‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 122 sur 147 · TEH · texte numérisé non relu

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des larves. Celles-ci ressemblent assez |>ar la forme générale de leur corps aux niàlcs et aux femelles; elles sont privées d'ailes; leur corps est assez mou; leur lèle est arrondie et leur taille est toujours inférieure à celle des soldats ; elles sont privées d'yeuu et d'ocelles.

Enfin, la cinquième catégorie d'individus a été signalée par Lalreiile comme appartenant à l'état de nymphe. Ces individus, en effet, ressemblent complètement aux larves ou ouvrières; mais ils présentent des rudiments d'ailes.

Les mâles et les femelles n'ont, parmi les Termiens, d'autre mission que celle de reproduire l'espèce.

A une époque de l'année, les mâles paraissent en grand nombre; vers le soir ou même pendant la nuit, ils s'envolent. L'accouplement a lieu. Mâles et femelles tombent ensuite à terre , et si l'on en croît le récit de plusieurs voyageurs, les couples seraient bientôt recueillis par les larves, puis enfermés dans une loge séparée. Après l'accouplement les femelles perdent leurs ailes, qui tombent sans doute naturellement, à moins que les ouvrières ne se chargent de les arracher.

Les neutres ou soldats sont considérés par tous les naturalistes comme les gardiens et les défenseurs dans les habitations de Termites. La puissance de leur tête, et surtout de leurs mandibules, leur permet de combattre avec avantage les autres Insectes qui voudraient s'introduire dans leur nid. Ils sont ordinairement postés contre les parois internes de la surface extérieure , de manière à paraître les premiers dès que l'on fait une brèche à leur domicile, et de pincer les aggresseurs avec leurs fortes mandibules. Les larves et les nymphes, regardées comme les ouvrières, paraissent chargées de toutes les fonctions attribuées aux neutres ou ouvrières dans les sociétés d'Hyménoptères , comme celles des Abeilles, des Fourmis, etc. Avec de la terre et différents matériaux, elles construisent des nids immenses, divisés en loges de diverses dimensions pour les différentes sortes d'individus, avec des galeries qui relient toutes les parties de l'habitation. Elles apportent la nourriture aux autres habitants de la colonie.

Il a paru très singulier que des insectes h

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l'état de larve exécutassent des travaux aussi considérables. On a supposé que ces ouv:ières pourraient bien être des neutres femelles , comme le sont les ouvrières paimi les Abeilles el les Fourmis. Dans cette hypothèse, les soldats seraient des mâles neutres.

MhIs ceci est une simple conjecture , qui D'est fondée ni sur l'observation directe, ni sur Panatomie. La présence d'individus entièrement semblables aux larves, mais déjà pourvus de rudiments d'ailes , d'individus qui sont de véiiiables nymphes, ne permet pas de croire un seul instant que cette hypothèse puisse être l'expression de la vérité.

Un fait remarquable, c'est que les Termites ne travaillent jamais à découvert. Lea uns établissent leur demeure , soit dans la terre, soit dans de vieux troncs d'arbres, soit sous les boiseries des habitations; les autres ont des nids extérieurs , mais toujours clos de toutes parts et sans issue apparente.

Ces demeures sont parfois extrêmement élevées , et affectent la forme de pyramides ou de tourelles recouvertes par une toiture solide.

Ces monticules, ordinairement réunis en grand nombre, ont souvent des dimensions telles, que de loin on les prendrait pour des huttes de sauvages.

Tiiutes les fois que les ouvrières ont besoin de se transporter à une distance plus ou moins considérable de leur nid , elles construisent une galerie pour établir une voie de communication ; par ce moyen elles ne se montrent jamais au dehors.

Les nids d'une espèce africaine, désignée par le voyageur Smeaihman sons le nom de Bellicosus, el regardée par plusieurs naturalistes comme le véritable Termes fatale de Linné, n'ont pas moins quelquefois de 10 à 12 pieds de hauteur. Ils sont de forme conique, ayant sur les côtés de nombreuses tourelles également coniques. Ces habftalions , construites avec une sorte de terre argileuse , sont bientôt recouvertes d'herbe. Leur dureté est telle que des Taureaux sauvages peuvent monter dessus sans les ébranler, et Smeaihman assure qu'il put monter une fois à l'exlrémiid de l'un de ces nids, avec quatre de ses compagnons, pour voir .«i quelque navire ne pourrait être aperçu. D'après les observations du même voyageur,

les nids des Termes alrox et mordax consiste/it en piliers cylindriques.

Dans les relations de plusieurs voyages, il est question de ces demeures des Ténuités et des ravages de ces Insectes.

Dans l'ouest de la France, on rencontre en abondance le Termite lucifuge ( Termes lucifugum Rossi), espèce de petite taille, el cependant très redoutable. Depuis longtemps elle s'est tellement multipliée à La Rot-heile, à Rochefort , à S.iintes, sur tous les points du département de la Charente Inférieure, qu'elle occasionne les plus grands ravages sans qu'on puisse parvenir a la détruire.

Des maisons, des bâtiments entiers, ont éié minés jusque dan3 leurs fondations par ces Insectes. Des planchers se sont écroulés à plusieurs reprises ; et ce qu'il y a de plus do terrible dans les ravages de ces Insectes, c'est que jamais on ne s'en aperçoit a l'extérieur. Ils ménagent toujours la superncie, creusant l'intérieur et le sjllonniint de galeries ddns tous les sens. Le bois vient ainsi à se rompre, rien au dehors n'ayant décelé la présence de ces insectes destructeurs. De grandes colonnes recueillies à Tonay-Charente par M. Audouin, et déposées aujourd'hui dans les collections du Muséum dt) Paris, sont taraudées de toutes parts; mai$ la superflcie était épargnée, ainsi que I4 couche de peinture qui les recouvrajtr

Du linge entassé dans des armoires a été souvent machuré et percé par les Termites, A la Rochelle, l'hôtel de la Préfecture a été envahi par ces Insectes; une partie des Archives a été totalement détruite, et aujourd'hui l'on est obligé de les enfermer dans des boîtes de zinc pour les préserver,

M. Audouin a observé ces faits il y a un< dizaine d'années. M. Milne Edwards et moi nous les avons observés de nouveau en 184 3; mjais notre séjour fut de trop courte duré* pour fa ire des expériences propres à diminuei leHéau. (Bl.)

TÉRNATEA , Tourn. bot. ph. — Synonyme du genre Cliloria Lin., dans lequel il correspond à un sous-genre.

TEHNSTRCBEMIE. Ternstrœmia (nom d'homme), eot. pu. — Genre de la famille desTeinslrœmiacées.à laquelle il donne son nom, formé par Mutis {ex Lin. fils, Supplem., pag. 39 ) pour des arbres et arbrisseaux propres à l'Amérique tropicale , dont

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les feuille* «ont coriaces; dont les fleurs, aiillaires et solitaires, présentent un calice persistant de 5 sépales, et accompagné de 2 braciéoles; une corolle gatnopetale, à 5 lobes ; de nombreuses étaniines à filet très court, et un ovaire libre à 2 5 li)ges 2-4ovulées. Leur fruit est une capsule presque globuleuse , surmontée de la base du style, 2-5 loculaire, 2-t) valve. De Candolle avait décrit ( Prodrom., t. I , p. 523) 14 espèces de ce genre, et, plus récemment, ce nombre a été au fiioifis doublé. Nous citerons entre aUlres lé 7'ernsliœinia pedwiciilaris DC, des Antilles ( 1'. meridionalis Swariz ) , et le T. tihedla ne, du Mexique (D. G.)

