TERRAINS D'ALLUVIONS
Syn. : Terrain de transport; Période alluviale de M. Cordier.
Nous sommes enfin arrivés aux couches sédimentaires les plus modernes, celles qui forment les parties les plus superficielles de l'écorce terrestre , et qui sont aussi le plus universellement répandues sur nos continents. Ces diverses couches alluviales occupent des positions relatives telles qu'or, peut, au premier abord, les confondre. En effet, quelquefois elles s'enchevêtrent et se recouvrent réciproquement, paraissant n'observer aucune régie de superposition constante. Cependant on a pu reconnaître d'une manière positive que ces dépôts, généralementarénacés et incohérents, appartiennent à deux époques bien distinctes. De là leur division en deux étages nommés Alluviom anciennes et AUuvions modernes. Les pre* mières paraissent provenir de perturbations violentes, de causes beaucoup plus puissantes que celles qui agissent de nos jours ; les secondes, au contraire, doivent simplemenj leur origine aux actions érosives actuelles, ou qui ont eu lieu depuis les temps taistors< ques les plus reculés.
TER Étage des allavlons anciennes.
Syii. : Étage diluvien de M. Coidier; Diluvium à'-s géologues anglais; newer Pliocène ou nouveau Fliorène de M. Lyell; Terrain Clysmien de SIM. Biongoiurlet Huot; Terrain de transport et d'allérissement; Terrain de transport ancien,
La composition des Alluvîons anciennes varie nécessairement selon la nature minérale des contrées qui en ont fourni les matériaux. En général, elles se composent de couches meubles, de fragments roulés provenant de toutes sortes de Roches, mêlés à des Sables, des Argiles ou des Marnes. Ces couches , d'une épaisseur variable, sont placées plus ou moins profondément au-dessous de la terre végétale, quelquefois même à la surface du sol. Leur principal caractère est d'être presque toujours accompagnées d'é*normes fragments de Roches , à angles émoussés, nommés blocs erratiques , dont quelques uns présentent des volumes très considérables : il en est qui ont jusqu'à 20 mètres cubes.
Les cailloux roulés et les blocs erratiques recouvrent une grande partie de notre continent; on les rencontre sur des plateaux ou des montagnes si élevés, qu'il est impossible de supposer qu'aucun cours d'eau, mû par les forces actuelles les plus puissantes, ait jamais pu atteindre à de pareils ni' veaux; en sorte que, pour eipliquer leur transport, il faut nécessairement admettre un violent cataclysme ayant produit de grands accidents d'érosion, et qui, sous l'inQuence de puissants courants , aurait dispersé ces détritus roulés à des distances et à des hauteurs plus ou moins considé-' râbles.
On remarque, dans la vallée de la Seine, au-dessus du niveau de la rivière, une zone (J Alluvionsanciennesdontia largeur atteint .sur quelques points plus d'une lieue (Saint- Germain, Boulogne, Sablonville, etc.). En examinant avec soin ce dépôt, on reconnaît qu'il contient, non seulement des blocs de Grès provenant de l'Argile plastique des environs de Montereau et des fragments de presques toutes les Roches du plateau tertiaire parisien, mais encore du Calcaire jurassique qui vient évidemment de la Bourgogne, et même des détritus de Granité, de Syénite , de Porphyre et de Gneiss, identiques avec
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ceux des montagnes du Morvan (Nièvre) d'où ils ont été charriés. Tout porte à croire que ces dépôts et leurs analogues, qu'on liouve à peu près partout, ne sont autre chose que le résultatdu dernier cataclysme, qui a mis fin à la période paléolhérienne, en produisant une érosion générale.
Ailleurs, dans le Nord de l'Europe, les blocs erratiques sont répandus par myriades. Ils se montrent par traînées longitudinales allectaiit généralement une direction à peu près nord et sud. Ils sont ordinairement en Granité, Gneiss, Porphyre, plus rarement en Calcaire. En étudiant la nature minérale de ces masses enfouies souvent dans les Alluvions qui nous occupent, on a pu leur reconnaître des caractères identiques à ceux des Roches qui constituent les montagnes de la péninsule Scandinave, et constater ainsi leur point de départ.
Le mode de transport de ces blocs, quelquefois considérables, ainsi que ces masses de cailloux roulés qui couvrent surtout les parties nord de l'ancien comme du nouveau monde, ont été le sujet de grandes discussions, et , de part et d'autre, on a conçu des hypothèses plus ou moins ingénieuses, mais dont aucune n'explique le fait d'une manière bien satisfaisante. C'est ainsi que quelques géologues pensent que les blocs erratiques ont été transportés par des bancs de glaces détachés des glaciers et poussés avec violence vers le sud. Quand la fonte avait lieu, les Roches , devenues libres, se précipitaient au fond des eaux, sur des plaines, des vallées ou des montagnes sous-marines. Ces musses seraient restées là jusqu'à ce qu'un soulèvement ou la retraite des eaux fussent venus les mettre à sec. D'autres auteurs supposent, au contraire, que ces blocs ont pu être charriés par un énormecourant, dont l'extrême rapidité et la puissance accrue par la masse de matières terreuses qu'il tenait en suspen;ion suffisaient pour vaincre l'action de la gravité sur les blocs erratiques et les empêcher de tomber ailleurs que sur les digues qu'ils rencontraient dans leurs parcours; en sorte qu'ils pouvaient se disperser à des distances et à des hauteurs plus ou moins considérables, selon leur volume et leur proximité du centre du courant qui les avait détachés.
