‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 118 sur 147 · SOMES. (G. B · texte numérisé non relu

SOMES. (G. B

TE\1VA1\TITE, Phillips (nom d'homme).

MIN. — Espèce de Fahlerz ou de Panabase arsénifère, provenant des mines de Cornouailles. Voy. cuivre gris. (Del.)

*TEIVOREA et TEIVORIA. bot. ph. - Le nom de M. Tenore , botaniste distingué de Naples, a été donné successivement à plusieurs genres dont aucun n'a été adopté. Ainsi le Tenorea Rafin. rentre dans le Zan- Ihoxylum d'après De Candolle ; le Tenoria Spreng. est un synonyme du genre Bupls-

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vrum Tourn.; enfln le Tenorîa Denh. se rapporte au genre AsleracanlhaHees, de la famille des Acanlhacées. (D. G.)

*TÉ\Or.ITE, Semmola. min. — Protoxyde de cuivre, d'un gris d'acier passant au noir , qu'on a trouvé en lames hexagonales, minces et élastiques, dans le cratère du Vésuve. (Del.)

TEXREC.MAM. — Genre d'Insectivores, de la famille des Érinacéidés de M. Isidore GeolTroy S.iint-llilaire. Comme chez les Éri- ,;ules, la tête est très allongée, et il existe des incisives, caractères par lesquels ces deux genres se distinguent des Hérissons. Mais, chez les Tenrecs, les incisives sont placées entre de grandes canines tandis qu'elles sont entre de petites canines , chez les Ericules. Ainsi distingués des deux genres de la même famille, lesTenrecsont reçu des noms génériques divers : Cenlenes Iliiger, Seliger Cuvier et Geoffroy, Tenrecus Lacépède. En retirant du genre les espèces qui appartiennent aux Éricules, les Tenrecs comprendraient deux espèces: le Tenrec, Erinaceus ecaudalus Lin.; et le Tenrec rayé, Erinaceus semi-spinosns, que Buffon a pris mal à propos pour un jeune du premier. Par l'extérieur, les Tenrecs ressemblent beaucoup aux Hérissons; leur corps est aussi couvert de piquants; mais ils n'ont pas, comme ceuxci, la faculté de se rouler complètement en boule, ils sont dépourvus de queue. Les Tenrecs sont originaires de Madagascar, mais ils ont été naturalisés aux îles de France et Mascareigne. Ce sont des animaux insectivores, nocturnes, vivant dans des terriers, et s'engourdissantcomme beaucoup de Mammifères du même groupe; seulement, au rapport de Bruguière, l'hibernation des Tenrecs aurait lieu pendant les plus grandes chaleurs. Voy. sommeil d'hiver.

M. de niainville croit qu'on pourrait rapporter au genre Tenrec une demi-mâchoire trouvée en Auvergne, dans un terrain d'eau douce (miocène), et qui aurait appartenu à une espèce de la taille du Hérisson {Centenes anliqnus Clainv.). (G. C.)

TEMACLLAIRE. Tentacularia. helm.

— Synonyme du mot [lamularia , qui indique un genre de vers Nématoïdes. Il a été employé par Zeder, en 1803. (P, G.)

TEM'ACULAIUA. rcntaculum. Tentacule. HELM. — Bosc a donné ce nom à une

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partie des vers que Rudolphi appelle TetrannvNGUES. Voy. ce mot. (P- G-)

* TEMTACLLIFÈRES. Tenlaculifera MOLL. — Nom donné par M. d'Orbigny au se cond ordre des Céphalopodes, dans lequel la tête est moins distincte que chez les Acétabulifcres; la bouche est entourée d'un grand nombre de tentacules cylindriques, rétractiles, sans cupuhes; le tube locomoteur es. fendu dans toute sa longueur; le sac renferme quatre branchies. Tous les Tentaculifères vivent dans la loge supérieure d'une coquille cloisonnée, généralement symétrique, rarement lurriculée. On compte, dam cet ordre, un grand nombre de genres fossiles, et un seul vivant, celui des Nautiles, Ces genres se rencontrent dans les terrains les plus anciens, où les Nautilides sont représentés par des types nombreux, qui se réduisent au seul genre Nautile, dès la fin de l'époque carbonifère; dans les terrains anciens , la famille des Ammonites n'a de représentant que le genre des Goniatites; les Ammonites et genres voisins sont spéciaux aux époques triasique , jurassique et crétacée; aucune ne dépasse la craie blanche. (G. B.)

*TE\TnECA. OIS. — Genre établi par Hodgson sur un Oiseau du Bengale, qu'il désigne spécifiquement sous le nom de Pe- Irico. (Z. G.)

*TEMTHRÉDIIVIEÎVS. Tenlhredinii. ins.

— On désigne ainsi une tribu de l'ordre des Hyménoptères, caractérisée par un corps court et cylindrique; des mandibules fortes et aplaties ; des mâchoires munies de palpes composées de six articles; des antennes assez courtes; un abdomen sessile tellement uni au thorax, qu'il semble n'en être que la suite ; et encore par l'existence, chez les femelles, d'une tarière dentelée en forme de scie.

Latreille, en considération de la nature de la tarière des Tenlhrédiniens, leur appli-i quait la dénomination de Porte-Scie. Cet organe est composé de deux lames écailleuses , denticulées, et logées entre deux autres lames qui leur servent de fourreau. Les femelles se servent de cette tarière pour entailler des tiges, dans lesquelles elles opèrent le dépôt de leurs œufs. En même temps elles sécrètent par la bouche une sorte d'écume, à laquelle on attribue la propriété

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d'empêcher les ouvertures de se fermer. En effet, ces petites fentes augmentent promptement de volume, et forment, dans certains cas, des excroissances qui servent de domicile aux larves.

Les Tenlhrédiniens se font remarquer par leurs métamorphoses. Pendant leur premier élat, ils ne ressemblent nullement aux larves molles, blanchâtres, apodes delà plupart des autres Hyménoptères. Ils ont, au contraire, l'aspect des chenilles ou larves de Lépidoptères. Ils ont même tellement la forme générale, les nuances, les villositésdc beaucoup de ces dernières, qu'on ne les distinguerait pas si Ton ne venait à considérer les pattes. Mais les larves de Tenthrédiniens ont toujours de quatorze à seize pattes membraneuses , ou mamelons qui existent par paires à certains anneaux du corps de l'animal. Les chenilles , au contraire , n'en ont jamais plus de dix. De reste, les unes comme les autres ont ordinairement les trois paires de pattes écailleuses ou ihoraciques qui représentent les membres de l'insecte adulte.

Le caractère général des larves des Tenlhrédiniens leur a valu un nom qui rappelle l'analogie si frappante que nous venons de signaler, celui de fausses chenilles, employé dans les écrits de Réaumur, de Degéer et de beaucoup d'autres naturalistes , et qui , en réalité, leur convient assez bien.

