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RAMS

Colberg en 1725 , mort en 1798 , avait été élevé dans les maisons d’orphelins deStettin et de Halle devint professeur de logique à Berlin, membre de l’Académie des Sciences de cette ville, et directeur du Grand-Théâtre. On a de lui des Odes, des Cantates , des Fables, des Chansons et autres poésies qui sont loin de celles de Leasing et de Klopstock, mais qui ont pourtant un vrai mérite et forment la transition de la littérature servile du xvni' siècle à une littérature plus nationale. On lui doit de plus des traductions du Cours de littérature d-e Batteux, Leipsick, 1758; des Odes d’Horace, Berlin, 180ol

RAMNENSES ou RAMNES. Voy. tribus.

RAMO.NCHAMP, ch.-l. de cant. (Vosges), à 17 kil. S. O. de Remiremont ; 3,200 hab.

RAMOND DE CARBONNIÈRES (L.-Fr.-Elisabeth), né à Strasbourg en 1755, mort en 1827, était d’abord conseiller intime du cardinal de Rohan ; il fut attaché à la maison militaire de Louis X\I, fil partie de l’Assemblée Législative, lut grand partisan de Lafayette, s’enfuit après le 10 août, passa les jours de la Terreur en voyages scientifiques dan3 les Pyrénées, devint successivement professeur d’histoire naturelle à l’école centrale des Hautes-Pyrénées, député au Corps Législatif (1800-1806), préfet du Puy-de-Dôme , baron de l’Empire, conseiller d’état, 1818. Il est un des pères de la géologie. On lui doit : Observations faites dans les Pyrénées, 1789, 2 vol. in-8 ; Voyage au mont Perdu, 1801, in-8, etc.

RAMPALLE, littérateur du xvii* siècle, servit dans l’armée, accompagna au siège de Philippsbourg Louis de Tournon ( 1644 ), et mourut en 1663. On a de lui des Idylles (1648), un poëme, i Hermaphrodite (1639), et quelques imitations de l’espagnol et de l’italien. Boileau a dit de lui ;

Un ne lit guère plus Rampalle et Mesnardière.

RAMPOUR, ville de l’Inde anglaise (Calcutta), dans l’ancien Delhi, à 17 kil. E. de Moradabad, sur la Kosila, par 75° 58’ long. E., 31° 27’ lat. N.; 30,000 hab. Cette ville et son territoire étaient compris dans les possessions médiates de la Compagnie anglaise dès 1774 ; mais elle ne les possède réellement que depuis 1802.

RAMSAY ou RAMSEY, ville d’Angleterre (Huntingdon), à 12 kil. N. E. de Huntingdon, à 80 kil. N. de Londres. Ancienne abbaye de Bénédictins.

RAMSAY (André-Michel de) , écrivain écossais , né en 1686 à Ayr en Ecosse, d’une famille noble et ancienne, s’appliqua dès sa jeunesse avec le plus grand succès aux mathématiques et à la théologie ; ayant conçu des doutes sur la religion réformée, dans laquelle il avait été élevé, il voyagea en Hollande et en France dans le but de les éclaircir, consulta Fénelon et fut converti par ce prélat au catholicisme (1709) ; il voua depuis à Fénelon une affection toute filiale. Ramsay fut attaché comme gouverneur au duc de Château-Thierry, au prince de Turenne, aux fils de Jacques 111 (à Rome), quitta par suite d’intrigues la cour du prétendant, fil un voyage en Angleterre, où il fut admis à la Société royale de Londres, puis, de retour en France, devint intendant du prince de Turenne (depuis duc de Bouillon). 11 mourut en 1743. Il avait reçu du roi de France l’ordre de Saint-Lazare, ce qui le fait souvent appeler le chevalier Ramsay. On lui doit : Vie de Fénelon , Paris et Londres, 1727, 2 vol. in-8; Histoire de Turenne, 2 vol. in-4 ; Voyages de Cyrus, 1727, espèce de roman moral dans le genre de Télémaque ; un Discours sur le poëme épique, en tête de l’édition de Télémaque de 1717. Tous cef ouvrages sont en français ; quoique étranger, Ramsay écrivait notre langue avec la plus grande pureté ; cependant Bon style a peu d’agrément.

ramsay (Louis) , gentilhomme écossais , de la

EâjNC — 1482 — RAJNT

môme famille que W précédent, publia en 1678, en latin et en français, une Tachèographie ou art d’éerire aussi vite que la parole.

ramsày (Allan), surnommé le Théocrite écossais , né en 1685 dans le midi de l’Écosse, mort en 1758, était fils d'un paysan et fut d'abord garçon coiffeur à Edimbourg. Il se mit à composer, dans l’idiome écossais, des poésies qu’il publia en 1721, et qui le firent remarquer ; il quitta alors son état, se fit libraire et homme de lettres, et s’occupa d’une collection de poèmes et de chants écossais dont il retouchait le style ; elle parut sous le titre d'Evergreen (toujours vert), et eut un grand succès.

RAMSDEN (Jessé), opticien anglais, né à Halifax en 1735, mort en 1800, perfectionna ou inventa nombre d’instruments, créa une machine pour la division des instruments de mathématiques. On estime surtout ses cercles muraux.

RAMSÈS, rois d’Égypte. Voy. ramessès.

RAMSGATE, ville maritime d’Angleterre (Kent), dans l’île de Thanet, sur la côte E., à 440 kil. de Londres; 8,000 hab. Rains de mer. Grand commerce avec les ports de la Baltique.

RAMPSINIT. Voy. rhampsinit.

RAMUS, en français Pierre la Ramée, célèbre philosophe, né dans le Vermandois vers 1502, d’une famille pauvre, entra comme domestique au collège de Navarre, s’instruisit tout en remplissant ces humbles fonctions, et fit de grands progrès sans le secours d’aucun maître. Sentant le vide de la philosophie qu’on enseignait alors, il résolut de la réformer, et publia dans ce but en 1543 une nouvelle Logique et des Remarques sur Aristote , où il attaquait avec force le philosophe grec; mais il vit ses ouvrages condamnés, et il lui fut défendu de rien écrire ou enseigner contre Aristote ; toutefois, deux ans après, le cardinal de Lorraine, qui le protégeait, fit annuler cet arrêt. Rarnus fut en 1545 nommé principal du collège de Presles, et y enseigna la rhétorique et les mathématiques ; il obtint en 1551 une chaire de philosophie et d’éloquence au collège de France, où il attira une foule d’auditeurs. Ayant embrassé le Calvinisme et brisé les images des saints dans sou collège de Presles, il fut destitué par i’Univ., etse vit, bientôtaprès, obligé des’ expatrier : il parcourut l’Allemagne en 1568, et donna des leçons à Heidelberg ; mais ayant eu l’imprudence de rentrer en France en 1571, il fut enveloppé dans le massacre de la Saint-Barthélemy (1572) : on l’égorgea dans son collège de Presles. Ramus s’est oocupé surtout de réformer la logique ; on lui doit aussi diverses améliorations dans presque toutes les branches de l’enseignement, dans la rhétorique, les mathématiques, la grammaire. On l’accuse cependant d’avoir trop prodigué dans ses écrits les divisions et d’avoir abusé de la méthode dichotomique. Ses principaux ouvrages sont : Institutiones dialeclicœ , Paris, 1543 ; Animadversiones in Dialecticam Arislotelis, 1543 ; Rhetoricoe distinctiones, 1549 ; Grammatica talina, 1558, Grammatica grœca, 1560 : Grammaire française, 1562 (il y propose, entre autres réformes, la distinction de Vu et du v, celle des trois sortes d’e ; é, è, e); des traités de mathématiques, d’antiquités, etc. Ses OEnw/wontété publiées par Bartholmess, Paris, 1840-47 ; sa Vie , par Waddington, 1855.