Eiiûu - divers géologues , ne trouvant
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{)as ces hypothèses suffisantes pour rendre compte d'un phénomène si général , eipour expliquer le transport des blocs erratiques, appellent à leur aide un ordre de choses presque surnaturel , bien que possible , d'ajirès quelques astronomes. Il ne s'agirait de rien moins que du'choc ou du passage d'une toinèlc dans le voisinage de la terre. L'attraction de cet astre errant, augfnentant alors en raison de sa proximité, aurait déterminé sur la terre de graniis déplacements dans les eaux île la mer, d'où seraient résultés (les courants immenses qui auraient détaché et entraîné, à des dislances considérables , celte masse de matériaux divers (onstituanl 1 étage des alluvions anciennes. C'est à ces mêmes alluvions qu'on rapporte les ghes stannifères du Cornouailles , dont le gisement originaire doit être rapporté au terrain granitique ; les dépôts auroplatinifères qu'on exploite sur le versant occidental des monts Durais; les dépôts si renommés du Brésil, de la Colombie, de la Californie, et enfin tous les dépôts geminifères formés de cailloux roules, parmi lesquels on trouve divers métaux précieux , accompagnés d'Émeraudes, de Topazes, de Corindons et de Diamants, détachés de leurs gisements originaires par l'action combinée des agents éro.>ifs.
Les alluvions anciennes renferment une grandequantiléde Mammifères fossiles, dont {es uns ont leurs congénères parmi les animaux actuellement vivants, mais dont plusieurs genres et un grand nombre d'espèces n'ont point leurs représentants dans la nature animée. Telles sont plusieurs espèces de Maslodonles, de Rhinocéros, le Alegaiherium et le Megalonix, sorte de Tatou géant. Parmi les débris organiques trouvés dans la vallée de la Seine, nous -nterons lE ephas priinigenias et le grand Élan d'Irlande ('.'e?-vus giganleus), espèces également perdues. C'est à l'étage que nous décrivons que se rapportent les remarquables dépôts ossifères des côtes de la Sibérie, où l'on a trouvé VElephas prinUgenius ou grand Mammouth, et le Rhinocéros lichorinus, qui, bien qu'enfermés depuis des milliers d'années dans des limons et des argiles arénacées, avaient encore leur cadavre dans un tel état de conservation que les Chiens en ont pu manger la chair; ce qui autorise a conclure qu'ils
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ont été saisis por la gelée immédiatemeni après leur mort.
On rapporte également aux alluvions anciennes une partie des dépôts ossifères que renferment certaines cavernes. Pour tout ce qui concerne ce sujet, nous renvoyons le lecteur au remarquable article GnurrE ei Cavernes, que M. Desnoyers a inséré dans ce Dictionnaire.
Étage des allavions modernes.
Syn. : Terrain post-diluvien; Post-riiliu'imn , Période loviennv lU: M. Al. Broiigiiiiul; Terrain de lei<oque ailiieUe; Terrain récent.
Ce dernier étage comprend tous les dépôts qui se sont formés depuis le commencement de lu période actuelle, pendant les temps historiques, et ceux qui se forment actuellement sous nos yeux. Il présente des produits très variés, résultant, en général, de la désagrégation de toutes sortes de roches, et des éboulements que produisent les eaux en s'intiltrant dans le sein de la terre.
Dans les contrées montagneuses, au pied des escarpements et sur les rivages où la mer bat les falaises, nous voyons tous les jours se former des accumulations d'eboulis composés des débris de roches que la pluie, la gelée et les autres agents érosifs tendent sans cesse à désagréger. Souvent ces dépôts présentent des infiltrations de matière calcaire ou ferrugineuse, faisant l'office d'un ciment qui les solidifie avec le temps, donnant ainsi naissance à des brèches ou a des poudingues, selon que les fragments sont anguleux ou roulés.
Il existe sur divers points des dépôts de nature difl'érente : ce sont des eaux marécageuses , stagnantes, dans lesquelles la tourbe se forme journellement, avec d'autres Jépôts plus ou moins boueux. Ces dépôts tourbeux et boueux, qui devaient être beaucoup plus nombreux au coîiimeucernent de l'époque actuelle , puisque les défrichements en ont fait disparaître un tu . grand nombre, contiennent une multitude d'ossements appartenant, le plus souvent ,a des espèces vivantes, et, chose digne de remarque , quelquefois encore à des espèces perdues.
D'un autre côté , on sait que les cours d'eau charrient et déposent des sédiments, soit sur le fond des vallées qu'ils parcou-
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rent, soit jusqu'à leur embouchure, ou même l'ans la mer, duiinant ainsi naissance à des lies nouvelles ou a ài:s Dcllas plus ou moins considérables. Ailleiiis les mers aniomèlenl, cur quelques points de la côte ou dans leur \ ein , des amas de galets , des bancs de sajjles, qui forment des dcueils dangereux pour la iiavif^ation. Quelquefois ces dépôts aréjiiacés suni poussés sur les pliiges basses de |i'Océan ; là, les vents dominants s'en emparent, et les transporlenl dans l'intérieur des
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terres, sous forme de traînées de monticules qu'on nomme dunes.
