‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 61 sur 147 · DIRECTION · texte numérisé non relu

DIRECTION

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Zl"l-i"gs

Mili le la distance entre Gotheborg et Gèfle

Ulealn.rs

Viborg N.

Saint-Tropes N.

La dernière colonne de ce tableau donne, toute réduction faite, une somme égale à — 3'. Il est aisé de voir, en effet, qu'en

négligeant 2'24" — 2' 6" = 18 ", dans l'expression de la direction moyenne rapportée au Binger-Loch, nous avons dû rendre trop

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faible de 10 fols 18" et de 180" = 3' la somme des expressions des huit directions calculées. L'opération est donc correcte.

Elle fait voir que pour sept des dix points que nous avons considérés, l'accord entre la direction calculée et la direction observée est très satisfaisant, les diiïérences entre les directions observées et les directions calculées étant de moins de 3°. Pour les trois outres points, les différences entre les directions observées et calculées sont plus considérables. Pour Slabings la différence est de plus de 4"!, mais il esta remarquer que les contours des masses de granité et de gneiss du S.-E. de la Bohème ne sont ni rectilignes ni très bien déflnies. On peut en dire autant de celles du N.-O. de la Finlande, où la différence est de S" 35' 6"; ces dernières sont d'ailleurs imparTaitement connues. Quant aux directions rapportées à Saint- Tropez, où la différence est de 5" 32' 44", il ne faut pas oublier que ce n'a été qu'après une discussion qui a laissé quelque incertitude que nous avons pu les dégager des autres directions qui sont comprises dans la rose des directions des Maures et de TEstérel. Les différences que nous venons de remarquer n'ont donc rien qui doive surprendre , et il est a remarquer que les tr«is différences les plus considérables,

étant affectées de signes différents, tendent à se compenser ; leur somme est — 2» 34' 1 5", ou — 154' 45 "; et il est aisé de voir qu'en n'ayant pas égard aux observations auxquci les elles correspondent, on aurait trouvé un résultat différent de celui auquel nous nous sommes arrêtés, de 15' seulement, c'est-àdire la direction moyenne N. 30" E. environ; or la suppression de l'une quelconque des autres observations aurait produit une variation à peu près du même ordre.

Il me parait difficile de ne pas admettre, en dernière analyse, que ces dix directions appartiennent à un même Système, dont la direction rapportée au Binger-Loch est représentée le plus correctement possible par une ligne dirigée au N. 30° 15' E. Cette ligne, qui fait avec le méridien du Binger- Loch un angle de 30" 15' vers l'E., est la tangente directrice du Système.

Mais, pour déterminer complètement sur

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la sphère terrestre la position de ce Système dont nous avons supposé que le grand cercle de comparaison passe par le Binger-Loch, il faudrait confirmer ou rectifier cette supposition en déterminant, comme je l'ai indiqué précédemment, Vangle équalorial E.

Malheureusement les données que nous avons soumises au calcul ne paraissent pas assez précises pour conduire à une valeur de cet angle à laquelle on puisse attacher une importance réelle. Le point de départ des calculs à faire se trouverait dans les différences contenues dans le tableau que nous venons de former; mais ces différences ne suivent aucune loi régulière; tout annonce qu'elles sont dues en grande partie aux erreurs d'observation, et qu'en les employant dans un calcul, on le baserait sur une combinaison de chiffres presque entièrement fortuite. 11 n'y a pas lieu d'exécuter un pareil calcul; ainsi, quant à présent, l'opération ne peut être poussée plus loin, et nous sommes obligés de nous en tenir à la supposition que le grand cercle qui passe au Binger-Loch, en le dirigeant au N. 30" 15' E., est le grand cercle de comparaison du Système du Longmynd.

Cette supposition est destinée, sansdoute, à une rectification ultérieure; mais il me paraît fort probable que le véritable équateur du Système du Longmynd n'est pas fort éloigné du grand cercle dont nous venons de parler. En effet, ce dernier laisse la Moravie et la Bretagne, l'une d'un côté et l'autre de l'autre, à des distances peu différentes l'une de l'autre; il passe entre la Suède et la Finlande où les accidents du Système du Longmynd jouent un rôle si proéminent et, indépendamment des directions dont nous avons pris la moyenne, on en trouve dans les contrées qu'il traverse, qui paraissent devoir lui être rapportées, comme celles des gneiss deSainte-Marie-aux- Mines , et celles de beaucoup d'accidents stratigraphiques plus modernes, mais dus à l'influence du sol sous-jacent, que présentent les couches de l'Eifel, du Hundsrllck, de l'Idar Wald, etc.

Ce n'est, en effet, que d'une manière exceptionnelle et accidentelle que la direction du Système du Longmynd affecte les couches du terrain silurien ou des terrains plus récents. Dans plusieurs des contrées où nous

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f es avons reconnues, on peut constater que ces dislocations sont antérieures au dépôt des couches siluriennes. Mais ce caractère d'ancienneté leur est commun avec les dislocations du Sysième du, Finistère, et il nous reste à examiner quel est le plus ancien de ces deux Systèmes.

