‹ Dictionnaire universel d'histoire et de géographie (volume 2)Chapitre 8 sur 567 · PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

En publiant le Dictionnaire classique des noms propres de V Antiquité sacrée et profane, où noua avions rassemblé tout ce qui se rapporte aux temps anciens, où nous donnions l'explication des noms propres de tout genre que Ton trouve dans les auteurs grecs ou latins et dans les écrivains sacrés, nous n'avions satisfait qu'en partie a oe besoin que l'on éprouve à chaque instant de s'expliquer les noms inconnus qui se rencontrent dans la lecture ou dans la conversation. Pour que notre travail fût complet , il fallait y comprendre les temps modernes , qui donnent lieu a des questions bim autrement nombreuses, et dont l'étude acquiert tous les jours plus d'importance dans l'éducation.

L'accueil ai bienveillant qu'a obtenu notre premier ouvrage, l'honorable sanction que lui a donnée le Conseil royal de l'Université dès son apparition (*) , nous imposaient l'obligation de compléter notre œuvre et de la perfectionner. C'est ce que nous avons tenté de faire dans ce Dictionnaire universel d'Histoire et de Géographie, où, supprimant la limite arbitraire qui sépare les temps anciens des temps modernes, les contrées classiques des autres contrées du monde, nous avons embrassé tous les âges ainsi que tous les pays.

Le nouveau Dictionnaire que nous publions aujourd'hui offrira une réponse succincte aux diverses questions que l'on peut s'adresser sur les personnages historiques ou fabuleux , sur les lieux , les événements , les institutions, les cultes , les sectes qui ont attiré l'attention des hommes à quelque titre que ce soit. Réunissant une foule de notions utiles qui sont disséminées dans des collections volumineuses ou dans des ouvrages dispendieux, il mettra a la portée de tous ce qui autrement fût resté le partage d'un petit nombre; résumant tous les dictionnaires d'histoire, de mythologie, de biographie, de géographie ancienne et moderne, il pourra remplacer a lui seul un çrand nombre de livres divers, dont la multiplicité devient bientôt un embarras : onerat discentem turba, non instruit (**).

La réunion en un seul corps d'ouvrage de tant de matières diverses, mais analogues entre eHes, et qui ne se trouvent ordinairement traitées que dans des dictionnaires séparés , nous a procuré des avantages importants que ne pouvait offrir aucun de ces dictionnaires. Au lieu de scinder ce qui est naturellement et nécessairement uni, nous avons pu rassembler et coordonner des éléments inséparables, qui sont comme les matériaux d'un même édifice; établir une juste proportion entre toutes les parties, et donner a chaque sujet l'étendue que lui assignait son importance relative; fondre en un seul et même article les renseignements de toute nature qui se rapportent au même sujet. Nous avons pu rapprocher, en les distinguant, tous les personnages, tous les lieux qui ont porté un même nom et que l'on eût été tenté de confondre; faire mieux saisir le passage de la fable a l'histoire, de la géographie ancienne a la géographie moderne; montrer l'origine des noms des grandes familles dans les noms mêmes des lieux qui leur ont servi de berceau, ou réciproquement expliquer les dénominations des lieux en les plaçant auprès des personnages ou des peuples dont Ut ont emprunté le nom. Nous avons pu appliquer d'un bout a l'autre les mêmes systèmes de chronologie , de géographie , d'interprétations mythologiques, le même système

P) Ar "•' 1* mari IS76. D Sénèque, DttranquillUau animœ. ebap. IX.

métrique, la même nomenclature ; faire enfin régner partout un seul et même esprit, et par là échapper a ces contradictions sans nombre qu'offrent les ouvrages sortis de mains différentes. Nous avons pu aussi éviter de fréquentes répétitions : souvent, en effet, les mêmes noms, les mêmes articles se trouvent également, par exemple, dans les Actionnaires consacrés à l'histoire ou a la biographie, et dans ceux qui traitent de la mythologie ; les personnages fabuleux placés sur les confins du monde historique et du monde mythologique ont autant de titres à figurer d'un côté que de l'autre. Il en est de même de l'histoire et de la géographie, qui empiètent à chaque instant l'une sur l'autre : comment , en effet, parler d'un peuple sans faire connaître le théâtre où se sont développés les événements qui composent son histoire? Comment parler d'un pays sans retracer les vicissitudes qu'il a subies, les révolutions qui se sont accomplies à sa surface? En évitant toutes ces redites, nous avons gagné un terrain précieux : c'est ce qui explique comment ce Dictionnaire universel a pu être aussi complet dans chacune des parties qu'il réunit que la plupart des dictionnaires spéciaux.

