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lioD du fémur au bassin. C'est pour pouvoir fixer les fers juste à remmancbcment des membres qu'il faut préalablement prendre les longueurs du corps des animaux. On fixe ensuite le fer de la queue en le tordant autour de celui du milieu, que l'on a retourné sur lui-même pour que l'atlaclic des trois fers ne fasse pas un trop gros volume dans la queue. Tous les fers étant noue;, on place les membres dans la position qu'ils garderont lorsque l'animal sera monté, et on les bourre le plus régulièrement possible, en leur donnant la forme convenable; cn-nite on préserve avec du savon arsenical le cou, que l'on bourre avec soin, pour ne pas laisser de vide autour de la tête et [!0ur ne pas le faire |)lus gros que nature. On remplit le corps en lui donn.iut autant que possible les formes qu'il avait, et l'm coud à point de suture les deux bords de la l'cau, en commençant par la poitrine; ce moyen i)ernaet de remeltre de l'étoupc dans le corps avec plus de facilité, s'il en manque.
L'animal ainsi bourré, on remet autant (]u'il est possible les nienibrcs à leur véritable place, pour n'avoir plus qu'à le poser sur une planche, dans laquelle on perce quatre trous à la dislance qu'exige la taille de l'espèce que l'on monte; ces trous sont destinés à recevoir les fils de fer des membres, fers que l'on fixe en dessous de la pbinche, avec des clous, de manière qu'ils ne bougent pas et que l'on puisse imprimer à l'animal une pose qui réponde à l'une de celles qui lui sont les plus familières. Comme il n'est pas de procédés à indiquer pour poser un animal, que tout dépend du goût, de la connaissance des habitudes et de l'an.Homie de l'espèce, nous ne parlerons ici que des derniers soins à donner à la peau et à quelques-unes de ses partes.
Il arrive quelquefiis que l'animal est irrégulièrement bourré et que, par suite, une partie est trop grosse et lanlre est trop petite. Pour remédier à ce déf.iut on prend un p liiiçon à lame triangulaire, et au moyen de cet instrument nue l'on enfonce à l'endroit ou la peau fait creux, on relire la filasse que l'on joint avec celle qui l'entoure. Il faut ensuite attacher ensemble les cordes qui tieiment les tendons , et qui passent dans Faims; on les maintient tendues eu les posant à cheval sur le bout d'un
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'sAton, à l'pxtrc^miié duquel on a mis un j'oii à moiiHJ enfoncé pour les maintenir. )'.p bAion ne doit pas avoir plus de longueur ^ue l'animal monté n'a de haulenr. Apres ijue les tendons sont ainsi mainlenus, il faut avoir soin de les piquer en dessus avec du fil assez fort pour que la peau ne puisse pas se déranger.
On arrange ensuite la bouche en modelant les lèvres cl on leur f.iisant reprendre leurs formes premières. Il faut aussi arranger les narines et les remplir de coton pour les ein[)ê(her de se racornir. Enfin, on remet les paupières en éiat de recevoir les yeux faclicps, que l'on fait tenir en les collant avec de la gomme fondue. On lisse ensuite tous les poils, et l'on fait tenir les oreilles en position avec des morceaux de carton ou de liège.
On peut laisser ainsi sécher l'animal ; il n'y a plus qu'à voir chaque jour si la p^au »n se séchant ne gonfle pas ou ne s'affaisse pas trop dans quelque endroit, ce à quoi on remédie tout de suite.
Lorsque l'on veut monter un gros Mammifère, il e-t presque impossible de le faire avec !a ch.ir()enle que nous venons d'indiquer. Il faut prendre uii morceau de bois de la longueur du corps, depuis l'omoplate jusqu'à l'articulation du fémur; on le taille carrémeni et l'on y pratique, sur le côté et à chaque bout, deux Irons pour recevoir les fers des membres, que l'on fixe à l'aide de clous; et en avant, sur le point qui rpgarde la face, un troisième trou destiné à recevoir uu autre fer qui doit tenir la tète et le cou.
Ce moyen offre une très grande solidité, mais il ne peut être employé que lorsque Pou est plusieurs personnes pour préparer.
Manièi-e de incin;er les Oheaux. — Il faut, pour monter un Oiseau, que sa peau soit molle et souple. Lorsque c'est une peau qui est faite depuis longtemps, on est obligé de la <lcfaire et de mettre à la place de la filasse, des éponges ou des chiffons mouilics pour la ramollir, et en\elopper aussi les pjllps de lin<.;es humides comme nous venons de rindi(iucr pour les manunifères.
On peut aut.si ramollir les vieilles peaux en les mettant quelque temps dans du sable humide, ce qui est même préférable, après quoi on les monte.
T. ÏIU.
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Supposons que nous faisons notre opération sur une peau que l'on vient d'enlever de dessus le corps et qui est bourrée.
