‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 39 sur 147 · YÔ · texte numérisé non relu

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nOISIÈNB EHBRANCBEHENT.

Animaux articulés.

Animaux ayant un squelette extérieur, représenté par des anneaux articulés qui entourent le corps et souvent les membres, «ta l'intérieur desquels sont placés les muscles. Leur Système nerveux consiste en deux longs cordons régnant le long du ventre, renflés d'espace en espace en nœuds ou ganglions. Le premier de ces nœuds , figurant un cerveau, est placé au-dessus de l'œsophage, et communique avec le cordon ganglionnaire par des filets qui embrassent l'œsophage comme un collier. Les mâchoires , lorsqu'elles existent, sont latérales et mobiles de dehors en dedan&, et non de haut en bas.

11* CLASSE. Les Amendes ont le sang généralement coloré en rouge, et circulant dans un système double et clos d'artères et de veines. Leur corps est allongé, divisé en anneaux nombreux, dont le premier est une têteoeu distincte. Point de pieds articulés, qui, dans le plus grand nombre des espèces, sont remplacés par des soies , ou des faisceaux de soies raides et mobiles.

12* CLASSE. Les Crustacés ont le sang blanc ou incolore, circulant par le moyen d'un ventricule charnu placé dans le dos ; des branchies situées latéralement ou postérieurement; des membres articulés; des antennes ou filaments articulés placés au devant de la tête ; plusieurs paires de mâchoires transversales , et deux yeux composés.

13» CLASSE. Les Arachnides ont aussi le sang blanc, circulant par un vaisseau dorsal d'où partent des artères et où reviennent des branches veineuses. Leur tête et leur thorax sont réunis en une seule pièce; leur bouche est armée de mâchoires. Ils ont des yeux simples en nombre variable et des aiembres articulés, mais ils manquent d'antennes.

14* CLASSE. Les /nsecfes ont un vaisseau dorsal tenant lieu de cœur, mais sans artères ni veines pour la circulation ; ils respirent par des trachées ramifiées dans tout Je corps, et dont les branches principales aboutissent à des ouvertures extérieures latérales nommées stigmates. Us ont toujours une tète distincte, deux antennes, et

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des pieds articulés ordinairement au nombre de six.

QCATBIÈHB EHBRA^CBEIIENT.

Animaux rayonnes ou zoophylea.

Animaux sans système nerveux bien distinct, ayant leurs organes disposés non plus symétriquement aux deux côtés d'un axe comme les précédents, mais comme des rayons autour d'un centre, et se rapprochant d'ailleurs des végétaux par leur organisation plus simple.

15* CLASSE. Les Échinodermes ont un intestin distinct flottant dans une grande cavité, et accompagné de plusieurs autres organes pour la génération, pour la respiration et pour une circulation partielle.

16* CLASSE. Les Vers intcslinaux n'ont point de vaisseaux bien évidents ni d'organes séparés de respiration. Leurs organes sont disposés longitudinalement.

17* CLASSE. Les Acalèphes ou Orgies de mer n'ont ni vaisseaux vraiment circulatoires, ni organes de respiration; leur forme est généralement circulaire et rayonuante; la bouche tenant presque toujours lieu d'anus.

18* CLASSE. Les Polypes sont de petits animaux gélatineux , dont la bouche, entourée de tentacules, conduit dans un estomac tantôt simple, tantôt suivi d'intestins en forme de vaisseaux.

19^ CLASSE. Les Infusoires, pour la plupart, ne montrent qu'un corps gélatineux sans viscères; cependant Cuvier laisse à leur tête des animaux plus composés possédant des organes visibles de mouvement et un estomac : ce sont ceux dont on a fait depuis lors la classe des Systolides ou Rotateurs.

Tel est le système de classification proposé par Cuvier en 1817, reproduit san»

changement en 1829 dans la 2* édition de son Règne aramal, et presque généralement adopté, sauf les modifications que les découvertes des naturalistes modernes ont rendues indispensables. Ainsi, la classe des Cirrhopodes ou Cirrhipèdes , mieux connue par suite des travaux de MM. Thompson, Burmeister et Martin Saint-Ange, a dû passer de l'embranchement des Mollusques dans celui des Articulés à côté des Crnstacés, ainsi que les Lernées qu'on avait prises pour der vers uttestioaux. ;D'aatre part.