Embrassant un si vaste champ, nous avons dû avant tout bien déterminer les limites dans lesquelles il fallait nous renfermer. Au milieu de cette multitude infinie de noms et de détails qui remplissent d'innombrables volumes , ce n'était pas une médiocre difficulté que de faire le triage des noms qui méritaient d'être admis dans cette espèce de Panthéon historique , que de choisir les traits caractéristiques et vraiment essentiels qui devaient entrer dans chaque article. Il y avait un milieu à garder entre le trop et le trop peu, entre une abondance qui , en donnant à ce livre une étendue démesurée, l'eut empêché de devenir usuel, et une pénurie, une sécheresse qui, en le réduisant a une aride nomenclature, lui eussent enlevé tout intérêt, toute utilité.

Dans l'histoire et la biographie, nous avons donné place a tous les événements qui ont laissé quelque trace dans la mémoire des hommes ou amené des résultats de quelque importance, a tous les personnages dont le nom rappelle quelque grande action, quelque découverte, quelque production remarquable. Dans la géographie, nous nous sommes lait une loi d'admettre tout ce qui figure parmi les divisions soit naturelles, soit politiques et administratives de chaque contrée ou de chaque état, tous les lieux auxquels se rattachent des souvenirs historiques ou qui se recommandent à l'attention par quelque monument , par quelque industrie. Pour la France, nous avons du entrer dans des détails plus amples encore : nous avons fait connaître non seulement les grandes divisions anciennes et nouvelles , les grands centres de population et d'industrie , mais tous les chefs-lieux de canton , quelque peu importants qu'ils pussent être par eux-mêmes, parce que toute division administrative est un point de repère auquel on a fréquemment besoin de recourir.

Dans le choix des articles, nous avons eu sans cesse en vue les besoins du public auquel nous nous adressions, et de l'époque pour laquelle nous écrivions. lien est des noms propres comme des mots de la langue ; ils sont emportes par un mouvement qui précipite les uns dans l'oubli, qui fait revivre les autres r

Mu li a renateenluT quee jam ceeidere, cadrntque

Quœ mute iwu i» honore vocabula, ri voUi unis , rte

Ainsi tel dictionnaire qui eut un grand succès dans le siècle dernier est rempli de longues généalogies, de minutieuses descriptions d'armoiries, de notices détaillées sur une foule de casuistes et de controversistes, qui de nos jours intéresseraient bien peu de lecteurs , tandis qu'on y chercherait vainement des articles sur certains personnages du moyen âge, sur certains écrivains étrangers, sur certains philosophes, dont les noms.

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sont aujourd'hui dans toutes les bouches. C'est que depuis un siècle tout a changé, les manières de voir, les goûts , les jugements, ét pour ainsi dire les faits euxmêmes ; tant la critique et les recherches nouvelles ont transformé l'histoire! Sans nous asservir a ces caprices de la mode, nous avons suivi dans une juste mesure le mouvement des esprits, et nous avons réglé le choix, le nombre et l'étendue des articles sur l'importance réelle qu'ils devaient avoir pour notre époque.

Nous avons donné une attention toute particulière aux articles consacrés aux gens de lettres, aux savants, aux philosophes, qui occupent généralement bien peu de place dans les traités d'histoire générale, et qui souvent sont fort négligés ou tout à fait omis dans les dictionnaires abrégés. Bacon a dit ingénieusement : « L'histoire du monde sans l'histoire des savants, c'est la statue de Polyphême a qui on a arraché l'œil, et qui a ainsi perdu ce qui donne au visage la vie et l'expression ("). » Nous n'avons pas voulu qu'on pût nous reprocher d'avoir ainsi défiguré notre œuvre. Nous nous sommes surtout attaché a résumer clairement et a bien caractériser les systèmes des philosophes, qui sont généralement si peu compris et si mal appréciés. On ne s'étonnera pas que cette partie ait été traitée avec quelque prédilection par l'auteur, qui, voué a l'étude de la philosophie , a consacré vingt années de sa vie a cet enseignement.

