‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 132 sur 173 · I. Xll · texte numérisé non relu

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nom (le cet arbuste lui vient de ce que sea boutons de fleur et ses jeunes pousses froissées entre les doigts exhalent une odeur très désagréable, analogue à celle des excréments humains. Kœmpfer a signalé le premier ce fait curieux qu'il est facile de vérifier journellement, et qui néanmoins a été nié, on ne sait pourquoi, par Retz. (P. D.)

SERJAMIE. Serjania. bot. ph. — Genre de la famille des Sapindacées, de l'octandrietrigynie dans le système de Linné. Etabli d'abord par Plumier , il avait été ensuite réuni aux Paullinia par Linné. Les botanistes modernes l'ont rétabli et universellement adopté. Il forme un groupe assez nombreux. De Candolle (Prodr., 1 p. 602) en avait décrit 21 espèces; mais plus récemment les recherches des voyageurs de notre époque et particulièrement de M. Aug. Saint-Hilaire, ont au moins doublé ce nombre. Les plantes qu'il comprend sont des lianes qui croissent dans la plupart des forêts de l'Amérique tropicale; leurs feuilles alternes sont ternées, bi ou triternées, ou pennées avec impaire, à folioles souvent marquées de points translucides ; leurs fleurs, tantôt unisexuelles, tantôt hermaphrodites, forment des grappes axillaires, souvent accompagnées de deux vrilles, à leur base; elles ont un calice à cinq sépales, dont les deux supérieurs se soudent quelquefois entre eux ; une corolle à quatre pétales seulement, le supérieur manquant; quatre glandes discoïdes opposées aux pétales ; huit étamines insérées sur le réceptacle en rangée excentrique, soudées entre elles à leur base; un ovaire excentrique, à trois loges uni-ovulées, surmonté d'un style court trifide. Le fruit est pourvu de trois ailes longitudinales, et forme ainsi trois samares adhérentes à un axe central. Nous citerons pour exemples le Serjania velutina Camb., et le S. meridionalis Camb., la seule espèce qui s'avance, en Amérique, plus au sud que leBrésil. (P.D.)

SERMOIMTAIIM ou SERMOMTAISE.

POT. PH. — Noms vulgaires que portaient aiitrefois le Seseli torluosrim Lin. (Voy. sesi.Li), et quelquefois \e Laserpilium Siler Lin .

SÉROLE. Serons. CRUST. — C'estun genre (le l'ordre des Isopodes , de la famille des Cymollioadiens, de la tribu des Cymolhoadiens ravisseurs, établi par Leach aux dépens des Cynaothoés de Fabricius {Voy. ctmothoa- 34*

DiENs et CYMOTHODEs). On iic saït rien sur les mœurs des Crustacés qui composent cette coupe générique; mais, à en juger par leur conformation , il paraît probable qu'ils s'attachent aui poissons sans s" j fixer à demeure, comme les Cymothoés. Quatre espèces composent ce genre; parmi elles, je citerai la SÉaoLE DE Fabricius, Serolis Fabricii Edw. (HisL nat. des Crusl. , t. I, p. 221, n. 1). Cette espèce habite les attérages de l'île de Java. (H. L.)

SÉROTIIME. MAM. — Le nom italien ^erolma, employé pour désigner les Chauves- Souris en général , a été appliqué par Daubenton à une espèce du genre Vespertilion {Voy. ce mot), qui est devenue elle-même , dans ces derniers temps, le type d'un petit groupe particulier. (E. D.)

SERPE, poiss. — Lacépède a donné ce nom à un genre de Salmones, que constitue une seule espèce, le Gastéroplèque {,Gasleropelecus Sternida, Bloch, p. 97, fig. E). Ces Poissons ont, comme les Anostomes,la bouche dirigée vers le haut; mais ils se distinguent par la disposition de leurs côtes qui, aboutissant au sternum , rendent leur ventre comprimé, saillantet tranchant. Leurs ventrales sont petites et situées en arrière; la première dorsale est placée sur l'anale qui est longue; la mâchoire supérieure est garnie de dents coniques; l'inférieure, de dents tranchantes et dentelées. (G. B.)