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les observations de M. Ehrenberg ont montré que les Rotateurs, confondus précédennmeni avec les Infusoires, doivent former une classe distincte dans le groupe des Vers, ainsi que les autres Vers que cet auteur nomme les Tuibellaries . En même temps aussi, M. Ehrenberg a établi la classe des Bryozoaires pour des Polypes tels que les Escharres et les Plumaielles, que leur intestin complet et tout le reste de leur organisation éloigne des vrais Polypes, et rapproche bien davantage des Mollusques. Le nombre des claases a donc dû s'augmenter successivement, et Dugès, dans sa physiologie comparée, l'a porté à 25> en les groupant dans 7 sousrègnes ou embranchements, dont les trois premiers , Hotniniaires , Astacaires et Hélicaires, correspondent aux Vertébrés, aux Articulés et aux Mollusques, et comprennent en tout il classes; et dont les quatre derniers comprennent, dans huit classes, les divers types réunis par Cuvier dans son quatrième embranchement des Rayonnes.

Dugès subdivise le tout en cent ordres, dont le nom est formé de celui du type ou du genre le plus remarquable avec la terminaison iens, tandis que les noms de classes ont la terminaison ts^es, et ceux de sous-règnes la terminaison aires. Cette idée systématique de fixer ainsi le mode de désinence des noms des divers groupes du Règne animal, aurait sans doute un grand avantage, s'il était possible de réformer tout d'un coup les dénomiDatioDS les plus usitées jusqu'ici.

Le changement que nous venons d'indiquer dans la classification , consistant à placer dans la série les Articulés avant les Mollusques, et immédiatement après les Vertébrés, a été adopté aussi par M. Milne Edwards dans ses Eléments de Zoologie, oii cet auteur subdivise l'embranchement des animaux annelés en deux sous-embranchements : celui des Animaux articulés, comprenant cinq classes : 1" les Insectes; 2° les Myriapodes; 3' les Arachnides; 4» les CVmstacés ; 5» les Cirrhipèdes; et le sous-embranchement des VERS, comprenant trois classes : 1° \es Annélides ; 2° les Rotateurs; 3° les Helminthes. Son troisième embranchement, celui des Malacozoaires, se divise également en deux sous-embranchements : les mollusques, comprenant cinq clasBcs : 4*" les

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Céphalopodes, 2° les Gastéropodes; 3" les Pléropodes; 4° les Acéphales lamellibranches , et 5° les Brachiopodes. Les MolluscoïDKS, formant le deuxième embranchement, comprennent les deux classes des Tuniciers et des Bryozoaires. Enfin, le quatrième embranchement , celui des Zoophrjtes, se partage aussi en deux sous-embranchemenls; savoir : les Radiaires, comprenant les trois classes des Echinodermes , des Acalèphes et des Polypes ; les Zoophytes GLOBULEUX, comprenant les deux classes des Infusoires et des Spongiaires. Ainsi M. Milne Edwards , en y comprenant les 4 classes de Vertébrés qu'il admet comme le faisait Cuvier, partage le Règne animal en 24 classes. Dès à présent , on conçoit que ce nombre devrait être encore augmenté; car, parmi les Vers qu'il comprend sous le nom d'Helminthes, par exemple, on distingue plusieurs types bien distincts. Toutefois , ce n'est encore que la classification de Cuvier complétée. M. de Blainville , au contraire, depuis 1812, a proposé un autre système , qu'il s'est efTorcé de perfectionner successivement. Cet auteur, au lieu de quatre embranchements de même valeur, forme trois sous-règnes: l'un, celui des Artiozoaires ou Zvgozoaires, ou animaux pairs , comprend les trois premiers etnbranchements de Cuvier : ce sont les animaux formés de parties paires symétriques de chaque côté d'un axe; l'autre, celui des AcTiNOzoAiREs ou RAYONNES, Comprend ceux des Zoophytes dont les parties sont disposées en rayonnant autour d'un centre. Le troisième sous-règne, celui des HétérozoAiREs, comprend, dans une 25*^ classe, les Amorphozoaires , les animaux , tels que les Infusoires et les Spongiaires, qui n'ont plus ni l'un ni l'autre mode de symétrie. Le sous-règne des Zygozoaires se partage en trois types , savoir : les Ostéozoaires , qui sont articulés intérieurement, comprenant 7 classes : 1° les Mammifères ou Pilifères , à mamelles ou vivipares , et revêtus de poils ; 2° les Oiseaux ou Pennifères, sans mamelles ou ovipares, ayant des poumons et revêtus de plumes ; 3" les Ptérodactyles , animaux fossiles ayant dû être ovipares , avec des poumons, des ailes et des écailles; 4» les Reptiles ou Squamifères, ovipares à poumons, revêtus d'écaillés, mais sans ailes;

