Branche cadette ou de Weimar (auj. subsistante
a. Rameau d’ Al tenbourg (1602-1669);
b. Rameau dit nouv.-maison deWeimar, subd. en :
1° Ligne grand-ducale de Weimar (1606), etc.;
2° Ligne ducale ou de Gotha, qui en 1681 forma
7 branches dont 4 éteintes (Gotha, 1825;
Cobourg, 1699 ; Rœmhild, 1710; Eisenberg,
1707) ; les trois autres, qui subsistent, sont =
1 Meiningen (devenu Meiningen-et-Hildburghausen en 1825) ;
2 Hildburghausen (auj. Altenbourg);
3 Saalfeld (ensuite Cobourg-Saalfeld, auj. Cobourg-et-Gotha).
SAXE (Maurice, électeur de), de la branche Albertine, né en 1521, servit l’empereur Charles-Quint, en 1544, contre la France, et en 1545 contre la ligue de Smalkalde, gagna la bataille de Mühlberg sur le parti protestant (1547), et obtint, en 1548, l’électorat de Saxe, dont fut dépouillé Jean-Frédéric, son cousin (de la branche Ernesline), qui avait combattu dans l’armée opposée. Mais en 1551, après s’être emparé de Magdebourg au nom de Charles-Quint, il quitta brusquement le parti de l’empereur, et s’unit contre lui avec l’électeur de Brandebourg, le comte Palatin, le duc de Wurtemberg, pour délivrer le landgrave de Hesse , que Charles-Quint retenait prisonnier. L’empereur fut obligé de traiter; par la transaction de Passau (1552), il accorda une amnistie gcn. Chargé de réduire le margr. de Brandenourg, qui troublait la paix, il périt en le combattant, àStevershausen(l553). La mais. roy. de Saxe descend de lui.
saxe (Maurice , comte de), maréchal de France, né à Dresde en 1696, était fils naturel de 1 électeur de Saxe, roi de Pologne, Auguste II, et de la comtesse de Xœnigsmark ; il entra au service à 12 ans, se forma sous le prince Eugène, et assista au siège de Belgrade (1717); il vint prendre du service en France en 1720, et fut nommé maréchal-de-camp; puis tout à coup il passa en Courlande, où il fut élu duc par la protection de la duchesse douairière Anne lvanovna (depuis impératrice); mais il ne put se faire reconnaître par l’impératrice de Russie, Catherine 1, et revint en France. Fixé désormais dans ce pays, il fit avec honneur les trois campagnes de 1733, 34, 35, devint lieutenant-général en 1736, se couvrit de gloire pendant la guerre de la Succession d’Autriche, s’empara de Prague et d’Egra, défendit l’Alsace, et fut nommé maréchal en 1743. Il tint les alliés en échec en Flandre (1744), les battit à Fontenoy (1746), prit Ath et Bruxelles, remporta encore deux victoires à Rocoux (1746), à Laufeld (1747), et eut ainsi une part décisive à la paix d’Aix-la-Chapelle (17 4 8). Après la guerre, il reçut de Louis XV le domaine de Chambord avec 40,000 fr. de revenu et le titre de maréchal-général. 11 mourut en 1750. Son mausolée, qu’on voit dans un temple de Strasbourg , est le chef-d’œuvre de Pigalle. On a du maréchal de Saxe : Mes rêveries , 1757, 5 vol. in-4. Grimoard a publié : Lettres et Mémoires choisis dans les papier * du maréchal de Saxe , 1794, 5 vol. in-8. Ce prince était d’une force prodigieuse : il brisait en deux avec ses doigts un écu de 6 francs.
SCÆ — 1614 — SCAL
SAXE-WEIMAR (Bernard, duc de). Voy. bernard.
saxe-cobourg (Frédéric, prince de). Voy. cobourg.
SAXO GRAMMAT1CUS ou LONGUS, historien danois du xu« siècle, mort vers 1204 , était secrétaire de l’archevêque de Lund, Axel ou Absalon. Il a laissé une Histoire du Danemark, composée en grande partie sur des traditions populaires, des chants de Scaldes, des Sagas islandaises , qui offre tout l’attrait d’un roman et contient indubitablement beaucoup de vrai. Elle est en latin, et a été publiée pour la première fois à Paris, sous ce titre : Danorum regv.m hcroumque historia , à Saxone grammatico, e te., 1514, in-fol. Elle a donné lieu à de nombreux commentaires.