Dans certaines contrées, il se forme sur le rivage des dépôts de débris de coquilles plus ou moins arénacés , et qui se solidifient à l'aide de la précipitation du carbonate de Chaux que les eaux tiennent en dissolution. C'est ce qu'on voit, par exemple, sur les côtes de la Morée , de la Sicile, et surtout de la Guadeloupe, où l'on a trouvé, incrusté dans un dépôt coquillier, un squelette de femme , probablement de race caraïbe.
Les dépôts marins les plus remarquables correspondant à cet étage sont ceux qui résultent de l'accumulation de certains Mollusques qui vivent en familles, et surtout de Polypiers. Ces petits animaux, par leurs sécrétions calcaires et l'accumulation de leurs dépouilles , produisent d'immenses bancs ou récifs, qu'on trouve surtout eu grand nombre dans les mers de la zone interlropicale.
Enfin, on rapporte aussi aux alluvions modernes les dépôts de tufs calcaires ou travertins , ainsi que d'autres concrétions calcaires ou siliceuses que déposent certaines sources minérales, ou encore qui se furment par suintement dans les grottes et cavernes, en donnant naissance aux italactiles et aux slalagmilcs.
C'est dans ces cavernes qu'on trouve diverses concrétions mêlées à des cailloux et à des limons, au milieu desquels gisent des accumulations d'ossements de IManiruifères ta plupart carnassiers , et dont beaucoup apparliennenlàdes espèces perdues. Cesaniluaux faisaient s.ins doute leur demeure de ces retraites souterraines, comme semblent l'indiquer \es masses d" Album grœcum qu'on y trouve, et qui ne sont autre chose que le produit de leurs déjections. On rencontre iiussi dans ces cu> crues d'autres débris d'a-
nimaux , qui , probablement, servaient de proie aux premiers; car on a trouvé des os rongés et entamés, sur lesquels on dislingue parfaitement les traces non équivoques de dents d'animaux carnassiers. Plusieurs cavernes ont offert, mêlés à des débris d'animaux d'espèces perdues , des ossements humains et des fragments de poteries, grossiers produits de l'industrie des premier» hommes. M. Desnoyers (^oj/. l'article CRorrES et CAViîBNEs déjà cité ) et divers autres géologues considèrent cette singulière associatiou comme le résultat de plusieurs causes fortuites, non simultanées, postérieures au comblement de la plus grande partie des cavernes, et pouvant indiquer des dépôts et des remaniements plus modernes.
Ici finit la description des Terrains successivoment formés par la voie aqueuse.
Notre but était de mettre en relief les traits les plus saillants des étages qui les composent. Pour compléter ce précis géognostique, nous n'avons plus qu'à exposer, dune manière succincte et chronologique, l'apparition et la description des principaux produits ignés, qui, à toutes les époques , sont sortis de la masse centrale , à travers les Terrains sédimentaires qu'ils ont souvent bouleversés , et sur lesquels ils sont venus quelquefois s'épancher.
ÏEliUAlKS PLUTOIMIQUES oc D'ORI- Gli\£ iGIlÉË.
Syn.: Terrain pyrogène , comprenant les Terrains granitique, pyroïde et volcanique o\x vulca' niçHC (Je divers géologues ; Dépôts massifs OB ignés de M. iioué.
Ainsi que nous l'avons énoncé, les roches qui constituent ces Terrains se trouvent mêlées ou intercalées avec les masses stratifiées de toutes les époques, et particulièrement des époques anciennes. Elles portent tous les caractères de roches émanées du sein de la terre à l'état de fusion ignée. On les trouve enclavées dans le sol primordial et dans le^ Terrains sédimentaires, soit sous la forme d'amas transversaux formés par injection à travers les fentes provenant des dislocations de l'écorce terrestre, soit en accumulations slratiformes et indépendantes, résultant d'éruptions plus ou moins répétées à la surlVce.
L'aspect et la texture de ces roctee.s ignées 41*
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sont excessivement variables. Ces différences paraissent résulter de l'absence ou de la présence d'un certain nombre d'éiénienls composants, comme aussi de circonstances diverses qui ont présidé à leur refroidissement; auss" voit-on quel(juefois la même roche pour peu qu'elle ait quelque étendue, présenter des variétés d'aspect et de compo silion auxquelles on serait tenté d'assigner des noms différents , si , au lieu de s'occuper de la masse entière, on portait son attention seulement sur quelques unes de ses parties. Quant à l'âge de ces mêmes roches, il est souvent très difficile de le déterminer avec précision. En effet, les produits ignés ne peuvent pas être aussi rigoureusement classés que les produits aqueux; car la stratification et les fossiles, bases de la classification des roches sédimentaires, n'existent pas dans la presque totalité des matières ignées. Cependant , comme ces dernières correspondent, généralement, à des époques distinctes des Terrains sédimentaires qu'elles ont traversés, et qu'elles présentent d'ailleurs des caractères minéralogiques qui les distinguent selon qu'elles appartiennent à des époques plus ou moins anciennes , on a pu , en combinant les observations faites en diverses contrées, établir leur ordre d'ancienneté d'une manière positive, bien que générale.