Il faut d'abord choisir du fil de fer dont la grosseur sera proportionnée au volumft dps tarsps dp l'espèce que l'on veut monter (il faut éviter de le prendre trop eros, ca. il ferait c.-issnr la peau des pattes); on en coupe trois morceaux, lorsque l'on veut le mettre les ailes fermées, et cinq j)our les ailes ouvertes ; ces derniers sont placés dans les ailes pour les maintenir et sont attachés comme ceux des membres antérieurs des Mammifères. Des trois premiers, deux sont pour les pattes et l'autre pour le milieu du corps : il sert de charpente. Ce dernier doit être au n oins un tiers plus long que l'animal entier et les deux autres doivent b peu près l'égaler.
On commence par passer ceux-ci dans les tarses, et par leur faire longer les os, avec lesquels on les fixe en les entourant de filasse ou de coton. 11 ne faut pas oublier que ces matières sont destinées à remplacer les chairs et qu'elles doivent, par conséquent, être mises avec soin de bas en haut en augmentant progressivement , ce qui permet de donner des formes presque naturelles. Les jambes factices ainsi faites, il faut les enduire de préservatif et les remettre à leur place.
On dispose ensuite le fer du corps. Après lui avoir fait traverser le milieu du cou et l'avoir fait sortir au milieu de la tète entre les yeux, on pratique un anneau aux deux tiers de sa loncuenr, en laissant le plus long bout du côté de la tête. On passe ensuite dans cet anneau les deux fers des membres que l'on noue ensemble et que l'on assujettit avec celui du milieu, en ayant le soin de le laisser assez long pour qu'on puisse le plonger entre les reclrices médianes et qu'il puisse atteindre le milieu des pennes afin de les soutenir. Lorsque l'Oiseau que l'on préparée une queue très large, on ajoute un second fil de fer que l'on attache à celui du milieu , et qui, étant posé sur le côté, l'cni' pèche de tourner. Les fers ainsi attachés, ou place tout de suite les membres postérieurs, ou laisse uni' portion de fer assez grande pout remplacer les fémurs et pour pouvoir former d'un seul coup la grosseur de l'Oiseau. Il faut toujours que les talons ne dépassent 31'
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pas la naissance de la queue. Les pattes placées, on bourre le croupion et le dessous des cuisses; puis retournant à la partie antérieure, on fait la poitrine et enfin le ventre, après quoi on recoud rOiseau en commençant par la partie posléiieure. Il y a quelques précautions à prenire en faisant cette coulure : il faut d'abord ne pas laisser dépasser la filasse ou toute autre matière qui a servi à bourrer, et prendre garde ensuite que les plumes ne soient retenues par les fils.
Joiseau fait, on le met sur un juclioir ou sur une planche, selon ses habitudes, et on le pose le plus naturellement et le plus gracieusement possible ; on remet toutes ses plumes d.ms leur ordre, avec une brnxellesans dentelures; on maintient les ailes en place avec un Cl de fer très mince, à l'une des extrémités duquel on fait un crochet que l'on fixe aux grandes rémiges, vers le milieu de leur longueur. On peut aussi les fixer en faisant traverser le corps de l'oiseau par une broçbe de fil de fer qui dépasse de chaque côté, et aux extrémités de laquelle on attache un bout de fil que l'on fixe sur le dos; ensuite on arrange la queue que Ton maintient avec un fil de fer plié sur lui-même et eutre les branches duquel on met les pcunes, auxquelles on donne un écartement conveiabl(\
On arrive ensuite à la tète , que l'en peigne avec le plus grand soin, tout en renfonçant les sacs des oreilles, et en plaçant d'une manière convenable les plumes qui les recouvrent, et l'on apprête les paupières pour y mettre les yeux que l'on colle avec de la gomme.
On lisse cnlin les plumes et l'on replace l'clle des ailes, que l'on mainiient avec ane bande attachée sur le dos avec dos épingles. 11 faut encore mettre une seconde bande pour tenir les plumes du ventre.
Un oiseau ainsi monté peut rester quelques jours sans que l'on y touche, après quoi ou enlève les b;indes, et l'on remet en place les plumes qui seraient dérangérs.
Pour les oiseaux dont les peaux sont mauviiises, comme la plupart des Oiseaux de Paradis, on est obligé de les monter plume à plume cl sur un mannequin. Cette opération est une des plus difficiles et des
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plus longues à faire ; aussi n'est-il pai beaucoup de préparateurs qui la mènent à bonne fin.
Moyens employés pour le monlage des lipptUes. — Pour monter les Crocodiles, les Lézards, les Crapauds, et tous les Reptiles pourvus de paltes, les procédés sont les mêmes que pour les Mammifères, seulement il faut, lorsqu'ils sont tout à fait montes et secs, mettre fs? leur corps une couche de vernis à l'esprit-de-vin.
