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Bonap. ; et RtlIIMOCEROTÏ . Vicq d'Azyr MAM. — Division des Mammifères pachydermes dans laquelle entre le genre Rhinocéros Voy. ce mot. (E. D.)
RIIIXOCÉROS. Rhinocéros, Lin. mam.
— Genre de Mammifères appartenant à l'ordre des Pachydermes de G Cuvier, et composant à lui seul une famille très naturelle ne comprenant jusqu'à ce jour que quatre ou cinq espèces. Ces animaux se reconnaissent parfaitement à un caractère unique parmi tous les Mammifères : il consiste à avoir sur le nez une ou deux cornes pleines, fibreuses, comme si elles étaient composées de poils agglutinés , de la nature de la corne, adhérents à la peau seulement, et non aux os du nez; ces os sont très épais, réunis en manière de voue, ce qui donne une grande puissance à l'arme offensive de ces animaux. Une autre singularité, c'est que lorsqu'il y a deux cornes, comme dans le Rhinocéros d'Afrique, elles ne sont pas placées l'une à côté de l'autre, mais l'une devant l'autre. Les dents du Rhinocéros varient, du moins si on s'en rapporte à Fr. Cuvier, qui n'a pas trouvé d'incisives au sujet qu'il a étudié. Généralement ils ont trente-deux dents, savoir : deux incives en haut et en bas , ou nulles ; quatorze molaires à la mâchoire supérieure et autant à l'inférieure. Leurs formes sont lourdes, massives, peu dessinées; la tête est presque triangulaire, courte, à chanfrein convexe; les oreilles sont longues, en forme de cornets, et ils les portent ordinairement couchées en arrière; les yeux sont très petits et ressemblent un peu à ceux du (Rochon ; la lèvre inférieure est longue, pointue, et très mobile : elle leur sert à saisir et à baisser les rameaux feuilles dont ils se nourrissent. Ils ont à chaque pied trois doigts, qui ne paraissent guère en d«hors que par le sabot qui les termine. Leur queue est courte et grêle ; enfin ils ont deux mamelles inguinales.
Chez ces animaux, la colonne vertébrale se compose de dix-neuf vertèbres dorsales, de trois lombaires, cinq sacrées, et vingtdeux coccygiennes; elles portent neuf côtes dont quatre fausses. Leur estornac est simple, très grand; les intestins sont fort long et le cœcum très vaste, lis manquent de vésicule du fiel; enfin j le gland de la vergo
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du DiAle afTecte la forme d'une fleur de lis. Tous sont d'une grande taille et recouverts d'une peau presque nue, épaisse, rude, très dure, et leur formant une sorte de cuirasse fort difficile à percer. Leur caractère est farouche, capricieux, leur naturel stupide ; mais ils ne sont nullement féroces, et ils n'attaquent jamais que lorsqu'ils se croient menacés. Ils vivent de végétaux, principalement d'herhes et de bourgeons, et se plaisent dans les bois humides et les buissons épineux. Leur taille est quelquefois colossale, et ils seraient les plus grands des Mammifères si l'Éléphant n'existait pas. Leur force est prodigieuse et leur fureur est extrêmement redoutable.
Dans les temps antédiluviens, les Rhinocéros étaient beaucoup plus nombreux qu'à présent, et l'on n'en comptait pas moins de quatorze espèces vivant dans des climats tempérés ou même froids, comme la France, l'Allemagne et la Russie; la France seule en possédait au moins six espèces bien constatées. Aujourd'hui ces animaux ne se trouvent plus que dans les parties les plus chaudes du globe : en Afrique, dans le midi de l'Asie, à Java et à Sumatra.
Le Rhinocéros des Indes , Rhinocéros indiens G. Cuv., Rhinocéros unicornis Lin., Rhinocéros unicornu Bodd. , VAbada des Indiens, habite les Indes orientales, surtout au-delà du Gange. Il a 9 ou 10 pieds de longueur (2"',924 à 3", 249) et 5 à 6 de hauteur (1°',624 à 1",949), et quelquefois davantage. Ses formes sont grossières et massives; sa tête, raccourcie et triangulaire, ne porte qu'une corne sur le nez. Il a deux fortes incisives à chaque mâchoire. Ses oreilles et sa queue seules sont garnies de quelques poils raides et grossiers; le reste de sa peau est nu , d'un gris foncé violâtre; elle est remarquable par des plis profonds qu'elle forme en arrière et en travers des épaules, en avant et en travers des cuisses; sans cela , il ne pourrait guère se mouvoir, car sa peau est si épaisse, si dure et si sèche, qu'il est impossible de la percer avec une balle de fusil. La ménagerie, lorsqu'elle était à Versailles, en a possédé un individu vivant.