Le nom de Serpe a été employé pour désigner des Poissons plus ou moins voisins du Gastéroplèque , et dont il est question dans divers articles de ce Dictionnaire. Ainsi, pour :

Serpe Microstome , voy. microstome.

Serpe Stebnicle, voy. serpe.

Serpe Humboldt, voy. scopèle. (G.B.)

SERPENT. RFPT. Voy. serpents.

SERPENT A SONNETTES, bept. — *''oy. crotale.

SERPENTAIRE, ois. — Voy. messager.

SERPENTAIRE, bot. ph.— C'est le nom rulgaire du Gouet Serpentaire {Arum Dracunculus Lin.). La Serpentaire de Virginie est V Aristolochia Serpenlaria Lin. On nomme aussi quelquefois Serpentaire femelle le Polygonum Bislorta Lin. (D. G.)

SERPENTAIRE. Serpen(arto(serpenl).

ANN. — M. Goodsir décrit sous ce nom un genre nouveau d'Ânnélide appartenant au

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groupe des Némerliens , et dont il a figuré une espèce, le Serpenlaria fragilis {Ann. andMag. nat. hist. , XV, p. 377, 1845). (G. B.)

SERPENTARIA. annél.— Nom latin de Serpentaire. Voy. ce mot.

*SERPENTARIÉES. Serpentarieœ . ois.

— M. Lesson a établi sous ce nom, dans l'ordre des Oiseaux de proie , une famille qui a pour caractères essentiels des jambes très longues, grêles, nues jusqu'aux genoux, scutellées en avant jusqu'aux doigts. Cette famille, qui se compose des genres Messager ou Secrétaire et Cariama,est très naturelle, selon M. Lesson, etse distingue non seulement par ses caractères extérieurs, mais aussi par ceux de l'organisation. Cependant , à l'exception de Vieillot, nous ne connaissons aucun ornithologiste qui ait eu l'idée de rapprocher les Messagers des Cariamas , par la raison que, malgré certaines analogies de forme et de structure, les uns sont bien de vrais Oiseaux de proie, et les autres des espèces fort voisines des Échassiers et des Gallinacés. (Z. G.)

*SERPENTARIÉES. Serpentarieœ. bot.

PB. — M. Endiicher donne c« nom à l'une de ses classes qui se compose de deux familles seulement , les Aristolocbiées et les Népenthées. (Ad. J.)

♦SERPENTARirS. ois. — Nom latin , dansG.Cuvier,du genre Messager. (Z. G.)

*SERPENTINARIÉES. bot. ph.— M. Endiicher a établi sous ce nom une classe de végétaux dicotylédons monopérianthés, dans laquelle il range les familles des Aristolocbiées et des Népenthées. (D. G.)

SERPENTINE, Ophite; Léonb. hin. — Combinaison ou mélange de Silicate de magnésie et d'Hydrate de magnésie, jouant le rôle de Roche dans la nature, et que beaucoup de minéralogistes considèrent comme formant une espèce minérale proprement dite; cependant cette dernière opinion est encore incertaine. C'est une substance magnésienne, d'un vert de poireau ou d'un vert obscur, à texture compacte, à cassure cireuse ou écailleuse , très tenace, tendre et douce au toucher, prenant un poli gras , et offrant quelquefois une certaine ressemblance avec la Stéatite, dont elle diffère, en ce qu'elle a moins d'onctuosité, qu'elle renferme plus d'eau et plus de Silice, compa^

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rativement à la proportion de base, et qu'elle offre presque toujours un mélange de taches ou de bandes vertes, les unes claires, les autres plus foncées, comme la peau des Serpents, ce qui lui a valu les nomsd'Ophite, et de Serpentine. Quelques minéralogistes ne voient en elle qu'un magma ou mélange compacte, une sorte de pâte adélogéne comme celle des Porphyres, composée de Talc ou de Stéatite, de Diallage et de quelques parties ferrugineuses. Ceux qui en font une espèce minérale proprement dite, fondent leur opinion sur la constance de sa composition minéralogique et de ses caractères extérieurs, et sur quelques indices de forme et de structure cristalline, qu'elle a paru offrir en certains cas.