RAMUSIO (J. -B.), né à Venise en 1485, mort en 1657, remplit diverses missions en France, en Suisse, à Rome, puis fut secrétaire du Conseil des Dix à Venise. On a de lui un Recueil des navigations et voyages (en italien), 3 vol. in-fol., 1550, souvent réimprimé et traduit en partie dans la Description de l'Afrique de J. Temporal, Lyon, 1566.

RANAI, une des îles Sandwich. Voy. sandwich.

RANCE, riv. de France, naît dans le dép. des Côtes-du-Nord,, au S. de Collinée, coule au S. E., à 1 E., puis au N., arrose Dinan entre dans le dép.

d’Ille-et-Vilaine, baigna St-Servan et se jette dani U Manche au dessous de Saint-Malo ; cours de 90 kil.

RANCÉ, hameau de France (Moselle), à 24 kil. N. O. de Briey, a donné son nom à l’abbé de Rancé.

RANGÉ (Armand-J. le bouthhjer, abbé de), réformateur de la Trappe, né à Paris en 1626, mort en 1700, était filleul du cardinal de Richelieu, reçut les ordres et n’en mena pas moins pendant longtemps la vie d’un homme de plaisir ; mais, frappé de la mort de Mm« de Montbazon, qu’il aimait, il se démit de ses bénéfices, sauf l’abbaye de la Trappe, se retira dans cette maison (1663), et y opéra la réforme radicale qui a fait des Trappistes le plus sévère des ordres monastiques. Il mourut sur la paille et la cendre après 33 ans de réclusion. On a de lui : la Règle de saint Benoît, traduite et expliquée, 1689; De la sainteté et des devoirs de la tne monastique, 1 683 ; Réglem.pour iabb.de la Trappe, 1701.11 avait donné à l’âge de 14 ans uneéd. d'Anacréon. 1639. M. de Chateaubriand a écrit sa Vie, 1844.

RANDAN, ch.-l. de cant. (Puy-de-Dôme), à 22 kil. N. E. de Riom; 1,750 hab.; château qui appartient à la maison d’Orléans. Ecoles gratuites établies par Mlle Adélaïde (d’Orléans).

RANDAZZO, Tissa, ville de Sicile (Messine), aa pied de l’Etna, à 80 kil. S. O. de Messine; 14,000 hab. Grains, vin, soie, huile, etc.

RANDERS, ville murée du Danemark (Jutland), près de la mer Baltique, à 65 kil. S. d’Aalborg; 4,670 hab. Gants, noir de fumée , radinerie de sucre, etc. Commerce important. Les navires s’arrêtent près de Mellerup (à 13 kil. de là).

RANDOLPH, nom commun à plusieurs comtés des Etats-Unis: 1° dans la Caroline septentrionale; 1 1 ,300 hab.; ch.-l. Ashboro;— 2° dans le S. de l’État d’Illinois ; 7,276 hab.; ch.-l. Kaskaskia; — 3° dans l’état d’Alabama ; on a découvert dans ce dernier, en 1840, une mine d’or qui paraît devoir être la plus riche de l’Amérique du Nord.

R AN DON. Voy. chateauneuf-dk-randon.

RANGOUN, ville et capitale de l’empire Birman, dans l'ancien roy. de Pégou, à 80 kil. S. O. de Pégou, et sur une branche de l’Iraouaddy, à 60 kil. de son embouchure; par 16° 50’ lat. N., et 93° 50’ long. E.; 16,000 hab. , suivant les uns, 40,000 suivant d autres. Maisons construites en bois ou en bambou. Commerce considérable ; chantiers de construction. — Les Anglais ont pris cette v. en 1 824, mais

l’ont depuis restituée; ils l’ont prise de nouv. en 1852.

RANGPOUR , ville de l’Inde transgangétique anglaise, eapitale du roy. d’Assam, par 92° 20’ long. E., 26° 55’ lat. N.; à 1,000 kil. N. E. de Calcutta. — Il y a une autre Rangpour dans l’Inde anglaise (Calcutta), à 380 kil. N. E. de Calcutta.

RANNEK1N. Voy. rennekin.

RANTZAU , petit comté du Holstein , ne compte guère que 10,000 hab. Il a donné son nom à une célèbre famille danoise.

RANTZAU ou RANTZOW (Jean , comte de) , célèbre général danois, surnommé V Achille de la Chersonèse Cimbrique , né dans le Holstein en 1492, aida puissamment Frédéric I, duc de Holstein, à monter sur le trône de Danemark , lors de la révolution qui renversa Christian II, lui soumit en peu de temps toutes les villes qui refusaient de reconnaître sa puissance (1523), et fut pendant tout son règne son conseiller intime. Il rendit de même aux deux rois qui suivirent des services signalés, et mourut en 1565 comblé de gloire. Ce général avait gagné toutes les batailles qu il avait livrées.

rantzaü (Henri de), général et savant danois, fils de Jean, né en 1526, mort en 1598, suivit Charles-Quint au siège de Metz , fut gouverneur du Holstein, protégea les sciences , les lettres, et s’adonna à l’astrologie. 11 a laissé, entre autres écrite: Epigrammata et carmina varia, Leipsick, 158,5, 13-4;

RAPH - H83 — P.API

Historia belli dithmarsici (la guerre des Dilhmarses avait été faite en 1559 par son père, Jean), Bâle, 1570 (sous le pseudonyme de Gilicius) ; Commentarius bellicus, Francfort, 1595, in-4; Genealoyia Ranzoviana , Hambourg, 1585, in-4; Aeroscopographia , Strasbourg, 1585, in-4.

rantzau (Daniel de), général danois, battit le Suédois Hæstke à Axtoma en 1 5G5 , se tira d’une position désespérée en 1568 par sa belle retraite de Scanie, et mourut en 1569 , sur le point de prendre Warberg en Hollande.

rantzau (Josiaa, comte de), maréchal de France, né dans le Holstein , suivit Oxenstiern en France, et y prit du service fl 635), fut fait maréchal-deeamp par Louis XI lï , se distingua en Franche- Comté, défendit Saint-Jean-de-Losne contre Gallas, combattit en Allemagne, en Flandre, prit Gravelines(l645), Dixmude, Lens, etc. (1646 et 1647), ce qui lui valut le bâton de maréchal de France. 11 fut onze mois détenu à la Bastille sous Mazarin, et mourut peu après, en 1650. Il avait successivement perdu dans les combats, un œil, une oreille, un bras et une jambe. On inscrivit sur sa tombe :

Du corps du grand Rantzau tu n’as qu'une des parts :

L’autre moitié resta dans les plaines de Mars.

