IV. Système du Morbiuan
D'après M. Rivière, ce Système est parallèle aux côtes S.-O. de la Vendée et de la Bretagne. Déjà M. Bobiaye, dans son excellent travail sur la Bretagne, était arrivé luimême, relativement aux côtes S.-O. de cette presqu'île, à des conclusions que je ne pourrais traduire aujourd'hui plus exactement qu'en admettant un Système parallèle à la direction générale de ces côtes, et en le supposant fort ancien. Il signale comme un des traits les plus marqués de la structure géologique de la Bretagne, que ses côtes S.-O. sont bordées par un plateau plus élevé que l'intérieur de la contrée, à travers lequel les rivières s'écoulent dans des vallées profondément encaissées. « La côte méridionale, dit » M. Bobiaye (1), est découpée par des si- « nuosités profondes et multipliées ; cepen- » dant une ligne tirée de Saint-Nazaire à » Pont-l'Abbé, ou rie l'E. S.-E. à l'O.-N.-C, » représente assez bien sa direction géni- 1) raie. » Le plateau méridional, ajoute plus loin M. Bobiaye (2), s'étend de l'E. -S.-E. à rO.-N.-O. sur une longueur de plus de 60 lieues, de Nantes à Quimper. Cette même direction de i'O.-N.-O. à lE.-S.E. est, d'après M. Bobiaye, celle des Roches cristallines lanciennes dont le plateau est formé. Il la 'mentionne (3) comme existant uniformément dans les Gneiss et les Protogines. Il parle ailleurs (4) des Granités et Protogines stratiflés de l'O.-N.-O. à l'E.-S, E. 11 cite en
(i) Puillon-Boblaye, Etsai sur ta confinuralion et la conititutioa géoloeique de la Bretagne, Mémoire* du Muséum d'histoire naturelle, t. XV, p. 54 (1827).
(a) /*ia.,p.6;,.
(3) IM., p. ;&.
(i) MM., p. Il,
particulier (1) le Gneiss de Quimperlé dirigé à l'E. -S.-E., et il indique (2), dans le Granité de Carnac, de petites couches de Micaschiste dirigées de même à l'E. -S.-E.
11 est à remarquer que M. Bobiaye reproduit pour toutes ces localités la même orientation exprimée seulement d'une maniera générale O.-N.-O., E.-S.-E., cequi indique qu'il a fait abstraction des variations locales, et qu'il n'a paut-êire pas entendu fixer cette orientation avec une précision rigoureuse. Je crois que, dégagée de tous les accidents qui appartiennent au Syslèmo des ballons, cette direction s'éloigne de la ligne E.-O. plus que ne l'a pensé M. Bobiaye, et que M. Rivière est plus près de la vérité en disant que dans la région dont il s'agit la stratification se dirige du N.-O. un peu 0. au S.-E. un peu E. (3). 11 me paraît résulter, en effet, de l'étude que j'ai faita moi-même de ces contrées, en 1833, et de l'examen de la carte géologique de la France, que la direction du Système qui nous occupe peut être représentée par une ligne tirée de l'île de Noirmoutier à l'Ile d'Ouessant, de l'E. 38' 15' S. à l'O. 38° 15' N. Cette li^ne, qui est jalonnée par les masses isolées des îles d'Hoedic, d'Houat, et de la presqu'île de Quiberon , se prolonge suivant la ligne des Iles terminales du Finistère, de Beninguet à Ouessant.
Le Système qu'elle représente converge, à Ouessant, avec le système dirigé E. 20 à 25" N., dont nous nous sommes occupés précédemment; et, considéré dans cette région seulement, il mériterait, presque à aussi juste titre que lui, le nom de Syslème du Finistère. Mais comme il domine surtout sur les côtes du Morbihan, et qu'il se prolonge dans les départements de la Loire- Inférieure et de la Vendée, et jusque dans celui de la Corrèze, il est plus naturel de lui donner un nom tiré d'une contrée moins voisine de sa terminaison apparente , et je propose, avec l'assentiment de M. Rivière, de le nommer Système du Morbihan.
La direction E. 38» 15' S., 0. 38" 15' N., que j'ai indiquée ci-dessus peut être cen.sée
(i) Puillon-BobLiye, Essai sur la configuration et la con- ■titution géntoffîf/ue de la ïlretn^ne Mcinoires du Mus'Tum d'histoire naturelle, t. XV, p. 70 (1827).
