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«fireLesson {Zoologie de la Coquille, pi. 23, fig. 2), (i'Otahiti. Quant au Tatahé brun , Talare fuscus, qu'il a décrit dans la Revue zoologique pour 18i2, p. 210, M. de Lafresiiaye pense que c'est le même oiseau que VOiolare, sous une livrée dilTérenlc. (Z.G.)
TATOU. DaSIJpUS ( (îaaù,- , poilu ; -ttoS; ,
pieil). MAM. — (îenre d'ÉoKNTÉs, caractérisé d une manière générale à l'article édemijs ( uoy. ce mot). L'étendue de ce genre a varie suivant les classificaleurs ; pour nous en tenir à la classification adoptée dans cet ouvrage, le genre Tatou, qui sert de type à la Iribu des Dasycodés de M. Is. Geoff. St.- Hdaire, comprend les animaux à queue libre, chez lesquels les membres postérieurs sont terminés par cinq doigts , dont le médius est presque égal au deuxième et au quatrième. D'après cette caractéristique , les Priodontes de Fréd. Cuvier forment un genre à part, dans lequel le médius est aussi grand à lui seul que le reste du membre ; et les Tatusies constituent un autre genre distinct des Tatous proprement dits, et dans lequel le médius est très long. Outre ces genres, il en est d'autres encore, désignés par le nom général de Tatous; tels sont les Apar et les Cacuicames , dont les membres antérieurs sont terminés par quatre doigts : les premiers ayant la queue aplatie , les seconds la queue arrondie. Tels sont encore les Chla- MYPHOREs , dont la queue est recourbée et fixée sous le ventre. Le nom de Tatou, sous lequel on réunit généralement tous ces genres, est donc le nom d'un groupe équivalent à celui de Dasypodés.
Les Tatous, si remarquables par leur test ëcailleux , composé de compartiments en mosaïque, sont des animaux de petite ou de moyenne taille, bas sur jambes, armés d'ongles fouisseurs et vivant dans des terriers. Ils habitent les parties chaudes ou tempérées de l'Amérique.
Dans l'impossibilité où nous sommes , faute d'espace, de faire l'historique complet et de discuter la valeur des caractères des ' différents genres du groupe des Tatous, nous nous contenterons de citer quelques espèces rapportées à ce groupe.
Le Tatou apara , I'Apar de Buffon , peut se rouler en boule. — Le Tatou noir , ou Tatou à longue queue , ajppartient aux Ca- «liicames. — L'Encoubert, distinct parce qu'il
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a une dent de chaque coté dans l'os inîermaxillaire ( Voy. l'atlas de ce Dictionnaire, Mammifères, pi. '15). — Le Cauassou à queue longue et tuberculeuse. — Le Taïoo GÉANT, du genre Priodonte, etc.
On trouve à l'état fossile des espèces de grande taille du genre Tatou, de l'Amérique septentrionale et des cavernes du Brésil. M. Lund en a séparé génériquemenl deux espèces, qu'il rapporte aux deux genres Euryodon et llelerodon ; la première ayant eu la taille d'un petit Cochon ; la seconde, celle d'un Lapin. (G. B.)
*TATTIA. Scop. BOT. ph.— Synonyme de Homalium, famille des Homalinées.
TATLSIE. Talusia. mam. — Fréd. Cuvier avait formé ce genre pour recevoir les Tatous sans dents incisives ou sans dents implantées dans l'inlermaxillaire ; sans canines ; ayant neuf molaires en haut et huit en bas. Nous avons dit, à l'article Tatou, quels sont les caractères assignés , par M. Is. Geoff. Saint-Hilaire , à son genre Talusia. Voy. tatou. (G. B.)
*TATY. poiss. —Nom spécifique, emprunté à la langue malabre, de l'Anchois Tâly,EngraulisTalyYa\. (G. B.)
TAU. Poiss. — Nom spécifique d'un Batrachoïde des côtes d'Amérique sur l'Atlantique, le Balrachus Tau Cuv. et Val. {Gadits Tau L., Lophius bufo Mitchill.). (G. B.)
TAUPE. Talpa. mam.— Genre d'Insectivores servant de type à la tribu des Talpiens, dans la famille desTALPioÉs de la classification de M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. La vie souterraine de ces animaux fouisseurs est connue de tout le monde ; l'organisation ordinairedesinsectivoresaété profondément modifiée pour mieux adapter les organes des Taupes à ce genre d'existence. Nous indiquerons rapidementles principales particularités organiques sur lesquelles nous voudrions pouvoir insister, vu leur intérêt et leur importance; puis nous tracerons brièvement leurs mœurs.
La tête et l'appareil dentaire, l'apparei! de la vision, l'eiisembledes organes qui concourent au mouvement des membres ant(?rieurs, les organes de la génération, sont les points principaux sur lesquels nous devons dire quelques mots.
La tête de la Taupe est longue , comme chez la plupart des Insectivores, et terminée
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par un boutoir armé à rextréinité d'un osselôt particulier, qui sertà l'animai comme d'une tarière pour percer et soulever la terre, et qui constitue aussi un organe délicat du toucher; les muscles cervicaux sont extrêmement vigoureux; il se forme même un os particulier dans le ligament cervical. Les mâchoires sont faibles, et chacune d'elles porte onze dents de chaque côté ; on compte six incisives en haut, huit en bas. Les canines ont deux racines, comme de fausses molaires ; derrière elles sont quatre fausses molaires en haut, trois en bas, puis trois molaires hérissées. Celeiisemble, qui caractérise un système dentaire d'Inseciivore, est en rapport avec les organes de la digestion et avec le régime de l'animal qui se nourrit d'Insectes et de Vers, quelquefois aussi de racines tendres.
L'œil de la Taupe est si petit et si bien caché par les poils qu'on en a nié l'existence, et qu'on a pu même considérer comme tout à fait aveugle l'espèce décrite par M. Savi. Mais ces assertions sont erronées; le nerf optique se trouve, chez les Taupes, aussi bien que l'œil; mais le premier est très faible, et le second présente un ensemble qui rappelle un arrêt de développement dans la formation de l'œil des Mammifères mieux doués. Nous désirerions pouvoir développer ce fait qu'ont mis hors de doute les observations de M. Erohn. L'appareil olfactif est, en revanche, très développé ; le tympan est très large, l'ouïe est très fine, bien que la conque auditive lui manque, et que l'oreille externe ne consiste qu'en un long conduit sous-cutané di'crit par Geoffroy Saint-Hilaire.
Pour déchirer la terre et la pousser derrière elle, la Taupe a reçu de la nature un instrument merveilleusement approprié à sa destination. Les membres antérieurs, très rapprochés de la tête, sont très courts, très forts, et terminés par une patte extrêmement développée et d'une forme toute spéciale. Le sternum présente, en avant, une crête saillante, destinée à fournir de larges insertions aux muscles abaisseurs du bras ; la clavicule est grosse et courte; son diamètre surpasse sa longueur; l'omoplate est très longue, et l'humérus, qui est très court, semble avoir gagné en largeur ce qu'il a perdu en longueur, disposition qui présente les conditions les plus favorables au dévelop-
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pement d'une grande force musculaire. L'avant-bras est aussi court et robuste; la main, large et solide, a la paume dirigée en dehors ; les doigts sont à peine distincts, tellement ils sont courts et enveloppés dans l'énorme ongle plat et tranchant qui termine chacun d'eux. La Taupe se trouve ainsi armée de deux pelles robustes à l'aide desquelles, le museau placé en avant, elle s'avance quelquefois si rapidement dans la terre qu'elle y semble nager. Le train de derrière est faible, le ventre traîne, et l'animal se meut aussi péniblement sur la terre qu'il le fait rapidement dessous.
Les organes de la génération présentent, chez la Taupe, des particularités non moins curieuses. Chez la femelle, l'appareil génital et l'appareil urinaire débouchent à l'extérieur par deux orifices distincts; le bassin est très étroit, mais les pubis ne se joignent pas, de sorte qrie les organes génitaux-urinaires et le rectum ne sont point complètement renfermés dans sa cavité, et que le fœtus, en naissant, ne traverse pas le bassin. Cette circonstance permet à la Taupe de produire des petits qui, proportion gardée avec la mère, ont un volume plus considérable que dans aucune espèce. L'urèthre de la femelle passe au travers de son clitoris. Le nombre des mamelles est de huit: deux pectorales, quatre dans la région ombilicale, et deux dans la région inguinale ; le nombre des petits n'est cependant pas considérableà chaque portée; souvent même il n'est que d'un seul.
A l'aide des moyens puissants dont l'a doué la nature, la Taupe se creuse, avec un art admirable, de longues galeries, ayant de nombreuses issues autour du g!ie principal 011 elle se tient. De distance en distance, elle s'ouvre une espèce de soupirail, connu sous le nom de taupinière, et servant à rejeter les déblais au dehors; de nombreuses communications relient les diverses galeries principales. C'est surtout en poursuivant^ les larves d'Insectesquecesanimaux creusent ainsi de nouveaux souterrains, et, selon qu« la saison ou la nature du terrain pousse leur proie à s'enfoncer profondément dans le sol, ou à se rapprocher de la surface, elles se frayent des chemins dans des couches différentes. Leur demeure ne communique paa directement avec l'air extérieur; la nécessité
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de choisir un point convenable pour recommencer de nouveaux travaux, les force seule à sortir de leurs galeries. C'est en nuisant aux plantes dans le voisinage desquelles elles minent le terrain et en empêchant de faucher près de la terre, que les Taupes causent de graves préjudices à l'agriculture; aussi leur fait-on partout la guerre. Elle rend cependant quelques services en détruisant les 'arves d'Insectes. Son appétit est extraordinaire ;Geoffr.St-Hilaire dit que la Taupen'a pas faim comme tous les autres animaux ; que, chez elle, ce besoin est exalté; que c'est un épuisement ressenti jusqu'à la frénésie.
On distingue deux espèces de Taupes:
La Taupe commune, Taipa vulgaris, Totlpa europœa, à laquelle se rapporte spécialement ce que nous venons de dire, et dont le pelage est remarquable par son aspect velouté d'un noir profond. On en rencontre accidentelleaientdes variétés tachetées, jaunes, blanches, cendrées.
La Taupe aveugle, Talpa cœca, trouvée par M. Savi, dans les Apennins, est plus petite que la commune, à laquelle elle ressemble d'ailleurs; l'épilhète qui lui sert de nom spécifique n'est pas exacte: les paupières ont aussi une ouverture plus petite encore que dans la première.
Le nom deTaupe a été appliqué en outre à des genres voisins d'Insectivores et même à des Rongeurs. Voy. scalope, chrysochlore,
SPALAX.
L'ostéologie spéciale des Taupes a permis de constater d'une manière certaine leur présence dans les couches fossilifères. On en a vu trois espèces des terrains tertiaires {Talpa anliqua, minuta et vulgaris); des ossements appartenant vraisemblablement à cette dernière se trouvent aussi dans le terrain diluvien, dans les cavernes de France et de Belgique, dans l'étage inférieur des graviers des environs de Genève que M. Necker appelle alluvion ancienne. lE. Ba.)
TAUPE GRILLON, ms. — Voy. cocrti-
LrèRE.