Il résulte d'un grand nombre d'analyses, qu'ellecontientgénéralement, sur 100 parties, -13 de Silice, 44 de Magnésie et 13 d'eau; une portion de la Magnésie étant souvent remplacée par une quantité équivalente d'oxidule de Fer. Cette composition définie se laisse exprimer par une formule très simple, surtout lorsqu'on représente la Silice par SiO; dans ce cas, un atome de Serpentine serait formé de 2 atomes de Silicate de magnésie, et de 1 atome d'Hydrate magnésien, l'Oxigène de la base étant moitié de l'Oxigène de l'acide dans les deux termes. Quant aux indices de cristallisation, on cite une variété de Serpentine, à structure lamelleuse,d'Hoboken, dans les États- Unis, et deBaumgarten, près Frankenstein, en Silésie; de gros cristaux, peu nettement terminés, et formés de la même substance, qu'on a trouvés disséminés dans la Lepiyriite de Penig, en Saxe: des cristaux de formes distinctes, en prismes à huit pans, terminés par des sommets à 4 ou 6 faces , les uns de couleur vert foncé, et provenant de !a vallée de Passa, en Tyrol, d'autres d'un brun jaunâtre, venant de Snaruni, en Norwége, et ressemblant parfaitement pour la forme à des cristaux de Péridot ; enfin , on en a cité en prismes obliques, qui raj)pelaient ceux du Pyroxène ( Rensslœrite ; Emmons). Ce qui diminue beaucoup Timportance de ces observations, en ce qui regarde la détermination spécifique de la Serpentine, c'est que ces formes paraissent n'être que des pseudomorphoses de Péridot, ou de Pyroxène, en sorte que la Serpentine

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aurait comme la Stéatite la propriété de se présenter sous des formes régulières, empruntées à plusieurs espèces différentes.

Cependant, Haidinger et Mohs indiquent comme forme propre à la Serpentine un prisme droit rhomboïdal de 82° 27', En la considérant comme espèce , ses autres caractères seraient : densité, 2,5; dureté, 3. Infusible au chalumeau, ou ne fondant que très difficilement sur les bords, elle blanchit, et durcit à un feu prolongé ; elle donne de l'eau dans le petit malrasde verre. Elle est attaquée par l'acide sulfurique et l'acide chlorbydrique concentré, sans faire de gelée. Sa couleur dominante est le vert foncé, passant par nuances au gris jaunâtre. ElU renferme souvent des veines d'asbeste satiné et des lamelles chatoyantes de Diallage lesquelles semblent sefondre insensiblemen dans la pâte qui les entoure.

Parmi les variétés de cette substance , on distingue: 1° la Serpentine lamellaire {Matmolite de Nuttall), d'Hoboken dans le Newjersey; 2° la Serpentine noble, qui est translucide, d'un vert de poireau ou de pistache, et généralement d'une couleur uniforme. On la travaille, pour en faire des tabatières, des plaques d'ornement, des vases de différentes formes; 3° la Serpentine commune, opaque et de couleurs mélangées, ordinairement très foncées. Elle s'emploie dans plusieurs pays, où elle se présente pure et en grandes masses , à la fabrication de certaines poteries économiques, et surtout de marmites propres à cuire les aliments. C'est à cause de cet usage que ces Serpentines sont désignées quelquefois sous le nom de Pierres oUaires. Telles sont celles qu'on trouve à Chiavenna , au nord du lac do Côme, dans le canton des Grisons; elles sont d'un gris azuré et portent le nom de Pierres de Côme, Quelques minéralogistes les regardent comme des variétés de Talc; mais par leur composition elles se rapprochent davantage de la Serpentine. Elles possèdent naturellement toutes les qualités que l'on recherche dans les poteries, et sont assez tendres pour être travaillées au tour. Il suffit de les creuser, et de leur donner la forme que l'on désire, pour avoir des vases qui puissent servir immédiatement , et supporter l'action du feu. On fabrique aussi des poteries de Serpentine à Zœblilx.

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en Saxe, en Corse, en Egypte, et en Chine. La Pierre ollaire des Égyptien-s est connue dans le pays sous le nom de Pierre de Baram.