(2) Ibid.. p. 69.
(3) A. Rivière, Btudeâ g-'ologiques et minéralogiquei , p. 361.
svs
rapportée à Vannes , ville située à peu de dislance de quelques uns des points où cette direction se dessine le mieux, et qui serait un centre de direction très favorablement situé pour toutes les observations de direction faites dans les diverses parties de la France occidentale où le système se montre avec le plus d'évidence.
Il est probable, du reste, que ce système est fort étendu ; sa direction semble se retrouver dans les roches schisteuses du département de la Corrèze, de la Dordogne et de la Charente, par exemple, aux environs de Julliac, dans les schistes sur lesquels raposent en stratification discordante les petits lambeaux de terrain fouiller de Cbabrignet, de Montchirel , de la Roche et des Bichers. La direction moyenne de ces roches paraît, en effet, comprise entre le S.E. et l'E. 40*^ S. Or, il est aisé de calculer que la direction E. 38° 15' S., transportée de Vannes à Uzerche (Corrèze), eu égard aux dilTérences de latitude et de longitude des deux points, deviendrait E. 41° 22' S.
D'après quelques observations que j'ai faites à la hâte, en 1834, la moyenne des directions les plus fréquentes dans les Gneiss et les Micaschistes des environs de Messine, en Sicile, est E. 53° 45' S. La direction E. 38° 15' S., transportée de Vannes à Messine, en ayant égard aux différences de latitude et de longitude des deux villes, devient à peu près E. 50° 55' E. ; la différence n'est que de 2° 50'. On pourrait donc conjecturer que la direction des roches cristallines évidemment fort anciennes des environs de Messine appartient au Système du Morbihan.
Peut-être cette direction existe- 1- elle aussi dans quelques parties du Boehmerwaldgebirge (Sur les frontières de la Bavière et de la Bohême) et de l'Erzgebirge. M. Cotta, dans un travail que j'ai déjà cité précédemment (1), indique dans ces contrées cinq directions presque parallèles entre elles, qui me semblent devoir être distin- {iueés de celles qui se rapportent au Système du Thûringerwald. Ces directions courent sur 11, 10 ^, Il , 10 7, 10 '- !ieures de la boussole, c'est-à-dire en moyenne vers le N. 19° 7' 0. magnétique, ou vers le N. 35°
(i) Cotta . Die Engange und ikn Bezithun^cu tu den Eruptiveiifttleintn.
47' 0. astronomique. Or, la direction 0. 38° 15' N. transportée de Vannes à Freiberg, eu égard aux différences de latitude et de longitude de ces deux points, devient 0. 50" 28' N. ou N. 39° 32' 0. ; elle diffère d'environ 10° î de la direction 0. 40° N. du Thtlringerwald, mais elle ne s'écarte que de 3° 45' de la moyenne des directions indiquées par M. Colla. En tenant compte de V excès spherique, la différence pourrait aller en nombre rond à 4o environ ; elle ne serait pas beaucoup au-dessus des erreurs possibles d'observation. Le» accidents stratigraphiqucs auxquels se rapportent les directions dont nous vsnons dé prendre la moyenne aïeclent les schistes anciens de l'Erzgebirga; mais on n'en observe pas la prolongation dans le terrain silurien des environs de Prague : tout annonce donc qu'ils ont été produits immédiatement avant le dépôt du terrain silurien.