TEft\STUOE^ilACÉIiS. Termlicemiaceœ. BOT. Pa. — Pamilié de plantes dicotylèdonées, polypélales, hypoïynes, ainsi caractérisée : Calice composé de folioles au nombre dé tfois, quatre, cinq ou pins, distinctes ou quelquefois soudées inférieurement ensemble, coriaces, concaves, inégales, irtibriquées. Pétales en nombre égal , alternes oU opposés , libres ou soudés par leur basé, souvent inéquilatéraul et obliques, à préfloraisoli imbriquée ou tordue. Etamines en nombre indéfini sur plusieurs rangs; filets adhérents aux pétales qu'ils lient entre eu* ou libres, ordinairement courts, quelquefois polyadelphes ; anthères introrses, à deux loges s'ouvrant par des fentes longitudinales en dedans oU des pores terminaux, avec un connectif épais qui, quelquefois, se prolonge au-dessus d'elles, adnées ou oscillantes. Ovaire libre ou très rarement soudé avec le calice par sa base, a 2-3-5 loges incomplètes ou Complètes, avec des ovules en nombre défini ou indéfini, insérés sur les bords des cloisons incomplètes, ou à langle interne des loges complètes, pendants ou plus rarertient ascendants, anatropes ou campulitropes. Autant de styles distincts ou soudés en un seul ; stigmates cohérents ou distincts , fligus ou obtus. Kruii partagé en autant de loges, tantôt indéhiscent, coriace ou charnu; tantôt capsulaire avec une déhiscence loculicide dans laquelle les graines suivent les cloisons, ou s'en séparent portées sur une colonne centrale. Ces graines , courbées sur elles- mêmes en fer à cheval , ou arrondies, ou anguleuses , quelquefois comprimées ou ailées, ascendantes, pendantes ou hurizoïiiaies , nues ou âiillées .

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présentant un tégument crustscé ou membraneux, etau dedansun périspermecharnu, qui, d'iiutres fois et |)lus souvent, manque entièrement. L'embryon droit ou arqué , à cotylédons plus ou inoins épais suivant l'absence ou la présence du périsperme , tourne sa radicule du côté du bile. Les espèces sont des arbres ou arbrisseaux à feuilles ordinairement alternes et dépour vues de stipules, simples, entières ou dentées, souvent revêtues d'un duvet soyeux et brillant. Les ileurs « en général grandes, Wamhcs , roses ou rouges , portées sur un pédoncule articulé à sa base, sont taulôt solitaires ou fusciculées aux aisselles des feuilles, tantôt disposées en grappes ou pauicules lermiuales.

GENRES

Tribu 1. ~ Teunstrqemiées.

Anthères fixes , s'ouvrant dans leur longueur. Ovules campulitropes. Baie sècbeou capsule à déhiscence irrégulière. Embryon recourbé, avec ou sans périsperme. — Plante» Croissant entre les tropiques, quelques unes en dehors (aux Canaries, au Japon).

AnnesleOf Wall. ^-Dicalyx, Lour. {Sariava, Reinw.) — Visma, L. f. (il/ocone^a, J. ) — Ternslrœmia, Mut. (Toanabo, Aubl. — Tcnabea , J. — Dupinia , Nerli — Aui^ phania, Danks.) — £uri/o, Thunb. {Geeria, ■ Bl.) — Cleitsra, Thunb. (Hoferia , Scop. — Mulcopf et Sukalii, Kœmpf. ) — Fresiera, Sw. {Erolium, Sol.) — Leltsomia, R. Pav. Tribu 2. —Sauradjées.

Anthères incombantes, se renversant de manière à tourner en haut et en dehors leurs bases divergentes, qui s'ouvrent chacune par Un pore. Ovules anatropes. Capsule à déhiscence loculicide. Graines non ailées. Etnbryon droit, cylindrique, dans l'axed'un périsperme épais. — Plantes touics tropicales, asiatiques ou américaines.

Sauraiija, W. (Palava, R. Pav. — Âpu' telia, DC. — Scaplui, Norh. — Vcnalptiimia, Leschen. — Maruniia, Reinw. — Reinwai'dlia, Nées. — Uliania , Spreng. — Davya et Leucothea, Moç. Sess. — Miciosemina , Labill.

Tribu 3. — Laplacéks.

Anthères incombantes ou dressées, s'ouvrant dans leur longueur. Ovules anatropes.

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Capsule à déhiscence septicide ou loculicide, avec un axe séminifère. Graines ailées.

Embryon sans périsperme, à cotylédons planes. Quelquefois feuilles opposées ou stipulées. — Plantes toutes originaires de l'Amérique tropicale,

Laplacea, Kth. {Hœmocharis, Sal. — Wickstrœmia, Schrad. — Lindleya, Nées.) — Bonnetia, Mart. (Kieseria, Nées.) — Archytœa , Mart. — Kielmeyera, Mart. ( Marlinerio, FI. fl.). — Caraipa,kuh\. — Marila, Sw. (Monoporina , Presl. — Scyphœa, Presl. — Anisoslicle, Baril.) — Mahurea, Aubl.

Tribu 4. — Gobdoniées.

Anthères dressées ou oscillantes, s'ouvrant dans leur longueur. Capsule à déhiscence loculicide. Graines ailées. Embryon sans périsperme, à cotylédons plissés longiludinalement. — Plantes de l'Amérique du Nord , ou de l'Asie tropicale ou extratropicale.

Sluarlia , Catesb. {Malachodendron et Stewarlia, Cav.) — Gordonia, Eli. {Schima, Reinw. — Polyspora, Sweet. — Franklinia, Marsch. — Lacalhea, Salisb.)

Tribu 5. — Camelliées.

Anthères incombantes , s'ouvrant dans leur longueur. Capsule à déhiscence loculicide. Graines nucamentacées. Embryon sans périsperme , à cotylédons planes et très épais. — Plantes de l'Asie orientale.

Camellia, L. (Sasangua, Nées.) — T/iea, L,

On joint avec doute à cette famille les genres Adinandra , Jack. — Pyrenaria, Bl. — Leucoxylon, Bl.

On en rapprochait de plus le Godoya , R. Pav. {Godovia, Pers.), que M. Planchon propose de rapporter aux Ochnacées , qu'il définit et circonscrit autrement que nous ne l'avons fait.

