TI<R
Soleil qa: récbiie alteriialivement plus ou moins complélement.
Après avoir indiqué la place que la Terre occupe dans l'ensenible de l'univers, il nous reste à consl.iler ses propriétés particulières et ses caractères distiiuiifs.
La Terre n'est p;is une sphère régulière; c'est un spliéroide déprimé vers chacun de ses pôles, de telle sorte que l'axe fictif autour diiqtiel elle paraît tmirner journellement est plus court de 1/305" environ que le diamètre opposé ou éqiiatori.il.
I Le diamètre moyen de la Terre est d'enjViron 12,732 kiloineires ou de 3,000 lieues ordinaires; sa circonférence est d'environ 9,000 lieues, tandis que le diamètre solaire est cent dix fois plus long.
Des observations , des expériences et des ralculs ont ippris que la masse du sphéroïde terrestre pèse, dans son ensemble, environ cinq fois et demie plus que l'eau, moins, par conséquent, que la plupart des métaux, et deux fois plus que la moyenne des roches qui composent le soi.
Le globe terrestre possède une vertu magnétique générale, qui a pour elîet d'attirer l'aiguille aimantée vers son pôle boréal {boussole).
Enfin tout le monde sait que la Terre est dauée de deux inouvements : l'un sur ellemême autour de son axe polaire et qui s'exécute en 23 heures 56 minutes 4 secondes; et l'autre autour du Soleil, eti 363 jours 5 heures 49 minutes , ce qui donne une vi esse progressive d'environ 412 lieues par minute.
La marche circulaire de la Terre autour du Soleil suit une orbite elliptique dans un plan qui est incliné de 23" 27' par rapport à la direction de l'axe de rotation diurne.
Les deux mouvements propres de la Terre ont lieu également dans la même direction, qui est aussi celle de rotation du Soleil, des autres Planètes et de leurs Satellites, et tous ces mouvements se font à peu près dans un plan qui s'écarte peu de celui de l'équateur du Soleil; il résulte de cet ensemble de rapports la probabilité que la cause qui a donné à la Terre l'impulsion première dont ses niouvenienls actuels sont la résultante déterminée parla loi générale de l'attraction, est aussi celle qui a mis en mouvement tous les corps du système solaire.
TER
De nombreuses observations, faites avec toutes les précautions convenables, dans les mines d'Allemagne, d'An;ilelerre, de France, d'Italie, ainsi que dans les eaux thermales et les puits artésiens, attestent que la partie interne du globe terrestre est douée d'une chaleur propre dont les effets, a peine appréciables aujourd'hui à sa surface , sont cependant assez sensibles à quelques mètres de profondeur , pour que le thermomètre s'élève d'environ 1" centigrade par 27 a 30 mètres de profondeur, à partir du point où cesse d'agir la chaleur transmise par le rayonnement du Soleil.
Quelle que soit la cause originaire ou aclui;lle de cette chaleur interne, le fait de son existence était un des plus importants de l'histoire de la Terre à bien constater par l'expérience.
En effet, de celle donnée, on peut être ruiduit à supposer que la Terre a possédé anlérieuremeni une température bien supérieure a celle qu'elle conserve aujourd'hui, et qu'elle s'est comportée et se comporte encore comme un corps échauflé qui, pl.K é dans un milieu plus froid, se refroidit graduellement de l'extérieur à l'intérieur; on peut en conséquence admettre que toute la masse terrestre a pu, à un moment dotiné, être tenue, par une haute température, à une consistance assez tnollc pour qu'en tournant sur elle-même elle se soit déprimée suivant son axe de rotation, en raison de la force centrifuge ; et si l'on remarque qu'en effet la quantité de ses dépressions polaires est peu dilférenle de celle que donnerait la théorie, si l'on remarque que d'autres Planètes [Jupiler et Saturne), sont da même déprimées dans un rapport indiqué par la rapidité de leur mouvement, on peut presque considérer comme une vérité démontrée que la forme de la Terre, comme celle des autres Planètes, est un effet de li force centrifuge appliquée à un corps malléable et très probablement incandescent.
Les faits et la logique conduisent donc à l'hypothèse que r'mnginaiion des premiers hommes, que le génie des Leibnilz, des Newton, des BulTon, avaient proposée, c'està-dire que la Terre pouvait être considérée comme un astre d'abord incandescent et lumineux, devenu opaque par le refroidisseincni, ou comme un Soleil éteint.