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^' ]es Fcbthyosaures, animaux fossiles ayant dû être ovipares avec des poumons, avec le corps pisciforme muni de nageoires; 6° les Amphibiens ou Nudipelhfèies , ovipares, à poumons, avec la peau nue; 7° les Poissons ou Pimiifères, ovipares respirant dans l'eau par des branchies, et munis de nageoires. Le deuxième type, celui des Entomozoaires, comprend les anini.iux articulés extérieurement, distribués en 9 classes, d'après la présence, le nombre et la structure de leurs y[)pendices ambulatoires : 8° les Hexapodes ou Insectes ont des appendices ambulatoires articulés au nombre de six ; 9° les Oclopodes ou Arachnides en ont huit; -10° les Décapodes en ont dix; 11» les Héléropodes en ont un nombre variable; et 12° les Télradécapodes en ont quatorze : ces 3 dernières classes correspondent à la classe des Crustacés de Cuvier; 13° les Myriapodes ont aussi des appendices ambulatoires articulés , mais en nombre égal ou double des anneaux ; 14° les Malacopodes ont des appendices ambulatoires mous subariiculés ; 15» les Chélopodes ont des pieds inarticulés; et 16° les ^ipodes manquent de pieds : ces deux dernières classes correspondent aux Annélides de Cuvier. Le troisième type des Zygozoaires est celui des Malacozoaikes ou Mollusoijes , qui sont inarticulés , et qui forment trois classes : 17° les Céphaliens , avec une tête très distincte; 18° les Céphalidiens , avec une tête peu distincte; et 19° les Acéphaliens, sans tête. Le sous-règne des Actino- ZOAIRES forme 5 classes , savoir : 20° les Cirrhodermaires , qui, libres, ont la peau munie de suçoirs ; 21° les Arachnodermaires, qui, également libres, ont la peau extrêmement fine. Les autres, ordinairement agrégés, se distinguent d'après le nombre ou la structure de leurs tentacules, qui sont gros, creux et nombreux chez les Zoanthaires (22'), ou filiformes chez les Polypiaires (23"), ou pinnés chez les Zoophytaires (24°). Les Amophozoaires (25°) complètent la série.

Les systèmes dont nous venons de parler supposent que tous les êtres peuvent être rangésen série rectiligne, en commençantpar les plus complexes ou les plus riches en organisation ; parce que ces êtres sont les mieux connus et que par comparaison avec eux il devie/it plus facile de faire connaître les

