voulu accepter le décanat, l’ordonnance de révocation fut rapportée un an après. 11 partagea son temps entré les fonctions du professorat et la composition d’ouvrages de droit justement estimés. Il a publié : Cours de droit français , Dijon, 1810, 2 vol. in-8; Traité des droits d'usufruit, d'usage , d'habitation et de superficie , 1823- 1827,9 vol. in-8; Traité du domaine public , etc., 1833; De ladistmctiondes biens, pub. en 1839 par Curasson ; De l'état des personnes , pub. par M. Valette.
PROUILLE, monastère de religieuses de l’ordre de saint Dominique, dans le diocèse de Saint-Papoul en Languedoc, à 20 kil. de Carcassonne, fut fondé par saint Dominique en 1206. C’est là que ce saint jeta les fondements de son ordre, en y rassemblant ses 16 premiers disciples. Ce monastère exista jusqu’à la fin du siècle dernier, et eut pour prieures des dames de la plus haute naissance : Eléonore et Madeleine de Bourbon, Jeanne de Lorraine, etc.
PROUST (Jos.-L.), chimiste, né en 1755 à Angers, mort en 1826 à Paris, était fils d’un pharmacien et obtint au concours la place de pharmacien de la Salpêtrière. li alla se fixer à Madrid sur les offres avantageuses du roi d’Espagne, fit de nombreuses découvertes, et réussit à faire triompher, malgré l’opposition de Berthoilet, ce grand principe : que les corps, en se combinant, s’unissent en proportions fixes. Ruiné pendant la guerre d’Espagne, il revint en France, où Louis XVIII lui fit une pension. Il fut nommé membre de l’Académie des Sciences en 1816. Il a publié plusieurs mémoires qu’on trouve dans les recueils scientifiques du temps, notamment dans le Journal de physique. Ou lui doit le sucre de raisin et de savantes recherches sur les hydrates et les sulfures.
PRüVÉDITEURS. On nommait ainsi les gouverneurs des provinces dans l’ancienne république de Venise. 11 y avait de plus, dans Venise même, le provéditeur commun , chargé du soin des bâtiments et d’une partie de la police, et le provéditeur de la mer , caissier et payeur de la flotte, chargé de suppléer le capitaine général de la marine.
PROVENCE , Provincia des Romains , un des grands gouvernements de la France avant la révolution , avait pour bornes à l’E. le Piémont et le comté de Nice, au S. la Méditerranée, à 10. le Languedoc, au N. le Dauphiné et le comtat Venaissin. On y distinguait : la Haute-Provence, la Basse-Provence ; celle-ci comprenait 8 sénéchaussées : Aix, Arles, Marseille, Brignolles, Hyères, Grasse, Draguignan, Toulon; celle-là, 4 : Digne, Sisteron, Forcalquier, Castellane. — La Provence a formé les dép. des Bouches-du-Rhône, du Var et des Basses- Alpes , la partie orientale de celui de Vaucluse et une petite portion de celui de la Drôme. La Provence est arrosée par le Rhône, la Durance, le Var, le Verdon, la Sorgue et nombre de riv. côtières. A l’E., et surtout au N. E. , s’élèvent des mont. Climat et sol varié ; très fertile en beaucoup d’endroits, mais aussi beaucoup de plaines stériles. Yent terrible du N. 0., dit mistral. La gunes liées à la mer. Du reste, air très-salubre. Plantes du Midi : oliviers, citronniers, jujubiers, câpriers, chênes à kermès, etc.; miel exquis, vers à soie en quantité. Mines de fer, houille, marbre, peu exploitées. Les Provençaux sont vifs , sobres , ingénieux ; ils ont une langue à part, dérivée du latin, et qui est remarquable par sa douceur et son rhythme. Cette langue a été une des premières cultivées au moyen âge , et a produit une littérature assez riche; c’est la Provence qui a donné naissance aux troubadours , auxquels on attribue l’invention de la rime. — Parmi les nombreuses tribus gauloises qui habitaient jadis cette contrée , on remarquait les Anatilii, les Vulgientes, les Salyes , les Deceates , les Suetrii, etc. Sur la côte, les Phocéens avaient fondé Massilia (Marseille) vers l’an 600 av. J.-C., et celle-ci avait répandu autour d’elle de nombreuses colonies. Des différends survenus entre les Massiliens et les Salyes amenèrent danscette partie de la Gaule les Romains comme alliés des premiers (1 25 av. J.-C.). Bientôt ils s’y établirent, et donnèrent au pays conquis le nom de Province romaine; d’ou celui üe Provence. La Province romaine devint bientôt beaucoup plus grande que la Provence moderne (Voy. province romaine). Au ve siècle Euric, roi des Wisigoths, s’empara de tout ce pays. Après la bataille de \ouillé, les Wisigoths cédèrent la Provence àThéodoric, roi des Ostrogoths , qui seul pouvait la défendre ; ce qui n’empêcha pas les fils de Clovis de la lui enlever. A la mort de Louis-le- Débonnaire (840), elle échut à Lothaire, qui la laissa à un de ses fils, Charles ; elle fit alors partie du royaume de Bourgogne cisjurane. Charles-!e- Chauve, qui en était devenu maître, en confia le gouvernement à Boson ; mais celui-ci s’en fit élire roi (879). Sous ses successeurs, la Provence, annexée