RAON-L’ETAPE, ch.-l. de car.t. (Vosges), sur la Meurthe, à 16 kil. N. O. de Saint-Dié ; 3,517 hab. Salines, potasse; bois de construction. Ruines d’un vieux châteuu construit en 1279. — Dans le même dép. se trouve Raon-aux-Bois , à 7 kil. N. O. de Remiremont; 2,000 hab.

RAOUL (ou Rodolphe), duc de Bourgogne, gendre de Robert, duc de France, qui avait usurpé la couronxie sur Charles-le-Simple, fut lui -même élu roi en 923 , à la mort de Robert, et quoique Charles vécût encore. Il repoussa les Bulgares qui avaient envahi la France, contint les Normands, mais perdit la Lorraine, qui devint province germanique. Raoul mourut en 936.

raoul de Caen, suivit Tancrède en Palestine (1096), et laissa une histoire du héros, intitulée : Faits et gestes du prince Tancrède pendant l'expédition de Jérusalem (publiée, 1° par Martène, Anecdotes , t. III ; 2° par Àluratori, Scriptores rerum ilalicarum medii ævi; 3° par M. Guizot, Mémoires relatifs à l'histoire de France).

raoul ou rollon, chef de Normands. V. rollon. raoul ou Rodolphe (S.) , archevêque de Bourges de 840 à 866, fils d’un comte de Quercy, issu du sang royal, fonda plus, monast. Onl’hon. le 21 juin.

RAP ALLO, ville et port des Etats sardes (Gênes), è 24 kil. S. E. de Gênes, sur un petit golfe dit de Rapallo; 2,500 hab. Descente des Français en 1494.

RAPIIAEL (S.), archange, dont le nom signifie Remède de Dieu , est un des sept anges qui sont toujours en présence de Dieu. Il prit la forme d’un jeune voyageur pour guider Tobie le fils dans son voyage à Ragès, lui fil épouser Sara, fille de Raguel, le ramena dans sa patrie, et lui enseigna le moyen de rendre la vue à son père. On le fête le 12 sept.

raphael, le plus grand des peintres modernes. Son nom de famille était Sanzio. Il naquit en 1483, à Urbiu , eut d’abord pour maître son propre père , peintre médiocre , puis alla recevoir à Pérouse les leçons du Pérugin , qu’il ne tarda pas à surpasser. Il peignit dès l’âge de 17 ans pour l’église de Gitta di Castello le Saint-Nicolas de Tolentino, qui commença sa réputation; fut chargé vers 1503 de reproduire dans la cathédrale de Sienne les principaux faits de la vie de Pie II , entra dès lors en concurrence avec les premiers ar'istes de l'époque (Léonard de Vinci, Masaecio, Bartolomeo di San Marco), et partagea bientôt leur gloire. En 1508, le Bramante, son oncle, architecte de Jules II, rappela à Rome, et le fit charger par le pape de décorer de peintures à fresque les salles du Vatican. Cet

immense iravaiî T'occupa plusieurs années. Dans le même temps Michel-Ange achevait la grande voûte de la chapelle Sixtine, et il s’établit entre ces deux grands maîtres une rivalité qui dura toute leur vie. Raphael, sans être inférieur à son rival pour le grandiose des idées et de la composition, le surpassait pour le naturel et la grâce de ses figures. A la mort du Bramante (1514), Léon X mit Raphaël à la tête de presque tous les grands travaux qu’il faisait exécuter à Rome. Non moins habile dans l’architecture que dans la peinture , il fit construire la cour dite des Loges , au Vatican, et donna pour la basilique de St-Pierre des plans magnifiques qui, malheureusement, n’ont pas été exécutés. François I tâcha d’attirer Raphaël en France ; n’ayant pu y réussir, U voulut du moins avoir plusieurs ouvrages de sa main : l’artiste exécuta pour ce prince Saint-Michel terrassant l’ange des ténèbres , une Sainte-Famille , (1518) , qui est le chef-d’œuvre du genre (on les voit encore au Louvre). Son dernier tableau fut la Transfiguration du Seigneur, le plus bel ouvrage qu’ait produit la peinture (il se trouve au Vatican). Raphaël fonda ce qu’on appelle l’école romaine , et forma une foule de peintres du premier ordre, entre autres Jules Romain. Ces illustres élèves le secondaient dans ses travaux, et exécutaient en partie ses conceptions sou3 ses yeux. Raphaël mourut en 1520, à peine âgé de 37 ans. Il avait hâté sa fin par des travaux excessifs , mais aussi par l’abus des plaisirs. Ce grand maître réunissait tous les genres de perfection : composition, dessin, couleur, grâce et élégance , vigueur , naturel , idéal ; on l’a justement surnommé Y Homère de la peinture. On distingue dans sa manière trois périodes : une lr®, qui va jusqu’en 1504, où 11 ne fait guère qu’imiter la Pérugin; une 2*, jusqu’en 1514 , où il devient original; une 3*, jusqu’à sa mort, où il se surpasse lui-même. Outre les tableaux que nous avons nommés, on admire surtout : l’École d’Athènes, les Sibylles et les Prophètes dans l’église délia Pace à Rome ; différentes vierges que les amateurs nomment : la Vierge de Foligno, la Vierge au poisson , la Vierge à la chaise , la Vierge à la perle , la Vierge aux quatre pères de l’Église ; Héliodore chassé du Temple , l'Ange délivrant saint Pierre , une Sainte- Cécile, Galatée. La Vie de R. a été écrite par Quatremère deQuinCy, 1824, et Passavant, 184 4 (eaallem.).

RAPHAËL MATTEI VOLTERRAN. Voy. MAFFEI.

RAPHFLENG, dont le vrai nom est Fr. Ravie :ghien , savant orientaliste, né en 1539, mort en 1597, gendre de l imprimeur Plantin , enseigna ie grec en Angleterre, l’hébreu et l’arabe à l’université de Leyde, eut part à la Bible polyglotte de 1571 , et laissa un Lexique arabe, Leyde, 1613; un Dictionnaire chaldaîque ( dans Y Apparat de la polyglotte ) , in-4; un Nouveau-Testament syriaque, Anvers, 1575, in-4 , etc. Il remplaça Plantin dans la direction da l’imprimerie d’Anvers, et dirigea, à partir de 1585, celle de Leyde.

RAPHIA, ville forte, sur les confins de la Syriu et de l’Egypte , entre Gaza et Rhinocolura. Ptolémée IV y battit Antiochus-le-Grand (217 av. J.-C.).

RAPIDA castra, ville de Mauritanie, auj. coléah.

RAPIDE , riv. des États-Unis (Missouri), sort des Black-Hills , par 43° 50’ lat. N. , et 108® long. O.; court généralement à l’E. , et tombe dans le Missouri par 102° 2’ long. O., 42° 32’ lat. N., après un cours de 600 kil.

