‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 120 sur 173 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

La sécrétion, dans bien des cas, n'est pas une sitnplc séparation , par l'organe sécréteur, de certains matériaux qu'il choisirait d.ins le sang, comme une sorte de tamis. H y a, dans cetie chimie vivante , des àcliniis et (les réactions moléculaires, pour l'inteiligeinc desquelles l'anatomie microscopique et la physique actuelle ont fait faire quelques pjs à la science.

11 nous reste à les résumer brièvement.

Tout organe de sécrétion se compose esseiilicllement d'un tube fermé à son origine, ou d'une poche membraneuse, dont la forme peut varier beaucoup. Cette poche est plus ou moins remplie de vésicules granuleuses ou de jeunes cellules, qui peuvent se mulliplier au point d'en remplir presque toute la cavité.

Ces cellules paraissent jouer un rôle important dans les sécrétions.

Elles dînèrent des cellules cylindriques, ou en pavé, composant l'épithélium qui tapisse un peu plus avant les parois des canaux sécréteurs; ceux-ci commencent à prendre, par cette disposition, le caractère de canaux excréteurs (1).

Les arrangements variés des vaisseaux sanguins qui arrivent dans la glande, et entrelacent de leurs réseaux ou de leurs ramuscules les parois extérieures des tubes sécréteurs, doivent aussi avoir quelque influence S'.ir la sécrétion (2).

Il ne faut pas perdre de vue qu'avec tous €■•■5 arrangements , pour ainsi dire mécani- (]i!is , il y a des nerfs dans l'organe, qui le ri'iiijent sensible, excitable, et que la puisf.iiice nerveuse donne à cette machine le tiir.iivernent et la vie, en y accélérant la ( i:(iilalion du liquide nourricier et la sortie (les produits.

(') N.ite sur le mcranisme des sccictioiis , par A. Lereiii.iill. 1, Gazette médicale de Slraibourg. 20 niiirs iCjO

riaiis notre picinière rédaction des Leçons d'aiiaiomic comparé!, t. V, p. J07. Le chapitre des Sécrétions fuisait \v.uti'- >l.- la part que M. Cuvier avait bien voulu abandoiinri à ojne entière collaboration.

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Voilà pourquoi l'eau (la salive) vient à la louche par suite de l'impression que fait l'odeur d'un mets sur notre odorat, et, par son intermédiaire, sur l'organe du goût et sur les canaux excréteurs des glandes saliva ires.

C'est par l'elTet de l'excitabilité de l'appareil sécréteur de l'estomac que Vappclil vient en mangeant; la présence des premiers aliments reçus dans l'estomac provoquant la sécrétion du suc gastrique qui dispose cet organe à la digestion.

Telles sont les données de l'anatomie et de la physiologie, qui peuvent conduire à l'explication des sécrétions.

Voyons celles de la physique.

Elle a démontré depuis longtemps (1) que lorsque deux liquides de densité différente so:it séparés par une cloison poreuse susceptible d'être mouillée, au moins par l'un d'eux, il s'établit un double courant inégal, indépendamment de leur poids; de telle sorte que la partie contenant le liquide le plus dense, finit par se remplir du liquide le moins dense.

Il est incontestable que c'est à M. G. -F. Parrot, le condisciple , l'ami et le compatriote de G. Cuvier, que l'on doit la première expérience par laquelle il a fait sentir les applications de ce phénomène physique aux phénomènes de la vie , et plus particulièrement aux sécrétions (2).

M. Dutrochet, de son côté, ignorant certainement l'ingénieux travail de M. Parrot, a reconnu le même phénomène, en variant et en multipliant davantage ses expériences, et il lui a donné les noms d'endosmose et d'exosmose ; mais sans en tirer plus de conséquences physiologiques que le premier auteur des applications de ce phénomène h l'économie animale.