Les anciens connaissaient ces animaux; mais comme les Romains les tiraient de VAsie, il est |rès probable que ceux que
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l'on vit à Rome n'avaient qu'une corne. Pompée fut le premier qui en flt venir eo Italie, mais après lui, et jusqu'au temps d'Héliogabale, on en revit souvent. Cependant Martial parle d'un Rhinocéros qui avait deux cornes, et comme il était incertain qu'il y eût de ces animaux ainsi armés par la nature, les commentateurs se soiii donné beaucoup de peine pour nous prouver que le poêle avait fait erreur. Aujourd'hui nous savons que Martial avait raison etqus les commentateurs avaient tort, ce qui, du reste, arrive souvent.
Nos pères, à l'imitation des anciens, attribuaient à la corne du Rhinocéros un grand nombre de propriétés merveilleuses ; ils croyaient qu'elle avait la vertu de détruire l'effet des poisons les plus dangereux, et les tyrans soupçonneux de l'Asie s'en faisaient faire des coupes qui avaient une valeur exorbitante. Encore maintenant, les tourneurs abyssiniens en emploient beaucoup pour faire de ces coupes qu'ils vendent à haut prix aux gens riches et crédules, et le roi d'Abyssinie en mêle toujours quelques unes aux présents qu'il envoie au grand Mogol , au roi de Perse et au sultan de Constantinople. Ainsi que je l'ai dit, cette arme singulière paraît être composée d'un faisceau de poils agglutinés les uns aux autres, et l'on ne peut guère en douter quand on voit la pointe émoussée se diviser en fibres semblables aux crins d'une brosse ou d'un pinceau. Cependant ces cornes sont solides et très dures, d'un rouge brun en dehors, d'un jaune doré en dedans, avec le centre noir; elles sont susceptibles de prendre un très beau poli , et on en fait de magnifiques manches de poignard. Mais lorsqu'elles sont très sèches, elles se fendent souvent, et, pendant les grandes chaleurs, elles se déjeltent et s'écaillent; c'est ponr cette raison qu'elles sont impropres à faire des tabatières et autres petits meubles. Il résulte de tout ceci qu'en perdant les merveilleuses propriétés dont l'antiquité le» avait douées, elles sont tombées dans la classe de ces inutilités curieuses, que l'on voit quelquefois dans les cabinets des naturalistes.
Du reste, la corne du Rhinocéros lui sert rarement d'arme défensive, car cet animal, paisible quoique très farouche, n'attaque
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jamais , et sa force redoutable fait que les autres animaux le craignent et ne lui font pas la guerre. Il ne l'emploie donc le plus ordinairement que pour détourner les branches et se frayer un passage dans les épaisses forêts qu'il habile. Quelques naturalistes prétendent qu'il s'en sert aussi pour arracher les racines dont il se nourrit; mais ce fait me paraît non seulement doutjux, mais encore impossible. En effet, sa
I corne est implantée sur son nez de manière que la pointe, recourbée sur le front, se trouve à peu près à la hauteur des yeux. Pour que l'animal pût s'en servir à ouvrir la terre, il faudrait qu'il couchât la tête sur le sol, au point d'avoir la ligne du front et du chanfrein presque parallèle avec la surface du terrain , et que le bout de son museau fût tout-à-fait sous son ventre ; or, le peu de longueur de son cou et sa conformation générale ne lui permettent pas cette attitude.
