TRAITEMENT DES MÉLASSES
La mélasse, résidu considérable des sucreries et des raffineries, paraît être er grande partie un mélange de sucre et de sels minéraux avec des matières organiques qui empêchent lesucre de cristalliser. Comme elle contient 50 pour °/o de sucre, on voit que c'est pour la France seule une perte annuelle de 100 millions de kilogrammes.
Les principaux procédés d'extraction que l'on a imaginés pour retirer ce sucre des mélasses, sont les suivants :
Procédé Duhrunfaut. — M. Dubrunfaut a appliqué au traitement des mélasses son ingénieux osmogène, et il en a^ obtenu de bous résultats.
Procédé de Massy. — M. de Massy a mis à exécution dans son usine le procédé suivant : Du sulfate de baryte naturel ou spath pesant donne, par sa calcinatioa avec du charbon, un corps solubie, le sulfure de baryum. Les mélasses étendues d'eau sont traitées à une température convenable par ce sulfure de baryum, et la tolaliLé du sucre se précipite à l'état de sucrate de baryte. Le précipité, lavé au sulfure de baryum et à l'eau pure, est ensuite soumis en vase clos à un courant d'acide carbonique, du carbonate de baryte se précipite et le sucre dissous est envoyé aux chaudières.
Le carbonate de baryte est alors mélange de sulfate de soude et soumis sans pression à l'actionde l'acide carbonique : il se produit du sulfate de baryte insoluble et du carbonate de soude.
Les eaux mères de sulfure de baryum et les eaux de lavage sontégalemeut traitées par l'acide carbonique, et fournissent un précipité de carbonate de baryte et un dégagement d'hydrogène sulfuré. Ce dernier gaz se rend dans des carneaux où l'on dégage de l'acide sulfureux par le grillage des pyrites; il se forme de l'eau et du soufre pulvérulent.
suc
Enfin les rdsidus niôlassiqucs donnent du salin de hcUerave.
Procédé Perrier et Poswz. — Dans ce procédé, on ujoule à la mélasse une faible dose de sulfate de fer qui, décomposé par les alcalis de la mélasse, met en liberté de l'oxyde de fer : celui-ci se combine avec quelques matières organiques et se précipite avec elles lorsqu'on ajouie 20 volumes d'alcool à 80 degrés. On laisse reposer, on décante, et dans le liquide clair, on met une faible dose d'hydrate de chaux, qui précipite la glucose à l'état de glucosato de chaux.
Le liquide est ensuite décanté et traité par un excès de chaux. Celte fois tout le sucre se précipite à l'état de sucrate; ce sucrate, après qu'on en a retiré l'alcool par distillation, rentre dans la fabrication courante.
EnQn M. Pesier, M. Marguerite et quelques autres inventeurs ont proposé des traitements de la mélasse par l'alcool plus ou moins concentré; mais les résultats obtenus jusqu'à ce jour ne sont pas encore concluants.
DOSAGE DU SDCRE.
Nous terminons cet article sur le sucre par l'exposé de quelques-unes des méthodes employées pour doser le sucre dans la bellerave, la canne, les fruits, les mélasses, et dans l'urine des malades atteints du diabète.
Détermination de la richesse saccharine de la betterave. — 30 à 40 grammes de betterave sont coupés en tranches minces et séchésà lOO""; on les broie ensuite aussi finement que possible dans un mortier de porcelaine; puis, après avoir épuisé par l'alcool à 83 centièmes la poudre ainsi obtenue, on évapore à sec la solution alcoolique. Le résidu de cette opération est le sucre à peu près pur. On le pèse après l'avoir lavé avec de l'alcool absolu : son poids fait connaître la richesse en sucre de la betterave.
Titrage de la canne à sucre. — La canne à sucre peut être essayée par le môme procédé; seulement il faut avoir soin de la réduire en poudre avant d'opérer la dessiccation. On est alors certain de chasser la
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totalité de l'eau, ce qui aurait lieu difficilement si l'on se coulcniail de découper la canne eu rondelles, comme on le fait pour la betterave ; et, à partir de ce moment, l'analyse peut être continuée d'après les données précédentes.
Dosage volumélrique du sucre dans les végétaux sus-3iommés, dans les fruits et dans l'urine des diabétiques. — Au lieu de doser le sucre en poids on peut le déterminer au moyen de liqueurs titrées. Le réactif de Frummherz, dont nous avons déjà parlé plusieurs fois, peut servir à opérer exactement cette sorte de dosage.