Les Tenthrédiniens , pendant leur premier état, vivent exactement comme les larves de Lépidoptères. Ils se tiennent sur les feuilles. Certains d'entre eux se logent dans une feuille roulée et retenue au moyen de quelques fils'soyeux, comme le font plusieurs espèces de Chenilles. Ces larves d'Hyménoptères ont, en général, l'habitude de se rouler en spirale, ou de redresser brusquement la partie postérieure de leur corps quand on vient les inquiéter.

Parvenues au terme de leur croissance , elles se Oient, soit sur les plantes où elles ont vécu, soit dans la terre, une coque soyeuse , pour s'y renfermer et y subir leur transformation en nymphe. Beaucoup d'entre elles passent l'hiver sous cette forme. Souvent aussi, il arrive qu'elles restent à l'état de larve enfermées dans leur coque pour ne se métamorphoser que plusieurs mois plus tard.

Les Teaibrédiniens sont nombreux en es-

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pèces. L'Europe est le pays où ces Insecte! ont été le plus recherchés ; mais les autres parties du monde ont également des représentants dans ce groupe d'Hyménoptères.

Nous partageons les Tenthrédiniens en deux familles subdivisées en plusieurs groupes. Le tableau suivant indique ces divisions.

Cnipsgrèleft Qomprimé. . . i" famille. CÉPHIDES. Tiiiere r presque aussi Ion.

lies J gupquelfcoips. i"ffroi(p«. Xïélites. femelles ( à peine àaillaiite. 3* groupe, CÉpHiTts.

Corps court et épais 2' famille. TENTURÉDIDES.

lougiies. sptarées,

iiiulii.briiculées i" groupe. Lïdite».

simples, de 9 a i4

aitirlps 2' erotipe. TïSTHRSDITE».

un pnu venflc-PS à

leu.pnt de 3 a 7

ariirlfs 3'= groupe. Htiotomites.

renflées en une fone massue, et n'ayant pas plus de 8 articles. . . 4= groupe. Cimbicitei.

La première famille comprend des espèces qui se rapprochent notablement des Siriciens par l'ensemble de leur organisation. Leurs larves vivent dans l'intérieur des tiges des végétaux. Celle du type du genre Cephus (C. pygmœus) vit dans les tiges du froment, et occasionne souvent des dégâts considérables.

Au groupe des Xvélitf.s se rattache seulement le genre Xyela. A celui des Céphites, les genres Cephus, Phyllœcus et Janus.

La seconde famille, celle àesTenthrédides, comprend la presque totalité des espèces de sa tribu.

Au groupe des Lydites se rattachent les genres Lyda, Tarpa, Lophyrus. V. ces mots.

Au groupe des Tenthrudites appartiennent les genres Cladius, Prisliphora , Nemalus, Dùlerus, TenUiredo, et plusieurs autres formés à ses dépens, Selandria, Alhalia, Perreya, Dyclinna, Camploprtum , Aulacovierus, Pectinia, Waldheimia.

Dans le groupe des Hvlotomites se rangent les genres Schizocera , Plilia, Hylo" totna, Plerygophora, Pachylota, Blastico~ toma, Cephalocera, Scobina-, Sericocera.

Au groupe des Cimbicites, les genres Cini' bex , Abia, Plagiocera, Amaris, Perga.

On doit à Lepelletier de Saint-Fargeau une monographie des Tenthrédiniens publiée en 1823. Depuis, M. Ilartig, en Allemagne , en a publié une autre pour les espèces indigènes. Cet auteur a multiplié considérablement les divisions générique*.

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M. Briillé, en outre {Ins. hyménnpt. , Suites à Bv.ffon , t. IV ), a ajouté récemment plusieurs nouveaux genres fondés principalement sur des espèces exotiques. (Bl.)

TElVTHaEDO. ins —Genre de la famille desTenlhrédiniens, de l'ordre des Hyménoptères, établi par Linné, qui y comprenait toutes les espèces rattachées aujourd'hui par le» naturalistes à la famille des'Tenthrédidcs. Depuis, ce genre a été restreint successivement par Fabricius et surtout par Leach. Cependant il est encore assez nombreux en espèces indigènes. Nous citerons les T.viridis Lin., T. nassata Lin., etc.

Voyez, pour les espèces, les Monographies de Lepelletier de Saint-Fargeau et d'Hartig. Voyez aussi tenthrédiniens. (Bl.)

TEIVTYRIA. (xEVTupa.nom propre), ins.

— G. de Coléoptères hétéromères mélasomes. tribu des Piméliaires , établi par Latreille (Gen. Cruslac. et Ins., t. il, p. I3i) et généralement adopté depuis. Solier {Ann. de la Soc. ent. de Fr., t. IV, p. 330) a mentionné 42 espèces d'Europe, d'Afrique et d'Asie. Nous citerons comme s'y rapportant les T. glabraV.,mucronalaëil\., interrupta Lat. , Senegalensis, Sol. (G.)

*TEl\T\RITES. INS. —Deuxième tribu de l'ordre des Coléoptères hétéromères, famille des Mélasomes, établie par Solier (Annales de la Soc. enlom. de France , t. IV, p. 249), qui la comprend parmi ses Collaptérides. (C.)

TEMJIROSTRES. Tenuiroslres. ois.

— M. Duméril a établi, sous ce nom , deux familles d'Oiseaux, dont le bec est, en général, allongé, grêle, droit ou arqué, et quelquefois flexible et mou : l'une, dans l'ordre des Passereaux, comprend les genres Alcyon, Todier, Sitteiée, Guêpier, Orthorhynque, Colibri, Grimpereau et Huppe; l'autre, dans l'ordre des Échassiers , renferme les genres Avocelte, Courlis, Bécasse, Vanneau et Pluvier. La première de ces familles a été adoptée par G. Cuvier et liliger, mais avec des modifications. Ils en ont exclu les Alcyons, les Guêpiers et les Todiers. (Z. G.)

*TliPÉSIE. Tepesia. bot. ph.— Genre de la famille des Rubiacées-Cofféacées, tribu des Cordiérees , formé par Gaertner fils ( De frucl., vol. III , pag. 72, tab. 192) pour un arbuste du Chili dont on ne connaît que le fruit , qui est unç baie oblongue , à quatre

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loges multi-ovulées. Cette espèce a été nommée Te\>esia dubia Gaîrtn. fils. (D. G.)

*TEPHR:EA (r/cppioç, cendré), ins. — Genre de Coléoptères pentamères, tribu des Scarabéides iMéliiophiies, créé par Burmeisler {Handbuch der Entoniol.) el adopté par Schaum {Ann. de la Soc. Eut. de Fr., 2'sér., t. III , p. 46) sur 2 esp. du Sénégal , les T. pulvernlenta G. P., et punclulata F. (C.)

