‹ Dictionnaire universel d'histoire et de géographieChapitre 534 sur 578 · INNO · texte numérisé non relu

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INQU

aiiMi que la croisade contre les Albigeois, et qui nomma les premiers inquisiteurs; il approuva en 1215 Tordre des Frères prêcheurs, fondé par S. Dominique. Il a laissé des Discours, des Homélies, des Lettres (CologTie, 1552,et Paris, 1682) : ses lettres sont précieuses par les faits historiques qu'elles contiendent. Il est l'auteur du Veni, sanete Sptritus, et passe pour avoir composé le 5ta&alJfa<er,quiest revendiqué par les Franciscains (F. jacopone). VUist. d^Jnnocent ///a été écrite enallem. par M. F. Hurter, et trad. en franç.par St-Chéron et Haiber, et mieux par Tabbé Jager, 1839.

iMNOCERT ui, anti-pape. F. Alexandre m.

INNOCSNT IV, Sinibatdê de Fiesque, pape de 12441 à 1254. L'Allemagne et l'Italie étaient alors agitées par les querelles de l'empereur Frédéric II et de l'Église. Frédéric, après avoir fait quelques concessions au nouveau pape, recommença la lutte. Innocent IV, menacé dans sa personne, s'enfuit à Génes.puis à L von, où il tint un concile (1245), qui excommunia Fréaéric et le déclara déchu ; le pape fit alors élire à sa place Henri de Thuringe, puis Guillaume de Hollanae, et prêcha une croisade contre lui ; après la mort de ce prince (1250), il se prononça également contre son fils Conrad. Cependant, à la mort de ce dernier (1254), il protégea le jeune Conradin contre Mainfroi, son oncle. Innocent IV se mêla à d'autres démêlés en Danemark, en Suède, en Russie, en Espagne et en Portugal : partout il montra un caractère ferme et même inflexible. Très-zélé pour la propagation de la foi, il envoya des missionnaires jusqu^en Tartarie.

INNOCENT y, Pierre de Tarentaise, élu pape le 21 janv. 1276, m. le 22 juin suivant. Il était dommicain. et l'un des plus célèbces théologiens de son ordre; il avait succédé à S. Thomas d'Aquin dans la chaire de théologie à l'Université de Paris, avait été fait archevêque de Lyon en 1272, puis cardinal et évêaue d'Ostie. Il a laissé des UOres et des écrits théologiques.

iNNOGBin VI, Étietine d* Albert ^ pape de 1352 à 1362, résidait à Avignon. Il était né dans le Limousin, et avait d'abord professé le droit civil à Toulouse. 11 protégea les gens de lettres et fonda à Toulouse le collège St-Martial. Il envova comme légat en Italie, avec une armée, le cardinal espagnol Aibomoz, qui, en quelques années (1353-60), parvint à rétablir l'autorité pontificale dans les Etats de l'figlise ; mais il eut peu après à défendre le Comtat contre les Routiers.

INNOCENT VU, CàtM de Meliorott, pape de 1404 à 1406, né à Suhnona dans l'Abruxae, succéda en 1404 à Boniface IX, lorsque déjà l'anti-pape Benoit XIII était en possession de sa dignité usurpée. Les deux compétiteurs firent de vaines démonstrations de conciliation, mais sans arriver à aucun résultat.

INNOCENT vm, J. B. Cybo, né à Gênes en 1432, pape de 1484 à 1492, fut élu par l'influence du vicechancelierBo rgia,célèbredepuisM>us le nomd' Alexandre VI. Il s'efforça d'exciter le zèle des souverains de ^'Europe contre les Turcs, et se fit remettre le jeune prince Zizim. frère et compétiteur de Bajazet (1490),

gui après sa défaite s'était réfugié auprès des Chevaers de Rhodes. 11 excommunia Ferdinand, roi de Na- Sles, qui avait exercé des cruautés contre les sujets u pape, et ofl'rit son royaume. à Chartes VIII. roi de France. Innocent VIII avait été marié avant d'entrer dans les ordres : un de ses fils épousa une Médicis.

INNOCENT», J. A» Facehinetti, de Bologne, succéda à Grégoire XIV en 1591 , et mourut deux mois après. Cependant il eut le temps d'alléger les impôts. INNOCENT X, J. jB. PanfUi. pape de 1644 à 1655, était né à Rome en 1574. Il dépouilla de ses États le duc de Parme, accusé d'avoir fait assassiner l'évêque de Castro^ exila les cardinaux Franc, et Ant. Barnerini. quoiqu'ils eussent contribué à son élévation, et condamna les cinq propositions de Jansénius (1653). INNOCENT zi, Benoit (Ade<ca{ch?,papede 1676 a 1689. était né à Côme en 161 1 , et avait d^abord été soldat. Il eut des démêlés avec la France au sujet de la riaaXe, des quatre articles arrêtés par l'assemblée du clergé de France et lédigés par Bossuet en 1682, et du droit

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da franchise des ambassadeurs français à Rome (V. uvardin). Il condamna les erreurs de Molinos, 1*' auteur du Quiéttsme (1687). Ce pontife avait un caractère sévère et souvent inflexible; mais il s'efforça de faire renaître la discipline, éloigna des emplois les hommes incapables ou déréglés, rétablit les nnanoes et pourvut aux besoins des pauvres.

