SASS
SARY-SOU , rivière du Turkestan indépendant, chez les Kirghiz de la Moyenne-Horde, naît entre les monts Oulou-tau et Kartché-tau, coule au S., et tombe dans un petit lac voisin de celui deTelekoul, après un cours de 800 kil.
SARZANE, ville murée des Etats sardes (Gênes), à 12 kil. S. E. de Spezzia ; 3,000 hab. Evêché. Aux environs, ruines de Luna. Patrie du pape Nicolas V.
SARZEAU, ch.-l. de canton (Morbihan), à 24 kil. S. de Vannes, dans une presqu’île ; 7,016 h. Sa/ines. Ane. résid. des ducs de Bretagne. Patrie de Lesage.
SASBACH, ville du grand-duché de Bade (Kinzig), à 25 kil. N. E. de Strasbourg , et à 3 kil. N. O. d’Achern ; 1,000 hab. C’est là que Turenne fut tué, le 27 juillet 1675 (une pyramide élevée sur le lieu où il tomba rappelle cet événement).
SAS-ÜE-GAND (le), Agger Gandavensis , ville de Hollande (Zélande), à 11 kil. S. O. d’Axel , près de l'emb. du canal de Gand dans le Swemmershœk (bras de l’Escaut). — Bâtie par les Espagnols en 1570 ; fortifiée par le duc de Parme en 1583 ; prise par les Hollandais en 1644, et par les Français en 1747 ; 2,000 hab.
SASKATCHEWAN, nom de 2 riv. de l’Amérique anglaise (Nouv. -Bretagne) : l’une sort des mont. Rocheuses, coule généralement à l’E., et tombe dans le lac Ouinipeg, par 101° 30’ long. E., 53° lat. N.; cours, 1,500 kil. ; — l’autre sort aussi des mont. Rocheuses, et tombe dans la précédente par 107° 10’ long. E., 53° 20’ lat. N., après un cours de 1,300 kil.
SASSAN1DES, dynastie de rois de Perse qui ont succédé aux Arsacides ou rois parthes, et précédé les califes mahométans. La dynastie des Sassanides a eu 426 ans d’existence , depuis l’avénement d’Ardechir ou Artaxcrce I , jusqu’à la mort d’Yezdedjerd III (226-652). Elle doit son nom à Sassan, père d’Ardechyr. — Pour la série des princes de cette dynastie, Voy. perse.
SASSARI ou SASSER, près de l’anc. Turris Libissonis, ville de Sardaigne, ch.-l. de la viceintendance générale de Sassari, à 157 kil. N. O. de Cagliari, et à 16 kil. du port de Torres; 21,000 hab. Archevêché (depuis 1441 J. Vieux château-fort. Cathéd. remarq. par sa façade, palais du gouverneur, palais du duc d’Asinara, ex-collége des Jésuites. Université, collège noble, bibliothèque. Aux env., belles promenades, superbes vergers ; plus de 400 sources. Peu de commerce. Cette ville fut fondée par les Romains. Elle fut saccagée par les Génois en 1166 et par les Français en 1527. — La vice-intendance de Sassari, dite Cap-Sassari ou Logudoro , occupe le N. de l’île et compte 170,000 hab.
SASSBACH. Voy. sasbach.
SASSENAGE, ch.-l. de cant. (Isère), à 6 kil. O. de Grenoble, sur le Drac, qui tombe près de là dans l’Isère; 1,500 hab. Fromages estimés. Deux grottes auxquelles on croit des propriétés merveilleuses; marbre, pierres de taille.
SASSI (J.-Ant.), en latin Saxius , savant italien, né en 1675 à Milan, mort en 1751, recteur du collège Ambrosien et gardien de la Bibliothèque Borromée. Il eut part au recueil intitulé : Rerum italicarum scriptores , et publia, entre autres ouvrages ; De studiis liiterariis Mediolanensium antiquis et novis, Milan, 1729, in-8 ; Archiepiscoporum mediolanensium sériés hislorico-chronoloyica , Milan, 1755, 3 vol. in-4.