TEI'IIRAIMTULS, Neck. bot. ph. — Synonyme du Meborea Aubl.

* TEPHRIIVA. INS. — Genre de Lépidoptères, de lu f.iriiille des Nocturnes, tribu des Phalénides, division des Microlépidoptères, créé par M. Guenée {Annales de la Société en tomologique de France). On n'en connaît que deux espèces : la T. murinaria W. V., qui se trouve en France: et la î'. tephraria Boisd., dont la patrie est inconnue. (E. D.)

TÉIMIRITE. Tephrilis frîVpa, cendre).

INS. — Genre de l'ordre des Diptères, famille des Àlhéricères-, tribu des Muscides , soustribu desTéphritides, créé par La treille (Nouveau Diclionnaire d'histaire naturelle, 1804) et adopté par tous les entomologistes. On connaît une trentaine d espèces de ce genre, particulièrement propres à l'Europe. Elles se trouvent sur un grand nombre de plantes telles que la Bnrdane, l'Armoise, l'Onoporde , le Tussilage , sur lesquelles les larves se développent en se logeant dans les parties de la fructification qu'elles dévorent Un Insecte qui pendant très longtemps a été compris dans ce genre, et qui fait beaucoup de mal aux fruits de l'Olivier, le T. oleœ, a été décrit au mot Dacus (voy. ce mot). Nous citerons, comme type, le T; artemisiœ Fab., qui se rencontre communément sur l'Armiise, et dont M. Robineau-Desvoidy a fait son genre Forellia. (E. D )

*TliPHRITIDES. rep/iri(«dœ, Mag. ins.

— Sous-tribu de la tribu des Muscides, famille des Athéricères , ordre des Diptères. (E. D.)

* TEPHROCLYSTIA (xeVpa, cendre; xJtuerT-Jjp clystère?). ins. — Genre de Lépidoptères Nocturnes, de la tribu des Phalénides d'après Duponchel, et de celle des Géométrides selon M. Boisduval, indiqué par Hubner (Cal., 1816). (E. D.)

*TEPIIR0D0R1V1S. ois. — Genre établi par Swainson, dans la famille des Lanidées, sur le Lanius Musciçapoïdes, Frankl. (Z. G.)

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TÉPHilOÏTE, Uieilbaupt. min. — Silicate de Manganèse, de la formule SiO, MnO, en niasses cristallines, divisibles parallèlement aiii pans d'un prisme à bases carrées, de couleur grise ou d'un brun rougeâlre, ayjnt un éclat gras et une densité de 4,2. On l'a trouvée a Sparta, dans le New Jersey, où elle accompagne la Zincite et la Franklinite. (Del.)

*TEPI1R0\IA (rtVpa, cendre), ms. — Genre de la tribu des Phalénides, famille des Nocturnes, ordre des Lépidoptères, indiqué par Hubner {Cal., 1816). (E. D.)

*TEPIiROSIA (Tfcppa, cendre), ins. — Genre de l'ordre des Lépidoptères , famille des Nocturnes, tribu des Géométrides Boisd. {Phalénides Dup.), créé par M. le docteur Boisduval {Ind. meth. Eur. Lep., 1840) et adopté parDuponchel {Cat. mélh. Lep. Eur., 1844). On ne connaît qu'un petit nombre d'espèces de ce genre, et elles sont particulières au nord de l'Europe. Nous citerons , comme type , la T. crepuscularia W. V., qui est assez commune en France, depuis le mois de mars jusqu'au mois de juin. (E. D.)

TÉPHROSIE. Tephrosia (T£>pa, cendre).

BOT. PH. — Grand genre de la famille des iégumineuses-Papilionacées , tribu des Lotées, créé par Persoon {Eiichirid. , vol. II , pag. 328) pour des espèces rangées jusquelà dans le genre Galega. Ce sont des plantes herbacées , sous-frutescentes , frutescentes ou arborescentes , propres aux contrées les plus chaudes du globe. Elles sont généralement revêtues d'un duvet soyeux , qui leur donne une teinte cendrée; c'est de là qu'a été tiré leur nom générique. Leurs feuilles sont pennées avec foliole impaire , le plus Bouveiit multijuguées, avec des stipules sans stipelles; leurs fleurs sont blanches, couleur de chair ou violacées, disposées en grappes ; elles présentent un calice quinquéfide, dont les deux lobes supérieurs plus profondément séparés; un étendard presque orbiculairc , très étalé et plus ou moins réfléchi , hérissé en dehors, à peine plus long que la carène et les ailes qui sont adhérentes entre elles; •10 étaniiiies monadelphes. A ces fleurs succède un légume linéaire, comprimé, droit ou arqué, tantôt continu, tantôt étranglé entre les gr.'iines; celles-ci sont comprimées ou aneuleuses. Dans le 2" volume du Prodrome, De Candolle avait décrit 86 espèces de Té-

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phrosies, et il en avait signalé en outre 17 espèces imparfaitement connues. Plus récemment on en a publié de 3r\ à 40 nouvelles , ce qui en porte le nombre total à plus de 100. Ces nombreuses plantes se partagent en quatre sous genres : a. lieineria Mœnch; b. Craccoides DC. ; c. Brissonia Neck. ; d. AJundulea DC. Parmi elles, plusieurs sont intéressantes à divers titres. Le 2'ephrosia tiiicloria Pers. {Galega tinctoria Linn.) donne de l'Indigo de bonne qualité; aussi lui donne-t-on à Ceyian le nom iVAnil, qui appartient spécialement à une espèce d'Indigotier. Les feuilles du Tephrosia semia Kunth sont purgatives, et employées dans lo province de Popayan, aux usages pour les quels nous recourons au Séné. La racine du Tephrosia leploslachya DC, espèce «nnuelle, du Sénégal , y est employée comme purga>^ tive, d'après M. Leprieur. Le Tephrosia loxicaria Perg., des Antilles et de Cayeiine, sert à empjisonner le poisson, sans toutefois lui communiquer ses propriétés vénéneuses.

Enfin De Candolle a signalé la position remarquable que prennent, pendant le sommeil, les folioles du Tephrosia Caribœa DC, des Antilles. Vuy. sojûmkil des plante». (P D.)

*TEUACOLlJS (TEpot;, miracle; x^oç, mutilé). INS. — Genre de Lépidoptères, de la famille des Diurnes, tribu des Papilionides, crééparM.Swainson [Zool., III, 2'sér., 111, 1833) pour de belles espèces étrangères à l'Europe. (E. D.)

lERAMNUS, P. Brown. bot. ph. —Synonyme de Glycine, famille des Légumineuses-Papilionacées.

TÉRAPOÎV. poiss. — Voy. ihérafos.