INNOCENT XII, Ant. PignaUUi, pape de 1691 à 1 700, né à Naples en 1615. Il se montra censeur rigoureux des mœurs, n'appela aux emplois que des hommes dignes et fut le père des pauvres. U arrangea, après quelques concessions faites par Loms XIV, les différends qui s'étaient élevés entre la France et le St- Siége (1693) , termina l'affaire du Quiétisme et condamna VExjpHieation des Maximes des saints , de Fénelon (1699).

INNOCENT xiu, Jftcfc. Ange Conti^ pape de 1721 à 1724, né à Rome en 1655 , est le 8* pape de sa fomille. U publia en 1723 la buUe Apostolict ministerii, sur la discipline , et accorda une pension au prince Jaoquesfidouard, fils de Jacques II.

INNOCENTS (Fête des). L'Église honore sous le nom de SS, Innocents j le 28 déc., la mémoire de tous les enfants qu'Hérode, roi de Judée, fit mettre kmort l'année où naquit le Sauveur, parce <^u'il avait appris qu'il venait de naître un enfant destiné à régner un jour sur la Judée et sur le monde entier. On sait que^ malgré cette mesure barbare, Jésus échappaàla mon, ses parents l'ayant emmené en £gypte.

lNNSBRi3CK. F. insprucx.

INNTUAL (c.-à-d. vallée de r/iin), région du Tyrol. formait, avant 1853, les deux cercles du Haut et au Bas-Ionthal (ch.-L Immst et Inspruck). Cette vallée a été en 1797, 1805 et 1809 le théâtre de nombreux combats entre les Français et les Tyroliens.

INO, fille de Cadmus et a'Hermiône , et femme d'Athamas, roi de Thèbes. Répudiée pour Néphèlé^ elle fut reprise dans la suite par son époux, et Im donna deux fils, Mélicerte et Léarque. Jalouse des deux fils qu'Atbamas avait eus de Néphélé, Phryxus et Hellé, elle décida Athamas à les faire périr. Mats les deux victimes, instruites à temps , s'enfuirent ea Colchide sur un bélier à toison d'or. Athamas, dans un accès de folie furieuse, écrasa Léarque contre un mur. Ino, au désespoir, se jeta dans la mer avec Mélicerte : tous deux furent changés en dieux marins.

INQUISITEURS d'âtat, espèce de tribunal institnft à Venise en 1501, à l'avènement du doge Loredano, était composé de 3 magistrats chargés de veiller à la conservation de la république et revêtus d'un pouvoir absolu sur tous les citoyens. Leur autorité affaiblit considérablement celle des doges.

INQUISITION , institution (^ui avait nour but de rechercher et de punir Uhérésie. On la fait dater de l'an 1204, époque a laquâle Innocent III envoya des missionnaires dans le midi de la France pour y convertir les Albigeois. Pierre de Castelnau et les autres moines de Ctteaux qui Taccompagnûent furent les premiers inquisiteurs de fait ; mais ce n'est que plus uird, en 1229, que l'Inquisition reçut ime organisation précise : c'est alors ciue Grégoire IX l'éleva aa rang des tribunaux réguliers. A partir de 12)2, les fonctions inquisitoriales furent exclusivement confiées aux Dominicains. Essayée en France, où elle fut organisée en 1255 par Alexandre III, de concert avec S. Louis, l'Inquisition ne put s'y maintenir. Cest en Espagne qu'elle obtint le plus de puissance : elle fut dans ce pays une institution politique autant que religieuse, introduite en Catalogne en 1232, elle ne tarda pas à se répandre sur toute la Péninsule: elle y poursuivit surtout les Juifis et les Maures relaps. En 1481, sous Ferdinand et Isabelle, l'InquisiUon reçut une nouvelle organisation et obtint un nouvel accroissement de pouvoir; elle reçut alors le nom de Saint-Office; on créa un grand inquisiteur général (ce fut le cardinal Torquemada), et on lui adjoi* gnit un conseil, connu sous le nom de la Suprême, et 45 inquisiteurs généraux. Ce noUv. tribunal, étahli

