‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 56 sur 147 · QUELQUES UNKS DES RÉVOLUTIONS DE LA SURFACE · texte numérisé non relu

QUELQUES UNKS DES RÉVOLUTIONS DE LA SURFACE

DD GLOBE , présentant différents exemples de coïncidence entre le redressement des couches de certains systèmes de montagnes, et les changements soudains qui ont produit les lignes de démarcation qu'on observe entre certains élages consécutifs des terrains de sédiment.

Les exemples de ce genre de coïncidence, dont j'avais cru pouvoir dès lors entretenir l'Académie, étaient au nombre de quatre seulement; c'étaient ceux qui se rapportent aux Systèmes de la Côle d'Or, des Pyrénées, des Alpes occidentales et de la chaîne princi' pale des Alpes. J'y joignais, mais sous un« forme hypothétique, un aperçu sur l'origin? plus récente du Système des Andes.

Les Systèmes dont nous venons de parler figurent seuls dans le Rapport que M. Brongniart a fait à l'Académie des sciences sur ce sujet, le 26 octobre 1829, et dans l'articl? que M. Arago a bien voulu lui consacrer

ÎO**!

SYS

dans VAnnuaire du bureau des longitudes pour 1830.

J'avais cru devoir me borner d'abord aux exemples decoïiicidenceqniparaissaientalors les plus frappants et les plus inconieslables; mais, en imprimant le Mémoire in exlenso, dans les Antiales des sciences naturelles, t. XVllI et XIX (1829 et 1830\ je n'ai pas ïipglijié d'indiquer en note d'autres exemples du même genre de coïtifidence, qui avaient déjà à mes yeux un assez grand caractère de certitude pour mériter d'être enregistrés; car j'étais convaincu que le rapprochement général que je cherchais à établir entre les révolutions de la surface du globe et l'apparition successive d'autant de Systèmes de montagnes diversement dirigés, paraîtrait d'autant moins hasardé que je pourrais citer un plus grand nombre d'Exemples de coïncidence.

Par l'effet de ces indications subsidiaires, le nombre des exemples de coïncidence se trouvait déjà porté à neuf, sans parler du Stjstème des Andes; mais là ne s'arrêtaient pas mes espérances, car je disais (^Jî»a/es des sciences naturelles, t. XIX, p. 231, 1830): « Quand même les recherches- dirigées vers » ce but auraient été poursuivies pendant * longtemps, il serait difficile que le nombre » des connexions de ce genre qu'on aurait » reconnues présentât quelque chose de fixe » et de définitif. Outre les quatre coïnciden- » ces auxquelles j'ai consacré les quatre » chapitres de ce Mémoire, j'en ai ensuite » indiqué d'autres dans les notes qui y sont }) ajoutées; et, ces premiers résultats, s'ils » sont exacts, ne seront peut être encore « que la moindre partie de ceux qu'on peut )> prévoir, lorsqu'on considère combien d'au- » très interruptions présente la série des » dépôts de sédiment, et combien d'autres » Systèmes de montagnesbérissent la surface » du globe. »

Le même volt^me contient une planche coloriée (pi. 111) qui est intitulée: Essai d'une coordination des âges relatifs de certains dépôts de sédiment et de certains Systèmes de montagnes ayant chacun leur direction. Cette planche, qui était le tableau graphique de mes premiers résultats, présentait, rangés de gauche à droite, neuf Systèmes de montagnes (sans compter celui des Andes), tous désignés •uivanl la méibode dont je me suis fait une

SYS

règle constante, d'il pics des motifs que j'ai indiqués dès l'origine et que je rappellerai ci-après, non par des numéros d'ordre, mais par des noms géographiques , et, pour compléter l'expression de ma thèse fcndamentale, j'y avais Tiit graver la note suivante : « On a laissé «n blanc les montjigiies dont la )) place dans la série n'est encore que présu- » mée ; De vastes Systèmes, tels que ceux » des côtes de Mozambique et de Guinée, ont » dû être complètement omis; mais les mo- )) diûcalions qu'on peut prévoir dans cette » série provisoire, la changeraient difQcile- » ment au point de porter directement à •> croire qu'elle soit terminée, et que l'écorce » minérale du globe terrestre ait perdu It )i propriété de se rider successivement en » différents sens. »

Depuis lors , cette série provisoire a reçu plusieurs termes nouveaux qui s'y sont ajoutés ou intercalés sans en changer la forme générale, et sans modifier en rien les inductions auxquelles elle conduit si naturellement. Je crois pouvoir admettre dès aujourd'hui, dans ma série, cinq termes plus anciens que le plus ancien redressement de couches figuré dans mon premier tableau, et je conserve l'espérance que des recherches ultérieures nous feront pénétrer plus loin encore dans la nuit des preaiiers temps géologiques.

Depuis quelques années, les géologues ont marché dans cette direction avec une ardeur toute spéciale. C'est, en effet, dans ledomaine des terrains fussilifères anciens, aiilcrieurs au calcaire carbonifère, que la géologie a fait récemment, dans les deux hémisphères, les conquêtes les plus importantes. Elle les doit particulièrement aux travaux de MM. Murcliison et Sedgwick, en Angleterre; à ceux de MM. Murchison, Sedgwick, de Vernenil et d'Archiac, dans les provinces rhénanes; de MM. Murchison, de Verneuil etdeKeyserling, en Russie et dans les monts Ourals; des géologues américains et de MM. Lyell et de Verneuiljdans les contrées transatlantiques.

Je suis parti des faits connus ; je ne pouvais devancer ces vastes conquêtes; mais ma théorie aurait manqué d'un des éléments les plus essentiels de la vitalité scientifique, b faculté du progrès, si elle n'avait pas été apte à faire un pas immédiat à la suite des

SYS

grands résultats que je viens de rappeler. J'ai essnyéde faire ce nouveau pas, dans un Mémoire que j'ai soumis, en 1847, à la Sotiétj géologique, et dont le présent article renferme toute la substance. J'en ai préparé lentement les éléments au fur et à mesure lies observations. D'après l'ensembledes faits iiui me sont aujourd'hui connus, je crois que les différenls Systèmes de montagnes dont l'existence a été démontrée ou indiquée dans l'Europe occidentale, peuvent être classés avec beaucoup de probabilité dans l'ordre dans lequel je vais les parcourir, en commençant par les plus anciens.

Je vais consacrer un paragraphe à chacun de ces Systèmes et, par cela seul que ces paragraphes seront placés l'un à la suite de l'autre , ils auront des numéros d'ordre que je ne puis me dispenser d'inscrire en tête de chacun d'eux, mais je dois rappeler, comme je l'ai fait maintes fois, que ces numéros ont un caractère essentiellement provisoire, attendu que, chaque fois qu'on parviendra à constater, dans l'Europe occidentale, l'existence d'un nouveau Système de montagnes, on devra augmenter d'une unité les numéros de tous les Systèmes postérieurs. C'est cette considération qui m'a engagé, dès l'origine, à désigner chaque Système par un nom géographique tiré d'une montagne ou d'une localité où son existence était constatée.

Page 1