TAUPIN. MAM. — Nom d'une espèce de Campagnol. Voy. ce mot. (G. B.)
TAUPIN. INS. — Nom français donné à toutes les espèces de l'ancien genre Elater Je Fabricius et Olivier. (C.)
TAUREAU. MAM. —Nom du mâle entier
TAU
hll
dans l'espèce domestique des Bœufs , le Bos
laurus. Voy. boeuf. ((j. B.)
*TAURHI\'A {Tau, fiv, nez), ins. -- Genre de Coléoptères pentamères, tribu des Scarabéides mélitophiles , fondé par Burmeister {Hand buch der Entomology) , et qui a pour type une espèce de l'Afrique occidentale , la T. Nireus Schaum. (C.)
*TAUKICHTE. Taurichlhys (ravpo;, taureau; î^ôw?» poisson).poiss. — Ce nom générique est la traduction grecque du nom malais que portent les singuliers Poissons Squamipennes auquel il est appliqué, 2t dont les cornes aiguës et recourbées, la protubérance du dessus delà tête, les aiguillons comprimés et inégaux, la distribution singulière des couleurs, composent un ensemble étrange dans lequel la tête a pu être comparée à celle d'un Buffle. On connaît deux espèces de Taurichtes, les Taurichlhys varius et viiidis Cuv. et Val., de l'archipel des Indes. (E. Ba.)
*TAUROCERAS ( raSpo; , taureau ; x/pa;, corne), ins. — Genre de Coléoptères hétéromères, tribu des Ténébrionites, établi par Hope (Coleoplerisl's manual 3, p. 130), et qui a pour type le T. angulalus Pty. (Ten cornutus F.), originaire du Brésil. (G.)
*TAUROCERUS (raSpo;, taureau; xlpa;, corne), ins. —Genre de la tribu des Scutellériens, groupe des Penlatomites, de l'ordre des Hémiptères, établi par MM. Amyot et Serville [Insectes hémiptères. Suites à liuffon) aux dépens du genre Arvelius de Spinola. Le type est le T. edessoides Spinola, du Brésil. (Bl.)
*TAUROMA (Totvpo;, taureau; Sfioç, épaule), Hope {Coleopterist's Manual, t. III, p. 160). INS. — Synonyme d'Omocera Chevrolat. (C.)
TAURUS. MAM. — Voy. bœuf et tao- READ. ^ (G. B.)
TAUSCHÉRIE. Tauscheria (nom d'hom.
me). BOT. PH.— Genre de la famille des Grucifères-Nothorhizées, tribu des Isatidées, forma par M. Fischer (m DC. Syst., vol. Il, p. 562) pour desherbes annuelles, rameuses, glabres et glauques, indigènes de l'Asie moyenne. On en connaît trois espèces ayant pour type le Tauscheria lasiocarpa Fisch. (D. G.)
*TAUSCHIE. Tauschia (dédié au botaniste allemand Tausch). bot. ph. — Genre de la famille des Ombellirères, tribu des
un
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Scan(îinnées, formé par M. Schlerhtendal (Linnœa, vol. IX, p. 607) pour une herbe vivace du Mexique, à fleurs jaune-doré, à laquelle il a donné le nom de Tauschia nuâicaulis. Cette espèce est encore unique dans le genre. (D. G.)
*TAUTOGUE. Tautoga {Taulog, nom d'un Poisson de ce genre dans le patois des pêcheurs Moheuans de Rhode-Island). Poiss. — Genre de Poissons Labroïdes caractérisés par une double rangée de dents sur les deux mâchoires, et par la nudité de la peau qui couvre les pièces operculaires. L'espèce type de ce genre , le Tautogdi? noir, Tautoga nigra Mitch., fournit ime pêche abondante sur les côtes des États-Unis sur l'Atlantique, et présente de nombreuses variétés. On en a décrit cinq autres espèces. (Cuv. etValene. Hist. nat. des Poiss., XIII, p. 292). (E. Ba.) TAVERNIÉRIE. Taverniera (dédié au célèbrevoyageurTavernier). bot. ph. — Genre de la famille des Légumineuses Papilionacées, tribu des Hédysarées , créé par De Candolle {Mém. sur les Léguni., et Prodr., II, p. ."39) pour des arbustes de l'Orient, dont certains avaient été rangés d'abcrd parmi les Hedysarum. Ce genre est intermédiaire entre les Dicerma et les Hedysai-um. j De Candolle en a décrit trois espèces auxquelles M. Boissier en a ajouté trois nouvelles. Nous citerons \e Taverniera nummularia DC. (D. G.)
*TA VOUA. OIS. — Nom que donne M. Lesson aux Perroquets amazones. (Z. G.)
TAXAMTHEMA. bot. ph. — Ce genre, formé par Necker pour une portion des Slatice Lin., a été adopté par M. Rob. Rrown {Prodr., Flor. Nov. Hall.). Cependant la plupart des botanistes en font un simple synonyme des Stalice. (D. G.)
*TAX!CEIlUS(Taîc;, ordre; x/pocç, corne), Dejenn {Catalogue., 3^ éd., p. 313). ins. — Synonyme de Bart/CfiJMS Schœnherr. (C.1
TAXICORNES. Taxicornes. ins.— Deuxième famille de l'ordre des Coléoptères bétéromères, établie par Latreille [Règne animal de Cuvier, t. V, p. 26).
La plupart de ces Hétéromères se trouvent dans les Champignons des arbres ou sous les écorces; quelques autres passent leur vie à terre, sous des pierres. Cette famille renferme deux tribus, celle dey Diapériaies etdesGossyphèue.s, (C.)
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, TAXIDERMIE. 7'nTrr/ermia. (TâEt-;, arrangement, disposition ; (î-'pu.a, peau), zool. — A l'histoirR naturelle se ral'achR un art qui a pour but de conserver les animaux en totalité ou en partie; de leur rendre quelques-uns des caractères physiques qu'ils avaient pendant leur vie, leurs formes et leurs proportions. Cet art a reçu le nom d« Taxidermie.
Par .son étymologie toute grecque, le mot Taxidermie n'est applicable que dans de certaines limites. Il s'étendrait à tous les êtres animés qui ont une peau, si l'art qu'il exprime était praticable pour tous ; mais il ne l'est bien que pour la division des Vertébrés, et surtout de ceux des trois premières classes ; de sorte qu'à vrai dire, l'application de la Taxidermie se restreint à l'une des divisions du Règne animal. Pourtant, par une extension forcée, on a également compris sous ce nom les divers moyens conservateurs que l'on emploie pour les Articulés, pour certains Mollusques, et même pour quelques Zoophytes.
Avec des documents très nombreux, il est cependant impossible de rendre l'histoire de la Taxidermie aussi complète qu'on pourrait la désirer. Bien qu'elle soit une invention des temps modernes, pourtant rien ne peut nous indiquer, au juste, où et quand elle a pris naissance. A quoi devonsnous attribuer cette absence de notions propres à nous indiquer quels ont été les premiers pas faits dans cet artV Nous ne saurions le dire.
Quelques écrivains font remonter jusqu'aux anciens Egyptiens la pratique de la Taxidermie; mais les moyens mis en usage par ce peuple ne permettent pas de lui attribuer la découverte d'un art dont les résultats dillèrent presque totalement. Ils conservaient les corps d?s animaux qu'ils vénéraient et ceux de l'espèce humaine par des moyens dessiccatifs, momiûanls, et non par ceux que la Taxidermie met en usage.
C'est également à tort qu'on en attribuerait l'invention à ces peuples du nouveau fnonde, qui, depuis un temps immémorial, font subir à quelques-uns des beaux Oiseaux originaires des pays qu'ils habitent une sorte de préparation qui les préserve de la décomposition. Il semblerait que la Taxidermie eût dû naître à une époque
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beaucoup plus rapprochée de nous, dans le courant du xvi« siècle par exemple, lorsque la plupart des objets que l'on s'était jusqu'alors contente de figurer tombèrent en la possession de quelques naturalistes, lorsque !cs collections commencèrent à se former; lorsque enfin le nouveau monde, devenu une mine inépuisable d'où l'on ne cessait de tirer des curiosités nalurelles, comme on appelait alors tout ce qui appartient aux trois règnes de la nature, nous avait déjà envoyé une partie de ses animaux; cependant, il n'en est rien. Les procédés conservateurs de ces temps reculés se bornent à peu près, comme chez les Égyptiens, à l'embaumement, a la momification. On plongeait les animaux dans des liqueurs spirilueuses, on les faisait dessécher à une chaleur naturelle ou artificielle, et on les enduisait d'un vernis préservateur, lorsque la nature de l'enveloppe de l'animal le permettait. Par conséquent, jusqu'ici, nous ne trouvons rien qui ressemble à la Taxidermie proprement dite.
Il nous faut traverser un espace de plus de cent ans si nous voulons rencontrer les premières ébauches taxidermiques. Il est probablequ'avautcetteépoque, des essais avaient été tentés, mais rien ne nous dit ni par qui ni comment ils le furent. Ce qui prouverait que déjà l'on avait essayé de rendre à un animal ses formes, et de le faire en quelque sorte revivre, c'est que les divers auteurs qui ont écrit sur la Taxidermie s'accordent à dire que c'est surtout à Réaumur que cet an est dû. C'est lui, en effet, qui en est le révélateur, et c'est dans son cabinet, longtemps célèbre dans toute l'Europe, qu'on en vit les premières ébauches. Ces ébauches n'étaient, à la vérité, que des dépouilles informes, mal apprêtées et très accessibles à la vermine; mais si l'imperfection fut le premier résultat de la Taxidermie, l'art n'en avait pas moins été révélé. De nouvelles tentatives devaient conduire au perfectionnement.
Ainsi, aux notions fournies par Réaumur, et consignées par Mauduyt dans V Encyclopédie méthodique, succédèrent (en 1771 environ) les lettres de Kuckau sur la manière d'embaumer les Oiseaux. Mauduyt lui-même indiqua celle de se procurer les différentes espèces d'animaux, de les prépa- T. xiiu
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reretde les envoyer des pays que parcourent les voyageurs (1774); le chevalier Turgol donna des instructions à peu près pareilles (1778); mais l'attention de ces divers auteurs s'étai: principalement portée sur les moyens propres à conserver les peaux iu-i tactes en les soustrayante la voracité desin-l sectes. L'abbé Manesse s'appliqua davantage à faire connaître la méthode qui doit guider dans l'art de dépouiller et d'empailler les animaux (1797). 11 joignit à cette méthode une foule de procédés propres à conserver les peaux; les poisons et les aromates forent les ingrédients qu'il employa d'aburd, mais il les abandonna bientôt pour les acides et les alcalis. Daudin, dans son Ornithologie (1800), exposa tous ces procédés et y ajouta ceux que Dufresne mettait en usage et que plus tard ce dernier publia dans le Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle de Délerville. A peu près vers la même époque (1801), Nicolas publiait sa Méthode pour préserver et conserver les animaux do toutes les classes. Les préservatifs mis en usage par celui-ci consistaient en une pommade savonneuse dans laquelle entraient du savon, du camphre, de la potasse, de l'alun, deihuile de pétrole, etc., et en une sorte de liqueur qui avait la propriété de tanner les peaux; mais ces préservatifs, et ceux même proposés et préconisés jusqu'à ce jour, devaient être avantageusement remplacés par le savon arsenical de Bécœur, le seul qui soit employé aujourd'hui, surtout pour les espèces dont la taille n'est pas très forte. Nous ne pouvons nous dispenser d'indiquer comment et avec quelles substances se compose le savon arsenical, il y entre pour cinq onces de camphre, deux livres d'arsenic en poudre, deux livres de savon biauc, douze onces de sel de tartre et quatre onces de chaux en poudre. Pour opérer la mixtion de tous ces ingrédients, afin d'en former une pâte, on commence par faire fondre sur un feu très doux, et dans un vase contenant un peu d'eau, le savon que l'on a préalablement coupé par petites lames. Lorsque celte première substance est tout à fait décomposée, ou ajoute le sel de tartre et la chaux en poudre. Ceci fait, on retire le vase du feu; alors on verse peu à peu l'arsenic sur la première préparation, eu ayaul soin de malaxer le tout en-
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semble au moyea d'une spatule de bois.