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malgré Sixte IV, qui en trouvait les règlements trop sévères, procéda avec plus de rigueur encore que Tancien. Il étendit sous Philippe II son action sur les Pays-Bas , et fut une des principales causes de l'insurrection de ces riches provinces, qui furent à jamais perdues pour TEspagne. Le pouvoir de Tin-

Suisition s'aflkiblit avec les progrès des lumières et e la tolérance. Cependant ce tribunal existait encore en Espagne lorsque les Français entrèrent dans ce pays, en 1808; ils s'empressèrent de Tabolir. Rétabli par Ferdinand VII en 1814, il (Ul définitivement aboli par les Certes en 1820. L'Inquisition devait d'abord employer contre les coupables les peines spirituelles : si ce moyen ne suffisait pas, elle les livrait au bras séculier. Les coupables étaient, selon la gravité des cas. plongés dans les cachots, appliqués à la torture ou livrés aux flammes; on appelait auto-^-fé (acte de foi) ce genre d'exécution. VHiitoire de rinquisi- Uon a été écrite par Umborch, Âmst , 1692 , par le P. Marsollier, Paris, 1693, et par A. IJorente, Paris, 1816-17. On peut lire aussi les Lettreisur V Inquisition espaqnole, par le comte J. de Maistre, et le livre intitula : le Cardinal limenex et VÉglise d^Espagne^ par le docteur Héfélé, trad. en français.

INSPauCK (c.-à<d. pont de Vlnn), Innsirûek en allemand, Veldidena ou OEnopontum en latin, v. des Etats autrichiens, capit. du Tyrol, à 385 k. S. 0. de Vienne, au confluent de l'Inn et du Sill, qu'on y passe sur un pont magnifique; 16 000 hab. Bâtie en amphithéâtre sur une naute colline. Évôché, université ancienne, rétablie en 1826 ; lycée» école normale, société économique, musée. Soieries, gants, draps, cotonnades, rubans de fil, etc. — firigée en ville en 1234, longtemps résidence des ducs d'Autriche. Occupée par les Bavarois en 1 703, par les Français en 1809.

INSTERBURG, V. murée des Ëtats prussiens (Prusse orientale), à 26 kil. 0. de Gumbinnen, au confl. de TAngerap et de l'Inster ; 8500 hab. Château.

INSTITUT (l') de France. F. ACADÉifiB.

IMSUBRES ou msuBRiENS, en gaulois le-Onibra (c.-à-d. les Sommes forts), peuple de la Gaule Cisalpine, habitait au N. du Pô, entre l'Adda, le Tésin et les Alpes, dans le pays oui correspond au Milanais actuel, et avait pour ch.-l. Mediolanum (Milan). Les Insubres, originaires du pays des JSduens, dans la Gaule transalpine, étaient venus s'établir en Italie lors de la première invasion ffauloise, conduite par Bellovèse. Les Romaiins attaquèrent les Insubres ran 223 av. J.-C, et, par les victoires de l'Adda et de Clastidium, les rendirent tributaires. Unis auxBoIens, ils se révoltèrent en 218, tandis qu'Annibal passait TÊbre : ils battirent Manlius à Modène, puis se déclarèrent pour les Carthaginois; en 215, ils écrasèrent Posthumiusà Litana SvTva; en 204 et 203, ils ouvrirent leur pays à Magcn; c^est sur leur territoire que fut vaincu ce général en 203. En 200 ils prirent part à la quadrunle alliance gaUique contre Rome: mais, battus sur le Mincius par Céthégus en 197 , à Côme par Marcellus, 196, à Mediolanum par Valerius Flaccus, 195, ils furent enfin remis sous le joug.

INTAPHERNE, l'un des sept seigneurs persans qui conspirèrent avec Darius, nls d'Hystaspe, contre le faux SmerdiSp Désespéré de n'avoirpu obtenir la couronne, il conspira contre Darius. Celui-ci le fit mettre à mort avec toute sa famille.

INTfiMfiUENS, peuple de la Gaule Cisalpine (ligurie) , au S. 0. des Ingaunes, sur la Méditerranée, avait pour ch.-l. Albium Intemelium {Vintimille).

INTENDANTS db provimci, intendants miutai- RKS. F. ces art. au Diet. univ, des Sciences.

INTERAMNA (c-à-d. entre les eous). nom de plusieurs V. de l'Italie anc, dont 2 principales: l'une, auj. Terni ^ en Ombrie, entre deux bras du Nar : patrie de Tacite; l'autre, auj. TeramOy chez les Prjctur <**t>ttS. dû Picenum, entre le Liris et le Melpis.

INTERDIT, peine disciplinaire ecclésiastique. F. ««twiudans notre Dia. univ. des Sciences.