SASSINA, SASSINATES. Voy. sarsina.
SASSOFERIUTO, Juficum , ville de l’Etat ecclésiastique (Urbi n-et-Pcsaro) , à 20 kil. S. de Pergola; 3,300 hab. Château. Vers à soie. Filature de soie. Patrie de Barthole et du littérateur Nie. Perotti.
SASSUOLO, bourg du duché de Modène, près de la Secchia, à 17 kil. S. O. de Modène; 3,200 hab. Château ducal. Grande fonderie de cuivre. Pétrole ; petits volcans boueux
SÀTU
SÀSVAR, Schlossberg, bourg de Hongrie (Neutra), à 24 kil. S. de Skalitz ; couvent de Paulistei
SATADOU, v. et pays du Sénégal, sur le Falémé.
SATALA, auj. En-lnghian , ville de la Petite- Arménie, vers le N., sur le Pyxirate.
SATALIEH ou ADALIA, Attalea , ville de la Turquie d’Asie (Anatolie), ch.-l. du sandjark de Tekke - ili , sur un golfe de la Méditerranée qui porte ’e même nom, à 395 kil. S. E. de Smyrne ; 18,000 hab. Bâtie en amphithéâtre; double mur flanqué de tours, superbe arc-de-triomphe en l’honneur d’Adrien. On exporte fruits, laine, coton, opium, etc. Aux environs, jardins, vergers. Fondée par Attale II, roi de Pergame. La flotte byzantine fut détnr'te dans le golfe d’Attalie en 790 par les Arabes» — Non loin de là, à 53 kil. N. O. d’Alaya, se trouve Eski-Adalia, bâtie sur les ruines de l’anc. Side.
SATAN ( mot hébreu qui veut dire ennemi , adversaire ), a été donné au prince des démons. Satan est sans cesse occupé à tenter les humains.
SATARAH, ville de l’Inde, dans le Bedjapour, à 100 kil. S. de Pounah ; citadelle sur un rocher de l'accès le plus difficile. Longtemps résidence des maharadjahs des Mahrattes. Aux Angl. den. 1848
SATERLAND, petit pays du duché d’Oldenbourg, dans le N. O. du cercle de Kloppenbourg ; 1 ,800 hab. ; les habitants parlent encore l’idiome anglo-saxon.
SATGONG , Ganges Regia , ville de l’Inde anglaise (Calcutta), sur l’Hougly, à 6 kil. d’Hougly; jadis résidence des rois de Bengale.
SATHMAR, comitat de Hongrie. Voy. szathmar.
SATI ou SATÉ, déesse égyptienne du second ordre, émanation de Neith , parallèle à Pi-Zéod (émanation de K nef), est dite maîtresse de la ré-* gion inférieure. On voit souvent son image dana les scènes funéraires : elle est à genoux et semble prendre ou protéger l’épervier, symbole de l’âme du défunt. Les Grecs l’ont nommée Hèra (Junon).
SAT1LLIEU, ch.-l. de cant. (Ardèche), à 20 kil. N. O. de Tournon ; 1,800 hab.
SATRAPES. On nommait ainsi dans l’empire médopersan les gouverneurs des provinces chargés de l’administration et du recouvrement des impôts. Ils n’avaient point d abord l’autorité militaire ; on la leur donna plus tard. Les satrapies étant en très petit nombre et par conséquent très considérables, les satrapes amassaient d’énormes richesses et déployaient un luxe qui devint proverbial. — Pour le nombre et les noms des satrapies de l’empire perse, Voy. perse.
SATRIANO , nom de deux villes du roy. de Naples, l’une dans la Calabre Ultérieure 2a, à 15 kil. S. deSquillace; 2,200 hab. ; — l’autre dans la Basilicate, à 12 kil. S. O. d’Acerenza; jadis évêché, auj. réuni à celui de Campagna.
