ETNA
ËTOL
son ffendre, sous le titra de Maison nuttquej ouvrage qui ueyint promptement populaire.
Plusieurs autres membres de cette famille exercèrent avec honneur leur profession à Paris et à Genève jusc^u'à la fin du xvu» siècle : le dernier, Antoine Etienne, 1592-1674, imprimeur à Paris, a donné de belles éd. de S. Jéràme, 1609, de Plutarque, t624^ à'Arûtote, 1629. Ruiné, infirme et aveugle, il mourut à l'Hôtel-Dleu.
ETIENNE (Charles Guillaume), écrivain dramatique et publiciste, né en 1778 à Chamouilley (Hte-Mame) , mort en ]84''>, occupait un modeste emploi à l'armée, lorsqu'une pièce de circonstance qu^ii fit pour le camp de Boulogne appela sur lui Pattention de Napoléon. Le ministre Maret le prit pour secrétaire et se chargea de sa fortune : il devint en 1810 chef de la division littéraire au ministère de la police, puis censeur. Il donnait à la même époque des comédies qui obtinrent du succès : il fut admis à TAcadêmie française en 181 1 . Privé de ses emplois par les Bourbons en 1814, exclu même de TAcadémie, où il ne rentra qu'en 1829, il se jeta dans la politique et fit une rude guerre à la Restauration dans le Constitutionnel et la Minerve : ses Lettres sur Parir, dans ce dernier recueil, eurent une grande vogue. £lu député en 1820 par le dép. de la Meuse, il prit place parmi les défenseurs de la cause libérale et fut en 1830 un des rédacteurs de l'adresse des 221; il fut quelques années plus tard élevé à la pairie. Ses œuvres les plus connues sont : parmi ses comédies, les Maris en bonne fortune (1803), en 3 actes et en prose ; Brueys et Palaprat (1807), en 1 acte et en vers; les Deux Gendres (1810), en 5 actes et envers (l'envie Taccusa d'avoir, dans cette comédie, copié une pièce inconnue d'un jésuite, intitulée Conaxa, avec laquelle la sienne avait seulement quelque analogie par le sulet); Vlntrigante (1813), en 5 actes et envers, dont [es représentations furent défendues à cause de prétendues allusions blessantes pour la cour impériale: parmi ses opéras-comiques, Gulistan, 1805 ; Cendril- Ion, 1810; Joconde, 1814; Jeannot et Colin, 1814; le Rossignol^ 1817 ; Aladin ou la Lampe merveilleuse^ 1822. 11 a aussi composé, soit seul, soit en société, de charmants vaudevilles et une Histoire du Théâtre-Français depuis la Révolution. Etienne brille par un esprit fin et délicat ; il a porté dans la comédie une gaieté vive et de bon goût, une grande vérité d'observation et a su Soutenir l'intérêt sans blesser la raison ni les bienséances. Une éd. de ses Œuvres a paru en 1846-47, 4 vol. in-8. M. A. de Vigny, son successeur à l'Académie , y a fait son Éloge,
ÉTIGNY (Ant. mégret, baron d'), administrateur, né à Paris en 1720, mort en 1767, fut appelé en 1751 à l'intendance d'Auch et de Pau, introduisit dans la province oui lui était confiée d'importantes améliorations, malgré l'opposition des parlements et des villes elles-mêmes, et fit exécuter, en grande
Eartie à ses propres frais, 200 lieues de routes (800 k.), a V. d'Aucn lui a élevé une statue.
JBTNA ou GiBEL. de l'arabe djebel, montagne; célèbre volcan de Sicile, au N. E., dans laprov. de Catane (Val di Demone), par 37* 46* lat. N., 12^ 41' long. K. , a une base circulaire de 180 k. de circuit, et s'élève à près de 3250". On y distingue une foule de cratères éteints, sans compter ceux qui sont en activité, dont le principal a près de 5 kil. de circonférence. Les éruptions de l'Etna sont connues de temps immémorial : k Fable nous montre les géants Encelade et Typhon ensevelis vivants sous l'Etna; c'est là aussi que Yulcain et les Cyclopes forgeaient les foudres de Jupiter. Les v. anc. de Naxos, Inessa, Hybla, et plusieurs autres ont été détruites par les éruptions du Tolcan. Les plus terribles dans les temps modernes sont celles de 1183, qui fit périr 15000 h.; de 1669, qui en détruisit 20000; de 1693, 60000; les plus récentes sont de 1809. 1830 et 1843. Plusieurs rois la lave a été sur le point de submerger Catane. -^ EflDDédocle Toulat, dit-on, descendre dans le cra-
tère de l'Etna; il y périt. Dans ces derniers temps divers voyaçeurs s*y sont fait descendre avec des cordes, mais il a fallu bientôt les remonter. — La végétation à la base et sur les flancs de l'Etna est magnifi(][ue : c'est sur cette montagne que se trouve le châtaigner di cento coraKi. sous lequel 100 chevaux tiennent à l'aise : il a 37" de circonférence.
ÉTOILE (1'), bourg du dép. de la Drôme, à 10 k. S. de Valence, 1000 hab. Vm estimé. — Autrefois place forte. Le chflteau, occupé auj. par des établissements industriels, Hit embelli par Diane de Poitiers qui prenait le titre de Dame de V Étoile.
£1X)1LE (Pierre de 1'), grand audiencîer de la chancellerie de France, né à Paris en 1540, mort en 1611. Profitant de sa position qui le mettait en relation avec les grands et lui permettait d'apprendre bien des particularités curieuses , il rédigea depuis 1574 jusqu à sa mort un journal de tout ce qui venait à sa connaissance. Ce recueil, qui formait 5 vol. infol., et qui n'avait iamais été destiné à être publié, est une source précieuse de renseignements sur les règnes de Henri III et de Henri IV; c'est l'œuvre d'un homme consciencieux , impartial et d'une rare indépendance. On en a extrait le Journal de Henri III, publié en 1621 par Servin, et en 1744 par Lenglet- Dufresnoy: et le Journal de Henri IV, dont l'éd. la
Elus complète a paru à La Haye, 1741 (reprod. dans i collection de Mémoires de Petitot). — Son fils, Claude de l'Ëtoile, né à Paris en 1597, mort en 1652, homme d'esprit et de goût^ fut un des premiers membres de l'Académie française. Il a laissé des poésies et quelques pièces de théâtre composées pour le cardinal Richefieu. Quand l'Académie entreprit la critique du Ctd, c'est lui qui en fut chargé.
ÉTOILE (Ordre de 1') , ordre de chevalerie créé en France en 1351 par Jean le Bon, à l'imitation de l'ordre de la Jarretière, créé en 1349 en Angleterre par Edouard III. Les chevaliers juraient de ne pas reculer de ouatre pas. Les insignes étaient un collier et une étoile blanche sur émail rouge avec cette devise : Monstrantrepibus astra viam. Cette décoration fut tellement prodiguée que dès le temps de Charles V elle avait perdu toute valeur.
ÉT0U.B-P0LAIIIE (ofdre de 1') , ordre suédois destiné aux ministres, aux ambassadeurs, aux magistrats, aux savants et aux littérateurs. L'insigne est une croix d'or à huit pointes, émaillée de blanc, ayant au centre un médaillon d'azur qui porte une étoile
Folaire et la devise : Neseit occasum. Cet ordre, dont origine est incertaine, fut réorganisé en 1748 par le roi de Suède Frédéric I.
ÊTOLIE, Mtoliaj contrée de la Grèce propre, sé-
Parée de l'Acarnanie à 1*0. par l'AchéloOs, avait à E. les Locriens Ozoles, le Parnasse et rŒta;auN. l'Ëpire et la Thessalie. au S. le golfe d'Ambracie et la mer de Corinthe. Tnermus et Calydon en étaient les principales places. Thermus était le siège du Pan- «tolium ou assemblée générale des Ëtoliens. Les Ëtoliens étaient grossiers, violents et querelleurs; ils furent sans cesse en guerre, soit avec leurs voisins, soit entre eux. — On donne à l'Etolie pour premiers habitants les Curetés^ elle tire son nom œMtûlus, frère d'Epéus, roi d'Ehde, qui s'y réfugia après avoir commis un meurtre involontaire. C'est en Ëtolie que la Fable place Méléagre et Diomëde. Pendant la guerre du Péloponèse. les Ëtoliens se déclarèrent pour Lacédémone. Après la mort d'Alexandre, ils firent la guerre sans grandes pertes à Cratère et à Antipater, 323-22; puis, s'étant alliés avec Antigonc Gonatas (280-243), ils tentèrent de dominer la Grèce occidentale et formèrent une ligue dans laquelle entrèrent l'Acarnanie, l'Ëlide, la Messénie. Après la mort d'Antigone, ils perdirent l'alliance des rois de Macédoine, mais ils n'en persévérèrent pas moins dans leurs projets d'agrandissement : de là une guerre avec la Ligue Acnéenne, dite Guerre des deux Ligues (220-217 av. J.-C): les Achéens secondés par le roi de Macédoine, Philippe V, eurent le dessus.
ÉTRU
•zr- 630 — .