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autres. Cette maivhe est peut-être préférable dans la pratique; mais théoriquement il serait beaucoup plus rationnel de commencer par les animaux les moins complexes, par les premiers termes de l'organisation, pour s'élever peu à peu à des êtres qui, par l'adjonction de nouveaux organes, se montrent de plus en plus complexes : telle a été la marche suivie par Lamarck. — Ce célèbre naturaliste, plus porté aux iiJées spéculatives qu'a l'observation directe, a divisé d'abord tout le règne animal en Animaux apathiques, formant quatre classes: 1° les Infusoires, 2" les Polypes, 3° les Hadiaires, 4° les Tuniciers ; Animaux sensibles, formant huit classes: 5° les Vers, 6° les Insectes, 7" les Arachnides, 8° les Crustacés, 9° les Annélides, 10° les Cirrhipèdes, ll°\ci Conchifères, et 12° les Mollusques; Animaux intelligents, comprenant les quatre classes, 13" des Poissons, 14° des Reptiles, 15" des Oiseaux, 16° des Mammifères. Ces quatre dernières sont les animaux Vertébrés. Les douze premières classes sont comprises sous la dénomination commune à" Animaux sans vertèbres, dénomination généralement adoptée depuis la publication des ouvrages de Lamarck , qui s'est occupé plus spécialement de cette parlie de la zoologie et qui, le premier, a distingué plusieurs des classes admi.«es aujourd'hui. En même temps Lamarck a compris qu'on ne pouvait disposer tous ces êtres suivant une seule ligne, et en a fait deux séries parallèles : l'une , pour les Animaux inarliculés, comprend les Infusoires, les Polypes, les Tuniciers, les Radiaires, les Acéphales et les Mollusques; l'autre, pour les Animaux articulés, comprend : 1° les Vers, animaux apathiques parallèles aux Tuniciers auxquels ils semblent se rattacher par le chaînon intermédiaire des Radiaires, en même temps qu'ils se rattachent aux Mollusques par les /4nne7iaes, animaux sensibles parallèles aux Arachnides. Cette série, enfin, avec ces deux dernières classes d'animaux sensibles, se complète par les Insectes, le» Crustacés et les Cirrhipèdes. L'idée d'une série unique pour le règne animal et même pour tous les êtres, avait été soutenue par Ch. Bonnet qui nommait cette série idéale, V Échelle des êtres. Hermanu, en 1777, avait combattu ce système en montrant que le I tableau du règne animal présente, ec etl«t.

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non point une seule ligne , mais bien un réseau et même un réseau à plusieurs diineiisions, dans lequel chaque type se rattache à un grand nombre d'autres types par des rapports multiples. M. Strauss- Durckheim a également proposé de distribuer le règne animal d'après ce système , j|ui devra prévaloir quand tous les rapports des êtres seront mieux connus. Enfin, pour terminer cet exposé rapide des systèmes de classification, il nous resterait à parler des systèmes d'Oken, de Mac-Leay et de Carus : mais ce qui en a été dit dans le discours préliminaire , pages 186 et 194, suffit pour donner une idée sommaire de ces systèmes qui n'ont pas encore été rendus suffisaminent pratiques. (Duj.)

SYSTÈME. BOT. — Voy. TAXONOMIE.

SISTÈ^IE MÏIVÉRAÏOGIQIBÎMIN —

Il y a dans ce qu'on peut appeler la philosophie de la science des minéraux deux questions principales, dont la solution est de la plus haute importance : Tune concerne les règles de la Spécification des minéraux. et Tautre celles de la Classification des espèces. La véritable notion de l'espèce minérale est celle qu'en ont donnée Doiomieu et Haiiy, et qui s'accorde parfjiitemeni avec la définition de l'espèce chimique que l'on doit à M. Chevreul. Le corps inorganique est une agrégation de molécules semblables, de petits groupes définis d'atomes, qui sont les mêmes dans chaque molécule, et de plus réunis en mêmes nombres et de la même manière. La nature des atomes, leurs nombres réels, leur arrangement, telles sont les trois conditions qui déterminent la ressemblance ou la dissemblance des molécules, et par conséquent l'identité ou la (lidereiicc des espèces, si par espèce on entend la collection de toutes les masses formées de molécules semblables.

La ressemblance de la composition nous îst indiquée par l'analyse chimique, en supposant son résultat représenté par une formule atomique : mais cette formule ne noUj 'ait connaître la composition que d'uue ma nière relative, elle ne nous apprend jias quels sont les nombres réels d'atomes, ni dans quel ordre ils sont combinés; et deux minéraux qui ont donné à l'analyse le même résultat, peuvent être constitués chimiquemeut et physiquement d'une manière diffé-

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rente, comme le prouvent les modifications auxquelles on donne le nom d'isomériques Dans les cas de ce genre, l'observation démontre que la différence de constitution pliysique est toujours accusée par la forme cristalline; elle prouve encore que, quand les deux caractères de la composition chimique et de la forme cristalline s'accordent entre eux dans deux minéraux, ils entraînent le même accord pour les autres caractères spécifiques, tels que la densité, la dureté, et les propriétés optiques. Donc, Hauy a eu parfaitement raison de donner de l'espèce minérale cette définition pratique, que tous les minéralogistes ont adoptée, savoir que l'espèce est l'ensemble des minéraux, qui ont à la fois même composition chimique et même forme cristalline.