SATR1CUM , ville du Latium, au S. E. de Rome.
SATURNALES, fêtes de Saturne. Voy. saturne.
SATURNE, Saturnus , en grec Kronos, dieu latin et grec, passait pour fils puîné du Ciel. Titan, son aîné , lui céda le trône , mais en le réservant à sea fils, les Titans, et en exigeant que Saturne dévorât ses enfants mâles dès leur naissance. Saturne , exécutant fidèlement le traité, dévora Pluton et Neptune; maisCybèle, sa femme, le trompa lors de la naissance de Jupiter, en substituant au nouveau-né une pierre , que Saturne engloutit aussitôt ; elle sut même tirer de se9 entrailles et rendre à la vie Neptune et Pluton, le tout à l’insu de Saturne. Titan, instruit de l’existence des trois enfants, se hâta de détrôner Saturne , et l’enferma. Jupitei , resté libre, vengea son père, battit les Titans, et remit le captif sur le trône. Mais bientôt Saturne devint jaloux de son fils, et lui tendit des pièges. Alors Jupiter prit les armes contre lui, le mutila et le chassa du ciel. Réduit à descendre sur terre, Saturne alla se cacher (latere) dans le Latium ; iî y fut accueilli par le dieu Janus, épousa Vénilie, sa
SAÜD — 1604 — * SAUL
fille, et fut son successeur. Les Latins apprirent de lui l’agriculture ou l’art des semailles ( serere , au supin satum, *6emer, d’où le nom de Saturne); la paix, l’abondance, la justice fleurirent sous lui, et son règne fut l 'âge d'or pour l’Italie. Il jeta les fondements d une ville de Saturnie sur le mont Capitole ; il laissa le trône à Picus. Saturne prit la forme d’un cheval pour plaire à la nymphe Philyre, qui eut de lui le centaure Chiron , moitié homme, moitié cheval. — Saturne et Kronos, quoique identifiés plus tard, étaient des dieux différents : le premier était Italien, et le second Grec ; le premier était le dieu de l’agriculture, le second une personnification du temps. Saturne, après qu’on l’eût confondu avec Kronos ou le Temps, fut représenté vieux, maigre, barbu, la tête couverte d’un voile ; on lui met une faulx dans une main, et quelquefois un sablier dans l’autre. — On a souvent assimilé à Saturne le Moloch phénicien ou carthaginois, auquel on sacrifiait des enfants. Il est facile de reconnaître, dans la fable de Saturne dévorant ses enfants, une allégorie du temps qui détruit tout ce qu’il a lui-même édifié. — Saturne avait un temple à Elis. Drépane prétendait posséder sa faulx. A Rome, Numa, Tullus Hostilius, et ensuite les consuls , lui dédièrent un temple où était gardé le trésor public. Ses fêtes, dites Saturnales, étaient un temps de jeux et de licence ; les maîtres y servaient leurs esclaves à table. Ces fêtes durèrent d’abord un seul jour , puis 3, et même 5 (le 17 décembre et Jours suivants), à partir de Claude. Les astronomes ont donné le nom de Saturne à une planète (celle qui, dans l’ordre des distances, vientavantUranus), etles chimistes au plomb.
SATURNIN (saint) , nom de deux saints, dont l’un prêcha l’Evangile dans les Gaules, au commencement du il* siècle ou dans le ni'; il fut le premier évêque de Toulouse, et subit le martyre dans cette ville vers 250; on le fête le 29 nov. ; — l’autre fut prêtre en Afrique , et fut mis à mort à Carthage avec S. Datit en 304 : on le fête le 1 1 février.
