‹ Dictionnaire universel d'histoire et de géographieChapitre 45 sur 578 · ALL · texte numérisé non relu

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relie, et en 1710 le dey Baba-Aly expulsa le pacha, et réunit en sa personne tous les pouToirs. A dater de ce moment f autorité de la Porte ne fut plus qne nominale. La milice turque devint maltresse absolue; elle fit et défit les deys selon son caprice (F. dey). Néanmoins, ce gouvernement put longtemps Ibraver l'Europe et inquiéter toutes les man-

de la France, qui l'a fait régir d'abord par des génô raux en chef (Bourmont, Clauzel, Berthezène, Savary, Voirol, 1830-34); puis par des gouverneurs (d'Erloii, Clauzel, Damrémont, Valée, Bugeaud, Cavaignac, Changarnier, Gharon^ d'Hautpoul, le maréch. Kandon ; ensuite par un ministre derAigérie et des colonies, le pr. Napoléon (1858) , M. de ChasselouD-Laubat (1859); enfin par un gouv. général, îe maféch.Pélissier (1861),le maréch.Mac-Mahon(1854).

Les principaux faits accomplis depuis la prise d'Alger, sont : Toccupation de Bone, de Médéah et d'Oran (1830), d*Arzew,deMostaganem et de Bougie (1833) ; la malheureuse expédition de la Macta, coml)ensée bientôt par la prise de Mascara et deTlemcen (1835) ; la victoire de t Sikkah (1836); Wmprudent traité de laTafna, qui, pour obtenir la paix dans l'ouest, abandonnait à Témir Abd-el-Kader une grande partie de la régence (30 mai); la prise de Constantine, après une première tentative inutile [13 oct. 1837); la reprise des hostilités avecAbd-el-Kader et le passage des Portes^e-Fer (1839); l'héroïque défense de Mazagran, l'occupation ae Gherchell, de Médéah, de MiUanah (1840); la 2* prise de Mascara (1841): la soumission de la prov. de Titterie (1842); le combat d'Aïn-Taguin, où le duc d'Aumalesurpnt Abd-el-Kader, qui se vit réduit à chercher un refuge dans le Maroc (1843); l'occupation de Tenez, Batna, Biskara, Dellys: la guerre contre le Maroc, qui donnait appui a l'émir; le bombardement de Tanger et de Mogador; la victoire de l'isiy, remportée par le maréchal Bugeaud (1844); la réduction du Dahra et de i'Aurës, suivie d'une 1'* expédition contre la grande Kabylie (1845-46); la reddition d' Abd-el-Kader, oui est transporté en France (1847); la création de colonies agricoles et pénitentiaires, après la révolution de I848ria prise de Zaatcha et de Narah par le colonel Canrobert (1849-50) ; l'heureuse expédition du général St-Amaud contre la petite Kabyhe (1851); celle du général Mac-Mahon contre la Kabylie orientale (1 852) ; et celles des généraux Pélissier et Gamou contre le Djurjura: la prise de Laghouat, d'Ouargla, de Tuggurt (1853-54); enfin la réduction définitive par le maréchal Raûdon des parties non encore soumises de la Grande Kabylie (1858). Depuis, l'Algérie a vu se développer rapidement sa prospérité : elle s'est couverte ae villages et de routes; plusieurs chemins de fer y ont été exécutés. On a, de M. Behaghel , une Monographie de VÂlgénej in-12. 1864.

ALGEZlRAS,Car(eta? v.et port d'Espagne (Cadix), à 11 k. 0. de Gibraltar, sur le détroit; 6000 h. Enlevée aux Maures par Alphonse XI de Castille, après un siège de deux ans, où les Maures firent usage du canon, encore inconnu en Europe, 1344. L'amiral linois y battit une division anglaise, 1801.

ALGÊZIREH (c.-à-d. en arabe Vtle) , Mesopotamia, région de l'Asie ottomane , entre l'Euphrate et le Tigre , forme les pachaliks de Rakka, de Mossoul, de Diarbékir et de Bagdad, qui ont pour capit les villes de même nom. Ce pays est si beau q[u'on y a placé le paradis terrestre, mais l'imperfection du gouvernement turc et les dévastations des Kourdes et autres hordes en ont fait un des plus misérables. — C'est dans cette fx>ntrée que fleurirent les deux royaumes d'Assyrie. £lie fit ensuite partie des empires d'Alexandre, des Séleucides, des Arsacides. Trajan en joignit la plus grande partie à l'empire romain, mais presque toute la contrée revint bientôt aux Parthes; les Sassanides la gardèrent jusqu'à la conquête arabe.