RAPIN (Nie.), écrivain du xvi® siècle , né vers 1540 à Fontenay-le-Comte (Poitou), mort en 1608, fut avocat au parlement de Paris , puis lieutenant de robe courte et grand prévôt de la connétablie. Il montra beaucoup de zèle pour Henri 111 et pour Henri IV, combattit à la bataille d lvry, et fut un des auteurs de la Satire Ménippée. 11 a laissé de plus deux livres d’épigrammes latines, des odes, stances ,

BASC — 1484 — RAS!'

sonnets , epltrcs,a. trad. en vers le 28e livre du Roland Fur. et chanté les Plaisirs du gentil h. champêtre.

rapin (René, dit le Père), poète latin moderne, né à Tour3 en 1621, mort en 1687 , entra chez les Jésuites, et se distingua à la fois comme théologien et comme littérateur; on disait qu’il servait Dieu et le monde par semestre. On a de lui un grand nombre de poésies latines , odes , églogues sacrées , poèmes ; son ouvrage le plus estimé dans ce genre est le poème des Jardins ( Horiorum libri IV) , 1665 , que l’on place à côté du Prœdium de Yanière ; il fut traduit en français (par Douxbigné, 1773), en anglais , en italien , et fut imité par Delille. Rapin s’exerça aussi comme critique; on a de lui: Comparaison d’Homère et de Virgile, 1668 : de Démosthène et de Cicéron , 1670; —de Platon et d'Aristote 1671; Réflexions sur l'éloquence, 1672 ; — sur ! la Poétique d’Aristote, 1674 ; — sur la philosophie ancienne et moderne, 1676. Il a encore laissé bon nombre d’écrits théologiques, auj. oubliés.

ràpin-thoyras (Paul de}, historien français, neveu de Pélisson, né à Castres en 1661, mort en 1725. fut avocat , puis militaire. Faisant profession de Calvinisme, il quitta la France après l’édit de 1685 , passa en Angleterre et en Hollande, suivit le prince d’Orange (Guill.lll) en Grande-Bretagne, futaide-de-camp du général Douglas, eut part au siège de Limerick, fit l'éducation du jeune duc de Portland, et se retira à Wesel, où il m. Il y rédigea une Histoire d’Angleterre , 8 v. in-8, La Haye, 1724, souvent réimprimée, ouvrage pour lequel il avait amassé d immenses matériaux, mais hostile au catholicisme et plein de faits hasardés. La meilleure édition est celle de Lefebvre. On en a un Abrégé , par Falaiseau , La Haye, 1730, 3 vol. in-4 ou 10 vol. in-12.

RAPOLLA, ville du roy. de Naples (Basilieate), à 2 kil. S. O. de Melfi ; 3,000 hab. Jadis évêché, transféré à Melû en 1528.

RAPP (J.), général français, né à Colmar en 1772, mort en 1821, futaide-de-camp de Desaix, puis s’attacha au premier consul , fut chargé de faire accepter à la Suisse l’intervention de la France dans ses débats politiques (1802), suivit Bonaparte en Allemagne, culbuta la garde russe à Austerlitz et prit le prince G. Repnin.futnommégénéral de division, défendit plus d un an Dantzick contre 60,000 hommes, et signa une capitulation honorable que les Russes violèrent en retenant prisonnière la garnison (1813). Rapp fut conduit à Kiev où il fut détenu jusqu’en 1814. Après la 2* restauration, il resta en Suisse jusqu’en 1817, puis il se rattacha aux Bourbons et fut nommé pair de France en 18 1 8. On a publié sous son nom des Mémoires qui sont apocryphes, mais qui paraissent avoir été rédigés (par M. Bulos) d’après des notes fournies par les amis du général.

RAPPAHANNOCK, riv. des Etats-Unis (Virginie), sort des Monlagnes-Bleues, coule au S. E. et tombe dans la baie de Chesapeak , par 37° 31’ lat. N.: cours, 280 kil.

RAPPERSCHWYL, ville de Suisse (Saint-Gall), sur le lac de Zurich (rive droite), à 58 kil. S. 0. de Saint-Gall; 2,000 hab. Pont (de 620m) sur le lac. — Cette ville souffrit beaucoup des guerres civiles de la Suisse, fut prise en 1350 par les Zuricois, assiégée en 1444 par ceux de Schwitz.

RAPTY, riv. de l’Hindoustan, prend sa source dans le Népal , elle arrose la partie orientale de l’Aoude, coule au S. E. et va se jeter par deux branches dans la Gogra, après un cours de 225 kil. env.

RAROTONGA, une des îles Harvey, par 162° 0’ long. O., 21° 36’ lat. S.: 31 kil. de long; 7,000 hab.

RAS (c.-à-d. cap en arabe). Les articles qui ne se trouveraient pas ci-dessous doivent être cherchés au nom qui suit ou précède Ras.

RASClilD. Voy. haroun-al-raschid.

RASC1E, dite aussi Royaume de Rascian, J^dis

Dardante , partie orientale de la Servie, où se trouvent les sources de la Tura de la Pina, de l’Hibar et de la Rasca, fut ainsi nommée des Raïtzen, peuples qui en furent longtemps les habitants principaux. Le nom de Rascie n’est connu qu’à partir du ixe siècle. La Rascie fut d’abord une prov. de la Dalmatie ; au x* siècle, elle passa sous la domination des princes de Servie. Vucascin, dernier prince de Rascie , périt dans un combat contre les Turcs en 1371. Lazare, despote de Servie, s’empara de la Rascie après sa mort, et ses successeurs la conservèrent jusqu’en 1458. A la mort de Lazare 11 (Brankovitch), Mahomet la conquit ainsi que la Servie les Turcs l’ont toujours possédée depuis, et elle forme auj. le livah de Novi-Bazar. On a donné parfois à la Rascie le nom de royaume. On trouve encore auj. des Rasciens dans le sud de la Hongrie ; ils y forment une tribu nombreuse, adonnée à l’agriculture et à l’industrie.

RAS-EL-A1N, Resena, puis Theodosiopolis, ville de la Turquie d’Asie (Diarbekir), à 110 kil. S. de Réha. Aux environs sont les sources du Khabour, d’où le nom de Ville aux trois cents fontaines.

ras-el-enf, Pentedactylus , cap d’Egypte. V. NOSE.

ras-el-had, Didymi montes, cap de l’Arabie, le plus oriental, par 57° 30’ iong. E., 22° 5’ lat. N.

ras-el-khyma, ville et port d’Arabie (Oman), sur le golfe Persique, à 450 kil. S. E. d’El-Katif. Jadis refuge principal des pirates de ces parages : détruite par les Anglais en 1809, mais relevée depuis.

RASENA , nom que se donnait la population dominante de l’Etrurie, celle qui vers les xii® et xi® siècles av. J.-C. soumit les Tyrrhènes, Sicules ou Pélasges, précédemment maîtres du pays. Il est à peu près prouvé que Rhètes et Rasena ne sont qu’un meme nom, et on en conclut que les Etrusques venaient de la Rhétie. Voy. Etrusques.