Pour les .Serpents, on est obligé de procéder autrement : on prend un fil de fer que l'oii taille de la même longueur que le corps et autour duquel on tourne de la filasse jusqu'à ce que l'on soit arrivé à peu près à la grosseur convenable du corps ; on l'enduit de savon arsenical et on l'introduit dans la peau, que l'on a eu le soin de vider et de ramollir avec des chiffons mouillés, si elle est sèche et dure; ensuite, on finit de la bourrer, avec de la sciure de bois ou du sable bien sec, par dessus lequel on met un peu de coton à l'endroit de l'incision pour empêcher que rien ne s'en aille; puis on recoud la peau, en prenant bien ganlederie pas faire tomber les écailles ou de les abîmer avec le fil. Il faut surtout ne point faire passer le fil dans ie milieu des grandes écailles qui sont sous le ventre, mais dans leurs interstices. On donne ensuite à l'animal l'atliludo et les formes qui lui sont propres, et on lui met les yeux factices. Comme la peau des paupières se retire et se déforme facilement, on ne saurait trop prendre de soins en les arrangeant. Une fois le montage terminé, on essuie avec précaution les écailles et on les lave avec de l'essence de térébenthine, ce qui oITre le double avantage de hâter la dessiccation et de faire reprendre aux couleurs leur éclat.
Pour les Tortues, il n'est vraiment pas de procédés qui leur soient propres, seulemont on attache la charpente du milieu du corps à un fil de fer que l'on passe dans une des cavités que laissent les côtes en dedans de la carapace. 11 faut, comme pour les autres Reptiles, donner une couche de vernis à l'esprit-de-vin après un lavage à l'essence de tcrébenlhiup.
Manière de monler les Poissons. — Pour monter les Poissons d'une manière convenable, il faut prendre beaucoup de précau-
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'v.ins tant pour ne pas enlever les écailles, j 1 je pour leur faire reprendre leurs formes pripiitivcs.Plusicursaiiteurs onliodiqué différents procédés de montage qui sont tous très bons, mais dont plusieurs offrent beaucoup de difficultés. Voici celui qui est le plus souvent employé :
On prend un fil de fer du double de la longueur du corps du Poisson, on le ploie de manière que les deux extrémités que l'on doit attacher au socle pour le maintenir le séparent en trois parties égales ; alors on préserve la peau a liiil^ rieur et on la bourre avec de la filasse hachée ou du coton, selon que l'espèce a l'enveloppe extérieure plus ou moins dure, puis on le coud à point de suture et on le fixe sur son plateau. Après lui avoir redonné ses formes, on lui met les yeux. Ce moyen a l'inconvénient de faire un animal mou et très susceptible de se déformer. Le procédé le plus efficace, le plus sûr, mais aussi le plus difficile, est de reproduire un corps de bois, sur lequel on met la peau que l'on fixe avec de la colle forte et de petites pointes. Lorsque la dépouille est tout à fait sèche, on la lave avec un peu d'esprit-devin qu'on laisse évaporer, et ensuite or passe une couche de vernis pour iuî renare un peu de brillant; enfin on pose les yeux factices que l'on enchâsse dans du mastic, lequel, en débordant un peu, laisse autour dej'œil une épaisseur que l'on dispose de manière à former la pau[)ière, laquelle ne peut que très difficilement être arrangée autrement. On la peint ensuite avec de la couleur à l'huile. Il faut enfin introduire dans l'intérieur de la cavité buccale de la filasse hachée et de la gomme mêlées ensemble et formant un mastic. Si l'individu sur lequel on opère est sec, et que les nageoires n'aient pas étéétalées, il faut les piquer tout de suite sur une plaque de liège; car si on les abandonnait à elles-mêmes elles se déformeraient et leurs caractères en seraien le plus souvent dissimulés.
Tels sont les procédés et les préceptes généraux à l'aide desquels on peut conserver longtemps les dépouilles de la piuparî des animaux, notamment des vertébrés, et rendre aux espèces les formes qu'elles pré sentaient durant la vie. (Z. G.)
*TA.\ITli;S. Bor. Foss. — Nom donné am
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empreintes de végétaux qui, par la disposition et la forme de leurs feuilles, paraissent analogues aux Ks (Taxus) ou aux genres voisins, tels que Torreya, Cephalolaxus ; cependant, les caractères qui indiquent ces rapports sont trop vagues pour qu'on puisse affirmer que ce sont de vrais Taxus, et c'est par celte raison que nous avons adopté la terminaison différente Taxiles. La plupart de ces fossiles ont été trouvés dans les lignitesdes terrains tertiaires, en Dohême et cil Westphalie , une dans les terrains d'eau diiuoe d'Armissan, près Narbonne; tous sont dépourvus de fructification et pourraient peut-être se rapporter aussi vraisemblablement au genre Abies et se rapprocher des Abies taxifolia, balsamea ,ou des espèces japonaises décrites par Siebold. Cependant, dans la plupart d'entre elles , les feuilles moins nombreuses et moins serrées, plus égales de longueur, leur donnent davantage l'aspect des Taxus. Une espèce trouvée dans les calcaires ooHlliiques de Stonesfield, près d'Oxford , était accompagnée d'un fruit charnu qui paraissait avoir quelque ressemblance avec le support charnu des fruits des Podocarpus, je l'ai nommée Taxites Podocarpoides; c'est la seule espèce des terrains secondaires, et, comme on le vx)it, elle semble s'éloigner davantage de nos plantes européennes. (Ad. Br.)