Les califes s'étant fixés à Bagdad, l'Algézireh fut la

Srincipale prov. de leur empire: elle est aussi la emière qulls aient conservée. Elle leur fut enlevée en 1258 par les Mongols, sur qui les Ottomanslaoonquirent au xv« siècle. Depuis , ceux-ci Tont conservée , malgré de fréquentes rébellions.

ALGHERO, V. forte de la Sardaigne, à 27 kil. S. 0. du cap Sassari; 8000 hab. Êvôché. Belle cathédrale, port étroit. Pèche du corail; culture de l'indigo; belles stalactites.

ALGODE, en lat. Âlgidum, auj. Rocca del Papû, petite chaîne de mont, du Latium. à 31 kil. S. E. 'le Rome , dans le pays des Èques, s'étend de Tuscul-in à Préneste. Ane. sanctuaire du culte de Diane.

ALGONQUINS, peuple de la famille lennspfi, dans l'Amérique ouN., se trouve dans le Michignn, le Canada et les districts des Hurons et des Maiidanes. Il est souvent en guerre avec les Sioux.

ALGCAZIL (de l'arabe ai ghaiily l'archer), nom que portent en Espagne des agents de la police^ qui remplissent à la fois les fonctions de nos huissiers, de nos sergents de ville et de nos gendarmes.

ALrHAKEM 1, calife de Cordoue, 796-822 , ne se signala que par sa cruauté. Il eut à combattre Louis. fils de Chariemagne, mais il ne put l'expulser de la Catalogne. Il remplit de sang les viUes qui tDmi)èrent en son pouvoir, n'épargna pas davantage Tolède, où deux de ses oncles s'étaient révoltés, et Cordoue, où avait éclaté une conspiration. 11 hfttasa fin par ses excès et eut pour successeur son fils Alxiérame II.— al-hakem ii, 961-976, succéda à son père Abdérame 111, régna à Grenade, enleva Zamora au roi de Léon Sanche le Gros, favorisa les lettres et rassembla à Cordoue une Immense bibliothèque.

AL-HAKRM-BiAHRiLLAH, calife fatîmito d'Egypte, succéda à son père en 996, se livra à toutes sortes de cruautés 'et d'extravagances, persécuta les Juifs et les Chrétiens, fit arracher la vigne, et pérît assassiné par un jeune Musulman, en 1021. Se disait descendant d'Ali, il prit le titre de prince des croyants, de lieutenant de Dieu, ébranla l'autorité de Maiiomet et eut la prétention de fonder une nouvelle religion : c'est celle des Druses, que l'on retrouve en^core en en Syrie et en Egypte. Après son assassinat, ses partisans crurent quu avait été enlevé au ciel.

ALHAMBRA, vaste édifice de Grenade, servait de palais et de forteresse aux rois maures. C'est un des monuments les plus remarquables et les plus éléganis de l'architecture mauresque. 11 fut construit au xiii* s. Près de l'Alhambra était le Generalife^ maison de campagne des rois maures.

ALHCCEMAS, un des présides espagnols dans le Maroc (Fez), sur la Méditerranée, à 80 kil. S. 0. du cap des Tres-Forcas, sur un îlot, est bien fortifié -

ALI, c'est-à-dire Sublime^ fils d'Abou-Taleb et co\isin de Mahomet, fut un des disciples les plus zélés du prophète , et obtint la main de Fatime , sa fille ch6rie. Il fut un de ceux mii contribuèrent le plus puissamment à établir l'islamisme et à étendre au loin les conquêtes des Musulmans. A la mort de Mahomet, il tenta de lui succéder, mais sans y réussir et ne fut proclamé calife qu'en l'aii 656 de J.-C. Ii eut à combattre dès son avènement la fistction de Mohaviah, chef des Ommiades, que soutenait Amrou. Pendant que les prétendants se disputaient la couronne. Ali périt, assassiné à Koufii par un fanatique (661). Ses partisans le regardent comme un martyr et vont en pèlerinage à son tombeau. Les descendants d'Ali, les Alides, après avoir été longtemps exclus du i>ou voir, régnèrent sur l'Egypte (sous le nom de Fatimites) , et sur plusieurs autres contrées. Ali était un prince doux et vertueux; il aimait et cultivait les lettres. On a encore de lui un Recueil de Sentences et de Poésies^ dont une partie a été trad. en français par Vattier^ Paris, 1660. Il se relâcha dans sa doctrine religieuse de la rigueur des premiers califes, et fut le chef d'une secte connue sous le nom de Chyitesy opposée à celle des Suimitcs»

ALIC

ALJU

AU-ii..t-TACHFiN , priDce' Almoravide, 1 10&-1 143 , m&sédait en Afrique tout l'empire de Maroc, et ea Europe pres<iue toute la Péninsule. Â la fin de son ré^e,sa puissance fut ébranlée p»ar les AUnohades, qui lui emevèrent {)lusieurs provinces d'Afrique.

