‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 926 sur 1261 · RUDE · texte numérisé non relu

RUDE

1 employa même à diverses missions diplomatiques près de Jacques I, roi d’Angleterre, de Philippe IV, roi d’Espagne, et près de la république des Sept Provinces-Unies. Rubens mourut en 1640, jouissant d’une grande fortune. On admire surtout chez lui la magie de la couleur, le grandiose de l’effet, l’enthousiasme et la variété de sa composition; mais on lui reproche l’usage trop fréquent de l’allégorie et le mélange peu judicieux du sacré et du profane. Sa facilité tenait du prodige. Le nombre de ses ouvrages reproduits par la gravure s’élève à près de 1,500. Il excellait dans tous les genres et peignait avec un égal succès l’histoire, le portrait, le paysage, le3 fleurs, les animaux; cependant ses principaux ouvrages sont dans le genre de l’histoire et représentent des sujets religieux. — Phil. Rubens, son frère aîné (1574-1611), fut secrétaire d’état du sénat d’Anvers. — Albert Rubens, son fils (1614-57), se distingua par ses connaissances dans les langues, l'histoire et la numismatique. On doit à ce dernier: Regum et imperatorum romanorum numismaia, Anvers, 1654, in-4 ; De re vestiariâ velerum, 1665.

RUB1CON, Rubico, auj. le Fiumesino ou Pisatello, petite riv. d’Italie, tributaire de l’Adriatique, séparait la Gaule Cisalpine de 1’ltalie propre. Il était défendu à tout général romain de passer ce fleuve à la tête d’une armée pour entrer en Italie : le passage du Rubicon par César en armes fut la manifestation décisive de sa révolte contre sa patrie et le commencement de la guerre civile (49 av. J.-C.).

RUBRICATUS, fleuve d’Hispanie (Tarraconaise) auj. le llobregàt; — fleuve de Mauritanie, qui sc jette dans le Bagradas, est auj. la séibous.

RUBRUQU1S (Guill. de ruysbrqeck, dit), corde» lier, né dans le Brabant vers 1230, fut envoyé par Louis IX en Tartarie (1253) pour y prêcher fEvangile ou plutôt pour nouer des intelligences avec les Mongols, visita le khan Batou, puis le grand-khan Mangou, fut admis à disputer, en présence de ce prince, avec des prêtres nestoriens et des imams, mais sans obtenir de résultat; il rapporta une lettre du grand-khan au roi de France en Terre-Sainte. 11 se fixa à son retour au couvent d'Acre, de là rendit compte de son voyage à saint Louis par une Lettre fort curieuse, traduite du latin en anglais dans le recueil d'Hakluyt (I, 71-93), et dans celui de Purchas, puis d’anglais en français par Bergeron, Paris, 1629, in-8. Rubruquis vivait encore en 1293.

RUCCELLAI (Bern.), en latin Oricellarius , né à Florence en 1449, mort en 1514, était allié des Médicis. Il fut gonfalonier de justice, ambassadeur à Gênes, à Naples, en France, prit une grande part au rétablissement des Médicis (1512), se rendit célèbre par la protection qu’il accorda aux savants , et par ses superbes jardins (dits encore auj. Oni Oricellariï) , où se réunissait l’Académie néoplatonicienne. On lui doit : De urbe Româ (dans le Rerum italicarum scriptores florenlini, II, 755) ; De bello italico , Londres, 1724, in-4 ; De magislratibus romanis , Leipsick, 1752.

RUCCELLAI (J.), fils du précédent, né en 1475, mort en 1525, parent et ami de Léon X, fut nonce en France, protonotaire apostolique et gouverneur du château Saint-Ange. On a de lui un poëme didactique italien: Les abeilles, 1539 (traduit en français par Pingeron, 1770, et par Crignon, 1786), les tragédies de Rosmonde (1525) et d ' Or este (1723), et quelques poésies. Rosmonde est une des premières tragédies régulières du théâtre moderne.

