‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 117 sur 147 · SU · texte numérisé non relu

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ehets céphaliques, par la forme plus ou moins élargie, elc, de leurs anneaux, par la position à droite, à gauche, ou bilatérale de leurs orifices génitaux, et i)ar divers autres caractères à l'aide desquels on les divise en plusieurs groupes , ou qui servent à distinguer entre elles les nombreuses espèces que l'on en connaît actuellement..

Nous parlerons d'abord du Ténia de l'espèce humaine ou Tœnia soliuvi , que divers auteurs appellent T. cucurbilana. Cet Entozoaire, que l'on a longtemps confondu et que l'on confond quelquefois encore avec le Botkriocephalus lalus , vit dans Tinlestin grêle et acquiert une longueur de 6 à 8 mètres, etquelquefois, mais par extraordinaire, celle de 40 inètres. Le Ténia et le Bothriocéphale sont les seules espèces de Vers plats articulés, c'est-à-dire d'Entozoaires lénioides, qui attaquent notre espèce. On donne souvent à l'un et à l'autre le nom de Vers solilairea , mais ce nom appartient plus spécialement au Ténia; toutefois c'est par erreur que Ion a écrit, et que l'on répète souvent encore, qu'il n'y a jamais plus d'un de ces Vers à la fois dans le corps du même individu. On a des exemples assez nombreux du contraire : Bremser, M. de Blainville et divers autres auteurs en ont publié un des plus remarquables ; c'est celui observé par de Haen , d'une femme de trente ans, à laquelle ce médecin fit rendre, dans l'espace de quelques jours, dix-huit Vers solitaires.

Il peut donc y avoir plusieurs Ténias simultanément dans le même sujet, et ces parasites acquièrent parfois une grande longueur. Le nombre des articulations aplaties de leur corps est proportionnel à cette longueur. En avant sont la tête et le cou ; puis désarticulations d'une petite dimension; celles qui suivent sont de plus en plus grandes ; toutefois elles ne dépassent guère 13 ou 14 millimètres en largeur. Les dernières articulations sont plus molles que les autres; elles s'en détachent facilement et même naturellement. Chicune est alors une sorte de poche contenant , outre l'organe mâle, un appareil femelle ou ovarique chargé d'un nombre plus ou moins considérable d'œufs, et elles sont rendues sans effort par le malade avec les selles.

Ou ne sait pas encore comment se fait le

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transport à d'autres individus des œufs renfermés dans ces tronçons. Quelques auteurs ont pris les tronçons eux-mêmes, ou articles mûrs des Ténias, pour des Vers particuliers, et leur ont donné le nom de Cucurbilains. On voit souvent surlesexcrémefitsdesChiens les anneaux détachés ou cucurbilains des Ténias, qui sont parasites de ces animaux. L'erreur d'observation qui a fait prendre ces cucurbitains pour des Vers d'un genre différent des Ténias, a été acceptée par Blumenbarh dans son Manuel d'histoire naturelle. C'est également à tort que Carlisle a pensé que ces corps pouvaient se développer chacun en un nouveau Ténia.

Le corps du Ténia parasite de l'Homme est blanchâtre , comme celui des autres espèces de ce genre. Sa partie antérieure ou la tête, qu'il faut avoir grand soin de faire rendre au malade que l'on traite, est grêle et amincie, mais elle se termine en avant par un petit renflement qui en est la partie céphalique proprement dite. Celleci porte la couronne des crochets épineux, laquelle manque au Bolhriocéphale, ainsi que les quatre ventouses ou suçoirs dont elle est entourée. Ces suçoirs sont des pompes musculaires à l'aide desquelles l'animal lirend sa nourriture, et, quoique non perforés, ils la transmettent, sans doute par endosmose , aux vaisseaux longitudinaux dont nous parlerons plus loin. Après le renflement céphalique est un cou non articulé. Puis viennent des articles de plus en plus développés et plus longs que larges. Les orifices génitaux de ceux-ci sont alternes, c'est-à-dire placés du côté droit ou du côté gauche. Lorsque la partie antérieure du Ténia n'a pas été rendue, ses anneaux continuent à se développer et le malade n'esl nullement débarrassé de son parasite.

Le Tœnia <(oliuni se rencontre de préférence dans les pays où le Bolhriocéphale est plus rare; ainsi il est assez fréquent en Angleterre, en Hollande, en Allemagne et en Orient. En France on le voit aussi; on l'y appelle vulgairement Ver solitaire, Ténia à antieaux longs. Ténia sans épines.