Lesfitoliens, pour se yeng^er, firent alliance avec les Romains contre Philippe, lors des deux premières guerres de Macédoine^ et leur rendirent des services essentiels: mais bientôt, mécontents de ces alliés, Lis appelèrent en Grèce le roi de Syrie Antioch us, 192. Après la défaite de oe prince (190), ils furent soumis par Fulvius Nobilior, 189, etréunisàlanrov. romaine d'Achaîe. Ils conservèrent néaninoins leurs lois. Sous Constantin, l'Ëtolie fut comprise dans la Kouv.-Epire et fit partie de la préfecture d'illyrie. Après la prise de Constantinople par les Latins, fiiéodore l'Ange , de la famille impériale grecque , forma une principauté indépendante dans TËpire et TËtolie; mais la discorde s'ôtant mise entre ses descendants, le sultan Amurath II s'empara du pays en 1432; Scanderbeg chassa un instant les Turcs aeri%tolie, et il la laissa en mourant aux Vénitiens; mais ceux-ci ne purent la conserver, et elle retomba bientôt sous le joug ottoman. A la fin du dernier siècle, une peuplade étolienne, les Souliotes (F. ce nom), opposa une héroïque résistance aux agressions d'Ali- Pacha: mais ce n'e.^t que lors de l'insurrection de 1 8*2 1 que l'Ëtolie recouvra son indépendance. Auj. l'Ëtolie est partagée entre la Turquie et le nouveau royaume de Grèce : une petite fraction est comprise dans la Basse-Albanie, et fait partie de l'eyaletae Roumélie; le reste forme la nomarchie d*ÉU>lie et itcarmznte, qui a pour ch.-l. MissoLonghi.
KTON, V. d'Angleterre (Buckingham), sur la Tamise, à 30 k. N. 0. de Londres et à àa k. S. E. de Buckingham. vis-à-vis de Windsor, avec laquelle elle communique par un pont; 3500 h. Eton est célèbre par une grande école, dite King's Collège, fondée en 1440, où l'on fait d'excellentes études.
ÊTREPAGNY, ch.-l. de canton (Eure), à 26 kil. ^.E. desAndelys; 386 hab. Les Mérovingiens y eurent un manoir. Ce fut plus tard une seigneurie qui appartint aux comtes de Melun, aux ducs de Longue ville et enfin à la famille Turgot.
ÉTRETAT, vge du dôp. de la Seine-Inf., sur la Manche, à 23kil. N. E. du Havre ; 1600 hab. Eglise Notre-Dame, qui reproduit en petit l'abbaye de Fécamp. Bains de mer. Pèche d'huîtres et de homards renommés; rochers à pic et percés à jour qui s'élèvent comme des pyramides au milieu de la mer.
ËTRURIE , Etruria, auj. Toscane et patrimoine de S. Pierre, région de l'Italie, entre l'Apennin, la merTyrrhénienne, laLigurie, le Latium, avait pour bornes la Macra au N., le Tibre au S. On la divisait en 12 lucumonieSf qui avaient pour ch.-l. Caeré, Tarquinies, Veies, Vulsinies, Cortone, Vétulonies, Clusium, Perusia, Ruselles, Arretium, Volaterres, Populonie. Plus tard, elle eut pour v. principales Florence, Pise, Lucques. Ses hab., qu'on nomme indifféremment Étrusques, Tyrrhéniens et Tusquos, paraissent descendre des Pébsgcs. C'est à tort qu'une tradition les faisait venir de la Lydie. Au xi" siècle avant J.-C, ils furent asservis par les Rasena, mi'on croit venus de la Rhétie. Ceux-ci fondèrent dans leur pays une confédération de 12 cités (nommées plus haut); ils en avaient (K'j à auparavant fondé une autre plus au N., dans le bassin du Padus(Brixia, Vérone, Mantoue, Felsine ou BononLi, Melpum, Hadria, etc.), et vers 800 avant J.-C. ils en fondèrent une 3% plus au S., entre le Vultume et le Silare (Noie, Vultume, Atelle, Acerres, etc.). Les 3 ligues, bien qu'indépendantes, étaient unies par un lien fédéral. Vulsinies était le chcf-l. général de la conféd. : c'est là que se tenaient les assemblées générales. Les trois conféd. avaient longtemps fleuri , celle du N. par l'agriculture, celles du centre et du sud par le cummercc maritime. L'opulence, la mollesse, lesTices qui en sont inséparables, préparèrent leur chute. De 587 à 521 les invasions gauloises brisèrent la conféd. du nord et ne laissèrent indé-
Sendantes que quelques cités des Rasena. A partir c 424. les Samnites rompirent de même la conféd. du sua en prenant Vultume (Capoue). La ligue du
centre fut celle ({ui résista le plus longtemps. Um de ses lucumonies, Tarquinies, donna deux rois à Rome (Tarquin l'Ancien, et Tarquin le Superbe), et même, \elars (ou roi) de Clusium, Porsenna. conquit Rome un instant, S07 av. J.-C; une autre d& cités étrusques, Véies, la mit à deux doigts de sa perte, 48â-77; mais enfin Rome prit le dessus, conquit Véies, 395; assujettit Faléries, Tarquinies, Caere, 385-352, et soutint trois grandes guerres contre les Etrusques unis aux Samnites ou aux Gaulois, 313-309, 302-299, 296-283 : après avoir subi de sanglantes défaites à Sutrium, à Pérou», au lac Vadimon, l'Etrurie fut contrainte à subir le joug. Au IV* siècle de l'empire, l'Etrurie, sous le fiomde Tuscie ou Toscane, fut une des huit prov. du duh ct'se d'Italie. Elle forma au ix* siècle un duché particulier. Voy. TOSCANE. — Le peuple étrusque estim des plus singuliers de l'antiquité. Ses prêtres avaient une haute réputation de science : ils employaient certaines formules secrètes ; ils inventèrent les augures, l'art des aruspices, l'art des expiations; c'est d'eux gue les Honuins empruntèrent les noms de leurs dieux et presque toute leur religion, surtout les cérémonies du culte. Leur religion semble avoir été cruelle et sanguinaire : ils inmiolaient des Tictimes humaines, qui pour la plupart étaient des prisonniers de guerre. Les sépultures étaient très-soigoées. et l'on a retrouvé dans les tombeaux des Étnisques nombre d'antiquités précieuses, qui prouvent que chez eux l'industrie était portée très-loin, surtout pour l'art de la poterie, du vernis, de la teinture : on estime particulièrement les vases étnisques, le plus souvent rouges et ornés de peintures noires. Les consirufr tiens de ce peuple, solides et colossales, ont d(^nné naissance à l'ordre toscan, qui a pour caractère des pilastres carrés un peu lourds. On a beaucoup d'inscnptions, non encore déchiffrées, en langue étnisr que. L'empereur Claude avait écrit une HisVnre ŒÉIrurie^ dont on regrette la perle. On doit àOttfried Muller (18^8) et à Lepsius (I8«),M'in. tércssmts travairx sur les Étrusqups. Voir, sur l'art étrusque, LEtrurie et les étrusques, ouDiianide /bin'/ifs,* par Noël Des Verriers, 18tr4, 2 vol. in-8. éTRURiE (Royaume d'). Par le traité de Lunévillc, 1801, l'ancien grand-duché de Toscane fut enlevé à Ferdinand III, de la maison d'Autriche, p'^urêtre érigé en royaume sous le titre de Royaume (VÉtruritj et fut donné par échange au fils unique de l'infaat Ferdinand, duc de Parme, au jeune Lauis de Parme, que la guerre avait privé de ses Etat-?. Ce princ? fut installé la même anm-e (1801), mais il moor"' bientôt après (1803). Après la mort de Louis, le roy. d'Etrurie fut gouverné par sa veuve, Mari^ Louise, fille de Charles IV, roi d'Espagne, qui administrait comme tutrice de son fiU en ba-^ 3j?e. Louis IL En 1807, la roy. d'Etrurie fut absorbédar.5 l'empire français, et forma les 3 dép. de TArno. de rOmbrone' et do la Méditerranée; en 1809, ce pays fut donné à Elisa, sœur de Napoléon, qui pnl le titre de grande-duchesse de Toscane. En 1814, » fut restitué à l'archiduc Ferdinand III. V.wf^f- ETTENHKIM, V. du grand-duché d<? Bade, à 30a. N. de Fribourg-en-Brisgau, et près de la frontJir? de France (2.5 kil. S. E. de Strasbourg); 2700 hab Château, qui était une des résidences des évêqne^ Strasbourg. C'est de là que fut enlevé le duc d'Bnghicn pour être amené à Vincennes. 1804.
ETTLINGEN, v. du grand-duché de Bade, sur l'Alb, à 7 kil. S. de Carlsnihe; 3000 hab. Leslipne^ d'Ettingen furent forcées en 1734 par le marécW' de Berwick. Les Français y battirent les Autrichiens le 9 juillet Î796, .
