F. CHARLES DE BLOIS, CHAMPAGNE, CHATILLON
BLONDEL, célèbre trouvère du xii* siècle, natif de Nesleen Picardie, s'attacha à Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, devint son confident et le suivit dans toutes ses expéditions. On cite Blondel comme un modèle de fidélité : on raconte qu'après de longues recherches, il découvrit la prison où Léopold I, duc d'Autriche, avait renfermé le roi anglais, et que ce fut en chantant une romance qu'il avait composée avec ce prince qu'il s'en fit reconnaître. Cette anecdote a fourni à Sedaine le sujet de son charmant ODérade AicAord. Malheureusement, rien n'est moins
authentique. Prosper Tarbé a publié en 1862, d'a^iSs les manuscrits, 34 chansons ae Blondel.
BLONDEL (François), architecte, né en 1617 KRw bemont en Picardie, mort en 1686, a élevé la porte St-Denis, à Paris, ainsi que les portes Si-Antoine et St-Bemard, auj. détruites, et a rédigée un Cowt i£ architecture fort estimé, 1698, 2 vol. in-foL Louis XIV encouragea ses talents, lui confia plusieurs missions importantes et le nomma professeur, puis directeur de l'Scole d'architecture, et professeur de mathématiques du Dauphin.^-Son neveu, Jacq. Fr. Blondel (1705-1774), a aussi écrit sur l'architecture. On estime encore son Arthiteeture frangaise^ 1772, et son Ardhitectwre civile, 1-773.
BLONDEL (Marie Joseph), peintre d'histoire, élève de Regnault, né à Paris en 1781 , mort en 1853. obtint en 1803 le grand prix de Rome, fut admis eo 1832 àllnstitutet nonuné peu après professeur à l'Ëcoie des beaux-arts. Ce maître, éminemment classique par le choix des sujets coname par sa manière, a donné, entre autres œuvres estimée» : )a Chute d^ Icare, Énée sauvant son père, Zénobie mourant sur les bords de l'Araxe, VÉvanouissemeKt d'Hécube après Venlèvement de sa fille Polwcène,S&pho rappelée à la vie par le charme de la mélodie, EUsabeth de Hongrie déposant la couronne aux pieds de V image du Christ, la Reddition de Ptolémals (au musée de Versailles), Philiope-Auguste à B<miniies(aa* Palais-Royal) , Philippe îe Long recevant la couronne, Louis III proclamé père du Peuple, les Derniers moments de Lbuis Xll. Il a en outre décoré de peintures la salle des séances du Sénat, plusieurs plafonds du Louvre, la Bourse de Paris, le musée de Versailles, ainsi que la grande galerie de Fontainebleau.
BLOOMFIELD (Robert), po6te anglais, né dans le comté de SufTolk en 1766, mort en 1823, était ftl» d'un tailleur, et exerça longtemps lui-même à Loir dres le métier de cordonnier. Au milieu des travaux de son état, il trouvait le temps de se livrer k la poésie, et il composa vers 1798 un poôme qui eut beaucoup de succès, le Garçon de ferme, dans leqatA il décrit les travaux de la campagne (il a été traîl. par Allard, 1800). On a en outre ae lui un recueil de contes, ballades et chansons champêtres, 1802.
BLOUET (G. Abel), architecte, membre de Plnstik
temple de Jupiter olympien (1829), termina l'Axe de Triomphe de l'Stoile (1836), donna les plans d'un grand nombre de pénitenciers, devint en 1846 professeur à l'ficole des beaux-arts, et en 1848 architecte du palais de Fontainebleau. On lui doit une édition revisée et complétée de VArt de bdtir de Rondelet (1847). II fonda un prix de 1000 fr. pour l'élève qui aurait obtenu la srande médaille.
