CRAU
CIIFJ)
qui porte son nom. Des envieux, le firent empoisonner à Nantes, sous le règne do Henri H, à 40 ans.
CRASSUS (L. Licinius), célèbre orateur romain, né vers l'an 150 av. J.-C., Tut le plus célèbre iurisconsulto de Rome au rapport do Cicéron. Il fut consul l'an % av. J.-G. et m. de pleurésie en 87.
Crassus (M. Licinius), triumvir, célèbre par ses richesses. Nommé préteur l'an 71 av. J.-C, il mit fin par une victoire décisive à la guerre de Spartacus. 11 fut nommé consul l'année suivante, puis censeur. L'an CO, il forma, avec Pompée et César, le premier triumvirat, se fit nommer gouverneur de Syrie et charger de la guerre contre les Parthes. La campagne s'ouvrit heureusement : Babylone et Séleucie allaient se rendre à lui ; mais avant laissé l'ennemi réunir ses forces. Il fut battu complètement à Garrhes par Suréna, général d'Orode, roi des Partîtes, l'an 53 av. J.-C. Trente mille Romains restèrent sur le champ de bataille, et Crassus luimême, s'étant rendu dans la tente de Suréna pour y traiter de la paix, fut mis à mort par les ordres de<-o sénéral Plutarque a écrit sa Y\e.
CRATERE, lieutenant et lavori d'Alexandre, sut conserver l'amitié de ce prince malgré sa franchise. Après la mort du conquérant. Il partagea la direction des affaires d'Occident et eut le commandement de la Macédoine et de l'Epire; il seconda Antipater à la bataille de Cranon (322), contribua à la ruine de Perdiccas, et fut tué l'an 321 dans une bataille contre Kumène.
CRATES, philosophe cynique, disciple de Diogène, était Thébain et florisaalt environ 324 ans av. J.-C. ; il eut pour disciple Zénon, fondateur de l école stoïcienne. Pour mieux suivre les préceptes de Diogène , Cralès avait vendu tous ses biens, et en avait distribué le prix à ses compatriotes. H était contrefait et d'une malpropreté dégoûtante; il In- H'ira cepentlant une telle estime à Hipparchie, riche et belle Athénienne, qu'elle l'épousa, malgré ses propres représentations. 11 nous reste sous le nom de ce philosophe quelques lettres apocryphes ; elles se trouvent dans la collection des Epistolœ cymeœ. On ne les connaissait que par une traduction latine, lorsque M. Boissonadc en a retrouvé le texte, qu'il a publié en 1827 dans la Notice de* manuterit* de la Bibliothèque Royale, tome XI*.
CRATIIIS, riv. de Lucanle, auj. le crati.
CRATI, Crathit, riv. du roy. de Naples (Calabre Citérieure), sort des mont, de la Sila, et tombe dans le golfe de Tarente, à 20 kil. N. 0. de Rossano.
CRATI MIS, un des poètes les plus estimés de l'ancienne comédie, né à Athènes vers l'an 525 av. J.-C., mort à 95 ans, est loué par Horace et Quintllien. Il poussa jusqu'à l'excès la hardiesse de ses attaques. Il reste de lui quelques fragments réunis par Hiinkcl, Lelpsick, 1827.
CRATIPPE, philosophe péripatéticien . né à Mltylène, enseigna d'abord la philosophie dans cette ville, alla ensuite à Athènes, et eut pour disciples le Ois de Cicéron et Brutus. Pompée alla le voir après la bataille de Pharsalc, et reçut de lui des consolations. 11 a écrit sur la Divination et sur Y Interprétation des Sotiijcs.
CRATO, ville murée du Portugal (Alentéjo), à 22 kil. N. 0. de Portnlègre ; 3,000 hab. C'était la -ésidenec du grand-piieur de 1 ordre de Malte.
crato. ville dw Brésil ,Céara), a 275 kil. S. 0. de l'Assomption, a une église qui est très vénérée dans le pays.
CRATO (prieur de). Yoy. astoine.
CRAU (la). Lapidci Campi, vaste plaine du dép. des Bouches-dti-Rhône, entre le Rhône et l'étang de Benre, a 960 kil. carrés de superficie, et est tra- 7ersée par le canal de Craponnc qui l'a rendue en partie à l'agriculture. Grains, légumes, fruits, nanne, Vîmes, bon? tins Le* anciens attribuèrent
l'origine de la Crau à une grtle de pierres que Jupiter lança un jour sur un antagoniste d'Hercule que ce héros ne pouvait venir à bout de vaincre.
