ROUE ' — 1535 — ROUE
\üle du roy. de Hollande (Hollande mérid.), sur la rive droite de la Meuse et sur la Rotter (petit ruisseau qui s y jette dans la Meuse, et qui donne son nom à la ville), à 22 kil. S. de La Haye; 80,000 hab. C est la plus grande du roy. après Amsterdam. Port, profonds et nombreux canaux, bassins superbes (les vaisseaux arrivent au milieu de la ville). Bourse, amirauté, palais de la Compagnie des Indes, église Saint- Laurent, hôpital des vieillards. Société batave des sciences exactes et expérimentales ; école latine, etc. Consulat de France. Commerce de lin , garance , vin de Bordeaux. Patrie d'Erasme, de Corn. Tromp. — L'importance de Rotterdam date du xm* siècle ; elle fut puise par les flamands en 1297, par Brederode en 1488, par les Français en 1794 ; elle souffrit beaucoup des maux de la guerre pendant la révolution, et des inondations de la Meuse en 1775 et 1825.
ROTT1 ou ROTTA, une des îles de la Sonde, au S; O. de celle de Timor, par 120» 50’ long. E., 11«
^ S. : 67 kil. sur 26. Sol fertile : commerce.
ROTTO , village des États sardes (Novare) , à 8 kil. S. E. de Verceil, à 2 kil. de la Sesia, occupe la place des anciens Campi Raudii , où Marius anéantit les Cimbres, l’an 101 av. J.-C.
ROTTWE1L. Voy. rothweil.
ROUAI), Aradus des anciens, petite île de la Turquie d’Asie, dans la Méditerranée, sur la côte de Syrie, au S. O., et près de Tortosa.
ROUBAIX, ch.-l. de cant. (Nord), à 10 kil. N. E. de Lille, sur le canal de son nom; 18,817 hab. Manufactures et fabriques nombreuses. Etoffes de laine, printanières. Commerce ; 4 grandes foires.
ROLBAUD (P.-Jos. -André), prêtre d’Avignon, né en 1730, mort en 1792, se distingua comme économiste et grammairien, fut exilé en 1775 pour avoir censuré les abus avec trop de hardiesse, fut rappelé l’année suivante par Necker, et obtint uce pension de 3,000 fr. sur les économats. 11 a publié, entre autres ouvrages : Histoire de l'Asie, de l’Afrique et de l’Amérique , Paris, 1770-75, 15 vol. in-12 çu 5 vol. in-4 ; Nouveaux synonymes français, 'Paris, 1785 et 1796, 4 vol. in-8. Cet ouvrage estimé te place à côté de ceux de Girard, de Beauzée, sur le même sujet.
ROUCHER (J.-Ant.), poëte, né en 1745 à Montpellier, s'était déjà fait connaître avantageusement lorsqu’il fut nommé par Turgot receveur des gabelles à Montfort-l’Amaury, espèce de sinécure qui lui permettait de se livrer à son goût pour les lettres, il voulut s’opposer aux excès de la révolution, et fut condamné à mort pendant la Terreur; iî m. courage le 7 thermidor (25juillet 1 794). On r de Roucher les Mois , poëme en 12 chants (Paris. 1779, 2 vol. in-4 ou 4 vol. petit in-12), une traduction de la Richesse des nations de Smith (Paris, 1790, 4 vo!. in-8), et divers morceaux en vers et en prose ( Mémoires , Lettres , etc.). Ses Mois eurent beaucoup de vogue dans l'origine, et tombèrent depuis dans un oubli qu’ils ne méritaient pas complètement. La Harpe les a injustement dépréciés.
ROUDAH, île de la Basse-Egypte (Djizeh), dans le Nil, vis-à-vis de Fostât. A l’extrémité S. O. de cette île était le fameux nilomètre des anciens Egyptiens. Salpêtrière établie en 1815 par ordre de Méhémet-Ali.
ROUDBAR , ville forte de Perse (Ghilan) , à 60 kil. S. O. de Recht et près de Kasbin, sur le Kizil- Ousen , était la résidence de Kya-Buzurk-omid , chef des Assassins. — Ville de l'Afghanistan (Sedjistan), à 110 kil. S. E. de Djelalabad.