La Serpentine forme tantôt des couches ou amas stratifiés, subordonnés aux Schistes talqueux; tantôt des filons ou amas transversaux. On y trouve disséminées plusieurs substances, la Diallage,le Feldspath, l'Asbeste, rÉpidote, le Grenat almandin et le Pyrope, le Fer oxidulé et le Fer chromaté. La Serpentine forme souvent des veines dans le calcaire, et il en résulte ce qu'on nomme le Marbre vert ou Serpentineux. La Serpentine est commune sur la côte de Gênes, dans la Toscane, en Piémont (environs de Turin, et val d'Aoste); dans les Grisons; au Harz, dans la Saxe, la Silésie, la Bohême ; au Cornouailles, en Angleterre ; en Ecosse; aux États-Unis d'Amérique; en France, dans le Var, les Vosges, l'Aveyron, etc. Cette Roche est souvent associée à l'Euphotide, le Gabbro des géologues italiens. (Dfx.)

SERPEMTIIVE. bot. ph. — Nom vulgaire du Cereus flag elli for mis Hay/. {Cactus flagelliformis Lin.). On donne aussi ce nom vulgaire à la Scorzonère de nos potagers (Scorzonera hispanica Lin.) et à lEstragon, Arlemisia Dracunculus Lin. (D. G.)

SERPEI^TS. Serpentes et SerpenliaUnné, Serpenlidœ Selby, et Serpulœ Ritger. rept.

Voy. OPHIDIENS. (E. D.)

SERPEIMS FOSSILES, pàléont. —

Voy. REPTILES.

*SERPHUS. INS. — Genre de la tribu des Proctotrupiens, de l'ordre des Hyménoptères, établi par SchTanck(Schr if t Berlin, nat. Fr., 4780). Ce naturaliste en décrit une seule espèce , le S. brachyplerus. Le genre Serphus , qui parait avoir presque toujours été oublié par les naturalistes, correspond à celui de Proctotrupes. (Bl.)

SERPICULE. 5erpicMia. bot. ph. — Genre de la famille des Haloragées, de la Monœcie tétrandrie dans le système de Linné. Il correspond au Laurembergia de Bergius. Il est formé de plantes herbacées qui croissent naturellementdans les marais des régions tropicales et sous-tropicales. Un fait curieux de géographie botanique, c'est que, en Afrique, 011 il n'était connu que vers l'extrémité méridionale, M. Durieu de Maisonneuve en

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a découvert récemment une espèce, encore inédite, en Algérie, dans les marais de La Calie. Les Serpicules ont des fleurs monciques, dont le calice à limbe quadrifide et à tube adhérent dans les femelles, est relevé à la surface de huit côtes ondulées; quatre pétales et quatre ëtamines pour les mâles et, pour les femelles, un ovaire adhérent, uniloculaire, surmonté de quatre stijimates sessiles, et renfermant quatre ovules suspendus au plafond de sa cavité. Leur fruit est une petite noix monosperme par l'effet de l'avortement de trois ovules sur quatre, et relevée de huit côtes à sa surfaie. Nous citerons, pour exemple, la Serpi- CULE RAMPANTE, Sevpicula repeus Linn., qui croît dans les lieux marécageux au cap de Bonne-Espérance. (D. G.)

SEiiPOLET. BOT. ph. — Nom vulgaire du Thymus SerpillumL. (D. G.)

*SERPOPHAGA, Gould. ois. — Synonyme d'Euicartlmius , Pr. Max., genre qui correspond à celui que M. Lesson a établi sous le nom de Gobe-Moucherons (Musciphaga). (Z. G.)

SERPULA. ANNÉL. — Nom latin de Serpule. Voy. ce mot.

SERPULAIRE. Serpularia,Mûnst. ann.

Foss. — Ce genre d'Annélides tubicoles n'est connu que par des fragments de tubes analogues à ceux des Serpules, mais crénelés sur le dos ou sur deux côtés. Il a été établi pour deux espèces du Calcaire à orthocératites d'Elbersreuih (dévonien), les S. crenata et bicrenata. Munster ( Beitr., t. III, p. H5). (G. B.)

