‹ Dictionnaire universel d'histoire et de géographie (volume 2)Chapitre 362 sur 567 · DUER · texte numérisé non relu

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on rare discernement, les personnages el les pro- ! ductions de l'époque. A S4 ans, elle eut le malheur ! de perdre la rue ; elle n'en conserva pas moins toute l'amabilité et toute la vivacité de son esprit jusqu'à 1 âge le plus avancé. Elle mourut à 84 ans en 1780. On a de cette dame : Correspondance avec Walpole et Voltaire, publiée par M. Artaud, Paris, 1811 , 4 vol. ln-8 ; Correspondance avec d" Alembert , te président Hénault, etc., Paris, 1809, 2 vol. ln-8.

DUDERSTADT, ville de Hanovre, à 22 kll. E. de Gœttingue; 4,200 liab. — Cette ville appartenait à l'électeur de Mayence à la Qn du siècle dernier, et faisait partie du pays d'Eichsfeld. Elle Tut donnée à la Prusse en 1802, au roy. de Westphalic en 1S07, et au Hanovre en 1815.

DUDLEY, ville d'Angleterre fWorcester). h 15 kll. N. 0. de Birmingham ; 23,043 h. Houille, fer, pierres calcaires aux environs ,- ustensiles de fer, clouteries, verreries. — Dudley donne son nom à un canal qui va s'unir à celui de Stourbridgc dans le comté de Stafford, et à celui de Worcester-et- Birmingham.

DUDLEY (Edmond), ministre de Henri VII, aida ce prince avide à remplir ses coffres par toutes sortes d'extorsions , et se rendit tellement odieux qu'à la mort du roi (1509), Henri VIII, son successeur, se vit obligé de l'abandonner à la fureur du peuple. Il fut jugé et mis à mort en 1510.

dudley (Jean), duc de Northumberland , fils du préc, né en 1502, jouit de la faveur de Henri VIII, malgré la disgrâce de son père , et fut nommé par lui grand-amiral d'Angleterre. H eut encore plus de crédit aaprès de son successeur, le jeune Edouard VI ; fut créé comte de Warwick, duc de Northumberland, et supplanta Somerset qui avait longtemps joui de toute l'autorité. Celui-ci, ayant tenté de l'assassiner par vengeance , fut immédiatement mis à mort (1552). Egaré par l'ambition, Dudley conçut le projet de faire entrer la couronne dans sa famille : voyant Edouard VI près du tombeau, il lui persuada d'exclure du trône ses propres sœurs el de choisir pour héritière Jeanne Grey, issue de Henri VU , à laquelle il fil épouser un de ses fils, Guildford Dudley. Jeanne reçut pendant quelques jours le titre de reine; mais la princesse Marie, soeur d'Edouard, ayant fait reconnaître ses droits, Dudley, abandonné de tout le monde, fut condamné à mort, ainsi que son Ois et Jeanne Grey (1553). — Il laissa un autre flls, Robert Dudley. connu sous le nom de comte de Lelcester. [Voy. l'art, auiv.)

dodlet (Robert), comte de Leiceslcr, flls du précédent, né en 1531, fut quelque temps emprisonné lors de la sentence prononcée contre son père, mais recouvra bientôt sa liberté, el jouil du plus grand crédit sous Elisabeth . Il prit sur celte princesse un ascendant presque absolu par la beauté de sa ligure, l'élégance de 6es manières, par sa souplesse el ses flatteries, el fut, dit-on, sur le point d'obtenir sa main. La reine le combla de faveurs, lui donna les titres de comte de Leicester (1564), de chancelier de l'université d'Oxford ; le nomma son lieutenantgénéral, et le chargea en 1585 et 1587 d'aller dans les Pays-Bas soutenir les provinces révoltées contre Philippe II. Dépourvu de talents militaires, il n'éprouva que des revers; il n'en conserva pas moins sa faveur jusqu'à sa mort (1588). On accuse Leicester d'avoir conseillé à Elisabeth d'empoisonner Marie Sluart , d'avoir lui-même em[>oisonné le comte d'Essex afin d'épouser sa veuve (1578), enfin d'avoir commis toutes sortes de crimes cl de perfidies.