INTERIM b'AUd8BOUP.o (l'), formulaire ou concor-

dat dressé à Augsbourg par Charies-Quint en 1548, pour apaiser les troubles religieux de PAllemagne. Il mt ainsi nommé parce ou'il n'était établi que provisoirement en attendant la décision définitive du concile général convoqué à Trente. Il faisait des concessions aux Catholiques comme aux Luthériens, et n'en mécontenta pas moins les deux parties. Il avait été rédigé par J. Pflug, évèq. de Naumoourg, Michel Heiding, évéaue titulaire de Sidon. et Jean Agricola, prédicateur ae l'électeur de Branoebourg.

INTERLAKEN (c.-à-d. entre les lacs) , vge et anc. abbaye de Suisse (Berne), à 42 kil. S. E. de Berne, avec un château et plusieurs hôtels; 1360 hab. Il prend son nom de sa position entre les lacs de Thun et de Brienz. Environs délicieux.

INTERRÈGNE. L'histoire de France ne compte que deux interrègnes : l'un après la mort de Thierry IV (737-742), l'autre après la mort de Louis X, le Hutin (1316), et pendant la grossesse de Clémence, sa veuve. — Dans rempire d'Allemagne, il y eut de fréquents interrègnes. On désigne spécialement sous le nom de Qrandtnterrègnele temps qui s'écoula depuis la mort de Conrad IV (1254), dernier prince de la maison de Hohenstaufen, iusau'à l'élection de Rodolphe de Habsbourg (1273) : aurant cet intervalle une roule de compétiteurs, notamment Guillaume de Hollande, Richard de ComouaiUes, Alphonse X de CastiUe, disputèrent la couronne impériale, et l'Allemagne fut livrée à l'anarchie.

INTERROI, magistrat temporaire qui, à Rome, était chargé du gouvernement lorsque les 2 consuls étaient absents ou morts, ou bien lorsque, la durée des fonctions de ces magistrats étant révolue, l'élection de leurs successeurs se trouvait retardée par un motif quelconque. L'interroi devait toujours être un sénateur; ses fonctions duraient cinq jours, après lesquels on nommait un autre interroi.

INTORCETTA (Prosper) , jésuite de Sicile, missionnaire en Chine, né â Piazza en 1625, mort en Chine en 1697, coopéra à la publication du Taî-hio et du Tchoung-young t traduits en latin sous le titre de Sinarum scientia politicomoralis^ Canton et Goa, 1667, in-foi. On a aussi de lui Tesiimonium de cultu sinensif Lyon» 1700. in-8.

INVAUDES (hôtels des). F. ce mot au Diet. univ. des Sciences.

INVASIONS. Les plus célèbres invasions sont ccelles deaHycsos en Egypte (vers 2310 av. J.-C.) ; des Gaulois (521-389), des Cimbres et des Teutons (106-102), sous la répubUque romaine; la Grande invasion des Barbares dans l'empire romain au iv* siècle (F. bab- BABE8) ; celle des Normands au ix* siècle, dans l'O. de l'Europe, et celle des Arabes dans l'Espagne et la France mérid., du vu* au j* siècle; enfin celles des Mongols et des Tartares, sous Gengiskkcm et Tamer- Ion, du XIII* au xiv* siècle. F. ces noms.

INVENTION DE LA SAINTE CROIX, fête annuelle, célébrée dans l'Eglise romaine le 3 mai en mémoire du jour où Ste Hélène, mère de l'empereur ConsUntin, retrouva la Croix de J.-C. au Calvaire, en 326. F. hélèni (ste).

INVERARY, V. d'Ecosse, ch.-l. du comté d'Argyle, à 130 kil N. 0. d'Ëdiml)Ourg, sur une petite baie; 1250 hab. Pèche du hareng; commerce de laine, bois, etc. Aux env. , château des ducs d'Argyle.

INVERKEITHING, bg et port d'Ecosse (Fife), sur le ffolfe de Forth, à 14 kil. N. 0. d'Edimbourg; 20O0 hab. Salines, houille. Anc. résidence royale.

INVERNESS, V. d'Ecosse, ch.-l. du comté d'Iaverness, à 133 kil. N. 0. d'Aberdeen, sur la Ness; 20 000 hab. Port sûr et commode; quelques édifices passables; industrie développée (toiles, lainages, cotons, cuirs), commerce actif.— In vemess. dit-on, était jadis la capitale des rois pietés. Après la Révolution de 1688 elle commença àdéchoir; depuis 1745, diverses améliorations l'ont un peu relevée.— Le comté d'inverness, entre ceux de Ross au N. , de Peilb et d'Argyle >u S., de Naim, de Murray et d'Aberdeen A l'E. et

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