CR AVANT, bourg du dép.de l'Yonne, à 15 k. S. E. d'Auxerre ; 1 ,000 h. Les Français et les Écossais y furent battus par les Bourguig., unis aux Anglais, 1423.
CRAVEN (ladj). Voy. anspach (margravine d').
CRAYER (Gaspard de), peintre, né a Anvers es 1585; mort àGand, 1669. Parmi ses tableaux on cite Sainte Catherine enlevée au ciel; la Résurrection de J.-C; la Tierge intercédant pour la infirmes; le Centenier aux pieds de J.-C, etc.
CREBILLON (Prosper jolyot de), poëte tragi-
2ue, né à Dijon en 1674, mort en 1762, à 88 ans, tait fils du greffier en chef de la chambre des comptes de Dijon. Il fut placé à Paris chci un procureur pour apprendre la chicane; mais son patron, appréciant son talent, fut le premier à l'engager à tra\ ailler pour le théâtre. Il donna successivement Idoménée mOb), Atrét (1707), Electre (1709), Rhadamiste (17 1 1), qui le placèrent auprès de nos grands maîtres. Il eut moins de succès dans Xerxes (1714). Sémiramis (1717), Pyrrhus (1726). Après cette dernière pièce, il resta 22 ans sans rien produire : oa attribue ce long silence au peu d'encouragement
Su 'il obtenait du gouvernement. Cependant en 1749 rentra dans la carrière , a 72 ans, et donna Catilina , l'une de ses meilleures pièces. Il fit jouer sa dernière tragédie, le Triumvirat, en 1755, à 81 ans. Crébillon a surtout visé à exciter la terreur ; Il a même poussé le terrible jusqu'à l'horrible et à l'atroce. Ce poète était d'un caractère fier, incapable de s'abaisser à courtiser les grands. 11 avait d'ailleurs des habitudes cyniques et peu engageantes : aussi restat-il la plus grande partie de sa vie dans un état voisin de la misère. Pendant longtemps, il n'eut pour vivre qu'une place de censeur de la police. Vers l'âge de 60 ans. M»* de Pompadour lui fil obtenir une pension de 1,000 fr. et une place à la Bibliothèque. Il fut reçu à l'Académie en 1731 , et prononça son discours en vers. Voltaire fut jaloux des succès de Crébillon, et, pour montrer sa supériorité, il refit plusieurs des sujets que son rival avait traités, entre autres Sémiramis, Catilina, qu'il intitula Rome sauvée. Les œuvres de Crébillon ont été imprimées à l'Imprimerie Royale en 1750 , 2 vol. ln-4. On en a donné depuis une foule d'éditions. Les meilleures sont celles de Renouard, 1818, 2 vol. in-8, et de Parelle, avec notes, 1828, 2 vol. in-8.
crébillom (Claude-Prosper joltot de), fils du précédent, né en 1707, mort en 1777 , est auteur de plusieurs romans légers et même graveleux. Malgré la licence qui règne dans ses écrits , il eut des mœurs honnêtes ; il habitait avec son père et vivait dans la meilleure intelligence avec lui. Les plus connus de ses romans sont : Lettres de la marquise de *", 1732; Tanzalet Néadarné, 1734, qui le fit enfermer à la Bastille à cause de certaines allusions; Us Egarements du cœur et de f esprit, 1736; le Sopha, 1745; Lettre* athénienne*, 1771.
CRECY ou CRESSY, ch.-l. de canton (Somme), sur la Maie, à 16 kil. N. d'Abbeville ;. 1 .650 hab. C'est près de là qu'Edouard III battit Philippe VI eu 1346 : il dut surtout la victoire à l'emploi du canon.
créct, ch.-l. de canton (Seine-et-Marne), sur le Grand-Morin, à 12 kil. S. de Mcaux; 1,100 hab. Crécy était jadis flanqué de tours dont on voit encore des vestiges, et possédait un château appartenant aux comtes de Champagne et de Bric.
crécv-scr-cahke, bourg du dép. de la Nièvre, à 17 kil. N. E. de Decixe; 2.000 hab.
créct-sur-serre, ch.-l. do canton (Aisne), à 1 5 k il. N. de laon ; 2,052 hab.
CREDITON, ville d'Angleterre (Devon), à 11 Ml. S. E. d'Exeter; 6,000 hab. Cette ville fut Importante fous les Saxons; c'était jadis un évèché. Elle
CKEM
éprouva deux incendies terribles en 1743 et 1769.