*TERAPOPUS (TepairoJTtoç , monstrueux d'aspect), ins. — Genre de Coléoptères téiramèrefe, division des Byrsopsides, établi par Schœnherr {Gênera et sp. Curculio. syn. Mantilla, t. VIII, p. 430 ) sur une espèce du cap de Bonne-Espérance» T. HoUentolus. (C.)

*TÉRAS (Tf'paç, miracle), ins. — Genre de Lépidoptères nocturnes, de la tribu desTortricides (P/a(iyomides Dup. , créé parTreitscke 'Schmetl., VU, 1829) pour quelques espèces très voisines des Torlrix. Nous citerons , comme type , le T. caudana Fabr., qui se trouve dans le nord de la Frante. (E. D.)

*TERASIA(T.'>a;, miracle), ms.— Hubner {Cat., 1816) désigne ainsi un genre de

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Lépidoptères nocturnes, de la tribu des Dombycites. (E. D.)

*TERATHOPIUS. ois. —Nom latin du genre Bateleur, dans la méthode de M. Lesïon. (Z. G.)

* TERATICHTHYS ( f/pa; , prodige ; «X^v? , poisson), poiss.— Genre de Poissons rapporté au groupe des Cténoïdes de M. Agassiz (Konig, Icon. secl., 1825). (G.B.)

*TERAÏ0DES. INS.— Genre de la famille des Acridides, de l'ordre des Orthoptères , établi par M. Brullé (Histoire des Insecles) sur une seule espèce de Java, T. monticollis {Acridium monlicolle Gray), remarquable par le prothorax relevé en forme de crête, les mandibules fortement dentées, le prosternum muni d'un tubercule, les cuisses postérieures assez minces et inermes, etc. (Bl.)

TÉRATOLOGIE. Teralologia (ripixç, monstruosité , prodige; et Aoyo? , discours , traité). — C'est le nom proposé par nous eu 1832 , et aujourd'hui consacré par l'usage , pour désigner l'ensemble de nos connaissances sur les anomalies de l'organisation. Longtemps confondue au sein de l'anatomie et spécialement de Tanalomie pathologique, longtemps sans bases certaines, sans principes qui lui fussent propres, la Tératologie a été élevée , par les travaux accomplis depuis un demi-siècle en France et en Allemagne, au rang d'une branche nouvelle des connaissances humaines, au rang d'une science distincte, ee mot étant pris dans •on sens le plus spécial. Elle a, en effet, aujourd'hui, ses règles, ses classifications, sa langue et sa nomenclature, remarquables par une précision et une régularité bien rares en histoire naturelle; par conséquent, son eïistence propre comme science , unie d'ailleurs par des liens intimes avec toutes les autres branches des sciences de l'organisation.

Par uneextension parfaitement légitimée, tant par la nature des faits étudiés que par la similitude des considérations qui peuvent être déduites et des applications qui peuvent être faites, les botanistes ont donné le nom ie Tératologie végétale à la branche qui traitedesanomalies de l'organisation chez les plantes. Le remarquable ouvrage, publié par M. Moquin Tandon sous le titre d'Éléments de Téraiologie végétale , montre mieux que

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tout autre la parfaite analogie qui exista entre la Tératologie animale et la Tératologie végétale. Le savant professeur de Toulouse a mis celte analogie dans tout son jour, adoptant, avec le nom de Tératologie, les définitions générales, et même, en partie, le plan , la classification et la nomenclature précédemment employées pour l'étude des anomalies de l'organisation animale.

Tout récemment, un chimiste distingué, M. Baudrimont, a donné au mot Tératologit une extension beaucoup plus considérable; un Mémoire, lu par lui à l'Académie des Sciences, en novembre 1847, porte ce titre : Recherches sur la structure et la Tératologie des coi'ps cristallisés (Comptes rendus des séances de l'Académie, t. XXV, p. 668). « Pénétré , dit •• il , de la pensée que la plupart des anomalies offertes par les cristaux étaient elles-mêmes soumises à des lois, j'ai rassemblé le plus de matériaux que j'ai pu pour les soumettre à l'étude... C'est parce que les observations à faire roulent principalement sur de prétendues anomalies ou des monstruosités que je donne à cette partie de la science le nom de Tératologie, ainsi que cela a été fait pour le règne animal par le créateur de la Tératologie des corps organiques , science qui a jeté une si vive lumière sur les lois de l'organogénie , et, en général, des sciences anatomico-physiologiques. » M. Baudrimont s'est placé ici, on ne saurait le contester, à un point de vue neuf et curieux , et c'est avec toute raison qu'il insiste sur la possibilité d'éclairer les lois de la cristallisation, et, plus généralement, de la formation et de la structure des minéraux, comme on éclaire les lois de l'organisation animale ou végétale, à l'aide des anomalies apparentes. Tenter de répéter dans une science ce qui a réussi dans une autre, est souvent ouvrir une voie neuve et féconde. Toutefois on doit se garder d'exagérer la valeur du rapprochement fait par M. Baudrimont, et de prétendre établir une véritable parité entre des sujets d'étude qui sont, au fond, fort dissemblables. Tandis que la Tératologie animale et la Tératologie végétale non seulement se lient intimement l'une à l'autre , mais même se confondent , à un point de vue élevé, en une seule et même science, la Tératologie générale, l'étude des irrégularités des cristaux, n'offre

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que des analogies très éloignées avec l'élude des anomalies organiques. I-es phénomènes qui appartiennent à la première, les considérations qui lui servent de base , les lois qu'elle recherche, et, par suite, la méthode qu'elle emploie, ne sont pas moins dilTérents (les Taits, des considéraiions, des lois, de la méthode de la Tératologie organique, que la minéralogie et la physique normales , s'il nous est permis de parler ainsi , ne le sont de la zoologie, de la botanique et de la physiniogie.

En excluant comme étranger à la Tératologie proprement dite tout ce qui concerne les anomalies des minéraux, et même en renvoyant aux articles généraux de botanique (voy. TRANSFORMATION, CtC.) ICS IlOtJOnS

sur les anomalies végétales, nous nous trouvons encore en présence d'un sujet tellement vaste que nous ne saurions avoir la prétention de le traiter ici dans son entier. Mais nous nous efforcerons du moins de tracer un résumé des progrès successifs et de l'état présent de la science; résumé nécessaire pour compléter, sur les points les plus importants, et pour relier entre eux les articles spéciaux que nous avons consacrés précédemment ou que nous consacrerons par la suite à la Tératologie.

CONSIDÉRATIONS SUR l'HISTOIRE ET L'ÉTAT PRÉSENT DE LA. TÉRATOLOGIE.