ROUELLE (G.-Fr.), né au b. de Mathieu, près de Caen en 1703, mort en 1770, s'établit pharmacien à Paris, y fit des cours de chimie qui furent très suivis, devint en 1742 professeur de chimie au | Jardin royal des Plantes, m 1744 membre adjoint t
D r h 3?' '"ce’rRone'l' f»™, Macquer,
Ddrcet, bage, Cadet, etc. C est un des hommes mil
ont fait faire en France le plus de progrès à^la chimie; malheureusement il écrivait peu et souvent ses auditeurs s’appropriaient ses découvertes. Un lui doit surtout de précieuses recherches sur les ®®‘B* ~~ Hilaire-Marie Rouelle, son frère et son eleve (1718-79), fut aussi un savant chimiste fit plusieurs découvertes, entre autres celle de Vurcp écrivit des Mémoires et un Tableau de l’analyse ch{
et devint démoustrat. au Jardin du Roi UOUEN , Rothomagus , tiotomagus , Ruaomum, iic (lép. delà Seine-Inférieure, sur la rivedroite de la Seine (avec un faub. sur la rivegauche), à 136 k. N. O. de Paris ; 100,205h. Archevêché, cour imp., hôtel d s monnaies. Beau port (la marée s’y fait sentir et les petits navires peuvent y mouiller). Beau pont de pierre (remplaçant un ont de bateaux qui s’éleait et s abaissait avec la marée), pont suspendu, cathédrale magnifique (dont la flèche a été détruite par la foudre en 1822, et depuis reconstruite en fer, et où se voyait une cloche de 20,000 kilog., dite Georges d’Amboise , faite en 1501, par ordre du cardinal d'Amboise, archevêque de Rouen, cassée en 1786) ; belle église de Saint-Ouen ; halle aux toiles, palais-de-justice, hôtel-de-vil le, vaste hôtel-dieu, théâtre, superbes boulevards. Plusieurs faubourgs: ceux de Bouvreuil et de Beauvoisine au N., de Saint-Hilaire au N. E., de Martinville à l’E., d'Eaupletau S. E., deSt-Sever auS. (sur la r. g. de la Seine). Beaux quais, qnelq. belles rues-: r. Napoléon, r.deCrosne, etc. La v. est encaissée entre plus. collinestSte-Cnt benne, mont Uiboudet, etc.) et traversée par 3 petites riv. (l’Aubec, le Robec,la Renelle),cequi la rend fort humide. Environseharmants. — Fac.dethéologie,éc. secondaire de médec., école prép. aux facultés; lycée; école d’hydrographie. Acad, des scienc., hellcs-let t. et arts; s ciétés decomm., d’agric., d’émulation, etc. Bibliothèque, jardin botanique, musée. Chemin de fer, a.Uun tde Rouen à Parisetau Hàvre. Grande industrie
nombreuses filatures de coton; tissus, toiles dites rouenneries ; raffineries de sucre, teintureries, quincaillerie, tanneries, brasseries, fonderies de métaux, orfèvrerie. Commerce très actif et très important (surtout le commerce intérieur avec Paris et avec la Normandie entière, etc. ; cabotage et commerce colonial). Chambre de commerce, banque. Trois foires de 15 jours (20 février, 20 juin, 23 oc£#>bre). — Rouen, au temps des Romains, fut le cht?l'-lieu des Veliocasses , puis la métropole de la 2« Lyonnaise; elle fit station normande dès le ix* siècle. Les ducs de Normandie l'ayant choisie dès lors pour résidence, élit devint de bonne heure une grande ville. Du reste, elle suivit le sort de la Normandie. Philippe-Auguste l'ayant prise sur les Anglais en 1204 , elle n’a cessé d’appartenir à la Franee que de 14 19 (époque à laquelle Henri V, roid Angleterre, y fit son entrée , après un siège célèbre ) jusqu’à 1450 (où elle revint à Charles Vil avec le reste de la Normandie ). Dans l’intervalle avait eu lieu à Rouen le procès et la mort de Jeanne d’Arc (14-31). Le siège de Rouen en 1562 fut un des actes principaux de la lr# guerre civile religieuse du calvinisme: le roi de Navarre, Aut. de Bourbon, y tut blessé à mort. Henri IV l’assiégea eu 1591, mais ne put la prendre. 11 y tint eu 1596 une célèbre assemblée de Notables. — Rouen avait jadis un parlement. L’ar chevêché de cette ville , fondé en 260 , a compté parmi ses titulaires saint Mellon, saint Romain, -ainl Üuen, les deux cardinaux d’Amboise, François et "Char les de Bourbon (le roi dos Ligueurs), François de Joyeuse , Fr. de Harlay et le cardinal Cambacérès. Rouen est la patrie des deux Corneille, da Fontenelle, Pradon, Daniel, Bochart, Basnage, Bruuiov, Sanadon, J. Jouvenet; de la Champmêlé, Mm<; du Boccage, Mu,e Leprince de Beaumont, de Boïcr-
RGUG — 1536 ~ ROUM
dieu, etc. — L’arr. de Rouen a 15 cant. (Booz, Buchy, Clère8, Darnetal, Duclair, Elbeuf , Grand- Couronne, Maromme, Pavilly, plus Rouen, qui compte pour 6), 155 comm. et 238,805 hab.