L'amour des causes finales a souvent emporté des auteurs jusque sur les confins du ridicule, et ce passage de Bruce en est, je crois, une preuve: « Le Rhinocéros, dit-il àpropos de l'espèce d'Abyssinie, ne se nourrit pas d'herbe, mais il broute les arbres , et il n'épargne pas même les plus épineux ; il semble, au contraire, les préférer, et il ne s'en tient pas aux petites branches; tout est bon pour satisfaire sa faim. Mais indépendamment des arbres dont le bois est dur, il y a dans les forêts de l'Abyssinie d'autres arbres d'un bois plus mou et plus aqueux, qui semblent de préférence nourrir l'Éléphant et le Rhinocéros. Celui-ci peut allonger singulièrement sa lèvre supérieure pour atteindre au plus haut de ces arbres, et avec ses lèvres et sa langue il les dépouille de leurs branches élevées qui ont le plus de feuilles et qu'il dévore les premières. Quand l'arbre est entièrement dépouillé , il ne l'abandonne pas encore; mais, plaçant son mufle aussi bas qu'il peut pour faire entrer sa corne dans l'arbre, il le fend en se relevant jusqu'à ce que le tronc soit réduit en petites lattes; après quoi il le presse sous ses dents monstrueuses et le mange avec la même facilité qu'un bœuf mangerait un pied de céleri ou quelque autre berbe de jardinage. » Il me semble qu'il est au moins inutile, dans un pays couvert de
bois et d'épais buissons comme l'Abyssinie. qu'un Rhinocéros mange un arbre jusqu'à la racine, quand il en a d'autres à sa portée et je crois que sa corne ne peut pas plus lui servir à fendre du bois qu'à labourer la terre. Et d'ailleurs pourquoi n'en serait-il pa-s de cet animal comme des Ruminants ;, des Bœufs, par exemple, dont les cornes sont uniquement des armes défensives dans les temps ordinaires , et offensives pendant l'époque du rut seulement? La nature a pourvu d'armes puissantes tous les animaux ruminants, à très peu d'exceptions près , afin que les plus forts pussent se faire craindre des plus faibles et les écarter de leurs femelles dans la saisou des amours; aussi, dans beaucoup d'espèces, n'y a-t-il que les mâles qui en soient armés.
Quoi qu'il en soit, le Rhinocéros de l'Inde a éminemment le caractère triste, brusque, sauvage et indomptable ; ses jambes courtes, son ventre presque traînant , ses formes grossières , et la petitesse de ses yeux , dénonçant sa stupidité, en font un être assez malgracieux. Il vit solitairement dans lea forêts les plus désertes et à proximité des rivières et des marais , parce qu'il aime à se vautrer dans la vase, comme le Sanglier, dont il a quelques habitudes. Sa lèvre supérieure, la seule partie de son corps où il puisse avoir le sens parfait du tact, est allongée, mobile, et il s'en sert avec beaucoup d'adresse pour saisir et arracher les végétaux dont il se nourrit. La langue est jaune et assez douce; mais quand l'animal vieillit, elle devient excessivement rude, ainsi que le dessous des lèvres, ce qu'il faut sans doute attribuer à ce qu'il est sar.s cesse occupé à saisir avec ces organes les branches des arbres dont l'écorce est très dure et souvent même épineuse. Lorsqu'il est paisible, sa voix est faible, sourde, et n quelque analogie avec le grognement d'un Cochon; mais lorsqu'il est irrité, il jette des cris aigus qui retentissent au loin. La femelle ne fait qu'un petit, qu'elle porte neuf mois , et pour lequel elle a beaucoup de sollicitude ; quand elle en est suivie , sa rencontre peut devenir dangereuse, surtout si elle le croit menacé. Alors elle se précipite avec fureur sur les animaux qu'elle rencontre, et le Tigre lui-même est obligé
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de fuir à toutes jambes pour éviter sa terrible rencontre.
En esclavage, cet animal se nourrit très bien de pain , de riz et de sucre. Les naturalistes, et entre autres M. Lesson, prétendent qu'il se familiarise jusqu'à un certain point et qu'il devient assez doux , quoique cependant il faille toujours s'en déOer. Aussi capricieux que stupide, il passe subitement, sans cause et sans transition, du plus grand calme à la plus grande fureur. Alors celle sorte de lourde paresse fait place à une légèreté effrayante; il bondit à droite et à gauche par des mouvements brusques et désordonnés, puis, s'il est libre, il s'élance ^vant lui avec la rapidité du meilleur Che- Vv^l , brise, renverse et foule aux pieds tout ce qui se trouve sur son passage, et pousse des cris a faire trembler le plus intrépide chasseur.
L'opiniâtreté, la férocité même de la plupart des animaux peuvent être domptées par la faim ; mais il n'en est pas de même pour le Rhinocéros. Il s'abandonne à des transports si violents dès qu'il sent le besoin de manger ou qu'il voit qu'on lui fait attendre sa nourriture un instant, que ce moyen de l'apprivoiser ne parait pas praticable. Si sa fureur est impuissante contre ses ennemis, il cherche a l'assouvir contre lui-même. Il heurte sa tête contre les murs et contre ce qu'on lui donne à manger, comme s'il voulait se tuer, et il arrive quelquefois qu'il se tue en effet. Le Rhinocéros que l'on apporta des Indes en 1 5 1 3, a Einmanuel , roi de Portugal , et dont ce prince Gt présent au pape, 6t périr le vaisseau dans lequel il était venu {Trans. philos., n" 470). Celui que l'on faisait voir en France, à la foire Saint-Germain de Paris, se jeta exprès dans la mer et se noya quand on voulut le conduire en Italie.