On conçoit que les limites de notre cadre ne nous permettent pas de donner ici une description détaillée des principales roches ignées; aussi à l'exemple de plusieurs géologues, nous les réunirons toutes en quatre groupes distincts, qui sont , d'après leur ordre chronologique, les Terrains {;îant7oïde, porphyroide, trachylo-lasaltique, et lavique ou volcanique proptemenl dit.
TERRAIN GRANITOÏDE.
Ce groupe, principalement caractérisé par la prédominance du Granité et de la texture granitoïde. comprend aussi des Syénites, des Diorites, des Pegmatites, etc. Toutes ces roches constituent des enclaves, ou amas transversaux coup.int les plans de stralificaiion des assises du Terrain primitif, à la partie supérieure duquel on les voit affleurer. Quelquefois nvême elles se prolongent assez avant dans les anciens Terrains cédimentaires. Eu général , elles se présen-
tent dans de larges fissures plus ou moins étendues, fissures par lesquelles s'est épanchée la matière liquide et incandescente qui en a rempli les intervalles.
Le Granité , composé de Feldspath , de Quartz et de Mica, est la roche la plus abondante qu'aient produite les épanchementsdes premiers âges. Outre les montagnes et plateaux considérables qu'il forme à la surface delà terre, on lecite encoreenénormesGlons ondykestraversantquelquesanciensTerrains sédimentaires, ce qui indique qu'il est sorti à différentes époques. A raison de son étendue, qui va quelquefois jusqu'à 30 et 40 lieues carrées, le Granité a participé à tous les mouvements de dislocations qui ont agité l'écorce terrestre; cela devient évident en présence des nombreux filons qui le traversent, et dont la nature diverse et la formation postérieure peuvent, en quelque sorte, retracer l'histoire et indiquer l'âge de ces dislocations. Ces filons, qui s'entrecoupent souvent, sont stannifères, cuivreux, plombiferes, etc. Les substances métalliques se trouvent généralement dans le Granité; il faut en excepter cependant l'Étain de la Saxe , de Cornouailles , et les minerais de Plomb duTjTol.
Quelques variétés de Granité, exposées à l'action de l'air et de l'eau, se désagrègent facilement, par suite de la décomposition de l'élément feldspathique. C'est à celte circonstance que sont dus les blocs arrondis qui couvrent alors le sol, et qui sont quelquefois empilés les uns sur les autres de la manière la plus bizarre.
La Syénile est, après le Granité, la roche la plus importante du Terrain qui nous occupe. Elle présente des variétés de composition qui la font changer d'aspect; et, comme le Granité, elle constitue des enclaves considérables. A Syène , en Egypte, elle forme une bande transversale à la direction du Nil , qui s'étend de l'est à l'ouest sur une soixantaine de lieues. La Syénite est moins susceptible de décomposition que le Granité, et l'on remarque qu'elle ne contient pas de filons métallifères.
Les autres roches du Terrain granitoïde ont bien moins d'importance que le Granité et la Syénite : ce sont principalement des Pegmatites et des Diori/es, formant aussi des amas transversaux. La première est, ea
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quelque sorte, un Granité sans Mica : c'est dans son sein qu'existent les cristaux les plus volumineux que l'on connaisse. Les grandes lames de Mica de Sibérie, dont les paysans russes se servent quelquefois pour vitrer les fenêtres de leurs cabanes, et qu'on emploie principalement pour le vitrage des vaisseaux , ont éié trouvées au coiilnct de la Pegmatile. Le magnlGque cristal de Quartz hyalin , exposé à l'entrée de la galerie de géologie du Muséum d'histoire naturelle de Paris, provient également de cette roche.
Les Pegmatites offrent un curieux phénomène d'altération dont la cause est encore peu connue : elles se décomposent par place jusqu'à une très grande profondeur, sans que les parties encaissantes participent à celte décomposition. C'est à celte particularité qu'est due l'origine du Kaolin ou terre à porcelaine.
Quant à la Diorite, elle diffère du Granité en ce que le Quartz et le Mica y sont remplacés par l'Amphibole. Cette roche est généralement à petits grains, présentant parfois, dans l'agrégation de ses molécules, un genre particulier de cristallisation , comme dans la Diorite orbiculaire de Corse, formée d'une pâle de Diorite , contenant des orbicules à couches concentriques , alternativement composées de Feldspath et d'Amphibole. On cite encore comme app.irtenant au Terrain granitoïde des amas de Kersanton, qu'on trouve principalement en Bretagne; enfin des Sélagiies, des Fraidroniles , etc., qu'on rencontre dans diverses contrées, '"es dernières roches, moins répandues que les autres , forment des enclaves peu considérables sur quelques points du Terrain primitif.
Le Terrain granitoïde se montre à la surface du sol, dans la plupart des pays accidentés et montagneux. On le voit dans certaines parties des Pyrénées, des Alpes, dans a Bretagne, les Vosges, l'Auvergne, le J!.imousin, le Vivarais, etc. Il se présente abondamment en Saxe, en Silésie , en Bohême, dans la Scandinavie, etc. , et sur un grand nombre de points de l'Afrique, de l'Amérique et surtout de l'Asie. Les chaînes de montagnes qu'il constitue 'sont souvent très élevées; elles ont généralement une forme arrondie, mais quelquefois leurs
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cimes sont escarpées et se terminent en pointe.
