‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 96 sur 1261 · BABE · texte numérisé non relu

BABE

B , dans les abréviations des noms propres , signifie : Balbus , Brutus , Burrhus; devant les noms de saints ou de saintes, Beatus, Beata ; devant les noms modernes, Baptiste.

BAADER (François-Xavier de) , mystique allem., né à Munich en 1765, m. en 1841, fut professeur de philosophie à Munich et conseiller supérieur des mines. 11 avait d'abord cultivé avec soin les sciences naturelles ; il se livra ensuite tout entier à la philosophie et chercha à la concilier avec les dogmes du catholicisme , au moyen d’un mysticisme qui approche de la folie. Parmi ses ouvrages, on remarque les Leçons de la dogmatique spéculative , 1830; l 'École préparatoire de la théologie spéculative , 1828; il a aussi laissé un traité sur Y Extase, 1817.

BAAL, c.-à-d. seigneur , divinité des Chaldéens, des Babyloniens et des Phéniciens , paraît n’être autre chose que le soleil. Cependant l’historien Josèphe la confond avec Mars, d’autres avec Jupiter et avec l’Hercule Phénicien. Les Israélites abandonnèrent souvent le culte du vrai Dieu pour adorer cette idole. 11 y avait plusieurs idoles d’un rang secondaire qui portaient le nom de Baal ; les principales sont : Baal - Berilh, le seigneur de l’alliance ; Baal- Gad , le dieu du bonheur ou de la fortune ; Baal-Péor ou Belphégor , le dieu Priape des Moabites ; Baal- Scaen ou Baal-Samen, le seigneur du ciel ; Baal- Tsephon, le dieu sentinelle ; Baal-zebulh ou Belzébuth , le dieu chasse-mouche , etc. Le nom de Baal a fini par être un nom commun que les Chaldéens donnaient, non seulement aux dieux et aux astres , mais à leurs rois. ( Voy . bélus.)

BAALBEK. Voy. balbek.

BAÂSA , roi d’Israël, fut d’abord général du roi Nadab , fils de Jéroboam. Il conspira contre ce prince, le tua au siège de Gebbethon, et usurpa le trône (942-919 av. J.-C.). 11 extermina toute la famille de Jéroboam, se souilla de crimes, et se livra à l’idolâtrie. 11 fut battu par Asa, roi de Juda.

BABA, nom commun à 2 villes de Turquie : l’une en Europe , à 23 kil. N. E. de I.arisse ; 2,000 hab. ; l’autre en Asie , à 120 kil. S. 0. de Gallipoli. On fabrique dans celle-ci des lames renommées pour couteaux et sabres.

BABA, sectaire turc, tenta, vers l’an 1240, de renverser la doctrine de Mahomet, et prétendit être lui-même l’envoyé de Dieu. Il commença à prêcher sa doctrine à Amasie, la répandit dans toute l’Anatolie , et se fit un grand nombre de partisans qu’il arma , et à la tête desquels il se rendit redoutable. Les Mahométans furent obligés, pour le réduire, de s’aider du secours des Francs.

BABA-DAGH, ville de la Turquie d’Europe (Roumélie), à 62 kil. S. E. deBrahilow; 10,000 hab. Im-

Êortante et assez forte ; elle commerce par le port de 'ara-Kerman qui en est voisin. — On nomme aussi Baba-Dagh une chaîne de montagnes de la Turquie d’Asie, qui est une ramification du Taurus. Elle traverse l’Anatolie de l’E. à l’O.

BABA-KAN. Voy. feth-ali- chah.

BABEK , surnommé le Libertin et l'Impie, fameux imposteur persan du n® siècle de l’hégire (ix* siècle de notre ère), enseigna une doctrine abominable qui permettait le meurtre et le libertinage , et la répandit les armes à la main. Il résista pendant vingt ans aux généraux des califes et fit trembler leur empire. Il fut enfin vaincu en 837 par le calife Motassem, qui lui fit couper les bras et les jambes, et fit traîner son corps dans Bagdad.

BABEL, c.-à-d. confusion, nom donné dans l’Écriture à une tour immense que les fils de Noé construisirent à Babylone pour atteindre les deux.