BLOUNT (Charles), déiste anglais, né en 1654r mort en 1693, excita de grands scandales par l'impiété de ses écrits. Les principaux sont:i4ntma wttmdi ou Exposé des opinions des anciens sur rdme humaine après la mort, 1679; Vie d^ApoUoniue de Tyane, trad. de Philostrate, avec des notes, 1680 (trad . jtar J . de Castillon) ; Origine de Tidoldtrie, 1 680 ; Religto iaict, 1683; les Oracles de la Maison, 1693, posthume; Manuel des Déistes, 1705. Devenu veuf, il rechercha la sœur de sa femme, et se tua de dés^ espoir parce qu'il ne pouvait obtenir sa nuiin.
BLUCHER (Gebhard lbbrbcht de), prince de Wahlstadt, général des armées prussiennes, né en 1742 à Rostock dans le Mecklenbourg,mort en 1819, entra en 1760 au service de la Prusse, prit part aux guerres de la Révolution et des premiers temps de l'Empire, éprouva plusieurs échecs,, fut même fait prisonnier a Lubeck (1806), n'en lût pas moins chargé en 1813 du commandement des armées prussiennes, se iMLttit courageusement à Lutzen et à Bautzen, remporta sur Macdonald et Sébastiani une victoire à la Katzbach (26 août 1813), contribua à
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celle de Leipsick ^ entra un des premiers en France» gagna à La Rothière et à Laon deux batailles qui influèrent puissamment sur le sort de la campagne, et fut en r^mpense fait prince de Wahlstadt et maréchal. En 1815, il se fit battre à Ligny, mais il décida le ^ain de la bataille de Waterloo par son arrivée inopmée. Ennemi implacable des Français, filucher leur fit tout le mal qu'il put : pendant son séjour à Paris, il avait donné Tordre de faire sauter le pont t'iéna. Excellent officier de cavalerie, ce général orillait surtout par la rapidité de ses mouvements. Des statues lui ont été élevées à Berlin et à Rostock. BLUlfENBACH (Jean Frédéric), célèbre naturaliste, né k Gotha en 1752, mort en 1840, fut reçu médecin à 11 ans, enseigna de bonne heure les sciences naturelles à Goettin^e et devint bientôt un des savants les plus distin^ôs de P Allemagne. U s'est spôcialementoceopé de rhistoire physique de l'homme, et a publié sur ce sujet : De generis humant varietate naîtra, Gœttingue, 1775 et 1794; Décades Vïll eraniorum dwenarumgerUiumy 1790-1808. Il partage ie genre humain, d'après la conformation du crâne, en cinq races distinctes : la caucasienne , la mongole , la nèCTe, l'américaine et la malaise. Onade lui un Jfanuelethistoire naturelle M^»-esi\mé (trad. en français parS.Artaud,Metz,1803).IlalaLsséaussidenombreux travaux surTanatomie comparée : Spécimen physiologiœ comparatse inter antmantia calidi ae frigidi sanguinis, tnviparaet ovipara , 1787 et 1 789. Manuel (Hanatomie comparée, 1805 et 1815; et sur la médecine : Introductio adhùtoriammedicinœ litterariam, 17S6; Inslittuiones pkysiologicsB et pathologicœy 1787 et 1798; Bibliothèque médicale, 1793-1795. La gloire de Blumenbach est d'avoir, avant Cuvier. assis l'histoire naturelle sur une base scientifique, i'anatomie comparée. Ce savant était associé de l'Institut: M. Flourens y a prononcé son Éloge en 1847. BOABDIL ou ABon-ABDALLA.H, demior roi maure de Grenade, fils de Mulei-Hassem , se révolta contre son père en 1481 , et chassa de sa capitale ce malbeareux prince , qui en mourut de douleur. Peu après i! fut vaincu par les troupes réunies de Ferdinand (i'Aragon et d'Isabelle de Castille, et fait prisonnier ; il n'obtint la liberté qu'en se reconnaissant vassal du vainqueur. La division s'étant mise entre ses sujets par suite de ce traité honteux^ Ferdinand profita de cet état de troubles pour assiéger Grenade, et s'en empara bientôt (1492). Boabdil pleura comme une femme en perdant un trône qu'il n'avait pas su défendre, n passa en Afrique et fut tué en combattant pour le roi de Fez contre celui de Maroc.