TERRAIN PORPHYROÏDE.
Ce Terrain, assez répandu dans la nature, comprend, comme le précédent, plusieurs Roches différentes, parmi lesquelles dominent les Porphyres. L'état actuel des connaissances géognostiques ne permetlan.
pas d'établir des données chronologiques bien rigoureuses sur rapi)arition de ces diverses Roches, nous dirons seulement, d'une manière générale, qu'elles ont commencé à s'épancher poslérieurement à la formation du Terrain primitif, et que les enclaves Iransvers.Mix , ou produits érnptifi qu'elles ont formés dans les Terrains sédimenlaires, appartiennent principalement aux époques silurienne, dévonienne et carbonifère.
Les Porphyres sont très variés de composition et d'aspect ( Voyez l'article roches) : ils passent les uns aux autres par des nuances presque insensibles. Bien que tous sortis du foyer central , ils présentent, suivant M. Cordier, deux modes différents de formation. Les uns , les plus anciens, résultent des épanchements qui ont eu lieu à la suite de dislocations générales ou locales, tandis que les autres paraissent être le produit d'éruptions volcaniques analogues aux éruptions actuelles; aussi auronsnous à considère; dorénavant deux sortes de produits ignés : ceux d'épanchemcnts, sortis à travers lés fissures de l'écorce terrestre, et ceux d'éruptions , amené, à la surface par l'intermédiaire de cheminées volcaniques. Ces derniers prenne-nit plus d'importance à mesure qu'augmente la puissance de l'écorce terrestre; les autres, au contraire, cessent de paraître à l'époque de la formation paléothérienne, ou, s'ils existent encore, ils ne forment plus que des dykes, résultant ds ce que les laves, au lieu de monter jusqu'à 1:1 .urface,se sont épanchées souterrainen:.';r .dans des fissures. Quelquefois, ceperda."..,, divers amas transversaux laissent dans l'esprit un doute a cet égard ; car l'appareil volcanique ayant été en partie démantelé ou détruit complètement, il ne reste plus que des lambeaux, dont le mode de formatioD devient difficile a déterminer.
Les produits du Terrain porphyroïde sont principalement des Porphyres pétrosilicevuCi
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syéniUques, protoginiques et pyroxéniques , des Diorites, des Syénites zirconiennes (Norvc(;e), des Pyrornérides (Corse) et des Roches pyroxéniques plus rares, noriirndes Llierzolite , Ophitone, Ophite et Miniosile.
Le Terrain poriihyriqne proprement dit est généralemeiii considéré comme ne remontant pas, dans l'échelle gé('gno<lique, plus haut que le Terrain carbonifère; niais à la formation porphyrique se raltachent divers dépôts pyrogènes , qui , bien que sortis un peu plus tard du même foyer, se placent comme intermédiaires entre le Terrain porphyrique i)roprement dit et le Terrain Ir.ichyto-basaUique qui lui succède. Ces dépôts contiennent encore exceplionnellemenl quelques Roches porphyriques , mais qui n'offrent plus la même importance. En effet, pendant les périodes pénéenne, triasiqueet jurassique, il ne s'est formé que des produits pyrogènes d'une médiocre étendue. Ce sont surtout des Porphyres dioriliqucs , des Leucostiles, des Mimosiles, etc.
Il n'en est pas de même de la période Jétacée. Celle-ci paraît avoir été terminée par deséruptionsvolcaiiiques à peu près semblables aux éruptiotis actuelles, et par de nombreux épanchements qui ont pris jour à travers les fissures (ie l'écorce terrestre. Dans le midi de la France, le Terrain crétacé présente de grandes iniercalations de Roches amphiboliques , telles que Diorilo, AmphiboUle el Porphyre diorilique. A'xWturs, c'est le système pyroxénique qui domine ; il consiste en MiinosUeeieu Porphyre pyroxé- «K/ue. En Hongrie, c'est un système de tracliyles , différant des Trachyies ordinaires par la présence de l'élément quartzeux ou tilii'eux. Enfin diverses Roches analogues se montrent aussi en Saxe où elles sont repréeentécs par des liéliniles.
Le Terrain porphyroide contient diverses substances métallifères. On y trouve du Mercure, du Manganèse, de l'Aimant, des smIfures de Fer et divers oxydes de ce m^ii. . L'Or et l'Argent s'y rencontrent aussi ; et ' ^^n sait que des gîtes importants de ces deux métaux précieux existent dans cette formation au Mexique, en Transylvanie el en Hongrie.