Des faits mal observés, devenant le texte d'une multitude de contes, de fables, d'explications absurdes; dans une seconde époque, des descriptions bien faites, mais presque toujours sans comparaison établie entre les faits, sans applications et sans conséquences déduites; plus lard encore, une sévère critique introduite en Tératologie, une multitude de faits recueillis, bien observés, bien décrits, et devenant souvent la source d'applications importantes en même temps qu'ils sont ramenés à des lois : tel est, en quelques mots, le résumé de l'histoire que nous avons à faire des progrès successifs de la Tératologie. Cette histoire se partage donc naturellement en trois périodes, que l'on peut distinguer et caractériser par les noms de fabuleuse, positive et scientifique.

§ I, Période fabuleuse.

Lorsqu'au commencement de cet article, T. xir

teh

nous avons signalé la Tératologie comme une branche nouvelle du savoir humain, nous n'avons pas prétendu dire que , jusqu'à ces derniers temps, l'observation des anotnalies eût été toujours délaissée. Bien loin qu'il en soit ainsi, il est inconteslabic qu'un très grand nombre d'anomalies ont excité (ies l'aniiquité l'allention des naturalistes, <les ariatomistes, des médecins, des philosophes Si l'antiquité d'une science ajoutait quehjue chose à son importance réelle, on serait en droit de faire remoiiler l'origine de la Tératologie à une époque aussi reculée que celle de la zoologie et de l'anaiomie elle-même. Empédode, Démocrite, Arislole, Pline, Galien pourraient être cités comme les premiers tératologues. Mais que trouve-t-on dans leurs ouvrages? Bien rarement quelques faits ou quelques idées dont la science puisse utilement tenir compte. Aristote lui-même ne voit dans les anomalies que àes erreurs de la nature ( âaapTnuaTa tT;? (pûcreo); ), et il en néglige l'étude. Pline se borne a dire d'elles : Ludibria sibi, nobis miracula ingeniosa fccit nalura; phrase souvent reproduite par les modernes, qui, eux aussi , n'ont vu si souvent dans les anomalies que des jeux , des jouets , des caprices de la nature, ludibria ou lusus naturœ. Et celte dernière expression a même fini par être consacrée par l'usage, à ce point que le mot Nalurspiel {lusus naturœ) est encore aujourd'hui le synonyme allemand du mot variété.

Les modernes, jusque vers le commencement du xviii' siècle, imitent l'exemple des anciens. Des observations vagues, incomplètes, recueillies au hasard, des ouvrages où l'on voit à peine une vérité utile au milieu de cent erreurs grossières, les plus absurdes préjugés régnantsansconstesialion, des explications enfantées par la superstition et dignes d'une telle origine, voila ce que nous trouvons dans les livres léralologiques du xvi* siècle et du xvii' lui-même, époque où l'anaiomie commençait à briller d'un si vif éclat. L'étude des ouvrages publiés durant cette longue enfance de la science , si elle excite souvent la curiosité et même l'étonnement, est rarement instructive: on ne saurait s'y livrer sans éprouver une impression de tristesse et de regret à la vue de tant defforis faits en pure perte. Et même ce n'est pas la

philosophie seule, c'est aussi la morale qui

gémit des erreurs dans lesquelles la superstition a si longtemps entraîné les hommes instruits aussi bien que le vulgaire.

Je présenterai de courtes remarques, d'abord sur les Faits, puis sur les idées et les explications alors admises.

A l'égard des faits, le caractère le plus remarquable de cette période, et celui que rappelle le nom sous lequel je l'ai désignée, est l'aveugle crédulité de tous les lératologues. Dans le xvi*, dans le xvii", et même encore au commencementdu xyui'siècle, unauteur, trompé par de fausses apparences ou par un bruit populaire, n'avait pas plus tôt annoncé un fait paradoxal qu'il était admis par tous, et toujours avec d'autant plus d'empresseïnent qu'il devait paraître plus incroyable. On eût dit qu'alors la science avait pour but la recherche, non du vrai, mais du merveilleux. Souvent même, lorsqu'un auteur avait donné, d'un être monstrueux, une de ces désignations vagues qui tenaient alors lieu de descriptions, ses successeurs ne se faisaient aucun scrupule d'imaginer, d'après ces simples données, une figure que tous les ouvrages ultérieurs reproduisaien comme authentique. Il n'est pas jusqu'aux monstres nés dans l'antiquité qui n'aient été plus d'une fois représentés sur quelques mots vagues de Tite-Live, de Valère-Maxime ou de quelque auteur d'une égale autorité scientifique De la toutes ces fausses anomalies, tous ces faux monstres, ces hommes à tête ou à membres de chien, de mouton, d'éléphant, d'oiseau, de licorne, ces monstres faits à l'image du diable, ces centaures, ces dragons, ces sirènes dont tous les anciens tératologues ont rempli leurs ouvrages; et cela, jusque dans une époque où plusieurs sciences, et l'anatomie elle-même, s'avançaient à grands pas dans la voie du progrès. Il est presque inutile de dire que les explications de ces prétendus faits n'avaient pas une valeur plus scientifique. La cause la plus généralement assignée à la naissance des monstres, c'est la volonté de Dieu, soit «ju'ils fussent destinés à attester parl'étrangeié de leurs formes la puissance sans limites du créateur, soit surtout qu'ils fussent envoyés comme preuves de sa colère et comme présages des calamités publiques.

Aucune vérité ne fut jamais crue plus fermement et plus universellement que celte

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dernièreetdéplorableerreur. On trouve dans un grand nombre d'ouvrages des maximes ou axiomes tels que ceux-ci:

Portendit iram quod libet monslriiih Dei. Monstrum omne belli tempore exstat rrebixi.

Une autre cause encore, presque aussi généralement assignée à l'apparition des monstres, est l'intervention, ou, selon l'expression consacrée à cette époque, l'opéralion du démon ; ce principe du mal presque toujours placé après Dieu, par un accord singulier de la superstition grossière des peuples, de la plupart des religions, et de la philosophie de plusieurs siècles. Tantôt, disent les anciens tératologues, le démon fait glisser dans la matrice des causes de monstruosité ; tantôt, au moment même de la naissance, il substitue au fœtus un monstre apnorté d'ailleurs; parfois encore il fasoine les yeux des spectateurs, et fait paraître monstrueux un enfant qui, en réalité, est bien conformé.

Enfin les exemples ne manquent pas de monstres attribués à des unions adultérines entre l'homme et la brute : déplorables préjugés que des malheureux, accusés de débauches invraisemblables et souvent impossibles, ont plus d'une fois payés de leur liberté ou expiés dans les supplices. Entreaulres exemples, les ancieiis tératologues n'hésitent pas, d'après d'absurdes traditions populaires , a assigner pour bisaïeul a Suénon roi de Danemark, un homme tout velu, fils d'un ours. Licelus lui même regarde ce fait et plusieurs autres analogues comme parfaitement constatés , et il s'en autorise pour établir la vraisemblance de la fable du Minotaure, et de l'origine assignée par les haines populaires à Attila , fils d'un chien, selon quelques anciennes chroniques.