Il me parait fort probable que les indices de straiificalion , signalés dans les roches cristallines de l'Ukraine se rapportent aussi au Système du Morbihan. Le sol d'une partie des plaines de l'Ukraine est formé par une masse de roches cristallines, connue sous le nom de Steppe granitique qui s'étend de l'O.-N.-O. à l'E.-S.-E. de la Volhynie par la Podolie aux cataractes du Dnieper, et qui, traversant ce fleuve, va se perdre près des bords du Kalmiuss, sous les dépôts carbonifères du Donelz. La direction des plis nombreux que présentent ces dépôts est en moyenne peu différente de celle de l'axe longitudinal de la Steppe granitique, et M. Murchison les attribue avec beaucoup de vraisemblance à un soulèvement de cette masse cristalline; mais les roches cristallines présentent des indices de stratification dont la direction est toute différente de celle de l'axe longitudinal de la masse, et qui , ne se continuant pas dans les couches carbonifères, doivent avoir été produites avant leur dépôt. Diverses variétés de pegmatites sont les roches dominantes vers l'extrémité E.-S.-E. de la masse cristalline, près de» jordiî du Kalmiuss (1) : plus près du Dnieper, sur les bords de la Voltchia, au S. de Panlograd , et entre cette ville et Alexandrovsk, M. Murchison a observé di-
([) Le Play, Foyage dont ta Ruuie mirtdionmie, pir M. Anatole de Demidoff, t. IV, p. 6i,
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verses variétés de Gneiss quartieux et feidspathique passant à un quartz compacte gris qui alterne avec des laines très minces de talc verdâlre rarement micacé; un Micasebiste grenatoïde alternant avec des couches très minces d'un Gneiss graniioïde, etc. Ces roches sont souvent en couches verticales, mais leur plongement habituel est du côté de l'E., sous un angle considérable. Leur direction, d'après M. Murchison, est presque parallèle au cours de la Voltchia, qu'il indique dans son texte comme dirigé au N. 15" 0., mais qui, d'après sa belle carte géologique de la Russie , se dirige au N. 28° 0. Il dit formellement que la direction dominante de ces roches est du N.-N.-O. au S.-S.-E. (I), c'est-à-dire du N. 22'' 30' 0. au S. 22° 30' E. Or, la direction du Système du Morbihan, transportée de Vannes (lat. 47° 39' 26", long. 3" 5' 19'' 0.) à Vassiliefka, dans la vallée de la Voltchia (lat. 48° 11' 40", long. 33" 47' 6" E. de Paris), en tenant compte deVexcès sphérique calculé comme si le grand cercle qui passe à Vannes en se dirigeant à l'E. 38" i5' S., était le grand cercle de comparaison du système , cette direction devient S. 25° 46' E. ; elle ne diffère que de 3° 1 6' de celle indiquée par M. Murchison. La diOérence est encore moindre que celle que nous venons de trouver pour la Saxe ; seulement elle est en sens inverse.
D'après ces rapprochements, que je pourrais encore multiplier, je suis porté à présumer que le Syslème du Morbihan n'a pas été moins largement dessiné en Europe que les deux systèmes précédents.
Le Système du Morbihan est certainement fort ancien , et M. Boblaye, sans s'occuper précisément de son âge relatif, a eu bien évidemment le sentiment de l'ancienneté des accidents stratigraphiques qui s'y rapportent; on peut le conclure des passages suivants de son mémoire sur la Bretagne que i'ai déjà mentionnés dans mes Recherches sur quelques unes des révolutions de la surface du globe {Annales des sciences naturelles, t. 18, p. 312).
« Les roches du second groupe, dit M. Bo- 9 blaye (2), se montrent partout en gise-
(i) Murrblton. (le Vernmil et Keyserling, Ruuia in Euçpt and tke lirai mountains, t. I, p. 90. (I) PujiloD-QobUje, <«(. c^.,f.6i.
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» ment concordant avec les terrains qui les » supportent ; elles occupent une grande n partie du bassin de l'intérieur (de la Bie- » tagne); elles forment presque partout une » bande plus ou moins développée entre les » terrains anciens et les terrains de trann sition.
» Dans Iss Côtes-du-Nord et le Finistère, » elles apfiartiennent donc au système de » scatiûcaiion dirigé entre le N.-E. et le » N.-K -E., et dans une partie du Morbihan )) et de la Loire- Inférieure, au système di- » rigé à l'E.- S.-E.
» Nous croyais donc que la Bretagne u montre, dans des terrains très rapprochés >> d'âge et de position , la réunion de deux » systèmes de stratification à peu prss per- » peiidiculaires entre eux, dont l'un, dirigé » E. S.-E., se retrouve dans une partie des » montagnes de l'intérieur de la France et » dans les Pyrénées; et l'autre, signalé de- » puis longtemps par M. de Humboldt, di- )> rigé entre le N.-N.-E. et le N.-E., appar- » tient aux terrains de même nature dans » les montagnes du nord de l'Europe ( An- )' gleterre , Ecosse, Vosges, forêt Noire» » Harz et Norvège).