La chasse du Rhinocéros de l'Inde, quoique moins périlleuse que celle du bicornis, n'est cependant pas sans danger; au.ssi n'ose-t-on l'attaquer que monté sur les •ihevaux les plus vifs et les plus légers. Les chasseurs, dès qu'ils l'ont aperçu, le suivent de loin et sans bruit, jusqu'à ce qu'il soit couthé pour dormir; alors ils s'approchent .sons le vent, car si le Rhinocéros a la vue mauvaise, il a l'odorat très Gu et flaire de fort loin l'approche de son ennemi, quand le veat lui apporte ses émanations. Parvenus
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à la portée du fusil , les chasseurs descendent de cheval, visent l'animal à la tête, font feu et s'élancent sur leurs chevaux pour fuir avec vitesse, s'il n'est que blessé, car alors il se jette avec rage sur ses agresseurs, et malheur à eux s'il parvient à les atteindre! Mais comme sa course est toujours en ligne droite, au moyen de quelques écarts prompts qu'ils font faire de côté à leurs chevaux , ils parviennent à éviter sa rencontre, et d'autant plus aisément que, ainsi que leSanglier, il ne.«e détourne jamais dans sa course pour revenir sur ses pas. Les Indiens chassent ces énormes animaux pour avoir leur corne et pour manger leur chair, qu'ils estiment beaucoup. Les Chinois trouvent qu'après les nids d'Hirondelles, les œufs de Lézards et les petits Chiens, il n'est pas de mets plus délicat qu'une queue de Rhinocéros, ou une espèce de gelée faite avec la peau du ventre de cet animal.
Le Rhinocéros unicjrne de Java , Âhinoceros sondaicus G. Cuv. , Rhinocéros javanicus Desm. , pourrait bien n'être qu'une variété plus petite du précédent, qui aurait lubi les influences d'un changement de climat, du moins si nous nous en rapportons à une Ggure dessinée à Java par Duvaucel, et publiée par Fr. Cuvier. Voici la description qu'en fait ce dernier naturaliste : « L'espèce de Java paraît être une des moins grandes; sa loimueur, de la base des oreilles jusqu'à l'origine de la queue, est de six pieds ; celle de sa tête, du bout du museau à la base des oreilles, de 2 pieds, et sa hauteur moyenne dépasse 4 pieds; sa queue a plus d'un pied. Elle n'a qu'une seule corne, qui paraît située plus près des yeux que l'antérieure des Rhinocéros bicornes, mais non pas entre les yeux , comme la postérieure de ces derniers. Dans l'individu qui est au Muséum , cet organe est tout-à-fait usé, arrondi par le frottement, et saillant à peine de 12 a 15 lignes. Les incisives supérieures sont au nombre de quatre chex les jeunes , deux dans chaque intermaxillaire, très rapprochées l'une de l'autre; alors elles sont petites et presque cylindriques; bientôt elles tombent et ne sont remplacées chez les adultes que par deux dents, longues d'arrière en avant, minces de dehors en dedans, sortant à peine des gencive», dout le tranchant est mousse et àiroudi, et
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qui sont opposées à la partie antérieure des longues incisives inTérieures. La peau est plissée sous le cou, au-dessus des jambes, en arriére des épaules et à la cuisse; le pli des épaules embrasse tout le corps, et les plis des jambes sont de toute la largeur de celles-ci; les autres finissent insensiblerrieiit avant d'arriver à la limite du corps vers laquelle ils se dirigent. Mais son caractère le plus remarquable se trouve dans les tubercules, pour la plupart pentagones, dont elle est en grande partie revêtue. On la dirait couverte d'écaillés, bien que ces tubercules ne soient que des éminences épidermiques qui laissent leur empreinte sur la couche générale de l'enveloppe tégumentaire. Les seuls poils que l'on aperçoive sur le corps prennent naissance dans une dépression qui occupe le centre de ces mêmes tubercules, et ces poils, de couleur noire, sont beaucoup plus fournis en deux endroits seulement, sur le bord des oreilles, dessus et dessous la queue, qui est comprimée. »
Comme on le voit, celte espèce de Fr.