Est-il nécessaire d'ajouter que, dans la rédaction des articles, nous nous sommes fait une loi d'observer la plus stricte impartialité? Cela ne veut pas dire qu'indifférent au mal comme au bien, nous ayons pu rapporter, sans les flétrir, les actes odieux qui ont mérité la réprobation du genre humain, ou citer, sans les honorer, les traits de générosité, de dévouement, qui ont immortalisé leurs auteurs ; que nous ayons parlé des grands maîtres en tout genre, dans les sciences, dans les lettres, dans les arts, sans leur payer un juste tribut de reconnaissance et d'admiration ; mais dans ces appréciations, nous n'avons fait que reproduire les jugements prononcés par la postérité et consacrés par l'histoire; supprimer ces jugements, c'eût été être infidèle et incomplet. Du reste, pour tout ce qui est encore en litige et qui peut être un objet de doute aux yeux des hommes de bonne foi, pour tout ce qui est trop récent, et pour ainsi dire actuel, nous nous sommes abstenu de prononcer, pensant que ce livre, destiné à être consulté par des personnes de toutes les opinions, n'en devait heurter aucune, et qu'ici notre rôle devait se borner a rappeler les faits, a les exposer fidèlement, et à mettre ainsi devant les yeux de chacun les pièces du procès.

Les matériaux s'offraient en abondance pour remplir le vaste cadre que nous nous étions tracé. Sans entreprendre ici la longue et fastidieuse énumérauon des ouvrages de toute espèce qu'il nous a fallu consulter, nous indiquerons sommairement ceux qui nous ont servi de base. La réputation dont la plupart de ces ouvrages jouissent à si juste titre nous dispensera de tout éloge. Ce sont :

Pour l'histoire et la chronologie, Y Art de vérifier les Dates, dont les supputations sont généralement admises dans l'enseignement; les Précis et Cours d'histoire publies par MM. les professeurs des collèges royaux, et revêtus de l'approbation de l'Université; — pour les événements contemporains qui ne sont pas encore entrés dans ledomaine del'histoire, lesi4nnuatr«5 historiques de M. Lesur etleurs continuations; — pour l'histoire sainte , le Dictionnaire historique et géographique de dom Calmet; — pour l'histoire de la philosophie, le Manuel de l'histoire de la philo-

O 1» Augmcntit seientiarum, livre II, ch. 4, Ç 1 (▼©!. I, p. 118 de notre édition).

sophie deTennemann, traduit de l'allemand par M. V. Cousin, et les Cours d'histoire de la philosophie de ce savant professeur ;

Pour la partie biographique , la grande Biographie universelle, de M. L.-G. Michaud , dans laquelle nous avons fondu les suppléments publiés jusqu'ici, et que nous avons complétée, pour les articles étrangers à la France, en recourant directement aux dictionnaires biographiques rédigés en Angleterre ou en Allemagne ; — pour la bibliographie, annexe indispensable de la biographie littéraire, le Manuel du libraire de J.-Ch. Brunet;

Pour la mythologie, le Dictionnaire de la Fable de Fr. Noël, et la Biographie mythologique annexée a la Biographie universelle, dont le savant auteur, M. Val. Parisot a mis a profit les travaux récents des orientalistes et des plus ingénieux interprètes des fables anciennes , notamment ceux de Creu2er et de M. Guigniaut ;

Pour la géographie ancienne (outre les ouvrages que nous avions déjà pu consulter pour notre Dictionnaire de l'Antiquité), le Dictionnaire de Géographie comparée, ancienne, du moyen âge, et moderne, de MM. Fr.-H.-Th. BischofT et J.-II. Mœller [Vergleichendes Wœrterbuch der alten , mittleren und neuen géographie) , et la Géographie ancienne et comparée des Gaules, de M. Walckcnaër, ouvrages capitaux, qui nous ont permis de faire a notre premier travail d'importantes rectifications ; — pour la géographie moderne, le Dictionnaire géographique universel, rédigé par une société de géographes et publié par A.-J. Kilian et Ch. Picquet, que nous avons complété, pour les changements survenus depuis une quinzaine d'années, soit avec le secours d'ouvrages plus récemment publiés, notamment de Y Abrégé de Géographie d'Adrien Balbi , soit au moyen des atlas de MM. Brué , Lapie , Meissas et Michelot, etc. , et des meilleures cartes spéciales ; — pour la géographie comparée des différents âges, le savant Précis de Géographie historique universelle de MM. Barberet et Magin, et Y Atlas historique des États européens de Chr. et Fr. Kruse , traduit et amélioré par MM. Le Bas et Ansart.