SATURN1NUS (L. apuleius), Romain turbulent, créature de Marius, fut questeur à Ostie, puis deux fois tribun du peuple, eut grande part aux élections qui conférèrent à Marius le 4e et le 6* consulat , mit tout en œuvre pour se faire proroger dans le tribunat , et n’y parvint que par le meurtre de son compétiteur (Nonnius) , fit tuer ensuite Memmius, afin d’assurer le consulat à Glaucias , auquel Memmius le disputait. Il finit par être bloqué dans le Capitole, lui et ses adhérents, par Marius lui-même, auquel ils se rendirent à discrétion. Marius le fit mettre à mort ou le laissa lapider (99).
satürninüs (Sext. julius), tyran, gaulois d’origine, prit du service, se signala par ses exploits en Gaule, en Espagne, en Afrique, parvint aux premiers grades sous Aurélien et sous Probus , fut salué empereur dans Alexandrie (280) , et ne prit la pourpre qu’à contre cœur. Au bout de quelques mois, il fut abandonné de ses troupes et massacré dans Apamée, etc. — Deux autres Saturninus prirent la pourpre : l’un, Q. SemproniusSat., général de Gallien et gouverneur de l’Egypte, fut proclamé par son armée en 262, se maintint en Égypte 6 ans, et fut tué par ses soldats pour avoir voulu faire respecter la discipline ; Vautre usurpa le pouvoir dans les Gaules sous Constance II et sous Julien, de 350 à 363.
SATYRES, Satyri, dieux champêtres, à oreilles et à jambes de bouc , étaient censés habiter les forêts, et avaient de la ressemblance avec les Faunes ou Panisques, dits aussi Sylvains. On les donne pour compagnons à Bacchus, qu’ils suivirent à la conquête des Indes; on en fait même des fils de ce dieu. Les poètes les représentent comme très lascifs, et les montrent tantôt formant des danses avec les
a imou les NymPhe3» tantôt les poursuivant.
oAUDKE, Sedera , riv, de France, naît dans le
dép. de Loir-et-Cher , arr. de Romorantiu , de la réunion de la grande et de la petite Saudre , baigne Salbris, Romorantin, et tombe dans le Cher, audessus de Selles, dans l’arr. de Blois. Cours, 60 kil.
SAUGUES, ch.-l. de cant. (Haute-Loire), à 28 kil. O. du Puy ; 2,800 hab. Dentelles, fromages.
SAUJON , ch.-l. de cant. (Charente-Inférieure) , à 25 kil. S. O. de Saintes ; 2,000 hab. Sel , vins , eaux-de-vie. Jadis seigneurie , qui appartenait au cardinal de Richelieu.
SAUL, l*r roi des Israélites, était fils d’un homme puissant de Gabaa, et se faisait remarquer par sa haute taille et sa beauté. Samuel, pressé de choisir un roi, le sacra en 1080 av. J.-C. Il fallut le contraindre à accepter. Saül battit les Ammonites , les Philistins, les Amalécites ; mais ayant irrité Samuei par plusieurs désobéissances, il fut réprouvé, et tomba dans une noire mélancolie : David dissipait ses accès en jouant devant lui de la harpe. Lorsque David eut tué Goliath , Saül refusa de lui donner Michol , sa fille, comme il en était convenu, et il ne la lui accorda que quand il s’y vit contraint. 11 tenta plusieurs fois, mais sans succès, de faire périr le jeune héros, qui avait été sacré secrètement par Samuel , et contre lequel il avait conçu une sombrejalousie. Saül, abandonné de Dieu, fut battu à Gelboé par les Philistins (1040 av. J.-C.) et se perça de son épée, après avoir vu périr ses trois fils. La veille de la bataille, ce prince avait fait évoquer, par la pythonisse d’Endor, l’ombre de Samuel, qui lui prédit son funeste sort.
SAULI (Alexandre) , l’apôtre de la Corse, né à Milan en 1535, d’une famille génoise, mort en 1592, entra dans la congrégation des clercs réguliers de Saint-Paul, dont il devint supérieur (1567), se distingua comme théologien et prédicateur, fut fait, en 1570, évêque d’Aleria en Corse, convertit et civilisa les peuplades demi-sauvages de l'île. F. 23 avr.