BOADIGÊE, reine des Icènes, peuple puissant de 'a Grande-Bretagne, se révolta contre les Romains qui avaient envahi ses Etats, leur tua près de 80 000 nommes, et s'empara de Gambodunum (Colchester) , une de leurs colonies. Vaincue à son tour parle gouverneur Suétonius, elle s'empoisonna, l'an 61 de J.-C. BOAISTUAU (Pierre), dit launay, compilateur, né à Nantes vers 1500, mort à Paris en 1566, a publié plusieurs ouvrages qui eurent de son temps une grande vogue : Le Théâtre du monde, discours sur les misères et l'excellence de l'homme, écrit d'abord en latin; les Âmantt fortunée; Histoires prodigieuses, extraites de divers auteurs; Histoires trafiques , traduites de Bandello. Ces deux derniers ouvrages ont été continués et augmentés par Belleforest. La Fontaine a emprunté) aux Hùtoxres prodigieuses le sujet du paysan du Danube; Shakspeare itiré des Histoires tragiques plusieurs des sujets de ses tragédies, entre autres Roméo eiHamlet.
BOA-VISTA (île), c.-à-dire Bonne Vue, la plus orientale des îles du cap- Vert. F.ile a 80 kil. ae tour et compte 8000 hab. Coton , indigo. Elle fut vue la prewiV-rç lors de la découverte de l'Archipel, en 1450. fiOBBIO, Bobium. v. du roy. d'Italie, sur la Trebbia, à 50 kil. N. 0. de Gênes; 4000 hab. Ch.-l. d'intendance; évèché. — Bobbio doit son origine à un «élèbre monastère qui y fut fondé en 612 par S. Co-
lomban. Cette v. fut cédée par l'Autriche au rot de Sardaigne en 1743.
BOCAGE (le), nom donné vulgairement à deux petits pays de ranc. France, à cause des bois et taillis qui les couvrent : !• Pays de Tanc. Poitou, qui avait pour V. principales Glisson, Maulevrier, Les Herbiers, Tiffauges. Ce pays, qui est sur les umites des dép. de la Vendée, de la Loire-Inf., de Maine-et- Loire, est célèbre par la part que ses hsîbitants prirent aux guerres de la Vend&. Les taillis qui protégeaient les Cnouans ont disparu et tout le pays est auj. sillonné de routes stratégiques.— 2° Pays de l'anc. Normandie, qui fait auj. partie des dép. de la Manche, de rOme,du Calvados, avait pour v. principales Vire, Tinchebray, Thorigny, Conaé-sur-Noireau. On y fait du linge ouvré dit bocage , du nom du pays.
F. BOCCàGE et BARBIE du BOCAGE.
BOGCACE (Jean). Giovanni BoccacdOy célèbre auteur italien, fils d'un marchand de Florence, né en 1313, à Paris ou, selon d'autres, à Certaldo , près de Florence, d'une un^on illégitime, mort eo 1375. Son père le destinait au commerce et le plaça pour l'y former dans différentes maisons de Florence, de Paris et de Naples; mais il n'avait de goût que pour les lettres, et dès qu'il fut libre, il s"y livra exclusivement. Pendant son séjour à Naples, il devint l'amant d'une fille naturelle du roi Robert, nommée Marie, qu'il désigne dans ses écrits sous le nom de Fiammetta, et fut admis auprès de la reine Jeanne; c'est, dit-on, pour complaire à ces deux princesses au'il composa le Décaméron (les Dix jours) , recueil de cent nouvelles, ouvrage qui l'a placé à la tête des prosateurs italien? et qui a contribué à fixer la langue. Ces nouvelles offrent un vif intérêt et sont pleines de gaieté; malheureusement, la décence v est trop souvent offensée. Après la mort de son père, Boccace se fixa à Florence, oi!i il se lia étroitement avec Pétrarque, et il obtint auprès de ses concitoyens une telle considération qu'il fut chargé de plusieurs missions importantes. Boccace, qui