TERRAIN DE TRIAS
Sja.t Formation trittsique ; partie de la période falino-magnésienne de M. Cordier.
Ce Terrain a été nommé Trias [Iri, trois), .parce qu'il se compose de trois dépôts mijnéralogiquement très distincts : \° les Grès bigarrés, 2° le Muschelkalk , 3° les Marnes irisées ou Keuper des Allemands.
Étage des Grès bigarrés.
Syo. : Nouveau Grès rouge des Anglais (New red sandstone) ; Formation pœcitienne de IVI. Huut.
Cet étage, dont la puissance moyenne est d'environ 150 mètres, est connu sur divers points de la France, en Allemagne, en Angleterre, CD Russie, en Amérique, etc. Il
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est généralement composé de nombreuses couches de Psammites ou Grès quartzeux argilifères, à grains plus ou moins fins, de couleurs variées, le plus souvent bicarrées de taches rougeâtres, jaunâtres , grisâtres, bleuâtres, etc. Ces Grès renferment fréqueiriment des paillettes de Mica et alternent avec des couches d'Argile.
Les principales roches subordonnées à ces Psammites sont des Métaxites , des Calcaires souvent magnésiens et globulaires, du Gypse, de l'Anhydrite et des Argiles calcarifères, contenant souvent de petites masses de Sel gemme.
On y trouve aussi quelques substances minérales, telles que du Cuivre carbonate ( exploité à Chessy près de Lyon, en Allemagne et en Russie), du Manganèse, du Fer oligiste, du Fer hydraté, etc.
Les Grès bigarrés contiennent beaucoup de végétaux, mais fort peu de débris d'animaux.
Parmi les végétaux de cet étage, qui diffèrent tous de ceux du Terrain houiiler, nous citerons comme caractéristiques VEquisetum columnare, le Calamités arenaceus, VAnomopteris Mougeolii, \e Nevropleris Voltzii, le Sphenopleris myriophyllum , les Voltzia brevifoUa et elegans, etc. Les principaux Mollusques qu'on y rencpnlresont le Tri' gonia vulgaris, le Buccinum anliquum , la Naltca Gailliardoti , les Plagiostoma ( ou Lima) linealum el sir ialum , VAvicula socialis, le Mylilus eduliformis , la Trigonia vulgaris, etc. On y a trouvé aussi quelques Polypiers, des Crustacés, six ou sept espèces de Poissons et quelques Sauriens.
Aux États-Unis, M. Hitchcock a signalé, dans le Grès bigarré, des empreintes de pas dOiseaux qu'il a nommés Ornilhichnites et dont il a fait huit espèces distinctes. En Ecosse, on y a également trouvé quelques traces de pas de Tortues terrestres. Enfin , dans les carrières de Grès quartzeux do Ilildburghausen , en Saxe, on a découvert des empreintes de pas appartenant à un animal inconnu que quelques géologues rapportent à d'énormes Batraciens, mais que le professeur Kanp considère comme un genre de Mammifères voisin des Kanguroos, et pour lequel il a proposé le nom de Cheirolherium. D'après cette opinion hypothétique , cet animal serait le plus ancien de
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tous les Mammirères connus. Une «le ces nirieuses empreintes est maintenant exposée à Paris, dans la galerie géologique du Muséum d'histoire naturelle.
Éta^c du lUnscbelkalk.
Syii. : Calcaire conchylien; Formnlion conchylienne de M. Huot ; Calcaire a céraliles de M. Cordier.
Le nom de Muschelkalk (Calcaire coquillier), a été donné par les Allemands à un étage supérieur au Grèy bigarré , et qui se montre sur divers points de l'Europe, notamment en Allemagne, où il acquiert souvent une puissance de 100 a 150 mètres. Il consiste en diverses couches de Calcaire compacte, tantôt gris de fumée, tantôt gris bleuâtre ou noirâtre,quelquefois magnésien, et contenant des rognons de Silex; il alterne avec des Marnes et des Argiles. Cet étage est très riche en débris de Fossiles, tels que : Térébraiules, Huîtres, Peignes, TIagiostomes , Mytilus, Trigonies, Turritelles, etc.; mais les espèces les plus caractéristiques sont : VEncriniles liliiformis ou monilil'ormis , le Terebratulavulgaris , VAvicula (ou Mytilus) socialis, le Trigoniavulgaris , les Ammoniles (ou Céraliles ) nodosus et Semi-partilus , et les curieux Fossiles nommés Bhyncholilhes , que quelques auteurs ont rangés parmi les Crustacés, mais que la plupart des géologues considèrent maintenant comme de véritables becs de Seiches. On y trouve aussi des Reptiles sauriens {Ichlhyosaurus Lunevillensis , Plesiosaurus, etc.), des Poissons et quelques eskes de Végétaux. On remarque que les frilobites, les Productus, les Orthocères et les Bellérophons, si nombreux aux époques précédentes, cessent de se montrer dans lelle-ci.
^tase des Marnes irisées.
SjD. : Formation /ceuf/rir/ue, Keuper des Allemauds; Red mnrle des Anglais.
Cet étage, qui recouvre le Muschelkalk, <iUeint,en France et en Allemagne, une puissance qui dépasse quelquefois 200 mètres. [1 se compose d'une multitude de petites couches argileuses et marneuses , colorées ^régulièrement en rouge, jaune bleuâtre ou verdâtre, alternant généralement avec des
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Grès quartzeux friables argilifères (Psammite) qui sont aussi diversement colorés.
Les principales roches subordonnées aux marnes irisées sont des Argiles salifères, du Gypse , de l'Anhydrile , du Sel gemme , de l'Arkose, de la Houille maigre pyriteuse (stipile), des Calcaires argilifères, des Calcaires magnésiens, des rognons de Sulfate de Strontiane et de Baryte, de la Galène, du Cuivre carbonate, de la Pyrite, du Fer hy« droxydé,etc.; mais la matière la plus abondante de cet étage, dans le Wurtemberg, comme en France, est le Sel gemme. Celte substance alterne en couches de 7 à 8 et même 10 mètres, avec des couches d'Argile. Ces diverses couches salifères réunies présentent ensemble, sur quelques points, une puissance d'environ 150 mètres; ce quia lieu, par exemple, dans le Wurtemberg, ainsi qu'à Vie et à Dieuze (Meurthe), où le Sel gemme forme une des richesses du sol de la France. C'est aussi de cet étage que sortent les sources salifères qu'on exploite dans le Jura. Les masses gypséuses plus ou moins abondantes, qui accompagnent ces dépôts de Sel gemme, sont souvent aussi un objet d'exploitation.
Les marnes irisées contiennent, comme les Grès bigarrés, un assez grand nombre de végétaux appartenant à une trentaine de genres. Tels sont les Equiselum Meriani et columnare , le Calamiles arenaceus , le Pecopteris Meriani, le Filiciles Slullgartiensis, le Plerophyllum longifolium , etc. Les Mollusques y sotit peu nombreux ; nous citerons seulement le Plagiosloma lineatu:n , le Car» diuin pectinatum, la Trigonia vulgaris, VAvicula socialis, le Posidonia Keuperiana, etc. On y a signalé aussi des débris de Sauriens et de Poissons.