CREECH (Thomas), écrivain anglais, né à Blandford en Angleterre, 1659, mort en 1700. Amoureux d'une demoiselle nui ne répondait point à ses vœux, il se pendit de désespoir. On a de lui plusieurs traductions d'ouvrages latins et grecs; celle de Lucrèce en vers anglais, Oxford , 1682, in-8, est la plus estimée. Il a aussi donné une bonne édition de ce poète, Londres, 1694, in-8.
CREEES, peuplede l'Amérlq. du Nord. Voy. cries.
CR KFELI), ville des États prussiens. Voy. crevelt.
CRK IL, ch.-l. de canton (Oise), sur l'Oise, à 10 kil. N. 0. de Senlls; 1,500 hab. Grande manufacture de faïence ûne. Commerce de grains, farine, bouille, bois, etc. Aux environs, pierres de taille. Château où fut enfermé Charles VI. Chemin de fer.
CREILSHEIM, ville du roy.de Wurtemberg. Voy.
CRAlLSIfEIM.
CRELL1US (Jean), unitaire, disciple de Socin, né près de Nuremberg en 1590, mort en 1633, fut pasteur à Cracovie et y répandit sa doctrine. Ses principaux ouvrages sont : De uno Deo, 1631; Vindicte pro religionit liber taU, 1637, trad. par Nalgeon sous ce titre : De la Tolérance (1769). — Son fils, Christophe, et son petit-flls, Samuel, furent aussi de xélés unitaires : on doit à ce dernier Fides primorum Chrislianorum, etc., 1697.
CREMA, Forum Diuguniorum, ville du roy. Lombard-Vénitien (LodiJ, sur le Scrio, à 40 kil. S. E. de Milan; 9,000 hab. Ëvêché. Quelques édifices remarquables, cathédrale, palais épiscopal, etc. Soieries, dentelles, toiles, chapeaux; fllalures de lin. Confitures renommées. Aux environs, lin magnifique. — Cette ville fut fondée en 570 par des fugitifs (;ue la cruauté d'Alboin, roi des Lombards, avait forcés à chercher un asile dans cet endroit ; détruite bientôt par les Lombards, Creroa ne fut rebâtie qu'en 1 l8.fi.Lcs Français l'occupèrent en 1796.
CREMERA, auj. la Valea , ruisseau dEtrurie, tombait dans le Tibre après avoir passé à Veïes. C'est sur ses bords qu'eut lieu le célèbre combat des 306 Fabiens contre l'armée des Etrusques, 477 avant J.-C.
CREMIEUX, Crimiaeum, ch.-l. de canton (Isère), à 24 kil. N. 0. de La Tour-du-Pln; 2,000 hab. Toile commune. Commerce de volaille. Près de là est la célèbre grotte de la H il me. — V. edit de Crémieux.
CREMNES, auj. Marioupol, ville de la Sarmatie, sur la côte 0. du Palus-Méolide. Entrent de commerce dans l'antiquité.
CREMONE, Crcmona, ville du roy. Ix>mbard- Vénitien, ch.-l. de la délégation de Crémone, à 65 kil. S. E. de Milan, sur le Pô : 10 kil. de tour; 27,000 hab. Ëvèché. Relie cathédrale, cl quelques
8 lises remarquables, grande tour, plusieurs palais, •llége, gymnase. Draps, étoffes de soie et de coton, chapeaux ; fabrique de cordes musicales et de violons. Patrie d'Amati, Guarneri, Stradivarius. — Cr. fut bâtie par les Gaulois , et reçut une colonie romaine l'an 291 avant J.-C. Octave partagea le territoire de celte ville entre les vétérans de ses armées pour la punir d'avoir embrassé le parti d'Antoine, l/est aux environs de Crémone que se livra la fameuse bataille de Rédriac, l'an 69 de J.-C. Elle fut prise en 1702 par les Impériaux qui y firent prisonnier le maréchal de Villcroi.I.es Fr. la prirent en 1*90 et 1800; elle fut alors réunie à la France et devint le ch.-l. du départ. d'Alto -Pô (Haut-Pô). Elle fut rendue à l'Autriche en 1814.
CREMONIN1 (César), né à Cento, dans les Etal* du Pape, en 1550, enseigna la philosophie à Padouc pendant 30 ans cl mourut en 1631 . Il professait les doctrine* d'Arbto te et deses commentateurs, Alexan- Ired'Aphrodisée etAverrhoes.il prétendait que l'on ae peut par la seule raison démontrer l'immortalité f!s l'Ame » os qui le ût accuser de matérialisme et
. Ses principaux ouvrages sont : Dialyptsit naluralis Aristotelicœ philosophiœ; Contcmplationu de anima ; De Semibus et facultate appetitiva. 11 a aussi composé des Fables pastorale».