On ne s'étonnera pas que, dominés par de telles croyances, restes des superstitions du moyen âge, les auteurs du xvii' siècle approuvent presque unanimement la barbarie «es lois grecques et romaines qui condamnaient a mort les enfants allectés de monstruosité ou d'hermaphrodisme. Quelle pitié pouvait-on ressentir pour des êtres dans lesquels on voyait ou les messagers de la colèie dixine , ou les produits de l'opération du démon, ou les fruits d'unions coupables, ds profanations grossières «t dégoûtantes de la

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dignité humainc?Maiscequi pourra paraître RJiigulier dans le siècle éclairé où nous vi- ▼oiis. c'est de voir, dans quelques ouvrages lin tenfips, ces lois, non moins absurdes que cruelles, justiGées par de prétendues considérations philosophiques. Il est surtout impossible de ne pas éprouver quelque surprise, lorsqu'on voit Jean Riolan lui-même, homme vraiment supérieur à son époque, établir, comme une nouveauté hardie, que l'on peut se dispenser de faire périr les sexdigilaires, les individus à tête disproportionnée, les géants et les nains, et qu'il suffit de les reléguer loin de tous les regards. AinsiRiolan, en leur faisant grâce de la vie, les exile du moins de la société, n'osant se dérober enlièremcut au joug de la superstition et des préjugés contemporains.

§ 2. Période positive.

Nous passerons rapidement sur celte seconde période qui ne comprend que la première moitié du xviii* siècle. A ce moment, la Tératologie perd le caractère merveilleux et mystique qu'elle avait revêtu dans la première période: elle devient positive. C'est la transition des fables du premier âge aux conceptions vraiment scientifiques et philosophiques.

Dans le cours de cette période, la Tératologie offre, dans son ensemble, un spectacle beaucoup plussatisfaisant; les progrès vers le bien sont évidents. Sans doute de fausses explications exercent encore leur fâcheuse inluencesurles hommes les plus distingués de :e temps; sans doute les préjugés du siècle Précédent n'ont point encore disparu devant cet esprit d'examen et de sage critique qui forme l'un des caractères de l'époque suivante; mais déjà l'importance de l'observation est sentie, et un grand nombre de faits sont recueillis avec exactitude.

A la vérité , exception faite de Duverney, de Winslow, de Lémery et de quelques autres, les anatomistes qui se livrent à des recherches sur les monstres y sont portés moins par un véritable sentiiuent de l'utilité de ces recherches, que par un intérêt né de la curiosité ei de ce gnût pour la nouveauté qui est si naturel a l'homme. Habitués à la vue (le certaines formes, n'apercevant, pour ainsi dire, dans tous les individus d'une même espèce qu'un seul et même individu,

ils s'étonnent à l'apparition de ces formes insolites, de ces combinaisons nouvelles qu'il leur arrive quelquefois de rencontrer, et bientôt de l'étonnement ils passent à l'intérêt: ils se cotnplaisent dans un spectacle tout nouveau pour eux, et notent avec empressement toutes les anomalies qu'ils obscr< vent. La science, qui profite de ces travaux, n'en est point le but réel : de tels observateurs ne sont point animés d'un zèle véritablement scientifique; leurs sentiments, leurs plaisirs sont seulement ceux qu'éprouve, en arrivant dans des montagnes escarpées , en apercevant autour de lui des traces de bouleversement, le voyageur qui longtemps n'avait eu sous les yeux que le spectacle beau, mais un peu monotone, d'une tranquille vallée. Si l'on nous permet de suivr- notre comparaison, qu'il y a loin des impressions vagues, fugitives du voyageur, de cetteadmiration sans résultat , aux méditations dans lesquelles le même tableau entraîne la pensée du géologue! Lui aussi il admire; mais, de plus, il comprend , il s'explique le spectacle qu'il a sous les yeux; il y puise une instruction profonde: chaque site nouveau, chaque accident de terrain lui révèle un fait de l'histoire de la création; et quelquefois même, lisant le passé dans le présent, il se reporte vers ce monde antique qui a précédé l'homme de tant de siècles, et assiste par la pensée à la formation de ces débris gigantesques de l'ancien ordre des choses.

Dans la seconde période, si les monstres ne sont plus des objets d'épouvante, ils ne sont donc point encore les sujets d'études vraiment scientifiques ; les sentiments qu'ils inspirent aux anatomistes sont ceux d'un intérêt et d'une curiosité vagues qui néanmoins conduisent à des résultats positifs et u'iles, parce que les auteurs qui cultivent la lâratologie sont des anatomistes, et qu'ils Vy»»- lent dans l'observation des êtresanomaux l'exactitude habituelle et l'esprit sévère de leur science, déjà si avancée à cette époque.

§ 3. Période scientifique.

Le commencement de cette période est marqué par la publication de l'excellent traité De Monstris de Haller, ouvrage dans lequel l'auteur, faisant un résumé fidèle et lucide des connaissances de cette époque, montre, avec une science profonde et una

TE il

•mmense érudiiion, un esprit de doute et d'examen inconnu avant lui.

Le traité De Monstris a exercé sur les progrès de la Tératologie une très grande influence. Les observations nouvelles que l'auteur y a consignées, les descriptions anaiomiques dont il l'a enrichi, sont autant de modèles de genres; mais surtout on doit à Huiler un progrès capital par lequel devaient être précédés et préparés tous les autres. Ce progrès, c'est la distinction fuite, avec une admirable sûreté de jugement, entre les erreurs et les vérités qui composaient, nous ne dirons pas le trésor, mais la masse, le cbaos des connaissance de son époque. Le départ, la séparation du vrai et du faux une fois opérée , la Tératologie se trouve tout à coup affranchie des entraves qui s'opposaient à son avancement. Des moyens de vérification sont mis à la portée de chacun , et les résultats d'un observateur ayant désormais pour garantie ceux de tous les observateurs antérieurs, la critique scientifique est créée pour la Tératologie.