RASÉS ou RASEZ, pays de France. Voy. razès,

RASIS, médecin arabe. Voy. razi.

RASORI (J.), médecin, né à Parme en 1766, mort à Milan en 1837, était fils du directeur de la pharmacie de l’hôphal de Parme. Pensionné par le duc de Parme pour aller compléter ses études médicales dans les universités étrangères, il visita dans ce but Florence, Pavie , Londres, Milan. Il fut nommé en 1796 professeur de pathologie, puis recteur à la Faculté de médecine de Pavie. S’étant montré favorable aux idées révolutionnaires, il devint en 1797 secrétaire du ministère de l’intérieur de la république Cisalpine à Milan. Il quitta la ville avec les Français, y rentra après la bataille de Marengo(1801), fut nommé premier médecin du gouvernement, médecin en chef de l’hôpital militaire, et créa des cours de clinique qui obtinrent un grand succès, et où il enseigna une doctrine médicale toute nouvelle. 11 perdit ses emplois en 1 8 1 4 , fut impliqué par l’Autriche dans une conspiration , et tenu en prison jusqu’en 1818. 11 ne s’occupa plus depuis que de l’exercice de sa profession. Selon Rasori, presque toutes les maladies viennent de causes stimulantes, et c’est par des contre-stimulants qu’on doit les traiter : cette doctrine, suggérée par les écrits de Brown, prépara celle de Broussais. On a de Rasori une traduction de Brown en italien, Pavie, 1792, une traduction de la Zoonomie de Darwin, 1802; un discours sur le Prétendu génie d'Hippocrate; une Théorie de la phlogose ou inflammation. 1837, et des Opuscules.

RASPE (Rod.-Eric) , antiquaire, né à Hanovre en 1737, mort en 1794, professa l’archéologie à Casse) et y fut inspecteur du cabinet des antiquités et médailles du landgrave de Hesse-Cassel. 11 commit un vol considérable dans le cabinet pour subvenir à ses dépenses, et fut obligé de s'enfuir en Angleterre. On a de lui une édition des Œuvres philosophiques latines et françaises de Leibnitz, contenant

R ATI — 14

lôS Nouveaux essais sur l1 entendement humain , etc., Amsterdam et Leipsick , 1765, in-4 ; Catalogue d'une collection générale de pierres gravées anciennes et modernes , tirées des plus beaux cabinets de l’Europe (en anglais et en français), Londres, 1791 ,

2 vol. in-4 (rare et recherché), etc.

RASPON (Henri le). Voy. henri le raspon.

RASTADT, ville murée du grand-duché de Bade (Murg-et-Pfinz) , sur la Murg, à 24 kil. S. O. de Carlsruhc ; 4,300 hab. Beau château , quatre églises, écoles, etc. Industrie active : fabrique d'acier ; tabatières de papier mâché fort recherchées. — A Rastadt eurent lieu en 1713 et 1714, entre Villars et le prince Eugène, des conférences qui amenèrent la aix de Bade et assurèrent la possession de l’Alsace

la France. 11 s’y tint, de 1797 à 1799, un congrès pour pacifier la France et l’Allemagne ; les conférences furent brusquement rompues par l’assassinat des commissaires français ( Roberjot et Bonnier) , qui furent tués à la porte de la ville. Forteresse fédérale. Occ. un moment en 1849 par les insurgés badois.

RASTIGNAC (Raimond ou Aimery chapt de), d’une famille périgourdine qui compta des princes d’empire, était lieutenant-général de la Haute-Auvergne au temps de la Ligue ; il enleva diverses places fortes aux Ligueurs, les battit à Issoire en 1590, défit Joyeuse à Yillemur (1592), et fut tué en 1596 à La Fère où il était allé conférer avec Henri IV.

RATÆ COR1TANORUM, ville de la Bretagne romaine, auj. LEICESTER.

RATCI1IS, duc de Frioul en 737, puis roi des Lombards (744), abdiqua en 749 pour se retirer au monastère du Mont-Gassin, en sortit un moment pour défendre le roy. des Lombards contre Pépin, à la mort d’Astolfe (756), mais y retourna bientôt à la voix d’Etienne IL

RATHAUSBERG, mont. d’Autriche (Tyrol), dan3 les Alpes Noriques ; une galerie de 2,600 mètres, qui traverse le Rathausberg, fait communiquer le Snlzbourg et la Carinlhie à travers cette montagne.

RATHENOW, ville des États prussiens (Brandebourg), sur la Havel, à 27 kil. N. O. de Brandebourg ; 4,700 hab. Victoire de Frédéric-Guillaume, le grandéiecteur, sur les Suédois, en 1675.

RATIAR1A, auj. Artsar, ville de la lr« Mésie, sur le Danube, fut quelque temps ch.-l. de la province.

RATIBOR, ville des Etats prussiens (Silésie), sur l’Oder, à 65 kil. S. E. d Oppeln ; 4,800 hab. Drap, toile, bonneterie. — Incendiée en 1574; prise par les Prussiens en 1745. *

RATISBONNE, Regensburg en allemand, Castra Regina , Augusla Tiberii chez les anciens, Regisburgium et Ratisbona en latin moderne, ville du roy. de Bavière, ch.-l. du cercle de la Regen, sur le Danube et la Regen, à 100 kil. N. E. de Munich ; 26,000 hab. Evêché, cathédrale, belle église Saint- Emeran, palais épiscopal , hôtel— de— ville (où s’assemblait la diète), palais de La-Tour-et-Taxis, monument de Kepler. Gymnase catholique et luthérien; institut d’aveugles, bibliothèque, musée, gaierie de peinture, observatoire ; société botanique. Chantiers de bateaux üour la navigation du Danube. Distilleries. «*■ Cette v. lut fondée par Tibère, Kesid. des ducs A gilolfinges et Ion gt. cap. de la Bavière, elle devint ville libre et impériale etconserva ce titre jusqu’en 1805. Elle fut prise en 1703 par les Saxons, en 1809 par les Français, après une bataille de cinq jours (Napoléon y fut blessé). L’évêque de Ratisbonne était jadis prince d’empire et l’évêché avait le titre de principauté. On l’érigea en archevêché en 1805, et l’archevêque Ch. de Dalberg devint prince primat de l’église catholique d’Allemagne ; mais en 1810, ce prince fut nommé grand-duc de Francfort, et Ratisbenne fut cédée à la Bavière, qui l’a gardée en 1815. En 1817, l’archevêché redevint évêché. Les diètes de l’empire se sont tenues à Ratisbonne depuis

*5 — RAUCi

1656 jusqu’à 1806. — On nomme Ligue de Ratisbonne une ligue formée en 1521 par les Catholiques pour s’opposer aux progrès de la Réforme.

RATNA-POURA, ville d’Asie. Voy. ava.

RATON EAU, petite île de la Méditerranée, à 4 kil. S. O. de Marseille. Fort et batterie pour défendr» le port de cette ville.