ROUERGUE, Ruteni , anc. prov. de la Guyenne, il l’extrémité N. O. du grand-gouv. de Guyenne et Gascogne, était de trois côtés limitée par le Languedoc, et tenait par le 4e à i’Auvergne (au IN.) et au Quercy (au N. 0.) ; au S. E. s’étendaient les Cévennes. Le Rouergue était divisé en trois parties (Comté, Haute-Marche, Basse-Marche). Places principales : dans le Comté, Rhodez, Saint-Geniez, Entraigues; dans la Haute -Marche , Milhau , Sainte- Affrique ; dans la Basse-Marche, \illefranche, Saint- Antonin, Najac, Sauveterre. Il forme auj. le département de l’Aveyron. — Le Rouergue, compris dans la lre Aquitaine, suivit le sort de cette contrée, et fut longtemps un comté particulier ; ce comté passa de bonne heure à une branche des comtes de Toulouse : celle-ci s’éteignit en 1066 , et les comtes de Toulouse en héritèrent. Mais un de ces comtes, Alphonse 1, ayant besoin d’argent pour une croisade en Terre-Sainte , engagea d’abord et puis vendit le comté de Rhodez (un tiers du Rouergue) à Richard, comte de Carlat et de Lodève (1147). Celui-ci devint la souche de la maison de Rhodez, qui s’éteignit dans les mâles en 1302, et dont l’héritière (Cécile) épousa Bernard VI d’ Armagnac. Parce mariage, le comté de Rhodez passa à la maison d’Armagnac. Le Rouergue fut réuni par Henri IV ( 1590).
ROUFFACH , Aquas Rubece , ch.-l. de canton (Haut-Rhin), à 13 kil. S. de Colmar, sur la Lauch et l’Ombach ; 3,979 hab. Tissus de coton. Aux env. , château d’Isenbourg , résidence de plusieurs rois mérovingiens. — Jadis ville impériale. Prise et pillée vers 1105 par Henri V, contre lequel elle s’était révoltée. Rouffach souffrit beaucoup pendant les guerres du xvne siècle. Les Impériaux la prirent en 1635 et Turenne en 1675.
ROUF1A, l’anc. Alphée, riv. de Grèce (Arcadie, Elide), tombe dans le golfe d’Arcadie après un cours de 130 kil. Voy. alphée.
ROUGE (mer) ou GOLFE ARABIQUE, Arabicus sinus (et non Eryihrœum mare) des anciens, grand golfe situé entre l’Egypte et l’Abyssinie, à 10. , et l’Arabie à l’E. et au N., est séparé de la Méditerranée par l’isthme de Suez, et s’unit, au S., pai le détroit de Bab-el-Mandeb à la mer des Indes. Vers l’extrémité N. , elle se partage en deux golfes, celui de Suez à PO. , celui d’Akaba à l’E. Longueur, 2,600 kil.; largeur moyenne, 240 kil. Peu d’îles; nul fleuve important ne s’y jette. La mer Rouge fut, sous les Ptolémées et les Romains, la grande voie du commerce. Elle tire son noiude la couleur de ses eaux.
rouge (rivière-), Red- River en anglais, dite aussi Natchicoches , grande riv.de l’Amérique du Nord, sort de la Sierra-del-Sacramento, dans le Nouveau- Mexique , coule au S. E. . à l’E. , au S. , au S. E. , sépare l’état d’Arkansas (aux Etats-Unis) de celui du Texas, reçoit laFalse-Washitta-la Bleue, la Petite- Rivière-du-Sud , la Cagamichi , etc., entre dans la Louisiane, et tombe dans le Mississipi, non loin de son embouchure. Cours, 2,350 k. Navigation difficile.
rouge (rivière-), dite aussi Neyracka , riv. de l’Amérique du Nord , affluent de i’Arkansas , traverse le Nouveau-Mexique de l’O. à l’E. Cours , 400 kil. — Une 3e Rivière-Rouge, dans l’Amérique anglaise, n’est autre qu’un affluent de l’Assiniboine.
ROUGÉ, ch.-l. de cant. (Loire-Inférieure), à 9 kil. N. O. de Châteaubriant ; 2,100 hab. Mine de fer.
ROUGEMONT, ch.-l. de cant. (Doubs), à 13 kil. N. de Baume-les-Dames; 1,453 hab. Forges, hautsfourneaux. Aux env., fer. — Il y a un autre Rougemont (en ail. Rothenberg) dans le Haut-Rhin, arr. de Belfort , cant. de Massevaux (restes d’une ville au! existait au xiv* siècle ? 2 châteaux ruinés, l’un
à la cime, l’autre au pied du mont Voisin) ; — et us autre en Suisse (Vaud), à 45 kil. de Lausanne.