L'application de cette définition n'ofTre pas de difficulté, quand le minéral est dans un état de pureté complète, c'est-à-direquand sa masse est réduite à ses propres molécules, sans aucun mélange de molécules étrangères. Mais il peut se présenter divers cas, parmi lesquels il s'en trouve quelques-uns, qui sont assez embarrassants. Nulle difficulté dans le cas d'allotropie ou d'isomérie dans un corps simple, comme celui que nous offrant le diamant et le graphite; pas davantage dans les cas de dimorphisme, comme ceux du calcaire et de l'aragonite, de la pyrite cubique et de la pyrite orthorhombique; dans les cas d'isomorpbisme purement géométrique, comme celui du sel gemme et de la fluorine; et dans les cag disoniorphismeproprementdit,commecelui du calcaire et de la sidérose. Les difficultés n'apparaissent que lorsque le minéral est notablement mélangé de molécules étrangères, soit héléromorphes, soit isomorphes, et surtout dans les cas de mélanges isomorphes.

Quand le minéral est pur, c'est-à-dire réduit à ses seules molécules, sa composition est définie non-seulement quantilalivementy mais encore qualilativement, les éléments qui le composent étant les mêmes, en même temps qu'ils sont réunis en nombres égaux. Mais par suite de l'isomorphisme, et de la propriété qu'ont les molécules des corps isomorphes de cristalliser ensemble, on est exposée rencontrer fréquemment une autre sorte de composé* "ui sont encore définis 1«*

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quantitativement, mais non plus qualitativement, parce c u'une des bases, qui concourent à former la molécule, aura été remplacée en tout on en partie par une ou plusieurs de ses isomorphes. Dans les cas de ce genre, la composition qualitative seule varie, et il n'y a rien de changé ni dans les nombres relatifs d'atomes, ni dans les quantilésrelativesd'oxygène des composants immédiats, comme on peut s'en assurer en discutant l'analyse d'après la règle concernant le calcul des mélanges isomorphiques.

Dans le cas où tous les individus sont purs, c'est-à-dire composés d'une seule sorte de molécules, l'espèce qu'ils forment parleur réunion est une espèce simple, une espèce proprement dite, qui répond parfaitement à la définition ou notion théorique de l'espèce minérale, que nous rappelions en commençant cet article. Si le minéral offre un mélange de molécules étrangères avec celles auxquelles est due la cristallisation, ou bien celles qui sont en quantité prédominante, <e sont ces dernières molécules, caractérisées par cette prédominance de rôle ou de proportion, qui déterminent l'espèce h laquelle on doit rapporter le mélange; c'est la règle constante que suivait Haiiy en pareil cas. Par exemple, ces cristaux de calcaire en rhomboèdres aigus, mélangés de particules qiiartzeuses, et qu'on désignait autrefois par le nom de grés crùtalUsé de Fontainebleau, il les classait dans l'espèce Calcaire, à la suite des variétés pures, et comme variété de mélange, sous le nom de calcaire quartzifère. La même règle peut s'appliquer aux mélanges isomorphiques, toutes les fois qu'une sorte de molécules prédomine. C'est ainsi que l'on peut avoir, dans l'espèce Calcaire, des variétés de mélanges qu'on appellera calcaire ferrifère ou calcaire magnésifère, si le carbonate de chaux est mêlé d'une petite quantité de carbonate de fer ou de carbonate de magnésie.

Mais parce que ces mélanges de carbonates isomorplies peuvent se faire en toutes proportions, et dans des rapports simples aussi bien queduns les rapports Us plus compliqués, il pourrait arriver que l'on eût, comme dans laDolomie, un mélange de deux sortes de molécules en proportions atomiques égales. Dans ce cas, on n'aurait aucune raigon pour rapporter un pareil mélange à l'un

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(les carbonates plutôt qu'à l'autre ; et il faut évidemment trouver le moyen de 'lisser à part ces mélanges d'un genre tout particulier. Pour sortir d'embarras, on s'est accordé, par une sorte de convention tacite, à considérer ces mélanges à proportions égales comme une espèce hybride ou métisse, et on la place entre les deux espèces simples, qui la produisent en quelque manière par leur croisement.