RUDBEGK (Olaüs), savant suédois, néàWesteras en 1630, mort en 1702, était fils de Jean Rudbeck, évêq.luth. de Westeras et aumônier deGustave-Adolphe, à qui l’on doit la Bible dite de Gustave-Adolphe (1618). Il exécuta à 10 ans une horloge en bois qu’on vante comme un chef-d’œuvre de mécanique, étudia la médecine et surtout l’anatomie, décou-

ÏMJFF — 1£

v ri t les vaisseaux lymphatiques (qu il nomma conduits hipatico-aqueux ) , ainsi que le réservoir du chyle (1649 et 50), visita l’Allemagne, la Hollande, établit à ses frais un jardin botanique à Upsal (1657), devint professeur de botanique et d’anatomie , puis recteur, et enfin curateur perpétuel de l’université d’Upsal. Il imprimait un grand ouvrage sur l’origine, les antiquités et l’histoire de la Suède, lorsqu’il eut la douleur de le voir détruire dans l’incendie d’CJpsal en 1702. Il survécut peu à cette perte. On lui doit, entre autres ouvrages : Caialoyus planiarum nord academiæ UpsalensistE psal, 1758, in-8, «t Atiantica, seu Manlieim vera Japheti posterorum sedes , Upsal, 1675, etc., 4 vol. in -fol.

rudbeck (Olaüs), fils du précédent, surpassa encore son père par la variété de ses connaissances. Né à Upsal vers 1 670, il fut reçu docteur en médecine à 1 9 ans. Il visi ta la Laponie par ordre de Charles XI (1689), et y recueillit 50 nouvelles espèces de plantes, parcourut la Hollande , l'Allemagne, l’Angleterre, Tonda avec Eric Benzelius la Société des sciences i Upsal (1720), et m. en 1740 , laissant 12 vol. in-fol. ie dessins de plantes (conservés au musée de F académie de Stockholm). On a de lui, entre autres ouvrages : Nova Samola?id (Laponie), Upsal, 1701, n-4., fig.; Campi Ehjsii, Upsal, 1701-1702, in-fol.

U avait entrepris un Trésor polyglotte , destiné à faire voir l’origine et la filiation des langues ; mais l’ineendie d' U psal (1702) anéantit son travail.

RUDESHEIM , bourg du duché de Nassau , sur ie Rhin, à 24 kil. S. O. de Wiesbaden. On y récolte le meilleur vin du Rhin.

RUDIES, Rudiœ, auj. Rugge ou Rotigliano , ville d’Iapygie, chez les Salentins, entre Hydronte et Rrundusium. Patrie d’Ennius.

RUDKIOEBING, ville murée du Danemark, chefjeu de l’ile Langeland , par 8° 27’ long. E., 54° 55’ lat. N.; 1,400 h. Petit port; bon commerce.

RUDOLPH1 (Ch.-Asmond) , naturaliste , né en 1771 à Stockholm , mort en 1832 à Berlin , fut nommé pur le roi de Suède directeur d’une école vétérinaire créée en Poméranie (1803), puis par le roi de Prusse professeur à Berlin (1810), porta surtout ses recherches sur les vers intestinaux, et publia un ouvrage qui est devenu classique pour eette partie : Entozoa seu liistoria vennium intestinalium , Amsterd. , 1808; avec un suppl. (1820).

RUDOLPH1NES (tables). Voy. Rodolphe ii, emp.

RUDOLPHSWERTH, v. d’Illyrie. V. neustædtl.

RUDOLSTADT , capitale de la principauté de Schwartzbourg-Rudolstadt, sur la Saale, à 31 kil. S. de Weimar; 4,000 hab. Résidence du prince. Lainage, liqueurs, etc.

RUE, ch.-l. de cant. (Somme), sur la Maye, à 22 kil. N. O. d’Abbeville; 1,200 hab.

RUE (le père la), etc. Voy. la rue.

RUEÜA-DËL-AM1RANTE, ville d’Espagne (Valladolid) , à 23 kil. S. E. de Léon ; 2,900 hab.

rueda-medina , ville d'Espagne (Valladolid) , à 31 kil. S. O. de Valladolid ; 3,100 hab.

RUEDA (lope de) , écrivain espagnol. Voy. lope.

RUEL ou RUE1L , Rotalgensis de Grégoire de Tours, commune du dép. de Seine-et-Oise, à 12 kil. O. de Paris et à 10 kil. N. E. de Versailles ; 3,333 hab. — Au IXe siècle, Charlea-le-Chauve donna cet endroit à l’abbaye de Saint-Denys, qui le posséda jusqu’en 1635; il fut alors acheté par le cardinal de Richelieu. Celui-ci y lit construire un beau château, où la cour se retira pendant les guerres de la Fronde ; il existe encore. Belles casernes ; monument de l’impératrice Joséphine (dans l’église). De eette commune dépendent les châteaux de la Malmaison(ou résida Joséphine) ,deBuzauval et deBoispréau.

RUFFACIi. Voy. ROUFFACH.

