‹ Dictionnaire universel d'histoire et de géographie (volume 2)Chapitre 7 sur 567 · AVERTISSEMENT SUR. LA DIX-HUITIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT SUR. LA DIX-HUITIÈME ÉDITION

Le succès de ce livre a dépassé nos espérances. Apprécié de la manière la plus favorable des son apparition, par les organes de la presse les plus accrédités, autorisé par le Conseil de l'Université pour l'usage dos écoles de tous les degrés, lycées, collèges, écoles normales, écoles supérieures, recommandé par le Ministre del'insiruction publique pour être placé dans les salles d'étude des lycées1, il n'a pas été moins bien accueilli du public, comme l'attestent les éditions successives qu'il a fallu en publier d'année en année. La réputation de cemodeste travail a même franchi les limites de la France : il a été réimprimé en Belgique (Bruxelles, 1853-55), traduit ou imité en espagnol (Madrid, 1846-50) et en italien (Turin, 1855-60).

L'auteur n'a pas lardé à participer lui-même à la faveur dont son livre était l'objet: élu membre de plusieurs sociétés savantes, de la Société de Géographie de Paris, de {Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen, de VInstitut historique et géographique du Brésil, ' de {'Institut national pour l'avancement de la science de Washington, il s'est vu en outre élevé au grade d'officier do la Légion d'honneur par un Ministre qui voulait à la fois encourager d'utiles travaux et récompenser de longs services 1 ; bientôt après, un prince étranger, que l'auteur s'honore d'avoir compté jadis parmi ses auditeurs les plus assidus, S. M. le roi d'Espagne, lui conférait l'ordre si distingué de Charles 111, prouvant ainsi qu'en montant sur un trône, on ne perd ni l'amour des lettres, ni la mémoire du cœur.

Tant de marques de bienveillance, en nous inspirant une reconnaissance profonde, nous imposaient de graves obligations. Nous nous sommes efforcé de les remplir en améliorant notre œuvre d'édition en édition. Nous avons pris soin de consigner dans le corps même do l'ouvrage les faits nouveaux et les changements de quelque importance, historiques ou géographiques, à mesure qu'ils se produisaient, et de rectifier les inexactitudes que nos recherches nous faisaient découvrir ou qui nous étaient signalées par des communications bienveillantes. En outre, dans le but d'échapper au défaut ordinaire des livres de ce genre qui, à peine terminés, sont déjà vieillis, nous avons rédigé un Supplément étendu, qui peut se joindre à toutes les éditions publiées jusqu'ici, et dans lequel nous avons donné place à toutes les célébrités qui ont disparu de la scène du monde depuis la première publication du Dictionnaire universel, ainsi qu'aux derniers changements amenés dans la Géographie par la marche des événements.

Dés le principe nous avions donné à tout ce qui concerne la religion une attention proportionnée à l'importance d'un tel objet. Ne nous fiant pas à nos seules lumières sur un point aussi gravo et aussi délicat, nous avions soumis notre travail au jugement de l'autorité ecclésiastique compétente, et, après un sérieux examen, accompli par une Commission dans laquelle siégeaient des hommes aussi éminents par leurs lumières que par leur dignités, et qui avait pour rapporteur le savant abbé De la Couture, le Dictionnaire universel avait été jugédigne de l'approbation épiscopale*. Malgré un suffrage si imposant, nous avons eu la douleur do voir notre livre attaqué avec violence, dénonce à Rome, et frappé de la censure la plus inattendue. Sans vouloir entrer ici dans des explications pénibles sur les causes, tout accidentelles et toutes personnelles, qui ont pu amener un tel résultat, qu'il nous suffise dédire que, grâce à Dieu, le mal a fini par tourner à bien. Fort de la pureté de nos intentions, cé* dant d'ailleurs aux pressantes" invitations du prélat qui su trouvait atteint en notre personne, nous n'avons pas hésité à nous présenter devant le tribunal qui nous avait condamné, en le priant do nous signalor nos erreurs et d'éclairer notre bonne foi. Nous avons été heureux d'apprendre, de la bouche même de celui qui avait été chargé de l'examen, qu'il avait été reconnu dès l'abord que notre livre ne renfermait rien de contraire à la religion* : on n'avait à y reprendre, avec quelquesinexactiludes et quelques omissions, que dos expressions impropres ou susceptibles d'être mal interprétées, que des appréciations contestables. Dès lors, il nous était facile de donner satisfaction. Aussi la Congrégation de l'Index a-t-elle bien voulu agréer la nouvelle rédaction proposée par nous des passages qui avaient été s^nalés, et, par un décret qui a reçu l'approbation du Saint-Père, elle a autorisé l'édition qui avait été corrigée d'après ses observations". C'est cette édition que nous reproduisons aujourd'hui, avec les additions et les changements que le progrès du temps avait rendus nécessaires.

L'auguste sanction dont cet ouvrage vient d'être ainsi revêtu lui assure un avantage qu'il a été donné à b:en peu de livres d'obtenir : déjà, grâce à l'approbation des juges les plus compétents en matière d'instruction publique, il pouvait faire autorité dans la science ; aujourd'hui, grâce à l approbation du Saint-Siège, il fera également autorité dans les matières religieuses, et il sera désormais consulté par tous les fidèles avec uimî entière sécurité.

Paris, loi" janvier 18C3.

1 . Koy. ci-dessus, à la pige en face du litre, le texte de cette approbation et de cette recommandation.

2. M de Salvandy, alor^ M i n i sire de l'instruction publique et Grand-niatire do l'Université.

3. Koy. . à la page en face du litre, l'approbation de Mur l'Archevêque rte Pans.

%. Le rapport présenté à la Congrégation de l'Index, le 26 avril 1852, r le P. Bernabo, Correcteur charcé do -examen au livre dénoncé, portait cette déclaration, p. 6: « Nulla ho trocato nel Dictionnaire universel ch$ aptrto e direlto attachi laltengione Catlolica, o in génère, o in qualcuno dV particolari tuoi dommi. »

S. Voy. le texte do ce décret à la page en lace du titre.

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