Cuvier ne diffère réellement du Rhinocéros des Indes que par un seul caractère , celui des callosités qu'il a sur quelques parties de la peau , et ceci ne nous parait pas suffisant pour établir autre chose qu'une variété de localité. Encore, même, faudrait-il être certain que tous les individus qui se trouvent à Java offrent la même particularité. Quant à la différence de taille, c'est une chose tout à-fait insignifiante; l'exemple de l'Éléphant, du Cheval et de beaucoup de Ruminants prouve combien la richesse de la végétation ou la pauvreté des pâturages peuvent influer sur la taille de ces animaux, soit à l'étatsauvage, soità l'état domestique. Dans l'Inde on prend dans les forêts, en raison des contrées oîi l'on chasse, de vieux Éléphant» qui ont 10 pieds de haut, et d'autres, également vieux , dont la taille .ordinaire est de 7 pieds 1/2, selon M. Corse [Trans. phil. de la Soc. roy. de Londres); pourquoi n'en serait-il pas de même du Rhinocéros? Du reste, cet animal de Java a des mœurs absolument semblables à celles du précédent. Sa tête est courte , à chanfrein concave; ses yeux sont petits, et il lui manque ce pli qui sépare les épaules dans le gens de l'épine du dos, comme on en voit un sur l'épaule du Rhinocéros de l'Inde.
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Le Rhinocéros de Sumatra, Rhinocéros Sumalranus Raffl, , Rhinocéros Sumalrensis G. CuY., le Buddah de Mard., le Badak des habitants de Sumatra, a quatre incisives à chaque mâchoire, mais il lui en tombe deux de la mâchoire supérieure quand il atteint un certain âge. Les mâchelières ne diffèrent en rien de celles des autres espèces. Il n'a guère que 5 à 6 pieds de longueur sur 3 ou 4 de hauteur. Son nez, comme dans les espèces qui suivent , porte deux cornes, dont celle placée près des yeux est plus courte que l'autre. Sa peau est rugueuse , peu épaisse, presque sans plis, ceux de ses épaules et de sa croupe étant peu marqués ; il est d'un brun foncé et recouvert d'une grande quantité de poils raides et bruns , comparativement aux autres espèces. Sa tête est un peu allongée; sa lèvre supérieure petite , pointue, recourbée en dessous ; ses yeux sont bruns et petits; ses oreilles, bordées de poils noirs et courts , sont petites et pointues; sa queue, de la même longueur que la tête, est aplatie et garnie de poils en dessus et en dessous seulement.
Dans le catalogue que sir Rafdes a donné de la collection qu'il a recueillie à Sumatra, il dit qu'il existe aussi, dans l'intérieur de l'île, un grand animal , nommé Tennou par les habitants, et qui ressemble parfaitement au Rhinocéros de Sumatra, mais qui n'a qu'une corne au lieu de deux. M. Lesson conclut de là que ce pourrait bien être une espèce encore inconnue aux naturalistes, et il dit: «Ce terme de Tennou est donné par quelques peuples malais au Tapir; mais à Sumatra, le Tapir est nommé Gindol ou Babi-Alu. w Je pense comme ce voyageur que le Tennou n'est point un Tapir, mais un Rhinocéros jeune, auquel la seconde corne n'a pas encore poussé; on verra dans l'article du BicoRNis que cette seconde corne , surtout dans les femelles, parait quelquefois très tard. Il me paraît donc vraisemblable que cette prétendue espèce inconnue n'est rien autre chose que la jeune femelle du Sumairensis.
Le RiuNocÉROS i^EnuE , Rhinocéros inerniis, du catalogue de M. Lesson, est une variété ou une espèce bien voisine du Rhinocéros de Sumatra, et se trouve dans les lies du Gange.
Le Rhinocéros d'Afrique, Rhinocéros afri-
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eanus G. Cuv. , Rhinocéros hicornis Camp., \eNabal des Hottentols, le Bhinosler des colons du Cap, le Taureau d'élhiopie de Pausanias, était certainement connu des anciens, comme nous l'avons dit, car on trouve son efOgie sur des médailles frappées sous l'empire de Domitien.