RUFFEC, ch.-l. d’arr. (Charente) , à 48 kil. N. d’Angoulême • 2,859 hab. Tribunal de lr» instance.

KUFU

j Ancien château. Crains, graines fourragères; bétail^ marrons, fromages, truffes, pâtés de foie d’oie au> truffes ; les terrines de Ruffec, faites avec du gibier truffé, sont renommées. — Ville très ancienne; elle porta successivement les titres de baronnie, de vicomté, enfin de marquisat (1588); il s’y est tenu des conciles en 1258, 1304 et 1327. — L’arr. de Ruffec a 4 cant. (Aigre, Mansle, Ruffec et Ville-Fagnan) , 83 communes et 58,908 hab.

RUPH (Ant. de), savant marseillais, né en 1607, mort en 1689 , fut conseiller à la sénéchaussée de Marseille, puis conseiller d’état. On a de lui : Histoire de Marseille, Marseille, 1642, in-fol. (2e édit., augmentée, 1696, 2 vol. in-fol.) ; Histoire des comtes de Provence de 934 à 1480, Aix, 1656, in-fol.

RUFFi (L.-A. de), ûlsdu précédent, né àMarseille en 1657, mort en 1724, a fourni beaucoup de notes et renseignements au P. Lelong pour la Bibliothèque his torique de la France , et à Sainte-Marthe , po«r la Gallia chrisdana. On lui doit des Discours sur l'origine des comtes de Provence , du Venaissin , de Forcalquier et des vicomtes de Marseille, Mars. 1712. RUFFO (le comte). Voy. castelcicala. * ruffo (Denis-Fabrice) , dit le général-cardinal 9 homme d’état napolitain, né en 1744 , mort en 1827, fut trésorier de Pie VJ, qui le créa cardinal, quoiqu’il ne fût pas prêtre. De retour à Naples, il fut un des adversaires d’Actou, fit soulever la Calabre contre les Français (1799), leur reprit Naples avec le secours des Russes, et exerça dans cette ville de cruelles vengeances. Cependant il désapprouva en 1805une nouvelle guerre contre la France, et fut depuis disgracié pour ce motif. — Il ne faut pas le confondre avec un autre Ruffo (Louis), né à Saint-Onuphre en 1760, mort en 1832, aussi cardinal, mais d’une autre famille, celle des Scilla; il fut archev. de Naples, se montra sous ie roi Joseph (Bonaparte) fort ai tac hé .tu si-àiegc, se déclara un instant pour la constitution de 1820, mais bientôt l’improuva et défendit la politique de Ferdinand I.

RUFIN , Ru/inus, ministre de Théodose I et d’Arcadius, né vers 350 à Elusa (Aquitaine), s’acquit un nom comme avocat ou jurisconsulte , plut à Théodose qui l’cminena à Constantinople, y devint successivement grand-maître du palais, consul, conseilla le massacre de Theasalonique (390) , fit périr Tatien, préfet du prétoire, et s’empara de sa charge (392), usurpa la tutelle d’Arcadius, emp. d’Orient, à la mort de Théodose (395), et se fit universellement exécrer par ses crimes et sa tyrannie. Il eut de vifs démêlés avec Stilicon, tuteur d’iionorius, emp. d’Occident, qui voulait régir l’empire entier. Il appela, dit-on, pour se venger de lui, les Goths, qui ravagèrent l’empire. Il allait être associé au trône par Arcadius, lorsque les troupes de Stilicon, pénétrant dans Constantinople, le mirent en pièces (nov. 395). L’ambition, l’avarice et la cruauté de Rufin ont été énergiquement retracées par Claudien dans le beau poème intitulé : Invectives contre Rufin.

rufin, Tyrannius (ou Toranius ) Rufinus , prêtre, né à Concordia dans le Frioul, vécut longtemps danB un couvent d’Aquilée , puis à Jérusalem, où il se lia étroitement avec saint Jérôme (374), se brouilla avec cet ami pour des dissentiments théologiq., passa d’Orient à Rome, puis en Sicile (408), et mourut en 410, septuagénaire. On lui doit des traductions latines: 1° de Y Histoire ecclésiastique d’Eusèbc ; 2° des Homélies d’Origène sur la Genèse, l’Exode, eta.

RUFUS , c.-à-d. Roux , surnom commun à plusieurs branches de diverses familles romaines, telles que les Rutilius, les Minucius, les Curtius, etc. rufus (p. rutilius). Voy. RUTILIUS.