TAXODIER. Taxodium. bot. ph. — Genre de la famille des Conifères Cupressinées , détaché des Cyprès par L.-C. Richard. Il est formé d'arbres de l'Amérique septentrionale, dont les branches sont souvent pendantes; dont les feuilles sont étroites, caduques, alternes et distiques, de telle sorte que chaque rameau feuille ressemble à une feuille pennée; leurs fleurs sont monoïques, celles des deux sexes portées sur le même rameau. Les mâles forment des chatons nombreux, groupés en épi terminal de forme pyramidale; elles se réduisent à un petit nombre d'étamines insérées vers le sommet d'un axe nu à sa base, dont les filets ressemblent à des écailles fixées hors de leur centre et dont les anthères ont trois-cinq loges. Les fleurs femelles constituent des chatons ovales à la base de l'épi mâle; elles sont placées par deux à la base d'écaillés nombreuses, imbriquées, aiguës, recourbées, étalées au sommet. Les cônes ou strobiles sont presque
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globuleux, et leurs écailles, à moitié ligneuses, presque peltées et anguleuses. Le geure primiiifdeL.-C. Richard a été réduit récemment par M. Eiidlicher qui a formé à ses dépens le gevre Glyptostrobus pour le Taxodium hclerophyllum Brongi;. L'espèce principale du genre est le Taxodieh distiql'f. , Taxodium dislichum Rich. {Schuberlia disl'.cha Mirb.), qui croit dans les parties tempérées du Mexique, à une hauteur de 5,000 à7,000 pieds, etqui abonde dans les endroits humides, le long des cours d'eau de la portion orientale de l'Amérique du Nord, sans dépasser jamais 43° de latit. N. C'est un des arbres qui acquièrent les dimensions les plus colossales. Ainsi le tronc de celui qui existe dans les jardins deChapultepec, au Mexique, et qui est connu sous le nom de Cyprès de Montéz'.ima, a 13 mètres de circonférence, et Ton en cite même un, situé près d'Oaxaca, qui mesure 39 mètres de circonférence, et est entouré de cinq ou six autres de la dimension de celui de Chapultepec. Celte espèce se reconnaît à ses rameaux et ramules étalés et à ses feuilles linéaires, distiques. Il est connu vulfiairement sous le nom de Cyprès chauve. Une iiarticularilé très curieuse qu'il présente consiste dans les exosloses coniijucs qui se développent sur les racines des gros individus, et qui s'élèvent (juelquefois de près de 2 mètres au-dessus du sol. Ces productions singulières se montrent principalement sur ceux qui croissent dans des lieux sujets à être couverts par les inondations; elles sont toujours creuses, unies à leur surface et couvertes d'une écorce rougeâtre, comme celle des racines; elles ne donnent jamais de pousses. Le bois du Taxodier est très employé aux Étals-Unis, surtout dans la Louisiane où l'on s'en sert pour toutes sortes d'usages. Il est plus durable que celui des Pins. Avant 1819, pre.<que toutes les maisons, dans la Louisiane, étaient cousu uiles avec ce bois, tant à l'extérieur qu'à I intérieur. Ou l'emp'oie souvent pour des mais, pour des bordiiges de navires, surtout pour la construciiun de petites emluircations qui sont à la fois légères, solides et durables. Les exostosis du Taxndier servent pour des ruches dabeilles. Eu Europe, il n'est encore qu'arbre <i'<irnement . ni;iis il pourrait rendre des services dans les parlies tempérées et un peu chaudes , si on !e
plantait dans les endroits humides et marécageux. (P. D.)
■*TAXODITES. BOT. fo^s. — Ce nom a été donné par M. deSlernberg à des rameaux de Conifères des terrains tertiaires de la Bohême et du Keuper des environs de Bamberg, qu'il considère comme analogues à ceux du Taxodium dislichum. Tant qu'on ne connaîtra pas les fruits de ces plantes, leurs rapports génériques seront douteux. (Ad. B.)
T.'WODIUM. BOT. F05S. — Une esjièce de ce genre, bien caractérisée par son fruit et ses feuilles, a été trouvée dans les terrains tertiaires de la Grèce et de plusieurs parties de l'Europe. Je l'ai décrite et figurée dans la partie botanique de la publication de l'expédition de Morée, sous le nom de Taxodium euiopœum. Une plante très analogue a été observée dans les marnes d'eau douce d'OEuingen. M. Unger la considère comme une espèce distincte. Ces deux plantes se rapprochent surtout du Taxodium japonicum, dont M. Endiicher a formé récemment un genre distinct sous le nom de Glyptoshobus. La plante, si abondante dans lea meulières de Lonjumeau et de Ponlchartrain , que j'avais indiquée d'après de petits rameaux incomplets comme une espèce de Mousse [Musciles squamalus) , est une Conifère qui , par ses feuilles alternes et la forme cupressoïde de ses cônes, me paraît appartenir aussi au genre Taxodium, ou peut-être également aii Glyploslrubus. Des fruits plus complets seraient nécessaires pour fixer ses rapports. (Ad. B.)