SAXONS, peuple germain. Voy. SAXE ancienne.
saxons (pays des). On nomme ainsi une des trois grandes divisions de la Transylvanie, au centre et au sud : chef-lieu, Hermanstadt ; autres villes : Medwisch, Reissmarkt, Bisztritz et Cronstadt. Les habitants parlent Baxon et paraissent tirer leur origine d’un corps de Saxons appelés eu Hongrie au xn« s. parle roi Geysa 11 ad cusiodiamregni. Env. 200.000 h.
SA Y (J .-B.), économiste, né à Lyon en 1767, mort à Paris en 1832, fut employé par Mirabeau à la rédaction du Courrier de Provence , devint secrétaire du ministre des finances Clavière , fonda avec Ghampfort et Ginguené la Décade philosophique , littéraire et politique , fut de 1800 à 1804 membre du tribunat, s’en vit exclu lorsqu’il eut voté contre l’établissement de l’Empire, fut quelque temps receveur des droits réunis de l’Ailier, et finit par se livrer uniquement aux travaux de cabinet. L’économie politique l’absorba exclusivement. 11 adopta le système de Smith, dont il perfectionna st éclaircit certaines parties; fidèle aux doctrines île son maître, il combattit constamment les prohibitions, le3 impôts de consommation, et toutes les entraves opposées au commerce et à l’industrie. Chargé depuis 1826 d'enseigner l’économie politique au Conservatoire des Arts et Métiers, il exposa cette science avec une supériorité de méthode inconnue jusque-là. S’il n’est pas un des créateurs de la science , il réussit à l’organiser et à la populariser. Ses ouvrages principaux sont : Traité d’économie politique, 1803; Catéchisme d’économie politique, 1 8 1 5 ; Lettres à Malthus, 1820, in-8; Cours complet d’économie politique pratique, 1829,6 vol. in-8.
SAYANSK (monts), ou sayaniens, grande chaîne de montagnes en Asie, partie de celle qui sépare la Sibérie de la Chine, va de l’Iénisséi (à PO.), qui la séparé du petit Altaï, jusqu’au Sélenga(à l’E.).
SAYN. Voy. wittgenstein.
SAYPAN (île), San-jose des Espagnols, une des îles Mariannes, au N. de l’île Tinian ; 35 kil. de tour. Très fertile. Bon port, nommé Cantanhitola.
SCABINS (schœffen). On appelait ainsi au moyen âge des officiers nommés par le roi uniquement pour rendre la justice : ils remplacèrent les rachimbourgs lorsque ceux-ci, par leur négligence, eurent laissé périr le privilège qu’ils avaient de se juger entre eux. De leur nom vient celui d’échevins.
SCAER, ch.-l. de cant. (Finisterre), à 20 kil. N. de Quimperlé; 3,997 hab. Belle fontaine. Vue superbe.
SCÆVOLA (C. Mucius), jeune Romain qui, lors du siège de Rome par Porsenna(507 av. J.-C.j, pénétra dans le camp et jusque sous la tente du roi des Etrusques, afin de le tuer ; mais il frappa par méprise son secrétaire qui était assis à côté du prince. Il fut sur-le-champ arrêté et interrogé ; mais au lieu de répondre, il plaça sa main au dessus d’un brasier ardent, comme pour la punir de sa maladresse, et la laissa brûler; puis il dit au roi que 300 jeunes Romains déterminés comme lui devaient pénétrer '.ans son camp, décidés à le tuer et à mourir. Porsenna, et frayé, le laissa libre et se hâta de conclure la naix. Cet acte merveilleux est révoqué en doute.
SCÆVOLA (Q. Mucius), préteur en Sardaigne l’an 2l7 av. J.-C., était regardé comme le plus habile jurisconsulte de son temps. Quintus et Publius, ses fils, succédèrent à sa réputation, qui fut longtemps comme héréditaire dans cette famille.
scævola augur (Q. Mucius), petit-fils du précédent, était habile orateur et excellent jurisconsulte. Consul l’an 47 av. J.-C., il vainquit les Dalmates et obtint le triomphe. Il rendit aussi de très grands services dans la guerre des Marses. Cicéron fut un de ses disciples, et il en a fait un des interlocuteurs des traités De l'Amitié et de la République.
scævola (Q. Mucius), beau-père de Pompée, était cousin du précédent. 11 fut consul l’an 95 av. J.-C., et ensuite proconsul d'Asie. Dans cette prov., il se fit universellement chérir par son désintéressement et son équité. 11 périt assassiné par ordre du jeune Marius. C’était aussi un excellent jurisconsulte.