Au-MOEZziN, capitan-pacha sous Selim îl, commandait la flotte aes Ottomans à la bataille de Lépante, en 1571. U y fut battu et périt dans l'action. AU-cooMOTOOi (c.-à-d.le charbonnier), favori et grand vizir d'Achmet III, commandait à la bataille de Peterwaradin où les Ottomans furent complètement battus, 1716, et fut blessé mortellement dans l'action. Fort hostile à Charles XII, il avait fait échoiier ses projets d'alliance avec le sultan.

AU-BET, cnef des Mamelouks, né en 1728, chez les Abazes^ fut d'abord esclave, s'éleva par son courage, parvint en l76o à s'emparer de tout le pouvoir en Êffypte, se rendit indépendant de la Porte, fit de ffraodes conquêtes en Arabie et en Syrie, et conçut les plus yastss desseins pour l'agrandissement de IT^te; mais il périt au milieu de ses projets, assa^sioéjÀr Mohammed-Bey, son fils adoptif, 1773. Ajj-BET (Badia, dit) , voyageur espagnol. F. badia. AU-PACHA, pacha de Janina. né en 1741, àîébélen en Albanie, d'une famille de Klephtes qui depuis plusieurs générations était en possession de la ville et du territoire de Tébélen, gagna les bonnes grâces de la Porte en se chargeant lui-même de mettre à mort le pacha de Delvmo. son propre beau-pôre, accusé de rébellion, fut en récompense nommé lieutenant du pacha de la Roumélie, puis pacha de TricaJa, en enfin de Janina, 1 788, s'empara de toute l'Alhanie, puis de presque toute la Grèce. Confinant alors aux Français, par suite des conquêtes qu'ils avaient faites en îllyrie au commencement de ce siècle, il fut d'abord leur allié; mais il les trahit bientôt . et, s'étant lait un mérite de sai trahison auprès de La Porte, il fut nommé vice-roi de toute la Roumélie. Il songea alors à, se rendre indèpejidant, étendit et affennit ses conquêtes, amassa des trésors immenses, et fit trembler la Porte. Ce c'est guère ^u'en 1819 que Von songea à mettre un terme à ses projets ambitieux. Ali voulut prévenir le coup en tentant de faire assassiner dans Constantinople Pacho-Bey, son e.inemi mortel, qui avait tramé sa perte; mais ayant ^cuodé dans cet attentat, il fut condamné à mort par le sultan. Alors il appela les Grecs aux armes, leur promettant l'indépendance: il fallut plusieurs aiiQées pour le réduire. Enfermé dans la forteresse •le Janina, il aurait pu prolonger encore sa défense, ''•rstju'il fut assassiné oans une conférence que lui •ivait proposée Kourschid-Pacha, qui rassiégeait, h février 1822. On peut consulter sur cet homme ouraordinaire la Vie d'ÂlûPacha de M. de Beauciiamp, 1822, et VHistoire de la Régénération de ia Grèce de Pouqueville, 1825.

ALIAMET (Jaci^ues) , né en 1 728 à Abbeville, mort eu 1788. a perfectionné Part de graver à la pointe sècbe; on a de lui plusieurs gravures assez estimées, d'après Berghem, wouvennaos. Jos. Yemet, etc.— Fnmçois^jermain, son frère, s'établit à Londres, où il grava d'après le Carrache, le Guide, etc. ALIASKA (terre de). K. Amérique bussb.

ALIBERT (Jean-Louis), médecin, né en 1766, à Villefranche (Aveyron). mort en 1837, se plaça de ^nne heure au rang aes premiers médecins par ses '.ravaux sur la matière médicale et les maladies de A peau, fut nommé médecin en chef de l'hôpital St- Uuis k Paris, et reçut le titre de baron de l'empire. Après la Restauration, il fut premier médecin ordiwin du roi. Ses prinoip. ouvrages sont : Traité dee maladies de la peau, 1810; Phyeiologie de* pas- <ioru, ouvrage plus littéraire que scientifique, 1818; Monographie des Dermatoses, 1832-1835.