Ce même auteur forme une petite famille distincte , celle des Cochlosvermées, que la plu part des auteurs ad mettaient comme tribu des Ternstrœmiacées, et dont elle se dislingue, au premier abor.i, par ses feuilles palmatilobées ou à pétiole bistipulé, et ses fleurs Jaunes. Ses anthères basifixes s'ouvrent par un seul pore terminal. Son ovaire uniloculaire est divisé par 3-5 cloisons incomplètes portant de nombreux ovules campulitropes, et est surmonté d'un style simple, filiforme,

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fistuleux, ouvert à son sommot denticulé. Son fruit est une capsule s'ouvrant en cinq valves, qui alternent avec autant de segments de l'épicarpe, et portent les cloisons sur leur milieu. Les graines réniforines, quelquefois enveloppées d'une laine épaisse, offrent dans un périsperme épais un embryon recourbé comme elles, à cotylédons incombants. Ses espèces sont répandues entre les tropiques en Amérique, en Asie et jusque dans la Nouvelle-Hollande. Elles se rapportent à deux genres : le CocMospermum, Kth. (Willelsbachia, Mart.), et VAmoreuxia , Moç. Sess. ( Euryanlhe , Cham. et Schlecht. ), que nous avons mentionné avec doute à la fin des Rosacées. (Ad. J.)

TERPiVAlMTHlJS , Nées et Mart. bot. po.

-—Synonyme de Spiranlhera Au^. St.-Hil., famille des Diosmées. (D. G.)

*TERPSINOÉ iTfp^/.'vooç, agréable). BOT.

CR. — (Phycées.) Genre créé par Ehrenberg pour une BacillariéeouDiatomée,le T.mu' sica Ebrenb., qui se rapproche des genres Diatoma et Taiellaria dont elle diffère par les stries transversales qui se remarquent sur les frustules. Ces stries ou cannelures sont renflées et courbées à leur extrémité interne de manière à simuler des notes de musique. Cette curieuse Diatomée a été trouvée sur les racines d'une Marchantie aquatique dans l'Amérique tropicale. (Bréb.)

*TERPSIPHONE. Gloger. ois. — Synonyme de Muscicapa, Linn.

TERRAIN. GÉOL. — Il faut entendre exclusivement par ce mot une fraction plus ou moins forte du Sol, considéré lui-même comme un tout successivement formé par des causes diverses.

Les Terrains partagent le Sol en sections chronologiques dont le caractère est tiré de leur âge relatif, de même que les Formations et les Roches groupent les matériaux dont le Sol est constitué , les premières d'après l'origine de ces matériaux , les secondes d'après leur nature. Aux articles Formation , Géologie , Synchronisme, on a déjà cherché à fixer le sens relatif qu'il convient de donner à des expressions consacrées dans le langage géologique, mais qui sont trop souvent employées d'une manière arbitraire et opposée; nous renvoyons aux articles précédemment cités et nous nou'i .irrêteronsun moment sur la définition prOiiso

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du Sot dont la connaissance doit êtrelepoint de départ de l'étude positive de la Terre, ce mot n'ayant pas été le sujet d'un article particulier.

Dans le langage orilinaire, le Sol est la partie extérieure solide du sphéroïde terrestre, celle qui nous porte, dans laquelle sont implantées la plupart des plantes , d'où nous extrayons les substances minérales utiles, que nous perçons pour y rencontrer les eaux de nos puits ou des sources jaillissantes.

L'agronome et le vulgaire ne comprennent sous le nom de Sel que la partie superficielle des terres émergées, et ils distinguent même souvent le Sous-Sol du Sol cultivable; mais le géologue applique le mot Sol à toute l'épaisseur de la Terre, qui est accessible à ses investigations directes; et son but est de chercher à connaître la composition, l'origine et l'âge de ses diverges parties.

Les observations les plus positives démontrent en effet, lo que la portion extérieure de la Terre n'est pas partout de même nature (voy. Minéraux, Roches^ Fossiles); 2° que des causes différentes ont présidé à sa Tormation (voy. Formalion); et 3" enfin, que cette formation a été successive. C'est aux tranches chronologiques du Sol , c'està-dire aux Minéraux, Roches et Formations déposés dans une même période, qu'il faut réserver le mot Terrain.

L'épaisseur relative, la structure, la forme externe du Sol, n'ont pas toujours été ce qu'elles sont aujourd'hui.

En deçà du Sol , dont l'épaisseur actuelle n'est peut-être que de quelques lieues, est la masse planétaire (voy. terre); au-delà est l'atmosphère.

Les eaux liquides et solides font accessoirement partie du Sol.

Le Sol est dit primitif ou de remblai. Par «Soi primitif, il faut entendre (en admettant l'hypothèse de l'état originaire incandescent du sphéroïde terrestre) la première pellicule consolidée par le refroid i.<sement autour de la masse planétaire; c'est pour ainsi dire une ligne ou zone idéale : son épaisseur a graduellement été augmentée:

1° à l'intérieur, par la consolidation successive des matières intérieures , c'est le Sol ious-primitif ; 2° à l'extérieur, par le déver-

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sèment et le dépôt des substances minérales sorties à travers le Sol primitif, ou bien abandonnées par les eaux de la surface; c'est à l'ensemble de ces dépôts ignés et aqueux que l'on donne le nom de Sol de remblai.

Le Sol de remblai a donc été simultanément formé par des causes différentes les unes des autres, mais analogues à celles qui agissent encore actuellement (voy. Synchronisme), et il se compose d'étages ou groupes chronologiques, c'est-à-dire de 7e»-rains.

L'épaisseur du Sol , sa figure ou le relief de sa surface ont fréquemment changé et changent journellement encore, soit par l'addition de nouveaux dépôts , soit par des dislocations qui produisent des affaissements, des soulèvements.

La surface du Sol est continue; elle se dislingue en surface inondée ou submergée ^ et surface exondée ou émergée.'DàDs le moment actuel le rapport des continents et des Iles esta celui des parties couvertes par les eaux comme 1 est à 3. La relation et la proportion de ces parties a fréquemment varié dans les temps antérieurs.

Maintenant que la valeur relative des mots Sol, Terrain, Formation, Roche, est bien déterminée, il est facile de comprendre que pour classer les Terrains , il faut avoir égard surtout à l'observation de leur superposition, quelles que soient la nature et l'origine des matières dont chacun est composé; et que pour les caractériser, il est nécessaire de comparer, dans la série des terrains , les formations de même sorte, en prenant pour types les Formations aqueuses marines comme étant les plus abondantes et les plus générales.

De cette manière chaque Terrain est , pour ainsi dire, un cadre où viennent se placer d'abord les formations marines, puis les formations d'eau douce fluvialiles, lacustres, etc., et les diverses formations ignées contemporaines.

La série des Terrains est comparable à la série que les historiens reconnaissent dans les événements successifs qui leur sont révélés par les traditions; et de même que l'histoire d'un peuple n'est pas identique avec celle d'un autre peuple pendant une période, de même la composition ,

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!a structure du Sol fofmé dans tine inertie période, présente des différetites locales plus uu moins grandes q'ii deviennent Un obstacle pour établir une tIassiQcatJori qui èoit- Vienhe égalëfliebt aiï Sol de toutes lés contrées.

Toute dÎTision de la série des Terrains en gf-oilpes n'étant que locale ou arbitraire, et aucune, dads l'état actuel de la science, ne ptiuvant être Considérée cofnrne déGnîtlve, il est sage d'itriilëf les archéidoglies qui 0ht d'abord partagé l'histoire de rhurnanité en trois grandes périodes, anliquilé , moyen âge et temps modernes; tes trois époques t|u'il est facile de hè pas confondre, lorsqu'on les compare d'une manière générale et dalis leur ensemble, ne peuvent cépendatit être litnilëes d'Unë manière nette et tranchée.