SERPULE. Serpula L. {serpere, ramper; serpula, serpent), ann. — Sous ce nom, Linné a fondé un genre qui comprend les animaux nommés vulgairement Tuyaux de mer^ et que tous les Zoologistes ont adopté, en 1« retirant toutefois de la classe des Mollusques où le naturaliste suédois l'avait placé à tort, pour le ranger dans la classe des Annélides, à laquelle il appartient réellement. Lamarck en a fait le type de sa famille desSerpuIées; M. Savigny l'a placé dans la famille des Amphitrites, ordre des Serpulées {voy. ce mot). Ce dernier naturaliste assigne aux Serpules pour caractères distinctifs : Bouche exactementterminale ; deui branchies libres, en éventail ou en peigne, à divisions garnies d'un double rang de barbes sur les deui

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côtés; les divisions postérieures imberbes, presque toujours dissemblables ; rames ven- Irales portant des soies à crochets {Voy. ser- PULÉEs) jusqu'à la sixième paire inclusivement; les sept premières paires de pieds disposées sur un écusson membraneux; le premier segment forme avec les sept suivants une sorte de thorax revêtu eu dessous par cet écusson.

Le corps des Serpules est en forme de tube allongé, un peu déprimé, aminci en arrière, à segments nombreux etétroits, moins distincts en dessus qu'en dessous, et serrés de plus en plus jusqu'à l'anus qui est petit et peu saillant. Le premier segment ne porte pointd'appendices ; il est tronqué obliquement pour l'insertion des branchies qui sont terminales, épanouies de chaque côté de la bouche en panaches ordinairement peints de vives couleurs et profondément divisés en digitalions menues. A la base interne de chaque panache s'insère un filet, et le filet de droite ou de gauche indilTéremment se prolonge et se dilate à son extrémité en un disque qui sert d'opercule au tube quand l'animal veut s'y retirer. Les Serpules, en effet, sécrètent des tubes solides, calcaires, irrégulièrement contournés, groupés ou solitaires, à une seule ouverture terminale arrondie, fixés sur les pierres, les coquilles et tous les corps sous-marins autourdesquelsils s'entortillent. Ce sont ces tubes calcaires qui ont porté Linné et d'autres naturalistes à placer les Serpules parmi les Mollusques testacés, à une époque où l'on se contentait des caractères extérieurs de l'habitation d'un animal sans attacher d'importance à l'organisation de l'animal lui-même. Extérieurement, en effet, ces tubes peuvent être confondus avec ceux des Vermets, produits par un animal très différent; mais ils s'en distinguent d'ailleurs en ce que les tubes des Vermets sont cloisonnés à l'intérieur, tandis que ceux des Serpules sont complètement libres. On ne sait presque rien sur les rapports qui lient probablement les différences spécifiques des Serpules avec la forme des tubes qu'elles sécrètent.

Les Serpules sont très contractiles; elles ont le sang rouge, et se nourrissent de petits animaux aquatiques qu'elles saisissent a l'aide de leurs branchies. Elles forment un genre extrêmemeut nombreux qui se distin-

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gue des Sabelles, avec lesquelles elles out de grands rapports, par l'opercule qui manque à celles ci, et par l'écusson auquel adhèrent des pieds plus nombreux. Des caractères tranchés les distinguent également des Hermelles, des Térébelles et des Amphictènes (Voy. ces mots). La détermination des espèces présente de grandes difficultés ; M. Savigny les répartit entre trois tribus:

I. Serpoles simples, Serpulœ simplices.— Branchiesflabelliformes; leurs deux divisions imberbes inégales; l'une, courte et inégale; l'autre, terminée en entonnoir ou en massue operculaire.

Les principales espèces de cette tribu sont : la S. conlortuplicala, ou Ver à coquille tubuleuse (Linn. : Syst. nat., I, part. 2, p. 1269, n.799; Cuv.,Lam., Sav.: Ann., 73, n. 1 ). — La S. vermicularis ( Lin., Cuv., Mûll. : ZooL Dan., part. 3, p. 9, tab. 86, fig. 7 et 8). — La S. porrecfo d'Othon Fabricitis [Fann. Groënl., n. 373). — La S. granulata, Olh. Fabr. — La S. spirorbis, Mûll. — Les deux premières sont des mers d'Europe; les deux suivantes sont des mers de Norwége spécialement ; la dernière est de l'Océan.