Quant à l'aspect du sol, la plupart des montagnes porphyriques présentent une forme conique. Dans les Vosges, elles ont de 1,000
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à l,oûO mètres de hauteur. Ailleurs, elles sont plus ou moins élevées et présentent presque toujours, sur leurs flancs, de grandes dépressions. Au reste, le terrain porphyroide se rencontre si fréquemment dans la nature^ qu'il serait oiseux d'entrepremlrc ici une énumération même générale des lieux où il existe. En effet, on le trouve mêle, sous tous les modes de gisement possibles, avec les formations stratifiées qui lui correspondent. Tantôt ces diverses Roches sont injectées ou intercalées entre les couches sédimenlaires, sur des étendues considérables ; tantôt elles constituent des cimes de collines ou de montagnes. D'autres fois elles .<e présentent à l'état de filons ou de dykes; enfin elles forment aussi, à la surface, des amas ou des plateaux assez étendus, comme dans quelques parties de rAllemugne.
TERRAIN TRACHYTO.BASALTIQUE.
Les dépôts pyrogènes de ce groupe résultent seulement d'éruptions volcaniqiiei ayant eu lieu pendant la période paléothérienne. Ces Roches, à texture cristallin» moins apparente que celle des groupes pré- K'dents, peuvent se di\iser en trois systèmes minéralogiquemenl distincts:
Le premier ne présente que des Roches feldspathiqiies (Trachyies).
Le deuxième n'offre que des Roches à base pyroxénique (Basaltes).
Le troisième est mixte , c'est-à-dire composé de Roches à la fois feldspalbiques et pyroxéniques.
Le type du système feldf^palhique ou «ta* chylique se montre principalement aux monts Euganéens, dans le Siebengebirge, eu Auvergne, dans le Vivarais, etc. ; il est composé de 7'rach'jte, de Porphi/re Iracbytique {Leucoslile), de Phonolite, d'Obsidieniie, de Ponce et de conglomérats trachytiques. Ces Roches trachytiques forment des dykes, des filons et surtout des coulées d'une cer taine épaisseur, et moins disséminées que le Basalte, circonstance indiquant que, lors de leur sortie, elles possédaient un certain état pâteux et consistant qui ne leur a pas permis de s'étendre aussi loin que d'autres coulées de nature différente; aussi présentent-elles des ondulations, des aspérités sur Ips pentes où elles se sont déversées.
La plupart des volcans éteints ou en ac-
livité sont établis sur des massifs trachytiques, comme au centre de la France, flux îles du Cap-Verl, et surtout en Amérique, dans la grande chaîne des Andes, où toutes les bouches ignivomes reposent sur des Roches de celte nature. Le Trachy le constitue des masses considérables dans beaucoup d'autres contrées volcaniques. 11 se présente sous forme de plateaux et de montagnes coniques souvent très élevées. On le considère comme ayant précédé les Roches basaltiques qui forment notre seconde division.
Le Système pyroxénique ou basaltique est raraclérisé par le Basalte, ie liasanite, la Mimosite, la Dolérite, VAmphigénite, la Pe'ridolite, les Scories, etc. Les couches que forment ces Roches ayant plus d'étendue que celles des Roches Irachytiques , paraissent avoir joui d'une plus grande fluidité, qui leur permettait de s'étendre avec moins d'épaisseur. Le terrain basaltique se montre , en France , dans les départements de l'Aveyron, du Cantal et de l'Ardèrhe. 11 se montre aussi en Saxe, en Bohême, dans la Hesse, et surtout aux lies Hébrides (en Ecosse), où l'on voit, dans l'île de StafTa, la célèbre colonnade prismatique, vulgairement appelée Grotle de Fingal; et enfin en Irlande, à Antrim, localité célèbre par sa Chaussée des Ge'arUs.
La structure prismatique à 3, •*, 5, 6, 7 et 8 côtés qu'affectent presque constamment les masses basaltiques, paraît [)rovenir du retrait produit par le refroidissement. On la retrouve partout dans les coulées, comme dans les dykes et dans les filons; la forme hexagonale est la plus commune, et celle des 4 côtés la plus rare. Ces prismes s'élèvent jusqu'à 2o ou 30 mètres, présentant un diamètre variable de 5 à 40 centimètres. Le plus souvent ils sont perpendiculaires et articulés par tronçons comme de véritables colonnes d'architecture.
Nous croyons utile d'ajouter que la structure prismatique n'est pas seulement propre aux Roches basaltiques; en effet, diverses coulées trachytiques d'Islande présentent la même disposition qu'elles doivent sans doute aussi au reirait de la matière pendant son refroidissement.
Quant au système mixte (feldspathique et pyroxénique), il est généralement plus répandu que les deux autres ; et, bien qu'il pré-
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sente diverses irrégularités, on a pu constater que c'esi particulièrement aux extrémités du système qu'on trouve les Roches ou laves pyroxéniques, et vers leur centre que se rencontrent les Roches feldspalhiques qui, à raison de leur état plus consistant, n'ont pu couleraussi loin que les premières. On voit de beaux exemples de celte disposition à Ténériffe, au Puy-de-Dôme, au Mont-Dore et dans plusieurs autres contrées.