Enfin, après avoir réduit le camphre en poudre, dans un mortier, on l'ajoute à la composition; et, pour faciliter le mélange de ces diverses substances, on verse dessus un peu d'esprit-de-vin. L'opération se termine en malaxant de nouveau la pâte, qui doit avoir ia coDsislance de la colle de farine. Il faut après cela mettre le savon dans des pots de faïence ou de terre vernie. Nous dirons plus loin de quelle manière et à quel moment ce savon est employé.
C'est également vers le commencement du xix« siècle que parut le traité de Hénon et Mouton Fontenille, sur VArt d'empailler les Oiseaux.
Les moyens de conserver longtemps et de préserver des insectes les peaux des animaux vertébrés étaient acquis (1); il ne restait plus qu'à perfectionner la partie manuelle, déjà fort avancée cependant; car tous les mémoires publiés par les divers auteurs que nous avons cités et par quelques autres, tels que Duhamel, Pinel, Chaptal, etc., renfermaient à cet égard quelques considérations d'une certaine valeur. Enfin, Dupont, éclairé par l'expérience de ses devanciers et par sa propre pratique, put, en suivant d'un côté les bons errements de ses prédécesseurs, et en montrant de l'autre ce qu'avaient de défectueux leurs principes, donnera la méthode taxidermique antant de perfection qu'il était possible alors d'en espérer. Presque en même tem[)S, Boitard résumait ce qui avait été fait avant lui sur cette partie et perfectionnait encore la méthode, aidé qu'il était par les conseils éclairés de M. Florent Prévost, chef des travaux zoologiques au Muséum d'Histoire naturelle. Aujourd'hui, la Taxidermie est arrivée, dans les mains de plusieurs hommes habiles, à être la rivale de la nature. On est presque parvenu, en ayant préalablement recours au moulage, à faire revivre un animal dont ou n'a que l'enveloppe extérieure.
Nous ue devons pas passer sous silence, en faisant l'histoire de cet art, les derniers efforts qui ont été tentés en France par l'homme qui s'est occupé avec le plus de succès des moyens propres à préserver de la
(1) Au nombre de ces moyens sont les bains, dont nous parlerons ailleurs.
putréfaction les cadavres de divers animaux, et notamment ceux de l'espèce humaine.
Nous voulons parler de Gannal. Son procédé, il est vrai, n'est pas taxidermique 'si l'on accepte dans toute sa rigueur la définition du mol Taxidermie) ; c'est plutôt une sorte d'embaumement, puisqu'il consiste à injecter dans le coi«ps de l'animal, sans préparation préalable et sans qu'il soit dépouillé, une liqueur antiputride et corrosive, qui, pénétrant tous les tissus, les préserve de la décomposition. Plusieurs essais ont été tentés, et quoiqu'ils aient à peu près été suivis du succès, nous ne voudrions cependant pas nous hâter de préconiser ui procédé qui, tout en exigeant moins de patience et d'habileté, ne répond cependant point encore aux espérances que l'on pourrait en avoir.
La Taxidermie a été un des moyens qui ont peut-être le plus contribué à répandre le goût de l'Histoire naturelle, et, par.«uite à hâter les progrès de cette science ; car, si d'abord on a conservé les animaux en peau ou montés, comme simple objet de curiosité, il est probable que plus tard le désir est venu de connaître les habitudes et les mœurs de ces animaux. On comprend par conséquent comment la Taxidermie a pu être utile, d'une manière indirecte toutefois, aux premiers développements de l'Histoire naturelle. Plus tard aussi, lorsque cet art a été poussé assez loin pour qu'on pût former des collections où les espèces étaient rassemblées en assez grand nombre, on a vu les rapports qui existent entre elles, et de là a pu naître cette autre branche de l'Histoire naturelle, ou mieux, cette autre science que l'on nomme méthode, classification. Ainsi, l'art qui rassemblait les faits et qui en permettait nécessairemeut l'analyse, a pu conduire insensiblement à la synthèse. Nous ne voudrio;is pas accorder à la Taxidermie plus de valeur qu'elle n'eu peut avoir; mais cependant il nous semble, nous le répéton-s, qu'elle a contribué aux progrès de l'Histoire naturelle, comme moyen, puisque c'est en partie à elle que l'on doit la conservation desobjets qui en fout la base. Et peut-être, pour corroborer notre opinion, trouverions-nous que l'Histoire naturelle a progressé toutes les fois que les procédés conservateurs ont augmenté les uiatériaux sur lesquels reposa
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rette science ; mais nous ne pouvons entrer dans des détails à ce sujoU
Au restp, l'utilité de la Taxidermie est incontestable. Par elle on a pu connaître, de visu, les espèces dont on n'avait que des descriptions souvent fort inexactes ou des figures ; par elle on s pu corriger bien des erreurs, faire disparaître bien des doubles emplois ; c'est elle entin qui a apporté plus de rectitude dans l'Histoire naturelle, en rendant plus facile la connaissance des espèces et plus exacte leur description. A un autre point de vue, la Taxidermie a aussi son utilité : c'est sous le rapport de l'Iconographie. Si les anciens nous ont laissé d'aussi mauvaises figures sur les animaux, c'est qu'ils n'avaient aucun bon procédépour faire revivre devant eux l'espèce dont ils n'avaient souvent que la dépouille informe. On ne peutpas toujours fairedes étudessur la nature vivante, et c'est facile à comprendre; il faut donc que l'art supplée à cet inconvénient et que l'babiletédu préparateur vienne au secours du peintre, en rendant à l'espèce qu'il veut représenter, non-seulement ses formes et la distribution exacte des diverses couleurs qui peuvent orner sa livrée, mais encore ses allures et ses poses les plus habituelles. Ceci ne nous paraît pas encore avoir été suffisamment compris .
Quoi qu'il en soit, la Taxidermie est un un art qui s'acquiert plutôt qu'il ne s'apprend, et encore faut-il de la part de ceux qui se livrent à sa pratique une certaine disposition, une certaine habileté. Toute personne peut, d'après des principes, dépouiller et monter un Oiseau ; mais toute personne n'est pas apte à faire ces choses convenablement, si elle n'a à l'avance profondément étudié les mœurs et le naturel des espèces qui lui sont soumises. C'est dire que l'art d'empailler (mot dont on se sert quelquefois comme d'un terme de mépris) n'est pas chose aussi aisée qu'on pourrait se le figurer, puisque, nous le disons encore, à un certain degré d'aptitude il faut joindre la connaissance des habitudes naturelles des animaux.
• Quelques auteurs ont cru devoir réduire à des refiles les diverses attitudes à donner aux animaux que l'on veut monter : rien n'est plus arbitraire. Dire que pour exprimer la crainte, la colère ou toute autre impres-
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sion produite sur an animal par des agents extérieurs, il convient de lui donner telle pose, de le mettre dans telle ou telle autre condition physique, c'est réellement ne pas connaître la nature, c'est ignorer complètement sous quelles innombrables variétés de position les animaux expriment à nos yeux les mêmes passions qui les agitent. Aussi qu'en résulte-t-il ? C'est que ceux qui, se guidant d'après ces règles, pratiquent l'art de la Taxidermie, font des contresens qui, sérieusement, outragent le bon goût; ils donnent à un Oiseau ou à un Mammifère desattitudes dramatiques, mais qui ne furent jamais naturelles; enfin, s'ils parviennent à poser convenablement les animaux sur lesquels ils font l'application de ces règles, on peut presque assurer que le hasard les a servis. On peut affirmer qu'il y a fort peu de bons taxidermes, bien que beaucoup de personnes aient la prétention de vouloir l'être.
Nous dirons à ceux qui font de la Taxidermie leur occupation, ou un sujet de délassement : étudiez-bien les habitudes de votre modèle, connaissez-en bien les formes avant de les reproduire ; alors seulement vous pourrez espérer de lui imprimer un caractère qui îui appartiendra réellement.
Ceci dit, nous exposerons les principes d'après lesquels on doit se guider pour préparer et monter les animaux vertébrés; quant aux moyens de leur rendre, ainsi qae le veut Delille dans ses Géorgiques françaises, « leur air, leur attitude, leur maintien, leur regard, etc. », nous venons de dire quelle est notre opiniou à ce sujet. Mais comme la Taxidermie renferme des instructions préalables qu'il est bon de connaître; comme les procédés dont on doit se servir pour se procurer de beaux animaux ne sont pas indifférents, nous consacrerons un chapitre à l'exposé de ces procédés : de celte manière notre travail se divisera naturellement de lui-même en trois sections.
Il est inutile de dire que les Mammifères et les Oiseaux seront principalement l'objet de notre attention ; on en conçoit aisément la raison. Si nous faisons meulion des autres Vertébrés, ce sera seulement pour indiquer que, pour tous, les procédés à employer sont fort peu variables. Relativement à ceux dont on se sert pour conserver les auimaus;
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inférieurs, nous n'en parlerons que pour nous conformer à l'usage acUiel qui veut que sous le nom de Taxidermie, on traite de tout ce qui a rapport aux moyens conservateurs des espèces animales,
§ I*''. Chasse aux animaux et pnÉCAUTiONS qu'elle demande selon les espèces.
Un article général sur les chasses serait, sous plus d'un rapport, nécessaire dans un Dictionnaire d'Histoire naturelle, surtout si Tonne se bornait pas à les considérer comme propres seulement à nous indiquer la manière de nous emparer de telles ou telles espèces animales, mais encore comme moyen de nous faire connaître les mœurs de ces mêmes espèces, en nous mettant constamment en rapport avec elles. Il est de fait que les chasses nous rendent plus d'une fois témoins de l'instinct conservateur des animaux et des ruses que la plupart d'entre eux emploient pour nous échapper. C'est par elles que l'Histoire naturelle s'est enrichie bien souvent de détails de moeurs fort intéressants. On n'attendra sans doute point de nous que nous entrions ici dans des considérations qui devraient faire le sujet d'un long mémoire : non-seulement notre travail ne le comporte poiat, mais encore les limites dans lesquelles nous sommesforcés de nous tenir ne nous permettent pas de donner de longs détails à cet égard. Nous nous bornerons donc à dire ici ce qui est strictement nécessaire.