*TAXOi\OiAIIE. BOT. — L'étymoloyie de ce mot ( TiÇt; , ordre, airangemeni; vo'uoç', loi) indique sa significjition ; il a ét( propose par De Candolle qtii le définit : théorie des classifications , et qui lui a consacré la première partie de sa théorie élémeniaire de la botanique, c'est-à-dire ce qu'il a écrit de plus original et de plus remarquable peutêtre. Dans cet article, nous nous projiostMis moins l'exposition dogmati()ue des luis qui doivent présidera la classification des plantes que l'examen histi>rique des principaux essais dont elle a éié l'oljjet. Eu les suivant dans leur ordre chronologique , en voyant ainsi se former progressivement la science jusqu'au point où elle se trouve amenée aujourd'hui, nous aurons l'occasion de pas-
1er en revue ces lois telles que les ont établies ou modifiées les auteurs les plus estimés.
R;i|tpeIons en commençant que la nature nous présente les végétaux comme autant d'individus. Ce nom même indique un tout indivis, des parties liées les unes aux autres sans discontinuité. Il peut arriver que plusieurs fragments de ce tout, séparés les uns des autres, continuent à vivre et à croître , comme cela s'observe pour les boutures; ou bien que certaines parties d'un végétal , après s'en êtredétachées, comme les bulbilles et surtout les graines, aient la propriété de se développer en autant d'individus. Ces nouveaux individus ressembleront plus ou moins parfaitement à celui dont ils ont piiinitivcment fait partie. C'est la ressemblance que présentent tous les pieds de Blé d'un cbamp, tous les ceps d'une Vigne, tous les Peupliers d'une avenue. Cette collection de tous les individus qui se ressemblent ainsi entre eux, qu'on peut tous supposer issus originairement d'un même, a reçu en histoire naturelle le nom d'espèce. Mais nous pourrons éprouver quelquefois de l'embarras pour prononcer que des in<lividus appartiennent à la même espèce , s'ils ont ciû placés dans des conditions dilTérentes qui ont dû déterminer des inégalités plus ou moins notables dans leur développement, et, par suite, des dissemblances plus ou moins marquées , surtout si ces conditions continuent leur action, non pas seulement sur un individu pendant son existence, mais sur d'autres issus de lui et pendant plusieurs générations. De la des variations, qui sont désignées sous ce nom si elles n'agissent que temporairement et sur un individu donné; qui s'appellent variétés si elles agissent plus profondément, avec un certain degré de fixité, sur une suite d'individus; races, si elles se transmettent de l'un à l'autre par voie de généraiion.
Le croisement d'espèces différentes entre elles, l'bybridité, peut apporter aux espèces primitives des changements plus profonds encore. Si les individus hybrides étaient consiamment stériles, ces changements temporaires n'auraient qu'une faible influence. Mais ils ne le sont pas toujours, et l'on conçoit ainsi la possibilité d'espèces nouvelles, intermédiaires entre celles qui leur ont
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donné naissance, et continuant à se propager et à se multiplier par elles-mêmes
Cette double cause de modifications permanentes, l'influence prolongée des conditions extérieures et le croisement par fécondation, est, pour les naturalistes, une grave difficulté. Cette question fondamentale de l'immutabilité des espèces les a toujours occupés et partagés , suivant le degré de puissance qu'ils attribuent à l'action de ces causes , suivant les limites plus ou moins larges dans lesquelles ils renferment la faculté de variation de l'espèce. L'étude des fossiles, en constatant l'existence antérieure de tant de corps organisés qu'on ne voit plus vivre sur la surface de notre globe dans ses conditions actuelles, est venue compliquer le problème, tout en donnant pour sa solution quelques éléments de plus.
Quoi qu'il en soit , on doit reconnaître que depuis les temps à la connaissance desquels nous pouvons remonter par la tradition, surtout depuis ceux où la science s'est formée, les corps organisés, et notamment les végétaux qui nous occupent, n'ont pas changé. On possède des herbiers faits il y a trois siècles, dont les plantes sont identiques avec celles que nous récoltons aujourd'hui ; celles qu'on a extraites de tombeaux d'une haute antiquité ne dillerent pas non plus. D'une autre part, on a constaté que les hybriiJes sont rares dans la nature, ordinairement infécondes , et que dans le cas contraire , abandonnées à elles-mêmes, elles revieni !nt assez promptenient à l'un des types dont elles dérivent. On est donc autorisé à reconnaître aux espèces végétant sur notre globe, tel qu'il est aujourd'hui et qu'il a subsisté depuis les temps historiques , uù degré de fixité suffisant pour nous assurée qu'en. cherchant à les classer, nous ne noue fondons pas sur une base mobile comme elle le serait pour une classification appliquée a des êtres incessamment variables, que les auteurs qui nous ont précède ont eu allaire précisément aux mêmes végétaux , et que , par conséquent, nous pouvons comprendre et juger leurs travaux.