RUFUS (C. MUSCNIUS). VoiJ. MUSONIUS.

rufus, médecin grec, natif d’Ephèse, qui vivait soit du temps d’Auguste , soit du temps de Trajan (vers l’an 110), a écrit sur l’anatomie, sur les ma-

RUHjN — 1543 — RUMF

ladies des reins, sur la matière médicale (en vers). Ï1 ne reste de lui que des fragments qui ont été publiés par J. Goupil, Paris, 1554, avec la traduc. deCrasso, etparClinch, Lond., 1726. Littré (1844) et Daremberg (1846) en ont trouvé de nouv. fragments.

Rurus festus ou sextüs rufus , historien latin qui vivait vers l'an 370 de J.-C. , était un personnage consulaire. On a sous son nom : 1° De historiâ romand libellus , intitulé aussi : Breviarium rerum yestarum populi romani, qui n’est guère qu’un dénombrement des révolutions et des agrandissements successifs de l’empire; 2° Deregionibus urbis Romce , espèce de catalogue des monuments de Rome ; publiés tous deux par G. Munnich, Hanovre, 1815.

RUGEN , île de la Prusse (Poméranie) , dans la mer Baltique , est séparée de la côte par un canal étroit ; elle a 55 kil. sur 42, et compte 31,000 hab. Ch.-l., Bergen. Sol fertile; côtes fort découpées (d’où trois presqu’îles principales), mais pas de bons ports. Nombreuses antiquités germaines , etc. — L’île de Rugen fut le berceau des Rugiens et le siège principal des cultes d’Hertha et de Svantovit. Waldemar I, roi de Danem., la prit et brisa les idoles, 1168 ; elle passa aux ducs de Poméranie au xive siècle, à la Suède en 1648 ; fut prise par les Français en 1807, et donnée à la Prusse en 1814.

RUGENWALDE , ville murée des Etats prussiens (Poméranie) , sur la Wipper, à 26 kil. N. E. de Koslin ; 3,900 hab. Toiles diverses. Petit port. Bains de mer. Pèche du saumon.

RUGGIER1 (Côrne), astrologue de Florence, vînt en France sous Catherine de Médicis,qui le consulta souvent, obtint de cette princesse l'abbaye de Saint- Mahé en Bretagne, fut accusé, en 1574, de conspirer contre Charles IX, fut condamné aux galères, et obtint sa grâce par la protection de la reinemère. Accusé d’une nouvelle conspiration en 1597 (contre Henri IV), il réussit encore à se soustraire à la condamnation. Il mourut en 1615. Il avait publié des almanachs, qui furent célèbres. — Voy. UBALDINI.

RUGIENS, Rugii , peuple de race germanique , semble avoir eu d’abord pour demeure l’île de Rugen, dans la mer Baltique, et les contrées voisines. Au v8 siècle, ils fondèrent dans la Germanie méridionale un empire, qui se composait de ce qui est auj. la Moravie, et l’Autriche au N. du Danube. Cet empire, appelé de leur nom Rugiland , fut détruit par Odoacre vers 487. Après la destruction de l’empire d’Odoacre par les Ostrogoths (495), le Rugiland devint l’asile des Hérules. En 518, au plus tard, les Lombards se fixèrent dans le même pays, et refoulèrent les Hérules vers la Scandinavie. Le nom de Rugiland disparut alors.

RUGILAND. Voy. rugiens.

RUGLES, ch.-l. de cant. (Eure), sur la Rille, à 39 kil. S. O. d’Evreux ; 2,000 hab. Epingles et pointes de Paris, aiguilles, fil de fer, tréfilerie, etc.

RUHLA, ville d’Allemagne, à 9 kil. S. E. d’Eisenach, sur la Ruhla, qui la divise en deux parties, appartenant l’une au grand-duché de Saxe- Weimar, l’autre au duché de Sate-Cobourg-Gotha; 3,000 hab. Usines à fer; instruments de musique, Î<it)citièrfî8 etc#

RUHNKEN1US (David), en allem. Ruhneken , célèbre philologue, né en 1723 à Stolpe( Poméranie) , mort en 1798 , fut adjoint de Hemsterhuys à Leyde pour la langue grecque (1757 - 61), puis professeur d’histoire et d’éloquence de la môme université, et enfin bibiolhécaire de l'Académie en 1771. lia publié: Epislolœ crilicœ in Homeridarum hymnos, etc., Leyde, 1749 et 1781; Timœi sophistes lexicon vocum platonicarum , Leyde, 1754, in-8, ainsi que plusieurs autres travaux relatifs à Platon ; Historiâ crilica oratorum grœcorum, 1768, 1 vol. in-8 ; V elleius Paterculus , cum nolis variorum, 1779, 2 vol. in-8 ; H orner i hymnus in Cererem, Leyrde,

1782, in-8 ; de Vitâ et scriptis Longini , 1766, in-fi ; Œuvres de Muret , Leyde, 1789, 4 vol. in-8, etc. Son érudition était immense, son style latin admirable. On a publ. ses Opuscula h Leyde, 1823, 2 v. in-8.