CREMS, ville des Etats autrichiens (Autriche pro prej. à 100 kil. 0. de Vienne ; 3,600 hab.
CRÉON, ch.-l. de cant. (Gironde), à 18 kil. S. E de Bordeaux ; 900 hab.
CREON, prince thébain, fils de Ménécée et frère de Jocaste, s'empara deux fols du trône de Thèbcs : la 1" après la mort de Lalus, U 2* après celle d'Eléocle et de Polynice, cl régna en tyran. Antigone ayant, malgré sa défense formelle, enseveli son frère Polynice, Il la fit enterrer vive. Peu après, il fut tué par Thésée, qui lui avait déclaré la guerre pour avoir refusé de rendre les derniers devoirs aux guerriers morts devant Thèbcs, vers 1250 av. J.-C. — Un autre Créon, fils de Sisyphe, fut roi de Corinthe et père de Créuse, qu'épousa Jason. Voy. crêcsr.
CREPI (pays de], dans la Guinée. Voy. kerrapat. CRËPIN et CREP1N1EN (saints). Ces deux frères vinrent de Rome annoncer le christianisme dans les Gaules, et s'arrêtèrent à Soissons, où ils exercèrent le métier de cordonniers. Le préfet, n'ayant pu ébranler la foi des deux frères, leur fit trancher la tête vers l'an 287. Saint Crépin est le patron des cordonniers. On le fête le 25 octobre.
CREPSA wsula, dans l'Adriatique, aaj. CHERSO. CREPY, villa de France. Voy. crespt.
CREQUI (maison de), ancienne maison de France, originaire de l'Artois, tirait son nom du petit villaga de Créqul près de Fruges (Pas-de-Calais). Elle remonte au ix« siècle cl s est divisée en un grand nombre de branches, qui ont fourni une foule de personnages distingués. La branche aînée, dite des sires de Créqul, se fondit en 1543 avec la maison ds Blanchcfort, d'où sont sortis les ducs de Créqul et les princes de Poix. Parmi les membres les plus Illustres de cette famille, nous citerons Jacques cl Charles de Créqul.
crequi (Jacques de), dit de Heilly, connu dans l'histoire sous le nom de maréchal de Guyenne. Il commanda l'armée de Jcan-sans-Peur ducdeRourgogne, contre les Liégeois révoltés (1408); fut nommé en 1413 lieutenant-général en Guyenne; s'opposa d'abord avec succès aux efforts des Anglais, mais fui fait prisonnier à Bordeaux. S'élant échappé des maint de l'ennemi, 11 assista & la bataille d'Axincourl (14151, fut pris de nouveau et mis à mort.
crequi (Charles de), prince de Poix, gouverneur du Dauphiné, pair et maréchal de Franco, délit les troupes d'Espagne au combat du Tésio en 1(>36, et fut tué der.le fortd* Brème (Piémont* m fffSti GO k. Il avait épousé successivement les deux Ullt-s du duo de Lesdiguières, Madeleine et Françoise de Bonne. — Un de ses fils, François de Bonne de Crequi, due de Lesdiguières, fut aussi maréchal de France, servit avec gloire sous Louis XIV dans les campagnes ds Flandre, d'Alsace et de Lorraine, de 1667 à 1678. nuis fut battu àConsarbruck, 1075; il prit Luxcmb. en 1681. — Son fil* François périt a Luzzara, en 1702.
crequi (la marquise de), née Renée-Caroline de Froulay, femme cél. par son esprit, née en 17 14, m. en 1803, avait épousé en 1 737 lemarquisde Créqui, lieulenant-général, qu'elle perdit dès 1741. Ses salons furent longtcnq* le rendez-vous de la bonne société : '•'est ce qui adonné l'idée de publier, sous 1c titre de Souvenirs de la marq. de Crc'qu>(\ 834-36, 9 vol. in-8), des mémoires qui n'ont aucune authenticité : ils sont IVruvrc de M. de Courrhant. M. E. Fournier a publié en 1856 do véritables Lettres de la marquise.
CRESCENCE ou CRESCENTJUS, Patrice romain, .voulut, vers la fin du x» siècle, rétablir le gouvernement républicain dans sa patrie. Il Tut élu consul et 1 mis à la tète du frouveruement par Icpeupleen 1/72. \ .Son cnKeui Uc ayant échoué, il fu! olligé de se re-
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