Les botanistes les plus anciens n'ont cité et ne paraissent avoir connu qu'un nombre très borné de végétaux. (Certains auteurs eu ont conclu l'existence d'espèces beaucoup moins nombreuses à leur époque , et, uat
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conséquent , la formalion postérieure d'espèces nouvelles. Mais ou explique nalurelletneiit ce fait, par le champ beaucoup plus (■troit dans lequel se reufciuiaient leurs recherches ; comme le confirme l'élude comparative des botanistes plus modernes, qui, bornés d'abord à un aussi petit nombre d'espèces, ont vu ce nombre croître rapidement en proportion de leurs observations directes sur la nature, hors de proportion avec la formation possible de nouvelles espèces. D'ailleurs ces anciens ne les déGnissaient pas aussi nettement que nous, et en comprenaient quelquefois plusieurs en une seule. A chaque espèce simple ou multiple, ils appliquaient un nom unique. Les limites aussi peu étendues de leurs connaissances botaniques n'appelaient pas l'emploi d'une nomenclature plus compliquée, non plus que celui d'une classiOcation méthodique. Considérant les plantes moins en elles-mêmes que dans leurs rapports avec les besoins de l'homme, ils les réunissaient d'après les propriétés communes, économiques ou médicales qui leur étaient alors attribuées. C'est ainsi que Dioscoride, qui écrivait vers le commencement de l'ère chrétienne, passant en revue les espèces de plantes de lui connues, au nombre de ^00 ou d'un peu plus, à cause de la confusion assez fréquente de plusieurs sous un nom commun , les partage en six livres : le premier consacré aux aromatiques, le second aux alimentaires, les deux suivants aux médicinales , le cinquième aux vineuses , le sixième aux poisons.
Nous devons après lui traverser une longue suite de siècles, et nous transporter jusqu'au seizième avant de rencontrer des travaux de quelque importance sur l'ensemble des plantes. Mais, à cette époque, celle de la renaissance des lettres, l'étude des auteurs grecs et latins, où l'on croyait devoir tout retrouver, se borna d'abord à de longs et pénibles commentaires sur Théopîiraste, sur Pline et principalement sur Dioscoride. Ce fut donc son ordre qu'on suivit généralement, ou simplement l'ordre alphabétique. Mais les commentateurs finirent par comprendre que pour l'intelligence des ouvrages anciens sur l'histoire naturelle, l'étude des objets naturels euxmêmes fournirait un puissant secours : on
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examina ceux-ci en rej^ard de ces ouvrages; on essaya de les cclaircir non seulement par des écrits, mais plus tard aussi par des figures. L'obstination avec laquelle on cherchait à rattacher à ces traditions des pères de la science les végétaux observés dans des pays pour la plupart diCérents de ceux qui leur avaient fourni leurs matériaux a sans doute entraîné beaucoup d'erreurs; mais néanmoins elle accoutuma à connaître ces végétaux par eux-mêmes, tout en les nommant souvent à tort. On apprit à en distinguer beaucoup plus que l'antiquité n'en mentionnait, et, cette vérité une fois reconnue, on multiplia les recherches et, par suite, le nombre des espèces végétales connues, tellement qu'il arriva un moment où l'encombrement de ces richesses nouvelles se fit sentir. La diversité des choses et des mots commençait à dépasser les forces de la mémoire humtinc.
Il fallut alors lui venir en aide en établissant un certain ordre dans cet amas confus; et, de même qu'on avait naturellement réuni d'abord en une espèce tous les individus semblables entre eux, on chercha pour les réunir sous un même nom et sous une déOnition commune, toutes les espèces qui offraient entre elles une certaine ressemblance manquant aux autres. C'est ainsi que de plusieurs de ces unités nommées espèces on composa des unités d'un ordre plus élevé auxquelles on donna le nom de genre. Faisons remarquer, pour l'intelligence de ces vieux livres, que cette acception du mot de genre, telle que nous la donnons ici et qu'elle a cours aujourd'hui , ne fut pas adoptée de suite et généralement. Dans les plus anciens, comme, par exemple, ceux de Brunfels, de Tragus, de Fuchs, l'espèce est désignée sous le nom de genre; mais il leur arrive fréquemment d'indiquer plusieurs de ces genres comme compris sous un même, qui prend alors la valeur attribuée plus tard à ce mol.
Ce rapprochement de plusieurs espèces en un groupe est une opération naturelle à l'esprit, quoiqu'à un moindre degré que celle des individus. Nous avons dit déjà que les auteurs les plus anciens en fournissent çà et là des exemples; et les noms que des peuples étrangers aux sciences et même à demi sauvages donnent aux végétaux puur
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ÎDsqueis leui langue a des noms, prouvent ouvent par la désinence commune de quelques uns d'entre eux, le senlimenl d'un rapport entre les objets qu'ils servent à désigner. Sans doute , de pareils genres pèchent fréquemment contre nos règles actuelles, ainsi que ceux qui résultèrent des essais des premiers botanistes à cette époque oii nous sommes arrivés. Mais c'était déjà beaucoup d'établir des règles quelconques, de reconnaître des rapports, et, parmi les caractères spécifiques, d'en élever plusieurs à un degré supérieur, comme communs à un certain nombre d'espèces , comme génériques.