RUHR ou RO S- R , riv. des Etats prussiens, affluent de la Meuse ( Voy. roer).— Riv. d’Allemagne qui naît en Westphalie (Arensberg), coule au"N. O. et se jelte dans le Rhin à Ruhrort, après avoir reçu la Lenne, la Mœne, la Wolni ; 200 kil. de cours.

RUHRORT, ville des États prussiens (prov. Rhénane), au confluent de la Ruhr et du Rhin, à 24 kil. N. de Dusseldorf; 1,550 hab. Grands bateaux.

RUINART (Dom), savant bénédictin, né à Reims en 1657, mort en 1709, fut longtemps le collaborateur du P. Mabillon. En outre, il publia seul ; Acta primorum martyrum sincera , 1689 (il réfute dans la préface les paradoxes de Dodwell sur le petit nombre des martyrs) ; Historiâ perseculionis Vandalicœ ( 1694); une édition de Grégoire de Tours (1699) ; une Vie de Mabillon (1709), etc.

RUINES, ch.-l. de cant. (Cantal), à 11 kil. S. E. de Saint-Flour; 650 hab.

RUISDAEL (Jacq.), peintre hollandais de Harlem, né en 1636, mort en 1681, excella surtout dans les paysages et les marines ; ne dessinant pas la figure avec autant de perfection, il empruntait pour cette partie le pinceau de Berghem, de Wouwermans ou de quelque autre maître. On cite de lui la Chasse au cerf (h Dresde), le Coup de soleil , la Tempête ( qui sont tous deux au Louvre), ainsi que plusieurs beaux paysages. — Son frère aîné, Salomon ( 1616-1670), peignait aussi le paysage, mais avec moins de succès.

RU LH 1ÈRE (Claude Carloman de), littérateur, né en 1735 à Bondy près de Paris, mort en 1791 , fut aide de camp du maréchal de Richelieu en Guyenne, puis secrétaire du baron de Breteuil,qui l’emmena dans son ambassade en Russie (1760), put observer dan3 ce pays la révolution de 1762, dont il traça depuis le tableau, fut chargé d’écrire l'histoire des troubles de la Pologne pour l’instruction du dauphin (depuis Louis XVI), reçut pour ce travail une pension de 6,000 fr., et parcourut l’Allemagne, la Prusse, la Pologne, afin de rassembler les matériaux de cet important ouvrage, qui ne parut qu’aprèssa mort. H avait été reçu à l’Académie Française en 1787. Les plus importants de ses écrits sont : Eclaircissements sur la révocation de l'édit de Natites (1788) ; Hist. de la révolution de Russie en 1762 (cet ouvrage, composé dès 1765, ne put paraître du vivant de Catherine II, et ne fut publié qu’en 1797) ; Histoire de l'anarchie de Pologne , 4 vol. in-8 (1807 et 1809), ouvrage fort estimé, mais qui malheureusement n’a pu être achevé. On a aussi de Ruihière des poésies parmi lesquelles on remarque le Discours sur les disputes et les Jeux de mains , poëme en 3 chants. M. Auguis a donné ses ŒAtvres diverses , 2 vol. in-8, 1819.

RULLUS (P. servilius), tribun du peuple l’an 63 av. J.-C., proposa une loi agraire tendant à faire vendre, bu profit du peuple, l’ancien domaine des rois de Macédoine, les terres voisines deCarthagène en Espagne, Cartnage, Corinthe, et toutes les conquêtes faites depuis Sylla hors de l’Italie. Cicéron, alors consul , parvint, par son éloquence, à faire rejeter par le peuple même cette loi si populaire.

RUM ou ROMN (île), une des Hébrides, au S. de celle de Skye : 20 kil. sur 9 à 12. Ch.-l., Kinloch.