C'est âitii lë tnêfhé SeiiS qu'il faut compfendfë là divisidh dU Sol, en : 1° Terrairis priniaifes; 5° T. secondaires; 3" T. tertiaires, té tjul veut Sèùlëttient dire Terrains inféfleiifS, ttioyens et supérieurs, od T. n° 1, 2, 3. Dans cette division en trots, les lignes de sépârfllioti t)éuVétlt va'Her, Se tonfondre, sans que les centres de chàcuti des trois grodpés cessent dé pouvoir être distincts; t'hdqde gl'oùpè de premier ordre peUt et doit lui même éti-e divise en Itois feous-divisi()ns , et ainsi jùScju'à l'unité suivant lès besoins locaui.

Si là série gëhérclë dëS Terrairis était corwliië et dëL'rltë, ëtt pouft-alt désigner chacun de ses membres par tin nutftifro d'ordre ; mais il convient nileiii de donner à chacun Un nutn aussi simple et itiSiguiâdut que possible.

Malheureusement l'usage â côhSâcré déjà un grand goriibre U'eitpressioli§ qu'il vâut mieux conserver que cheFthei* à les Remplacer par des nonis îibuvedul, grecs ou barbares, qui hë thëhaCeflt que trop d'envahir le domaine de la géologie, à l'exemple de te qui est îifi-iVë pour toutes les autres bran(hes de l'hisloirë nttlulelle; ainsi on dit Tehùin nniliîkri T. CrélùCé, T. ooHtique, r. Mmi'/a(r/g/è, etc. j pour Indiquer en effet des ituiirliës du Sol qui, dans certaines i;on liées, t'eiifertneiit de la houille, de la ctiiie, des l'ùlCalreS OUlilitlues, du Sel gemme, elC , 8nn» qu'il faille ert inférer que partout lé tuêrhe l«rr(iin doive être Câfac-

(0risé pif \ëÈ iilêines substances «t les mèïnes Roihès.

De même les expressions de Terrains

cainbriens. siluriens, dcvoniens. jurassique:!, indiquent des types observes dans certain? pays et qui ne sont pas généralement représentés sur toute la surface de la Terre

Les considérations qui précèdent suffisen pour faire voir que dans la classiQcaiion cidessus indiquée, on ne saurait introduire logiquement des Terrains primitifs, des T. de transition ou intermédiaires, des T. quaternaires , dés T. diluviens, etc.

Voyez les articles géologie, ronMATiot»,

FOSSILE, tERRE. (G. PrEVOST.)

TÈRUAIIVS. GÉOL. — Ainsi que M. Constant Prévost l'a parfaitement expliqué à l'article Terraik {Voy. Ce mol), on donne ce nom aux diverses grandes fractions ou tranches chronologiques de l'écorce terrestre. Les terrains se tomposënt de Roches (Voy. ce mot), formées par des causes diverses et sous l'influence de circonstances variables. Ces roches, quelquefois homogènes, et le plus souvent héiérfigènes, ont une origine ignée ou aqueuse. Dans le premier cas , elles proviennent de matières fluides et incandescentes solidiOées par voie de refroidissement, cohime les granités, les porphyres, les basaltes, etc.; dans le second, elles sont le résultat de matières déposées ou précipitées au fond des eaux, comme les grèê, les argiles, les calcaifes , etc.

En examinant ailenlivemëhtlàdi^tin^ition et la nature des masses niinéralës qui Cohgtituent l'écorce consolidée telle que nous la connaissons , on he tarde pas à reconnaître que ces masses n'ont pu être pfoddilés que successivement. Cette assertion est surtout de la plus grande évidence quant atit roches SédldientaireS ou d*urigine a« queuse, toujours straliûées, et recelant <, pour la plupart, des débris Organiques, dépouilles d'animaux ou de végétaux qui ont Vécu à diverses époques, et dont les formes s'écaricut d'autant plus de celles dés éti*es organisés actuels, qu'ils appartiennent k des périodes plus anciennes. OuaUt aux roches i},Miées, on reconnaît également leur rot-màlioH successive par les cahai-tères parllcullei-s qu'elles présëhtéui cl les modific'ttidus qu'elles olilsouvctîl Fait ep(ou>er au sol, à divei'â ItiVëdiix, alors qu'elles s'é-

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chappaient du foyer central pour venir s'épancher à la surface, comme font encore de nos jours les laves qui sortent des volcans. Ainsi l'écorce solide du globe n'est point le résultat d'une création ou d'une solidiGcalion instantanée; tout démontre, au contraire, qu'elle a été formée graduellement, durant une longue succession de siècles et d'opérations, et qu'elle continue encore à augmenter dé puissance sous l'influence de circonstances diverses.

Quoique le cadre restreint de cet article ne nous permette pas d'entrer dans de grands détails sur la partie théorique de la formation de l'écorce terrestre, nous ne saurions toutefois passer sous silence les principaux faits qui militent en faveur d'hypothèses aujourd'hui admises par les géologues de toutes les écoles. D'ailleurs celte partie théorique, que nous allons résumer avec autant de précision que possible , permettra au lecteur d'apprécier facilement l'ensemble et les détails de l'édifice géognoslique. La revue des Terrains que nous ferons ensuite rapidement orPrlra plus d'intérêt par la raison toute simple qu'on aime à connaître les causes probables des faits qu'on est appelé à examiner.

La forme sphérique de la terre , dont l'aplatissement vers les pôles est, d'après les calculs des plus célèbres géomètres , exactement dans la proportion prescrite par le rapport de sa masse supposée fluide avec la vitesse de son mouvement de rotation, atteste que la terre n'a pas toujours été à l'état solide et que les particules qui la composent ont eu , à une certaine époque , assez de mobilité pour céder à l'action de la force centrifuge.

Nous retrouvons une figure semblable dans les autres planètes; et, sauf quelques particularités dues à des causes exceptionnelles, l'aplatissement de ces planètes vers leurs pôles est d'autant plus considérable que leur mouvement de rotation est plus rapide; preuve évidente qu'elles ont été originairement fluides comme la terre.

Mais la fluidité de la terre a-t-elle été aqueuse ou ignée? Les physiciens armés du pendule, et les géomètre» appliquant le calcul aux expériences de la physique, admettent tous maintenant la fluidité ignée originaire (lu sphéroïde terrestre, et considèrent ee

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sphéroïde comme formé de couches concentriques de différentes matières dont la densité va croissant de la circonférence au ccot tre. Des expériences faites avec la balance de torsion de Cavendi.sh autorisent à conclure que la densité moyenne de la terre entière est 5 fois 1/2 plus grande que celle de l'eau , et , par conséquent , plus du double di* celle de l'écorce terrestre accessible à l'observation du géologue; car le felsdpath , le quartz, le mica, le talc et le calcaire qui en sont les éléments principaux {y'oy. l'article RocuEs, page 148 ), n'ont guère pour densité que 2,5 ; la densité moyenne des continents et des mers n'atteignant pas 1,6, il faut nécessairement que l'accroissement de celte densité soit plus rapide à mesure qu'on descend au-dessous de la surface terrestre. Tout tend donc à prouver que le centre du globe est occupé par des métaux et leurs composés les plus lourds, et que ces substances , disposées par ordre de densité, y sont encore soumises à une chaleur capable de les tenir à l'état de fusion.