n'est aujourd'hui connu que comme un conteur admirable, était en même temps un érudit. On lui doit de savants traités : De genealogia Deorum; Demontium, sylvarum, etc. ^ nominibus ; De casibus virorum et mulierum illustrium; De claris mulieribus. etc. 11 s'exerça aassi dans la poésie: mais quand il eut lu Pétrarque, il jeta au feu la plus grande partie de ce qu'il avait fait; cependant u reste de lui quelques poèmes (la Thésfiaey il Pilostrato, la Vision amoureuse). Boccace avait une grande admiration pour Homère; il fut. dit-on, le premier qui fit venir de Grèce en Italie des copies de V Iliade et de Y Odyssée; en outre , il fit copier à grands frais nombre de manuscrits grecs et latins. Il était aussi très-passionné pour le Dante : il écrivit la Vie de ce poète, et il avait entrepris un commentaire de la Divine Coïkédie, que la mort l'empêcha d'achever. On a donné des prmcipaux ouvrages de Boccace et surtout du Décaméron une foule d'éditions; la plus complète est celle de Florence, 18 vol. in -8, 1827 et années suivantes. Le Déeaméronsiéié fréquemment traduit en français : une des traductions les plus estimées est celle d'Antoine Le Maçon, dédiée à la reine de Navarre , Marguerite de Valois, Paris, 1545. On doit des traductions plus récentes à Sabatier de Castres, 1779, et au célèbre Mirabeau, 1802 (posthume). La Fontaine a imité (quelques contes de Boccace; U est à regretter qu'il ait choisi les plus licencieux et qu'U ait encore ajouté à la licence de l'original.
BOCCAGE (Mme du), femme poète, née à Rouen en 1710. morte à Paris en 1802, avait épousé un receveur de Dieppe qui la laissa veuve encore jeune; elle vint alors se fixer à Paris, où elle se fit remarquer à la fois par ses talents et par les agréments de sa personne. Elle a composé plusieurs poèmes ; le Paradis perdu, en 6 chants, faible imitation de Milton; la Mort tPÂbel, imitée de Gessner; la Colombiade . en 10 chants, le meilleur de ses ouvrages. On a aussi
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libelle une tragédie, lesAmasones, quelques romans et des Lettres intéressantes. Mme du Boccage excita de son tempe un grand enthousiasme; Fontenelie et Voltaire furent au nombre de ses preneurs.
BOCCAGE (Manoel-Barbosa du), po6te portugais, originaire de France, né en 1771 à Sétuval^ mort à Lisbonne en 1806, eut un talent extraordinaire pour l'improvisation. Il s'exerça dans des genres divers : odes, sonnets, canutes, idylles, élégies, épigrammes, tragédies, et traduisit plusieurs poèmes français en vogue de son temps, ceux de Delille, Rosset, Castel, Mme du Boccage. Il avait aussi un grand penchant pour la satire et s'attira par là plusieurs mésaventures. On a recueilli une partie de ses ouvrages à Lisbonne, en 6 vol. in-H, 1798-1805.
BOCCALINI (Trajau), auteur satirique italien, né en 1556 à Lorette, mort en 1613, fut pendant quel- (Tue temps chargé d'un gouvernement dans les Etats de i'Ëglise ; mais se fit tant d'ennemis qu'il fut obligé de se démettre de ses fonctions; il se retira à Rome, puis à, Venise, où il mourut. Son principal ouvrage est Raggnagli di Pamasso on Nouvelles du Pafnasse^ 1612 (trad. par Fougasse, Paris, 1615) : il y attaque les prmces, les guerriers et les auteurs contemporains. On a encore de lui la Pierre de toiœhe politique ^ 1615, où il attaque l'Espagne, et des Commentaires sur Tacite.