En outre, nous avons eu sans cesse sous les yeux plusieurs ouvrages généraux dont le plan était plus ou moins analogue au nôtre , notamment la dernière édition du grand Dictionnaire historique connu sous le nom de Moréri (10 vol. in-fol., Paris , 1759 et ann. suiv. ) , corrigée et augmentée par le savant abbé Goujet et par Fr. Drouet, d'après les critiques et les travaux de Bayle, de CbaufTepié, de Prosper Marchand, mine inépuisable, d'oùnousavons tiré d'abondants matériaux; le Dictionnaire géographique, historique et critique de Bruzen de La Martinière (La Haye et Amsterdam, 1726, 10 vol. in-fol.), ouvrage précieux surtout pour la géographie des temps modernes ; enfin les diverses Encyclopédies publiées soit au xviii' siècle, soit dans celui-ci. Parmi les ouvrages de ce dernier genre, ceux qui nous ont été les plus utiles sont le Conversations Lexicon, qui a obtenu en Allemagne une vogue si bien méritée; la partie historique et géographique de la publication anglaise intitulée The British Cyclopœdia ,par Ch.-F.-Partington , et Y Encyclopédie des Gens du monde , publiée par la librairie Treuttel et Wùrtz , ouvrage consciencieusement fait et rempli de renseignements exacts, mais qui malheureusement était loin de son terme lorsque notre livre a dû paraître.

En puisant à tant de sources diverses , nous avons eu soin de soumettre a un contrôle sévère les renseignements qu'elles nous fournissaient ; nous avons minutieusement vérifié les faits, les dates, les positions, les distances ; nous avons rapproché et discuté les autorités diverses ; nous avons enfin , dans les cas douteux , recouru aux auteurs originaux autant que cela nous était possible.

11 nous reste a douncr quelques explications sur la marche que nous avons suivie dans l'exécution des différentes parties que comprend ce dictionnaire.

Pour l'histoire et la biographie, tout a été rapporté à une seule ère, l'ère de Jésus- Christ. Il sera facile de réduire à celle-là les autres ères principales qui ont été suivies par divers auteurs, en se rappelant, pour l'ère de la création du monde, qu'elle est fixée a l'an 4963 avant J . -C. par les Bénédictins , à l'an 4004 par Usserins ; pour l'ère des Grecs, que le commencement de la première Olympiade date de l'an 776 avant J.-C; pour l'ère des Romains, que la fondation de Rome est de l'an 7ô3 avant J.-C. ; pour l'ère des Mahométans, que l'hégire coïncide avec l'année 622 de J.-C. ; pour l'ère de la République Française, qu'elle commence au 22 septembre 1792. Nous avons aussi dû adopter un système uniforme de chronologie, et nous avons donné la préférence à celui qui a été proposé par les savants Bénédictins, auteurs de Y Art de vérifier Us Dates. Dans le Dictionnaire de V Antiquité, nous avions suivi Usserius, qui a longtemps été en faveur; si nous l'abandonnons aujourd'hui, ce n'est pas que, pour les temps anciens, le système des Bénédictins offre une certitude tout à fait incontestable; c'est plutôt pour mettre cet ouvrage en harmonie avec la chronologie adoptée aujourd'hui dans renseignement. Du reste, la différence des deux systèmes n'aflecte guère que les temps les plus éloignés et les plus incertains. Quand cette différence était très sensible, nous avons eu soin de la signaler.

Pour la géographie, nous avons de même tout réduit a une mesure commune. Rien de plus divers , de plus confus que les évaluations des distances que l'on trouve, non pas seulement chez des auteurs d'âges et de pays différents , mais même chez les géographes d'un même pays. Ainsi pour la France, les uns comptent par lieues de poste, les autres par lieues cou un unes de 25 au degré, ou par lieues marines de 20 au degré, d'autres par milles (*) ; on ne s'accorde pas même sur Tétendue de la lieue la plus usuelle, la lieue de poste, les uns lui donnant 2,000 toises (c'est-a-dire 3,898 mètres), les autres 2,200 (4,287 mètres). Pour sortir de ces contradictions, nous avons adopté pour base de tous nos calculs le mètre et son multiple, le kilomètre (S ,000 mètres), seules mesures qui soient bien déterminées. C'était d'ailleurs nous conformer à la loi qui prescrit de n'employer, a partir de 1840, d'autres mesures que celles qui dérivent du système métrique ("). Peut-être notre exemple, en propageant l'usage des nouvelles mesures, contribuera-t-il a hâter le moment où elles seront seules employées. Du reste, pour la commodité des personnes qui sont plus familiarisées avec les mesures anciennes, nous donnons un tableau de réduction des kilomètres en lieues. [V oyez à la fin de la préface.)