Toutefois , cette fluidité n'est peut-être pas complète jusqu'au centre ; c'est au moins la conclusion qu'on pourrait tiref de divers faits, en particulier des phénomènes magnétiques, ainsi que de leur instabilité.

Personne n'ignore, en effet, à combien do variations est assujettie la déclinaison de l'aiguille aimantée, variations qui sont de trois sortes : celles qui s'exécutent dans l'espace d'un jour, ou les variations diurnes; celles qui se manifestent à diverses époques de l'année et qui correspondent aux différ rentes positions de la Terre dans l'espace relativement au Soleil; celles, enfin, à longues périodes et qui embrassent un cercle d'années assez considérable.

Or, Halley, qui a cherché à expliquer ce phénomène, a admis que l'intérieur de la Terre est à l'état liquide, mais qu'au centre il existe probablement un noyau magnétique solide, présentant des irrégularités de configuration ainsi que d'intensité magnétique, irrégularités dont l'observation nous présente un exemple à peu près analogue dans les aimants naturels.

Cette masse aimantaire intérieure, qui formerait l'axe magnétique du globe terrestre, serait assujettie à un mouvement parti-

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culier de rotation sur elle-même, plus ou moins indépendant de celui qui anime le globe terrestre ; ce mouvement n'aurait rien de plus extraordinaire que celui que décrit l'anneau de Saturne autour de celte planète, et qui en est parfaitement indépendant.

Divers phénomènes pourraient venir à l'appui de cette hypothèse; tels sont : 1" la densité incessamment croissante des matières composant la masse du globe terrestre, aussi bien dans les profondeurs encore à l'état fluide, qu'à sa surface; 2° la nature même de ces matières dans lesquelles nous voyons que le Fer paraît être l'élément de plus en plus prédominant, à mesure qu'elles nous arrivent de plus grandes profondeurs; 3° la nature des bolides où la présence du Fer à l'état métallique et associé à deux autres principes magnétiques, le Nic- Kel et le Chrome, nous porte à croire que ce même métal pourrait se trouvera l'état de lïr métallique dans les profondeurs, formant ainsi le noyau solide, l'axe magnétique du globe. Cet axe différerait un peu de l'axe de rotation diurne, et il éprouverait une nutation particulière.

Cette hypothèse, infiniment probable , suivant M. Cordier, rendrait suffisamment raison de phénomènes qui, sans elle, restent inexpliqués. Elle aurait, en outre, ce résultat remarquable de déterminer d'une manière positive la limite du degré de température intérieure de la Terre, par cela seul que le noyau en resterait solide à la température blanche, sous l'effet d'une énorme pression. Des expériences, il est vrai, ont démontré qu'à l'air libre, sous la pression atmosphérique ordinaire, le Fer forgé, chauffé au rouge blanc, perd sa vertu magnétique; mais n'y aurait-il pas lieu de penser que l'effet même de la pression si considérable qui s'exerce à l'intérieur de la masse sur le noyau solide, doit être de conserver la vertu magnétique nonobstant l'élévation de température du noyau?

La fluidité originairement incandescente de la terre n'est pas seulement prouvée par la géométrie et la physique; la géologie, en s'appuyant sur <ies faits incontestables, résout aussi affirmativement la même question. En effet, la chaleur centrale, qui devient de plu» en plus sensible au mi-

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neur, à mesure qu'il descend plus avant dans l'intérieur de la terre; les tremblements de terre inexplicables si l'on suppose le globe solide jusqu'au centre; le remplissage des filons, l'existence des sources thermales et des eaux artésiennes surgissant de grandes profondeurs; les traces d'ignilion de certaines masses minérales cristallisées qui, suivant l'expression de Buffon, paraissent avoir été fondues d'un seul jet; les nombreuses dislocations et les boulever.«!ements qu'on lemarque dans un grand nombre de contrées; enfin une foule d'autres faits concomitants , démontrent que l'enveloppe solide que nous foulons avec tant de sécurité, enceint de toutes parts une matière embrasée qui mugit sous sa frêle enveloppe. C'est ce que, de tout temps, pouvaient faire présumer ces masses énormes de matières fluides que vomit encore aujourd'hui le sein de la terre par le cratère des volcans.

De tous les faits géologiques acquis à la science et qu'il serait trop long d'exposer ici, il résulte donc que la terre fui, dans le principe , une masse incandescente de matière liquéfiée, qui prit, sous la double puissanie de l'attraction centrale et de la force centrifuge, la forme sphéroïdale que nous lui connaissons. Pendant celle période d'incandescence, il est évident que l'eau et toutes ces matières qui se volatilisent par la simple chaleur de nos fourneaux étaient à l'état gazeux et réunis aux fluides élastiques de l'atmosphère. Celle-ci devait conséquemment présenter un volume considérable, et par suite exercer une immense pression qu'on présume avoir été environ cinquante fois plus forte que celle d'aujourd'hui.

Ainsi lancé dans l'espace par l'intervention d'une volonté suprême, ce globe incandescent dut obéir aux lois du rayonnement et perdre, par degrés, une parlii; de son calorique pour le distribuer dans l'espace à tous les corps célestes. C'est en venu de ce refroidissement incessant que. sans doute, la surface du globe se coagula , et qu'une première pellicule solide sépara la masse incandescente interne de l'atmosphère envcloppimte. De là résulta un pre> mier mode de formation de roches ignées. Celle première croûte dut tendre , bien qu'avec lenteur, à s'épaissir de plus en plus,

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et l'on conçoit en elTet qu'avec le temps les molécules les plus voisines de la partie déjà figée durent se rap|)rocher et cristalliser successivement» et que celte cristallisation, si visible dans les roches primordiales, put sans cesse s'opérer intérieurement, de haut en las, par rinfluence de l'abaissement continu de la température. Toutefois, ainsi que l'a parfaitement expliqué un babile géologue (M. d'Archiac), « comme cette croûte produit, relativement à la masse interne encore liquide et incandescente , l'effet d'un écran d'autant plus puissant que cette croûte est elle-même plus épaisse et formée de substances qui sont de mauvais conducteurs, on conçoit qu'il doit arriver une époque où le rayonnement de la chaleur interne sera presque, nul à la surface, et qu'il en résultera pour le globe un état en quelque sorte stationnaire ; or, cet état paraît être précisément celui que nous avons sous les yeux. En effet, le refroidissement d'une masse entraîne, comme conséquence rigoureuse, une diminution dans son volume; et cette diminution du sphéroïde eût augmenté la vitesse angulaire de son mouvement de rotation, laquelle se fût manifestée par un changement correspondant dans la durée du jour ; or, les calculs ont établi que depuis Hipparque, c'est-àdire depuis environ deux mille ans, cette durée n'avait pas varié de 1/300 de seconde. »

Pendant que notre globe roulait ainsi dans l'espace, emportant avec lui son immense atmosphère impropre à la vie, et que nul rayon de soleil ne pouvait encore traverser , quelques matières gazéi- Oées dans l'atmosphère se condensaient et se précipitaient à la surface de la terre. La vapeur d'eau elle-même dut obéir à cette loi, lorsque la température ne fut plus suffisante pour la maintenir à l'état aériforme. Les premières eaux tombèrent; elles furent mises en ébuUition par la chaleur qui régnait encore à la surface du globe. Cette particularité donna naissance à des combinaisons chimiques qui se trouvaient dans des conditions favorables pour se manifester avec une grande énergie. Une imiuense oxydation dut aussi s'opérer par contact.