II. Serpcles ctmospires, Serpulœ cymospirœ. — Branchies pectiniformes spirales: leurs deux divisions imberbes inégales; l'une très courte, l'autre très grosse, en cône inverse et operculaire.

Parmi les espèces, on distingue: la S, gigantea (Pall. : Zooi. miscell., p. 139, pi. 10, fig. 2-10; Cuv.: c'est le Penicillum marinwn de Seba). — La S. bicornis'de Gmelin. — La S. slellata du même auteur. — La première se trouve aux Antilles ; les deux autres, dans les mers d'Amérique.

III. Serpules spiRAMELLEs, Serpulœ spi~ ramellœ. — Branchies pectiniformes spirales; les deux divisions imberbes également courtes et pointues.

S. bispiralis Sav. (Ann., p. 75); c'est VUrtica marina singularis deSeba [Seb. thés. , t. I, p. 45, pi. 29, fig. 1, 2). Cette espèce vient probablement des côtes de la Nouvelle. Hollande. Elle a servi de type à M. de Blainville pour établir son genre Spiramella,

Le genre Serpuleest, parmi les Annélidei tubicoles, un de ceux auxquels appartiennenl le plus grand nombre d'espèces fossiles qu'on parvient assez difûciieineni à distinguer lei

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unes des autres. On en rencontre les débris dans les terrains les plus anciens. Quatre espèces ont été indiquées dans le terrain carbonirère de Belgique; on en connaît quelques unes dans les terrains triasiques; mais leur nombre va croissant dans les terrains jurassiques où l'on en cite quarante à cinquante espèces. Les terrains crétacés en présentent aussi une grande quantité; elles paraissent diminuer de nombre dans les terrains tertiaires. Il s'en trouve, hors d'Europe, dans le terrain crétacé et les terrains tertiaires des États-Unis, et peut-être aussi dans les terrains tertiaires de l'Inde. (E. Ba.)

SERPULÉES. Serpulœ. ann.— Lamarck désigne sous ce nom une Tamille qu'il place dans la division de ses Annélides sédentaires, et à laquelle il assigne pour caractères principaux d'avoir des branchies disposées a la partie antérieure du corps, séparées ou recouvertes par un opercule, et d'habiter dans un tube solide et calcaire. La division des panaches branchiaux en deux corps distincts, séparés par un opercule pédicule, ou recouvert par un opercule solide, quand l'animal se retire dans son tube , distingue ainsi les Serpulées de Lamarck, des Àmpbitrilées du même auteur, Tamille avec laquelle la première a de grands rapports.

Dans Sun Syst. des Annél. (in-fol., p. 5), M. Savigny applique le nom de Serpulées à son troisième ordre de la classe des Annélides, ordre qui répond à la division des Annélides sédentaires de Lamarck. Cet ordre des Serpulées de M. Savigny comprend ainsi les Tubicoles de Cuvier, auxquelles on joindrait les Arénicoles.

Les caractères que M. Savigny assigne à son ordre des Serpulées sont les suivants : Pieds pourvus de soies rétractiles subulées et de soies rétractiles à crochets ; point de tête, d'yeux , d'antennes , de trompe protractiie armée de mâchoires. Ainsi les Serpulées se rapprochent des Néréidées par leurs pieds pourvus de soies rétractiles subulées ; elles en difTèreni par la présence de soies rétractiles à crochets , par l'absence d'une tête et d'une trompe. Leurs caractères les rapprocheraient aussi des Lombriciens; mais leurs pieds saillants, pourvus de soies rétractiles à crochets , les en distinguent nettement.

Pour faire conoaitre surfisamment cet

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ordre intéressant des Annélides, nous nous contenterons d'ajouter quelques caractères à ceux que nous venons d'indiquer , en empruntant presque textuellement lej.