Cet auteur a vu, dans une première expérience, une vessie remplie d'urine et plongée dans un vase plein d'eau, augmenter de

(i) Vuir, a ce sujet, la note curieuse de Jean Bernouilli , dans le Traité de Borelli, ériit. de la Haie. Cette note es! i:ipi>ortée l'n <;jf/;«jo par M. Jacques Maissiat , D. M. P. il iiis sa thèse de concours Sur les lois du mouvement des Kquides dans les canaux , Paris. i83(), p. 32.

(a) De Cinjliience de ta physique et de la chimie sur la mé* decine. par G.-F. Canot, professeur onlinaire à l'IJniversil» de Dorpat, 1843. L'Académie des sciences a reçu de l'au. leur, dans sa séance du 23 septembre t844. un exemplaire d« cet opuscule intéressant, avec une note ayant pour litre; Coup d'œil sur rlî/idoimuse.

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volume et de 0,142 de son poids, au bout de vingt-qualre heures; ne pas changer quand, après l'avoir remplie d'eau, on la plongeait dans le même liquide; perdre, au contraire, de son poids et de son volume , si 0:1 la plongeait dans de l'urine après l'avoir remplie d'eau (§ 53).

Il a rempli un flacon d'alcool et l'a bouché avec une vessie bien lemiue , et il a [ilopgé ce flacon dans l'eau. Après deux ou trois heures la vessie formait une forte saillie hémisphérique au dehors , de plate qu'elle était auparavant. Piquée avec une épingle, un fîiet d'eau en a jailli jusqu'à 10 pieds de hauteur. Le contraire est arrivé, et elle rentrafl en dedans après avoir rempli le flacon d'eau , et plongé ce même flacon dans l'alcool (§ 54).

En y plaçant un œuf frais dont on avait enlevé la coque , M. Parrot a vu la membrane de cet oeuf se rompre avec éclat, comme si on l'eût déchirée par une violente manipulation.

« Ces faits , ajoute l'auteur ( § 55 ) qui » s'exprimait ainsi , remarquons-le bien , il )' y a 45 ans, nous révèlent une branche » nouvelle de phénomènes qui pourra servir a heureusement à l'explication des sécré- I) tions

» Présenté d'une manière générale , cette « doctrine établit que les vaisseaux sont peru méables par certains fluides et ne le sont j» pas par d'autres. Cette différence d'action » des fluides sur la même substance suppose u des différences chimiques entre les fluides, w II faut donc que les affinités agissent ré- » ciproquement.

» Une foule de vaisseaux sont semblables 1) à la vessie : les gros boyaux, les veines et » les artères , l'amnios , etc. Nous devons » donc en attendre les mêmes efl^els. C'est » ainsi que nous avons , pour tous ces cas , » les voies de la sécrétion, si longtemps cher- » chées sans succès par les anatomistes les s> plus exercés.

)) I! est on ne peut plus vraisemblable » que les vaisseaux lymphatiques , que les D glandes agissentde la même manière (1). »

Le mécanisme intime de tout organe sécréteur se réduit à des capacités à parois membraneuses, qui se remplissent en partie de cellules à noyaux.

(l) liid., ji, ig.

Delà l'action attractive moléculaire entre ce contenu plus dense, et le liquiile nourricier qui circule dans les vaisseaux sanguins capillaires ou intermédiaires, appliqués à la capacité membraneuse de sécrétion.

La structure dilTérente de cette membrane , la nature variée de son contenu suivant les glandes, sont probablement les causes qui déterminent les différentes natures des sécrétions inorganiques.

Les produits supposés existants dans l'organe sécréteur ne doivent-ils pas agir sur if. fluide nourricier à leur portée, pour en extraire les mêmes matériaux immédiats, lorsqu'ils s'y trouvent tout formes, ou du moins leurs éléments?

Quantaux sécrétions organiques, la science les a constatées; elle a déterminé leurs organes, et montré la structure intime de ces productions; mais elle est loin d'avoir soulevé le voile qui cache, à nos yeux, leur formation. La connaissance de toute origine organique par des cellules, a seulement reculé la difficulté, loin de l'avoir fait disparaître. (G.-L. DUVERNOV.)

