CHAPITRE II
CES SÉCntTIONS OnCANIQUES DE LA CAVITÉ EUCCALE.
Nous comprenons , dans celle catégorie , les dénis et les fanons.
§ 1. Denis des Verlébre's.
Celte sécrétion organique est une des plus intéressantes à étudier (I).
Les rie/i(s se renouvellent comme les poils, comme les plumes. Chez le plus grand nombre de Poissons et de liepliles, c'est à la surf.icc fie la muqueuse qui revêt les mâchoires, on dan.e vm repli de cette membrane qui pénètre «itrns une rainure de l'une ou l'autre mâchoire, ou des autres os de la cavité buccale qui supportent les dents, que celles-ci se développent.
Elles ont pour organe producteur une poche ou capsule membraneuse appelée encore follicule dentaire, dont l'organisation est d'autant plus compliquée que la dent l'est elle-même davantage.
Pour bien comprendre cette organisation, nous décrirons , en premier lieu , les dilTérentes substances dont une dent peut être composée.
La substance principale de toute espèce (le dent simple ou composée , que j'ai ainsi désignée dans un mémoire spécial sur ce sujet (2), a été appelée Vivoire par M. Cuvier, la substance tubulcuse par M. J. Millier, la dentine par M. R. Owen.
Elle forme, e» cdet, la partie essentielle
(i) Il a dfjà paru unartirlpinlér.s^aiitsiir cette mntic-re 8.. M.ut DEHTS, tomeIV,deccDi,tionnaiie. M, P. Gervnis. iim en est l'auteur, s'est surtout appliqué à faire ronnaîire I> s ilerits sous le rapport znoIoi;ique . sans négliger cependant les points de vue de leur struc ttire intime et de leur dfviloppemeiit. Nous étant partirulicieinent occupé desdei.ts, sons ces deux derniers rappnits, nous avons pensé pouvoir, s ins double emploi, faire entrer ce sujet, dans Cet article.
h) Sur les dents ilcs Musaiaienes. etc., Mémoire lu a l'Académie des sciences les S et ifi août, et 5 septembre i8t2 V.nr les comptes rendus de ces sriciices, et le t. X des Savants étrangers de l'Instilu) Paris, |844,
des dents ; c'est d'elle que dépend leur Uvr.x? et la plus grande partie de leur volume.
Sous ces divers rapports, ie mot denline, par lequel M. R. Owen les désigne, me paraît très heureux. Cette substance commence avec la paroi d'une cavité centrale occupt'c pur le bulbe de la capsule dentaire, qui en est l'organe producteur, et s'étend dais toutes les parties de la couronne et de la racine, ou des racines quand il y en a plusieurs, jusque près de la surface de la dent.
Elle se compose de tubes à parois calcaires, qui ont leurs orifices apparents dan; les parois de la cavité centrale (1 ), et qui se dirigent généralement par le chemin le plus court, vers la surface, soit en divergeant , soit en restant parallèles, suivant la forme de la dent (2).
Dans ce trajet, ils se ramifient ou se divisent de diverses manières, dans les dilTérentes espèces d'animaux et les espèces de dents. Ils finissent souvent par former un réseau très fin, aux dernières limites de la denline. Leur diamètre moyen a été estimé de ,-^- de millimètre. Outre ces tubes, quelques analomistes pensent que la dentine se compose d'une substance amorphe, qui eu occupe les intervalles.
Ce serait, suivant celte manière de voir, dans celte même substance amorphe que se formeraient, par la puissance organisatrice, les tubes, comme des lacunes qui n'auraient pas de parois membraneuses propres.
Ayant remarqué que les tubes sont beaucoup plus nombreux dans les dents nouvelles que dans les dents anciennes, j'ai élé conduit à l'idée qu'il n'existait, au contraire, dans l'origine de la formation de la denline, aucune substance amorphe intermédiaire ; que l'apparence de celte substance, augmentant avec rûge, devait être allribuée à la calcification complète d'un plus grand nombre de tubes, et à rhomogénciié qu'ils acquièrentparcelte calciHcalion. Je leviendr.ii sur ce sujet en paiiant du bulbe et de J production de la denline.