BABR

Déjà elle s’ét&it élevée à une hauteur prodigieuse, lorsque Dieu, pour punir leur audace , mit la confusion dans leur langage ( 2907 ). C’est , d’après le récit de Moïse, à dater de ce moment qu’aurait commencé la diversité des langues. Hérodote raconte qu’il existait de son temps à Babylone , dans le temple consacré à Bélus, une tour très haute et dont la plate-forme servait d’observatoire aux Chaldéens. Il est à supposer que cette tour fut construite sur les ruines de l’antique tour de Babel , si ce n’est point cette tour elle-même. — Le mot Babel, dans le3 livres saints , désigne la ville de Babylone.

BAB-EL-MANDEB, c.-à-d. porte des larmes, détroit fort dangereux, par lequel la mer Rouge com» munique avec la mer d’Oman. Il a 52 kil. de long, et est situé par 40° 40’ long. E., 12° 38’ lat. N.

BABENBERG ou BAMBERG (comtes de), fam. ail. ancienne , qui faisait remonter son origine aux anciens rois francs. Vers 866, Henri, comte de Babenberg, avait le titre de duc des Francs orientaux. Il défendit les frontières de l’Empire contre les Bohèmes et les Serbes. En 982 , Léopold, comte de Babenberg, devint margrave d’Autriche ; sa maison con serva cette dignité jusqu’en 1246, qu’elle s’éteignit.

BABEUF(tr.-Noël), fameux démagogue connu sous le nom de Gracchus qu’il se donnait lui-même, néàSt- Quentin en 1762, futd’abord arpenteur et commissaire à terrier. Ayant été poursuivi pour crime de faux, il réussit à se soustraire à cette accusation. Il professâtes principes les plus démagogiques, et obtint plusieurs places éminentes dans l’administration. Après la chute de Robespierre il publia un écrit politique qu’il intitula: le Tribun du peuple , par Gracchus Babeuf; il proposait une nouvelle loi agraire, c.-à-d. le partage de toutes les terres et de toutes les richesses entre les citoyens pauvres, et attaquait avec violence le Directoire et les conseils ; il dirigeait en même temps leclub des Égaux, dits Babouvistes, et formait un plan d’insurrection pour détruire la constitution de l’an m. Traduit pour ces faits devant une haute cour de justice à Vendôme, il fut condamné à mort. Il subit le supplice le 5 prairial an v ( 24 mai 1797); il avait cherché à se frapper d’un poignard, mais il n’avait pu y réussir.

BABIN (François), professeur de théologie à Angers, né dans cette ville en 1651, mort en 1734, est auteur des 18 premiers vol. des Conférences du diocèse d’Angers , ainsi que du Journal ou Relation de tout ce qui s’est passé dans l’université au sujet de la philosophie de Descartes , 1679, in-4.

BABINGTON (conjuration de). Voy. marie stüart.

BABOLEIN (saint), premier abbé de l’abbaye de St-Maur-des-Fossés près de Paris, avait été disciple de saini Colomban et moine de l’abbaye de Luxeuil ; il mourut vers 660 ou 670. On célèbre sa fête le 26 juin.

BABOUR (Mohammed), descendant de Tamerlan, né en 1483, fut proclamé en 1494 souverain des Mongols dans la Tai tarie occ., réduisit Samarcande qui s’était révoltée, entreprit la conquête de l’indostan,

1 605, soumit le Candahar, le Caboul, Delhy, Agrah, et fonda ainsi Y Empire mogol de l'Inde. 11 m.en 1530. Sa dyn. a régné dans l’Inde plus de 2 siècles et demi après lui, et n’a fini qu’au xixe siècle. Babour a rédigé luimême en langue mogole la Relation de ses conquêtes et Y Histoire de sa vie. Ce curieux ouvrage a été traduit en anglais par J. Leyden et W. Erskine*. Lond., 1826.

BABOUVISTES. Voy. babeuf.

BABRIUS, ou par corruption GABRYAS, poète grec qui mit en vers choliambiques les fables d’Esope. L’élégance de sa diction a fait croire qu’il vivait du temps de Bion et de Moschus. D’autres le placent

ii. JO

BAÇA

vers le temps d’Auguste. On ne connaissait de lui que quelques fragments conservés par Suidas (pub. par Coray, et par Berger, Munich, 1 8 1 G). M. M y nas a trouvé en 1843, au mont Athos, ut» Mss. complet. Ces fables, mises en prose sous le Bas-Empire, sont le fond des fables que nou3 avons sous le nom d Esope.