ETYMANDER, auj. Feîmend, fleuve d*Aiie, d» cendaitdu Paropamise, arrosait la DrangiaB* «t « jetait dans le lac Arien (Aria palvs). ,
EU, Alga ou Auga, ch.-l. de cant. (Seine-Inrer. , sur la Bresle, à 31 kil. N. E. de Dieppe, à 3 bu. « la mer, au milieu d'une vaste forêt; SeOThaft^f*
EUCL
CUDO
de commerce, collège. Biscuit, serges, dentelles,
toile de lin, etc. Très-beeu château, o&ti originairement par RûUon^ le l^'duc normand; restauré par Loui5*Philippe ; riche galerie de portraits historiques, parc magnifique; église très-ancienne, renfermant [es tombeaux des anciens comtes d'£u. — La y. d'Eu fut érigée en comté Tan 996, en fareur d'un fils naturel de Richard I , duc de Normandie. Au xui* siècle, ce comté passa dans la maison de Brienne; il fut confisqué en 1350, après la mort du comte d'Eu, connétable de France, condamné comme coupable de trahison , et fut donné à Jean d'Artois. Il échut en 1472 au comte de Nevers. et passa depuis dans la maison de Guise par le mariage de Henri le Balafré ayec Catherine de Clèves, veuTe d'Antoine de Croî, de la maison de Bourgogne-NoTors. En 1 657 , le comté fut vendu à Marie-Louise d'Orléans, qui le donna au duc du Maine, fils de Louis XIV. Il passa ensuite à la famille dePenthièvre,etenfin, par mariage, à celle d'Orléans qui le posséda jusqu'en 1848. — Louis XI fit brûler la riile d'Eu en 1475, pour l'empêcher de tomber aux mains des Anglais. Louis^Philippe reçut en 1 843 , dans le château d'Eu, la reine Victoria. Ce château fut réuni en 1852 au domaine de la couronne.
EUBAGES, devins çaulois. Voy. dbuides.
EOBÉE, ftibcra, auj. Négrepaniou Egribo, grande lie de la mer Egée, de forme oblongue, s'étendait le long des côtes de l'Attique, de la Béotie et de la Locride, depuis le cap Sunium jusqu'à la Theasalie. Elle porta successivementlesnomsdc Chaleis{c.'k-d. airain, parce que c'est de là, dit- on, que le premier airain fut tiré), de Mcwris (à cause de sa longueur) , à'Ahantis (à cause des Abantes, ses premiers habitants). Elle avait trois v. principales : Chalcis, Êrétrie et Caryste. Après les Abantes, l'Eubée fut habitée par (les Histiéens, puis par des Ioniens. Athènes s'en empara de bonne neure et la garda malgré diverses révoltes >usqu'à Tan 404 av. J.-C, époque où elle passa sous la domination des Laeédémoniens; mais plus tard l'influence 'l'Athènes s'y rétablit; Philippe II, rui de Macédoine, détruisit cette influence et y substitua la sienne. L'Eubée* passa avec le reste de la Orèce sous la ilomination des Romains. — L'Eubée était séparée de la Béotie par un détroit appelé Euripe (V. ce nom). M. J. Girard a donné dans les Archivex des miss, scientif. un Mémoire surVEuhée.
Et'BULlDE, philosophe de la secte mégarique, né à Milet vers 360 av. J.-C, disciple et successeur d'Euclide de Mégare, n'est connu que par son esprit subtil ; il inventa plusieurs arguments captieux , nommés dans l'école le menteur y le sorite , etc.
ëUCHëR (S.), évêque de Lyon, au v* siècle, sortait d'une famille illustre de la Gaule et était sénateur lorsqu'il quitta le monde pour la solitude. Il fut fait évèque en 434 et assista au premier concile d'Orage, en 441. On a de lui : Éloge du désert de Léfins; Traité dumépris du monde, en latin (ces deux ouvrages ont été trad. par Arnauld d'Andilly, 1672) ; Histoire des martyrs de la légion théhaine^ trad. par J. Am. Dubourdier, 1705. On l'hon. le 16 nov.
EUCLIIH*: de Mégare , philosophe, qui florissait vers 400 av. J.-C, reçut d abord les leçons de Parménide et ensuite celles de Socrate. On dit gu'il était SI avide d'entendre Socrate que, malgré la loi qui défendait aux Mégariens, sous peine de mort, d'entrer dans Athènes, il s'introduisait dans la ville déguisé en femme pour assister aux leçons de ce philosophe. Après la mort de son maître, à laquelle il Jssista. selon Platon, il se retira à Mégare et y ouvrit l'école qui fut nommée école mégarique. On s'y attachait surtout à la dialectioue, ce qui la fit nommer aussi école éristique, c.-à-d. disputante.
6UCLIDB, célèbre géomètre grec, enseigna les mathématiques à Alexandrie sous Ptolémée , fils de Lagus, vers 320 av. J.-C., et compta le roi lui-même au nombre de ses disciples. On raconte que le roi , reliuté des difficultés que lui ofl'rait l'étude de la géométrie, lui demanda s'il n'y avait pas une voie plus
facile pom l'apprendre. « Non, lui répondit le ma!« tre, il n^y a pas de route royale en matbématiquec. » Ettclide avait rédigé, sous le titre d'Éléments , en 15 livres, une sorte d'encyclopédie des sciences mathématiques de cette époque; la partie qui traite de la géométrie sert encore auj. de base à l'enseignfiement. On a en outre de ce grand géomètre : 3ata (Données), traité fort gù(kié par Newton ; Introduotio harmonica t où il traite ae la musique; Opfifti, Catopirica ; De Divisionibus (de la division des polygones), ouvrage contesté et dont il ne reste qu'uns version latine, et les Portâmes, restitués d'aprèe l'analyse laissée par Pappus et publiés en 1860 à Paris par M. Chasles. Ses OEuvreâ complètes oui été don« nées par Grégory, Oxford, 1703, gr.-lat., et trad. en français par F. Peyrard, Paris, 1814-1818, 3 voL in-4, avec texte grec et trad. latine.
EUDAMON-JEAN (André) , jésuite, né à la Canée (Candie) , mort à Rome en 1625, était issu des Paléologues. Amené très-jeune en Italie, il entra dans la Société de Jésus en 1581 , professa la philosophie à Rome, la théologie à Padoue, et fut charge do plusieurs missions par le pape. On a de lui plusieurs ouvrages de controverse: Epistola monttoria ad Joarm. Barcîaium, Cologne, 1613, où il défend Tautorité du pape; Apologia pro Henrico Gameto, 1610, où il présente comme un martyr de la foi Henri Garnet, condamné à mort en 1606 à Londres pour n'avoir pas révélé la conspiration des Poudres, dont il avait eu connaissance. On lui attribue aussi une violente diatribe contre Louis XIII.
EUDAMIDAS, rol de Sparte. F. spà«te.
EUDES, duc d'Aquitaine de 681 à 735, était filsde Boggis et descendait de Clotairel. Il enleva aux rois de Meustrie et d'Austrasie les pays nommés depuis Nivernais, Yivarais et Provence arlésienne, 687-715, soutint Rainfroy, maire de Neustrie, contre Charles- Martel, 717-10, triompha de l'émir Al-Zamah entro Toulouse et Careassonne , 721 , et mit aussi deux fois en déroute l'émir Ambiza, 725 et 726. Cependant, menacé dans ses Etats par Charles-Martel, il appela à son aide les Musulmans qu'il venait de vaincre. Mais bientôt, épouvanté des dévastations commises par ses alliés, il se réconcilia avec Charles et concourut à la victoire de Poitiers, 732. Il eut pour fils et successeur le célèbre Hunald.
BUSES, fils aine de Robert le Fort, duc de France, porta d'abord les titres de comte de Paris et de Troyes, et devint duc de France à la mort de son père. De concert avec Tévêque Goslin, il défendit courageusement Paris, assiégé par les Normands en 885; n fut en reconnaissance nommé roi de France par les grands vassaux, après la déposition de Charles le Gros (887) , et à l'exclusion de Charles le Simple, dernier rejeton de la race carlovingienne. De 893 à 896, il eut à combattre Charles le Simple : il finit par traiter avec ce prince; il lui laissa tont le pays entre le Rhin et la Seine, et se réserva Paris avec toute la France occidentale. Il mourut en 898.
EUDES, comte de Champagne. F. chaupagnb.
EUDES DE ICONTREUIL, architCCte. Y. MONTREUIL.
EUDISTES, congrégation de prêtres séculiers fondée à Caen en 1643, par Jean Eudes, prêtre de l'Oratoire, et frère de l'historien Mézeray; elle avait pour but l'éducation des ecclésiastiques et des missionnaires, et dirigeait plusieurs séminaires. On la connaît aussi sous le nom de Congrégation de Jésus et de Marie. Elle existe encore (à Rennes).
EUDOXE de Cnide, mathématicien, astronome et géographe grec, né vers 400 av. J.-C, mort vers 356, avait été disciple de Platon. Il alla en Egypte s'instruire dans la science des prêtres du pays et ouvrit une école à Cnide. Il établit dans cette ville un observatoire, fit de nombreuses observations, donna à l'année 365 Jours et un quart, perfectionna. Voctaétéridej période de huit ans; inventa un nouveau cadran solaire (l'araignée), trouva en géométrie plusieurs théorèmes nouveaux, avança la tbéjQ^
EUGË
EITGD
rie des sections coniques, et composa plusieurs ouyrages qui ne nous sont point parvenus. Cependant son traité des Phénomènes se retrouve presque tout entier dans le poëme d'Aratus. Ideler(1830; et Letr«nne (1841) ont écrit sur les travaux d'Eudoxe.