SAULIEU, Sidilocum ou Sedelaucum , ch.-l. de cant. (Côte-d’Or), à 28 kil. S. O. de Semur; 3,025 hab. Tribunal de commerce. Collège communal. Broderie , draperie, etc. ; blé, chanvre, navets estimes, bois. Patrie de Cl- Sallier. — Cette v est très ancienne ( on y a découvert un vieux temple du Soleil). Les Anglais la brûlèrent en 1359 ; elle souffrit beaucoup pendant les guerres de Religion.
SAULN1ER ( L.-Séb. ) , fondateur de la Revue britannique, né à Nancy en 1790, mort en 1835, était fils d’un secrétaire général de la police. 11 fut préfet dans les Cent-Jours, fut révoqué par les Bourbons, fonda la Revue britannique en 1825, redevint préfet après 1830 (de la Mayenne, puis du Loiret). 11 était de l’Académie des Sciences morales et politiques.
SAUI.T, ch.-l. de cant. (Vaucluse), à 35 kil. N. Ê. de Carpentras ; 2,887 hab. Jadis titre d’un comté, dont le dernier titulaire fut le maréchal de Villeroy.
sault, ancien petit pays de France dans le Haut- Languedoc , auj. dans le dép. de l’Aude. Endroit principal, Escouloubre.
sault-de-navàilles , bourg du dép. des Basses- Pyrénées, à 10 kil. N. E. d’Orthez; 2,300 hab. j
SAULX (la), petite riv. de France, naît près deVassy, etse jette dans la Marne, sousVitry-le-Français, après 100 kil. de cours, et après avoir reçu l'Ornain.
saulx, ch.-l. de cant. (Haute-Saône), à 19 kil. O. de Lure; 1,278 hab.
saulx-le-dug , château et bourg du dép. de la Cote-dOr, à 24 kil, N. de Dijon, a donné son nom à une illustre et ancienne maison de Bourgogne connue dès le xie siècle. Le château et la terre dé Saulx furent cédés en 1254 à saint Louis par les seigneurs de Saulx, qui néanmoins en retinrent toujours le nom. Philippe-le-Bel donna cette terre en 1303 à Robert, duc de Bourgogne, d où le nom de Saulx-le-Duc. La maison de Saulx a formé plusieurs branches, dont les plus connues sont celles de Saulx-Tavannes et de Saulx-Ventoux
SAUR — 1605 — SAUY
SAULX-TAVANNES. Voy. tavannes.
SAULXURE ou SAUSSURE, ch.-l. de cant. (Vosges) , à 20 kil. S. E. de Remiremont ; 2,606 hab.
SAUMAISE (Claude de), Salmasius, savant célèbre, né à Semur en 1588, mort en 1658, eut pour premier maître son père (Bénigne Saumaise), magistrat et savant distingué (1560-1640) , se lia jeune avec Casaubon et Gruter , mena de front toutes les sciences (médecine, jurisprudence, théologie, histoire, antiquité), apprit seul le persan, le chaldéen, l’arabe, le copte, etc., et voyagea beaucoup. Ayant embrassé de bonne heure la religion réformée, il alla se fixer en Hollande afin de la professer plus librement ; il demeura assez longtemps à Leyde, acquit une réputation universelle, et vit les rois se disputer l’honneur de le posséder. Richelieu, Mazarin tâchèrent en vain de l’attirer en France; Christine voulait le fixer en Suède ; Charles II le chargea de rédiger une Apologie de son père Charles I, apologie qui l’engagea dans une vive polémique contre Milton. On l’a souvent nommé le prince des commentateurs. On regrette que les injures, le mauvais goût et des opinions hasardées déparent ses écrits ; ses oeuvres sont condamnées à Rome. On a de lui des éd. de Florus (1609), de L. Ampelius (1638), de {'Histoire Auguste (1620), de Tertullien, dePallio (1622), d'Achille Tatius (1640), de Solin avec des Exercitationes plinianœ (1629), Interpretalio Hippocratei aphorismi de calculo ; des traités De re militari Romanorum , De usuris. Il a laissé 80 ouvrages imprimés et 60 ouvrages manuscrits. Saumaise a été prodigieusement loué de son vivant : les habitants de Leyde, le rappelant après une absence , écrivaient que l 'Académie de Leyde ne pouvait pas plus se passer de Saumaise que le monde du soleil.