DUÉRO ou DOURO, Darius, riv. d'Espagne cl de Portugal, naît en Espagne dans la prov. de Soria, à 4 kil. S. E. du bourg de Mansilla ; arrose celle province, sépare celles de Burgos et d<, Ségovie, traverse celles de Valladolid et de Zamora, forme ensuite la frontière entre l'Espagne et le Portugal,

DUFR

! jusqu'à sa réunion avec l'Agneda ; traverse alors le Portugal de l'E. à l'O. et se jette dans l Océan un

{ieu au-dessous d'Oporto, après un cours de 710 ki! 1 reçoit entre autres riv. la Pisuerga, le Sabor, le Tormes, l'Agueda et la Tavora. Les villes principales qu'il arrose sont Soria, Aranda-de-Duero, Toro, Zamora, Miranda et Ouorlo.

DOERO-ET-M1N110 (EKTRE-). V. EKTRE-D0UR0-ETC.

DUERSTAD1UM, auj. wyce-durstkde.

DUFAUR de pibrac. V. mbrac.

DUFAY (Ch.-Fr. decisteriuy), né en lG98à Pari? mort en 1739, accompagna le cardinal do Uolu dans son voyage à Rome, et devint antiquaire, d : Fontenelle, en étudiant les superbes débris de cel: • capitale du monde. Reçu membre de l'Académie d, s Sciences, Dufay présenta à celle compagnie des mémoires appartenant aux six sections de géométrie, astronomie, mécanique, analomle, chimie et botanique, dont ce corps savant était alors composé. Dufay fut le premier directeur spécial du Jardin des Plan les ; il flt de cet établissement, négligé avant lui, te plus beau jardin de l'Europe, et obtint que Buffon lui succédât dans l'intendance générale. C'est à Dufay qu'estduerhypothèsedesdeuxfhiidcs électriques. DUFRESNE (QtiiîiACLT), acteur. Voy. qcixalxt. dufresne. sieur du Gange. Voy. DCCANCE.

DUFRESNOY (Ch.-Alph.). peintre et poète, né à Paris en 1611, mort en 1665, fui l'élève de Pcrrier et de Vouet, et l'ami de Mignard, avec lequel il visita l'Italie. Le Musée possède de cet artiste un Groupe de Naïades et une Sainte Marguerite foulant aux pieds un dragon. Quoique ces deux compositions ne manquent point de mérite, elles ont moins contribué à la réputation de Dufresuoy que son pofime latin sur la peinture, intitulé : De Ane gravhica, publié après la mort de l'auleur par de Piles, Paris, 1684 , avec une traduction en prose et des notes estimées. Renou en donna une seconde en vers français, Paris, 1789. M. Rabany en publia une troisième, Clermont-Ferrand, 1810, in-8. Enfin cet ouvrage a été traduit en vers anglais par Dryden.

dufresnot (madame), DUe billet, femme poète, née à Nantes en 1765, morte à Paris en 1825, avait épousé un riche procureur au Chàtdet, mais elle fut ruinée par la révolution et eut quelque temps à lutter contre la misère. Elle fut traitée généreusement par Bonaparte et lui voua une reconnaissance sans bornes. Elle s'était fait connaître dès 1787 par de charmantes poésies insérées dans YAlmanach des Muses ; elle doit surtout sa réputation à ses élégies, qui lui ont mérité le nom de Sapho française. Elle a aussi donné des traductions de l'anglais , quelques romans et des livres pour l'éducation des filles. Le recueil de ses élégies a paru en 1807 , et a été nlusieurs fois réimprimé avec des augmentations. On y remarque la Boutade, le Pouvoir d'un amant, la Journée d'une amante, l'Anniversaire, les Dernier i Moments de Buyard, couronné par l'Académie en 1815. On trouve dans tous ses écrits un style gracieux et une âme ardente ; quelquefois elle exprime la pa?sion avec une vivacité qui peut paraître excessive daus une femme. Elle fut recherchée des hommes les plus distingués de l'éi>oque, et fut particulièrement liée avec 1 ontanes.

DUFRESNOY (LENGLET-). Voy. LEKGLET.