Trois choses sont à considérer pour que la chasse soit fructueuse et pour que les animaux qui en proviennent soient dans les conditions les plus favorables pour l'usage auquel on les destine : il faut tenir compte du lieu, de l'heure et surtout de l'époque de l'année.
La nature, en dispersant les animaux sur toute la surface du globe, a assigné à chacun d'eux des limites au delà desquelles ils ne peuvent exercer leur sphère d'action, au delà desquelles il n'y a plus pour eux d'existence possible, et dans lesquelles, par conséquent, ils sont forcés de se tenir II y a, si nous pouvons ainsi dire, colonisation dos espèces. Les unes vivent au milieu des champs les plus féconds, les autres dans les lieux les plus secs, les plusrocaillcux, les plus
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stériles; celles-ci se plaisent dans les bosquets, dans les prairies émaillées; celles-là ne cherchent que l'humidité des forêts les plus épaisses, que la tranquillité des lieuj les plus déserts; il en est enQu qui n'abandonnent jamais les eaux ou leurs environs. C'est par conséquent au milieu de ces conditions qu'on doit aller les chercher. Ce que nous disons ici d'une manière générale, peut avoir des applications plus étendues. Si nous voulions entrer dans des détails, nous verrions qu'il n'y a pas une plante qui n'ait ses insectes particuliers, pas une nature de sol qui ne possède des espèces qu'on ne retrouve plus dans une autre.
Si les localités dans lesquelles on peut espérer de rencontrer tels ou tels animaux
t que l'on désire doivent être connues des chasseurs, il n'est pas moins indispensable
I de savoir quelles sont les époques de la jour-
j née auxquelles chaque espèce se montre ordinairement. Ce serait une erreur de croire que toutes se produisent au grand jour : il
' est des heures pour chacune d'elles. C'est au point que l'on pourrait, à la rigueur, créer une horloge animale comme ou a essayé de créer une horloge de plantes. 11 y a telles espèces qu'on ne peut rencontrer que durant les plus fortes chaleurs de la journée, cûn)me il en est d'autres qui ne se montrent qu'au crépuscule, pendant la nuit ou au jour levant.
Ces deux premières considérations de mandent nécessairement la connaissance préalabledesmœursdesanimaux.Ilenestufic troisième qui se rattache à quelques phéno-
I mènes d'un autre ordre : nous voulons parler de l'époque de l'année à laquelle il faut surtout avoir égard. Plusieurs raisons l'exigent : d'abord l'apparition de certaines espèces dans telle saison seulement, ensuite l'époque de la reproduction, et enfin le moment de la mue. Il est positif que l'on parviendrait difficilement ou que l'on chercherait eu vain à se procurer, pendant les froids intenses, les animaux qui s'engourdissent pendant l'hiver ou qui restent cachés au sein des retraites profondes qui leur offrent une température plus élevée, tels, par exemple, qu'un bon nombre de Rongeurs, de Reptiles, de Poissons, de Crustacés, etc. La saison des amours est, sans contredit, l'époque la plU5 favorable pour la chasse.
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Alors les sexes parés de leur robe de noces ont toute la fraîcheur el l'éclat désirables ; alors aussi ils se laissent surprendre plus aisément, ce qui garantit, en quelque sorte, une chasse productive. Enfin le moment de 1» mue est le plus désavantageux, sans nul doute, puisque alors les animaux (ceci ne s'applique bien qu'aux Mammifères et aux Oiseaux) sont privés d'une partie de leurs téguments, et qu'ils perdent même, la plupart du moins, les ornements qui les paraient d'une manière si agréable. La mue a cependant cet avantage pour le zoologiste, sinon pour le taxiderme, qu'elle peut aider à la détermination de certaines espèces douteuses, en montrant sur le même individu les traces de deux livrées dont la diilercnce complète avait pu donner lieu à un double emploi.
Après ces considérations générales nous devons entrer dans quelques détails, dans le but d'indiquer quels sont les moyens les plus usités pour chasser les animaux des diverses classes, et quelles sont les précautions à prendre, soit pour éviter leurs attaques, soit pour les mettre, lorsqu'ils sont tombés en notre pouvoir, dans les conditions les plus favorables à leur conservation.
Chasse atix Mammifères. — Elle est ordinairement simple et consiste, pourlesgrandes espèces, dans l'emploi du fusil, des trappes, des fosses et des traquenards ; du moins sont-ce là les seuls moyens mis en usage pour se procurer celles de notre pays; quant aux petites espèces, on les détruit à l'aide de plusieurs pièges que nous ne mentionnerons même pas, tant nous les supposons connus de tout le monde. Dire quel est l'instant où les Manimifères sont en activité, c'est indiquer quel est le moment le |)lus favorable pour aller les attendre là où l'on soupçonne leur présence, et pour leur dresser des pièges convenables. Or c'est en général pendant le crépuscule et durant une partie de la nuit, qu'ils vaquent à leurs besoins divers.
Il n'y a pas de précautions à prendre pour préserver des souillures la fourrure des grands Mammifères que l'on vient d'abattre avec le fusil. C'est avant ou après les avoir dépouillés, que l'on procède au lavage des taches qui se rencontrent sur les poils ; par
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conséquent, c'est à la deuxième division de cet article que nous renvoyons pour cette opération. Il n'en est pas de môme pour les petites espèces, pour celles dont les poils sont longs, lustrés ou de couleur tendre. Il est indispensable, si du sang coule par les blessures qu'on leur a faites, de rélancher eo introduisant dans les plaies des tampons de filasse ou de coton, au-dessus desquels on met une couche de plâtre en poudre, que l'on renouvelle si besoin est. Il est également nécessaire de tamponner toutes les ouvertures naturelles pour que le sang provenant de la lésion d'un organe ou d'un viscère, et que les matières ingérées et les déjections fécales, n'altèrent pas, en s'épanchant au dehors, la pureté du pelage.
Chasse aux Oiseaux. — La nature des téguments qui protègent le corps des Oiseaux I nécessite beaucoup plus de précautions que I n'eu exigent les Mammifères; aussi les ins-tructions que l'on a cru devoir donner, pour prévenir ou pour foire disparaître les altérations que le plumage pourrait avoir subies, sont-elles plus nombreuses.
Si nous avions à donner un traité d'aviceptologie, nous parlerions de tout ce que l'tsprit industrieux de l'homme a inventé dans le but de s'emparer des Oiseaux, et il y aurait sur cette matière tout un gros volume à publier; mais telle n'est point notre lâche. Tout ce que nous devons dire, c'est que la chasse aux filets, sauf l'embarras qu'elle entraîne, étant la moins nuisible au plumage, serait, par conséquent, celle que l'on devrait préférer ; mais que la chasse au fusil étant la plus sûre et la plus facile, est ordinairement aussi la plus usitée. La pipée, les pièges, la sarbacane, etc., sont autant de moyens qu'il est bon d'employer quelquefois. Si l'on se sert du fusil, il faut avoir soin de proportionner le plomb à la grosseur des Oiseaux que l'on veut tirer, pour ne pas les endommager. Au reste, avec les armes à double feu, si communes de nos jours, il est excessivement aisé de se conformer à ce principe en introduisant dans un canon de la cendrée pour les petites espèces et dans l'autre du plomb à lièvre ou même des chevrotines pour les plus grandes. Mais tout ne se borne pas là. On doit encore, avant de partir pour la chasse (et ceci s'appliqueà toutes celles que l'on va fairej, seniu-
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nir d'étoupe ou de cotoQ, d'une bonne quantité de plâtre en poudrp, de plusieurs feuilles de papier fort et de différentes grandeurs, et même d'une pince ou bruxelle. A quel usage ces divers matériaux sont-ils destinés? c'est ce que nous allons dire.
Il est rare que l'Oiseau que l'on tue d'un coup de fusil n'ait pas immédiatement une partie de son plumage sali par le sang qui sort de ses blessures et assez souvent par le bec ou par les narines, lorsque le coup a porté dans la poitrine; or, le plâtre et le coton sont destinés à étancher ce sang et à laver les taches qu'il a occasionnées. Pour ce faire, on écarte les plumes qui recouvrent la plaie et l'on y jette du plâtre pulvérisé; puis, pour prévenir tout épanchement nouveau, on introduit un tampon de coton dans le trou fait par le plomb, et l'on jette encore par-dessus une couciie de plâtre. C'est aussi avec cette dernière matière que l'on sèche les plumes qui ont été salies. Lorsque les taches persistent malgré le soin que l'on a pris de les saupoudrer à plusieurs reprises, il ne faut pas craindre alors de les laver avec de l'eau pure et de bien absorber, toujours au moyen du plâtre, l'humidité qui résulte du lavage.
Nous venons de dire qu'assez souvent le sang sort par le bec ou par les narines ; pour cette raison seule il conviendrait de tamponner ces ouvertures naturelles, si d'autres motifs ne le commandaient. Il arrive fréquemment que, quelque temps après la mort de l'Oiseau, une humeur visqueuse suinte par le bec et les narines et mouille une partie des plumes de la tète; il arrive encore que quelques espèces et notamment les Oiseaux de proie et certains Oiseaux d'eau, dégorgent une partie des .iliments qu'ils avaient pris, et salissent ainsi leur plumage; or, pour prévenir tous ces désagréments, le chasseur taxiderme doit avoir la précaution, aussitôt que lOiseau est abattu, à quelque espèce qu'il appartienne et après avoir arrêté l'écoulement du sang, de jeter un peu de plâtre dans le bec et dans les narines et de tamponner ensuite, soit avec du coton, soit avec de la filasse. Il est bon aussi de pratiquer la môme opération pourl'ouverture anale. Les excréments qui peuvent en sortir seraient une cause de dégât.
Toutes ces précautions prises, il s'agit de
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donner à l'Oiseau une position qui maintienne ses plumes dans leur état naturel» mais auparavant, et pour ramener celles-ci dans leur situation normale, on saisit le bec do l'animal, que quelques légères secousses débarrassent de la surabondance de plâtre, et l'on souffle sur les plumes dans le sens de leur direction. Quelques personnes ont conseillé de passer un fil dans les narines afin de manier plus aisément l'oiseau, sans crainte de l'endommager; mais ce procédé est vicieux, en ce qu'il peut détruire des c.iractères zoologiques importants pour ladétermination des espèces. Après cela, si l'Oiseau est de grande taille, on se contente -de le coucher dans la gibecière de manière que rien ne puisse le froisser ; si au contraire il est de taille moyenne ou petite, on le glisse, la tète la première, dans un cornet fait avec le papier que l'on a eu soin d'em|)orter, et auquel on donne une grandeur proportionnée à la grosseur de lOiseau. Ceci fait, on le place dans la carnassière ou dans une botte, avec l'attention, si l'on en a déjà tué plusieurs, de mettre toujours ceux qui sont de petite taille au-dessus des plus gros.