SAUMUR , chez les anc. Segora ? Salmurium en lat. mod., ch.-l. d’arr. (Maine-et-Loire), à 43 kil. S. E. d’Angers, sur la gauche de la Loire; 11,975 hab. Beau pont, château fort. Éc. de cavalerie, collège. Fabr. de toiles, boutons, etc. Patr. de Mme Dacier. — Saumur était jadis une place forte. C’était la capitale du Saumurois, qui formait avant 1789 un des huit petits gouvernements. Elle fit partie de l’Anjou depuis 1026, fut engagée à François de Lorraine, duc de Guise, en 1549 ; elle ne fut dégagée que par Charles IX (1570). Saumur fut donnée ensuite comme place de sûreté aux Calvinistes ; ils y eurent une académie et une faculté de théologie, qui furent supprimées en 1685. Les Vendéens prirent Saumur le 9 juin 1793, mais furent forcés de Févacuer dès le 24. On nomme complot de Saumur l’insurrection du général Berton en 1822. — L’arr. de Saumur a 7 cant. (Doué, Gennes, Montreuil-Bellay, Vihiers, plus Saumur , qui compte pour 3), 97 comm.,91,159h. Bons vins blancs.
SAUNDERSON (Nie.), aveugle célèbre, né en 1682 dans l'Yorkshire, mort en 1739, fut un des plus célèbres professeurs de mathématiques et de physique de l’université de Cambridge. On admirait ses leçons sur la lumière et les couleurs, sur l’arcen-ciel, sur la combinaison des verres, etc. Il laissa des Éléments d' algèbre, Cambridge, 1740, 2 vol. in-8 ; un Traité des fluxions , Cambridge, 1756, in-8 (avec des Commentaires estimés sur les Principia de Newton). On l’accuse d’athéisme: il prétendait justifier cette doctrine déplorable par l’impuissance où il était de contempler les merveilles de l'univers. — Voy. sanderson.
SAURAT, petite ville du dép. de l’Ariége, à 25 kil. S. O. de Foix; 5,336 h. Eau minérale, aciérie.
SAURIN (Jacq.), ministre protestant, né à Nîmes en 1677, mort en 1730, avait neuf ans quand son père, secrétaire de l’Académie de Nîmes, fut forcé de s’expatrier par suite de l’édit de Nantes ; il fit ses études à Genève, fut pasteur de l’église wallonne de Londres , puis ministre extraordinaire des nobles à La Haye. On a de lui des Sermons
(La Haye, 1749, 12 vol. in-8), qui abondent en traits d’éloquence, et des Discours historiques , théologiques et moraux, 1720, 2 vol. in-fol., dits vulgairement Bible de Saurin (augmentée de 4 vol. par Roques et Beausobre fils). J.-J. Chenevière a publié Chefs-d’œuvre ou Sermotis choisis de Saurin, Gen., 1824; ils ont été réédités en 1854 par Ch. Weiss!
saurin (Elie) , théologien protestant , ministre à Embrun, puis a Utrecht, né en 1639, murten 1703, est célèbre par ses démêlés avec Jurieu, et a écrit entre autres ouvrages : Défense de la véritable doc~> trinede l'Eglise réformée , Utrecht, 1697, 3 vol. in-8.