On a beaucoup exagéré les désordres que la présence de ces Vers, et de même celle de presque tous les autres Entozoaires, peut occasionner dans l'organisme. Un grand nombre d'individus uourrissent des Boibrio<

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tépliales ou des Ténias sans s'en apercevoir. La chute de quelques cucurbilaiiis décèle seule parfois la présence de ces parasites et inquiète leur victime; il y a cependant d'autres signes faciles à reconnaître dans certains cas, et les médecins exercés s'y trompent rarement. Quelques corps d'état sont plus exposés aux Ténias que d'autres. Le docteur Boisduval nous a cité, comme étant préférablement atteints, les charcutiers. Les moyens par lesquels on procède à la destruction, ou plutôt à l'expulsion des Ténias, sont faciles à mettre en pratique et bien connus. Il est d'ailleurs prudent de n'en user que sous la direction du médecin, et ceci nous dispense d'en parler.

Le Tœnia soUum n'a été observé que dans l'Homme, et seulement dans la race blanche. Aucun des Mammifères domestiques ne l'a encore fourni.

Les principales espèces du môme genre, parasites des animaux qui vivent sous notre influence ou dans nos pays, sont les suivantes :

Tœtiia serrataet T. cucumerina : du Chien domestique.

Tœnia opuntioides et T. marginala: du Loup.

Tœnia liUerata et T. crassiceps: du Renard.

Tœnia elliptica et T.crassicollis: du Chat.

Tœnia mamillata, T. plicala et T. perfoliala: du Cheval.

Tœnia expansa : du Mouton et de la Chèvre.

Tœnia denliculala : du Bœuf.

Tœnia in fundibuliformis , T. maliens et T. exilis: du Coq.

Tœnia infundibulifoi'mis, T. malleus, T.

sinuosa, T. coronula et T. megalops : du Cauird domestique.

Les Ténias , déjà rares chez les Reptiles nus ou écaiileux, le sont beaucoup plus chez les Poissons. Aucune espèce n'a encore été trouvée parasite des animaux sans vertèbres.

On a nié, jusque dans ces dernières années, la présence du système nerveux dans les Ténias, ou bien on l'a cru confondu avec le reste des autres tissus. Toutefois , M. J. Mûller a annoncé, en 1836, qu'il l'avait découvert. Il a vu la bandelette centrale qui existe entre les ventouses , et les filets qui

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en partent pour se diriger vers les ventouses. M. Emile Blanchard a revu les organes de l'innervation chez ces animaux et quelques autres du même groupe (1). Leur système nerveux consiste , dit-il, en une sorte da commissure transversale, placée au centre de la tête, ayant aux deux extrémités un petit renflement ganglionnaire. Ces deux centres médullaires donnent naissance , de chaque côté, à un filet nerveux descendant dans toute la longueur du corps, et fournissent antérieurement un nerf s'anastomosant ici avec un petit centre nerveux situé à la base de chacune des ventouses céphaJiques. Cette disposition du système nerveux est parfaitement en rapport avec la morphologie des Ténias. On sait, en effet, que ces animaux se font remarquer, sous certains rapports , par les caractères suivants : Nul organe des Ténias ne saurait être considéré comme sensorial. Les quatre yeux, que plusieurs auteurs avaient cru leur reconnaître, ne sont autre chose que leurs quatre suçoirs.

Un grand nombre d'auteurs ont publié la description de Vers ténioïdes, ou des remarques sur leur organisation. Ces Enlozoaires, qui sont réellement des animaux articulés, mais offrant l'exemple de la dégradation extrême de ce type, ont été régardés comme des Radiaires par G. Cuvier et quelques autres naturalistes. M. de Blainville les réunit à son type des Subannélidaires, c'est-à-dire au groupe des Vers apodes , et il les place sous le nom de Téniosomes dans la famille des Bothriocéphalés monorhynques. M. Dujardin en fait l'ordre des Cesluïdes vrais ou Téniuïdes de sa méthode.

Les Ténias avaient été classés, avec beaucoup d'autres Entozoaires , dans l'ordre des Parenchymateux. Ce mode de classification, admis par G. Cuvier et par d'autres naturalistes, a donné une idée tout à fait faussedu mode d'organisation qui les caractérise. Pour n'être pas aussi favorablement doués que les Nématoïdes et lesTrématodes, les Ténias ne sont pas pour cela privés de toute distinction d'organes; ce que nous venons de dire à propos de leur système nerveux en est une première et probante indication. Ce que nous allons ajouter au sujet de leurs appareils ds nutrition et de reproductioa le

(i) Aiin. se, not., 3' sér., t. V\I, p, ii6, 07*

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rfêmontrei'a d'une manière plus complète encore.