BUDOXB de Gyzique, navigateur du ii* siècle av. J.-C, soupçonna que TÂfrique était entourée par rocéan, et proposa au roi d'&ypte, PtoléméeÊvergète II, d*en faire le tour. Selon les uns, il exécuta ce voyaee; selon une version plus probable, adoptée par Strabon, ce projet ne reçut pas d'exécution.
EUDOXIE. ^lia Eudoxia^ femme d'Arcadius, empereur d'Orient, était fille du comte franc Bauton, général de Théodose. Elle aida le ministre Eutrope à se défaire de son rival Rufin, puis se défit de ce ministre pour être elle-même maîtresse absolue. Elle persécuta S. JeanChrysostdme et Tenvova dans Texil où il succomba. Elle était montée sur le trône en 395 et m. en 404, d'une fausse couche.
BunoxiB, AthenaisEudoxia, femme de Théodose II, empereur d'Orient, était fille de Leontius, philosophe^ d'Athènes , et se nommait d'abord Athenaîs. Elle fut placée sur le trône, en 421, par Pulchérie, sœur de Théodose , qui avait remarqué sa beauté et son esprit, et fut d'abord aimée avec passion; mais dans la suite, son mari, la croyant à tort infidèle, l'exila en Palestine. Elle mourut à Jérusalem en 460. Elle avait mis en vers les huit premiers livres de V Ancien Testament. On a d'elle un poème en 3 livres sur le martyre de S. Gyprien ; on lui attribue, mais avec peu de fondement, un Centon d^Homère (dans la Bibliothèque des Pères) : c'est une vie de J.-C. faite avec des vers de Vlliade et de VOdyssée.
EUDOXiB, Licinia Eudoxia, femme de Valentinien III, empereur d'Occident, et fille d'Athénals Eudoxie, fut forcée, après le massacre de son époux, d'épouser Maxime, meurtrier de ce prince. Pour se venger, elle appela en Italie Gensénc, roi des Vandales, qui saccagea Rome (455), mais qui l'emmena elle-même en Afrique. Elle ne recouvra sa liberté que sept ans après.
EUDoxiB MACRBMBOLiTissA, femme de Constantin Ducas, empereur d'Orient (1059), resta muttresse de l'empire à la mort de ce prince (1067) ; épousa Romain Diogëne qu'elle fit empereur, et fut, après la mort de ce dernier, reléguée dans un couvent par Michel Ducas , l'un des fils issus de son premier mariage, qui venait d'êtr placé sur le trône (1071). On a (Telle j sous le titre d*/onta (champ de violettes), un précieux recueil polygraphique puoliépar Yilloison {Aneedotagrxca), Venise. 1781 ,2 vol. hi-4.
EUGANEI , peuple de la Haute-Italie , sur les confins de la Rhétie, près de la Vénétie, habitait les bords du Haut-Adige, occupés depuis par les Vénètes et les Cénomans. Leur nom s'est conservé dans celui des monts Euganéens, au S. 0. de Padoue.
EUGÈNE, EugeniiUf rhéteur et grammairien,
{>rofessait la rhétorique à Vienne (en Dauphiné) , orsQue, après le meurtre de Yalentinien il, il mt salué empereur par le comte gaulois Arbogaste, dont il était le secrétaire. Vaincu et pris par Théodose près d'Aquilée, il fut décapité en 394.
EuofiNB (S.), évêque de Cartbage en 481, fut persécuté sous les rois vandales Hunéric et Thrasimond, et mourut l'an 505 dans un monastère du Languedoc. On a de lui une Exhortation aux fidèles de Carthage; Expositio fidei catholicse; Apologetieus pro fide; Altereatio cum Arianis, ouvrage dont il ne reste que des fragments. On l'hon. le 13 juillet.
BDGÈNE I (S.), pape de 664 à 657, natif de Rome, fut élu du vivant de Martin I, que l'empereur Constantin II avait déposé, et tenU inutilement de ramener les Monothélites. On le fête le 27 août.
EUGÈNB n, romain, pape de 824 à 827, au temps •de Louis le Débonnaire, tint un concile à Rome pour 4a réforme du clergé. Sa charité lu^ mérita le titre -de Père des pauvres. On lui attribue l'institution de Vépreuve par l'eau froid*.
EUGÈNE III, pape de 1145 à 1153. né à Pise,aT»t été moine àClairvaux. Forcé de s'éloigner de Rome, où dominait Arnaud de Brescia, il ena en Italie, en Allemagne, en France, et ne put rentrer quemomeotanément à Rome. Pendant son séjour en Fraoce, il tint à Paris un concile pour examiner les erreurs de Gilbert de la Porée et visita Glairvaux (1146). Il convoqua la 2* croisade.
BUGftNB IV, pape de 1431 à 1447, Vénitien de naissance, était neveu de Grégoire XII. H eut de longs démêlés avec le concile de Bàle, qui prétendait s'élever au-dessus de lui, fut déposé par ce concile. qui Im opposa Félix V, prononça la dissolation de cette assemblée factieuse, convoqua un autre concile à Ferrare, puis à Florence (1438 et 39), et réalisa un moment l'union des Grecs et des Latins; malheureusement cette union dura trop peu. Eugène IV protégea les lettres et les sciences : Rome lui doit un Rymnase pour l'enseignement gratuit des sciences numaines.
EUGÊNB (Eugène de savoib-ca.rignan, appelé roigairement le Prince) , généralissime des années impériales, né à Paris en 1663, mort an 1736, éUit fils d'Eugène Maurice, duc de Savoie-Gariçnan et comte
obtint bientôt un régiment, se distingua dans une foule* d'actions, fut nommé feld-maréchal en I68î et feld-maréchal général en 1693. Chargé en 1697 du commandement de l'armée impériale, il gagna sv les Turcs la bataille décisive de ZenU, qui lul suivie de la paix de Carloviritz. Lors de la guerre delà succession à la monarchie d'Espagne, il n'hésita pa^ à combattre contre la France. En Italie, dans la campagne de 1701 , il repoussa Catinat, battit Villeroi à Chîari et s'empara de presque tout le Mantouan. En Allemagne, en 1704, il remporta atec Marlhorough la mémorable victoire de Hochstettsnr les Français et les Bavarois. De retour en Italie en 1705, il fut repoussé par le duc de Vendôme à li journée de Cassano; mais dans les deux années Rivantes, il fit rentrer tout le Milanais et la Lombardie sous l'obéissance de l'empereur. En 1708, m'1^ bords de l'Escaut, il mit les Français en déroute â Oudenarde ; en 1 709 il les vainquit encore i Maljfflquet; mais en 1712 il fut à son touF battu pir V" lars à la bataille décisive de Denain. Plénipotenuaire au congrès de Rastedt, il négocia avec beaucoop d'habileté. Il remporta sur les Turcs à Peterwandin (1716) et à Belgrade (1717) deux grandes victoires, qui les forcèrent une seconde fois à demander yw (traift de Passarowitz, 1718). U paix avec ta Fraa^ ayant été rompue en 1733 au sujet de la succesaw au trône de Pologne, Eugène reprit le commaniwment; mais il ne montra pas cette fois les mèm«»r lents; après avoir laissé prendre Philisbourg, " « hâta de signer la paix et se retira à Vienne, w pnéral dut ses succès à d'heureuses inspirations,»» rapidité de son coup d'œil et à sa prodigieuse acti^w plutôt qu'à une méthode positive et sûre. II » ^^r quelques écrits politiques. L'Histoire «'«P"^ " gène a été écrite par Dumont et Rousset, l"l«'' JJ^ Mauvillon, 1740, par Ferrari (en latin), H*'»*;??; Zamarsky, Vienne, 1K>8. Il aété publié à Pansenljuj une Viedu prince Eugènepar ^«t-^w^^quiagr^* teur le prince de Ligne : ce n'est qu'une mystift»»»»^
EUGÊNB DB BEAUHARNAIS. V, BBAOHARHIB.
Alsace
EUGÉNIE (Ste), abbesse d'flohenbourg en A^ de 720 à 735, était fiUe d'un duc d'Alsace et sœur de Ste Odile. Elle est bon. le 16 sept . ^
EUGUBIUM, Eugubio ou Gubbio, peli*«J- ^ l'État de l'Église, dans l'Ombrie. On y déco«vni eu 1444 sept tables d'airain chargées d^scriptoons w^ anciennes en langues étrusque, <^^^^^^lr^àa elles sont conaues sous le nom de fo**** W^ • ' Elles ont été récemment publ. par HusscMe, i^jj 1859, avec lexique et commentaires. I*P««* ■ **^
EUMÊ
EUNO
de les expliquer dans sa dissertation de TabtUi* Eugubinis, Berlin, 1833.