Un autre cas, non moins embarrassant, est celui de ces mélanges intimes de plusieurs composés isomorphes, qui ne se sont point encore rencontrés séparément dans la nature, mélanges d'espèces idéales, qu'on pourra observer un jour, mais qu'aucune variété jusqu'à présent ne peut représenter rigoureusement. Tel est le groupe des Grenats, qui renferme évidemment plusieurs espèces isomorphes, mais toujours à l'état de mélanges, et n'ayant pas d'existence isolée, comme les espèces du groupe des carbonates rhomboédriques. On s'accorde encore assez généralement à traiter un pareil groupe comme un petit genre naturel, qu'on se contente pour le momeutjle diviser en variétés principales, d'après les couleurs, et quelques autres différences physiques ou chimiques : Ou indique par là la prédominance dans ces variétés de certains composés isomorphes, que l'on conçoit comme autant d'espèces futures et dont on prépare ainsi l'admission pour l'époque où on les observera dans un état d'isolement plus complet.

On vient de voir quels sont les principes qui ont guidé HaUy dans la détermination des espèces minérales. Le véritable caractère de l'Espèce réside, suivant lui, dans les molécules physiques dont le minéral est formé, en sorte que l'on doit distinguer en minéralogie autant d'espèces qu'il y a cle corps formés de molécules différentes. Mais comment faire cette distinction? à quoi peut-on reconnaître qu'il y a identité ou différence de molécules dans deux minéraux, que l'on compare l'un à l'autre? Ce n'est pas par l'observation directe, puisque les molécules échapfient à nos sens par leur extrême petitesse. HaQy a été conduit à transformer cette première définition de l'espèce, qui est purement théorique, en uae autre équivalente, et tout à fait pra-

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tique, d'après laquelle l'espèce est la collection de tous les individus qui ont même composition ehitiiique et même forme cristalline. Elle a donc ainsi un double caractèrp, un caractère chimique, et un caractère physiqueou cristaMographique. Sur ce pointlà, lout le monde est d'accord avec lui, depuis la publication du grand ouvrage, dans lequel il a posé pour la première fois les bases de la science : car, jusque-là, la minéralogie n'avait eu aucun principe fiie pour diriger sa marche. Sa manière de considérer l'Espèce a été généralement adoptée par les minéralogistes français et étrangers, qui sont venus après lui. Mais, pour ce qui est de la seconde question, la classification des espèces, la même unité de vues est loin de se rencontrer parmi eux, et ne se retrouve même paschez ceux qui appartiennent à l'école française.

On a vu, à l'art, minéralogie, que l'abbé Ilatty avait cru devoir adopter pour la formation de genres, à la fois chimiques et minéralogiques, le groupement des espèces par les bases, ou, pour parler plus généralement, parles principes électro-positifs. Après lui, Beudant, s'appuyant sur la découverte récente de l'isumorpliisme, avait, dans la première édition de son Traité de minéralogie (en 1824), donné la préférence à la méthode inverse, c'est-à-dire au groupement par les acides ou les principes électro-négatifs; et dans une discussion approfondie, il avait fait valoir si bien les avantages de celte nouvelle classiGcation, qu'il eut le bonheur de rallier à son opinion Berzélius et G. Rose, etde leur faire abandonner le groupement par les bases. Après avoir montré que les réunions d'espèces établies d'après l'isoinorphisme, sont les plus naturelles de toutes celles qu'on peut former en minéralogie, il faisait voir que la classification par les acides permet de conserver dans leur intégrité le plus grand nombre de ces groupes; tandis que le classement inverse séiiarcrait ces espèces isomorphes et les disperserait dans toutes les parties de la méthode. Plus tard (en 1841), dans son Cours élémentaire de minéralogie, il a été plus loin encore dans cette voie, et après avoir fait remarquer que les espèces isomorphes ne résultent pas seulement du remplacement d'une base par une autre, mais aussi de la

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substitution d'un principe électro-négatif à un autre principe éiectrj-négatif, il montra tout l'avantage qu'il y aurait à placer les genres isomorphes les uns auprès des autres, et à les tondre même en un genre composé, auquel on pourrait donner le nom de tribu. Ce mode particulier de groupement a été réalisé depuis par MM. G. Rose et Dana.