RUMFORD (Benjamin-Thompson, comte de), physicien et philanthrope, né en 1753 dans l’Amérique anglaise, à Rumford, aujourd’hui Concord (New-Hampslnrc), se livra de bonne heure h la cuk ture des sciences , prit parti pour la métropole dans la guerre de l’indépendance, fut chargé, en 1776, de porter à Londres la nouvelle de l’évacuation de Boston par les troupes anglaises , resta quelques années en Angleterre, et fut nommé, en 178U,

RUNJ — 1;

re d'état, retourna, en J 7 82. en Amérique , où il combattit les insurgés, et s’éleva jusqu’au grade de colonel , quitta définitivement son pays après la reconnaissance de l’indépendance des États-Unis , prit du service auprès de l’électeur de Bavière Charles-Théodore , obtint la confiance de ce prince , qui , après l’avoir nommé lieutenantgénéral de ses armées , le chargea du département de la guerre et de la direction de la police , signala son administration par d’utiles réformes , supprima la mendicité, et appliqua la science au soulagement des malheureux : c’est lui qui forma le 1er établissement des soupes économiques qui portent son nom. Charles-Théodore, en reconnaissance de ses services, le créa comte de Rumford (il n’était connu jusquelà que sous le nom de Thompson), et le nomma ambassadeur en Angleterre ; mais quelques défauts de forme l’empêchèrent d’être reconnu comme tel à Londres. A la mort de l’électeur ( 1799), il quitta la Bavière, et, après avoir voyagé quelque temps, vint se fixer en France , où il épousa la veuve de Lavoisier (1804). 11 mourut en 1814, dans sa maison d'Auteuil. Quoique célèbre surtout par sa philanthropie, Rumford était un homme froid et peu aimable. On doit à ce savant de3 recherches sur la chaleur, ainsi qu’un calorimètre et un thermoscope ; il inventa les foyers qui portent son nom , et perfectionna les cheminées, les lampes, etc. Il a inséré plusieurs mémoires dans les Transactions philosophiques de Londres et dans les Mémoires de l’Institut de France. On a publié à part ses Mémoires sur la chaleur , Paris , 1804; — sur la combustion , 1812 ; ses Essais politiques , économiques et philosophiques, Genève, 1798, 2 vol. in-8.

RUMIGNY, ch.-l. de cant. (Ardennes), à 22 kil. S. O. de Rocroy; 600 hab. Patrie de La Caille.

RUM1LLY, ville deFrance(haule-Savoie), à 13 kil. S. O. d’Annecy ; 4,100 hab. Commerce de grains.

RUMMEL ou ROMMEL, Ampsagas , riv. de l’Algérie, passe à Constantine, et tombe dans la Mediterranée, à l’E. de Bougie, après 150 kil. de cours.

RUMP , c.-à-d. Croupion , nom donné par dérision aux débris du long-parlement en Angleterre , lorsqu’il fut rétabli en 1659, après l’abdication de Richard Cromwell. Ce parlement , composé d’environ 70 membres, ne dura qu’un an, et fut cassé par le général Lambert , comme le long-parlement l’avait été, en 1653, par Olivier Cromwell.

RUNES, caractères dont se servaient jadis les Scandinaves ( Danemark , Suède , Norwége , Allemagne septent. ), seraient, suivant les uns, antérieurs à notre ère, et, selon les autres, ne dateraient guère que du ix<* siècle après J.-C. L’alphabet runique n’a que 1 6 lettres; elles sont formées de barres horizontales et verticales; quelques unes seulement ressemblent aux lettres des Romains. On trouve, surtout en Suède (dans la prov. d’Upiand et File de Gotlland), même en Amérique (N.) des' pierres runi ques, qui sont couvertes de ces caractères. On conjecture que les runes dérivent du phénicien, et qu’ils auront été apportés par des navigateurs de Phénicie, qui auraient pénétré dans la Baltique. — Les prêtres Scandinaves Unirent par se réserver la connaissance des runes; par suite, ou employa ces caractères dans les opérations de magie et de sorcellerie,

RUNJET-SING, roi de Lahore, né en 1762 à Lahore , d’une tribu obscure, mort en 1839, se distingua dans plusieurs combats contre les Anglais, 2ut élu pour chef par ses compatriotes vers 1800 , •releva la nation des Seikhs , réussit à soustraire son • pays à la domination anglaise , et fut en peu de 'temps maître d’une vaste contrée, embrassant le Pendjab, le Moultan , le Kachinir, le Peychawer et une partie de l’Afghanistan. Il accueillit dans ses états les généraux français Allard et Ventura, qui disciplinèrent ses troupes , les organisèrent à

Page 1