DUFR ESN Y (Charles rivière), auleur comique, né à Paris en 1648, mort en 1724, descendait de la Belle Jardinière d'Anel,qui fut aimée de Henri IV. Il avait beaucoup de talent pour l'embellissement des jardins ; ce qui lui ût obtenir de Louis XIV la charge de contrôleur de ses Jardins. Le roi lui accorda en outre le privilège d une manufacture de glaces; mais Dufrcsny, qui aimait la table et l .i femmes, vendit sa charge el son privilège pour M livrer à ses goûls, et vint vivre à Paris, ou il se r t , à faire des cdtaédies. Il travailla d'abord en société

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avec Regnard; pais, l'étant brouillé avec son ami, H composa seul. Ses meilleure* pièces sont : C Esprit de contradiction ; le Double Veuvage ; le Mariage jait et rompu ; la Réconciliation normande, la Noce in- Unompue; toutes pétillent d'esprit et de gaieté. On a de lui en outre : des Nouvelles, des Amusements térieux et comiques, des Poésies diverses. Son Théâtre forme 6 toI. in-12, Amsterdam, 1731. 11. Auger a donné ses Œuvres choisies, 1810, 2 vol. in-18.

DUGALD STKWART, philosophe. Voy. stxwart.

DUGAS-MONTDEL Jean-Baptiste), né à Saint- Chamond dans le Forci en 1776, et mort en 1834, fat d'abord à la UHe d'une grande maison de commerce, mais quitta les affaires à 30 an*, pour se livrer tout entier aux lettres et à l'étude de l'antiquité. On lui doit la meilleure trad. d'Homère en

Jrose française et la seule qui soit complète. Elle a té publiée avec un précieux commentaire et avec l'Histoire des poésies homériques, Paris, 1828-*33, 9 vol. in-8. Celte trad. ouvrit à Dugas-Montbel les porte* de llnstitut. 11 fut nommé député en 1830.

DUGAZON (H. cocrgadd , dit), comédien, né vais 1741, mort en 1809, débuta en 1772 au Théâtre-Français dans l'emploi des valets, et succéda à Prévllle, dont il devint presque légal. Dupai on était remarquable par le jeu de sa phvsionoinie ; il avait du mordant et de la chaleur ; mais U se laissait souvent emporter par l'envie d'exciter le rire, et tombait alors dans le mauvais ton. Pendant la révolution, Dugazon donna deux pièces de circonstance très médiocres, rÊmigrante et le Modéré. 11 arrangea en outre et augmenta de trois scènes les Originaux, comédie de Fagan, qu'il publia en 1802.— Pour sa sœur, Voy. M«» ykstws.

douazon (Louise-Rosalie lefêvre) , femme du précédent, célèbre actrice de l'Opéra-Comique, née à Berlin en 1755, morte à Paris en 1821, jouait les amoureuses avec tant de perfection qu'elle a donné son nom à plusieurs rôles de cel emploi.

DUGDALE (sir William), historien et antiquaire anglais, né en 1605 dans le comté de Warwick, mort en 1686. fut nommé en 1644 héraut (harald) de Chester, et devint en 1667 roi d'armes de l'ordre de la Jarretière. Il publia en latin et en anglais onze ouvrages volumineux sur l'histoire et les antiquités de son pays ; les principaux sont : les Antiquités du comté de Warwick, Londres, 1656. ln-fol.; Baronage of England ou Histoire de la noblesse anglaise depuis le temps des Saxons, 1675-76, 3 vol. In-fol.; Monasticon Anglicanum, 1655-61, in-fol.; Histoire de l'église de Saint-Paul, 1658.

DUGOMMIËR (Jean-François coquille), général français, né en 1736 à la Basse-Terre (Guadeloupe), fat nommé en 1789 commandant de la garde nationale de la Martinique, et prit une part très active aux troubles qu'y suscitèrent en sens divers les Idées révolutionnaires. En 1792 11 passa en France, et fat élevé au grade de général de division. Chargé du siège de Toulon vers la On de 1793, il le dirigea avec habileté et vigueur, mais II fat étranger aux massacres qui suivirent la reddition de la place. 11 reçut aussitôt après le commandement de l'armée des Pyrénées-Orientales et remporta plusieurs avantages signalés sur les Espagnols; mais U fat tué d'un éclat d obus dans un nouveau combat livré près de Saint-Sébastien en novembre 1794.