SÉCDRIDAQUE. Securidacaiae la forme du fruit qu'on a comparé à une hache), bot. ru. — Tournefort avait appliqué ce nom générique à une Papilionacée du midi de l'Europe que Linné regarda comme une Coronille, et nomma Coronilla Sccuridaca, qui devint pour De CandoUe le type du genre Securigera, et pour laquelle la plupart des botanistes adoptent aujourd'hui le genre Bonaveria de Scopoli [voy. BONAVEniA et securigeua). Ce même nom fut ensuite donné par Linné au genre objet de cet article, qui rentre dans la famille des Polygalées, et que le botaniste suédois rangea dans la mona- (lelphie décandrie de son système, bien qu'il appartienne réellement à la monadelphie octandrie. Ce genre, d'abord peu nombreux, a été considérablement augmenté dans ces derniers temps. Ainsi De Gandolle {Prodr.f t. I, p. 340) en caractérisait 8 espèces. Dans leur second Mémoire sur les Polygalées, MM. Aug. St. - Hilaire et Moquin portèrent ce nombre à 13. Enfin M. Walpers {Rcpert. Botaii., t. I, p. 246; t. V, p. 67) a pu en relever 19 espèces nouvelles, qui, ajoutées aux 8 signalées par De Candolle, élèvent le nombre total à 27. Toutes ces plantes appartiennent à l'Amérique tropi-

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cale , particulièrement à la Guiane et au Brésil , à l'exception du Securidaca appcndiculata Hsskrl, originaire de Java. Si cette dernière plante appartient bien réellement au genre qui nous occupe, son origine constitue un fait curieux de géographie botanique et une exception encore unique , car ce n'est qu'avec doute qu'on rapporte au groupe générique qui nous occupe le S.

longepedunculala Fresen. , d'Abyssinie. Les Sécuridaques sont de petits arbres ou des arbustes grimpants, à feuilles alternes, entière;}; à fleurs disposées en grappes lâches, simples, terminales et axillaires. Leurs caractères principaux sont : un calice à trois petits sépales, deux antérieurs et un postérieur, et deux très grands, latéraux, développés en ailes pétaloides; une corolle irrégulière, dont le pétale antérieur plus grand (nommé carène) forme une sorte de casque terminé par une crête, et abrite les organes sexuels; ceux-ci consislenten huit étamines, dont les filets sont soudés en un tube fendu sur le devant, dont les anthères uniloculaires s'ouvrent par un pore terminal, et en un pistil à ovaire renflé antérieurement, uniloculaire etuni-ovulé, à style latéral, comprimé et courbé en faucille. Le fruit est une capsule indéhiscente qui se prolonge, à son côté antérieur, en une aile longue, dressée eu forme de lame de couteau. Comme exemple de ce genre, nous signalerons la SiicuRiDAQUE voLUBLE , Securiduca volubilis Linn., qui croît près de Sainte-Marthe et de Carthagène , dans l'Amérique méridionale. (P. D.)

SÉCURIGÈRE. Securigera. bot. ph. — De Candolle avait établi sous ce nom un genre de Légumineuses Papilionacées, dont le type était la Coronilla Securidaca Lin. , plante annuelle du midi de l'Europe. Celte plante prit dès lors le nom de Securigera Coronilla DC. Mais aujourd'hui l'on préfère généralement à ce nom générique celui (le Bonaveria, employé antérieurement par Scopoli {voy. bonaveria). Les principaux caractères de ce genre consistent dans son calice bilabié, dans son légume comprimé, entrecoupé d'étranglements, à sutures épaissies , dont la supérieure à deux sillons , ne '.e divisant pas en articles à la maturité. (D. G.) SECURIIMEGA. bot. ph. — Genre établi I. xu.

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