SCA LA, ville du roy. de Naples (Principauté Citérieure), près de la mer Tyrrhénienne, à 5 kil. O. d’Amalfi ; 1,750 hab. Jadis évêché (réuni depuis à celui de Ravelio). Ancienne cathédrale.
scala-nova, Neapolis des anciens, Kouché-Adasi des Turcs, ville de la Turquie d’Asie (Anatolie), sur le golfe de Scala-Nova, à 60 kil. S. de Smyrne ; 20,000 hab. Port. Grand commerce avec l’Egypte, avec Salonique, Smyrne (riz, café, lin, chanvre, etc.). Aux environs, vins célèbres autrefois.
SCALA (les della), célèbre famille gibeline de Vérone. Ses principaux membres furent :
Mastino I, podestat de Vérone après la chute d’Eccelin le Féroce (1259). Use montra l'implacable ennemi des Guelfes qui le firent assassiner (1277).
Albert I, son frère et son vengeur, qui fut podestat de 1277 à 1301.
Barthélemi I et Alboin I, fils d’Albert I, qui furent podestats le 1er jusqu’en 1304, le 2e en 1311.
Cane I, dit le Grand, troisième fils d’Albert I, né en 1291, podestat en 1312, grand guerrier, vainqueur de Padoue et de Trévise, qu’il joignit à ses états; il devint capitaine-général des Gibelins en Lombardie, lieutenant et conseiller des empereurs Henri Vil et Louis IV, et fut l’ami du Dante, auquel il donna asile. Il mouru', en 1329.
Mastino II et Albert II, r.cveux de Cane I. Le premier, né en 1298, eut seul le pouvoir, accrut beaucoup ses états et organisa une ligue en Lombardie contre Jean de Bcmême, mais fut attaqué par Florence et Venise coalisées , et réduit à Vérone , .Vicence, Parme, Lucques(l338). 11 mourut en 1351 !
Cane II, fils et successeur de Mastino II (1351-59), tyran odieux et avide, tué par son frère (qui suit).
Cane 111, aussi vicieux que son frère et le dernier prince mâle légitime de sa race (1359-75).
Antoine et Barthélemi II, fils naturels de Cane III. Ils régnèrent ensemble de 1375 à 1381, puis Antoine fit tuer son frère; mais bientôt, dépouillé lui- même de ses étais par ses voisins, il alla mourir dans les montagnes de Forli (1388).
SCALA (académie della). Voy. académie.
SCALA BIS, ville de Lusitanie, auj. santarem.
SCALDES, anciens poètes Scandinaves qui , en Islande, en Norvège, en Danemark, en Suède, chantaient les mystères de la religion, les aventures des dieux, les exploits des rois et des guerriers. Chaque prince en avait à sa cour, et tenait à être célébré par leur voix. Ceux-ci les suivaient à la guerre et voyaient de leurs yeux ce qu’ils devaient chanter ensuite. Quelquefois il y avait des concours de scaldes. Leurs chants étaient richement récompensés. Plusieurs de ces chants étaient gravés en runes, mais le plus souvent ils [lassaient de bouche en bouche, ils furent recueillis plus lard, et formèrent YEdda et les Sagas que nous possédons auj. — ■ On applique quelquefois, mais improprement, le nom de Scaldes aux bardes celtes tels qu’Ossian.
SCAN — IG
SCALDIS, nom afin de YEscaut.
SCALEA, ville du roy. de Naples (Calabre Citér.), à 54 kil. N. O. de Paola ; 2,000 hab.; sur l’emplacement de l’anc. Talao, fondée par les Sybarites.
SCALETTA, bourg de Sicile, près du phare de Messine et du cap de même nom ; jadis principauté.