Les Oiseaux pris ou au piège ou au filet n'exigent pas autant desoins; il suffit de
i les étouffer avec précaution en pressant avec le pouce et l'index les côtés de la poitrine, et de les introduire, lorsqu'ils sont morts, en suivant le procédé dont nous venons de parler, dans un cornet. Il en est de même
I pour ceux que l'on tue avec la sarbaciino. Lâchasse auxgluaux procure quelquefois aussi des Oiseaux en état d'être conservés, mais toujours cette chasse entraîne avec elle un inconvénient auquel il est nécessaire de remédier, lorsqu'on le peut, à l'instant même. La glu s'attache aux plumes et les souille; or, pour l'enlever, voici, d'après Boitard {Manuel du nal. préparateur), les moyens que l'on doit employer. On se procure du beurre frais ou de l'huile d'olive, et l'on en frotte les plumes tachées, jusqu'à ce que la glu et le beurre soient parfaitement mélangés, ce que l'on reconnaît lorsque la premièrede ces matièrescessed'ètregluante.
j Alors, avec le tranchant d'un scalpel ou d'un couteau, on racle les plumes une à une de manière à ne laisser sur leurs ba.rbes que le moins possible de matière grasse, puis on les
I lave avec de l'eau contenant une forte dis-
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solalioii de potasse. Quand on s'aperçoit que ia graisse est bien enlevée, on les lave de nouveau avec de l'eau pure, et on les sèche 8VCC du plâtre pulvérisé. L'eau de lessive, elle de savon, l'éthér sulfnrique, la ben- ,ine, servent encore à laver les plumes imprégnées d'une humeur grasse.
Une instruction que ne doit pas oublier /e chasseur taxiderme est de bien examiner la couleur des yeux de l'Oiseau qu'il vient de tuer, afin de pouvoir au besoin les remplacer dans toute leur vérité.
Enfln il est inutile de dire que les individus élevés en cage, perdant par la captivité une partie de leurs couleurs et n'offrant plus cette fraîcheur de plumage des Oiseaux libres, doivent en général être repoussés des collections, à moins qu'ils n'appartiennent à des espèces excessivement rares.
4 Chaise aux Repti'es, — Si cette chasse, que l'on doit faire en général pendant les mois de mai et de juin, parce qu'alors ces animaux ont presque tous changé de peau, ne réclame pas tous les soins qu'exige celle que l'on fait aux Mammifères et aux Oiseaux, à cause de la nature des téguments qui protègent ceux-ci, elle n'en demande pas moins quelques précautions que nous allons indiquer.
Les espèces dont on peut s'emparer sans employer des moyens violents, celles dont les parties molles sont protégées par une enveloppe plus ou moins résistante, comme les Chéloniens en général, n'exigent ni précautions ni soins particuliers. Il n'en est plus de même pour les Sauriens et les Ophidiens. Ici, au danger réel qu'il y a à vouloir se rendre maître de certaines espèces, se joint quelquefois la difficulté de le faire sans léser leur enveloppe extérieure. La plupart des Lézards, par exemple, surtout ceux de petite taille, ont un épiderme assez délicat pour quelemuindrechoc l'endommage; or, c'estlà ce qu'il faut éviter, car ici il n'y a plus d'organe protecteur propre à dissimuler les solutions de continuité que l'on fait à la surface de la peau. Cependant nous ne saurions dire de quelle manière on peut les chasser sans les léser. Quelques personnes conseillent, pour se procurer ces animaux bien entiers, de les afiprocher sans en être aperçu, et de les frapper sur le dos avec une baguette pliante. Ce coup, lorsqu'il est bien
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porté, suffit pour leur briser la colonne vertébrale et pour les empêcher de fuir. Mais la première difficulté est de les approcher, surtout lorsque la chaleur est intense, et ensuite, en supposant qu'ils ne fuient pas à l'approche de l'homme, il faut encore que le coup qu'on leur porte soit assez habilement ménagé pour que leur peau reste intacte, ce qui, nous le répétons, n'est pas très aisé à obtenir.
Le printemps est l'époque pendant laquelle on réussit le mieux à les attraper, surtontlorsqu'on connaît les trousdans lesquels ils se retirent. Vers le commencement de cette saison, le soleil, dont ils ont soif, les fait sortir de leur retraite d'hiver; la chaleur paraît alors plutôt les étourdir que les vivifier. Lents encore à se n)ouvoir, ils se laissent approcher sans trop chercher à fuir, ce qui permet de boucher, soit avec un mouchoir, soit avec tout autre corps, le trou par lequel ils sont sortis. Ainsi privés de tout moyen de retraite, on peut aisément les prendre avec la main, sans les endommager. Il faut toutefois se défier de leur morsure, non qu'elle soit dangereuse, mais parce qu'elle peut quelquefois occasionner une forte meurtrissure. Les Lézards ont la queue tellement fragile, qu'il faut toujours éviter de les retenir par celte partie ou de la frapper. Cependant si, malgré toutes les précautions, on la détachait du corps, il ne faudrait pas négliger de la recueillir, surtout si l'espèce était rare, parce que avec quelques soins on peut encore la replacer eu montant l'animal.
Lâchasse aux Ophidiens est sans contredit plus dangereuse, la morsure de quelques espèces étant venimeuse. Ils sont cependant plus faciles à attraper que les Lézards, à cause de plus de lenteur dans leurs mouvements. Quoi qu'il en soit, avant de se mettre à leur recherche, il faut se munir d'une paire de pinces à long manche, d'an sac de cuir renfermant une cerlaiue quantité de tabacen poudre et d'une trouble. Ce dernier instrument, fait d'un cercle de fer, armé de dents, garni d'un filet en forme de poche et emmanché d'un bâton de trois ou quatre pieds de long, est destinée prendre les Serpents; on peut même très bien s'en servir pour la chasse aux Lézards. Lorsqu'on est à portée de l'un de ces Reptiles
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on cherchft à le couvrir au moyen de celte trouble, et si l'on a été assez adroit pour réussir à l'arrèler, on fait alors usage des pinces pour le saisir et l'introduire dans le sac en cuir où il meurt, le tabac étant pour lui un poison.
Enfin, la chasse aux Batraciens est, comme celle des Chéloniens, la moins dangereuse et la plus aisée à faire. Les espèces de cet ordre sont eu général lourdes et ne peuvent échapper par la fuite. Il n'est point de moyen plus sûr pour ne pas les endommager, que de les prendre avec la main nue ou couverte d'un gant si l'aspect repoussant de ces animaux faisait naître de la répugnance. C'est ordinairement dans les lieux bas et humides que les Batraciens se trouvent.
A l'exception des grandes espèces, les Reptiles, comme nous le dirons, sont peu propres à être montés. Les couleurs vives et brillantes dont la plupart sont parés f'effacent ou changent complètement à mesure que la peau sèche; aussi est-ce av'ec raison qu'actuellement on les conserve en grande partie dans l'esprit-de-vin. C'est encore le moyen le plus efflcace.
Pêche aux Poissons, — Il est une foule de manières de faire c.ette pêche. Dans les eaux douces, de simples filets, des lignes, eic, suffisent pour se procurer toutes les espèces qui les habitent. Mais dans les grandes masses d'eau que renferment les bassins de l'Océan, de la Méditerranée, etc., tous ces petits moyens sont insuffisants. Nous ne nous arrêterons pas à indiquer quels sont ceux que l'on emploie, nous dirons seulement qu'en suivant les grandes pêches qui se font sur nus côtes, ou est à peu près sûr de se procurer toutes les espèces de Poissons qui habitent nos mers.
La seule préparation que l'on doive faire subira un Poisson que l'on vient de prendre, est de bien le débarrasser des mucosités qui l'enveloppent et de'le plonger dans l'alcool.
Pèche aux Crustacés. — Ces animaux vivant dans l'eau, on se sert généralement de filets pour les prendre. Au reste, on s'en empare si aisément et de tant de sortes de manières, que nous croyons inutile d'insister sur ce point.
Les Crustacés se conservent très bien et très longtemps dans le sel marin. Après un séjour de quelques mois daus celte matière.
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leurs couleurs n'en sont même que faiblement altérées. On doit donc en faire usage, surtout si l'on a à les transporter dans des ■ ! ays éloignés; car, outre l'avantage dont nous venons de parler, ce procédé offre encore celui de conserver ces animaux parfaitement intarts, ce qui est à considérer, surtout lorsqu'on veut les monter.
Les Mollusques, qu'il est aussi facile d« se procurer que Ips Crustacés, surtout quant aux grandes espèces, ne peuvent déjà plus être montés. Le lest seul des espèces qui en sont pourvues est susceptible de conservalion. Pour l'animal, il se décolore et se racornit même, quelque précaution que l'on prenne et quelque moyen que l'on emploie pour le maintenir dans son état naturel.
Si nous ne parlons pas de la chasse à faire aux Insectes, c'est que déjà aux articles Insectes et Papillons (auxquels nous renvoyons), on est entré dans des détails à ce sujet.
Il nous reste maintenant à parler de la préparation et des moyens de conservation des divers animaux dont nous venons d'indiquer les chasses.
§ II. Manières de dépooiller et de mettre
Eîî PEAO LES ANIMAUX VERTÉBRÉS.
Pour préparer ces animaux, il faut plusieurs instruments, dont nous allons simplement donner l'énumération; leur explication détaillée nous conduirait trop loin.
Ces instruments gont : 1° des scalpels petits et grands et des couteaux à Lrnie fixe; 2° quelques bmxelles de tailles différentes, dont une à lames dentelées vers la pointe, les autres à lames unies; 3° deux paires de ciseaux, dont une à lames courbes et l'autre droites et aiguës ; 4° une paire de pinces coupantes; 5° deux paires de pinces plates, dont l'une plus forte que l'autre; ti° une grosse tenaille pour les grosses pièces; 7* une curette pour enlever le cerveau ; S" plusieurs limes de grains différents ; 9° des broches de fil de fer non recuit; 10° une scie à main; il° un marteau et des clous; 12° des carrelets, des aiguilles et des poinçons dont les lames seront triangulaires; 13° des pinceaux de crin et de blaireau, les uns pour étendre le savon arsenical, les autres pour lisser les plumes; 14°dufil de fer de numéros différents; 15° de la filasse et du
coton pour bourrer et remplir la peau des onimanx dépouillés.
Avec ces instruments, on peut monter toutes les espèces d'animaux dont la taille n'excède pas celle du Loup. Comme il est pen de personnes qui puissent réu.-sir à monter seules une grosse l'ièce, nous bornerons là ce qui concerne les instruments.
Malgré les précautions que l'on a prises, pendant la cbasse, pour préserver les animaux de toute souillure, il faut encore, lorsqu'on est de retour et que l'on veut procéder au dcpouiilemcntd'uneespcce, examiner de nouveau avec soin si du sang ou toute autre matière épanchée n'aurait pas sali la robe de l'animal, et, dans ce cas, on opère le neiioiement delà manière que nous avons indiquée plus haut. Les taches de graisse s'enlèvent avec de l'essence de térébenthine que l'on a le soin d'absorber avec du plaire pulvérisé. Au reste, dans tous les cas, il convient de renouveler les tampons que l'on avait jiosés pendant la chasse; mais avant il faut f.iire dégorger les matières contenues dans le larynx et la bouche, dans laquelle on met du plâtre pulvérisé pour sécher les liquides qui pourraient y être restés.