Les Ténias n'ont point de bouche, il est vrai, point de canal intestinal proprement dit , point d'estomac pour la digestion , et , par suite, point d'anus. Toutefois deux longues tiges vasculaires régnent le long de leur corps, et sont en communication, par leur extrémité antérieure terminée en Y, avec les quatre ventouses, à travers lesquelles passe )ans doute le fluide alimentaire. Ces deux vaisseaux suivent bilatéralement toute la longueur de l'animal , marchent parallèlement, et sont situés près des bords latéraux. Ils communiquent entre eux dans chaque article au moyen d'un canal transversal. Ceci explique pourquoi l'on a dit qu'arrivés à l'extrémité postérieure du corps , c'està-dire à la dernière articulation, les canaux latéraux se réunissaient en un seul. Rudolphi assure qu'il existe alors un orifice commun placé à l'extrémité du corps , et qu'il a vu cet orifice dans les Tœnia soUum et exfiansa. Carlisle nie la réalité de cette assertion, et l'on se rendra facilement à sa manière de voir si l'on se rappelle avec quelle facilité les anneaux postérieurs des Ténias se détachent, à mesure qu'ils sont arrivés à leur point de maturation. Carlisle a injecté , dans la longueur de 3 pieds , les canaux des Ténias, canaux que l'on regarde généralement comme remplissant à la fois les fonctions du système vasculaire et celles du système digestif. Ces organes reçoivent des fluides, pour ainsi dire, parfaitement assimilables, puisqu'ils ont été élaborés par les animaux dont les Ténias sont parasites. On ne peut, ditM. Eudes Deslongchamps (1), injecter les Ténias que par les oscules de la tête (suçoirs), et fort peu en ont d'assez volumineux pour se prêter à cette opération. Nous doutons, ajoute le même auteur, que le système des vaisseaux nourriciers soit aussi simple qu'on ledit. Tout récemment, notre collaborateur, M. Emile Blanchard (loco cilalo), a écrit les lignes suivantes , qui confirment parfaitement cette opinion, et que nous reproduisons textuellement :

« Pendant longtemps, partageant l'erreur commune, je pensais qu'il n'existait pas de «ystème vasculaire proprement dit chez les Cestoïdes. Les canaux gastriques, communi-

(i) Dicl. eliui. d'hitl. nat.. t. XVI. *I. io5; i8Jo.

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quant l'un à l'autre dans chaque zooniie , étaient regardés très généralement comme destinés à remplir les fonctions des deux a()paieils; mais récemment, dans les Ténias du Chien et de la Fouine, j'ai constaté, indépendamment de ces canaux gastriques et intestinaux, l'existence d'un système vasculaire très complexe, consistant en vaisseaux longitudinaux pourvus de ramifications et d'anastomoses nombreuses. »

Les organes de la reproduction se voient sur les articles du corps , mais pas encore sur les premiers, et ils sont de plus en plus reconnaissables a mesure qu'on passe aux articles plus éloignés. La forme de ces articles varie sur un même sujet suivant leur état de maturité, et ce sont les derniers qui, en se détachant, deviennent les Cucurbitains : ceuxci sont alors remplis d'œufs mûrs. L'ovaire dans lequel ils sont renfermés est rameux , et au lieu de s'ouvrir, comme chez les Bothriocéphales, sous la ligne médiane postérieure de chaque anneau, il s'ouvre latéralement, tantôt à droite, tantôt à gauche, et quelquefois des deux côtés , ce qui fournit de bons caractères distinctifs des espèces el des sections. Chacun de ces ovaires a aussi son organe mâle, qui est un testicule, suivi d'une vésicule séminale dans laquelle on voit le» Zoospermes. Les pénis sont consiitués par les petits organes appendiculaires que Rudolphi appelait des Lemnisques. Les œufs, que M. Dujardin a étudiés sur un plus grand nombre d'e.spèces qu'on ne l'avait fai' avant lui, sont à deux ou trois enveloppes, dont l'externe , plus ou moins molle, e,-t quelquefois prolongée par de longs appendices, et quelquefois remplacée par une substance mucilagineuse qui réunit les œufs en plusieurs masses globuleuses isolées dans chaque article. L'enveloppe moyenne des œufs est quelquefois ren)placée par une sorte d'albumine décomposable pnr l'eau ; l'enveloppe interne, plus résistante, parfois dure et cassante , lisse ou granuleuse, contient l'embryon qui est mobile, armé desix crochets, et semble n'être que la tête du Ténia.