La seconde substance dont se compo e une dent simple est Véinail.
L'émail revêt la dentine, comme Vv]}]derme revêt le derme; mais avec cetu- diTfércnce que ce n'est pas la dentine qui forme
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Iciiiail , quoiqu'une partie de ses tubes y [iciicire quelqueTois d'une manière évidente. Nous verrons les conséquences que l'on peut en tirer.
Vémail se compose évidemment , dans quelques cas, de petites cellules cubiques, remplies de substance calcaire amorphe , qui sont arrangées de manière à former (!p petites aiguilles , ou des chevilles disposées en séries successives , obliques à 1.1 surface de la dent, et dont la lèle est du côté de celte surface (1). C'est du mcins cet arrangement qui a été observé dans une coupe longitudinale d'une incisive lie dent humaine; tandis que les lignes d'émail paraissent plus continues et ondulées dans une coupe transversale.
Ces mêmes lignes sont assez droites, parallèles entre elles, et dirigées plus ou moins obliquement vers la surface de la dent, dans l'email d'une incisive de Rongeur.
L'emaif ne recouvre que la couronne des dents, et ne s'étend pas sur leurs racines, c'est à dire sur la partie de la dent qui ne sort pas de l'alvéole, et qui n'est pas destinée à avoir un usage dans la mastication ; mais lorsque cette partie doit sortir à son tour de l'alvéole par l'accroissement incessant de la dent par sa racine, elle est recouverte d'émail. Telles sont les incisives de Rongeurs, dont la face inférieure est toujours revêtue d'émail, jusque dans la profondeur de l'alvéole, quelle que soit son étendue.
La troisième substance des dents est leur cément.
Cette substance , appelée cortical osseux par Tenon , dans son beau travail sur les dents de Cheval, a été désignée sous le nom de cément par G. Cuvier; parce qu'elle sert à réunir, à cémenter ensemble les dents simples qui composent une dent molaire d'Eléphant.
Le cément recouvre les différentes divisions d'une dent semi-composée, et pénètre dans leurs intervalles en recouvrant l'émail. C'est ce qui a lieu , entre autres, dans une dent molaire de Cheval. Tenon lui avait lionne le nom de cortical , parce que le cé-
(i) Voir notre pi. 3, fig. 4 et 4', pour l'émail d'une inci- •ivc (l'homme »u dans une coupe longitudinale , et fig. 5 et i". pour l'émail de la même dent, vu dans une coupe ho-
ii2.uijtale»
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ment forme , dansce cas , l'écorce de la dent; et celui de cortical osseux, parce qu'il avait reconnu, quoiqu'avecdes moyens d'étude bien imparfaits, que celte substance est analogue à celle des os.
Des observations microscopiques réitérées ont démontré, en efl'et, qu'elle se composait, comme les os, des corpuscules qui caractérisent essentiellement la substance des os. I
J'ai distingué le premier deux espèces de cément, le dentaire et ^alvéolaire. Les détails dans lesquels je suis forcé d'entrer à leur sujet, montreront combien cette distinction était importante.
Le cément dentaire fait essentiellement partie de la couronne ou de la portion triturante des dents composées ou semi-composées. Il a été décrit, en premier lieu, par Tenon et G. Cuvier.
Il peut exister aussi autour des racine» des dents simples des Mammifères âgés; on ne l'y trouve, si je ne me trompe, que lorsqu'ils sont adultes : son épai-sseur va en augmentant avec l'âge. Il appartient toujours à la dent, et ne sert pas à la souder à l'os auquel cette dent est fixée.
Le cément que j'ai appelé alvéolaire , après l'avoir étudié chez les petits Mammifères (les Musaraignes , les Chauves-SoU' ris, etc. ), est destiné à souder toutes leurs dents aux mâchoires. Il se forme simultanément , chez ces derniers animaux , avec la dentine de la racine ou des racines ; il tombe avec les vieilles dents lorsqu'elles doivent être remplacées , et se renouvelle avec elles (1).