Dans le voisinage des masses d'origine ignée, les Roches sédimenlaires offrent quelquefois des traces visibles d'altération et, par suite, présentent un aspect dillérent de leur éiai habituel. C'est ainsi que certains Calcaires, en contact avec les Basaltes, ont pris une texture plus ou moins cristallisée; que la Houille, dans des circonstances analogues, perd son bitume et passe à l'Anthracite; que les Grès sont crevassés et prennent quelquefois un aspect vitreux; que d'autres Roches, enfin, se trouvent plus ou moins métamorphosées. Mais cessortes d'altérations ne sont pas toujours reproduites dans des circonstances analogues; aussi voit-on souvent des produits d'origine aqueuse toucher immédiatement aux produits ignés, sans présenier pour cela la moindre trace d'une alléralinu qui, d'ailleurs, ne parait avoir eu lieu que sur une échelle très limitée.
H est probable que les nombreux dépôts d'éruptions volcaniques de la période paléo- Ihérienne ont perdu, en partie, leur forme primitive , démantelés qu'ils ont été par le grand cataclysme diluvien ; la plupart des roches pyrogènes de cette époque se présentent sous forme de courants de laves, de scories , de cendres ou de déjections incohérentes , quelquefois consolidées par un ciment postérieur, qui en a fait des con glomérals.
Sur les points où ces matières sont meubles, on trouve accidentellen eut, de temps à autre, des débris organiques apparlenaiu a VElephas primigenius , au Rhinocéros tichorinus, etc. Sans doute que ces animaux ou leurs débris ont été saisis , enveloppés par des produits pulvérulents, qui, dans quelques circonstances, sont projetés fort loin par les volcans et en quantité consi* dérable. On trouve ces restes organiques d'espèces perdues en Auvergne, au Mont- Dore , dans le prolongement des Apeu-
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nin» , etc.; mais, jusqu'ici, on n'y a vert aucun indice ou débris de l'industrie humaine , ce qui s'accorde parfaiiement avec ce que nous avons appris en étudiant les Terrains sédimentaires qui correspondent à cette époque.
TlîRRAIN LAVIQUE ou VOLCANIQUE
PROPREUENT DIT.
Ce nom est généralement consacré aux dépôts volcaniques résultant des éruptions survenues, depuis le commencement de l'époque actuelle ou historique, jusqu'à nos jours. Ce groupe pyrogene moderne ne présente, en général, aucun caractère particulier qui le distingue du Terrain précédent. Les matières qui le composent sont absolument semblables aux matières vomies durant la période paléothérienne, avec cette différence cependant que le temps et les circonstances n'ayant pas permis aux infiltrations minérales d'agir sur ces produits récents, comme sur les produits plus anciens, il en résulte que les premiers diffèrent des produits anciens par l'absence presque complète de minéraux accidentels. D'autre part, leurs éléments meubles n'ont pu être désagrégés et reconsolidés ensuite par un ciment quelconque , comme il est arrivé aux matières volcaniques de la période précédente. Abstraction faite de ces circonstances, le Terrain lavique est représenté par les mêmes laves ou roches feidspaihiques, basaltiques, péridotiques et vitreuses.
Il importe de remarquer ici que les roches volcaniques de la période précédente sont le résultat d'éruptions considérables, et que les phénomènes qui les produisaient étaient à la fois plus généraux et plus puissants que ceux de l'époque actuelle. Il résulte de cette observation bien constatée, que la cause qui préside à l'émission des roches pyrogènes a perdu et perd encore chaque jour de son importance; car, depuis le commencement de notre période, la moitié, au moins, de ses volcans se sont éteints.
Nous n'en dirons pas davantage sur le Terrain lavique, si facile à apprécier : au reste, nous le répétons, ses produits ne différent de ceux de l'époque précédente que par le caractère chronologique qui les sépare, et qu'en ce qu'ils renferment quelquefois les débris de l'industrie bumaioe^ con- .
Jointempnt avec des dépouilles d'asiimaul appartenant aux espèces actuelles.
Si nous résumons en peu de mois les faits capitaux des Terrains ignés ou pyrogènes, nous voyons que, depuis l'époque la plus reculée jusqu'à nos jours, il y a eu continuité dans l'émission des matières pyrogènes; ou cette émission s'est faite d'abord par épanchemeiits, ensuite par éruptions; qu'ell' a été plus fiéiiueiiie et plus considérable aux époques aiit ipiiiies; qu'en môme temps ces [)roduits avaient iMie plus grande force de cristallisation ; et qu'enfin plus on approche de l'époque actuelle, et plus la puissanie qui préside aux phénomènes érupiifs Sfc restreint et s'amoindrit ; en sorte que les laves qui surgissent actuellement se trouvent, pour ainsi dire, isolées et comme étrangères au sol qui les reçoit.
Nous terminons ici cet article, peut-être un peu long pour le cadre qui lui est destiné, mais à coup sûr beaucoup trop court pour résumer fidèlement tous les caractères des Terrains , et rechercher les causes diverses qui ont présidé à leur formation. Il se trouve d'ailleurs complété par les articles suivants de MM. Élie de Beaurnont et Constant Prévost, insérés dans ce Dictionnaire, et auxquels nous renvoyons :
SYSTÈMES DE MONT.\GNES , TERRAIN, TERRE, GÉOLOGIE, FORMATION, SYNCHRONISME et FOS- SILES, l'oy. auSsi VOLCAN, VÉGÉTAUX FOSSILES
et notre article roches. (Ch. d'Orbigny.)