Ce réactif, dont la composition a été donnée en traitant du sucre cristallisable(l), perd sa belle teinte bleue sous l'influence du sucre interverti ; et le volume du réactif qui se décolore est en proportion avec la quantité de sucre qui amène ce résultat. Dès lors, si l'on prépare à l'avance une solution du réactif qui soit dans un état tel que 10 centigrammes de cette solution exigent pour se décolorer 1 centigramme de glucose, on comprend qu'on arrivera à déterminer la richesse en sucre d'une liqueur quelconque, en cherchant sous quel volume elle décolore 10 centigrammes de la solution réactif, puisque ce volume de liqueur, fraction de la masse entière, contiendra précisément 1 centigramme de glucose.
Pour faire un essai de ce genre, il faut épuiser par de l'eau distillée un poids connu du végétal dont il s'agit de déterminer la teneur en matière sucrée. La liqueur, ainsi obtenue,est mise à bouillir avec l/lOO d'acide sulfurique pur, qui détermine l'intervention du sucre en un quart d'heure environ. On introduit alors 10 centigrammes de réactif dans un petit matras de verre,, puis, après avoir chauffé jusqu'à l'ébuliitiou, on verse peu à peu, au moyeu d'une burette de Gay-Lussac, la liqueur sucrée dans le matras. Chaque goutte de cette liqueur produitun précipité de protoxyde de cuivre, et affaiblit par suite la teinte du réactif. Lorsque le contenu du ballon a perdu totalement sa couleur bleue, on est certain, d'après ce que nous avons dit plus haut,
(1) C'est un tartrato double de cuivre et de potassa contenant un excès d'alcali.
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que le volume de la liqucir sucrée qni a amené ce résultat coniient 1 centigramnio de sucrp. Uue simple rè^le de trois permet dès ce moment d'établir li> titre en sucre de la totalité de cette liqueur, et, par consé • queut, celui du végétal qui l'a fournie.
Cette inélhodeesL générale ; elle s'applique nou-seulemeut à la betterave, à la canne, aux fruits, mais ( .icore aux urines des diabétiques. Dans ce dernier cas, le dosage doit avoir lien sur de l'urine bien débarrassée de certains principes organiques qui agiraient aussi sur le réactif. Pour cela, on ajoute environ i pour 100 d'acétate de plomb en cristaux à l'urine à essayer, ou fait bouillir, puis, après avoir flltré, on enlève à l'aide du su'fate de soude l'excès d'acétate piombique employé. L'urine, ainsi purifiée, est alors traitée comme les liqueurs sucrées dont il est parlé plus haut.
Dosage volumctriqite d'un mélange de glucose et de sucre cristalUsable. — Il est paiTi^is utile de do.-^er dans une liqueur le sucre cristallisable et le glucose qu'elle renferme. Ce dosage s'exécute de la manière suivante :
La liqueur est divisée en deux parties égales : la première partie est mise telle qu'elle en contact avec le réactif. On obtient ainsi la teneur eu glucose seul, car le réactif n'agit pas sur !e sucre cristallisable. La seconde partie de la liqueur est alors intervertie, puis traitée comme la première par le réactif de Frommherz ; celte fois le dosage fait connaître ensemble et lu richesse eu glucose et celle en sucre cristal lisable. De telle sorte qu'en soustrayant le premier nombre obtenu du second, la différence sert à calculer la proportion de sucre cristalUsable, eu observant que 93 parties de ce sucre correspondent à 100 parties de glucose.
Les mélasses peuvent être essayées aii!?i pour obtenir leur teneur en ces deux sortes de sucres, mais il faut avoir soin de les décolorer par le noir animal avant de les mettre en expérience, car leur teinte noire empêcherait d'observer nettement la décoloraiion du réactif. (E. Boutmy.)
SUCRIER. Nectarinia. ois. — Le nom de Sucrier a été génériquementdonné par quelques auteurs, et notamment par G. Cuvier, à plusieurs Oiseaux voisins desGrirapereaus,
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I t«!s que les Guitgui's , les Fourniers , etc., dont le b2C est arqué, et la langue filamenteuse et bifide. M. Lesson , tout en adoptant le genre Sucrier, lui a cependant imposé des limites plus restreintes. Il n'y comprend que les espèces à bec plus court que la tête, arrondi, pointu, légèrement recourbé, à bords lisses, à pointes égales; à narines petites, basales; à ailes courtes, la première rémige étant la plus longue; à queue légèrement étagée; à tarses moyens, scutellés, et à plumage sans éclat métallique. Ce dernier caractère les distingue particulièrement des Guitguits, dont le plumage est brillant.