DUGUAY-TROUIN (René), l'un des plus célèbres marins français, né à Saint-Malo en 1673, d'un riche armateur de cette ville, servit d'abord dans la marine marchande, et s'y distingua bientôt par de si brillants faits d'armes qu'à 1 âge de 23 ans il fut présenté à Louis XIV comme un iiomme destiné à être la gloire de sa nation. En 1697 Duguay- Trouin passa de la marine marchande dans la marine royale. La guerre pour la succession d'Espagne s'ètant allumée, Duguay-Trouin, avec deux

et trois frégates, résista à une

de 15 vaisseaux de guerre en 1703, et en 1704 il prit sur les côtes d Angleterre un vaisseau de guerre de 54 canons avec 12 vaisseaux marchands. En 1706. il attaqua avec trois vaisseaux, à la hauteur de Lisl>onne, la flotte du Brésil, escortée par 10 vaisseaux de guerre, et qui était chargée dVvtvres et de m u m lions pour l'archiduc ; le combat dura deux jours, et jamais Duguay-Trouin ne montra plus d'intrépidité: mais des circonstances malheureuses firent échouer ses projets. En 1707, il répara complètement cel échec en s'emparant d'un convoi de 200 voiles, escorté par six gros vaisseaux de guerre. Cette action brillante acheva de ruiner en Espagne les affaires de l'archiduc. De toutes les expéditions de Duguay-Trouin, la plus célèbre est la prise de Rlo-Janeiro (1711). Les forliûcalions de cette place paraissaient inexpugnables • en onxe jours elles furent toutes enlevées. En 1715, il fat nommé chef d escadre, et en 1728 lieutenant-général. En 1731, il reçut de Louis XV le commandement d'une escadre destinée à soutenir l'éclat de la nation française dans le Levant, et avec elle il lit rentrer les corsaires de Tunis dans le devoir. Ce fut là son dernier fait d armes; il mourut à. Paria en 1736. Ses Mémoires, rédigés par lui-même, ont paru à Paris en 1740, ln-4 ; sa Vie a été écrite par Richer, 1784, in-18; son Éloge, par Thomas, 1761, in-8.

DU GUESCLIN (Bertrand), connétable de France, né en 1320, dans le château de la Motte-Broons, près de Dinan, dune des plus anciennes ramilles da Bretagne, se fit remarquer dès son enfance par sa force et son habileté dans les exercices du* corps. Il commença à signaler sa bravoure dans les guerres

S|ue se livraient Charles de Blois et Jean de Montbrt pour l'héritage du duché de Bretagne, et û soutint les droits du premier. Il passa ensuite au service de la France et célébra l'avènement du roi Charles V en battant à Cocherel l'armée du roi de Navai -e. Après celte victoire, U vola de nouveau au secours de Charles de Blois en Bretagne ; mais, maigré tous ses efforts, son parti fut battu à Aura» et lui-même fait prisonnier par le brave Chandos, chef de l'armée anglaise (1364). Rendu à U liberté après avoir payé une rançon de 100,000 livres, Il fat chargé par Charles Y da délivrer le royaume des grandes compagnies, ramas de soldats français, snglais et bretons indisciplinés qui ravageaient la provinces. Du Guesclin leur persuada d'aller combat* tre en Espagne, se mit à leur tète , et les conduisit défendre les droits de Henri de Transtamare qui disputait à Pierre-le-Cruel le trône dcCasUlle. Il se couvrit de gloire dans plusieurs rencontres, et déjà il avait anéanti le parti de Pierre-le-Cruel, lorsque celui-ci appela à son secours les Anglais, commandé* par deux vaillants capitaines, le prince Noir et Chandos. Du Guesclin fut défait et pris après des prodiges de valeur à la bataille de Navarette qui avait été livrée contre son avis (1367). Redevenu libre, il vengea sa défaite par la victoire de Motitiel, 1369, et rétablit Henri sur le trône. Après tant de triomphes. U fut nommé connétable da France par Charles V (1370), et chassa entièrement les Anglais de la Normandie, de la Guyenne et du Poitou. Charles ayant réuni en 1378 U Bretagne à la France, les soldats bretons, jaloux de l'indépendance de leur patrie, désertèrent l'armée de Du Guesclin. et le connétable fat soupçonné lui-même de trahison. Indigné d'an tel soupçon, il renvoya aussitôt au roi son épée de connétable, et quoique le roi, ayant reconnu son innocence, le pressât de U reprendre, Il ne voulu! jamais y consentir. U forma alors le projet de passer en Espagne auprès de Henri de Transtamare; mais avant de quitter 1a France, il voulut s'illustrer par un dernier exploit, et lise rendit devant le château de R an dam (Châtcauncuf-Randon). que le ma-

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