Ces précipitations, ces combin«|isons 4i-

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verses, donnèrent lieu, extérieurement et de bas en haut, à des dépôts plus ou moins puissants, à des modifications plus ou moins sensibles dans la structure des roches. Celte hypothèse très probable est propre à noui expliquer certaines variations de roches qui, à la surface du terrain primitif, passent insensiblement des unes aux autres, et qui présentent quelquefois les caractères de roches produites à la fois par la voie ignée et par la voie aqueuse. C'est sans doute ainsi que durent se former les premières couches minérales, par l'intermédiaire de l'eau, sous l'influence d'une chaleur et d'une pression considérables; et que commença cette longue série de couches stratifiées sédimeniaires qui se continuent encore de nos jours.

Cependant les siècles s'écoulent; les périodes plus longues même se succèdent; et la croûte solide continuant à s'épaissir dans les deux sens, de haut en bas par le refroidissement incessant, et de bas en haut par l'accumulation de détritus que produisaient naturellement le déplacement des eaux et tous les agents érosifs combiriés, cette croûte, disons-nous, dut enfin former un écran assez épais, sinon pour neutraliser, du moins pour tempérer l'influence de la chaleur intérieure. Les eaux purent se réunir en masses plus étendues, puis enfin former des mers qui couvraient la presque totalité de la surface du globe.

A mesure que la solidification intérieure de l'épiderme terrestre avait lieu, le volume de la masse fluide interne diminuait par suite de son refroidissement successif. La croûte enveloppante devait alors éprouver un retrait, se contracter et se briser, se fissurer sur divers points. De plus, celte contraction opérant des pressions énormes sur la masse fluide, les gaz et les matières en fusion durent tendre à s'échapper au dehors par les points de moindre résistance et par les principales fissures préexistantes. Aces influences dynamiques furent dus les premiers soulèvements et affaissements , qui commencèrent par être peu considérables, parce que la croûte, encore trop fragile, cédait facilement en se fracturant et en se brisant dans tous les sens; aussi ne dut-il se produire dans le sol que des déchirures, des plissements, des ondulations, mais point encore de bau- 39*

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tes montàgnps. Ces dislocatinns et ces bouleversements dans la confiiiuralion du sol amenant toujours un déplacement dans les eaux, il en résullail nécessairement des courants, des inomlàlions dont la puissance érosivé dccilriiulait niie grande quaniité de sédiments divel-s qui se consolidaient sous les eaux à l'aide d'un ciment, comme il arrive encore de niis jours.

Il est naturel d'ii(itiieilre que ces dislocations que subissait l'écorce solide se produisaient sur une a<sez grande étendue; aussi voit-otJ les antiens terrains déchirés , fracturés dans tous les sens et présentant, sur les points de rupture, la matière érupiive qui s'y introduisait, chaque fois que ce pliénomène avait lied.

L'origine des filons se lie directement à celte action. On conçoit, en effet, que lorsque la thaiici-e ignée et à demi pâteuse se faisait jour à travers le sol , il devait en résulier une muliilude de feules, de fissures bien plus éienilues que celles que produisent ertcore quelquefois les tremblemehlii de terre. Ces fentes livraient passage à dés gaz de dilTérentes natures et probablettiënt aussi à diverses substances méialllqtns vaporisées Or, une grande partie de ces fissures a pu se remplir de bas en haut, soit par la matière en fusion elle-même , soit par là condensation d'émanations minérales qui venaient succéssivemedt tapisser les parois des fissures selon !a loi de la cristallisation. Telle est l'origine des Olons d'oxydes de cuivt-e, d'étain, dé plomb, etc., filons qiii tous se trouvent daUs les ter^ains anciens.

Les conditions nécessaires au dévcloppehienl des êtres organisés n'existaient pas encore ; mais, quand la pression atmosphérique eut sensibietnent diminué, et lorsque la température ne dépassa plus 80 à 90°, la vife put se maniresler sur la terre. Des végétaux et (b'S animaux marins parurent successivement et peut-être sibiiiltanément. Ce ne sont pas précisément les êtres les plus simples èl les moins compliqués de la création qu'on trouve daiis les plus anciennes couclies fossilifères : plusieurs classes s'y înonirénl à la fois, sans qu'oii fjuisse dire exactement lai|iielle a précédé les autres. La pretnièré apparition de la vie est annoiu'ée par des traces dé Piaiiics, dé Mollusques,

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de Polypiers. Q'-elques Poissons, des Crustacés, vinrent ensuite habiter ce globe si longtemps désert.

Vers la fin de cette première période organique, la température s'éiant sensiblement abaissée , les eaux durent absorber une partie de l'énorme quaniité de gaz acidecarbonique répandu danslaimosphere, et dés lors devinrent propres à exercer une action chimique sur diverses substances minérales. Les roches calcaires commencèrent donc à devenir pitis abondantes; mais il est à remarquer qu'elles prennent plus lard un développement hors de toute proportion avec la petite quantité de chaux renfermée dans le sol originaire; ce qui porte à croire que de nombreuses sources thermales, coujolnlement avec l'acide carbonique de l'atmosphère, en ont fourni lés principaux éléments.

D'un autre côté, les êtres organisés, les plantes surtout, devaient aussi s'approprier une partie de cet acide carbonique dont l'atmosphère était saturée. Il en résultait que celle ci se purifiait et devenait de plus en plus propre au développement de la vie animale.

Pendant que s'accomplissaient ces modifications incessantes dans la masse atmosjlhérique, les sédiments continuaient à se déposer sous les eau», soit par voie de précipitation, soit pdr voie d'agrégation mécanique; et les dépôts qui en résultèrent présenteraient une très grùnde continuité, si l'iiction ignée n'aVait, de temps à autre , bouleversé ces dépôts solidifiés. Le repos de l'action pliltonique ti'd donc Jamais été qu'apparent, et chaque fois que l'équilibre était t-ompd entre la résistance de l'enveloppe et la force éxpansive des gaz qui se déveUtppaietit à l'intérieur par suite du refroidissement, ces gaz, trouvant une issue , soulevaient et déchiraient plus ou moins la croûte terrestre. Souvent alors la matière fluide et incandescente se frayait un chemin jusqu'à lit sutface où elle venait s'épancher. De là le grand désordre qui existe dans la disposition îles Cdiiches anciennes , qiii, de planes et horizontales qu'elles élaieiit, sont devenues plus ou moins inclinées; de là encore les plissenienls divers que présentent certaines rocbcsde l'cilè! époque, lest^ueiies se trouvaient

probablement dans un état de mollesse assez grand pour se replier sur elles-mêmes sans se rompre.