BOCCANERA (Guillaume), d'une famille illustre de Gènes. Bien que patricien il se fit le chef du parti démocratique , alaa le peuple à secouer le joug de la noblesse, en 1257. et fut mis à la tête du gouvernement. Son orffueil l'ayant ensuite rendu odieux aux Génois, il fut déposé, en 1262. — Son petit-fils, Simon Boccanera, fut le 1*' doge de Gènes. Il fut élu en 1339, en remplacement des tribuns du peuple [Abbatt). Il eut à combattre lesDoria, les Spinola, les Grimaldi et les Fieschi, chefs du parti guelfe, fut assiégé par eux dans Gènes et forcé de se démettre du pouvoir, 1347; il se retira à Pise, d'où il revint bientôt pour armer son parti, et réussit en 1356 à rétablir sa puissance. Il mourut empoisonnné, en 1362. Sous son administration, les Génois firent la conquête de Hle de Chio, et défirent lesTartaresqui avaient mis le siège devant Cafi'a. — Gilles Boccanera, frère du préc, fut envoyé par lui, en 1340, au secours d'Alphonse XI, roi ae Castille, contre les Maures. 11 l'aida à gagner plusieurs batailles, contribua à la prise d'Alçésiras et rendit de si grands services qu'Alphonse le fit amiral de Castille et lui donna le comté de Palma. En 1372, il vainquit, pour la France, les Anglais près de La Rochelle. — Baptiste Boccanera, fils de Simon, chercha à soulever les Génois, ses compatriotes, contre les Français, et fut décapité par ordre de Boucicaut, 1401.
BOCCHERINI (Louis), célèbre compositeur, né à Lucques en 1740, mort à Paris en 1806, excella dans les symphonies et fut le précurseur de Haydn. Le roi d'Espagne l'attiia auprès de lui et le fixa à Madrid. Ses compositions ont un caractère tellement religieux <)ue l'on a dit que si Dieu voulait entendre de la musique, il choisirait celle de Boccheriui. On admire surtout son Stabat à 3 voix,
BOCCHËTTA (la), défilé de TApennin septentrional, est la clef de la route qui conduit de Novi à Gènes : il est à 22 kil. de chacune. Vue magnifique. Redoutes élevées par les Impériaux en 1746. Les ''^Tançais franchirent ce défilé en 1796.
BOCCHORIS^ roi d'Egypte, fut le législateur de son pays, favorisa le commerce, et laissa une grande réputation de justice. Cependant, le peuple superstitieux l'accusa d'avoir insulté le laure&u sacré, et engagea Sabacon, roi d'Ethiopie, à venger cette impiété; celui-ci vint combattre Boccboris, qui fut fait prisonnier et aussitôt livré aux flammes (771-765). Quelc^ues-uns voient dans Boccboris le Pharaon qui permit aux Israélites de quitter l'Egypte sous la conduite de Moïse; il aurait vécu par conséquent vers le xvu" siècle av. J.-C. D'autres prétendent que ce
roi est le même a\i*Anysis^ et le font régner daus le viu* siècle, tandis au'ils placent sous Aménophis, père de Sésostris, le départ des Hébreux.
BOCCHUS, roi de Mauritanie, prit les armes avec Jugurtha, son gendre, contre les Romains. Vaioca deux fois par Marins , il se rapprocha des Romains traita avec S^Ua, alors questeur sous Marîus, et consentit à lui livrer son gendre (106 av. J.-C); il reçut en récompense le pavs des Massèsyliens.
BOCHART (Samuel), orientaliste, né à Rouen en 1599, mort en 1667, était fils d'un ministre protestant et fut lui-même ministre àCaen. Il nossedait la plupart des langues orientales, l'hébreu, le syriaque, le chaldéen, l'arabe, l'éthiopien, etc. Christine, reine de Suède, l'engagea, en 1652, à faire levovage de Stockholm, et le reçut avec les plus grands Donneurs. De retour à Caén, il y mounit subitement en disputant contre Hiiet dans l'académie de cette ville. Ses principaux ouvrages sont : une Géographie sacrée en latin, qu'il publia sous le titre de Phaleg et Chanaan; Hierozotcon^ ou Histoire des animai de V Écriture; Traité des minéraux, des plantes, dn pierreries y dont la Bible fait mention; Traité du Paradis terrestre. Ses ouvraees ont été réimprimes à Leyde en 1712. 3 vol. in-fol. Ce savant, comme tous les érudits qui s'enthousiasment pour l'objet de leurs études, ne voyait qu'hébreu partout et donnait à la plupart des mots des autres langues les ètymologies hébraïques les plus chimériques.
nOCHART DB SARON. V. SARON.