C'est une des circonstances les plus importantes de l'histoire des dents, que l'eiistence de ce cément alvéolaire, tel que je l'ai fait connaître dans les Musaraignes , les Chauves-Souris et la Taupe , et que je l'ai démontré ensuite dans les dents des trois classes inférieures des Vertébrés (2). Une simple implantation de la dent dans les mâchoires de ces petits Mammifères, à peine ossifiées quand la dent est déjà durcie, ne suffisait pas pour l'adermir dans son al-
(j) Voir notre pi. I du mémoire cité. On verra dans la figure 2 que les corpuscules osseux et les canaux médulliiiros ont absolument le même aspect dans une coupe de la niiilioirc iiiféricui e et dans celle d'une dent.
(2) Je suis surtout entré dans beaucoup de détaila à ton sujet ilai:5 mon cours deiS4i au collège de France.
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véole; il faHait une soudure h celte union de la dent et de la mâchoire , et cette soudure est merveilleusement opérée par le cément alvéolaire ; de même que le cément rfe»?ai/e soude entre elles les dents simples d'une dent composée.
Dans les trois classes des Repliles, des Amphibies et des Poissons, le cément alvéolaire est le moyen nécessaire pour souder les dents aux os et aux cartilages qu'elles doivent armer. Il supplée pour ainsi dire à la racine qui leur manque , compose la couche inférieure d'une dent simple ou d'une plaque formée par la réunion d'un grand nombre de dents simples , et se continue dans ce cas avec le cément dentaire.
Il y a beaucoup de dents de Poissons formées , en grande partie , par le cément alvéolaire, et dans lesquelles la dentine et l'émail entrent pour une petite proportion. Faute de cette distinction , on ne pourra pas comprendre les différences que présentent les coupes des dents de poissons qui ont pour but d'en représenter la structure intime (1) ; avec cette distinction , on aura la clef de ces différences, dont il sera facile de se rendre compte, et que l'on pourra préciser.
Dans VAnarrhique loup , le cément alvéolaire forme un véritable support, sur lequel la dent s'élève, qui fait corps avec l'os, et subsiste lorsque la dent est tombée.
C'est le cernent alvéolaire qui fait adhérer solidement à l'os maxillaire l'un des crochets du serpent venimeux, qui était en réserve dans une bourse commune , lorsque l'action de la vie l'a poussé à la place laissée vide, par la chute de celui qui était en usage.
J'ai démontré les phases de l'ossification du cément alvéolaire dans unedentition nouvelle de Musaraigne , et j'ai cherché à faire comprendre tout l'intérêt de cette étude pour la formation des os en géHéral (2).
Je crois devoir distinguer du cément alvéolaire, tel que je viens de le caractériser, le cément advenlif qui entoure les racines des dents.
MM. Purkinje, Retzius, J. Miiller et ErdI l'ont décrit autour des dents de l'homme;
(i) Entre nulrf s les belles planriies publiées pai M. Agassiz dans son ouvrage sur les Poissons fossiles, livraisons ib"
(3) Mén
rite. p. es, et pi. I, fig 3 et*.
mais on ne le trouve (jim dipz les .Tiln!!is; ses couches et son épaisseur aiit;;ii('ri!(M t avec l'âge, et contribuent à fermer Idincr ture par laquelle les vaisseaux et les hm-'s pénètrent dans la racine. Il contribue encore , en augmentant le volume de la r.n n c chez les Mammifères, à faire sortir celle ii hors de son alvéole. Si l'on ajoute à cet effet, celui produit par le travail d'ossification continuelle du périoste, qui tapisse l'alvéole, et la diminution de cette cavité à mesure de ce travail, on comprendra , commentil arriveque lesdents les plus saines sortent de leurs alvéoles et tombent tout r.alurellement chez les personnes âgées. Le cément alvéolaire adventif ne se forme qu'à la longue. Le cément alvéolaire proprement dit se forme avec la dent, se durcit avec elle, et fournit une gangue commune à toutesles dentsd'une même espèce, qui sont du même côté dans les petits Mammifères.