TERRAPEINE. rept. — Dénominaiioa générique employée par Merrem (1820) pourdesÉmydes. (P-^)
TElîRE. GÉoL. — L'espace sans limites qui nous entoure est peuplé de myriades de corps dont le nombre, les dimensions, les mouvements, les relations, les distances, causent notre étonnement et noire admiration ; la Terte, qui pour un si grand nombre de ses habitants est le ino)ide , n'est cependant que l'une des moins volumineuses de ces innombrables sphères qui semblent se mouvoir sur nos têtes; soumise comme toutes à la loi commune qui régit l'univers, elle n'est réellement qu'un atome de cet œuvre aussi merveilleux dans son ensemble que dans ses détails.
Non seulement la Terre n'est pas le centre de lunivers, mais elle n'est pas même l'astre urincipal du système solaire, «orte d'abs-
TER
traction qui désigne l'ensemble de ceui des corps célestes qui circulent autour du Soleil.
Afin de connaître les propriétés qui distinguent ceux des astres assez rapprochés pour que notre vue et nos instruments puissent les suivre et les mesurer, rinlelligence humaine a atteint le terme qu'elle ne pourra peut-être franchir dans la découverte des mérités physiques; les astronomes et les géomètres sont, en effet, parvenus à connaître queissontla forme, iagrandeur, le volume, le poids, la marche, non seulement de la Terre, mais encore des autres principales Planètes et du Soleil lui même; la distance qui existe entre chacun de ces corps, celle qui les sépare de nous, la direction, la vitesse de leur course, les phénomènes compliqués qui en résultent , rien de ce qui constitue l'histoire du Système solaire n'a échappé à l'investigation des astronomes qui peuvent, d'après les événements passés et ceux dont ils sonl témoins , prédire avec assurance certains événements à venir.
La condensation plus ou moins grande de la matière qui constitue les corps sidéraux fait varier les caractères visibles de ceux-ci; les uns apparaissent comme des masses plus ou moins transparentes {Nébuleuses, Comètes), d'autres sont lumineux (les Éloiles , le Soleil), enfin d'autres sont opaques et ne brillent que par réflexion de la lumière qui les frappe {Planètes, Satellites). La Terre est une des douze planètes du système solaire; la distance moyenne qui la sépare du Soleil est de plus de 15 millions de myriamèlres. Deux autres Planètes, Mercure et Vénus, sont placées entre elle et l'astre central; tontes les autres se meuvent dans des orbites qui sont excentriques à celle qti'elle parcourt, la dernière (Uranus) étant dix-neuf fois plus loin du Soleil que n'en est la Terre, c'est-à-dire à plus de 290 millions de myriamètres.
Ainsi que plusieurs des Planètes, la Terre est accompagnée, dans sa marche, par un satellite qui obéit à son action de la même manière qu'elle est soumise à celle du Soleil ; cet astre secondaire est la Lune, donl les reliitions avec la Terre sont telles que son histoire se rattache nécessairement à celle de notre globe; aussi a-t on cru pouvoir, au mot Lunë, renvoyer au présent
article pour l'exposition de ceux des faits qui peuvent servir par analogie à éclairer plusieurs questions géologiques; nous nous trouvons donc engagé par ces motifs à dire accessoirement ici quelques mots sur les rap ports (le la Terre avec son satellite.
La Lune, ainsi que la Terre, toutes les Planètes et leurs Satellites, est un corps sidéral , opaque, qui ne paraît lumineux que par réflexion de la lumière solaire; sa forme est sphéroïdale ; son diamètre moyen est environ à celui de la Terre :: 1 : 4 ; son volume, '.'. i : 50 ; sa densité, :: 2 I 3. La surface du sol lunaire présente des anfractuosilés proportionnellement plus nombreuses et plus profondes que celles du sol terrestre; ses montagnes , généralement de forme circulaire, rappellent les cônes et les cratères de nos volcans; on en a reconnu qui ont 3,000 mètres d'élévation : tout annonce que ces formes sont dues uniquement à des causes ignées, car rien n'indique l'action des eaux sur le sol lunaire; on voit bien de grandes taches et des parties d'apparence unie que l'on a désignées comme des mers, m;iis la surface des parties du sol qui entourent celles-ci n'est pas découpée par des sillons ou vallées analogues aux bassins que parcourent nos fleuves ; on croit être assuré, au surplus, d'après des observations astronomiques, que le glolie lunaire n'est pas entouré d'une atmosphère sensible dont l'absence indique celle de l'eau liquide.
La Lune se meut sur elle-même d'occident en orient, dans le même temps qu'elle emploie à faire un tour complet autour de la Terre ; ce qui fait qu'elle nous présente toujours la même face et que nous ne connaissons que l'un de ses hémisphères.
La Lune dérrit .nitour de la Terre une orbite elliptique en 27 jours 7 heures 43 minutes, à la distance moyenne d'environ 38,000 myriamèlres; mais comme, pendant celle révolution, le Soleil s'est avancé d'environ 27° dans le même sens que la Lune, les deux astres ne se retrouvent en conjonction , par rapport à la Terre , qu'après 29 jours 12 heures 44 minutes, ce qui compose une lunaison ou mois lunaire ; pendant chacune de ces lunaisons, la Lune se présente à l'observateur terrestre sous plusieurs phases suivant sa position par rapport au