BOCHICIAfV. des Ëtats autrichiens (Galicie occid.), à 38 kil. S. E. de Cracovie, à 28 k. E. de Wiélicia; 5000 hab. Ch.-l. de cercle. Immenses mines de sel.
BOCK, (Jèiôme), qu'on nomme aussi Le Boue Bt Tragos, en traduisant son nom en français et en çrrec; l'un des pères de la botanique, né en 1498 à Heidelbach, près de Deux-Ponts, mort k Hombach en 1554, fut à la fois médecin et ministre protestant. Il tenta le premier une classification naturelle des végétaux et chercha à retrouver sous leurs noms modernes les plantes mentionnées par les anciens. 11 publia en allemand un Nouvel Berbier des plantes qui croissent en Allemagne ^ Strasb., 1539, in-fol., trad. en latin par David Kyber, Strasb., 15&2.
BOCOONANO. ch.-l. de cant. (Corse), à 28 k. N.K. d'Ajaccio; 2361 h.
BOCTHOR (EllioQs), orientaliste, de race copte, né à Syout dans la H.-Egvpte, en 1784, m. à Pans en 1821, fut attaché fort jeune à l'armée d'Egypte, vint en France après l'expédition, et fut nommé en 1819 professeur d'arabe vulgaire à Técole des langues orientales. Il a laissé un Dictionnaire arabe et français^ publié par Caussin de Perceval, 1828, 2 vol. ï'n-4.
BODE (J. Elert), nstronome, né à HamVourp en 1747, m. en 1826; fut nommé en 1772 astronome pratique à Berlin, et dirigea pendant 50 ans l'observatoire de cette ville. 11 avait été admis en 178^ à l'Académie de Berlin. Outre un excellent Manvd dUstronomie, publié dès 1768. on lui doit une Vrnnographie (Berlin, 180K in-fol.), oi\ sont marqu»;^^ les positions de 17 240 étoiles. En outre, il a publie chaque année, depuis 1774 jusqu'à sa mort, les Ephémérides astronomiques. Bode a découvert plusieurs comètes et un grand nombre d'étoiles. Son nom est resté attaché à une loi selon laquelle K'> intervalles des orbites des planètes iraient à peu près en doublant à mesure que l'on s'éloigne d* soleil, loi déjà soupçonnée par Kepler et par J. Daniel Titius. .
BODEL (Jean), trouvère français du xiif s. On a de lui la Chanson des Saxons, éditée par Fr. Michel, 2 vol. in-8, 1839, et un drame (VtV de S. Nicolas). édité par le même dans le Théâtre français au moyen âge. , . , . ^
BODENSÉE, nom allemand du lac de Constance.
BODILLON. V. CHILDÉRIC n.