EULAUE (Ste), vierge et martyre, néekÀugtista Emerita (auj. Merida^ en Estramadure), n'avait que douze ans lors de la persécution de Dioclétien. D'une piété ardente, elle s échappa de la maison paternelle pour aller braver le juge , et renversa les idoles en sa présence. On tenta inutilement de la ramener par la douceur, et on finit par la livrer aux tortures : €lle fut brûlée vive en 308. On la fête le 10 déc. EULËB, EuUeus, fleuve. F. choaspe.
RCLER (Léonard), célèbre géomètre, né à Bâle en 1707, m. en 1783, reçut les leçons de J.Bemouilli, fut appelé par Catherine II en Russie en 1727, professa les mathématiques à St-Pétersbourg, vint en 1741 se fixer à Berlin, et retourna en 1775 à St-Pétersbourg où il fiuit ses jours. Il avait perdu la vue dès l'âge de 59 ans, mais il ce s'en livrait pas avec moins d'assiduité à l'étude. Il était membre aes Académies de St-Pétersbourg, de Berlin, associé de l'Académie des sciences de Paris, et fut pensionné par la Prusse et la Russie. Cet homme infatigable a produit un nombre prodigieux d'ouvrages. Embrassant les sciences mathématiques dans leur universalité, il leur a fait faire de grands pas, surtout au calcul différentiel et intégral; il appliqua l'analyse à la mécanique, à la construction des vaisseaux, et donna la démonstration de plusieurs théorèmes énoncés par Fermât. Il est à regretter qu'il ait eu avec d'Alembert, son rival de science , des démêlés où le bon droit ne paraît pas avoir été de son côté. Entre ses nombreux écrits, presque tous rédigés en latin, on doit remarquer : sa Mécanique exposée analytiqaement , St- Pétersbourg, 1736; V Introduction à Vanalyse de rinjinif Lausanne, 1748; la Science navale^ 1749; les Institutions de calcul différentiel , 1755; — de calcul intégral^ 1768; les lettres à une princesse d'Allemagne (la princesse d' Anhalt-Dessau , nièce du roi de Prusse), écrites en français, de 1760 à 1762,
Subliées à St-Pétersbourg en 1768, 3 vol. in-8. Ce emier ouvrage, où l'auteur traite à la fois de physi^e. de métaphysique et de logique, a été plusieurs fois réimprimé, notamment à Paris en 1787, par les soins de Condorcet, qui en a retranché les passages antiphilosophiques; parLabeyen 1812, par M. Cournot en 1842, par M. Saisseten 1843. Ëuleraen outre fourni à l'Académie de St-Pétersbourg une foule de mémoires. VÉloge d'Euler a été prononcé par Condorcet. — Euler eut plusieurs enfants qui presque tous marchèrent sur ses traces. L'aîné, Jean Albert, »é en 1734 à St-Pétersbourg, mort en 1800, partagea plusieurs prix à l'Académie des sciences avec Bossut et Clairaut, et enseigna la physique à 'St-Pétersbourg. ^ Le 2«, Charles, né en 1740, m. aussi eu 1800, remporta également plusieurs prix à l'Académie des sciences; il exerça laxnédecine à St-Pétersbourg et fut médecin de l'empereur.— Le 3*, Christophe, né en 1743 à Berlin, m. vers 1805, appliqua avec succès les mathématiques au génie militaire.
EUMATUIUS, romancier grec, dont la patrie est incertaine et que l'on suppose être du xii* s., est auteur des Amours d^Ismèneet d'Isménias. roman mal écrit et de mauvais goût, qu'on avait à tort attribué à Ëustathe de Constantinople. Ce roman a été publié avec une trad. latine et des notes par G. Gaulmin, Paris, 1617, par Toucher, Leipsick, 1792, etpar Ph. I^bas, dans le Erotici scriptoresde la Biblioth, grecq. de Didot, 1856; il a été trad. en franc, par Beau- «namps, 1729, etpar Ph. Lebas, 1828.
EUMÊE, EumœuSy fidèle serviteur d'Ulysse, avait n'abord été gardien des troupeaux du héros. Ulysse lui confia l'administration de ses biens pendant son absence. Après le retour de son maître à Ithaque, il 1 aida à se défaire des poursuivants de Pénélope et « se remettre en possession de son royaume. . ECMÈNE, Eumenes, un des lieutenants d'Alexandre» né de parents obscurs à Cardie, dans la Cher- «onèae de tlinxe, avait d'abord été secréUire de
Philippe. Sous Alexandre, il commanda le corps des Hétères (c.-à-d. Compagnons). A la mort du conquérant, il reçut en partage la Panhlagonie et la Gappadoce, et eut sans cesse à comoattre les autres généraux , soit pour protéger la veuve et les enfants d'Alexandre et empêcner le démembrement des Ëtats macédoniens, soit pour défendre ses propres provinces. Trahi par les siens, il fut battu par Antigone à Orcfnium en Cappadoce (320 av. J.-C.) : il soutint un long siège dans Nora (319) et tomba enfin entre les mains de son ennemi qui le jeta en prison et l'y fit égorger (315). Plutarque et Cornélius Népos ont écrit sa vie.
BUMftNB I, roi de Pergame de 263 à 241 av J.-C, fit quelques conquêtes sur les rois de Syrie, et encouragea les lettres ; mais il se déshonora par son intempérance et mourut d'un excès de vin.
EUMÊNE u, son neveu, fils d'Attale I, monta sur le trône l'an 198 av. J.-C, fit alliance avec les Romains, auxquels il conserva toujours la foi jurée, soutint avec avantage différentes guerres contre Persée, roi de Macédoino, contre Prusias. roi de Bithynie, et mourut en 157. Eumène II est célèbre par son amitié pour ses frères Attale et Philétère. Ce prince cultivait les lettres et augmenta beaucoup la bibliothèque de Pergame, où il introduisit l'usage du parchemin. — Il laissa un fils en bas &ge, qui ne figura qu'un instant sur le trône sous le nom d'Eumëne III (157) : il m. au bout d'un an.
EDUÉNIDES. c.-à-d. propices , nom donné aux Furies par antipnrase. Une fête était célébrée tous les ans à Athènes en leur honneur : on leur immolait des brebis pleines. Eschyle les a mises sur la scène.
EUAŒNIUS, rhéteur du m* siècle, né vers 260 à Autun, mort vers 311, professa l'éloquence dans sa ville natale et fut secrétaire de Constance Chlore. Chargé de diriger les écoles des Gaules, il prononça à cette occasion un discours Pro restaurandis scholis, le plus important de ses écrits. Il reste de lui quatre panégyriques, que l'on trouve dans la collection des Paneayrici veteres (Paris, 1643) etqai ont été trad. par Pabbé Landriot, 1854. Sa latinité est supérieure à celle des auteurs de son siècle.
EUMOLPE, roi d'Eleusis, à la fois guerrier, barde et prêtre, était, selon les uns, né en Attique et petitfils de Triptolème, ou, selon d'autres, originaire de Thrace, et gendre de Tégvrius, roi de ce pays. Il disputa le trône d'Athènes a Erechthée, et périt en le combattant à la tête des Eleusiniens. Il institua (vers 1374?) les mystères d'Eleusis. Ses descendants, les Eumolpides, eurent pendant 1200 ans le privilège de présider à ces mystères.
EUNAPE, Eunapius, né à Sardes en Lydie au IV* siècle, parent et disciple de l'éclectique Cnrysanthius, alla se perfectionnera Athènes, puis retourna en Lydie où il exerça la médecine. Contemporain et zélé partisan de Julien, il se montra ardent adversaire des Chrétiens. Aussi ses opinions sont-elles trop passionnées pour être impartiales. On a de lui des Vies des PhiwsopheSj où il donne des détails intéressants sur plusieurs philosophes éclectiques, sur des médecins et des rhéteurs de son temps. Cet ou» vrage, publié pour la 1'* fois en 1569 à Anvers par J uni us, puis en 1596, à Heidelberg, par Commeltn, grec-latin, a été édité de nouveau avec des améliorationspar Boissonade, Amst., 1822, 2 vol. in-8, et réimpr. à la suite de Philostrate dans la Biblioth. grecque de Didot, 1849. Eunape avait aussi écrit une Histoire des Césars en 14 livres (depub Claude II, en 268, jusqu'aux fils de Théodose, 407), dont il ne reste que des fragments (on les trouve à la suite de l'édition de 1822). On doit à M. Cousin de savantes recherches sur Eunape (dans ses Nouveaux Fragments).
EDNOME, hérésiarque du nr* siècle, né en Cappadoce, adopta les opinions d'Aétius, devint en 360 évêque de Cyziaue par la protection d'Eudoxe, patriarche arien ae Constantinople, fut dans la suite déposé et exilé en Mauritanie, et mourut dans sa patrie en 393. Il niait que le Fils de Dieu se fût fait
EDPH
EDRI
homme, faisait procéder le S.-Esprit du FUs seul, rejetait les miracles attribués aux martyrs et le culte des reliques. Ses disciples sont nomma Eunomiens. Ses erreurs ont été réiutées par S. Basile , Grégoire de Nazianze et Grégoire de Nysse. Sa Tie a été écrite en allemand par W. Klose, &iel, 1882.