SCALIGER (Jul.-Cés.) , savant célèbre, né en 1484, à Padoue , à Vérone ou à Venise, mort en 1558, était üLs de Benoît Bordoni, peintre en miniature , mais prétendait descendre de la noble maison délia Scala (d'où le nom qu’il prit). Après avoir beaucoup voyagé, il suivit en France Ant. de la Rovère, évêque d’Agen, se fixa auprès de lui comme médecin, et obtint des lettres de naturalisation. Il écrivit d abord contre les savants les plus illustres de son siècle, et commença ainsi à se faire une réputation que sa science réelle et se3 nombreux travaux classiques augmentèrent bientôt. Il visait au renom d’homme universel, et effectivement il savait de tout, mais c’est principalement comme grammairien qu’il mérite sa célébrité. On lui doit, entre autres ouvrages : Poetices libri VIII, Lyon, 1561, in-fol. ; De subtilitate, ad Cardanum , Paris, 1557, in— 4 ; De Causis linguæ latinœ , Lyon, 1540, in-4 ; des Traductions latines d’auteurs grecs, des Notes, Dissertations , Discours, et des Poésies latines très médiocres, Genève, 1574, in-8. Sa vanité était excessive. 11 eut de vives disputes avec Erasme au sujet de la latinité de Cicéron.
SCALIGER (Jos.-Just), fils du précédent, né en 1540 à Agen, mort en 1609, surpassa encore sou père comme philologue, et se fit en outre un nom comme chronologiste et historien. 11 fut quelque temps précepteur dans une famille noble près de Tours; parcourut la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Ecosse; embrassa la religion réformée, et fut appelé à l’Académie de Leyde comme successeur de Juste-Lipse. On le regarde comme le véritable créateur de la science chronologique. Outre des Commentaires sur Varron, Verrius Flaccus, Festus, Catulle, Tibulle, Properce, Perse, Ausone, Nonnus, César, Martial, Agathias, Publius Syrus, etc., on lui doit : Opus de emendatione temporum, Paris,
1 583 ; Thésaurus temporum complectens F.usebii Pamphili Chronicon, Leyde, 1609, in-fol.; des Lettres latines , Leyde, 1627, in-8; des Poèmes latins, Leyde, 1615, in-8, etc. 11 traduisit en vers grecs un choix des Epigrammes de Martial , et en iambes latins la Cassandre de Lycophron et les Hymnes d Orphée (il y imite le vieux latin). Plein de vanité comme son père, il prétendit, dans une lettre intit. : De vetustale gentis Scaligerœ , faire remonter flnoblessejusqu aux rois alains. — Plusieurs des écrit* des deux Scaliger sont condamnés à Rome.
SCAMANDRE ou XANTHE, riv. de Troade, à l’O. de Troie, sortait de l’Ida par 2 sources, l’une chaude, l’autre froide, et, après s’être unie au Simoïs, tombait dans la mer Égée, près du prom. de Sigée.
SCANDER BEG (George castriot, dit), c.-à-d. le chef Alexandre, fils de Jean Castriot, prince d’Albanie, tributaire d’Amurat II, fut livré en otage à ce sultan, qui le fit élever dans la religion musulmane. Il reçut d’Amurat le titre de sandjak et le commandement de 5,000 hommes, et servit ce prince avec succès contre ledespote deServie; mars, résolu a relever le trône d’Albanie, il abandonna les Turcs pendant la bataille de la Morava (1443), enleva par surprise Croia, capitale de ses anciens Etats héréditaires, 68 déclara ouvertement catholique, se lit proclamer chef par la confédération des seigneurs albanais et épirotes, battit les Turcs près de Basse-Dibre (sur le Drin noir), envahit la Macédoine, fit alliance avec Ladislas V, roi de Hongrie, et avec Huniade, rejeta les propositions de paix d’Amurat, et le chassa de devant Croïa (1450). Il n’eut pas moins de succès contre les soldats de Mahomet II, même
I S — SCAR
après la prise de Constantinople, et trouva le temps, au milieu de ses combats contre les Turcs, d'aller défendre contre Jean d’Anjou (1462) le roi de Sicile, Ferdinand I, qui en récompense le créa duc de San-Pietro; revint en hôte pour repousser un armement formidable de Mahomet 11, et vainquit encore. 11 mourut peu après (1467), à Lissa, chez les Vénitiens, avec lesquels il allait former une ligue contre la Porte. Les Turcs se servaient de son nom pour faire peur aux petits enfants, et l’appelaient le Diable blanc de Valachie; les Albanais le chantent encore dans leurs chants nationaux. Scanderbeg a eu pour historiens son contempotain et compatriote Barlqsio, qui a publié : De vitâ et moribus G. Castnoti, etc., Strasbourg, 1537 (trad. en franç. par J. de Lavardin, 1597b et M. C. Paeranel, Paris, 1855, in-8.