Dans son Tableau de la distribution méthodique des espèces miûérales, publié en 1833, Alexandre Brongniart avait, à l'exemple de Beudant, pris l'acide ou élément électro-négatif comme principe commun dans la classification des pierres et des sels alcalins ou terreux; mais il n'avait pas cru devoir s'astreindre à suivre une règle unique pour la formation des genres, et il avait adopté le groupement par les bases pour la classe des métaux et minerais métallifères. Sa méthode offrait donc un caractère mixte, l'auteur ayant voulu qu'elleréunit au moins en partie les avantages qui sont attachés aux deux classifications inverses dont nous venons de parler. Le groupement par les bases, qui lui semblait détruire toutes les analogies, quand on l'applique aux pierres et aux sels, lui paraissait, au contraire, fort naturel pour les composés dans lesquels les métaux jouaient le rôle d'éléments caractéristiques.

Dès 1846, j'avais indiqué et proposé dans la première édition de ce Dictionnaire (t. VIII, art. minéralogie) une nouvelle classification des minéraux, que j'ai développée depuis, et appliquée à l'ensemble des espèces connues, dans mon Nouveau Cours de minéralogie, publié de 1858 à 1862 (1). Cette classification est fondée principalement sur les rapports plus ou moins généraux de la composition chimique et de la forme cristalline; mais j'ai eu égard aussi, dans certaines parties de la méthode, aux caractères spécifiques secondaires de la densité et de la dureté, ainsi qu'aux différences d'aspect qui proviennent de lu transparence, de l'éclat et de la couleur. On pourrait, je crois, ajuste titre, donner à cette méthode le nom d'éclectique, non-seulement parce que j'ai eu recours, ainsi que je viens de le dire, aux différents ordres de caractères,

(1 ) Cours de Minéralogie en 3 volumes avec atlas; chez le libraire Rorel, rue Hautefeuille,

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mais parce que je me suis particulièrement attaché à conserver les rapprochements et les groupes qui m'ont paru les plus naturels dans les classifications antérieures, après avoir fait de celles-ci une étude sérieuse et comparative.

J'ai examiné, dans l'article cité plus haut, la question relative à la formation des genres et autres divisions supérieures de la méthode. J'ai montré comment l'espèce minérale aynnt deux caractères fondamentaux, l'un chimique et l'autre crislallographique, il en résulte la possibilité d'établir deux et même trois sortes de genres, selon que pour les former on réunira les espèces qui auront de l'analogie sous le rapport de la composition seulement, ou bien sous celui de la cristallisation, ou enfin sous les deux rapports à la fois. Ces trois genres même peuvent exister ensemble, sous la condition de se subordonner entre eux et de se distinguer par des noms différents, tels que ceux d'Ordres, de Tribus et de Genres proprement dits : ce seront alors comme autant de degrés par lesquels ou descendra de la classe ou division la plus élevée, pour se rapprocher progressivement de l'espèce, comme cela se pratique dans les autres parties de l'histoire naturelle.

Un premier genre (le genre ou l'ordre chimique) est formé généralement par le rapprochement des espèces, qui ont un principe commun; comme Beudant, je montre que dans l'état actuel de la science, le groupomeni par les acides est préférable, parce qu'il laisse subsister la plupart des groupes qu'indique l'isomorphisme, et que ces groupes sont ce (ju'il y a de plus naturel en minéralogie. Un second genre est formé par le rapprochement des esiiéces, qui cristallisent dans un même sysic me ; c'est le genre physique ou la tribu erisiallographique. Le troisième genre se compose des espèces qui ont entre elle» une double analogie de composition et de forme, c'està-dire des espèces isomorphes; c'est le genre physico-chimique nu genre mineraiogique proprement dit, le plus prochain relativement à l'espèce, et partant le plus naturel. Les genres chimique et crisiallograpliique doivent être subordonnés l'un à l'autre, et cette subordination <ioit être établie de ma-

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nière que le genre chimique domine le genre cristallogrnphique.