principaux traits au beau travail de M. Savigny, quia donné beaucoup de développement à la description de ces animaux. La bouche est pourvue à l'extérieur de lèvres extensibles, souvent accompagnées de tentacules. Les tentacules sont quelquefois des papilles très courtes, et insérées sur une lèvre circulaire; mais, le plus souvent, ce sont de longs filets, portés par un léger renflement qui surmonte les deux lèvres , et qu'on pourrait prendre pour une tête imparfaitement distincte. Comme chez les Néréidées, le corps se divise en segments qui portent tous une paire de pieds , à l'exception des anneaux de chaque extrémité qui peuvent en être dépourvus. Quelquefois il arrive que la première paire de pieds, et une, deux ou trois des suivantes, affectent des formes anomales qui éloignent ces organes de toute fonction locomotrice, et qui, join' tes au volume des segments extérieurs , donnent à l'ensemble l'apparence d'une tête. Les cirrhes manquent en tout ou en partie; lorsqu'ils existent, on n'en trouve qu'un à chaque pied, généralement lecirrbe supérieur. Les branchies manquent ou n'occupentquecertains segments, ordinairement les plus antérieurs , d'où elles naissent au nombre d'une , deux ou trois paires, et peuvent acquérir un grand développement Les segments de l'extrémité postérieure forment généralement un tube plus ou moins long , terminé par l'anus toujours plissé et ouvert eu dessous ou en arrière. Dans les pieds on distingue deux parties : l'une, propre à la nage , répond ordinairement a la rame dorsale des Néréidées ; l'autre, plus propre à s'accrocher et à se fixer, répond à la rame ventrale des mêmes Annélides. (;es deux rames , presque toujours unies étioitement, se distinguent néanmoins très bien par leur forme et la nature de leurs soies. 11 existe, en eiïet, dans cet ordre, des soies de trois sortes qui n'occupent jamais ensemble, ni la même rame, ni les deux rames du même pied. On distingue : 1° des soies subulées proprement dites; 2° des soies à palette ; 3" des soies à crochet.

Les soies subulées ne diCTèrent pas esseu-

tiellemeot des soies (feslucœ) des Nérëidécs. Elles sont réunies dans une seule gatne, rarement distribuées dans plusieurs, qui, dans tous les cas, se groupent en un seul faisteau toujours dépourvu d'acicules. C'est ce faisceau qui constitue ordinairement la ratne dorsale , la seule partie du pied qui mérite vraiment le nom de rame.

Les soies à crochets ( uncinuli ) sont de petites lames minces, comprimées latéralement, courtes, denses, eiacienient alignées, découpées vers leur sommet en dents aiguës et crochues, qui sont d'autant plus longues qu'elles sont plus rapprochées de la base de la soie; rarement elles n'ont qu'un seul crochet. Ces soies, disposées sur un ou deux rangs, occupent le bord saillant d'un feuillet ou d'un mamelon transverse, qui réunit les muscles destinés à les mouvoir, et dans l'épaisseur duquel elles peuvent elles mêmes se retirer. En général , les soies à crochets occupent la place de la rame ventrale; cependant elles peuvent prendre la place de la rsme dorsale , soit à tous les pieds , soit à un certain nombre seulement.

Les soies à palettes {spatellulœ) sont aplaties horizontalement, et arrondies en spatule à leur extrémité. On les rencontre à la partie postérieure du corps où les soies subulées sont fort sujettes à manquer, et à la partie la plus antérieureoù elles remplacent quelquefois les soies à crochets.

Tous ces caractères , définis d'une manière si précise par M. Savigny, ont été vérifiés, par MM. Audouin et Miine Edwards, sur les espèces qu'ils ont rapportées de leurs voyages sur les côtes de France. Les Serpulées habitent, en effet, le littoral des mers , où elles s'enfoncent dans le sable, logées dans des tubes ou des fourreaux qu'elles ne quittent jamais, admirablement organisées d'ailleurs pour celte vie sédentaire.

Il est difficile de décider, d'une manière positive, quelles divisions il convient d'établir dans le groupe des Serpulées, puisque, dans bien des cas , il est même difficile de distinguer les espèces. Lamarck rapportait à sa famille des Serpulées les genres SpirorbCy Sei-pule, Vermilie, Galéolaire et Magile; mais les Magiles sont des Mollusques. M. Savigny partage son ordre des Serpulées en trois familles , qu'il caractérise et groupe de la manière suivante :

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I. Branchies nulles ou peu nombreuses , situées sur les premiers segments du corps. Pieds de plusieurs sortes.

2 familles: Les Ahpbitrites et les Mal-

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