SCANDER1EH, ville d’Egypte. Voy. Alexandrie.
SCANDEROUN , ville et golfe de la Turquie d’Asie. Voy. alexandrette.
SCAND1ANÜ, bourg du duché de Modène, à 17 kil. S. O. de Modène. Patrie de Bojardo et de Spallanzani ; on croit aussi que l’Arioste y est né.
SCAN DIE, Scandia. Les anciens nommaient ainsi la région méridionale de la Suède actuelle ; ils y plaçaient les Sitones , les Suiones , les Hilleviones , les Gutes (ces trois derniers noms rappellent ceux de Suède, Halland, Gothie) ; du reste elle leur était peu connue. — Quelques savants croient que laScandie était i’île de Fionie. Voy. Scandinavie.
SCANDINAVES, peupleancien. Voy. Scandinavie.
SCANDINAVES (Alpes). Voy. DOFR1NES.
SCANDINAVIE, nom usité au moyen âge pour désigner la Norvège et la Suède, est fréquemment employé encore, surtout en style poétique. Ce nom vient de l’anc. prov.de Scandie. Il n’y a jamais eu d’état appelé Scandinavie. On croit que les Scandinaves sont un peuple venu d’Asie sous la conduite d’Odin vers le Ier siècle av. J.-C. (Voy. odin). Les Scandinaves reconnaissaient pour dieux Odin, Thor, Freya, etc. Ils avaient une littérature assez riche (Voy, EDDà, sagas), et employaient les caractères runiques.
SCAN1E, anc. division de la Suède merkbonale, a formé les préfectures de Malmœhus et de Christianstadt. Le fils aîné du roi Oscar est duc de Scanie.
SCAPTA-H\LA, lieu de Th race, au N. E., près d’Abdère. C’est là qu’étaient les mines d’or et d’argent appartenant à la famille de Thucydide.
SCAPULA (J.), lexicographe, né en Allemagne vers 1540, mort à Paris au commencement du xvn° siècle, fut employé dans l’imprimerie de H. Étienne, et composa, d’après le Thésaurus linguæ grœcœ de ce savant, un Lexicon grec-latin, Bâle, 1579, in-4, etc. (souvent réimprimé), qui nuisit beaucoup à l’ouvrageorig. : ce Lexicon est à Ylndex. Onaenc,, de Scapula: Prirnogeniœ voces linguæ græcœ, Par., 1612.
SCARAMOUCHE, personnage comique de la scène italienne, venu originairement d’Espagne, était un mélange de fanfaronnade et de poltronnerie. On connaît principalement sous ce nom Tiberio Fiurelli ou Fiorelli, acteur napolitain, né en 1608, qui fit partie de l’une des premières troupes italiennes qui s’établirent en France sous Louis XJII, et qui acquit une grande réputation dans ce rôle. 11 venait tous les soirs à la cour pour amuser le dauphin (Louis XIV). 11 resta au théâtre jusqu’à l’âge de 83 ans, et mourut en 1696. On a publié un Scaramuccuma ou Bons mots de Scaramouche. — Le rôle de Scaramouche fut depuis continué sur le théâtre de la Foire par Rauzini, Napolitain (1716-31), Benozzi, Vénitien (1731- 39), et Gandini (1745-80), qui fit presque oublier Fiurelli; le rôle de Scaramoucihe disparut avec lui.
SCARBOROUGH, ville d’Angleterre (York), sur une belle baie de la mer du Nord, à 68 kil. N. E. d'York; 8,500 hab. Bon port. Ruines d’un vieux château (construit en 1136 par William, comte d’Albemarle). Commerce de houille (de Newcastle et
SCAR — 1616 — SCEP
Sunderland). eau-de-vie, genièvre, vin de Portugal. Pêche du hareng. Bains de mer ; sources minérales.
SCARDES (monts) , Scardus ou Scordus mons , auj. Tchardagh ou Glioubotin , chaîne de montagnes d’Epire, liée à l’Orbelus à l’E.; d’un deses nœuds se détache, au S., la chaîne candavienne.