RATZEBOURG, ville de Danemark, ch.-l. de U prov. de Lauenbourg, dans une île, au milieu d’un lac dit aussi de Ratzebourg, à 19 kil. S. E. de Lubeck; 2,000 hab. Jadis évêché. Bombardée et prise en 1693 par les Danois. Une partie de cette ville appartient à la principauté mecklembourgeoise de Ratzebourg. — Cette principauté (qui avant 1748 était évêché souverain) est dans le grand-duché de Mecklembourg- Strélilz, dont elle forme la partie E.; elle a au S. et au S. O. le duché de Lauenbourg, à l’O. la république de Lubeck, au N. et à l’E. le Mecklembourg- Schwérin ; elle a pour ch.-l. Schœnberg, et prend son nom de la ville de Ratzebourg dont elle ne possède cependant que la plus petite partie.

RAU (Chrétien), en latin Ravins , orientaliste, né en 1603 à Berlin, mort en 1677, rapporta d’Orient plusieurs manuscrits précieux, professa en Hollande, en Angleterre, à Kiel, à Francfort-sur-l’Oder , et laissa, entre autres ouvrages : une traduction latine desliv.5, 6, 7, des Sections Coniques d’Apollonius de Perge et une Grammaire générale des langues hébraïque , chaldaïque , syriaque, arabe , éthiopienne , Londres, 1650. — Un autre Rau, Sébald-Foulques- Jean, né à Utrecht en 1765, mort en 1807, est aussi connu comme orientaliste. 11 professa à l’université de Leyde, et fut pasteur de l’église wallonne de cette ville. Il a laissé : Depoeseos hebraïcæ prœ Arabum prœstantia, Leyde, 1800; De poeticce facullaiis excellentia , spectata in tribus poetarum principibus , scriptore J obi, Homero et Ossiano, Leyde, 1800, etc.

rau (J.-J.), chirurgien et anatomiste distingué, né en 1668 à Baden en Souabe, mort en 1719, exerça son art à Amsterdam, fut appelé à Leyde en 1713, y enseigna l’anatomie et la chirurgie, et devint recteur de l’Académie de cette ville. Il se fit de la réputation par ses dissections et par son habileté à pratiquer l’opération de la taille ; on a, mais à tort, donné son nom au procédé de la taille inventé par le frère Jacques. On a de lui quelques écrits, entre autres: De methodo discendi anatomen, Leyde, 1713.

RAUCOURT, ch.-l. de cant. (Ardennes), à 11 kil. S. de Sedan; 1,200 hab. Boucles d’acier.

RAUCOURT (Fr.-Marie-Antoinette saucerotte), actrice, née à Nancy en 1756, était fille d’un comédien de province. Elle débuta à Paris à 16 ans, dans la tragédie, s’acquit de prime abord un renom éclatant, qu’elle dut autant à sa beauté qu’à son talent, se prononça très vivement contre la révolution , subit six mois de prison en 1793, fonda (rue de Louvois) un second Théâtre Français, qui fut fermé par ordre du Directoire, reparut sur le premier en 1799, fut richement pensionnée de Bonaparte, qui la chargea d’organiser les troupes de comédiens français qui devaient parcourir l’Italie , puis revint vivre dans la retraite à Paris, où elle mourut en 18(5. Le clergé de Sainl-Roch ayant refusé l’entrée de l’église à Son corps, la multitude enfonça les portes du sanctuaire, et y commit des désordres scandaieux.

HAUCOTTX, bruire de Relgique. Voy. rocoux.

RAUDII campi , vaste plaine de la Gaule Cisalpine, à 36 kil. au N. O. de Mediolanum (Milan), fameuse par la défaite des Cimbres en 101. C’est ce que l’on appelle souvent la bataille de Verceil.

RAUGRAV ES (Comités hirsuti, c.-à-d. comtes des pays âpres ou hérissés de montagnes). On nommait ainsi certains comtes dont les possessions étaient situées dans des pays montagneux. Ils possédaient les villes d’Alzey , Germersheim, Creulznach, Simmeren3 Rockenhausen , Beimberg, qui formaient ee qu’on

HAVE — 1486 — RAWL

app. \aRaugraviat Connusdcsle xes.,ilsont encore auj. des reurésent. en Fr. sous le nom de Rougraves. Leurs biens passèrent en partie aux élect. palatins,

RAULIN (Jean), prédicateur, né à Toul en 1443, mort en 1614, dirigea quelque temps le collège de Navarre, puis se retira dans l’abbaye de Cluny et réforma cet ordre. On a de lui , entre autres ouvrages, un recueil de Sermons , Paris, 1642. On y trouve, comme dans tous les sermons de l'époque, un singulier mélange de sérieux et de comique.

RAURACI , partie du Sundyau et du canton de Bâle, peuple de la Germanique lre, de tous le plus au S. Leurs villes principales étaient Augusia Rauracorum (auj. Augst), Basilia (auj. Bâle).

RAVAILLAC (Fr.), le meurtrier d'Henri IV, né à Angoulême vers 1679, fut successivement clerc, valet de chambre, maître d’école et solliciteur de procès dans sa ville natale, et porta l’habit de frère convers pendant un voyage qu’il fit à Paris. Obsédé de prétendues visions, entendant dire que Henri allait déclarer la guerre au pape, il crut faire un acte méritoire en l’assassinant (14 mai 1 6 1 0) . Arrêté surle-champ, il fut tenaillé et écartelé le 27 mai suivant. On soupçonna qu’il avait des complices, mais on ne put les découvrir.

RAVEI, Hydraotes des anciens, riv. du Lahore, une des cinq branches du Pandjnad, sort de l’Himalaya, coule au S. O., et tombe dans le Tchennab par 70° long. E., 30° 43’ lat. N. Cours, 700 kil.

RAVELLO, ville du roy. de Naples (Principauté Cit.), à 14 kil. O. de Salerne; 1,600 hab. Evêché.

RAVENNE, Ravenna , ville des Etats ecclésiastiques, ch.-l. de légation, à 280 kil. N. E. de Rome, sur la riv. de Montone, à 8 kil. de son embouchure dans l’Adriatique ; 16,000 hab. Archevêché. La ville est d’un aspect sombre, les rues étroites et les maisons anciennes. On remarque la cathédrale, le tombeau du Dante (au coin de l’église des Franciscains) ; plusieurs monuments antiques (les ruines du palais de Théodoric, la Porte-d’Or, etc.). Quelques fabriques de soie. — Fondée par une colonie de Thessaliens, occupée ensuite par les Etrusques, les Sabi ns, les Gaulois Sénonais, Ravenne tomba au pouvoir des Romains l’an 234 av. J.-C. ; elle devint alors ville municipale. Les empereurs l’embellirent; Ravenne avait à cette époque un port magnifique, que des attérissements successifs ont comblé. Neuf ans après le partage de l’empire, qui eut lieu en 396, Honorius fit de Ravenne la capitale de l’empire d’Occident (404). Odoacre, roi des Hérules, Théodoric, roi des Ostrogoths, y fixèrent leur résidence. Après la destruction de l’empire ostrogoth par Narsès, Ravenne devint, en 668, la capit. d’un exarchat [Voy. ci-après). Elle fut prise en 762 par Astolfe, roi des Lombards. Pépin-le-Bref l’enleva deux an.s après à ce prince et la donna au Saint-Siège. Au moyen âge, Ravenne recouvra quelque temps sa liberté, mais elle fut bientôt soumise par les Bolonais, puis par les Vénitiens (1440), et, après la bataille d’Agnadel (1609), restituée au pape. Elle était alors la capitale de la Romagne. En 1612, les Français, commandés par Gaston de Foix, y remportèrent sur les Espagnole une victoire éclatante; mais Gaston y périt. L’archevêque de Ravenne était anciennement primat de l’Exarcbat et prétendait rivaliser avec le pape; mais dans un concile tenu en 679, il fut obligé île renoncer publiquement, à ses nrétentions à l’indépendance.