saurin (Jos.), géomètre français, né en 1659 à Courthéson (principauté d’Orange), mort en 1737, frère du précédent, fut ministre protestant en Suisse, qurlta ce pays par suite de querelles religieuses ou plutôt afin d’éviter une condamnation pour vol, revint en France, fut converti par Bossuet (1690), e* reçut de Louis XIY une pension de 1,500 livres. Cultivant avec succès les mathématiques, il s’ouvrit les portes de l’Académie des Sciences (1707). Il concourut de 1702 à 1708 à la rédaction du Journal des Savants. J. -B. Rousseau, dont il était l’ennemi, lui attribua les fameux couplets qui firent son malheur ; Saurin fut pour ce fait retenu six mois en prison ; mais il se justifia facilement. Pour se venger, il prit une grande part à l’intrigue qui perdit J.-B. Rousseau.
saurin ( Bern.-Jos.) , poète dramatique, né à Paris en 1706, mort en 1781, fils du précédent, avait près de 40 ans lorsqu’il donna sa première pièce. Son chef-d’œuvre est Spartacus , une de nos bonnes tragédies du second ordre; viennent ensuite le drame de Beverley et deux comédies (les Mœurs * du Temps , les Trois Rivaux ). Saurin devint membre de l’Académie Française en 1761. Ses Œuvres ont été recueillies à Paris, 1783, 2 vol. in-8.
SAUROMAT, nom commun à six rois du Bosphore qui régnèrent, le premier depuis 11 ans av. jusqu’à 30 ans ap. J.-C., les cinq autres dans les ii«, iii« et ive siècles de notre ère. On ne les connaît guère que par des médailles.
SAUROMATES ou SARMATES. Voy. sarmatie.
SAUSSURE, ville de France. Voy. saulxure.
SAUSSURE (Hor.-Bénédict de), grand naturaliste, né en 1740, mort en 1799, professa la philosophie naturelle à Genève, sa patrie, fut le compagnon de Haller , voyagea longtemps en Angleterre , en France, en Allemagne, en Italie, parcourut plusieurs fois les Alpes dans toute leur étendue, fut le premier observateur qui parvint à lacimedu Aloru- Blanc, et par ses explorations sur les hautes montagne s rendit d’immenses services à la minéralogie, à la botanique et à la météorologie; il inventa ou rectifia plusieurs instruments précieux, l’électromètre, l’hygromètre, le thermomètre, l’eudiomètre. 11 a laissé beaucoup de Mémoires ou Dissertations dans les recueils savants de l’époque. Son principal ouvrage est intitulé : Voyage dans les Alpes, 4 vol. (1779-96). — Son fils, Théodore de Saussure, 1767-1845, s’est fait un nom par ses beaux travaux sur la physique et la chimie végétales. — Sa fille, Mme Necker de Saussure, née en 1765, morte en 1841, est connue par un excellent ouvrage, V Education processive, étude du cours de la vie (1836-1838, 3 vol. in-8), couronné par l’Académie Française ; cet ouvrage comprend trois parties bien distinctes : 1° Etude de la première enfance ; 2° Etude de la dernière partie de l'enfantt ; 3° Etude de la vie des femmes.
SAUTERNES, bourg du dép. de la Gironde, canton de Langon, à 18 kil. N. O. de Bazas; 948 hab. Vins blancs très estimés.
SAUVAGE (Fr. boissier de), médecin et botaniste d’Alais, né en 1706, mort en 1767, professa la médecine, puis la botanique à Montpellier, et sa signala par son zèle, par son humanité, non moins
SAUY — 1 606
que par son vaste savoir. On lui doit beaucoup de Mémoires et Dissertations , insérés surtout dans le Recueil de la Société des Sciences de Montpellier, une savante Nosologie (en latin), Montpellier, 1769 et 1763 (réimprimée à Leipsiok, 1797, 5 volumes in-8, traduite en français par Gouvion, Lyon, 1772,
10 vol. in-12) ; cet ouvrage a été longtemps classique. — On doit à son frère, P. Augustin, né en 1716, mort en 1795, l’Art d'élever les vers à soie, et un Dictionnaire languedocien.