AUCAHTB, Lueentum, v. et port d'Espagne v^alence), ch.-l. de la prov. de son nom, à 106 kil. •^ 0. de Valence, sur la Méditerranée, à l'entrée de ^ laie d'Alicante; 23 000 hab. Rade vaste et sûre

Ch&teau fort sur une mont, h plus de 325" de hauteur. Après Cadix et Barcelone , Alicante est la place la plus commerçante de l'Espagne : on en exporte les célèbres vins du pays. Aux environs sont 2 lagunes qui fournissent beaucoup de sel.— Les Arabes s'emparèrent de cette v. en 715; Ferdinantf H, roi de Castille, la reprit en 1258. Il y éclata une insurrection carliste en 1844. — La prov. d'A. , formée de la partie mérid. de l'anc. roy. de Valence et d'une portion de celui de Murcie, est baignée au S. E. par la Méditerranée: 370 000 hab.

ALiCATA, Phintias, v. forte de Sicile, sur la mer, à 40 kil. S. £. de Girgenti; 14 000 hab

AUCl/Kl, Eridua^ une des îles Lipari.

ALIDES, nom donné aux descénaants d'Ali, et plus spécialement aux Imams. V. au et ncAtt.

ALlEN-BtLL, c.-à-d. loi des étrangers^ nom donné en Angleterre à toute loi relative à la police des étrangers. La 1" date de 1782. En 1793, lord Grânville fit reddre une loi qui mettait les réfugiés étrangers sous la surveillance de la police et permettait au besoin de les expulser. Renouvelée en 1802, 1816 et 1818. cette loi a été rarement appll(|uée.

ALIFË, ÀlUfés. V. du roY. de Naples, à 20 kU. N. de Capoue; 1800 nab. Ëvécné. Air pestilentiel, ce qui l'a presque fait déserter ; l'évéque habite Piedlmoûtc. Bàtie par lesOsques; prise sur les Samnifeâpar Fabius, puis érigée en colonie romaine.

ALIGHIEBI pante). F. dante.

ALIGRE (£tienne d*S chancelier de France, né à Chartres en 1560, mort en 1635. Son mérite lui ouvrit l'entrée du conseil d'Etat soUf. Louis XIII, qui lui confia les sceaux en 1624 et le nomma chanceber bientôt après: mais, au bout de deui anâ, Richelieu le sacrifia à Gaston, frère de Loub XIII. Exilé dans sa terre de la Rivière , en Perche , il y finit ses jours , laissant la réputation d'un des magistrats les plus intègres de son siècle. — Son fils, ^tienne d^A., 1592-1677, fut successivement sous Louis XIV conseiller, intendant en Languedoc et en Normandie, ambassadeur à Venise, directeur des finances, doyen du conseil d'Etat, ^rde des sceaux (1672) et chancelier (1674). — Étienne-François d'A. , de la même famille, fut, sous Louis XVI, premier président du parlement de Paris ^ s'opposa de tout son pouvoir, en 1788, à la convocation des 6tats généraux, donna sa démission, émigra, et mourut à Brunswick en 1798, laissant des sommes immenses. H avait été fait marquis. — Son fils, Etienne -Jean -François, marquis œA. , 1770-1847 , était membre du conseil général de la Seine en 1814 et fut un des commissaires chargés de recevoir Louis XVII I à son entrée à Paris. Nommé pair dès 1815. il refusa de prononcer aucune peine contre le maréchal Ney. On lui doit Vaeile d^Âligre, à Chartres, Yhôpital d'Àligre, à Bonneval (Kureet-Luir), et l'hôpital de Bourbon-Lancv.

ALINGSOES, V. de Suède, sur le lac Mlœrn, à 50 kil. S. 0. de Venershorg; 2800 hab. Patrie dUAUr stroâmer, le père de l'industrie suédoise.

ALIPHÈRES, Alipherœ, v. d'Arcàdië, au S. 0., près de la Tripnylie. Célèbre temple de Minerve.

ALISE ou STB-RBiNR, Alesia, Dourg de la Côted'Or, à 12kil. N. £. de Semur. Ste Reine y subit, dit-on, le martyr en 251. Mines de fer, eaux minérales. Cette ville passe pour être VAlesia prise par César; on lui a récemment contesté cette origine, mais sans motif suffisant. F. albsja.

AUX DE CHAMPAGNE, reine de France , fille de Thibaut IV, dit le Grand, comte de (Hiampagne, épousa en 1160 Louis Vil, dit le Jeune^ et fut mère de Philippe-Auguste. Lorsque ce prince partit pour la Terre-Sainte en 1190, il remit a sa mère les rênes du gouvernement; elle sut les manier avec sagesse et fermeté. Elle mourut en 1206.

AUX OB SAVOIE. V. ADàLAÎDE.

ALJUBARROTA, bourg de Portugal {Estramadure), à 22 kil. S. 0. de Leiria. Jean I de Castille y fut battu par Jean I de Portugal, en 1385.

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