Les distances ont été partout prises en ligne droite, comme on l'avait fait dans le Dictionnaire géographique universel, qui nous a servi de base. La diversité des routes qui conduisent à un même point, les changements fréquents qu'elles peuvent subir par l'adoption d'un nouveau tracé, l'espèce de révolution opérée dans cette partie par les nouvelles lignes de chemin de fer, nous mettaient dans l'impossibilité d'employer me autre manière de calculer ; cependant, pour les villes importantes, nous avons indiqué, outre la distance en ligne droite, la distance donnée par les routes les plus fréquentées. La position des lieux a été déterminée le plus souvent par leur rapport avec des lieux plus connus, et surtout avec le chef-lieu de la circonscription ad-

(*) C'est cette dernière me «ire qui est adoptée par H. Balbl.

(**) Loi du 4 juillet 1837 x « Art. 3. A partir du !«■ janvier 18*0, tous poids et mesures autres que la* poids et mesures établis par les lots eonsUlutives du système métrique décimal seront Interdits. • — • Art. S. A compter de la même époque, toutes dénominations de poids et mesures autres que celles i orlccs dans le tableau annexé à la présente loi sont Interdites, »

ministrarive dans laquelle ils étaient compris : cette méthode est a la fois la plus lumineuse et la plus instructive. Quand elle nous a para insuffisante, nous avons donne en outre la position astronomique. Lorsque les déterminations astronomiques n'étaient pas d'accord entre elles, nous nous sommes décidé pour celle qui était indiquée dans l'excellent ouvrage de M. Ph.-J. Coulier, intitulé : Table de* principales positions géographiques du globe oVaprès les autorités les plus modernes.

La population a été fixée, autant qu'on l'a pu, d'après les tableaux officiels les plus récents. Pour la France, on a suivi les tables de population annexées à l'ordonnance royale du 30 décembre 1 8 3 G , la seule qui fasse autorité jusqu'à ce jour (1 842) ; pour l'Angleterre, on a adopté les évaluations contenues dans l'Encyclopédie Britannique(The British Cyclopœdia), de F. Partingum, qui lui-même a partout suivi le dernier recensement officiel ; pour l'Allemagne, on a de même eu recours a des ouvrages spéciaux. Pour quelques pays , comme la Prusse , le royaume de Napîes , les États-Unis, etc., on a mis a profit des documents officiels publiés en 1841 et 1842

Quoique nous ayons consacré bien des années a l'exécution de cet ouvrage , nos seules forces n'eussent pas suffi pour mettre fin a une si vaste et si longue entreprise. De zélés collaborateurs ont bien voulu nous prêter leur concours, et nous sommes heureux de pouvoir leur offrir ici le témoignage public de notre reconnaissance. M. Val. Parisot, professeur d'histoire, l'un des plus actifs et des plus savants rédacteurs de la Biographie universelle de M. Michaud, auteur d'un Dictionnaire de Mythologie que nous avons déjà eu occasion d'apprécier, et de plusieurs ouvrages d'histoire et de géographie, a rédigé ia plus grande partie des articles de Géographie ancienne et moderne et des articles historiques qui accompagnent le nom de chaque pays, ainsi qu'un bon nombre de notices biographiques et mythologiques ; sa coopération, qui nous avait été déjà d'un si grand secours pour notre Dictionnaire de l'Antiquité, nous a été plus utile encore dans ce nouveau travail : car nous avons pu profiter de tout ce que A 5 années d'études avaient ajouté à son érudition. M. Alfred Magin , ancien professeur d'histoire, aujourd'hui Inspecteur supérieur de l'instruction primaire, auteur d'ouvrages de géographie et d'histoire justement estimés, nous a donné d'importants articles sur les matières qui avaient été le plus particulièrement l'objet de ses recherches. M. Le Gouëz, répétiteur au collège Bourbon , nous a, pendant plusieurs années, secondé avec un véritable dévouement dans la pénible tâche de tout reviser, de tout vérifier. Nous avons aussi de grandes obligations a M. Wibratte, qui s'est chargé 4e faire une lecture a la fois littéraire et typographique de tout l'ouvrage : si ce Dictionnaire se distingue par l'exactitude et la correction du texte, c'est a lui en grande partie que nous en sommes redevable.