SCARDONA, auj. Isola Grossa ou Arbe , île de l’Adriatique , sur la côte de la Liburnie.
SCARDONA ou skardin , ville murée des Etats autrichiens (Dalmatie), à 9 kil. N. E. de Spaiatro ; 6,000 hab. Evêché. Port, sur la Kerkah. Sous les Romains, cette ville était le ch.-l. delà Liburnie.
SCARLATT1 (Alexand.), compositeur, né à Naples en 1650, mort en 1725, a donné beaucoup de musique de théâtre et d’église, et a causé une heureuse révolution dans la musique, en rendant plus rares les fugues, contre-fugues, canons et autres tours de force musicaux. — Dom. Scarlatti , son fils , né en 1683, mort à Madrid en 1757, maître de musique de la reine d’Espagne, est renommé comme harpiste. — Jos. Scarlatti, fils de Dominique, né en 1718, mort à Vienne en 1776, est estimé comme compositeur et comme habile maître de clavecin. 11 a laissé, entre autres œuvres, 12 opéras, dont un, il Mercato di Malmaniile, eut un succès prodigieux.
SGARPA (Ant.), chirurgien et anatomiste célèbre, né en 1747 dans le Frioul , mort en 1832, étudia à Padoue sous Morgagni, fonda sa réputation par des cours de clinique et d’opérations chirurgicales qu’il fit à Modène , voyagea pour se perfectionner en France et en Angleterre, fut appelé, en 1783, à Pavie, pour y remplir une chaire d’anatomie et de chirurgie, et finit par être directeur de la Faculté de Médecine de cette ville. Il était membre de l’Institut royal des sciences, belles-lettres et arts du royaume Lombard-Vénitien , associé étranger de l’Académie des Sciences de Paris , etc. Il remit en honneur l’opération de la cataracte par l’abaissement, accrédita la méthode de Hunter pour les anévrismes , imagina le procédé de la ligature par l’aplatissement. Il a beaucoup écrit , et plusieurs de ses ouvrages sont encore classiques : Tabulas nevrologicæ, Pavie, 1794, in-fol; Depeniliori ossium structurât Leipsick, 1779, in-4, trad. en français par Léveillé, sous le titre de : Mémoire de physiologie et de chirurgie pratique, Paris, 1804, in-8 ; Réflexions et observations anatomico-chirurgicales sur l'anévrisme (en italien), Pavie, 1804, grand in-fol.,- trad. en français par Delpech, 1809, in-8, avec atlas in-fol. On lui doit encore des travaux fort estimés sur les organes de fouie et de l’odorat, sur les ophthalmies, hernies, etc.
SCARPANTO ou KOJE, Carpathos , île de la mer Egée, entre Rhodes et Candie, par 24° 52’ long. E., 35° 31* lat. N. : 48 kil. sur 13 ; 2,800 hab. Ch.-l. , Avdemo. Sol fertile. Gibier, bétail. Fer; marbre.
SCARPE , riv. de France, naît dans le dép. du Pas-de-Calais (arrond. de Saint-Pol), passe à Arras, entre dans le dép. du Nord, arrose Douay, Marchiennes, Saint-Amand , et tombe dans l’Escaut, après un cours de 100 kil., dont 80 navigables. Les canaux de la Deule et de la Sensée s’y rattachent.
SCARPHE ou SCARPHIA , v. de Locride , à l’E., près des Thermopyles et du golfe Maliaque. Renversée par un trembl. de terre. V. metellus (Q. Cæc.).
SCARPONNE, jadis Serpane ou Charpagne , village du dép. de la Meurthe, sur la Moselle , à 17 kil. N. O. de Nancy. Jadis important, et ch.-l. du çays des Saunois* Ravagé par les Hongrois au lx® siècle.