Voyons à présent les organes [iroducteurs de ces trois substances.
Chaque dent a pour origine, ainsi que nous l'avons déjà exprimé, ou pourorg;ine producteur , une poche membraneuse ou capsule (I), composée d'autant de parties organiques différentes, qu'il doit y avoir de substances diverses dans leur produit commun.
Au plancher de cette pnche génératrice se trouve une partie saillante d'apparence molle et pulpeuse, recevant des vais'^c.iux sanguins qui la colorent en rouge, et des nerfs qui lui donnent l'activité vitale nécessaire à sa fonction. C'est cette pariie saillante, qu'on appelle bulbe, qui produit la dentine ou la substance principale de la dent.
Le bulbe ayant exactement la forme de la couronne, on l'a regardé longtemps comme le moule de la dent, comme transsudanl pour ainsi dire de sa surface membraneusiî les couches successives dont chaque dent paraît composée; de ma-nière que les plus anciennes sont les plus superficielles, et la dernière formée la plus rapprochée du bulbe.
La couronne d'une dent humaine ou de Mammifère, en formation, recouvre le bulbe comme une calotte, et s'en détache sans
(■) Ce:
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qu'on puisse reiiilrc facilement évidente la tiioiiidre cof tiniiiié de substance entre celte c.)uro:ine et le bulbe. A mesure que la dent croit, elle tend à cufernier le bulbe dans lu cavité centrale , dans celle de la couronne d'abord , puis dans celle de la racine.
Dans ce cas, la cavité du bulbe conserve d<ins sa forme celle de toute la dent.
La formation de cette substance principale de la dent, par couches successives , autour du bulbe qui en serait le moule , est la théorie adoptée par G. Cuvier.
Cependant immédiatenienl après avoir exposé cette théorie, il ajoute: «Mais les » dents qui ne tiennent qu'à la gencive » seulement, comme celles des Squales, •> croissent à la manière des épiphyses des » os; c'est-à-dire que loule leur substance n osseuse est d'abord tendre et poreuse, et » qu'elle se durcit uniformément et finit par » devenir entièrement dure comme de l'i- » voire (1). >>
A la page suivante on lit encore que, dans la Raie aigle, la couche supérieure de la dent , dense , osseuse, couverte d'une légère couche d'émail, est uniquement formée de lubes parallèles qui vont directement se terminer à la surface émailleuse.
Ces deux passages pouvaient conduire, le dernier à la connaissance de la structure lubuleuse de l'ivoire ou de la denliiie , et le premier à la formation de celle substance par une sorte d'intussusceplion. En 1S40 et 1841 , l'étude des dents de Squale par M. R. Owen , lui a démontré leur accroissement par intussusception , comme elle l'avait clé à G. Cuvier trente- cinq années auparavant.
La découverte de la structure tubuleuse ou de la dentine , faite en premier lieu par Leeuwenhœck , reprise avec plus de détails et de précision par MM. Purkinje , Relzius n 3. Muller en 183C et 1837, a conduit M. Owen à étendre à toute csiicce de dent l)our la formalion de la substance principale ou de la dentine, la théorie que l'observation des dents de Squale lui avait fait adopter. M. R. Owen pense que tout le bulbe se transforme successivement dans les tubes qui composent la dentine, et que ces tubes
(i) Leeoni Jfanalomie comparût de G. Cuvier, t. \\\ , p 112; Paris. i8i>5. Miillieuteusiinent If copiste de cei ancien U»tf, iiour la 2' «ilitiun, • omis ce passage, par uubli.
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à parois propres et membraneuses se calcifient plus ou moins rapidement pour composer celle substance.