Ensuite, on prend les mesures du corps de l'animal pour pouvoir, lorsque l'on voudra le monter, le remettre dans toutes ses proportions. La première de ces mesures doit être depuis le bout du museau jusqu'il bout de la queue. La seconde, depuis le milieu de l'omoplate jusqu'à l'articulation du fémur (cette mesure sert ordmairemont pour faire la charpente et les anneaux dans lesquels doivent entrer les fers des metnbres). La troisième doit être prise en dessus, l'animal posé sur la côté, depuis le haut des omoplates jusqu'au milieu du sternum (c'est-à-dire à l'endroit i;ù se joignent les côtes); et enfin, les deux dernières pour les é|)aisseurs que font les omoplates et le bassin à l'articulation du fémur. Ces opérations préalables terminées, on procède enfin au iJépouillement.
Manièiesde dépouiller et de prépaver les p"aux des Ma'urnifcres, — L'animal étant [ilacé sur le dos, la tête tournée du côté gauche de l'opérateur, on écarte de côté et d'autre les poils du sternum et du mdieu du \enlre sur lesquels on pratique une incision longitudinale jusqu'à un ponce de rniins. Il T. Xltl.
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est quelques précautions à prendre en faisant celte incision : la première est de ne pas endommager les partiesgénitales; la seconde de ne pas traverser les muscles abdominaux qui laisseraient passage aux inti\stu)s, ce qui sérail, non-seulement très désagréable pour l'op-^rateur, mais encore une cause de souil- ■uie poir les poils.
L'incUion faite, on prend avec la main gauche ou avec une bruxelle les bords de la peau que l'on détache avec un scalpel de dessus le corps, jusqu'à ce que l'on ait mis à découverllescuisses et les muscles fessiers, qu'il faut couper afin de rendre plus facile la désarticulation du fémur d'avec les os du bassin, .^près avoir opéré de cette manière des deux côtés, on détache le reclum près de l'anus et on enlève la peau de dessus les premières venèbrcs de la queue pour pouvoir fa.re sortir plus aisément les antres de leur fourreau, ce qui ne se fait pas toujours très facilement. Cependant, ou y parvient de plusieurs manières : la première, employée pour les petites espèces, est assez smiple; on a un bûton que l'on fend dans sa longueur e: avec lequel on enfourche les vertèbres mises à découvci t, et près de la peau que l'on fait filer en tirant avec la main droite le bâton qui la pousse, tandis que de la gauche on opère un tiraillement eu sens contraire : ces elforts, qui se contrarient, forcent la peau à sortir de sa gaîne. La seconde manière n'est employée que pour les gros animaux pourvus de queues très longues et très cliarnues. On lait à sa partie inférieure une incision qui prend depuis sa naissance jusqu'à son extrémité, et par laquelle on détache la peau décote et d'autre dans toute la long cur, jusqu'à ce qu'elle puisse sortir de sa gaîne. Après celte opération du train postérieur, on passe au traia antéiieur.
On retourne l'animal sur le ventre et l'oa détache la peau de dessus le bassin et du dos jusqu'aux épaules, (.ù l'on séjiare les membres du tronc, laissant après ce dernier l'omoplate. On fait ensuite filer la peau il u cou jusqu'aux dernières vertèbres cervicales, où l'on delaclie la tclo, eu laissant le larynx et la langue après le tronc qui se trouve sep.iré de la peau. Ou dépouille ensuite la tètejiisqu'au bout du museau, en prenant les plus grandes précautions pour ne l'eu h iu:;)auer
d'aucune manière; car, malgré toutes les peines que l'on se donnerait en la racommodant,on ne pourrait di<siinnler coinplétcmcut les solution-;, les poils étant ordinairement très couris el quelquefois nuls dans cette partie de l'aninial. On sépare les oreilles en coupant leur cartilage à un tiers à pou prci de leur longueur, en ayant soin de laisser la plus grande partie attenant à la peau et l'autre au crâne. Arrivé aux yeux, on opère un tiraillement sur la peau pour faire tendre la membrane clignotante el donner facilité de séparer de la tête la peau des yeux, sans endommager les paupières.
Beaucoup dfl préparateurs s'arrêtent à ce point dans le déponillemenl de la tête des aiiim.iux; mais d'anlres le poussent plus loin et dédoublent les lèvres. Voici comment ou fait: on sépare avec un bon scalpel la peau intérieure des lèvres d'avec la supérieure jusqu'aux bords de la bouche, de manière à pouvoir enlever toutes les flbres musculaires, qui, en se séchant, se raccornissent et lui font prendre une mauvaise forme. On enlève ensuiie toutes les parties charnues de la tête, et à l'aide d'une curette, ou fait sortir le cerveau de la boîle crânienne. On peut, pour plus de facilité, agrandir le trou occipital; mais ce moyen ne doit être employé que lorsque la tète osseuse est pour toujours restée dans la peau. La tête ainsi nettoyée, on passe aux membres, que l'on sort de leur gaine el que l'on dépouille jusqu'au bout des doigts, ce qui est facile à faire pour les petites espèces; mais pour les animaux de grande taille, on n'y parvient qu'en faisant une incision en dessous ; incision par laquelle on enlève tout.'s les parties graisseuses et même les tendons, àl'exceplion, cependant, aux pattes de derrière, de celui qui s'attache au talon, et que l'on appelle tendon d'Achilie.
Le dépouillement ainsi fait, on passe à la préparation de la peau, qui, pour les petites espèces, consiste simplement à bien l'imprégner de savon arsenical et à la bourrer de manière à lui faire reprendre sa première forme, après quoi on la met dans un endroit sec et à l'ombre pour la sécher, en ayant soin, chaque jour, de la retourner pour éviter que le côté qui pose à terre s'échaulle ?t s'abime. Pour les gros animaux dont la
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peau est dure, le savon arsenical ne suffit paspour les préserver des insectes rongeurs; alors on emploie un préservatif liquiJc qui, étant absorbé plus facilement, préserve la peau et la rend inaccessible aux insectes. Ce préservatif est le bain. Ce bain se compose d'eau, d'alun et de sel marin. Pour bien le préparer, ces substances doivent être employées dans les proportions suivantes : eau, quatre pintes; alun, une livre; sel marin, une demi-livre. On fait bouillir le tout jusqu'à ce que la dissolution soit parfaite. Il faut que ce liquide, lorsqu'il reçoit les peaux, n'ait que 30 degrés de chaleur à peu prés. Il y a des Animaux qut ont le derme si dur qu'un seu' oain ne sufCt pas : on est obligé de faire chauffer de l'eau, et d'y ajouter de nouvelles quantités d'alun el de sel.
Pour le dépouillement dos gros Mammifères, nous avons à f.iire quelques observalions très utiles. Relativement aux animaux dont la peau est dure, comme celle de l'Éléphant, on est obligé, pour les dépouiller, de fendre les membres depuis le haut jusqu'en bas; la queue (quand ils en ont) doit être aussi fendue.
Pour les Ruminants dont le cou est très étroit et la tête très grosse, et quelquefois pourvue de cornes, il est de toute impossibilité de retourner celle-ci par le cou comme nous l'avons dit. On est contraint de faire sous la gorge une incision qui se prolonge un peu sous le cou. On doit calculer, en pratiquant cette ouverture, l'espace qu'il faut, au juste, pour faciliter le dépouillement, afln d'éviter d'avoir à faire une trop grande couture. Par cette incision, ondétache la peau de côté et d'autre, on met à découvert le cou et ses dernières vertèbres, et l'on sépare la tète du tronc pi es de l'occiput.
Dans les inrli\idus qui n'ont que de très petites cornes, on peut facilement pousser le dépouillement jusqu'aux yeux et même dédoubler les lèvres sans faire d'autre incision que celle du dessous de la gorge ; mais dans ceux qui ont de grandes cornes, comme nO' ire Cerf à l'état adulte, il faut pour dédoubler les lèvres et soulever la peau du dessus de la tête, entre les yeux et les cornes, pratiquer une incision tout autour des mâchoires et près des dents pour retourner la peau du museau sur ellc-nicmc, en ayant bien soie
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de ne paseiKiomniager les cartilages du nez, et pour faciliter le passage d'un instrument tranchant, à l'aide duquel on coupe toutes les fibres qui jjourraient retenir la peau sur les os. Il faut prendre garde lorsque l'on dc'pouilli' de cette manière une Antilope ou un Cerf, de ne pas détacher ni enlever les larmiers de leur cavité, parce qu'il est très difficile, lorsqu'on les a coupés, de les remettre en place.
Après avi.ir fait le dépouillement de la tête, comme nous venons de l'expliquer, il est une autre opération qui demande assez de temps et surtout beaucoup de soin, et dont plusieurs préparateurs ont négligé de parler : il s'agit du dépouillement des jambes des Cerfs et Antilopes, dépouillement que l'on peut faire, comme nous l'avons déjà dit, en pratiquant dans le bas des membres une incision à la face interne, et en enlevant par là tous les tendons qui pourraient, en sé:^hant, faire prendre aux parties une mauvaise forme. Ce moyen a l'inconvénient de laisser voir toujours la place où l'on a fait l'incision, etquelquefois même, lorsqu'on n'a pas eu le soin de recoudre tout de suite la pcauà cet endroit, de ne pouvoir plus la faire joindre, tant elle se Tiiccourcil en séchant. Au Musée d'histoire naturelle, pour éviter tous ces inconvénients, on se sert d'un bâton de deux pieds environ, que l'on arrange à une de ses extrémités en spatule étroite, et que l'on passe entre la peau et les tendons pour soulever la première tout autour, de manière à laisser passage au savon arsenical que Ion y introduit, et que l'on fait couler jusqu'aux sabots. 11 faut faire cette opération même quand on est obligé de passer la peau de ces animaux au bain.
Pour terminer tout à fait la préparation des grands Mammifères, lorsque la peau est bien imprégnée d'alun et de sel, dans lesquels on la laissée plusieurs Jours, il faut la retirer et la faire égoutler, puis la bourrer et lui redonner ses formes, après quoi on la met sécher dans un endroit ombragé, car si on la laissait au soleil, elle deviendrait cassante et impropre à être montée.
Dépouillement el mise en peau des Oiseaux. — Pour dépouiller el mettre en peau les Oiseaux, il f;iut beaucoup plus d'altentiou que pour les Mammifères, non pas qu'il . y ait plus de difficultés à vaincre; mais les
couleurs brillantes qui enrichissent le plumage de la plupart perdraient bientôt leur éclat et leur fraîcheur si l'on ne prenait le soin, soit de les préserver des souillures ; soit de les laver dans le cas où elles offrent des taches.
Au reste, on prend pour les Oiseaux les mêmes précautions préalablesque nous avoni indiquées pour les animaux de la classe doul nous venons de parler; seulement ici il faul non-seulement boucher les ouvertures natu^ relies mais encore les narines, après y avoir passé un fil qu'on laisse long de quelques pouces, et qui sert à tirer la tète lorsiiua elle est retournée dans la peau. Celte précaution est surtout bonne pour les très petites espèces. Après cela on procède au dépouillement, qui se fait à peu près de même que pour les Mammifères, à quelques exceptions près- Ainsi, la manière de les fendre, varie selon que les espèces ont les plumes du ventre plus ou moins fournies ou qu'elles sont de couleur plus ou moins claire. Notre intention étant de faire connaître les deux moyens employés, nous commencerons par celui qui est le mieux connu et le plus souvent mis en usage; il est propre à toutes les espèces, sauf à celles qui vivent dans l'eau, comme les Canards, les Hirondelles de mer, etc., etc.