Par suite de soulèvements successifs, tonte la surface du globe devait offrir l'aspect que présenie aujourdhui l'Océauie, c'sst-à-dire qu'elle devalL cire couverte d'iiinombrjibles Iles où, sous riiidueiice de circoiisianccs favorables, pût se développer une végétiilion extrê'uement riiche. Des Fougères, des Equisétacces, des Calarniies, etc., commencèrent à rfiontrer leurs formes gigantesques.

C'est à celte époque que correspond la formation de la houille , qui doit son origine à des masses de végétaux enfouies au sein des eaux, et ay^nt subi, sous une forte pression, une décomposition particulière. On comprend, en elTet, qu'à la suite de cataclysmes plus ou moins violents , les eaux, en se déplaçant brusquement, aient pu balayer des îles entières ou des parties (^a continents extrêmement boisées. Arrachées au sol qui les avait vues naître, entraînées par des inondations ou des courants plus ou moins violents, les plantes furent jetées en masse dans des lacs, des golfes, ou dans des embouchures de rivières Là , après avoir flotté quelque temps à la surface, ces bois , saturés sans doute par l'eau, durent couler au fond avec les détritus que la répétition du même phénomène accumulait successivement. C'est ainsi recouverts , et probablement sous l'influence d'actions chimiques et de circonstances diverses, que peu à peu ces végétaux ont changé de forme, et sont passés à l'état de charbon minéral. Le charriage de troncs d'arbres , que font encore de nos jours certains fleuves, est bien propre à nous donner une idée de ce qui put se faire d'analogue , alors que toutes les circonstances favorables étaient réunies pour permettre le développement d'une végétation gigantesque, végétation dont nous retrouvons , en effet , les débris dans l'étage houiller. D'autres géologues pensent que la houille a pour origine d'anciennes tourbières; c'est-à dire que, pour eux, elle résulterait de la décomposition successive st sur place d'une abondante végétation herbacée, accumulée dans certaines dépressions , et qui ^ pa , par la comoression et sous rinfluence de circonstances particulières , passer à l'état de houille.

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Cette opinion se trouverait fortement appuyée par diverses circonstances, et en particulier par l'état même de pompai-iié et d'homogénéité de la houille, à rioiérieur de laquelle on ne rencontre presque jainais de parties végétales, ligneifsesuu arbifresieuies; car ce n'est que dans les schistes argileux et dans les aiitres matières de {.ransport qui accompagnent les dépôts de houille que $e rencontrçtit les (}ébrjs si pombreiix, liges ou frondes , des végétaux qui caractérisent ces formations.

Une aussi puisififute yégétatjon que celle qui donna naissance à la fortrjaiion de la houille enleva successiverpentà l'aimosplièrc une énorme quantité d'acide carbonique.

L'air, plus pur, |)lus oxygéné, pu|, donc entretenir la vie d'i^niniau;^ plu$ parfaits. Des êtres plus complexes purent désormais resr pirer; c'est alors qu'apparurent ces énorme? Reptiles aux formes si bizarre;? et si variées, des Poissons, des Tortues géantes, en corn|)agiiie d'une plus grande variété de Mollusques tous marins. Quelques rares Oiseaux de l'ordre des Ecliassiers parurent ultérieurement, c'est à-dire quand l'atmosphère fut encore plus propre au développement de l'organisation. Des arbres plus parfaits, des Conifères, vinrent success'vement rompre l'uniformité de la végétation. Tout porte à croire que ces êtres organisés subissaient avec le temps, l'influence des modiOcations incessantes qui se manifestaient dans la température, la pression et la composition de l'atmosphère; et qu'en conséquence des familles entièrjes s'éteignaient au fur et à mesure que leur organisation n'était plus en rapport avec les circonstances nouvelles; admirable plan du Créateur, qui, en couvrant la surface du globe d'êtres divers, semble avoir multiplié d'abord ceux dont les organes étaient en harmonie avec I3 milieu dans lequel ils devaient vivre, tandis que d'autres êtres plus complexes ne trouvaient point encore tous les éléments nécessaires à leur existence!

De violents soulèvemefits continuaient toujours à élever de nouvelles terres à la surface de la mer; les continents se formaient peu à peu , et avec eux des bassins d'eau douce qui recevaient aussi des sédiments divers. Le déplacemeiit des eaux donnait lieu à de grandes érusious. Des

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sources thermales coulaient de toutes parts et apportaient leur tribut à la fornration de certaines masses minérales. De fréquents épanchements couvraient le globe d'aspérités. Les mêmes causes coniinnaient d'agir, et toujours amenaient les mêmes résultais.

La terre était encore privée de Mammifères ; mais l'atmosphère se purifiant de plus en plus par les causes déjà signalées, l'époque arrive enûn où des animaux plus complexes peuvent naître et se développer. Celte période voit paraître en même temps les grands Mammifère:; aquatiques et terrestres. Les Lamantins , les Dauphins, les Phoques, etc., partagent le domaine des eaux avec les Poissons devenus plus nombreux. Des Herbivores, des Carnassiers, des Rongeurs, habitent, aver les Oiseaux, une terre que couvre une riche végétation de dicotylédones. Alors vécurent aussi tous ces animaux dont les admirables iravaux de Cuvier ont établi les genres main tenant perdus.

Malgré la puissance de l'écorce terrestre qui s'augmentait de plus en plus, les phénomènes de contraction et de pression que nous avons exposés plus haut s'opposaient à ce que les gaz intérieurs et la masse fluide incandescente pussent rester complélement emprisonnés dans leur faible enveloppe; en effet, plus grand était l'effort qui semblait devoir les contenir, et plus grande était aussi la force expansive qui les poussait vers la surface. Celte action se manifestait principalement par la sortie de matières fluides, plus ou moins pâteuses, qui s'élevaient pari'ois sous forme de crêtes à bases plus ou moins larges. De ces influences résultaient des soulèverrieiils qui avaient lieu, non par un mouvement lent et continu , mais bien par suite de secousses violentes et rapides , comme semble l'indiquer le redressement des couches soulevées et le brusque déplacement des eaux dont on peut reconnaître les traces. Ces soulèvements paraissent avoir augmenté d'intensité à mesure que l'écorce terrestre augmentait de puissance; en sorte que les derniers événements de re genre auraient formé les plus hantes chaînes lie montagnes; et, comme il est probable que les mêmes causes subsistent encore aujourd'hui, et que la tranquillité

dont le globe jouit est due à leur repos plutôt qu'à leur anéantissement , rien ne nous garantit que l'action plutonique n'ajoutera point, dans le cours des siècles à venir, de nouveaux systèmes de montagnes plus élevés, plus imposants encore que ceux qui existent actuellement.

On peut se faire une idée des perturbations qu'occasionnaient ces souièvemciifs lorsqu'ils se manifestaient brusquement au sein des mers. Alors, déplacées, errantes pendant quelque temps, les eaux devaient produire d'épouvantables inondations, qui balayaient, pour ainsi dire, une partie des continents : aussi voit-on en tous lieux des dépôts de cailloux roulés, et dont les matériaux sont rarement agglutinés; traces irrécusables de déluges partiels dont notre globe paraît, à plusieurs reprises, avoir été le théâtre. Dans quelques circonstances, l'impétuosilé des eaux , encore augmentée par les détritus qu'elles tenaient en suspension, dut acquérir une force suffisante pour expliquer le transport des blocs erratiques.