Le type de ce genre , pour M. Le,«son, est le Sucrier des Antilles , Nect. Anlillensis Less., Cerlhia flavicolaGme\. (Buff.,pL enl., 360 ) , dont le plumage est brun en dessus, jaune d'or en (ies.>;ous, avec la gorge cendrée, et une large bande blanche au-dessus des yeux. — Des Antilles.
Il y place encore le Sucrier de Bourbon , Nect. Borionka Less., Cerlh. Borbonica et olivaceaGme\. (Buff., pi. enl., 681, f. 2). G. Cuvier range cette dernière parmi les Guitguits. (Z. G.)
SllCRIKR. BOT. PH. — Nom vulgaire que porte aux Antilles le Bursera gummifera Lin. on Gomart. (D. G.)
*SLCS Pr.OPRES. coT. — On désigne communément sous ce nom tous les Sucs végétaux qui se distinguent de la Sève proprement dite ou Lymphe, par leur couleur, leur viscosité, leur composition, etc. On conçoit dès lors que cette dénomination vague se rapporte à un très grand nombre de liquides différents dans le règne végétal considéré tout entier. Il règne dans la science des opinions très divergentes au sujet du rôle que jouent les Sucs propres dans l'économie végétale etde leur importance physiologique. Parmi eux, les uns sont évidemment des matières sécrétées, tenues seulement en dépôt dans des lacunes du tissu végétal; mais les autres occupent l'intérieur de tubes particuliers dont la place est déterminée d'une manière assez précisedans les plantes, et qua les botanistes ont regardés jusqu'à ces derniers temps comme des vaisseaux essentiels à l'organisation végétale. M. Schuitz a même dit, et longtemps on a admis d'après lui, que ces Sues exécutaient dans l'intérieur de leurs tubes une véritable circulation.Gette seconds
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catégorie de Sucs propres a été regardée coiiitne n'étant autre chose que la Sève descendante ou essentiellement nutritive qui seule doit fournir au vésélal les matériaux de son accroissement. Les Sucs propres de cette seconde catégorie dont le lait des Euphorbes, des Figuiers, etc., le liquide jauneorangé du CMidonium majus , de V Artichaut, ou rouge de la Sanguinaire, etc., fournissent d'excellents exemples, ont été désignés sous les noms de Sucs vitaux, de Latex, et de là les tubes qui les renferment ont été nommés vaisseaux vitaux, laticifères. On peut voir, à Tariicle Physiologie VÉGÉTALR, art. VI, Circulation, les raisons qui semblent s'opposer à ce que cette manière de voirconiinue d'avoir cours dans la science; par suite des Taits et des considérations qui s'y trouvent exposés, le laiex ne serait autre chose qu'une secimde classe de Sucs propres, distincte de la première parce qu'elle aurait pour siège des lacunes entourées d'un dépôt revêtant l'apparence d'une paroi vasculaire, mais qui n'en serait pas moins le résultat d'une sécrétion pure et simple. Au reste, quoique riche à cet égard de travaux importanis, la science réclame encore de nouvelles recherches qui achèvent de dégager de toute incertitude ce chapitre important de la physiologie végétale. (P. D.)
SUDIS [ nom propre), poiss. — Pline a employé ce nom comme synonyme de Spliyrœna; Rafinesque, pour une espèce voisine des Scopèles, et pour une espèce deParalevis (P. hyalinus, Cuv.); Cuvier, pour désigner un genre de Malacoptérygiens , qu'il pi.içait dans le groupe des Abdominaux, dans ]x famille des Clupéoïdes, et qui avait reçu d'Adanson le nom de Vastrès. Pour éviter la confusion qui résulte de l'emploi d'un même mot pour plusieurs objets, M. Vaienciennes a latinisé ce dernier nom , qui doit remplacer celui qu'avait adopié Cuvier. Le même ichlhyologiste a retiré du groupe des Clupéoïdes, les Vastrès et plusieurs autres petites familles, qu'il a considérées comme intermédiaires entre les Brochets et les dupes. Les caractères génériques des Vastrès prouvent leurs affinités avec les Amies, et si l'élude de leur splunchnologie, trop incomplète encore, avait montré qu'ils manquent d'appendices cœcaux au pilore, on devrait les considérer comme des Amies à dorsale