Du moment où l'on put distinguer avec certitude le vrai du faux, du momentoù, sur la base désormais solide que Ton devait à Haller, il fut possible de construire, on sentit le besoin de le faire. Les physiologistes se présentèrent les premiers. L'utilité des connaissances lératologiques pour l'étude des fonctions et des phénomènes de la vie, fut bientôt comprise, et de nombreuses applications furent faites. L'absence du cerveau el de la moelle épinière chez des monstres qui, cependant, peuvent vivre plusieurs heures et même plusieurs jours hors du sein de leur mère; celle de la tête tout entière, chez beaucoup d'autres, et, avec elle, celle du cœur, des poumons et de la plupart des viscères abdominaux; l'imoerforation de la bouche ; l'interruption d^ i £sophage, dans d'autres cas : tels sont les faits lératologiques que les anciens physiologistes ont le plus souvent appelés à l'appui de leurs théories,

' Cependant, il faut le dire, quelque parti que les physiologistes du xviu' siècle aient pu tirer de l'étude des êtres anomaux, ils n'ont pas soupçonné la richesse de la mine qu'ils venaient d'ouvrir. Us n'ont pas su voir, dansles phénomènes lératologiques, des expériences que la nature nous donne toutes

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faites, en prenant elle-même le soin d'écarter ces nombreuses causes d'erreur qui, dans les cas ordinaires, viennent compliquer et voiler les résultats obtenus.

C'est qu'alors un tel progrès était absolument impossible. Non seulement les faits n'étaient point assez nombreux, mais des opinions erronées et des hypothèses douteuses composaient encore toute la philosophie de la science. Or, pour que des faits d'un ordre nouveau puissent fournir de nombreuses applications, pour qu'ils puissent être élevés à toute leur valeur comme preuves scientifiques, deux conditions sont indispensables. La première, déjà remplie avec succès par Haller, est que ces faits soient bien prouvés. La seconde est qu'ils soient bien compris , sinon dans leurs causes, du moins dans leur nature; et, pour que cette seconde condition pût être remplie, il fallait d'abord que les études sur l'organisation normale reçussent une direction nouvelle; il fallait que fussent créées l'embryogénie et l'anatomie philosophique.

Arrêtons-nous ici quelques instants sur l'époque mémorable qui vit se développer la première, et naître la seconde de ces sources nouvelles.

Harvey et les auteurs du tvu* siècle, Haller et ceux du xviu', s'étaient occupés avec un immense succès de l'histoire anatomique de l'homme. On put croire un instant, au commencement de notre époque, que la science était achevée, et qu'il ne restait plus qu'à glaner péniblement dans un champ ou tant d'hommes distingués avaient prélevé de si riches moissons. Mais, dès la première année de notre siècle, Bichat crée une anatomie nouvelle; et, vers la même époque, la zootomie, jusqu'alors simple collection de faits, s'enrichit de théories , prend un caractère philosophique, el| s'élève au rang de science. Ainsi, presque en même temps, s'ouvrent deux routes nouvelles vers la connaissance de l'organisation, et bientôt d'habiles observateurs se signalent dans l'une et dans l'autre par do brillantes découvertes. i

De tels succès devaient en enfanter d'autres. Encouragés par l'exemple , entraînés par la vive impulsion que tant d'efforts ont imprimée à l'anatomie, quelques hommes, doués d'un génie vraiment créateur, veulent

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sortir de ces voies si nouvelles encare, mais qui dc'jà ne leur suffisent plus. Ils comprennent que d'autres sciences, fondées sur l'élude de l'organisation , peuvent encore étendre le domaine de l'esprit humain. Les faits sont déjà connus et coordonnés , leurs rapports sont déduits et appréciés; mais ces faits et ces rapports dépendent de lois générales qu'un voile épais couvre encore : c'est ce voile qu'il importe de soulever. Bien lût des observations sont faites dans un nouvel esprit. I>es faits déjà connus sont repris et étudiés avec soin; une méthode puissante leur demande et en obtient des conséquences auxquelles personne n'avait jamais songé. L'homme adulte est comparé à l'embryon; puis les animaux sont comparés à l'homme adulte et à l'embryon : et de cette double comparaison, faite sous l'inspiration d'idées neuves et philosophiques, naissent deux branches, dont l'existence était à peine soupçonnée il y a vingt ans, et qui , aujourd'hui , dominent la science anatomique tout entière.

L'une nous révèle les véritables lois des formations organiques; l'autre embrasse dans leur immense étendue les faits généraux de l'organisation animale considérée dans toutes les espèces et dans tous les âges : toutes deux nous font de précieuses révélations sur l'essence des organes , sur la composition intime des appareils. L'une nous fait assister à leur création; l'autre les décompose par une savante analyse, et nous montre des éléments partout identiques, disposés selon des règles invariables. Dès lors, l'embryogénie est placée sur ses véritables bases; l'anatomie philosophique est créée, et la tératologie peut se produire à son tour selon cette loi éternelle du développement de l'esprit humain : une notion acquise, une découverte faite, est un pas vers une notion , une découverte nouvelle, et plus nous savons , plus il nous est facile d'apprendre encore.

I L'anatomie philosophique, par la Théorie de r unité de composition, et par la longue série des travaux de Geoffroy Saint-Hilaire, nous avait montré les animaux composés de matériaux toujours semblables , et toujours disposés suivant les mêmes lois; elle nous avait fait apercevoir, entre les êtres des degrés les plus éloignés de l'échelle,

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des rapports curieux et inattendus; enfin/ elle nous avait appils à ne voir, pour ainsi dire, dans tous les animaux d'un même embranchement, qu'un seul et même animal , et à distinguer au milieu des diversités infinies qu'y introduisent le sexe, l'âge, l'espèce, ce fond commun, dont la nature, fidèle à l'unité, ne consent presque jamais à s'écarter. Ces idées grandes et ingénieuses appartiennent essentiellement à notre époque; les travaux contemporains en ont seuls donné la démonstration , quoiqu'elles eussent été pressenties et en partie admises à l'avance sur de vagues observations par Aristote et. par quelques modernes ( Toy, nos Essais de Zoologie générale, p. 184, et suiv., et Vues, travaux et doctrine de Geof froy Saint-Hilaire, 1S47, p. 143 et suivantes), et quoiqu'on eût pu, au besoin, les concevoir à priori; car, si le créateur est un , pourquoi la création ne serait-elle pas une?

La possibilité de ramener les monstres au type commun était une déduction nécessaire et facile, un corollaire indispensable de la théorie de l'unité de composition organique. Lorsqu'on reconnaissait que les classes diverses du règne animal sont établies sur un seul et même type, il devenait difficile et presque absurde d'admettre l'existence de plusieurs types dans une seule et même espèce. Cependant il ne suffisait pas d'établir théoriquement un fait aussi important; et d'ailleurs, la doctrine naissante de l'unité de composition , bien loin de pouvoir servir de base à d'autres théories , réclamait elle-même à cette époque de nouvelles preuves. L'anatomie philosophique ne devait donc que poser la question. Une solution fut demandée î' l'embryogénie, et celle-ci répondit par la Théorie de l'arrêt, du retardement, ou mieux et d'une manière générale, des inégalités de développement.