Les genres devaient se multiplier en même temps que les espèces, et leur multiplication Taire sentir la nécessité de divisions nouvelles dont chacune réunit un nombre limité de ces genres semblables entre eux par quelques caractères plus généraux. Cette nouvelle opération diminuait notablement la fatigue et la difficulté des recherches en les circonscrivant : qu'il s'agît soit de trouver un genre déjà connu, soit d'assigner une place à un genre nouveau, ce n'était plus à l'universalité des plantes qu'il était nécessaire de le comparer, mais leur majorité se trouvait exclue de la comparaison dès qu'on avait reconnu les caractères généraux par lesquels la plante étudiée se rattachait à tel groupe ou à tel autre; et l'opération ainsi divisée , bornée désormais à l'étude d'ua nombre beaucoup plus petit de genres, devenait beaucoup plus simple et en même temps plus sûre. L'utilité évidente de ces divisions en augmenta le nombre; les plus générales furent divisées à leur tour, puis celles-ci subdivisées, et l'on obtint ainsi une suite de groupes subordonnés au dessus des genres et des espèces, dernier terme de la classiScation.
On a souvent comparé cette organisation à celles des armées : une troupe peu nombreuse peut marcher sans chefs et sans ordre, dont le besoin se fuit sentir si elle le devient davantage; on reunit alors les soldats par escouades, par compagnies, par bataillons, par régiments ; les grandes armées )nt leurs corps, leurs divisions, leurs brigales ; les cadres s'élargissent dans la même )roporlion qu'elles gramiissent elles-mêmes, et de celle manière des masses énormes
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peuvent se mouvoir avec ordre, se manier avec facilité, et la place du moindre soldat bien déterminée permet d'arriver jusqu'à lui , tandis qu'il serait introuvable sans ce classement.
Ainsi sont nés les systèmes et les méthodes en histoire naturelle. 11 est difficile d'établir nettement la distinction entre les classifications désignées par ces deux noms dilTérenls. On définit, il est vrai, ordinairement les premiers comme n'employant que des caractères tirés exclusivement d'un seul organe, les secondes comme se servant de plusieurs organes à la fois. Mais l'étude de la plupart des systèmes nous les montre toujours fondés sur l'emploi de plusieurs organes, aussi bien que les méthodes; et, d'une autre part, celles-ci en font généralement prévaloir un sur les autres. Nous nous servirons donc à peu près indifféremment de ces deux mots.
Le premier système botanique véritablement scientifique, c'est-à dire fondé sur des considérations tirées des organes mêmes des plantes , est dû à un Italien , André Cesalpini, et consigné dans son ouvrage de Plan- Us, publié -în 1583. Déjà vers le milieu de ce même siècle l'illustre Conrad Gesner de Zurich avait reconnu et écrit que les principaux caractères de la plante doivent être tirés de la fleur, du fruit et de la graine plutôt que des feuilles, comme on l'avait fait jusque là, et comme on continua à le faire longtemps encore. Césalpin mil celle vérité en pratique. Selon lui , le but de la végétation est la production des graines, qui sont les fœtus végétaux; la fleur est une enveloppe, mais extérieure et passagère de ces fœtus; le fruit, une enveloppe permanente. Aussi est-ce dans le fruit et la graine qu'il a cherché la base de son système , et les a-t-il étudiés et conuiis bien autrement que tous ses prédécesseurs et beaucoup de ses successeurs. Il a su en reconnaître la partie essentielle, l'embryon , et les parties constituantes de celui-ci, le cotylédon simple ou double, la radicule, qui se dirige soit en haut soit en bas , soit en dedans, soit en dehors, la gemmule {punclutn veyelans) • il les désigne par d'autres noms, mais les décrit assez fidèlement pour être compri.« et pour qu'on juge à quel degré il avait poussé ses observations. Sa première division en deux
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grandes classes, dont l'une comprend les arbres et arbrisseaux, division qui reinonle jusqu'à Théophraste, l'autre lessows-nrbrisseaux et herbes , est la seule concession faite à son temps. Il partage la première d'après la direction de la radicule snpère et infère; la seconde, d'après le nombre pour cbaque fleur, soit des graines nues ( akènes et caryopses, où il a soupçonné la véritable nature, la nature pericarpique du tégument extérieur accolé pins ou moins intimement), oit des péricarpes secs ou charnus qui renerment ces graines. Ces nombres sont 1, 2, 3, i, ou davantage , et dans chacune des divisions auxquelles préside un de ces nombres sont établies des subdivisions d'après d'autres caractères fournis par ces enveloppes de la graine ou du fruit. Il forme ainsi 13 classes, et dans une quatorzième rejette les plantes où il a vu manquer les graines, celles que nous nommons Cryptogames. Dans ces organes fondamentaux il a su trouver encore, pour établir de nouvelles coupes dans plusieurs de ces classes, de nombreuses modifications, telles que l'indépendance ou l'adhérence de l'ovaire, l'unilc ou la pluralité des carpelles ou des loges , et, ce qu'on ne saurait trop faire remarquer, la situation relative de ces loges lorsqu'elles sont réduites à deux, anléro-postérieure ou latérale par rapport à l'axe principal , c'est-à-dire un de ces caractères de symétrie dont l'emploi passe pour une invention tout à fait moderne.