1J0DIN(J.J, publiciste. né à Angers vers 15,Ja
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mort en 1596, exerçr. d'abord la profession d*avocat à Paris: n'ayant point réussi, il (|uitta le barreau et se mit à éerire. Il obtint bientôt une réputation ^ui lui Talift la faveur de Henri ni et qui le fit choisir pour député aux Etats de Blois (1576) par le tiers-» état du Tennandois. Il ne craiçnit point de s'opposer aux Drojets du roi qui voulait révoquer les éaits de pacinoationf et Ait disgracié. Il s'attacha alors au duc d'Alençon, depuis duc d'Anjou, qui le combla de ses faveurs. A la mort de ce prince (1584), il se retira à Laoïi, et y exerça les fonctions ae proenreordu roi. En 1589, il fit déclarer cette ville pour les Ligueurs; mais bientôt après, il en déter* mina les habitants à reconnaître Henri IV. Il y mourut de \a peste. Bodin est surtout connu par UQ traité de politique intitulé : Delà République, (e.-9mL ée la Chose pubtique^dn Gouvernement), en 6 livres, Paris, 1577, qu'il traduisit lui-même en latin : il jffiite son sujet assez complètement, mais d'une manière confuse et peu originale; il se tlronmee pour une monarchie tempérée. On a voulu à ton ^er cet ouvrage à VEsprit dès lois de Montesmiieu. On a encore de Boain une Méthode pour Audwr riittfoti:» (1566, 6n lat.); la Démonomanie (1581. en franc.), où il soutient l'existence des sorciers; OnioerSâe natutx theatrum (1596), otun ouvrage longftemps resté manuscrit, Colto^ium heptc^f>lomerony dialogue où il discute les diverses religions^ et paraît donner la préférence au Déisme ; cet ouvrage n'a été publié qa'en 1858, à Leipsick, par Noack. Ses OÈuvres sont à VIndex à Rome. M. H. Baudrillart a donné : Bodin et son temps j 185d«
BowN (Félix), écrivain politique, né à Saumur en 1795, mort en 1837, était fils de Franc. Bodin (1776-1829), antiquaire distingué, et ancien conventionnel. F. Bodin écrivit de bonne heure dans les journaux de l'opposition, publia en 182 1 un Résumé «te ^histoire de France^ conçu dans un esprit libéral, et qui eiit beaucoup de succès, le fit suivre en 1823 d'un Résumé de Vhistoire d*Angletélrre , Alt élu député après la révolution de 1830 ot soutint la oottrelle foyauté. Ami de M. Thiers, il lui fit confier ia rédaction de VHistoire de la Révolution.
BODDfCOMAeUS, auj. CasalyV. importante de la Gaule Cisalpine, en Ligurie, sur le Pô. On l'a confondue à tort avec Industria, BODINCUS, nom primitif du Pô. F. pO.
BODLEY (Thomas), gentilhomme anglais, né en 1544 à Exeter, mort à Oxford en 1612, fut chargé par la reine Elisabeth de plusieurs négociations diplomatiques; mais ayant éprouvé une dlâgr&oe en 1597, il quitta la cour et se retira à Oxford Ot il s'occupa du rétablissement dé la bibliothèque publioue; il iéi^ua à cet établissement, qui prit le nom oe Bt- ^jwthèque BocUéienney une immense quantité de livr%, ainsi gue tous ses biens. Heame a recueilli quelques ëcnts de Bodley sous le titre de Reliquia Bodleian^r, Londres, 1703, in-8.
BODMER (J. J.), écrivain suisse, né & Greifensee prè^de Zurich en 1698, mort en 1783, était fihs d'un pssteur. nfut nommé en 1725 professeur d'histoire suiase au coUéffe de Zurich, et devint membre du ^rand conseil ae cette viûe. Il contribua nuissamnient. avec Gottsched et Breitinger, à réformer le goût littéraire de l'Allemagne par ses critiques et pr ses exemples : combattant rimitation servile de la France, il recommanda les traditions nationales. Pumi ses nombreux ouvrages, on remarque Bihlio- ^(me helvétique, 1735; Lettres critiques, 1746; ^Hoadiide, poème en 12 chants, Zurich, 1752. On ^ doit aasfti le recueil des Minnesinger, 17&8-1759, et des traductions d'Homère et de Muton.
BODMIN, V. d'Angleterre (Cornouailles), à 16 k. S. de Cameuord: 3^00 h. Grand commerce de laines. Coassante sous les Saxons, elle eut jadis un évêché, qai fut transféré en 906 à Exeter.
B0D0K1(J. B.}, typographe, né en 1740 à Sa- **"'«»'; raort;> Padoue en 1813 fut chareé i>ar le
dite de Parme de créer et de diriger Pimpnmerie ducale de Parme et obtint en même temps l'autorisation de former pour son compte un établissement particulier. Il porta l'art au plus haut degré de perfection, et publia des éditioius des classiques latins, çrecs, itabens et fhmçais, que l'on regarde comme de^cheb-d'oBuvre de typographie. On estime surtout son Anaeréony son Horace, son Homère, son . Aminte et son Télémaque, On lui doit aussi un excel^ lent Manuel typographique, 1788) réimprimé en 1818 avec améuorations.