Jusqu'à pré.sent je nt connais pas encore de terrain sédimentaire dont je puisse affirmer qu'il a été déposé sur les tranches des couches redressées ^ie l'un des systèmes, et que ses propres couches ont été redressées par l'autre. Je ne puis donc déterminer le rapport d'âge des deux Systèmes par le moyen ordinaire et le plus direct; mais je crois qu'on peut y parvenir par l'applicaiion des remarques suivantes que M. deHumboldt a consignées dans le premier volume du Cosmos.

« La ligne de faite des couches relevées s> n'est pas toujours parallèle à l'axe de la » chaîne des montagnes; elle coupe aussi )' quelquefois cet axe, et il en résulte, à mon » avis, que le phénomène du redressement >' (les couches, dont on peut suivre assez loin » la trace dans les plaines voisines, est alors » plus ancien que le soulèvement de la n chaîne (I). » M. de Humboldt a souvent appelé l'attention sur ce point aussi important que délicat de la théorie des soulèvements. Asie centrale, t. I, p. 277, 283. Essai sur le gisement des Roches, 1822, p. 27. M. Hist., t. m, p. 244, 250.

Or, il me parait qu'en certains points de la Bretagne, dont j'ai déjà parlé, des couches redressées, suivant le Sysième du Finistère, ont été soulevées de manière à constituer une arête appartenant p.ir sa direction au Système du Loiiginynd. et antérieure comme ;'e Sysième au terrain silurien. Je le conclus des observations suivantes que M. Dufrénoy a consignées dans le premier volume de V Explication de la Carte géologique de la France, et dont j'ai déjà rappelé une partie précédemment.

« L'extrémité 0. du bassin de Rennes ap- » partient encore au terrain cambrien. Nous » sommes, il est vrai, peu certains de la li- » mite qui sépare, dans ce bassin, les deux ■ M étages des terrains de transition; mais » cependant nous la croyons peu éloignée

(l) A. de Humboldt, Cojnioi.,t I, tradaction française, p. 352.

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» d'une ligne qui se dirigerait du N. 15 à » 20'" E. au S. 15 a 20" 0., et qui suivrait » à peu près la route de Ploërmel à Dinan » En effet, les terrains situés a gauche et à » droite de cette ligne présentent des carac- » tères essentiellement différents; cette cir- » constanceserait incompréhensiblesielle no » résultait pas de leur dilTérence de nature , j) attendu que la stratification étant généra- )) lement de l'E. à l'O., on devrait retrou- » ver, sur la roule de Ploërmel à Dinan, les M mêmes couches traversées par celle de » Nantes à Rennes; mais il n'en est point » ainsi. En elTet, les couches de grès, si fré- )) quentes et si caractéristiques dans le ter- » rain silurien, qui forme tr)ut le paysà l'E. » de la ligne que je viens d'indiquer, ne so )' retrouvent pas, au contraire, dans la par- » lie 0. de ce bassin, que nous avons colo- » riée comme appartenant au terrain cam- » brien. Les Schistes eux-mêmes, entre » Corlay et Josselin, c'est-à-dire dans toute » l'épaisseur de cette partie inférieure, pos- » sèdent d»s caractères très différents de » ceux des environs de Rennes ; ils sont, en » effet, bleuâtres et satinés, tandis que les » Schistes, entre Rennes et Nantes, sont do » véritables Grauwackes schisteuses. Enfin n la direction des couches conflrme cette u distinction. A l'O. de la limite que nous « avons assignée pour les deux terrains de » transition, les couches se dirigent constami. ment de l'E. 20° N. à l'O. 20° S., tandis » que les Schistes, qui sont à droite de cette » ligne, sont orientés de l'E. 10 à 15° S. à M l'O. 10 à IS^N. Ces deux directions sont » précisément celles qui caractérisèrent les » terrains cambrien et silurien (1). »

Ces Schistes satinés, dirigés à l'E. 20" N., appartiennent, par le reilressement de leurs couches, au Système du Finistère, et ils ont été soulevés pour former une protubérance ou une crête dirigée vers le N. 20° E., qui a constitué la limite occidentale du bassin si' lurien de Rennes. Cette crête appartient, par sa direction, au Sysième du. Longmynd. On voit donc que le Sysième du Longmynd est POSTÉRIEUR au Sysième du Finistère.

On arrive à la même conclusion, en observant comment les dislocations dépendantes du Sysième du, Longmynd, qui se présentent

(i) nufrénoy , BxplicatitH de U Carte féologlfU* France, cbap. III, t. I, p. aïo et m

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aui «nvirons de Morl.iix, accidentent les couches de Roches schisteuses redressées suivant le Syslcnw du Finii^tère.

Les trois Systèmes dont nous venons de parier, tous les trois antérieurs au terrain silurien, ne sont pas encore les seuls qui aient accidenté le sol de l'Europe occidentale avant le dé()ôt de ce terrain. Dans ces dernières années, M. Rivière a signalé, en Bretagne, un Système distinct à la fois du Système de la Vendée et des deux autres systèmes dont nous venons de nous occujicr , mais antérieur comme eux au dépôt du terrain silurien.

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