ROUGET DE L’ISLE (Joseph), auteur de la Marseillaise , né en 1760 à Lons-le-Saulnier , mort en 1836 àChoisy-le-Roi, était officier de génie en 1789*,
11 adopta avec enthousiasme les idées nouvelles. Sa trouvant, en 1792, en garnison à Strasbourg , il composa en une seule nuit les paroles et la musique de l’hymne célèbre auquel il doit sa réputation. Ge chant, composé pour la musique de la ville, qui accompagnait les volontaires marchant à la défense du pays, devint bientôt national et fit le tour de la France. Les volontaires marseillais le répétaient en marchant contre les Tuileries à la journée du 10 août ; c’estce qui l’a fait appeler la Marseillaise. Rouget de l’Isle combattit sous Hoche en Vendée, et fut blessé à Quiberon. Napoléon ne fit rien pour lui. Après la révolution de juillet , il reçut du roi une pension. On a de Rouget de i’Isle , outre la Marseillaise, quelques pièces de vers (odes, idylles , essais) publiées en 1797, et la musique de cinquante Chants jrançais (de divers auteurs), 1825.
ROU1LLAC, ch.-l. de cant. (Charente), à 22 kil. N. O. d’Angoulême ; 2,057 h. Vins, eaux-de-vie.
ROUILLÉ (Ant.-L.), comte de Jouy, né en 1689, mort en 1761, fut conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes (1717) , intendant du commerce (1725), directeur de la librairie, puis ministre de la marine (1749), des affaires étrangères (1754), grand-maître des postes (1757). Il était depuis 1751 membre honoraire de l’Académie des Sciences. Il se fit remarquer aux affaires par ses vues patriotiques. — Un de ses parents, Rouillé du Coudray (1652- 1729), était directeur des finances. Il protégea J.-B. Rousseau, qui lui adressa une de ses odes.
rouillé du meslay, de la même famille, conseiller honoraire au parlement de Paris, laissa en mourant /17 15) une somme de 125,000 livresà l’Académie des Sciences, pour en employer le revenu à récompenser des découvertes ou recherches mathématiques.
ROUJÀN, ch.-l. de cant. (Hérault) , à 19 kil. N. E. de Béziers; 1,420 hab. Houille, huile de pétrole.
ROUJOUX (le baron de), né en 1779 à Landernau, mort à Paris en 1836 , servit d’abord avec dis tinction , devint, en 1806, sous-préfet deDôle; en 1812, préfet du Ter (Catalogne), rentra dans la vie privée à la Restauration , et se livra à des travaux littéraires. On lui doit la traduction de YHistoire d.' Angleterre de Lingard, 12 vol. in-8, 1825, et années suivantes ; une Histoire des rois et ducs de Bretagne, 1 828.4 v.in-8 ; Dici. franç.-ilal. , 182G, etc.
ROULANS-L’EGLISE, ch.-l. de cant. (Doubs), à
12 kil. S. O. de Baume-les-Dames; 650 hab. HOULERS, v. de Belgique. Voy. rousselaek.
ROUM. .Voy. konier et sivas.
ROUMÉL1E, ROMÉLIE ou ROMANIE, Roum-
Ily des Turcs (c.-à-d. pays des Romains). On désigne sous ce nom, soit une région, soit un pachalik de 1 empire turc, dont on fait singulièrement varier les limites. Comme région, la Roumélie correspond, tantôt à l’ancienne Thrace méridionale ( au sud de l’Hémus), tantôt à cette même Thrace agrandie de la Macédoine et de la Thessalie , ou même de l’Albanie. Comme pachalik ou eyalet, elle comprend les livahs de Janina, Salonique, Tricala, Scutari, Ochrida, Avlone, Ghiustendil, Il-Bassan, Perzerin ou Prisrend, Dukagin, Ouskoup, Delvino, Velitschterin , la Cavale, Kruchewatz. Le livah de Gallipoli, compris géographiquement dans ce pacha.lik, ne lui appartient pourtant pas administrative ment et fait partie de l’eyalet des îles. Quelquefois on ajoute aux livahs ci-dessus nommés ceux de Silistrie, Widdin et Routchouk qui sont en Bosnie el e Bulgarie. Ch.-l. , Sophia et Monastir ; 3,000,000 d'h. Sol montueux; petit Balkan à l’E. , Despoto-dagh au milieu. Riv., la Maritza, le Vardari et trois Kara-