BABYLAS (saint) , martyr, fut évêque d’Antioche vers 237 ; il fut persécuté sous l’empire de Dèce, et mourut dans les fers en 251 . On le fête le 24 janvier.

BABYLONE, Babylon , capit. de la Chaldée et de Joute la Babylonie, sur l’Euphrate, par 42° long. E., 30° 19’ lat. N. , dans le voisinage de la ville actuelle d’Hilleh. Elle avait plus de 40 kil. de tour, on y admirait de superbes quais, 100 portes de bronze, des jardins suspendus qu’on comptait parmi les merveilles du monde, un temple de Bélus ( Voy . babel) ; des murailles très hautes, d’une largeur extraordinaire, et flanquées de 250 tours; beaucoup de palais, etc. Il ne reste de cette immense ville que des ruines à peine connues. — Babylone fut bâtie par Nemrod , puis agrandie par Bélus , et fut la capit. de la Babylonie, puis du vaste empire d’Assyrie; elle s’éleva rapidement à la plus grande prospérité et se maintint à un très haut rang, non seulement après la chute de Sardanapale (7 59) , mais après celle de Nabonid ou Balthazar, lorsqu’elle fut prise par Cyrus, en 538 av. J.-C. Au temps d'Hérodote elle était encore la lre ville du monde. Elle déclina ensuite jusqu’au temps d’Alexandre (330). Ce conquérant l’avait choisie pour être la capitale de son empire, et il l’aurait rendue plus magnifique qu elle n’avait jamais été ; mais sa prompte mort et la fondation de Séleucie en précipitèrent.la décadence. Babylone existait encore, mais petite et presque vide, lors de la conquête du 2* empire perse parles Arabes. — Les Juifs furent 70 ans captifs à Babylone (605-536). Cette v. est, dan# l’Écriture, le type d’une ville riche et puissante, mais corrompue. — L’Égypte avait aussi une Babyl., colonie de la lre, au point où le canal de Trajan se rend Tans le Nil. On croit quec’estauj.le Caire ou Baboul ,

babylone (empire de), fondé par Nemrod, vers 2640 av. J.-C. 11 eut 8 rois de la dynastie de Nemrod, puis il tomba aux mains des Arabes (2218) et fut alors démembré en petits royaumes, entre autres Élam, Sennaar, Babylohe; 6 rois arabes régnèrent dans ce dernier état (de Mardocentès à Nabonad). Vers 1993 parut Bélus, qui sortit de Ninive, mais qui fit de Babylone la capitale de son empire, dit premier empirent’ Assyrie, et qui eut pour successeurs Ninus, Sémirami8, Ninyas, et une foule d’autres rois inconnus jusqu’à Sardanapale, qui périt en 759 {Voy. assyrie). A la chute de ce dernier prince, le royaume de Babylone, sans être complètement indépendant, fut comme détaché decelui fie Ninive, qui formaun second empire d' Assyrie. B. eut pour rois Bélésis, 759; Nabonassar, 747; Nadius, Chinzir, Porus, llulée, de 733 à 721 ; Mardokernpad et 5 princes encore plus obscurs jusqu’en 688; puis vint une anarchie complète, Bitivie bientôt d’une entière soumission au royaume de Ninive. Mais en 625 Ninive fut soumise à son tour, et l’Assyrie devint province du royaume de Babylone sous les rois Nabopolassar , 625; Nabuchodonosor II, 605; Evilmérodac, 562; Nériglissor, 560; Laborosoarchod , 555; Nabonid ou Labinet (le Balthazar de l’Écriture) de 554 à 538 , jusqu’au moment où le roy. de Babylone devint la proie de Cyrus.

BABYLONIE, Babylonia , contrée d’Asie, au S. de fa Mésopotamie et au N. du golfe Persique, se divisait en Babylonie proprement dite, entre l’Euphrate et le Tigre; Chaldée, depuis le confluent des deux fleuves jusqu’au golfe Persique ; et Sitacène à l’E. Villes principales: Babylone, ls ou Æiopolis, Orchoé, Sitace, Ctésiphon, Séleucie.

BAÇAIM, ville de l’Inde anglaise (Bombay), par 70e 34 long. E., 19° 20’ lat. N., près de l ue de Salsette. Prise aux Portugais par les Mahrattes

BACC

1552 ; puis enlevée à ceux-ci par les Anglais, 1780.