L'Oiseau placé sur le dos, la tête à gauche de l'opérateur, on écarte les plumes du milieu du ventre sur lequel on fait une incision longitudinale jusqu'au croupion; on prend ensuite les bords de la peau avec la main gauche, et de l'autre, avec le mancbe d'un scalpel, on la dégage de dessus les chairs jusqu'à ce qu'on ait mis à découvert les cuisses, que l'on sépare de la jambe à l'articulation du genou, lai.-^sant le fémur après le corps. Il faut, lorsque l'on dépouille un oiseau, saupoudrer de plâtre pulvérisé chaque partie mise à nu (1): le plâtre absorbe le sang et la graisse, et empêche que lesplumes puissent se salir en se collant sur le corps. Ensuite on détache la peau du derrière tout autour de la queue, que l'on sépare du tronc un peu au-dessus de l'insertion de ses plumes; puis avec une pince on maintient le corps par la colonne verté-
(d) Pour éviter des rcpétilions, nous donnons c< conseil une fois pour toutes.
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br,i!p, et l'on di'fnit la peau avec ses onples jusi(iraii\ ;iiics, que l'on dcjarlicu'c à l'ex- (n'iniié de l'hunidriis, près de la foiinlieite. On r-iit onsnite filer ia peau du cou jusque sur la l^lp en ayant soin d'enlever les sacs (les oreilles de leur cavité. Pour les grandes O'iHces, on est forcé de se servir d'un ins'riiment tr.mchant -, mais pour les petites, il ffiutl'éviler; alors on pincî la p^-au fortenioiit, très près du crâne, de manière à faire sortir le sac de sa cavité. On détache la y-eau des yeux sans attaquer les p.iupières Cela fait, on désarticule la tète du tronc à la dernière vt-rtèbre cervicale, ou la débarrasse de lotîtes les parties charnues, et l'on extrait le cerveau avec une curelLc; oji peut aussi, comme pour les Mammifères, coupef le derrière de ia tète, mais toujours lorsqu'elle est pour rester dans la peau.
La tèleaiiisi dépouillée, il faut touldesuile ^1 bourrer et la préserver avecjirand soin. On remplit les yeux avec du colon, sous lequel on n)et du savon arsenical pour corrorier les chairs, cl sur les joues, que l'on remplace par du coton haché bien fin. I,a tète ainsi faite, ou met avec un pinceau du savon sur ia peau et ou la rrlourue en la tenant de la main droite avec des bruxelles, tandis que delà fï.-Hiche on plisse la peau que l'on remoiile jusqu'à ce que Ton voie le bout du bec, que l'on lire, à l'aide du fil passé dans les narines, mais en ayant la précaution de niainleniv la peau. Avec un peu (]'l:;;l)ituGe et de soin on vient facilemeut à l>out de cette opération.
1,'Oiscau étant ainsi reiourné, on le pend par le bec et on le secoue légèrement pour faire tomber le plâtre qui se trouve parmi les plumes, c.-'lles-ci sont remises on place, .soii ni soufflant dessus de haut en bas, soit avec une bruxelle. 11 ne faut jamais attciidrc que la [icau soit sèche pour faire cette opération; car les plumes ne reviendraient que très difficiJenienl. On écarte ensuite les paupières et on les mauitient écartées avec le coton, que l'on retire u;i peu de l'orbite et que l'on étale de manière à bien former un rcil road. il est nécessaire d'avoir beaucoup de précaution en arrangeant les paupières; taries petites plumes qui sont autour d'elles se cbilTiMUonl très fiic;lement. Pour remé- Uiw à cet iiicunvcnteut, on j)rend une aiçiiillc avec lequclie on les remet eu place
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sans déranier ancunement leurs harbulos.
Ou se sert aussi de cette même aiguille pour peigner les plumes de la lète et pour remettre en posiiion les sacs des oreilles. .Mais pour bien réussir dans cette opération et bien faire la tète de l'Oise.iu, il faut plisser la peau de cette partie, pour qu'elle ne se plaque pas sur les os, et pour pouvoir remettre les oreilles en place plus facili'!i:cnt. Il s'agit maintenant débourrer très légèrement le cou, ce que l'on fait avec une seule mèche de filasse as.<ez grosse pour remplacer les parties charnues, mèche que l'on enduit de savon, que l'on fourre dins le cou et que l'fm fuit entrey dans la tète parle Irou occipital, ce qui a l'avantage de bien réunir le cou avec la tête, sans laisser aucun vide autour de cette detnière. On dépouille ensuite les ailes en détachant la peau de dfsSus les muscles, jusqu'aux radius et cubitus que l'on met à découvert seulement en dessus, parce que si Ton détachait les plumes qoi sont insérées en dessous, on ne jiourrait les remettre en place que très difficilement : il serait qupiquefois même impossible d'y parvenir. On enlève de dessus les os toutes les parties charnues, et l'on passe entre le raJius et le cubitus un iîl assez long, destiné à attacher les ailes et à les maintenir dans leur véritable place; on met une couche de préservatif entre les os et la peau et l'on fait rentrer l'aile à sa place. Les deuxailesainsidépouillées, onles attache ensemble avec le fil p;issc entre les os, eu leur conservant la distance qu'elles avaient au repos, durant la vie de l'animal. Le seul moyen pour obtenir ce résultat est de pren die sur le corps lui-même des mesures qudonnent cette distance.
Après cela^ on dépouille les membres pns-; teneurs, autour desquels on tourne un peu de lilassc pour remplacer les chairs. On eu- Kve ensuite les parties charnues qui sont restées à la base de la queue, sur laquelle on met du préservatif. Il ne reste plus alors qu'à rrinplir le corps. Après en avoir bien préservé la peau avec du savon, on met par dessTis de la fila<*e i;acliée le préservatif en ayant la précaution de ne jamais bourrer en long, mais bien eu large, pour faire les muscles pectoriiux et pouvoir, sans allonger et tirailler la peau, réunir les deux bords de l'in<-ision. Quand le bourrage est à point
on coud à points de suture et de uiaîiicro que les plumes ne soient pas retenues ou prisns par le (11.
Lorsque l'Oisi'au est bourré et rou?u, on rctnrt les plumes du ventre en place, puis on le retonriic et l'o:' place les ailrs dans leur situation naturelle et la nuiins enibar rassanle, c'est-à-iiire fcrniécs et posées le loui; du corps. Oa replace les plumes qui pourraientèlrc(!craii;;ccset on les riiaintieut par une bande de papier qui entoure Toiseau et que Ton atlache en dessus avec une épingle. Il faut, avant de mettre celte bande, placer les jambes de manière que les talons ne dépassent pas la naissance, de la queue; dans cet étal de préparation, on n'a plus qu'à mettre l'oiseau dans un endroit sec et à l'ombre, ei à le laisser sécber en le retournant chaque jour, et en \ cillant à ce que les plumes ne se dérangent pas. Une remarque à faire, c'est que les peaux d'oiseaux séchies au soleil, dans une étuvc ou dans un four, ne peuvent jamais ou presque jamais être montées, parce qu'elles deviennent très-cassantes.
Pour les oiseaux aquatiques, on est presque obligé de les dépouiller par le dos, les plumes du ventre étant très épaisses et souvent de couleur très claire; aussi, pour eux, la préparation est un peu plus diflicile. En outre, comme ils sont pourvus presque toujours d'un petit cou et d'une grosse tète, il faut, pour dépouiller celle-ci, faire u!ie incision sous la ^:orge (de même que pour les ruminants), incision qui se prolonge un peu sous le cou et par laquelle on enlève toutes les parties chaniurs. Immédiatement après le dépouillcmrnt, il faut recoudre les deux bords de la peau du cou, afin d éviter que le savon que loti va y introduire ne salisse les plumes de cette partie.
Pour les Autruches, les Casoars, les N,indous, etc., dont le cou est presque dépourvu de plumes, il est mieux de faire l'incision pour dépouiller la tète, en dessus du cou, parce qu'il est [jIus facile, sur ces oiseaux, de cacher la coulure.
Manières de dépouiller et de conserver les Reptiles. — Pour la conservation des Reptiles, plusieurs bons procédés ont été indiques pnr les auteurs; il faut seulement savoir les mettre CTius;:gc. I.e premier, le [)lus facile de louj el celui qui est employé le plus sou-
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vent par le? voy.igcurs, consiste à les plonger, lorsqu'ils sont de petite taille, da is une liqueur spiritucuse, dansderalcnol, i:ar exeni|)le; mais avant, il faut leur faire une incision sur le ventre, afin que la liqueur puisse entrer dans Piniéricur du corps rt conserver tous les viscères. Ce. moyen p; lU être employé avec succès pour les I.é/.ird-', les Grenouilles, les Craiiauds, les Serpents, et enfin jiour tons les reptiles dont le volume n'est pas considérable; mais pour ceux de forte taille, connue relie du Crocodile, par exemple, il faut les dépouiller, ce qui se fait de la même manière que pour les Manunifères; seulement on est obligé, leur peauétaut exce-;sivement dure et pourvue d'écaillés, de prolonger l'incision du ventre jusque sous la gorge. De cette manière, on peut, sans retourner la peau, l'enlever de dessus le corps. Quant aux Tortues, on est quelquefois dans la nécessité d'avoir recours, pour faire l'incision, à une scie à main : leur enveloppe, surtout dans les espèces terrestres, est si dure que l'on ne pourrait jamais y parvenir sans un instrument de ce genre. On sépare le plastron de la carapace en opérant une incision de chaque côté, après quoi l'on coupe avec un scalpel la peau qui entoure les membres antérieurs et postérieurs, ce qui laisse le plastron libre. Celui-ci est alors relire pour mettre a découvert tous les viscères, que l'on extrait de la cavité qui les renferme; puis on dépouille les membres, qui sont quelquefois pourvus d'une peau si dure que l'on est forcé de la fendre depuis le hdut jusqu'en bas afin de pouvoir enlever toutes les parties charnues qui sont dessouï. Il ne reste plus alors que la tète, qu'il ne faut point retourner complètement, pour ne pas détacher les plaques épidermiques qui la recouvrent. On se contente donc d'enlever les yeux sans endommager les paupières et de retirer le cerveau, après quoi on enduit de préservatif toutes les parties que l'on recouvre d'éloupe hachée. Ceci fait, on remet le plastron et on le maintient provisoirement, soit avec du fil de fer, soit avec une ficelle.