Je regarde le bulbe comme formé de deus parties, l'une centrale, composée d'une agrégation de follicules servant à prendre, dans les nombreux vaisseaux sanguins de ce bulbe, les matériaux de leur sécrétion. L'autre, qui entoure cette partie centrale, est le canevas de la substance principale de la dent. Ce canevas composé de lubes membraneux se calcifié à mesure par le liquide calcifère sécrété par les follicules et le pénètre ; il devient ainsi successivement de la dentine. Le bulbe ne se transforme jamais tout enlier dans celte substance; ou bien il s'atrophie lorsque l'entrée de la cavité est fermée par le cément ou par la dentine de la racine; ou bien il se pétrifie d'une manière particulière, comme nous en avons cité plusieurs exemples, entre autres celui des petites incisives du Lièvre , dont l'accroissement ultérieur est ainsi arrêté (1).
L'organe producteur de l'émail est une membrane particulière découverte parF. Cuvier, dont j'ai constaté l'existence dans les Musaraignes, où je l'ai trouvée colorée, précisément aux endroits correspondants aux parties de la couronne dont l'émail est coloré.
Cette membrane n'occupe, dans la capsule dentaire qu'elle tapisse, que la partie qui répond à la couronne.
Dans celle des incisives de Rongeurs, elle subsiste dans la profondeur de l'alvéole, du coté de la face inférieure de celte dent, pour remailler à mesure qu'elle croît par sa base.
Quant au cément, son organe producteur est la capsule dentaire elle-même et ses di(Térci!tcs lames.
Le cément dentaire, qui recouvre Témail dans les molaires composées de l'Éléphant, est formé par des replis de la membrane interne de la capsule , qui pénètrent entre les lames qui composent chaque dent simpls de cette dent composée.
C'est sans doule un reste de cette capsula qui recouvre à la longue de couches successives de cément les racines des dents humaines.
Le cément alvéolaire est aussi produit par
(i) Jliniîiiecil* p 86 et 87, et pi. III, fij 3.
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les replis de la membrane de la capsule den. taire, faisant de même rorficc d'un vcrilaliie i)ériosle. Mais ici, après avoir produit avec abondance, par la partie interne, la snbslancc qui doit se cbanger rapidement en os, la paroi externe de celle même capsule me semble devoir sécréter la couche de cément ou de matière osseuse qui fait adhérer la dent aux os avec lesquels elle est en rapport.
Ce rôle de la capsule dentaire, qui se transforme en un double périoste interne et externe , en se confondant , sans doute dans ce dernier cas, avec le périoste de l'os, explique toutes ces adhérences que contractent les dents des Poissons, des Amphibies et des Jieptiles, avec les os correspondanls.
Les diiïérentes substances dont se composent les dents ne sont pas tellement séparées qu'elles ne puissent un peu se pénétrer dans leur formation réciproque. Les tubes de la dcnline, ou les vaisseaux de la membrane du bulbe qui la limitait, semblent pénétrer parfois dans les différentes parties de rémail (1).
Dans d'autres cas, ce sont les corpuscules osseux qui ont traversé l'émail, et sont parvenus jusqu'au réseau superficiel des tubes ramifiés de la substance principale.
On ne peut comprendre ce mélange possible, qu'au moment où ces différentes substances sont encore en voie de formation et peu durcies.
L'exposé que nous venons de faire des différentes substances qui entrent dans la composition des dénis, de leur slructure intime, et des divers organes qui les produisent, permet d'arriver à des conclusions sur la vie et l'accroissement des dents, et à des idées bien différentes de celles qui avaient été adoptées à la suite de la théorie de la formation de l'ivoire par simple transsudation de la surface du bulbe, comme une substance inorganique.
Avec celte thiorie , on ne pouvait comprendre aucun mouvement moléculaire dans l'intérieur de la dent.
Profilant des découvertes de MM. Purkinje, Jean Millier et Relzius, sur la structure tubulée de l'ivoire, nous avons peutêlre réussi à les pousser un peu plus loin , en montrant que la prétendue substance
(i) Mi^moire rite, pnjes 3o et 90.
T. xn.