EUNUS, chef de la 1** révolte des esclaves contre les Romains, était un esclave natif de Syrie. Il réussit par des prestiges à acquérir une grande influence sur ses compagnons d'esclavage, se mit à la tête de oOOOO d'entre eux en Sicile, et défît plusieurs généraux romains. Ayant été pris par Perpenna, il fut mis en croix, 136 av. J.-G.
EUPATOR. F. ANTIOCHDS et mit^idatb vii.
EUPATORIA , la Koxkm des Tartares, v. et port de Crimée, sur la côte occid., par 45* IV lat. N.; env. 9000 hab. Bonne rade, belle mosquée. Kozlov était Tentrepôt du commerce des Tartares avec TAnatolie. Prise en 1736 et 1771 parles Russes, à qui la possession en fut confirmée en 1783. elle reçut d'eux le nom d'EuwUoria en souvenir ae l'antique Eupatoria, v. fondée en Tauride par Mithridate Eupator et située dans le voisinage , sur la baie actuelle de Sébastopol, à l'Ë. de C/ierson. Eupatona a été occupée de 1854 à 1806 par l'armée anglo-française.
EDPATRIIHSS, c-à-Q. nés de pères illustres] nobles. On donnait ce nom à Athènes aux plus anciennes familles, celles gui descendaient de ces Ioniens que la conquête dorienne avait chassés du Pélopon^ et qui s'étaient réfugiés en Attique : tels étaient les Âlcméonides, les Pisistradites, les Mélantbides, les Paeonides. On opposait les Eupatrides aux Montagnards et aux Paraliens (habitants de la côte).
EDPEN, Neaux en français, v. des États prussiens (Prov. rhénane), à 16 kil'. S. 0. d'Aix-lfr-ChapeUe; 12 000 hab. Manufactures renommées de draps et de casimirs (fondées par des réfugiés français).— Cette ville appartenait jadis aux Pays-Bas autrichiens : elle fut céaée à la Prusse en 1815.
EUPHÉMIE (Ste) , vierge de Gfaalcédoine , souffrit la martyre vers 307. On la fôte le 16 sept.
EUPHORBE, guerrier troyen qui porta le premier coup à Patrocle et fut tué par Mônélas. Son oouclier fut suspendu dans le temple de Junon à Mycénes. On conte que Pythagore, pour appuyer sa cfoctrine de la métempsycose, disait avoir vécu sous le nom *.\'£uphorbe et prétendait reconnaître son bouclier.
EDPHRANOR, peintre et sculpteur grec, né à Coimthe, contemporain et rival de Parrbasius et de Phidias, florissait vers l'an 350 av. J.-G. On admire surtout de lui un tableau delà bataille de Mantinée, des statues de Minerve, de Latone, de Pftris.
EOPHRASIE (Ste), religieuse solitaire de laThébalde, morte vers 410, était fille d'Antigone. gouverneur de la Lycie et parent de Théodose l'Ancien. On la fôte le 13 mars. — Une autre Ste Euphrasie, d'Alexandrie, née en 413, m. vers 467, quitta la mai- ■on paternelle pour s'enfermer dans un monastère où elle resta jusqu'à sa mort cachée sous des habits d'homme et se livrant aux pratiques les plus rigides. Les Grecs l'hon. le 25 nov. et les Latins le 1 1 févr.
EUPURATE, le Fherat des Hébreux, le Frat des «arcs, riv. de la Turquie d'Asie, naît dans les mon- ^nes de l'Arménie mérid. , près de Diadin, arrose i» pachalik d'Erzeroum, sépare celui de Diarbekir de ceux de Si vas et de Marach, et traverse les pachaliks de Bagdad et de Bassora; il baigne les villes de .Semisat,Bir, Rakka, Kerkisieb, Annah, Hit, Hillah, Samava, reçoitle Kara-Sou, l'Erzen, le Mourad-Tchaï, le Khabour, s'unit au Tigre à Corna, et prend, à partir de ce point, le nom de Chat-ol-Arab; reçoit ensuite le Kerkah, passe à Bassora, et tombe enân dans le golfe Persique par 5 bouches, après un cours d'env. 1850 k. Ce fleuve éprouve comme le Nil des crues périodiques et dépose sur les terres un limon qui les fertilise. L'an c. Babylone, Samosate, Nicéphorie, Circesinm, Cunaxa, étaient jadis sur ses rives. Le vaste pays compris entre FEuphrate et le
Tigre, qui se nomme auj. Aldjezireh (c.-à-d. )«tfldf. portait, chez les anciens, le nom de Mésopotamie qui signifie entre les fleuves, L'Euphrate comoeno^ à être sillonné par les bateaux à vapeur; il offre par là à TEurope, et surtout à l'Angleterre, un moyen de communications promptes avec l'Inde.
EUPHA05YNE, une des Grâces. F. gr&cbs.
EUPOUfi, poète comique d'Athènes, contemporain d'Alcibiaae et rival d'Aristophane, né nrs 446 av. J.-C. , m. vers 410, appartenait à Vaneienne eomédie. Il s'attira de fâcheuses aventures par la hardiesse de ses criticrues. On ne sait du reste çue fort peu de chose sur fa vie de ce poète : il pént, à ob
3u'on croit, dans un combat naval contre tes Lacé' émoniens. On trouve queloues fragments d'Eupoli^ dans Stobée, Athénée, Pollux, etc. Ils ont été recueillis par Runkel, Leipsick, 1829, dans les PmUi eomici de Meinecke, 1839. et dans les C^mtcorvm fragm. de la collection Didot, 1855.
EURE, EburOt AiUura, riv. de France, natta 10k. N. E. de Mortagne (Orne) ; baigne Courviile, Ciurtres, Maintenon, Noigent-le-Roy, Anet, Ivry, Pacy; devient navigable à StGeorges, reçoit la Biaise, l'Avre et l'Iton , et tombe dans la Seine près de Ponnle l'Arche, après un cours de 180 kiL env.
EURE (dep. de 1') , entre ceux de la Seine*inf. S'j N., d'Eure-et-Loir et de l'Orne au S. , du GalvadasàlO., de S.-et-Oise et de rOiseàl'E.; 6811 k. c, 398661 b.; ch.-l. , Évreux. Il est formé de Tancien Vexia normand, d'une partie du Perche et du comté d'Êvreux. Sol plat; fer, grès à paver, pierre meulière, piene de taille; eaux minérales; bonnes terres à bié; cidre, légumes, fourrages; belles forêts; culture bien entendue. Belle race de chevaux normands, Tscbes, mules, ânes, mérinos, gros porcs, etc. Forges et fourneaux ; draps fins et autres (surtout à LouTÏen), tissus de ccton, bonneterie, filatures, papeteries. — Ce dép. a 5 arr. (Évreux, Louviers, Ponl-Audemer, Bernay, les Andelys), 36 cant. et 794 comoi.; il dépend de la 2* division militaire, de la cour impériale de Rouen , et forme le diocèse d'Évreux.
EURE-ET-LOIR (dép. d') , un des dép. derintérienr. au N. de celui de Loir-et-Cher, au S. de celui de Seine-et-Oise, à TE. des dép. de la Sarthe et de l'Orne, à l'O. de celui du Loiret : 6028 kiL carrés: 2904àôb.; ch.-L, Chartres. Il est formé en partie delà fieaoce, du Dunois, du Perche, du comté <ie Dreux et du Thimerais. Sol plat ; quelques collines et vallées, éungs. Fer, belles pierres de taille, grès à paver, marne, terre à faïence, à porcelaine, à poterie. Blés excellents; un chanvre, vin. fruits à cidre. Gros bétail, mérinos, beaucoup d'aoeilles. Assez d'industrie (usines à fer. toiles, filatures, gros lainages, bonneteries, papeteries, etc.). Commerce de grains et farines, bcstiaoï, volaille, laines, etc. — Ce dép. a 4 arr. (Chartres, Châteaudun, Dreux, Nogent-ie-Rotrou); 24 cant. et 437 communes; il fait partie de la 1" division militaire, dépend de la cour imp. de Paris et forme le diocèse de Chartres. .
EURIC ou ËVARIC, roi des Visigoths de 466 à 484, succéda à Théodoric II, son frère, apf^^*' voir fait assassiner. Le sénat romain lui ayant ab«^ donné les provinces au delà des Alpes, il raTagea Ja Gaule, prit Bourges, Clermont, Arles, en 480, PJ' Marseille, en 481 , et contraignit Odoacre à lui cWer ses droits sur TEspagne et sur les Gaules. Son to)î«JD^ finit par embrasser toute la Gaule entre la Loif* « » Méditerranée et toute l'Espagne. Arien aélé, il euia lutter contre la population orthodoxe de ses Btaiî. u recueillit les anciennes lois et en rédigea denouTC. les. Il m. à Arles, laissant le trône à son fus W^-
EURIPE, auj. Canal de Négrepont. àémr^ séparait l'île d'Eubée de l' Attique et de la «o"e, était célèbre à cause des flux et reflux qui s y ma^ Testaient, phénomène dû à de violetts oeurante » dirigeant en sens contraires, etquel'onBeTeaiarq nulle part ailleurs dans la JÎédiierranée. .