La puissance de ces courants devait produire de grands accidents d'érosion, surtout quand elle s'exerçait sur des masses meubles et friables. On conçoit qu'alors les eaux laissaient d'énormes sillons, des traces profondes de leur passage. Telle est probablement la cause des ondulations que présente la surface de la terre; car il faut bien se garder de croire que toutes les aspérités du glube soient le résultat de soulèvements et d'affaissements. Il faut aussi faire la part du ravinement et de la dénudation auxquels, sans doute, est dû un grand nombre de buttes ei de coteaux.

La formation du sel gemme paraît également liée au déplacement des eaux. On comprend que, dans ces convulsions de la nature dont nous pouvons souvent constater les traces, <les eaux salées errantes sur les continents aient pu trouver accès dans de grandes cavités; et que, retenues dans ces dépressions isolées , elles y aient subi une évaporation plus ou moins prolongée , activée peut-être par quelque influence plutonique; en sorte qu'il en serait résulté des masses [)lus ou moins pures de sel gemjrie , quelquefois salies par des dépôts argileux.

Tout fait présumer aussi qu'en même

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temps que l'écorce terrestre gagnait en puissance, la température passait sur certains points , comme en Europe , par exemple, du degré équatorial à relui que nous éprouvons actuellement. Cette oiiinion est fondée sur certains caractères botaniques et zoologiques , qu'on peut apprécier dans les fossiles qui correspondent à cet âge. Ainsi la seule chaleur émise par le soleil allait désormais sur le globe suffire à l'organisation et à la vitalité de ses nouveaux habitants.

Il n'est pas inutile de faire remarquer ici que , malgré l'extinction successive des végétaux et des animaux, victimes des modifications qu'éprouvait le milieu dans lequel ils se trouvaient, le nombre des espèces animales et végétales a toujours été en augmentant, en même temps que leur organisation se compliquait davantage ; car les dernières strates fossilifères nous présentent abondamment des Ruminants , des Rongeurs , des Carnassiers , et jusqu'à des Quadrumanes , récemment découverts par M. Lartet, dans un calcaire d'eau douce correspondant à l'étage des faluns. Plus tard, enfin, quand le globe se trouva dans des conditions propres au libre développement de tous les êtres organisés, et que la vie eut été , pour ainsi dire, essayée sur une échelle déplus en plus élevée, l'homme parut, ou du moins, jusqu'à ce jour,^aucun fait positif n'a constaté qu'il ait laissé des dépouilles ou les traces de son passage ailleurs que dans les alluvions modernes. Tout porte donc à croire qu'il est le dernier produit , comme il est le chef-d'œuvre de la création.

Dans cette rapide esquisse géogénique , résultat d'une foule d'observations irrévocablement acquises à la science , on a pu remarquer que trois faits principaux ont contribué un grand nombre de fois à modifier la surface du globe : ce sont les soulèvements , les émissions de matière ignée , et la production de dépôts sédimentaires formés par couches régulières dans le sein des eaux, et provenant le plus souventde la désagrégation ou de la trituration de toutes sortes de roches. Ces trois sortes de phér.omènes ont constamment marché de front pendant la longue série des âges géologiques ; seulement l'intensité de leur action paraît avoir diminué, sous certains rapports, à mesure que

l'époque actuelle s'approchait. Toujours ces trois genres de phénomènes ont été liés entre eux par des relations intimes ; car les soulèvements, en déterminant la positiondes eaux, déterminaient aussi la place des dépôts sédimentaires , et avaient en même temps avec les roches ignées les relations qui, existent entre les résultats d'une même cause. Le feu d'un côté, et l'eau de l'autre , sont donc les deux grands agents qui alternativement, et quelquefois simultanément, ont présidé à la formation de toutes les masses minérales; et comme cette double action d'émission de matière ignée et de dépôt de détritus n'a jamais souffert aucune interruption ; comme toujours, la cause ignée tendait à produire à la surface de nouvelles aspérités par les soulèvements ou par l'entassement de matières vomies , tandis que la cause aqueuse travaillait à les faire disparaître, en comblant les dépressions avec des sédiments divers , il en est résulté des effets généraux qui , en s'accumulant de siècle en siècle, d'époque en époque , ont constitué l'écorce terrestre telle que nous la connaissons aujourd'hui , et que nous allons maintenant décrire sommairement.

Nous divisons les matériaux qui composent l'écorce minérale en trois grandes classes ou séries distinctes.

La i^' se compose du Terrain primitif on Terrain de cjistallisalion sir ati forme, formé par refroidissement autour de la masse terrestre fluide et incandescente.

La 2' embrasse tous les Terrains sédimentaires, résultant, soit d'une précipitation mécanique ou chimique, soit d'un transport, et dont la structure, les fragments roulés , triturés, et les débris organiques qu'ils contiennent , dénotent évidemment l'action des eaux.

La 3°, enfln, comprend ]es produits d'épanchemenls et d'éruptions , roches de cristallisation comme celles de la première classe, puisque leur origine est commune, mais qui se présentent le plus souvent sans stratification apparente. Elles se sont formées à toutes les époques géologiques, soit par injection de la matière chaotique, soit par éruptions volcaniques , et constituent des amas transversaux ou des accumulations stratiformes au milieu des terrains des diverses périodes.

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Quotqae ces caractères généraux soient bien tranchés, bien absolus, il existe néanmoins des masses minérales qui, au premier abord, paraissent s'y soustraire; car, ainsi qu'il a été dit, les deux grandes causes productrices des roches , le feu et l'eau, ayant parfois agi simullanémeiil aux époques anciennes, ont donné naissance à des effets composés, qu'il est quel juefois difflcile de bien apprécier.

Pour mieux faire connaître les caractères et la position des masses minérales qui constituent l'écorce terrestre connue, nous ne nous occuperons d'abord que des deux premières classes de Terrains dont nous venons rie parler, et dont la série straliformc est très régulière, lorsqu'on fait abstraction des produits d'épanchements et d'éruptions qui s'y sont introduits.

Cescoucbes stratifiées affectent entre elles un certain ordre constant de superposition ; c'est-à-dire que celles qui sont supéiieures sur up point ne deviennent jamais inférieures lur un autre. Chaque formatiou in-

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dépendante se distingue de celle qui la précède ou qui la suit par des caractères particuliers qui lui sont propres. Quant à l'âge relatifde chacune d'elles, il est suffisamment indiqué par l'ordre de supe^pu^ition ; aussi at-on comparé la disposition des couches stratifiées à une pile de livres d'histoire entassés les uns sur les autres, et placés de telle sorte que chaque volunre se trouva toujours immédiatement au-dessus de celui qui renfernie le récit des événements de l'époque précédente ; comparaison qui n'est rigoureusement vraie qu'à ceituins égards; car la stralifjcttion des Terrains sédimentaires est loin de présenter une disposi tion aussi régulière, comme nous le verrons bientôt. Néanmoins, en supposant que cela fût, et qu'il fût également possible d'ouvrir une tranchée qui les mit tous à découvert, depuis les dépôts les plus modernes jusqu'à la base du Terrain primitif, on aprajt a|ors les dispositions successives ique pfjé^iepl^ la cuupit théorique smy^nie.

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