BODOMISA, bourg de l'État de Grèce (Béotie), à 40 k. N. de Livadie, et à 8 k. S. 0. de l'anc. ThrO^ nium ou Oponte, dans un défilé. C'était un marquisat lorsque la Morée appartenait aux Français.
BODOTRIA. V. FORTE et MUR d'adribn.
BODHOG, riv. de Hongrie, passe àZempUn et à Bodroff-Keresztur, puis se perd dans la Theiss à Tokay. Eue donnait son nom à un comitat qui auj. est compris dans eelui de Bacs. -* Bodrog-Keresztur est à 5 K. N. 0. de Tokay; 4500 h. Vins exquis, vendus sous le nom de Tokay.
BODKOUN ou BÔUDROUM, HàlieùTnasse, v. delà Turquie d'Asie, sur la côte, à 150 k. S. de Smyme; 11 000 h. Petit port, château ayant appartenu aux chevaliers de Rnodes. Antiquités. ^ Autre v. de Turq. d'A., à 25 k. S. 0. de Smyme, est Tano. Téos.
BOfiBBIS LAcus, lac deThessalie, dans la Pélasgiotide, tirait ton nom d'une v. de Av^é, située sur sa rive occid« , au S. K, de Larisse.
BOËCE, Anicius Manlius Torquatui Severtnus Bpetius, homme d'Stat et philosophe, né à Rome vers 470, issu d'une des plus illustres familles de l'empire; alla, à ce qu'on croit, étudier à Athènes, sous Proclus, et cultiva avec le plus grand succès les lettres et la philosophie grecques. Pendant longtemps il jouit de toute la confiance de Théodoric, qui régnait sur Rome; il fut nommé par lui mattre du palais et des offices, et fut plusieurs fois élevé au consulat (510, 51 1). Il ne se sertit jamais de son pouvoir que pour faire le bien. Néanmoins, ses ennemis ayant réussi à le rendre suspect au roi goth en l'accu^ sant d'intelligences avec l'empereur grec Justin, il fut. sur la fin de sa vie, jeté dsms une prison à Pavie, et bientôt après mis à mort au milieu aes plus cruels supplices, 524. Dans sa prison, Boéce o(»nposa un petit Kvre qui l'a immortalisé , le traité De Consoiatione phttoeophiea^ dialogue môle de prose et de vers, où il traite de la Providence. Il avait déjà beaucoup écrit sur la philosophie : on a de lui des traductions de plusieurs des Traitée de ditUeetique d'Aristote avec des commentaires. Ces ouvrages ont longtemps servi de base à l'enseignement du moyen é^. Les œuvres de Boéce ont été réunies à Venise, 1491; à Bàle, 1570; à Glascow, 1751. et i iéna, 1843. La Consolation a été souvent publiée à part; elle a eu l'honneur d'être conunentée par S. Thomas et trad. par Alfred le Grand, et a i^usieurs fois été trad. en lançais : par Jean de Meung. Paris, 1483; Colosse, 1770; Judicis, 1861 . D. Gervaise a écrit saFie, 1715. ^ On a cru que Boéce était chrétien, parce qu'on a sous son nom des écrits théologiques; on en a même fait un martyre : c'est au'on l'a confondu avec un antre Boéce , évégue en Afrique au vi« s.
BOÉDROMION, S* mois des Athéniens, correspondait à la fin d'août et au commencement de sept. Le 6* jour de ce mois, on célébrait les Boédromies en l'honneur de la vict. de Thésée sur les Amazones.
BOEHH ou fiOEHMB (Jacob), théosophe ou illuminé, mort métier i
visions, et écrivit sous la dictée d'une prétendue inspiration un grand nombre d'ouvrages mystiques, le plus souvent inintelliçibles; les opinions hétérodoxes qu'il y professait lui attirèrent plusieurs démêlés avec les théologiens du temps. Ses princi- , pKnx ouvrages, tous rédigés en allemand, sont ; au-