BACCALAR Y SANNA (Vincent), marquis de St-Philippe, né en Sardaigne de parents espagnols, se distingua comme général et homme d’état sous Charles II et Philippe V, rois d’Espagne, et mourut en 1726. 11 a laissé une Histoire de la monarchie des Hébreux, écrite en latin, La Haye, 1727, 2 vol. in-4, traduite en français; et des Mémoires sur Philippe V, en espagnol, traduits par Demauve, Paris, 1756.

BACCARACH , ville de Prusse. Voy. bacharach.

BACCARAT, ch.-l. de canton (Meurthe), à 24 kil. S. E. de Lunéville; 1,950 hab. Grande fabrique de verres et cristaux.

BACCHANALES, Bacchanalia, fêtes de Bacchus, prirent naissance en Égypte, d où elles s introduisirent successivement en Phénicie, en Grèce et en Italie. Les femmes seules y furent d’abord admises ; mais ensuite les hommes y parurent, et leur présence occasionna de tels désordres que le sénat romain fut obligé d’en défendre la célébration (186 av. J.-C.); mais la loi ne fut que peu de temps en vigueur, et, sous l’empire, les Bacchanales furent célébrées de nouveau avec plus de licence que jamais.

BACCHANTES, femmes qui célébraient les mystères de Bacchus. Les premières qui portèrent ce nom furent les nymphes nourrices de Bacchus, qui le suivirent à la conquête des Indes. Les Bacchantes couraient çà et là échevelées, demi-nues ou couvertes de peaux de tigres, la tête couronnée de lierre et le thyrse à la main. Elles répétaient fréquemment le cri évoé (courage, mon fils), comme pour rappeler les triomphes de Bacchus sur les Géants.

BACCH1ADES ou BACCH1DES, famille puissante de Corinthe, descendait d’Hercule par Bacchis, fils de Prumnis, qui régnait sur Corinthe vers 986 av. J.-C. Cette famille gouverna la ville pendant neuf générations. Elle fut dépouillée de l’autorité par Cypsélus, 657 av. J.-C. {Voy. ce nom). Selon quelques auteurs, les Bacchiades descendaient de Baechus par une fille de ce dieu nommée Bacchie.

BACCHIDÈS, général de Démétrius Soter, roi do Syrie et gouverneur de la Mésopotamie, vint en Judée pour y rétablir le grand-pontife Aloime. Il combattit Judas Machabée, qui ne craignit pas del’afc taquer avec des forces très-inf. (il n’avait que 800 h. et qui périt dans le combat. Bacchidès fut ensuite contraint par Jonathas Machabée d’abandonner la Judée

BACCHIGLIONÉ, Medoacus minor, riv. du roy. Lombard-Vénitien, passe à Vicence, à Padoue, et là se divise en 2 bras, dont l’un se jette dans la Brenta, et l’autre dans le golfe Adriatique. Sous Napoléon (1806-1814), cette riv. donna son nom à un dép. du roy. d’Italie qui avait pour ch.-l. Vicence.

BACCHUS, dieu du vin, fils de Jupiter et de Sémélé, princesse thébaine. Sa mère ayant péri pendant qu elle le portait dans son sein, Jupiter fit retirer de son corps Bacchus par Vulcain, le mit dans sa cuisse, et l’y garda le reste des neuf mois. Dès qu’il fut né, on le mit entre les mains d’Ino, sa tante, qui l’éleva avec le secours des Nymphes, jusqu’à ce qu’il fût en âge d’être instruit par les Muses et par Silène. Dès son enfance, il triompha de tous les dangers auxquels Junon, jalouse de sa mère , l’exposait continuellement. Devenu grand, il fit la conquête des Indes avec une armée d’hommes et de femmes portant, au lieu d’armes, des thyrses chargés de raisins et des tambours ; puis il alla en Égypte, où il enseigna l’agriculture aux mortels, planta la vigne, et fut adoré comme le dieu du vin. D’Egypte il vint en Phrygie, où il fut initié aux mystères de la mère des dieux. Dans la guerre des Géants, il se transforma en lion, et fit des merveilles animé par Jupiter, qui lui criait sans cesse « Evoé » , c.-à-d. courage, mon fils ! Bacchus punit sévèrement tous ceux qui voulurent s’opposer à l’établissement de son culte tVou- penthée, minéidis

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