» J'ajouterai a ce fait remarquable, con- -» tinue M. Boblaye, que la vallée de l'inté- » rieur (de la Bretagne) forme la séparatioa
» des deux systèmes Je puis avancer,
» comme fait général (dit- il encore), que » la stratification du terrain de transition » tend partout a adopter la direction de l'E. » à rO, quels que soient d'ailleurs l'âge et la I) direction desstraiesqui le composent.
» Il en résulte, dans la partie méridionale » de la Bretagne, une concordance appa- » rentç, mais dans la partie septentrionale » et surtout dans le Coteutin , une discor- » dance absolue.
« Si à ce fait nous ajoutons que, dans le » Cotentin et la partie limitrophe de la » Bretagne , les axes des plateaux et les » longues vallées qui les séparent ne sont u pas dirigés vers le N.-E. comme la stra- » tification des roches anciennes qui les » composent, mais constamment de l'E. à p rO., il résulte, à ce qu'il me semble, du u rapprochement de ces faits, que les axes )> du plateau ancien ont subi des modiûca- » lions postérieures a sa consolidation , et » que ce soqt ce» mm modifiés qui ont d^-
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e terminé la direclion de la stratification N dans le terrain de transition. »
!l me paraît difficiie de ne pas conclure de ce passage que M. Boblaye regardait les accidents stratigrapiiiques dirigés , suivant lui, à l'E.-S.-E. du plateau méridional de la Bretagne, de inèrne que les accidents stratigrapiiiques dirigés entre le N.-N.-E. et leN.-E. du plateau septentrional, comme produits à un époque antérieure au dépôt du terrain de transition , c'est-à-dire du terrain silurien.
Les observations de M. Dufrénoy , celles de M. Rivière et les miennes, conduisent à la même conclusion. Si on promène un œil attentif sur la partie de la carte géologique de la France qui représente la presqu'île de Bretagne , on voit que les lignes assez nombreuses par lesquelles s'y dessine le Système du Morbihan s'interrompent constamment dans les espaces occupés par le terrain silurien. Je citerai, par exemple, la ligne tirée de l'Ile de Guernesey à Sillé-le-Guillaume (déparlement de la Sarlhe). Cette ligne, jalonnée jiar diverses masses granitiques , est , en même temps , traversée par plusieurs massifs de schistes anciens et de gneiss, qui s'allongent suivant sa direction ; mais elle n'est représentée par aucun accident remarquable, dans les bandes de terrain silurien qu'elle traverse.
Le Système du Morbihan se trouve , par conséquent, relativement au terrain silurien, dans le même cas que le Système du Longmynd et le Si/stème du Finistère. Mais quel est l'âge relatif du Système du Morbihan comparé aux deux derniers?
Je ne puis, pour le moment, appliquer à la solution de cette question que des moyens analogues à ceux par lesquels j'ai essayé de faire voir que le Système du Lnngm,ytid es^t moins ancien que le Système du Finistère; leur application me conduit à conclure que le Système du Morbiltan est postérieur aux deux autres.
Ainsi que je l'ai déjà remarqué, l'une des lignes les mieux dessinées du Système du Morbihan est celle qui s'étend de lîle de Noirmoutier à l'île d'Ouessant. Celte ligne suit, de l'île Reninguet à l'île dUuessant, la chaîne des îles terminales du t-inistère, où la direction de la chaîne n'est pas parallèle à la stratification des roches qui la compo-
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sent; elle coupe la direction de la stratification sous un angle d'environ 60°, ainsi qu'on peut le constater en considérant la direction de la bande schisteuse, qui traverse l'île d'Ouessant de l'O.-S.-O. à l'E.- N -E. Eu appliquant ici la remarque de M. de Humboldt , déjà rappelée ci dessus , on conclura que le Système du Morbihan est postérieur, comme \e Système du Longnvind, au Système du Finistère, auquel appartient la direclion de la bande schisteuse de l'île d'Ouessant.
On peut remarquer, en outre, sur la belle carte géologique du Finistère publiée |)ar M. Eugène de Fourcy, ingénieur des mines, que les roches granitiques du plateau méridional de la Bretagne enveloppent, notamment près de l'embouchure de la rivière de Quimperlé, des lambeaux de roches schisteuses, qui, malgré leur état actuel de dislocation, conservent la direclion du Système du Finistère; ce qui conduit naturellement à supposer qu'ils avaient été plissés par le ridement du Système du Finistère, avant (l'être disloqués par le soulèvement des granités du Siistèinedu Morbihan.