TER
rounier, l'illnslre géomètre, a traité celte haute quesiion ex professa , adinetlant que la masse terrestre, primitivement échauffée, a subi les mêmes lois générales du refroidissement qu'éprouve tout corps placé dans un milieu plus froid que lui. Il pensait qu'au moment actuel, quelque élevée que Boit la chaleur intérieure du globe terrestre, elle n'élève pas la température de la surface de plus d'un 30*^ de degré; par conséquent le refroidissement progressif de toute la masse ne saurait, dans l'avenir , modifier de beaucoup les climats qui sont aujourd'hui déterminés presque exclusivement par l'action du Soleil et par de nombreuses circonstances locales extérieures. Mais, dans les temps qui ont précédé, la chaleur originaire interne s'ajoutant dans une plus forte progression à celle fournie par le Soleil, on comprend que la température cliinatérique a dû être généralement plus élevée et plus uniforme.
Comparée à un globe de 1 pied de diamètre, qui aurait la même composition et serait placé dans les mêmes circonstances que la Terre, il faudrait douze cent quatre-vingt mille ans pour que celle-ci se refroidît autant que le feraient en une seconde les points homologues du premier.
Pour que l'influence exercée par la chaleur intérieure et qui se réduit aujourd'hui, comme nous venons de le dire précédemment, à 1 /30' de degré, ne soit plus que de 1/60% il ne faudrait pas moins de 30,000 ans.
Les faits précédemment rapportés, les conséquences qui en découlent naturellement, suffisent pour appuyer l'hypothèse généralement adoptée parles géologues de la haute température originaire de la Terre; elle aurait, par l'effet de cette haute température, été assez molle et malléable pour que ses parties aient pu, sous l'influence du mouv33î3iaî. de rotation diurne, céder à la force centrifuge et donner lieu à l'aplatissement des pôles. Les parties les plus extérieures de cette masse incandescente ont été les premières refroidies; un moment est arrivé oîi les parties les plus extérieures sont devenues solides, car la solidification, comme le refroidissement, a dû se propager de la circonférence vers le centre, de telle manière que,
dsiis le moment actuel, la première envei". xiu.
TER
loppe durcie, figée et même refroidie, p,eut, à la profondeurde quelques lieues seulement, reposer sur des matières encore incandescentes et molles.
Les laves qui sortent des volcans actuels fournissent des exemples dont on peut faire l'application à la masse entière du globe; ne voit-on pas souvent des coulées dont la surface noire est assez solide et refroidie pour que l'on puisse les traverser impunément, tandis qu'à 1 ou 2 pieds de profondeur, la matière dont elles se composent est encore molle , lumineuse et tellement chaude qu'un bâton s'enflamme et brûle à son contact.
L'histoire astronomique de la Terre se termine, pour ainsi dire, à l'époque où une première pellicule solide aurait enveloppé a masse planétaire; un premier sol, le ol primitif, est constitué, et c'est à partir de ce moment que le géologue peut suivre les progrès de la formation du sol de remblai dont l'histoire est le principal but de ses recherches; les causes et les effets qui agissent et sont produits autour de lui, peuvent l'éclairer ; et, s'il n'abandonne pas le guide sûr de l'analogie, il peut sans difficultés se rendre compte de la composition, de la structure, de la forme du sol, des changements qu'il a éprouvés et de ceux auxquels il peut être encore exposé. Voy. géologie, formation, fossile et SOL : ce dernier mot a été traité à l'article TEnRAiN. (G. P.)
TERRE. ASTRONOMIE. — CoDsidéice comme un des corps célestes qui constituent le monde solaire, la Terre est une planète, la troisième dans l'ordre des distances à partir du Soleil, foyer commun de toutes leurs orbites. C'est à cet unique point de vue que nous avons à l'étudier ici, tout ce qui concerne sa constitution intime, physique, minéralogique, géologique et biologique, étant l'objet de divers articles auxquels nous renvoyons le lecteur. La forme de la Terre, ses dimensious, ses mouvements de rotation ou de translation dans l'espace, les notions les plus générales de la sciencequ'on nomme la physique du globe, sont les seuls points dont nous avons ici à nous occuper.