‹ Dictionnaire universel d'histoire et de géographieChapitre 246 sur 578 · CHATAM. F. CHATHAM · texte numérisé non relu

CHATAM. F. CHATHAM

CHÂTEAU (le), ou le chateau-d'oléron, ch.-l. decant (Chafente-Inf.) , à l'extrémité S. E. de l'Ile d'Oléron, sur la passe de Maumusson; 1406 bab. Petite place de guerre, ch&teau fort. Sel, vin.

CHÂTEAUB0UR6, cb.-l. de c. (Ille-et-Viiaine), à 15 k. 0. de Vitré; 1300 h. Ardoisières.

CHATEAUBRIAND (Franc. René, vicomte de), né en 1768 à St-Malo, d'une famille noble et ancienne, passa son enfance dans le manoir patrimonial de Combourg, fit de rapides études aux collèges de Dol et de Rennes, obtint un brevet de sous-lieutenant au régiment de Navarre à 17 ans, fut fait capitaine à 19, vint à Paris en 1788, s'y lia avec La Harpe. André Chénier, Fontanes et autres littérateurs de l'époque, et débuta par des vers pour VAlmanach des Muses, U s'éloigna de la France à la vue des excès populaires, s'embarqua pour le Nouveau- Monde, parcourut pendant une année les immenses solitudes et les forêts vierges de l'Amérique du Nord, vivant avec les sauvages et ébauchant sur les lieux son poème des NaUhex; revint en Europe en 1792, alla rejoindre à Coblentz l'armée des émigrés, fut blessé au siège de Thionville et transporté mourant à Jersey; vécut quelques années à Londres dans le dénûment, réduit à donner des leçons de français et à Dure des traductions pour les liBraîres; publia en cette ville en 1797 son premier ouvrage, VÉssai sur Us révolutions anciennes et modernes dans leur rapport avec la BévoluHon française^ où il exprimait en politique et en religion des idées peu en narmonie avec celles qu'il professa plus tard, mais où se révélait déjà son talent d'écrivain: fut ramené aux idées religieuses par une lettre de sa mère mourante, rentra en France en 1800, rédigea pendant quelques années le Mercure avec Fontanes, et fit paraître dans ce recueil» en 1801 , AkUa. création originale qui excita une admiration universelle ^

composa vers la même époque Mené y œuvre en* preinte d'une mélancolie rêveuse, où se trahit 1« secret de son propre cœur, et donna en 1802 le Génie du Christianisme ^ qu'il avait en partie rédigé en Angleterre, et dont AUHa et René n'étaient que des épisodes : il s'était proposé d'y montrer mie te Christianisme , si supérieur au Pa^nisme par la pureté de la morale, n'est pas moins favorable à l'art et à la poésie que les fictions de l'antiquité;, ce livre fit événement et donna le signal d'une sorte de restauration religieuse. L'auteur, remarqué par le Premier ConsuU fût choisi en 1803 pour accompagner le cardinal Fesch à Rome comme secrétaire d'ambassade; il venait d'être chargé en 1804 de représenter la France près de la républioue du Valais lorsqu'il connut rezécution du duc d'Enghien : il s'empressa de donner sa démission et ne cessa de-

{mis de se montrer hostile à l'Empire. Rendu aux ettres, Chateaubriand conçut le projet d'une épopée chrétienne, où seraient mis en présence le Paganisme expirant et la religion naissante; il vouhit visiter par lui-même les lieux où devait être placé le théâtre de l'action , et parcourut dans ce but la Grèce , l'Asie Mineure . la Palestine et rSgypte (1806). A son retour, il alla s'enfermer dans une modeste retraite, qu'il appelait la Vallée-aux-Loops, à Aunay , près de Sceaux, et y composa les Martyn, sorte d%popée en prose, qui ne parut qu'en 1809: ce beau poème, qui est son chef-d'œuvre, offre la plus heureuse application des théories du Génie du christianisme. Les notes que l'auteur avait reeaeillies dans son voyage formèrent la matière de Vltinéraire de Paris à Jérusalem (1811). La même année, Ch&teaubriand fut élu membre de PAcadémie française, à la place de M.^. Chénier; mais ayant, dans son projet de discours de réception, sévèrement blAmé certains actes de la Révolution, il ne lui fut pas permis de prendre possession de son siège ; il ne put siéger qu'après la Restauration. — Chateaubriand accueillit avec transport le retour des Bourbons : dès le 30 mars 1814, il avait publié contre le souverain déchu un virulent pamphlet. De Bwh naparU et des Bourbons, qui (ùt répandu par milliers, et qui, au dire de Louis XVIII, vafut à ce prince une armée. Nommé ambassadeur en Suède, il n'avait pas encore quitté Paris quand- Napoléon revint en France (1815). Il accompagna Louis XVni à Gand, devint un des membres de son cabinet, lui adressa un célèbre Bapport sur Véta$ d/e la Fronet^ et fut au retour nommé ministre d'Etat et pair de France; mais avant, dans la monarchie selon la Charte, attaqué l'ordonnance du 5 septembre 1816 qui dissolvait la Chambre introuvable, il tut disgracié et perdit son poste de ministre d'ËUt II se jeta dès lors dans l'opposition ultra-royaliste et devint l'un des principaux rédacteurs du Conservateur, le plus puissant organe de ce parti. Le meurtre du duc de Berry (1820) le rapprocha de la cour : il écrivit à cette occasion d'intéressants Mémoires sur la vie et la mort du duc Nommé la même année ministre de France à Berlin, puis ambassadeur en Angleterre (1822), il tut l'un des plénipotentiaires au congrès oe Vérone, et fit décider la guerre d'Espagne, malgré l'opposition de l'Angleterre. A son retour, il reçut le portefeuille des affaires étrangères; mais, n'ayant pu s'accorder avec IC. de Vittèle, chef du cabinet, u se vit brutaTement congédié (5 juin 1824). Il rentra aussitôt dans l'opposition, mais pour s'unir cette fois au parti libéral, et combattit à outrance le ministère Yillèle , soit à la Chambre des Pairs , soit dans le Journal des Débats, où il donna le signal de la défection : il se montra h cette époque le zélé défenseur de la liberté de k presse et de l'indépendance de la Grèce, ce qui loi valut une grande popularité. A la chute de M. dm Yillèle, il fut nommé ambassadeur à Rome (1828); mais il donna sa démission à l'avènement du uniki*tère Polignac. A^rèa la révolution de 1830» Hmtam

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