EURIPIDE, célèbre poëte tragique grec, naquu
EURO
EURO
Salamine Tan 480 «t. J.-G.« le jour m^me où les Athéniens remporlërent une victoire sur les Perses à l'emboochiire de rsuripe (d'où lui vint son nom d'furtptde). n se livra d^abord à l'athlétique, puis étudia la philose^ûe sous Anaxagore, et se consacra enân à la i)oésie. Il devint le rival de Sophocle et fut couronné cinq fois. Cependant, se voyant «n butte à des accusations d'impiété et à des attacpies personnelles, il guitta Athènes et se retira en Maoédoine aaprès du roi Archélaûs qui Télew aux plus hautes dignités. Il y mourut à Vige de 78 ans : on dit que 96 promenant dans un bois, il fut déchiré par une meute de chiens. Euripide opéra dans le théâtre une révolution importante : il réduisit le rôle du chœur et ne le fit intervenir que d'une manière conforme à la vraisemblance; en outre, à l'aveugle Loi du Destin il substitua l'empire des passions. Ce poète, dont le style est un modèle d'éléganee, brille surtout par le pathétique, ce qui l'a fait proclamerpar Âristote le plus tronque des traffiques. Il règne dans ses tragédies une philosophie hardie, ce qui lui a valu le surnom de Phiioiophe du liiéâtre; mais il abuse qu^kxuefoisdes sentences et des tirades philosophiques. Il dirige souvent de dures attaques contre les femmes. Aristophane Ta déchiré lui-même dans plusieurs de ses pièces, notamment dans les GrenouiUÊS. Euripide avait composé, dit-on, 84 tragédies; il ne nous en est parvenu que 18, plus un drame satirique, le Cyclope. Les plus estimées de ses tragédies sont : Hécube, les Phéniciennes j les Tro^nnes, Médée, Akeste, ilippolyte, Iphigénie, Iphtgénie en Tauride. Plusieurs ont été imitées par Racine, dont Euripide était le poôte favori, par Voltaire, Crébillon et Guimond de La Touche. On estime les éditions de Barnès, Cambridge, 1694; de Musjçrave, Oxf., 1778; 4 vol. in-4; de Beck, Leips., 1779-88, 3 vol. in-4: l'éd. Vanorum de Glasgow, 1831 , 9 vol. in- 8; celles de Matthiœ, 10 vol. in-8, Leips., 1831-37 (avec un lexicon Ewripid^um, 1841); de Boissonade, 1825- 27, 5 vol. in- 12; de Dindorf, Leips., 3 voL in-8, 1833-40; de Fix, coU. Didot, 1843; de R. Klotz et Pflugk, Goth,, 18.59; de Weil, Paris, 1868. Euripide a été traduit en partie par Brumoy et par Prévost de Genève, 4 vol., Paris, 1782-97, et en totalité parM. Artaud, 2 V. in-12, 1842. Quelques-unes de ses tragédies ont été mises en vers français {Héeube^ par Drouet, 1840; les Phéniciennes et Ùipipolyte, par ^. Halévy, 1845; Alceste, parM. Romtain, 1860). M. Patin l'a parfaitement apprécié dans ses Tragiques grecs.
EUROPE, fille d'Agénor, roi de Phénicie, et sœur ne Cadmus, fut aimée de Jupiter, qui l'enleva sous la forme d'un taureau, et l'emmena dans la partie du monde qui depuis porta son nom. Il la rendit Qière de Minos, d'Eaque et de Rhadamanthe.
EUROPE, ^uropo, une des cinq parties du monde, ja plus petite pour la superficie, mais la plus riche, la plus éclairée et la plus puissante ; s'étend de 36** ÎO' à 76« 58' lat. N., et de 27" 5' long. 0. à 60» long. E. Ses bornes sont au N. la mer Glaciale, à TO. TAtlantique, au S. la Méditerranée, à PE. l'Asie, dont elle est séparée par la rivière Kara, les monts Durais, le fleuve Oural, la mer Caspienne, le Caucase, la mer Noire et la mer de Marmara. Elle a environ 4000 kil. de long sur 3500 de large. Sa population ' st d^env. 270 000 000 d'hab.
Géographiquement, l'Europe est divisée en 16 contrées principales, dont 4 au N. : Iles Britanni- Jies, Danenaark, Suède et Russie ; 7 au centre : France, Belgique, Hollande, Suisse, Allemagne, Autriche et Prusse ; 5 au S.: Espagne, Portugal, Italie, •urquie et Grèce. — Politiauement, l'Europe est partagée en États indép. dont le nombre a souvent varié. Ce sont actuellement le Roy. uni de la Grande-
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gne, le roy. de Suède et Norvège, celui de Dane- -; Vempire de France, les roy. de Belgique, de noUaride et de Prusse, la Confédération germani- T'6, la Confédération suisse et l'empire d'Autriche; 'es roy. de Portugal et d'Espagne (avec la république
d'Andorre); les Etats italiens, divisés jusqu'en 1S60 en Etats sardes, principauté de Monaco, grand duché de Toscane, duciiés de Parme, Hodène et Lucques, Etats de l'Eglise (avec la république de St-Màrin)ç
Moldavie et de Valachie, cdles de Servie, le roy. de Grèce et la République des lies Ioniennes.
L'Europe est découpée profondément par pluaieurs mers intérieures et par des golfes nombreux. Les mers .intérieures sont : la mer Blanche, la> nier Baltique , la mer du Nord, la Mancherla mer Adriatique ou golfe deVenise, la mer de Marmara, la. mer Noire, la mer d'Azov. Les principaux golfes sont ceux de Botnie, de Finlande, le Zuyderzée, les golfes de Gascogne, de Lion, de Gênes, de Lépante. Les détroits principaux sont : le Skager-Rack, le Cattégat, le Sund et les deux Belts, entre le Danemark et la Suède, le Pas-de-Calais entre la France et l'Angleterre, le détroit de Gibraltar entre l'Espagne et l'Afrique, le détroit de Bonifacio entre la Corse et la Sardaigne, le détroit de Messine entre l'Italie et la Sicile, le détroit des Dardanelles ou Hellespont, et le canal de Constantinople ou Bosphore, entre la Turquie d'Europe et la Turquie d'Asie. Parmi les îles qui font partie de l'Europe, nous citerons : laNouv.- Zemble et le Spitzberg dans l'Océan Glacial; la Grande- Bretagne, rirlaode, les îles Hébrides, Oitsades, Shetland , FaeroS entre l'Océan Atlantique et la mer du Nord: les îles Wight, Jersey, Guerneaey, dans la Manche; Belle-lsle et les îles de Noirmoutiers, de Ré,d'Oléron, dans l'Atlantique; les Baléares, la Sardaigne, la Corse, la Sicile, les lies Ioniennes, les Cydades et les Sporades, Candie et Chypre, dans la Méditerranée. — Le sol de l'Europe orientale est plat, surtout au nord: elle n'offre Que peu de montagnes, sauf sur les frontières, où les monts Ourals et le Caucase s'élèvent à d'assez grandes hauteurs. Partout ailleurs, l'Europe est hérissée de hautes montagnes: au centre, s'élèvent les Alpes d'où sortent de nombreuses ramifications, formant elles-mêmes de nouvelles chaînes, et portant des noms particuliers : tels sont en Italie, les Apennins; en France , le Jura, les Vosges, les Cévennee; en Espagne, les Pyrénées, les monts de Gâta, d'Ëstrella, la Sierra- Moreoa, les Alpuxaras^en AJlenugne, le Harz, le Bœhmerwald, PErzgebirge, le Riesengebirge, les Sudètes; en Hongrie, les Carpathes; en Turauie, le Glioubûtin, le Tchardagh . le Balkan : entre k Norvège et la Suède s'étemient les Dofrines ou Alpes Scandinaves; dans la Grande-Bretagne les monts Cheviot et Grampians. — Les principaux fleuves, outre l'Oural, commun à l'Europe et à l'Asie, sont : le Volga , le Don, le Dn iepr, le Dniestr, les deux Dwina, le Danube, la Vistule, l'Oder, TElbe, la Meuse, le Rhin, l'Escaut, la Seine, la Loire, la Garonne, le Rhône, l'Èbre, le Tage, le Pô, l'Amo, le Tibre. — L'Europe est presque tout entière comprise dans la 2»!ie tempérée; aussi le climat y est-il en général doux et sain. L'aspect de cette contrée est moins brillant, moins riche que celui des belles contrées de TAmé* rique et de l'Asie ; le sol y est moins productif; mais l'agriculture, bien mieux dirigée, fait produire immensément à la terre; nulle part il n'y a moins de jachères, de steppes et de lieux inhabitablee; nulle part les animaux féroces ne sont devenus plus rares. — On trouve en Europe quelques mines d'or et d'argent, notamment en Transylvanie, en Hongrie, en Valachie, et dans les monts Ourals; le cuivre, l'étain, le platine, y sont plus communs; tous les autres métaux, surtout le fer, s'y trouvent en abondance, ainsi que la pierre à bâtir, les marbres, lo sel gemme, la houille, etc. — Presque tous les habitants de l'Europe sont de la race blanche caucasienne; ceux qui habitent le Nord appartiennent à la famille finnoise; au centre se sont répandues les familles celte, germaine et slave; au S., les familles
EURO
EORT
Ibère, thracc-pélasgique, turque, sémitique. — La religion dominante est le Christianisme, mais il se divise en plusieurs églises : l'fi. catholique romaine (Italie, France, Espagne, Portugal, Autriche, Irlande, Belgique); TE. grecque (Grèce et Russie); l'Ë. luthérienne, réformée ou calviniste (Allemagne, Suisse, Suède, Norvège. Hollande et partie de la France) : l'Ê. anglicane (Angleterre); TÈ. presbytérienne (Ecosse). On y trouve encore le Judaïsme , profensé parles restes au peuple juif répandus dans toute l'Europe, surtout en Allemagne et en Pologne, et l'Islamisme pratiqué par les Turcs. — La plupart des gouvernements de l'Europe sont monarchiques; mais les uns sont des monarchies absolues : Turquie, Russie; les autres des monarchies représentatives : France, Angleterre, Prusse, Autriche (depuis 1861), Suède, Danemark, Hollanîde, Belgique, Saxe, Bavière, Wurtemberg, Bade, Grèce, Portugal, Espagne, Italie. Quelques-uns sont des républiques : Suisse, Francfort, Brème, Hambourg, Lubeck ; Iles Ioniennes, St-Murin, Andorre : ces 3 dernières sont sous la protection de puissances voisines , et n'ont qu'une ombre d'indépendance. Il y a en Europe cinq puissances prépondérantes, desquelles dépendent surtout les destinées de l'Europe, ce sont la France, l'Angleterre, la Russie, l'Autriche et la Prusse.