ravenne (légation de), prov. des Etats de l'Eglise, entre celles de Ferrare au N., de Bologne au N. O., de Forli au S. E., la Toscane au S. O. et au S., et l’Adriatique à l'E. : 80 kil. Bur 36. Elle est formée de la partie septentrionale de l’ancienne Romagne.

ravenne (exarchat de), la principale province de l’Italie grecque, comprenait le S. de la Vénétie, l'E. de l’Emilie et la Flaminie : sa partie mérid. s’allongeait entre les Apennins et l’Adriatique ; il

avait pour voisins à l’O. les duchés lombards et duché de Rome ; Ravenne en était la capit., ainsi que de toute l’Italie grecque. Les autres villes remarquables étaient ; 1° au N. du Pô, Oderzo, Padoue, Adria; 2° au S. du Pô et au N. de Ravenne, Bologne, Ferrare; 3° au S. de Ravenne, les cinq villes de la Penlapole. — L’exarchat était ainsi nommé, parce qu’il était régi directement par Y exarque ou vice-roi d’Italie, dont le pouvoir s’étendait, avant l’invasion des Lombards, sur toute la péninsule, et qui même, après cet événement, conserva autorité sur toute l’Italie grecque, même sur Rome. — L’existence propre de l’exarchat ne date que de l’an 668 (Narsès, le vainqueur des Goths, ayant porté le titre de duc d’Italie de 664 à 668). Il fut détruit en 762 par Astolfe, roi des Lombards, après avoir duré 184 ans, et avoir eu 18 exarques. Ces exarques sont:

Longin,

Smaragde,

Olympius,

Théodore I, 2*

fois, 652

Romain,

Grégoire,

Callinique,

Théodore II,

Smaragde, 2* fois,

Jean Platyn

Lemigius ou Remi-

Théophylacte,

gius ,

J. Rhizocope,

Eleuthère,

Eutychius,

Isaac,

Scholastique,

Platon,

Paul,

Théodore I (Calliopas),

Eutychvus , 2* f.

RAVENNE (Jean de),

né vers 1350 près de Ra-

venne, mort vers 1420, fut l’élève de Pétrarque et l’un des restaurateurs des lettres en Italie. 11 tint à Bellune , puis à Udine et à Florence de célèbres écoles d’où sortirent une foule de savants. — On l’a confondu avec un autre Jean de Ravenne, chancelier de François de Carrare, dont on possède plusieurs manuscrits.

ravenne (l’Anonyme de). On désigne sous ce nom l’auteur inconnu d’un traité de géographie dont le manuscrit fut trouvé à Ravenne, et qui fut publié pour la première fois à Paris par dom Porcheron. sous ce titre : Anonymi Ruvennatis de géographie libri V , 1688, in-8. L’éditeur présume que cet auteur vécut au vu* siècle. Ce n’est qu’une compilation médiocre, qui fourmille de solécismes et de barbarismes.

RAVENSBERG, ancien comté d’Allemagne, actuellement compris dans les États prussiens (Westphalie), partie dans la régence de Minden, partie dans le cercle de Halle. Capit., Bielefeld.

RAVENSBURG, ville murée du Wurtemberg (cercle du Danube) , à 80 kil. S. O. d’Ulm; 3,600 hab. Tissus à l’instar de Manchester; papeterie, etc.

RAVENSTEIN ou RAVESTEJN, ville de Hollande (Brabant septent.), à 27 kil. N. E. de Bois-le-Duc ; 1,200 hab. — . Jadis chef-lieu d’une seigneurie fort petite (14 villages), mais fameuse comme ayant été annexée depuis 1397 au comté de Clèves , et par suite ayant fait partie* de la succession de Juliers. Le traité de Dusseldorf (1624) la donna aux palatins de Neubourg, et elle resta toujours dans la maison palatine jusqu’au traité de Lunéville (1801), qui la comprit dans la Hollande.

RAVIS1US TEXTOR (J. tixier de ravisi, dit en lat.), savant français, né en 1480 à Saint-Saulge en Nivernais, mort en 1624, fut recteur de l’Université de Paris (1620), et composa plusieurs manuels classiques: Opus epithetorum, 1518-1606; De pro~ sodiâ libri IV; Ojjicina tel Naturœ hisioria per locos , 1522, espèce d’encyclopédie souvent réimprimés.

RAV1US. Voy. rau.

RAWICZ, ville des Etats prussiens (Posen), à 90 kil. S. de Posen ; 7,800 hab. — Fondée par des réfugiés d’Allemagne après la guerre de Trente-Ans. Brûlée en 1707 et 1802.

RAWLE1GH (Walter). Voy. raleigh.

RAYN — 1487 — RK

RAWLINSON (Richard), savant anglais, né vers 1700, mort en 1755, fonda une chaire d’anglo-saxon dans l’université d’Oxford , à laquelle il laissa, par testament , ses manuscrits , ses médailles et sa bibliothèque. Ce savant a fait de riches collections pour la continuation de YAthenœ Oxonienses de Wood. il a composé aussi une Histoire d'Oxford , a traduit plusieurs ouvrages français, et a contribué à la publication d’un grand nombre d’écrits sur l’histoire et les antiquités.

RAY ou WRAY (J.), en latin Raius , naturaliste anglais, né dans le comté d’Essex en 1628 , mort en 1705 , professa successivement le grec, les humanités, les mathématiques à Cambridge, prit les ordres (1660), refusa son adhésion à l’acte d’uniformité (1662) , abandonna ses places, fit avec le jeune Fr. Willoughby, son élève, qui partageait son goût pour l’histoire naturelle , de longs voyages scientifiques en Angleterre, en France, en Italie, en Allemagne. Ray est un des hommes qui ont le mieux mérité de la zoologie et de la botanique. On lui doit : Calalogus stirpium Cantalrig . , etc. , 1600; avec 2 suppléments, 1663 et 1685 ; Stirpium europœarum extra Britannias nascenlium sylloge , Londres, 1696, in-8 ; Historia plantarum , Londres, 1686-1688-1704, 3 vol. in-fol. ; Synopsis methodica piscium , 1713, in-8 , etc. : on lui doit aussi la Sagesse de Dieu manifestée dans les œuvres de la création , en anglais, 1691.

RAYAS, nom injurieux donné par les Turcs aux Chrétiens qui habitent leurs états. Les Rayas ont à subir , de la part des Musulmans, toutes sortes de mauvais traitements et d’avanies.