C'est à la partie postérieure de ces embryons céphaloïdesque poussent tous les anneaux des Ténias, lesquels anneaux ne sont d'ailleurs que les organes générateurs de ces animaux. Les Ténias et les Hydatides dif-

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fèrent donc les uns des autres, en ce que les premiers ont des articles générateurs et manquent de vésicule hydalique , tandis que les Hydatiiies ( Cysticerques , etc. ) ont cette vésicule et manquent d'organes génitaux. Aussi , dans la méthode de M. de Blainvilie, les Hydalides ( Hydatisomes, Bl.) sont-ils placés dans la même famille que les Ténias (Téniosdincs, Bl. ),• et celte famille, que l'auteur cité appelle Monorhynques, est l'Cttement séparée de celle des Bothriocéphales et des Ligules , qui prennent le nom (\'Anorh!inqnes. MM. Miescher et Dujardin vont bien plus loin ; pour eux les Hydalides ( Cysliques, Duj. ) ne sont autres que des Ténias avortés.

«Les Cysticerques, dit M. Dujardin, semblent être une modification des Ténias de notre première section ; lesquels, naissant , par des œufs ou autrement, dans l'épaisseur même des tissus, ne peuvent y acquérir leur développement normal , et doivent périr en quelque sorte, à l'état d'embryon hypertrophié. »

Les Entozoaires actuellement classés dans la famille des Cestoïdes ou Ténioïdes ont pu être partagés en plusieurs sous-genres, dont quelques uns ont même reçu des noms comme étant de véritables genres.

Il y a des Vers ténioïdes qui ont une petite trompe plus ou moins épineuse. On en a fait le genre Halysis. Nous en avons récemment (Mém. Acad. se. Afontpellie'-) publié deux espèces nouvelles l'une de la Genette de France, l'autre du Flammant.

Quelques espèces ont les quatre fossettes lobiformeb , et surmontées chacune de deux crochets bi ou irifurqués : ce sont les OncaoEOTniiiuM.

Dans un Ténioïde des Poissons , il n'y a que deux ventouses, ce qui conduit aux Bothriocéphales, et les organes reproducteurs tiennent à la fois de ceux de ces animaux et de ceux des Ténias : les uns sont placés au bord et irrégulièrement alternes; les autres sont sous la surface ventrale. Cette espèce a servi à l'établissement du genre Triœnophorus ou Tricuspidaria.

Malgré ces coupures, les vrais Ténias sont néanmoins très nombreux et assez diversiformes. Les uns très grêles en avant, les autres élargis; les uns avec deux rangs, les autres avec un seul rang de crochets à la

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couronne , et d'autres tout à fait privés de

crochets lorsqu'ils sont adultes.

M. Dujardin , qui n'en distingue que le genre Triénophore, partage les Ténias, ainsi qu'il suit, en 7 sections :

1" Une couronne simple ou double de 6 à 60 crochets; orifices génitaux alternes ou indifféremment d'un côlé et de l'autre : Tœnia solium; T. Terrasa.

2" Une couronne simple ou double de 6 à 60 crochets ; orifices génitaux tinilaléraux

3° Trompe armée de 6 à 30 crochets sur deux ou trois rangées ; orifices génitaux opposés sur chaque article : T. cucumcrina, etc.

4» Trompe inerme; orifices génitaux opposés : T. lamelligera , dq Flammant.

5° Trompe inerme ; orifices génitaux unilatéraux ou alternes (genre Halysis?) : T. leplocephala , des Rats.

6° Trompe entourée d'un bourrelet lisse ou hérissée de très petites épines , et portant une couronne de petits crochets très nombreux.

"• Corps terminé en avant par une dilatation foliacée transverse ; trompe courte et armée de crochets (genre Fimbriakia Froëlich) : T. maliens.

Le nombre des espèces connues de Ténias est de 140 environ. Plus du tiers sont décrites d'une manière trop incomplète pour pouvoir être clas.sées convenablement.

*TE!\IIOIDES. HELM.— C'est-à-dire semblables aux Ténias. M. Dujardin {Helminthes, p. 554, 1845) établit sous ce nom un second ordre des Vers cestoïdes, comprenant les genres suivants de cette famille: Tœnia , Bolhriocephalus , Schistocephalus , Trimiophorus , Bulhridium , Bolhrimonus et Ligula. (P. G.)

*TÉIMOSOMES. poiss. — Voy. t^nioso-

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