La ci.'ation de cette théorie signale une époque importante par elle-même, et l'iuâ importante encore par les progrès rapides qu'elle annonce et prépare pour l'avenir. Jusqu'alors on n'avait vu dans les phénomènes tératologiques que des arrangements irréguliers, des conformations bizarres et désordonnées; vain spectacle par lequel la nature prenait plaisir à se jouer des obser-

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valeurs en s'affranchissant de ses lois ordinaires.

La théorie des inégalités de développement montre enfin le vide caché sous de telles explications. Ellle fait voir que jusqu'alors on s'était payé de mots, et qu'on avait délaissé les faits. A l'idée d'êires bizarres, irréguliers, elle substitue celle plus vraie et plus philosophique d'êtres entravés dans leurs développements, et où des organes de l'âge embryonnaire, conservés jusqu'à la naissance, sont venus s'associer aux organes de l'âge fœtal. La monstruosité n'est plus un désordre aveugle, mais un autre ordre également régulier, également soumis à des lois; ou, si l'cui veut, c'est le mélange d'un ordre ancien et d'un ordre nouveau, la présence simultanée de deux états qui, ordinairement, se succèdent l'un l'autre.

A ce point de vue, la science des anomalies est liée d'une manière intime avec l'anatomie, et surtout avec celle de ses branches qui s'occupe de déterminer les lois du développement et l'ordre d'apparition de nos organes. Les êtres anomaux, d'après la nouvelle théorie, sont, à quelques égards, des embryons permanents; ils nous montrent, à leur naissance, des organes simple.^ comme aux premiers jours de leur formation, comme si la nature se fût arrêtée en chemin pour donner à notre observation , trop lente, le temps et les moyens de l'atteindre. La tératologie est donc inséparable, à l'avenir, de l'embryogénie. Elle contribuera d'une manière efficace à ses progrès, et en recevra à son tour des services non moins signalés. En un mot, il y aura entre l'une et l'autre liaison intime, secours mutuel et avantage réciproque.

TosUefois, la théorie des inégalités de iléveloppemenl n'embrassait point dans son cisemble tous les phénomènes léralolo- ^iques. Elle nous apprenait beaucoup sur les monstres par défaut, mais presque rien sur les monstres dits par e\ch. L'embryogénie, consultée une première fois avec tant fie bonheur, fut encore interrogée, et un nouveau succès répondit à une nouvellr icntalive, La formation du système vascu- 1.1 ire, étudiée sous un point de vue neuf et philosoiiliique , et sous l'inspiration de la belle Théorie du développement centripète,

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révéla une loi importante à l'aide de laquelle les monstruosités par excès peuvent être, à quelques égards , rapportées à leur came prochaine. Lorsqu'un organe est double, lo tronc ou la branche vasculaire qui le nourrit e.<;t double aussi, de même que l'absence d'une partie est liée nécessairement à celle de son artère.

Cette loi, simple en apparence et facile à déduire, est cependant d'une haute imporance pour la science; car elle pose à la monstruosité des bornes certaines et nécessaires, et nous explique pourquoi toutes ces créations désordonnées, tous ces assemblages bizarres que nos pères s'étaient plu à niaginer, ne se sont jamais présentés à l'observation.

De tous les faits généraux , et de ceux surtout qui ramènent la plupart des anomalies a des inégalités de développement, nous allons voir maintenant naître, comme conséquence, l'alliance intime de la Tératologie avec la philosophie naturelle et lu Zoologie. D'une part, en effet, d'iiprès ia féconde théorie des inégalités, les êtres anomaux forment une série cûmpar;ible et parallèle à la série des âges de l'embryon et du fœtus; de l'autre, ainsi qu'il résulte de nouvelles et profondes recherches inspirées par l'anatomie philosophique, on peut assimiler aussi à cette dernière série la grande série des espèces zoologiques. De la découlait un rapprochement naturel entre les degrés divers de la inonslruosité et ceux de l'échelle animale. De la résultait aussi la démonstration complète de celte proposition déjà énoncée, que la monstruosité est non un désordre aveugle , mais un ordre particulier soutnis à des règles constantes et précises. Enfin une troisiètne et non moins importante conséquence , c'était la possibilité d'appliquer à la classification des Monstres les formes et les principes des méthodes linnéennes. C'est, en effet, ce qui a été exécuté avec un véritable suc( es dans ces derniers temps, d'abord par mon père, qui a donné â la fois les premiers préceptes et les premiers exemples, etcequed'auires ont continué depuis avec persévérance. L'entreprise difficile de créer pour les Monstres une classification vraiment naturelle, de substituer une méthode vraiment satisfaisante aux anciens sjslèmesj, est sans doute loin d'être lermi-

hée; mais il est permis d'afûrmer que la Tératologie est aujourd'hui plus voisine que la zoologie de ce but, que ni l'une ni l'autre ne saurait au reste atteindre complètement.

Il nous reste, pour compléter ce tableau de la marche et des progrès de la Tératologie , à signaler une loi générale dont la découverte est récente, mais déjà établie sur des bases trop solides pour qu'il me soi permis de la passer ici sous silence.

Plusieurs an.itomistesdediversesépoques, se livrant à l'examen de quelques cas de monstruosité double, avaient été frappés des rapports remarquables de situation et de îonneiion qu'offraient l'un à l'égard de l'autre les deux sujets réunis. On les trouve, par exemple, nettement exprimés dans les deux vers suivants , que j'extrais d'une longue pièce, composée à l'occasion d'un Monstre double, né à Paris en 1750 :

Opposlla oppositis spcctantes onbus ora Allen. .isqiie niaiius alternaque crura pedesque.

Mais c'est dans ces dernières années seulement qu'on a accordé toute l'attention dont ils sont dignes, à ces rapports de position, et que cet esprit philosophique et généralisateur , qui forme l'un des caractères éminents de l'époque actuelle, a conduit à puiser dans leur étude un résultat de plus grande importance. La régularité de la disposition que présentent, l'un par rapport à l'autre , deux sujets réunis , n'est pas, comme l'ont cru quelques auteurs, une circonstance rare, individuelle, camctéristique pour certains Monstres, et les rendant remarquables entre tous les autres; mais, comme l'a reconnu Geoffroy Saint-Hilaire , elle est constante , commune à tous , et se rapporte à un fait de premier ordre , qui , dans sa haute généralité , embrasse en quelque sorte, comme ses corollaires, tous les autres faits de l'histoire de la monstruosité double. Les deux sujets qui composent uîi Monstre complètement ou partiellement double, sont toujours unis par les faces homologues de leurs corps, c'est-à-dire, opposés côté à côté , se regardant mutuellement, ou bien adossés l'un à l'autre. Chaque partie, chaque organe chez l'un correspond constamment à une partie, à un organe similaire chez l'autre. Chaque vaisseau, chaque nerf, chaque muscle, placé sur la ligne d'uoion, va retrouver, au milieu de la compll-

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