SCARRON (Paul), né à Paris en 1610, m. en 1660, était fils d’un conseiller au parlement.il fut destiné à l'Église et môme obtint un canonicat au Mans ; mais il passa sa jeunesse dans des désordres et des extravagances qui ruinèrent pour jamais sa santé, et resta sans fortune par suite d’un procès avec sa bellemère. Il se mit alors à travailler pour le théâtre , et y gagna de quoi tenir un état de maison assez ho¬
norable. La reine Anne d’Autriche lui fit une pension de 500 écus, qu’elle lui retira lorsqu’il eut fait la Mazarinade. En 1652, il épousa M11* d’Aubigné (depuis Mme de Maintenon ) , qui alors était orpheline et sans fortune ; il la laissa veuve au bout de 8 ans. Scarron réussit surtout dans le genre burlesque, et eut pendant quelque temps une grande vogue ; mais i'1 tombe trop dans le trivial , et finit par fatiguer. On a de lui les 8 premiers chants de Y Enéide travestie , le Roman comique (le meilleur de ses ouvrages), 2 comédies ( Jodelet , don Japhel ), des poésies diverses. Ses Œuvres complètes ont été publiées par Bruzen de la Martinière, Paris, 1737,
10 vol. in-12 (réimp., Paris, 1786, 7 vol. in-8). Par suite des imprudences de sa jeunesse, Scarron était devenu perclus et contrefait : il dit lui-même qu’il était un raccourci des misères humaines ; il avait néanmoins l’humeur la plus joviale , et il garda ^a gaieté jusqu’au moment de mourir.
SCAURÛS (M. Æmilius), Romain célèbre, d’une famille illustre, mais depuis longtemps déchue, servit en Espagne et en Sicile, fut successivement édile, préteur, gouverneur d’Achaïe, consul (122-114 av. J.-C.), fit une loi somptuaire, creusa un canal navigable de Parme à Plaisance pour dessécher les marais environnants , vainquit les Carnes , peuple gaulois , et obtint le triomphe , fut nommé prince du sénat (114), et dirigea quelque temps toutes les affaires de Rome. Envoyé contre Jugurtha, il ne fit rien contre lui , et fut soupçonné d’avoir accepté ses dons ; il brava néanmoins les nombreuses accusations des tribuns , et devint censeur en 89. Il mourut 2 ans après , au comble des honneurs et du crédit. Cicéron et Tacite prononcent son nom avec admiration ; Salluste au contraire le peint sous des couleurs odieuses. Il paraît bien que la vénalité de Scaurus égalait ses talents. — Son fils, nommé aussi M. Æmilius Scaurus, n’est guère connu que par son luxe ; il avait à Rome un palais magnifique , dont Pline a donné une pompeuse description; le récit de l’auteur latin a inspiré à l’architecte français Mazois l’ouvrage intitulé : Le palais de Scaurus.
SCEAUX, Cellœ en latin du moyen âge, petite ville de France, ch.-l. d’arr. (Seine), près la Bièvre, è
11 kil. S. de Paris ; 1,670 hab. Faïence-porcelaine; grand marché de bestiaux pour l’approvisionnement de Paris. Chem.de fer. On y voyait jadis unchâteau superbe , bâti par Colbert , et qui passa au duc du Maine, fils naturel de Louis XIV. La duchesse , sa femme, y tint une cour brillante, rivale de celle du régent, et qui était l’école du bon goût et du bon ton. Ce château fut acquis ensuite par le duc de Penthièvre. 11 fut vendu et détruit lors de la Révolution : il n’en est resté que l’orangerie avec une petite partie du parc (où se donnent les bals de Sceaux). — L’arr. de Sceaux a 4 cant. (Sceaux, Charenton, Villejuif, Yincennes), 43 comm. et 87,708 hab.
SCÉE , porte de Troie , près de laquelle était le tombeau de Laomédon , et où eut lieu la célèi re entrevue d’Andromaque et d’Hector. C’est par cette porte que fut introduit dans la ville le cheval de bois.
SCÉLÉRATE (porte), porte de Rome, ainsi nommée parce que ce fut par là que sortirent les trois cent six Fabiens qui périrent à Cremera ( Voy . fabiens). Elle s’appelait auparavant Carmentale.
scélérate (rue), rue de Rome où Tullie fit passer son char sur le corps de son père Servius Tullius.
SCELL1ÈRES , ch.-l. de cant. ( Jura ) , sur la Bienne , à 16 kil. de Lons-le-Saunier; 1,800 hab.
SCÉNJTES (Arabes), du grec skéné, tente, nom donné par les Romains et les Grecs aux hordes d’Arabes nomades. Les anciens connaissaient surtout celles qui erraient entre la Syrie et l’Euphrate, celles de la Mésopotamie mérid., et quelques autres.
SCEPSIS , ville de Mysie , au S. O. , est connue par la naissance de Nélée dit de Scepsis , «t parce