Sa taille est colossale; il atteint de 11 à 12 pieds de longueur, sur S à 6 de hauteur. Il manque d'incisives et n'a point de plis à la peau, qui est presque entièrement nue; on y voit cependant quelques soies rudes, noires, longues d'un pouce , éparses sur le bord des oreilles. Son nez porte deux cornes qui n'ont aucune proportion entre elles, celle de devant étant toujours la plus grande et ayant quelquefois jusqu'à 2 pieds de longueur; elles sont coniques et légèrement recourbées vers le front Ses yeux sont petits, enfoncés; sa tête se tormine en un museau pointu, et sa lèvre s ipérieure est légèrement plus longue que l'inférieure; sa queue est un peu aplatie vers son extrémité, et munie sur ses côtés de quelques poils gros et rudes, longs d'un pouce à 1 povce 1/2 ; sa peau est rude, épaisse, mais non pas impénétrable; ses pieds sont arrondis, munis de trois sabots qui ne débordent pas beaucoup, et dont celui du milieu est le plus grand; leur sole est comme celle des pieds de l'Éléphant, et couverte d'une peau calleuse fort dure et fort épaisse , fendue au talon.
Cette espèce habite le pays des Hottentols , la Cafrerie, et probablement tout l'intérieur de l'Afrique méridionale. Elle fréquente de préférence les bords des grandes rivières, et se relire dans les bois qui ombragent leurs rives. Son caractère est encore plus farouche, plus indomptable que celui du Rhinocéros des Indes. Selon And.Smilli, autrefois (depuis 1652) on la trouvait partout dans les environs du cap de Bonne- Espérance, et jusqu'au pied de la montagne de la Table; mais aujourd'hui, les colons sont parvenus à la refouler hors des limites de leur territoire. Il lui ont fait une guerre incessante, parce qu'avec sa chair ils nourrissaient leurs Hottentols esclaves, et qu'avec son cuir ils fabriquaient les man- <;hes de ces longs fouets dont ils se servent pour diriger leurs bœufs d'attelage. Au Cap on en fait d'excellents ressorts de voiture
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qui se vendent à haut prix en Angleterre,
La stupidité des Rhinocéros s'explique facilement par le peu de capacité de leur boUe cérébrale. « La cavité qui contient le cerveau, ditSparman, ne s'étend pas plus loin en avant que les os du sinciput, et les autres os du crâne sont assez épais, d'où il résulte que cet animal énorme a une cervelle très petite comparativement à sa grandeur. La cavité destinée à la contenir n'a pas plus de 6 pouces de longueur sur 4 de hauteur et affecte une forme ovale. »
Comme tous les Rhinocéros, il devient furieux quand il est attaqué, et surtout blessé; alors il s'élance sur son ennemi , le renverse, le rouleaux pieds, et le met en pièces avec sa redoutable corne; rien ne peut l'arrêter quand il charge sur son agresseur, pas même le feu et la flamme qui effraient tous les autres animaux féroces. Ceci n'empêche nullement les Cafres de l'attaquer avec la plus grande intrépidité, et d'en venir à bout soit avec leurs flèches empoisonnées , soit simplement avec leurs zagaies. Cowper Rose {Esquisse de V Afrique méridionale) cite, d'un chasseur, un trait de présence d'esprit qui est fort extraordinaire : « Il y a, parmi les Cafres, un vieux chef connu par un trait de courage désespéré, ou plutôt de folie. Il était à la chasse; un Rhinocéros s'élança d'un buisson si près du Cafre, que celui-ci sauta sur le dos de l'animal. Le monstre furieux se précipita entre les buissons , laboura la terre avec sa corne , ronfla de rage , et fit tout ce qu'il put pour renverser son cavalier. Le kross ( manteau de peau de mouton) du Cafre s'accrocha aux buissons ; le Rhinocéros se jeta dessus. Pendant qu'il le mettait en pièces, le cavalier sauta légèrement à terre et se sauva dans l'épaisseur du taillis. y>
Le Rhinocéros bicornis présente, selon Lesson {Nouveau tableau du règne animal), trois variétés qui sont les Rhinocéros Brucii, Gordoni et Simus , dont M. de Blainville a fait autant d'espèces.
Le dernier, Rhinocéros de Burchell {Rhinocéros Simus Blainv., Rhinocéros Buîchellii Less., Manuel), difl'érerait du Rhinocéros d'Afrique par sa taille beaucoup plus grande, et par sa bouche et son nei qui sont très élargis et comme tronqués. Sa peau est sans poils et sans plis ; il habite lei