Histoire. L'Europe a reçu ses premiers habitants de l'Asie : tandis que de vastes et puissants empires florissaient dans cette partie du monde , l'Europe était encore plongée dans la barbarie ; la Grèce en sortit la première et elle s'éleva bientôt au plus haut degré de civilisation : elle répandit en même temps ses colonies dans l'Italie méridionale et sur les côtes de l'Espagne et de la Gaule. Rome , fondée au vin* siècle avant J.-C. , conquit peu à peu toute l'Italie, et finit par étendre sa aomination sur l'Europe presque entière. Après la chute de l'empire romain, des Barbares, venus pour la plupart d'Asie, envahirent l'Europe, et pendant plusieurs siècles il régna dans cette contrée une anarchie effroyable. On vit s'élvver alors L'empire des Visigoths en Espagne, œui des Francs dans les Gaules, des Lombards en Italie, des Saxons au nord de la Germanie, des Avaree au sud. L'empire grec, seul reste de la grandeur romaine, subsista néanmoins dans l'Europe orientale. La fin du vm* siècle vit Charlemagne créer un puissant empire, qui occupait la plus grande partie de l'Europe occidentale; mais un siècle ne s'était pas écoule que ce vaste empire était démembré. De ses ruines, sortirent les royaumes particuliers de France, d'Allemagne, d'Italie, de Lotharingie ou Lorraine, de Provence, de Boungogne, etc. Au X* sièole les puissances du Nord sortent de leur obscurité : la Russie,, la Suède, la Norwége et le Danemark prennent rang parmi les États européens ; «n même temps les Maures, qui avaient envahi la péninsule hispanique du vui* au x* siècle, commencent à reculer devant les rois chrétiens de Léon , de Castille, d* Aragon et de Portugal. Au xv* siècle, après la prise de Ck)nstantinopl6 par les Ottomans (1453), tous les grands £tats de l'Europe se trouvaient à peu près fondés. On n'a plus guère à citer parmi les nouveaux £tats nés depuis cette époque •que les Provinces-Unies, ou Pays-Bas, détachées de la monarchie espagnole au xvi* siècle, et le roy. de Prusse, créé au xvui* siècle. La guerre générale qui éclata après la révolution de 1789 changea un instant la face de l'Europe ; l'empire français en embrassa presoue toute la partie occident ; mais après la chute de l'Empire, l'ancien ordre de choses fut en grande partie rétabli. Les délimitations des États fixées par les traités de 1815 sont celles qui subsistent encore aujourd'hui, à l'exception de celles du royaume des Pays-Bas, partagé depuis 1831 en royaume de Bel- ^ue et royaume de Hollande; de l'empire ottoman, duquel la Grèce s'est définitivement séparée en 1827 ; des Etats sardes, qui , de 1859 à 1861 , se sont accrus de la Lombardie, de l'Emilie^ de la Toscane et des
Ëtats de Naples; et de la France, qui a recouvré en 1860 la Savoie et le comté de Nice.
EUROPE ANCIENNE. L'Europo connue des anciens était bornée au N. par l'Océan Sannatique. le Codanus Sinus et l'Océan Germanigue; à l'O par l'Océan Atlantique, au S. par le détroit de Gadès et la mer Intérieure; à l'E. par la mer Egée, THellespont, la Propontide, le Bosphore de Thrace, le Font-Euxin. le Bosphore Cimmérien, le Palus-Méolide et leTanals. — On peut diviser l'Europe ancienne en 19 parties: au N. les lies Britanniques, la Chersonèse Cimbrique, la Scandinavie; au N. E. de vastes contrées peu connues et désignées sous le nom de Sarniatic ou Scythie européenne; au centre, la Gaule, la Germanie, laVindélicie, la Rhétie, leNorique, laPannonie, la Dacie et l'illyrie ; au S. l'Hispanie. l'Italie, la Mœsie, la Thrace, la Macédoine et la Grèce.
EUROTAS (l') , dit auj. Iri et Fonlt-potomo. petite riv. de Laconie, arrosait Sparte et se jetait dans le golfe Laconiaue. Les Spartiates l'adoraient comme un dieu et lui donnaient le nom de Fleute-M {Bâtile%u potamos) , d'où son nom moderne. Le laurier rose, le myrte, l'olivier ornaient ses bords.
EUROTAS, roi. Foy. sparte.
EITRUS, dieu du vent d'Est, chez les Grecs.
EURYALE. Troyen, ami de Nisus. Foy.jnscs.
EURYBIADE, général Spartiate, commandait arec Thémistocle à Salamine (460 av. J.-C). Effrayé à la vue de la multitude des vaisseaux de Xerx^, il voulait s'éloigner au moment du combat ; et comme Thémistocle s'y opposait, il s'emporta au point de lerersur lui le bâton : « Frappe, lui dit Tûémistocle, dus écoute. » Ramené par ce trait de modération et de grandeur d'âme, Eurybiade se rendit à l'avis da général athénien. D'accord avec Thémistocle. il dissuada les Grecs , après leur victoire , de couper la retraite aux troupes de Xerxès. en détruisant le pont que ce prince avait jeté sur rHellespont.
EURYDICE, femme d'Orphée, remarquable par sa beauté. Elle fut, selon la Fable, piquée par un serpent pendant qu'elle fuyait les poursuites du berger Aristée et périt de cette blessure. Orpbée descendit aux Enfers pour l'y chercher; mais trop impatient de la posséder, il la perdit au moment même où elle allait revoir le jour. Foy. orphée.
EORYDiGR, reine de Macédoine, femme d'Amyntis, *était lUyrienne. Cette princesse ambitieuse et déréglée, voulant placer sur le trône Ptolémée Aloritès, son beau-frère, pour lequel elle éprouTailŒje passion incestueuse, fit périr son époux (369 av. J-C-j et un de ses propres enfants. Philippe, le 3" de ses fils, sut se soustraire â ses embûches.
EURYDICE, femme de Philippe Arrhidée, qui n>^ reconnu roi de Macédoine après la mort d'Alexandre, son frère , eouvema quelque temps sous le soin de son faible époux. Elle s'opposa à Olympiaset â Roxane, qui, soutenues par Pofysjperchon, voulaient faire reconnaître Alexandre; mais elle se vit abandonnée au moment du combat et se réfugia dam Amphipolis. Olymplas lui envoya un poignard, un lacet et du poison, lui laissant le choix du genre ne mort: elle s'étrangla, 316 av. J.-C. .
EURYHÉDON. riv. de Pamphylie, » jetait^' le golfe de Pamphylie, près de Side. Cimon yMî»^ les Perses, 470 av. J.-C. C'est aiq. le Caffsi-so*'
EURYPON, roi de Sparte, 1028-21 . donna son nW» aux Eurypontides, dits aussi Proclides. F. pbocibs.
EDRYSTHËE, fils de Sthélénus, TégOASi^rJ^r
cènes vers 1369 av. J.-C.« et eut toute sa vie,
dit la
cènes vers laoy av. j.-u., eieui louie » ''^'""cj Fable , le droit de commander à Hercule, parce q^^ était né quelques heures avant lui {Voy. herculbJ- " imposa au héros les pénibles entreprises connu» sous le nom des Douxe travaux cTHerculi. ApfJ' " mort d'Hercule , il persécuta ses enfants: il péril (wn* un combat livré contre Hyllus, l'un d'eux, pres» l'isthme de Corinthe. «^
EDRYSTHÈN]^ et PROCLÈS, fils jumeaux 0^ ristodème, l'un des trois chefs héiacUdes qw ^^"^