En continuant à prendre pour guide l'isomorphisme, j'ai rapproché les genres dont les principes électro-négatifs sont isomorphes, et le plus souvent même je les ai fondus eu un genre mixte, comme Beudant l'avait proposé, et comme l'ont fait les premiers G. Rose et Dana. Ce mode de groupement m'a permis deniremèler les espèces de bases différentes, qui sont isomorphes par leurs principes électro-négatifs. C'est le moyen de corriger, autant qu'il est possible de le faire, les défauts dans la classification, qui proviennent de l'arrangement en série linéaire. Enfin, en tenant compte de toutes les analogies qui peuvent exister entre les genres chimiques, je suis parvenu à établir entre eux une disposition en série qui pourra paraître, je l'espère, assez rationnelle, en ce que, en la suivant, oa passera successivement et par degrés des corps les plus combustibles aux corps non-combustibles et des substances les moins composées à celles qui le sont le plus.

Il ne nous a pas toujours été loisible de partager les ordres chimiques en tribus, d'après les seulesdifférences de système cristallin : l'établissement de tribus cristallogrd|)hiques n'est possible que dans les grands genres, capables de fournir un certain nombre d'espèces à chaque tribu particulière. On ne sera donc pas étonné de nous voir déroger a notre principe, en attendant que les progrès futurs de la science nous permettent d'en faire une application plus fréquente. Nous avons même cru pouvoir nous en écarter, même dans le grand genre des silicates, afin de conserver quelques-uns de ces groupes secondaires, qu'on trouve dans presque toutes les classificatious modernes, tels par exemple que les groupes des Gemmes, des Teldspaths, des Zéolithes, etc.

Je vais maintenant tracer ici le tableau de ma classiticatioii, en y introduisant les dernières modifications qu'elle a subies, et en n'y faisant figurer que les espèces les plus importantes. On verra que, dans celle classification, les divisions se fondent sur les ressemblances les plus essentielles, et, comme nous l'avons dit, sur les rapports plus ou moins généraux de la composition et de la forme, et que le problème, qui consiste à

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déterminer une espèce, s'y trouve ramené, Corinne dans la méthode zoologique, à une suile de problèmes ayant pour objet de trouver sncccssivement ses caractères de Classe, d'Ordre, de Tribu, de Genre, et enfin d'Espèce, ce qui nous apprend à connaître le corps, non- seulement eu lui-même, mais dans ses rapports avec une foule d'autres.

CliASSE DES COMBIJSTIBIiKS

A. lies Charbonneux.

Ordre I. — CHARBONS proprement dits.

Esp. : Diamant. . . C. Oitaédr.

Graphite. . . C. Hexag.

App. : Cliarbons fossile-;, d'origine végétale.

Anthracite, liouilk', lignite, lourbe.

Ordre II. — HYDROCARBURES.

Esp. : Idrialite. . . . C3H.

H.irtité C6H5.

Schéerérite . . C^H.

Rlatérite.

Naphte ; pétrole.

Asphalte.

App. : résines fossiles, d'origine végétale.

Ritinasphalte.

Copalite.

Succin.

Ordre III. - SELS ORGANIQUES.

Esp. : Mellite. Quadrat.

Oxalite.

App. : Amorphes, d'origine animale.

Guano.

i. lies Saltareux.

Ordre I. - SOUFRES.

SYS

Esp. ; Soufre pur. Octaèdr.

Soufre sélénifère.

CliASSE DES COMBUSTIBIiES MÉTAIililQUES.

Genre des métaux natifs.

Tribu I. — Rhomboédriquea.

Esp : Osmium iridifère.

Arsenic.

Tellure.

Antimoine.

Bismuth.

Tribu II. — Quadratlqueê.

Tribu III. — Cubiques.

Mercure. — Plomb. — Argent. — Cuivre. — Fer. — Palladium. — Rhodium. — Or. — Platine. ~ Iridium.

Genre mixte des ARSENIURER, ANTIMONIURES et TELLURURES.

Esp. : Nickeline rouge. . . AsNi. Hexag

Breii.hauptite .... SI.Ni. —

Nikeline lilajiche. . . As^Ni. Orthorh.

Chloanthite As^M. Cub.

Snialtine As^Co -

Leucopyrite As^Fe. Orthorh.

Discrase Sl)Ag2.

Sylvanite (Te,Sb)2(Au,A<î). Or.

Elasmose (Te,S)2(Aii,Ph'). Ou.

Allaite TePb. Cub.

Hessite TeAg. —

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