11 y a des serpents dont le corps est si volumineux qu'il faut les dépouiller si l'on veut les conserver. Pour faire cette opération, plusieurs procédés sont indiques : le premier, qui doit être rejeté à cause du dap-
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ger qu'il y a en l'employant, est celui qui consiste à faire piisser tout le corps par la V)ouche, eu relournant la peau sur ellemême. Les autres offrent beaucoup moins je danger, et peuvent èire mis en pratique Irès-lacilement; seulement^ il faut toujours soigneusement ménager les écailles en faisant l'incision longitudinale sous le ventre. Celle-ci se pratique non sur la ligne médiane, mais un peu sur le côté, pour ne pas endommager les grandes plaques qui sont dessus et qui servent de caractères secondaires. On enlève la peau du corps avec un manche de scalpel, et l'on sépare la lêle du tronc à sa dernière vertèbre, puis on remplit la peau avec du sable sec ou de la sciure de bois, par dessus laquelle on met un peu de coton pour l'empêcher de s'échapper à travers les espaces que laissent les points de la coulure, qui doit être faite immédiatement après que la peau est séparée du corps.
Manières de conserver les Poissons. — Pour conserver les poissons, les moyens employés pour les reptiles sont très bons, seulement, avant de les mettre en usage, il faut laver les poissons pour enlever le mucilage qu'ils pourraient conserver; après quoi on les met dans une liqueur spiritueuse. On peut aussi les dépouiller et préparer leur peau, que l'on préserve avec du savon arsenical et que l'on bourre ensuite de manière qu'ils puissent être moulés jilus tard. Ces opérations demandent beaucoup de soins et de temps. Quelques auteurs ont indiqué plusieurs procédés que nous allons examiner. Le premier consiste à séparer en deux la mandibule inférieure, pour rendre plus facile l'extraction du corps, que l'on enlève par morceaux en le décliiquelant. Le second est de sacriOer un côté, c'est-à-dire de faire i'incision,soit sur la face droite, soit sur la face gauche, et d'enlever, avec un mauciie de scalpel, la peau dedessus le corps, en ayant soin toujours de laisser intactes les nageoires; mais le mieux est de faire l'incision en dessous du ventre et un peu sur le côté, pour ne pas couper les nageoires, puis de détacher la peau des côtés du corps, de séi)arer la queue et de retourner la peau sur le dos pour enlever la nageoire dorsale, et détacher le tronc de la tête tout près de l'occiput. Cette opération terminée, on retire les branchies, que l'on fait sécher après les avoir lavées, et
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l'on prépare la peau, soit en la bourrant et la recousant après, puisen la flxant sur une planche; soit en collaut en dedans des feuilles de papier mises les unes sur les autres, ce qui la consolide et ne lui fait pas perdre ses cosileurs; ensuite on arrange les nageoires sur une plaque de liège ou de carton à laquelle on les fixe avec des épingles. Ou ne saurait trop recommander cette dernière o[)éralion, car les nageoires servent de caractères et sont les parties qui se déforment le plus vile.
Préparations à faire pour conserver les Crustacés. — On conserve très facilement les petits Crustacés en les mettant dans de l'alcool, ou bien en les plongeant dans de l'eau de chaux, dans laquelle on les laisse quelque temps, après quoi on les retire et on les fait sécher. On peut aussi les mettre dans du sel marin. Mais il est pour les grosses espèces d'autres moyens à employer, qui ne sont pas tout à fait ce que l'on appelle un véritable dépuuillage, mais qui s'en rapprochent un peu. Pour retirer toutes les chairs et les branchies qui sont à l'intérieur, il faut enlever la carapace. On lemplace les parties enlevées, d'abord par une couche de savon arsenical, puis par du coton, avec lequel on remplit toutes les cavités, après quoi ou replace la carapace que l'on colle avec de |a gomme fondue, mais épaisse, appliquée sur les bords.
Si l'on opère sur une espèce pourvue de pinces très-grosses, on détache la plus petite pièce de la pince, et par le trou qu'elle laisse on extrait toutes les chairs renfermées dans la grosse portion, ensuite on remet la petite pièce en place.
Conservation des Insectes. — Pour les In, sectes, les uns, tels que la plupart des Aptères, veulent être plongés dans des li- ([ueurs spiriiucuses ; les autres, piqués à l'aide d'une épingle qui traverse le thorax, subissent après leur mort une dessiccation qui les conserve sans autre préparation.
Conservation des Mollusques. — Parmi les Mollusques, les uns sont renfermés dans une coquille, les autres ont le corps nu. Dans le premier cas se trouvent les coquilles proprement dites, soit marines, fluviatiles ou terrestres. Dans le second sont compris un nombre infini de Mollusques marins, fluviatiles et terrestres,, et beau--
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coup d'autres animaux connus sous difftîronls noms. Tous ces animaux peuvent ?tre conservés dans de l'esprit-de-vin ou dans une autre liqueur spiritiieuse. Pour tous les Mollusques dépourvus de coquilles il n'est pas d'autre nioyeu de conservation ; mais, au contraire, pour ceux qui en ont une que Poo veut conserver séparée de son animal, on est obligé de faire mourir celui-ci en le plongeant avec sa coquille dnns de l'eau chaude ou de l'esprit-de-vin très fort, dans lequel on le laisse quelques minutes, après quoi on le retire de sa coquille très facilement, ce qui se fait en prenant simplement une pointe de fll de fer. Lorsque l'on veut conserver la coquille et montrer ses belles couleurs, il faut lui enlever son drap marin. On emploie à et effet de l'acide nitrique alTaibli, ou de l'eau seconde, que l'on verse dessus en frottant avec une brosse un peu rude, cela fait ; on plonge la coquille dans de l'eau ordinaire pour lui enlever l'acide qui pourrait être resté; ou l'essuie et on l'enduit extérieurement d'un peu d'huile pour en faire ressortir les couleurs.
11 y a des animaux qu'on peut dessécher sans beaucoup de préparations : il faut d'abord les mettre dans de l'eau douce pour leur faire dégorger les matières salines et les retirer ensuite, puis les mettre dans un endroit sec; ces animaux sont les Étoiles de nier. Pour les Oursius il faut une précaution infinie pour les conserver avec leurs baguettes ; un moyen assez sûr est de les mettre dans de l'esprit-de-vin. Mais lorsqu'on veut les transportera de grandes distances, il faut les bien envelopper dans du linge, que l'on met double et même triple, pour que le ballottement ne puisse faire tomber leurs baguettes.
§ lli. Procédés employés pour le montage
DES ANIMAUX MAMMIFÈRES, OiSEAUX, REP- TILES ET Poissons.
Lorsque l'on veut monter un Mammifère, il faut, si la peau est sèche, la faire ramollir, soit en la mettant tout entière dans l'eau, après l'avoir débourrée, ou lui mettre des chiffons mouillés sur les pattes , la tête et la queue, et en remplir le corps; ou la mettre dans du sable humide. Ce moyen n'est bon que pour les petites espèces. Le temps qu'il (mil pour ramollir une peau ne
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peut être limité, seulement il faut ne pas la laisser séjourner dans l'eau ou dans des chiffons mouillés, une fois qu'elle a repris à peu près sa souplesse; car alors elle se macère, son épiderme se soulève et l'on ne peut l'arranger qu'avec de grandes difficultés et en y passant beaucoup de temps : encore ne fait-on jamais un bel animal. Pour monter avec facilité et faire une belle pièce, il faut que la peau soit fraîchement déouillée; alors on peut 'n tirer tout le parti désirable et lui rendre ses formes premières. Aussi allons-nous faire notre description comme si nous opérions sur une fraîche dépouille, qui n'a'pas été mise au bain et qui vient d'être séparée du corps. Avant de commencer l'opération, il faut avoir prépaie les fils de fers qui doivent servir pour la carcasse, et que l'on choisit de grosseur proportionnée à l'épaisseur des membres de l'esi èce qu'on veut monter. On en coupe cinq morceaux, dont quatre pour les membres et le cinquième pour le milieu du corps. C'est ce dernier qui sert de charpente, après laquelle on attache les autres.Pour les Mammifères qui onlunequtue d'une certaine longueur, il est nécessaire d'avoir une sixième tige métallique un peu moins forte que les autres : elle est desiinée à remplacer la partie solide de la queue. Il est inutile de dire que chaque tige destinée, aux membres, doit être à peu près de moitié plus longue que ceux-ci, et que celle du corps doit avoir au moins un tiers de plus que la longueur totale d<i l'animal. Après les avoir suffisamment redressées, on commence le montage. La queue est la première chose de la dépouille dont on doive s'occuper. On en fait une factice avec le plus mince des fils de fer, que l'on enveloppe de filasse jusqu'à ce que l'on ait atteint le degré d'épaisseur delà partie qu'elle doit remplacer; après cela on l'enduit d'une couche de savon arsenical, et, ainsi préparée, on l'introduit dans l'enveloppe caudale. Ensuite ou passe aux membres antérieurs, dans lesquels on met des fils de fer de manière qu'ils longent l'os, auquel on les fi:ie, avec de la filasse que l'on tourne autour, en commençant par le bas et, continuant graduellement jusqu'en haut.
Ces fils métalliques doivent toujours être introduits en dessous des pattes et au milieu, quelle que soit la position que l'on veuille
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faire prendre à l'animal. Après cela, on cnJiiit la jambe de prcscrvatir, et on la rcinot en place. Comme on ne peut jamiis, de cette manière, donner tout à fait les formes, on y supplée en bourrant de filasse bacliée jus(|u':^ ce que l'on ait allcint les ))roportious du mofièle. On fuit ensuite les membres postérieurs de la même manière que les autres; seulement il faut atlaclier le tendon d'Achille avec une corde que l'on passe dans le trou que laisse l'ouverture anale, ufin de pouvoir la tendre lorsque l'animal sera sur pied. On enduit ensuite 'la peau de savon cl l'on l'ait rentrer la jnmbe, puis on l'abaisse, connne nous ra\ons indiqué pour les autres.
Les quatre membres ainsi faits, on s'occupe lie la tcle qui demande une grande précaution, d'abord pour les lc\res et aussi pour les yeux. L'arrangement des lèvres consiste à remplacer les parties charnues que l'on a enlevées, ce qui peut se faire de plusieurs manières, assez simples en ellesmêmes. On coupe (lu citon bien menu^ que l'on mêle avec du savon arsenical très épais, pour eu composer une espèce de mastic destiné à remplacer les ch.iirs des lèvres; ou bien on prend de la cire à modeler, iivcc laquelle on reforme les parties charnues enlevées; ensuite on bourre les orbiies après les avoir bien enduites de siivon ; puis on fait les joues avec de la Classe bâchée, que l'on maintient à l'aide d'un morceau de calicot On, avec lequel on entoure la tète, cl que l'on coud sous la gorge. Ce morceau de linge SCft encore à eniiiècher la peau de la tête de se plaquer sur les os. On enduit le tout de savon, et l'on retourne la peau jusqu'au.\ cartilages des oreilles, que l'on recoud, après quoi on fi lil de la remettre en place. On passe ensuite le sixième fil de fer au milieu du corps et du cou, et on lui fait traverser les os de la tète entre les yeux. On pratique sur ce sivième fil, à la hauteur les membres antérieurs un anneau dans equcl passent les fers adaptés aux membres; on les noue ensemble et on les assujettit solidement. Les membres antérieurs ramenés à la po.>itiun qu'ils doivent a\oir, on procède de même pour les membres postérieurs, pour lesquels on fait un nou\el anneau qui doit êtie pl.icé a la même dislûuce qu'avaient les omo[nales, à l'arlicula-