RAYMOND ou RAIMOND (S.) , 3e général des Dominicains, né en 1175 à Penafort (Catalogne), mort en 1275 à Barcelone., dans sa 100e année, a contribué à l’introduction de l’inquisition en Aragon et dans le sud de la France. Il compila un recueil de Décrétales, Mayence, 1473. On l’honore le 23 janvier.

Raymond (Joachim-Marie), général français, né à Sérignac (Tarn) en 1755, mort en 1798, s’embarqua en 1775 pour les Indes orient. , obtint la faveur du souverain du Décan, Nizam-Ali, qui l’éleva aux plus hautes dignités. 11 ne se servit de son crédit que pour établir la prépondérance des Français dans cette partie de l’Inde ; mais une mort prématurée l’interrompit au milieu de scs vastes projets. On soupçonna qu’il avait été empoisonné.

Raymond ( Jean-Michel ) , chimiste , né à Saint- Vallier (Drôme) en 1756, mort en 1837, fonda à Saint- Vallier un établissement pour le blanchiment des toiles, devint en 1795 préparateur de chimie à l’École polytechnique , professa la chimie à l’école centrale de l’Ardèche (1802), puis à Lyon, et quitta cette chaire en 1818 pour surveiller une fabrique de produits chimiques qu’il avait établie à Saint- Vallier. Raymond mérita en 1812 un prix de 8,000 fr. pour la découverte d’une couleur aujourd’hui connue sous le nom de Bleu-Raymond.

Raymond, comtes de Toulouse. Voy. TOULOUSE.

RAYMOND-BÉRENGER. Voy. PROVENCE.

RAYMOND DE SÉBONDE. Yoy. SÉBONDE.

RAYMOND DU PUY. Yoy. PUY.

RAYMOND LULLE. Yoy. LULLE.

RAYNAL (Guill.-Thom.-Fr.) , écrivain français, né à Saint-Geniez en 1713, mort en 1796, reçut les ordres, fut quelque temps Jésuite, et eut du succès comme professeur et prédicateur , puis fut attaché à l’église de Saint-Sulpice, finit par se faire homme de lettres , et obtint la rédaction du Mercure , ce qui assura son existence : il était lié avec les philosophes. On a de lui : Histoire du stathoudérat , ouvrage médiocre, 1745 ; l’ Histoire du parlement d’Angleterre , 1750 ; l'Histoire philosophique des établissements et du commerce des Européens dans les Deux-Indes, Amsterdam, 1770, 4 vol. in-8 (souvent réimprimé), ouvrage qui a fait sa réputation.

mms qui est plein de déclamations politiques etantiî eligieuses et qui fut misa l’Index; il fut aidé dans la rédaction par Diderot et Pechméja. Un a encore de lui les Mémoires historiques de l’Europe, 1772, 3 vol. in-8 , et quelques autres compilations. V donna en 1780 une nouvelle édition de l'Histoire philosophique des Indes (Genève, 10 vol. in-8). Cette édition, encore plus hardie que la précédente, fut condamnée en 1781. L’auteur s’expatria pour quelques années , et ne rentra en France qu’en 1788. Néanmoins, il ne donna point dans les excès de la révolution, et crut devoir, dans une lettre à l’Assemblée Nationale en 1791 , désavouer les doctrines démagogiques. 11 mourut en 1796, à 83 ans, dépouillé de tout ce qu’il possédait.

RAYNOUARD ( Fr. -Juste-Marie ) , homme de lettres, né en 1761 à Brignoles (Var), mort àPassy en 1836, fut 15 ans avocat à Draguignan, fut nommé en 1791 suppléant à l’Assemble Législative, donna en 1805 les Templiers , tragédie qui eut le plus grand succès, entra dès 1807 à l’Académie Française, (dont il devint secrétaire perpétuel en 1817), fut membre du Corps Législatif, rédigea en 18r3 la fameuse adresse qui prépara la chute de l’empereur, et siégea à la Chambre des députés en 1814. On lui doit de savantes recherches sur la langue romane ; il fit paraître de 1816 à 1824 un Choix de poésies originales des troubadours (6 vol. in-8), auquel il joignit une grammaire romane, et donna en 1835 un nouv. Choix de poésies , 2 v. in-8, que devait suivre un Lexique roman (pub. en 1838-44, 6 v. in-8). Il a aussi laissé des Recherches historiques sur les Templiers , 1813 ; un Historique du droit municipal ett France, 1829, et quelques poésies manuscrites.

RAZ (le), Calbium prom., cap de France sur l’Atlantique, forme une des extrémités les plus occidentales du dép. du Finisterre, à 17 kil. O. de Pontcroix, et vis-à-vis l’île de Seyn. — Voy. ras.

RAZELM , Halmyris, lac de la Turquie d’Europe (Roumélie) , dans l’anc. Bulgarie, au S. et près de l’embouchure du Danube , communique avec ce fleuve et la mer Noire : 60 kil. sur 50.

RAZÈS, anc. petit pays de France, dans le Bas- Languedoc, avec le titre de comté. Limoux en était le ch.-l. 11 est auj. compris dans le S du dép. de l’Aude, et le N. O. de celui des Pyrénées-Orientales. — Le comté de Razès fut donné à Bernard II, comte de Toulouse, en 871, par Charles-le-Cliauve ; il passa ensuite aux comtes de Carcassonne et à Simon de Montfnrt; Arnaury, fils de ce dernier, l’offrit à Phil.-Aug. en 1222; il revint définitivement à la couronne en 1258, sous saint Louis.

RAZI (Mohummed-Aboubekr-Ibn-Zakaria) , célèbre médecin arabe, né vers 850 dans le Khoraçan, à Rei ou Razi (Pane. Ragès), mort vers 923, avait beaucoup voyagé en Syrie, en Egypte, en Espagne; il dirigea les hôpitaux de sa ville natale et de Bagdad. 11 a laissé beaucoup d’ouvrages, dont plusieurs ont été traduits en latin, entre autres; Ad Almansorem libri decem , Venise, 1510, in-fol.; Havi seu Continens, Brescia, 1486, 2 vol. in-4 ; Venise, 150$, 2 vol. in-fol. Ces deux ouvrages sont des espèce? d’encyclopédies médicales, qui pendant longtemps servirent de base à l’enseignement, même en Europe. On a encore de lui un Traité de la petitevérole et de la rougeole , fort estimé.

RÉ ou RHÉ (île de), en latin Cracina , Rea , Reacus, île de France, sur la côte du dép. de la Charente-lnfér., dont elle dépend : 22 kil. sur 7 ; 15,885 hab. L’ïie forme 2 cant., qui comprennent 8 eomm., et qui orst pour ch.-l. St-Martin et Ars. Quatre forts la défendent. Sol sablonneux, peu fertile; vins médiocres; marais salants ; pèche. — Longtemps soumise aux Anglais, réunie à la couronne par Charles VU , attaquée vainement par lesAnglais enlG27, et fortifiée par Louis XIV. Bon port, à JLa Flotte.

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