Dans l'impossibijité de mentionner toutes les personnes qui ont bien voulu nous fournir d'utiles documents ou nous aider de leurs conseils , nous ne pouvons passer sous silence les noms de M. Langlois, savant orientaliste et membre de l'Institut, qui nous a donné des éclaircissements sur la mythologie indienne, et a mis à notre disposition son Théâtre indien, où nous avons puisé d'excellentes notices ; de M. Wciss, professeur d'histoire , a l'obligeance duquel nous devons plusieurs articles sur quelques uns des points les plus obscurs de l'histoire du moyen âge; de M. Spiers, professeur de langue anglaise, auteur d'ouvrages devenus classiques, à qui nous avons soumis les principaux articles relatifs à la littérature ou a l'histoire de l'Angleterre; de M. Adrien Fleury, avocat, et de M. Geffroy, docteur en droit, qui ont rédigé plusieurs notices sur des magistrats, des jurisconsultes, des orateurs, des avocats.

Malgré tant d'efforts, nous ne nous flattons pas d'avoir réussi à éviter toute erreur; mais noua espérons que l'on voudra bien juger avec quelque indulgence un ouvrage comme celui-ci, qui contient plus de 40,000 articles, tous remplis de noms propres et de chiffres, et dont chaque ligne, chaque mot, pour ainsi dire, offrait un écueil.

Tel qu'il est cependant, nous avons la confiance que ce livre sera utile. S'auressant a toutes les classes de lecteurs, il rappellera aux uns des faits qu'ils étaient près d'oublier ; il donnera aux autres de premières notions que viendront compléter des études plus approfondies; U fournira a tous les moyens de vérifier un fait, de retrouver une date, de comprendre une allusion. Il sera surtout du plus grand secours aux jeunes gens, et pourra s'adapter avec succès à toutes les formes et a tous les degrés de renseignement. Au moyen d'un tel livre, le maître pourra satisfaire im- „ 1 médiatement la curiosité légitime de l'élève qui l'interroge sur un fait nouveau pour lui ; il pourra combattre chez quelques-uns cette habitude, si funeste aux progrès de l'intelligence, de se contenter de mots auxquels ils n'attachent aucun sens, de sauter par-dessus les difficultés sans les résoudre ; il pourra exiger de tous qu'ils rendent compte des noms propres qui se rencontreraient dans leurs lectures, et qu'ils fassent, pour ainsi dire, l'analyse historique comme on fait Yanalyse grammaticale.

Voué a l'éducation de la jeunesse, l'auteur a surtout désiré être utile aux élèves de l'Université. Témoin de l'ardeur qu'ils apportent dans leurs études, il a voulu seconder leurs efforts et les aider pour sa part a surmonter quelques-unes des difficultés qui (es arrêtent a chaque pas. 11 a cru pouvoir y réussir en mettant eutre leurs mains un 4 ivre qui, suppléant aux grands ouvrages qu'ils n'ont ni le loisir ni les moyens de consulter, leur fournit sur-le-champ, d'une manière exacte et précise, les i enseignements dont ils ont sans cesse besoin; qui fût pour les études historiques ce que sont les vocabulaires pour l'étude des langues; qui offrit a l'écolier encore inexpérimenté la véritable orthographe d'un nom, l'époque précise d'un événement, la position d'un lieu ; qui, après la leçon d'histoire, lui donnât les moyens de retrouver les détails que le professeur a du omettre, et d'achever ainsi le tableau dont on lui a seulement présenté l'esquisse; qui, en mettant l'humaniste en présence des personnages qu'il doit faire parler, lui permît de s'inspirer de la réalité, et de donner a ses discours ou a ses vers un corps, une substance sans lesquels tous les efforts d'imagination n'enfanteront jamais que de vains mots. Un tel livre manquait a nos classes ; nous avons es- ] éré, en comblant cette lacune, contribuer pour notre part au progrès des études.

Au collège Bourbon, le !•» juillet 1842.

Réduction des Kilomètres en Lieues de poste de 2,000 Toise* (ou 5,898 Mètres).

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