On doitrendrehummage au génie de Césalpin qui sut s'adresser aux organes les plus essentiels de la planteetà'la Gnessedeses observations qui y découvrirent ces caractères ignorés avant lui. Mais il ne sut pas établir entre euxunejuslesubordiiintion, ni les lier à d'autres caractères tirés d'autres parties d'une observation plus facile et plus généralement admise, dont l'emploi cûl rendu »on système moins obscur et, par suite, plus populaire. Aussi ce système, trop digne de le nom, dans l'acception où on l'admet communément, puisqu'il ne fait usage que d'un feu! organe, ne paraît pas avoir exercé une grande influence sur tous les travaux postérieurs, et nous sommes obligés de franchir un siècle presqu'entier, pendant lequel la botanique, tout en se perfectionnant, resta dans ses anciens errements, avant de ren-
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contrer un autre essai de classification qui présente une véritable importance. Cet essai fut tenté par un Anglais, Robert Morison, qui, dans son grand ouvrage (Planlarum historia universalis per tabulaa cogtialionif ci afjinilalis ex libvo nalurœ observala cl détecta, 1680-99), applique à l'ensemble des plantes conimes un nouveau système qu H considérait, avec un peu trop de confiance, comme celui de la nature elle-même. 11 conv mence, comme tous ses prédécesseurs, par U division des végétaux en arbres et herbes, puis divise celles-ci, lessenlesdont il ait traité, en quinze classes, dont la dénomination et le caractère sont tirés, pour la plupart, du fruit, mais, pour quelques unes aussi, ou de l'inflorescence (corymbifères, ombellifères), ou de la fleur (hexapéiales, fleurs en casque), ou de la nature de la lige (culmifères), ou de celle des sucs (lactescentes). Ces divers caractères sont quelquefois combinés entre eux et avec ceux du fruit; ils le sont avec d'autres encore, dans les subdivisions de ces classes. De leur emploi simultané et un peu confus, résulte une classification, d'une part assez confuse elle-même, et qu'il serait difficile de réduire en tableau, mais, de l'autre, moins gênée par les exigences du système et présentant par une heureuse conséquence de ces défauts mêmes beaucoup plus de fragments de groupes naturels.
A partir de celte époque, les systèmes se multiplient, fondés sur des notions [)lus précises et sur des matériaux plus abondants. En effet, les recherches se s<uit poursuivies avec zèle et se sont étendues dans tout le monde, favorisées par l'extension des rapports commerciaux et des découvertes géographiques; de nombreux jardins botaniques, établis en Europe, en reçoivent et en conservent les résultais; les écoles, pl'us nombreuses et plus avancées, les sociétés savantes, donnent aux études, avec l'activité qui résulte d'une énmlalion générale, l'unité qui résulte de communications constantes et rapides. La botanique a suivi ce grand mouvement du xviii'^ siècle et. dans l'histoire de ses progrès, celle dont nous avons à nous occuper ici, celle des classifications en particulier, tiendrait à elle seule beaucoup trop de place, si nous voulions exposer tout co qu'on a fait en ce genre. Chaque découverte, dans les organes des végétaux, a dû se résij-
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mer dans un système, et, comme chacun de ces organes peut être envisagé sous divers points de vue, comme les rapports des uns aux autres sont plus variés encore, on conçoit la facilité de combiner des arrangements nouveaux et l'abus qu'on a pu en faire. Nous nous bornerons donc à l'exposition des principaux systèmes, ceux qui ont exercé sur la science une influence incontestable, ceux qui ont été suivis par un nombre plus ou moins grand d'autres auteurs, de telle sorte que l'intelligence de leurs ouvrages exige celle de l'ouvrage qui leur a servi de guide.
Dans les dernières années du xvn* siècle, parurent trois de ces systèmes : celui de Ray, en Angleterre (1680), celui de Bivin,
en Allemagne (1690), celui de Tournefort, en France (1694).
Nous commencerons par le second, le moins important des trois, d'autant moins que le grand ouvrage dans lequel il devait être appliqué à l'ensemble des plantes (/ntroduclio generalis in rem herbariani, 1690- 1699) n'a pas été achevé. La classification de Rivin (dont le vrai nom, ainsi latinisé, était Bachmann) est purementsystématique, puisque c'est sur la considération exclusive de la corolle que se fondent ses dix-neuf classes. Cette corolle manque ou existe; elle est régulière ou irrégulière , composée d'une seule ou de plusieurs pièces. De là les divisions que fera mieux comprendre le tableau suivant.
SYSTEME DE BIVIN.
parfaite.
lëgulière. .
>iinple.
monopélale 1
'2-pétiiIe 2
ô-pélale S