Des considérations du même genre conduisent d'ailleurs à reconnaître que \e Système du Morbihan est postérieur au Système du Longmynd, et cette seconde conclusion comprend implicitement la première, puisque nous avons déjà reconnu que \e. System? du Longmynd est postérieur au Système du Finistère.
I.a ligne tirée de Guernesey à Sillé-le- Guillaume, qui est, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, l'une de celles où se dessine le Système du Moibihan , traverse la partie de la Normandie que M. Boblaye signale spécialement conmie le domaine de la direclion N.-N.-E. propre au Système du Longmynd. Elle s'y dessine par divers accidents stratigrapiiiques et orographii]ues, mais elle laisse généralement subsister la stratification N.-N.-E. Elle y joue, par conséquent, relativement au Système du Longmynd, le rôle que la direction du Longmynd joue ptr rapport au Système du Finistère , comme je l'ai rappelé ci-dessus, le long de la roule de Ploërmel à Dinan. Ainsi , les mémeâ motifs qui nous font conclure que le Système du Finistère est antérieur au Système du Longmynd, doivent nous faire conclure égà-
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lement que le Sysiénie du Longmynd est aiiiiTieur au Système du Morbihan.
Cette même ligne, parallèle à la route de Ploërmel à Dinan, qui élève, sans déranger leur stratification, les schistes plissés suivant le Syslème du Finistère, se conduit tout autrement par rapport au Syslème du Morbihan. Son prolongement méridional traverse le plateau méridional de la Bretagne , qui appartient au Syslème du Morbihan; mais bien loin d'interrompre ce plateau , comme elle interrompt les plateaux schisteux de Ploërmel, elle s'évanouit à son approche , et elle cesse de se dessiner par aucun accident stratigraphique ou orographique remarquable. Ainsi le même raisonnement, qui montre que le Syslème du Longmynd, auquel appartient celte ligne si remarquable, est postérieur au Syslème du Finistère, montre aussi qu'il est antérieur au Système du Morbihan.
Il me parait donc établi que les quatre ridements de l'écorce terrestre , dont nous nous sommes occupés jusqu'à présent, se sont succédé dans l'ordre suivant :
Syslème de la Vendée , Système du Finistère, Syslème de Longmynd, Système du Morbihan.
Ces quatre Systèmes se croisent au milieu de la presqu'île de Bretagne, dans un espace peu étendu, et cette circonstance permet de constater leur âge relatif d'après le seul examen delamanièredonts'opèrelecroisement.
Ce mode de constatation , ainsi que je l'ai déjà remarqué, n'est pas le plus satisfaisant; mais on est réduit à s'en contenter, parce qu'il n'existe en Bretagne aucun terrain sédimentaire régulièrement étudié dont on puisse assurer que son dépôt s'est opéré entre l'apparition de deux des Systèmes de montagnes dont nous venons de parler.
L'existence de pareils terrains dans les autres parties de l'Europe occidentale est même encore plus ou moins problématique, et je suis loin de prétendre que l'aperçu de classification que j'ai essayé de donner de quelques uns d'entre eux (1), soit le dernier mot de la science, et offre une base de laquelle oi\ puisse partir avec assurance. Il résulte de là que je n'ai pu rapprocher les différents membres des divers Systèmes
(i) Bullelin de la Sociélé géologique de FraïUê, 3« »érle , t. IV, p. gtii (léance du i; mai 1847). T. XIU.
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dont il s'agit que d'après leur parallélisme, en me fondant sur les analogies lirees des Systèmes de montagnes plus modernes dont l'élude n'est pas environnée des mêmes difficultés. Dans l'ordre de la réduction do cet article, c'est une anticipation sur ce qui va suivre, mais ce n'a pas été une anticipation dans l'ordre des études; car les difficultés dont je viens de parler m'ont arrêté pendant longtemps, et ce n'est que tout récemment que j'ai essayé d'esquisser ainsi les principaux traits de l'histoirean té-silurienne. La détermination de l'âge du Syslème qui, dans l'ordre chronologique, doit venir immédiatement à la suiie du Syslème du Morbihan, n'offre déjà plus les mêmes difficultés.