SAUVAL (H.), historien, né à Paris en 1620, mort en 1670, obtint communication des archives et du trésor des chartes pour un vaste travail qu il méditait sur Paris ; il a laissé 9 vol. in-fol. manuscrits, d'où l’on a tiré le curieux ouvrage intitulé : Histoire et recherches sur les antiquités de Paris , publié longtemps après samort,en 1724, 3 vol. in-f., avec des dissertations de Launoy, A. Galland, etc SAUVE, ch.-l. de cant. (Gard), sur la Vidourle, à 37 kil. E. du Vigan ; 2,903 hab. Bonneterie, bas. Fontaine intermittente. Patrie du jurisconsulte L. Astruc et du médecin J. Astruc; Florian naquit aux environs. — Cette ville eut des seigneurs jusqu’au xm« siècle ; elle fut donnée par Philippe-le- Rel à l’évêque de Maguelonne en 1294. En 1562, elle se déclara pour le prince de Gondé, et, en 1620, pour le duc Henri de Rohan, chef des Calvinistes.
Les Camisards la prirent en 1702.
SAUVES (Charlotte de beaune - samblançay , baronne de), dame d’atours de Catherine de Médicis, était également remarquable par sou esprit et sa beauté. Eile fut aimée du roi de Navarre (depuis Henri IV) , et le tint souv. au courant des trames qui se nouaient contre lui ou les siens. Née en 1551, elle mourut en 1617. Elle s’était mariée en secondes noces au marquis de Noirmoutiers.
SAU V ETAT (la), nom de deux bourgs du dép. de Lot-et-Garonne, l’un à 14 kil. E. d’Agen, sur un affluent de la Saône; 1,500 hab.; patrie de Bernard de la Sauvetat, archevêque de Tolède ; — l’autre sur le Dropt, à 21 kil. N. E. de Marmande; 3,000 hab.: patrie du prédicateur J. Claude.
SAUVETERRE, ch.-l. de cant. (Aveyron), à 37 kil. S. O. de Rhodez; 905 hab.
saüveterre, ch.-l. de cant. (Basses-Pyrénées), à 21 kil. S. O. d’Orthez; 1,518 hab.
saüveterre, ch.-l. de cant. (Gironde), à 14 kil.
N. O. de La Réole ; 713 hab.
SAUVEUR (Jos.), géomètre, né en 1653 à La Flèche, mort en 1716, eut pour maître Rohault, donna des leçons particulières à Paris, compta parmi ses élèves le prince Eugène, devint maître de mathématiques des pages de la dauphine (1680), obtint la chaire de mathématiques du collège de France (1686), entra à l’Académie des Sciences (1696), et fut un des commensaux de la maison de Condé à Chantilly. Ses recherches ont fait faire des progrès à l’ acoustique musicale, et pourtant il était presque sourd et avait la voix fausse. 11 s’occupa aussi beaucoup de fortifications, se rendit au siège de Mons (1691), et visita les places de Flandre. Ses Mémoires et Dissertations sont dans le Recueil de f Académie des Sciences (1700-13).
SAUVEUR (le), LE DIVIN SAUVEUR, nom par lequel on désigne fréquemment Jésus-Christ. — Le nom du Sauveur a été porté par plusieurs ordres religieux, militaires ou honorifiques : on connaît surtout Y Ordre du Saint- Sauveur, congrégation de religieuses fondée en 1344 par sainte Brigitte ; Y Ordre de Saint- Sauveur-de-Montésa ou de Montréal, un des ordres militaires de l'Espagne, fondé en 1317, après la destruction de l’ordre des Templiers, dont on leur donna les biens ; etc.
sauveur (Ordre du), ordre honorifique institué en 1834 par Othon, roi de Grèce, après l’établissement définitif du royaume de Grèce.