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vastes plaines arides de l'inlérieur du Cap , aime à se vautrer dans la boue , et ne 60 nourrit que de l'herbe la plus tendre.
Le Rhinocéros de Gordon ( Rhinocéros Cordoni Blainv. ) a 9 pieds environ de longueur, vingt-quatre molaires en tout, et deux incisives à chaque mâchoire. Serait-ce le jeune du précédent?
Le Rhinocéros de Bruce {Rhinocéros Brucii Blainv.) est certainement une espèce, si l'on peut s'en rapporter au voyageur Bruce, qui du reste a eu très souvent l'occasion de le voir pendant les sept années qu'il a demeuré en Abyssinie. Il d't : l°que sa seconde corne est plate et droite; 2° que les vieux mâ'es ont le rudiment d'une troisième corne; 3° et enfîn qu'il a la peau plissce à peu près comme le Rhinocéros de riirJe. On ne peut douter de ce dernier caractère , puisque Bruce reproche à Sparnian d'avoir faussement avancé que le bicornis du Cap « n'a pas la cuirasse ou la peau plissée qu'on a toujours vue au Rhinocéros de l'Inde. » Si cela est exact, il n'y a pas à douter que cet animal soit un type spécifique.
En Abyssinie ce Rhinocéros porte plusieurs noms, en raison du langage des contrées où il se trouve ; en geesh , c'est ïArwe-Harish; en amharic, c'est VAuraris, mots qui dans les deux langues signifient la grande bête à corne; en Nubie et chez les Sanghallas on le nomme Girnamgiru , en français corne sur corne. Cet animal a 12 pieds de longueur depuis le museau jusqu'au bout de la croupe, et près de 6 pieds 1/2 depuis la plante des pieds jusqu'à l'épaule. Sa première corne a 14 à 15 pouces de longueur, et la seconde , c'est-à-dire, la corne plate , 13 pouces. La première est cyli;idrique, recourbée vers le front; la seconde, plus rapprochée du front, est plate et droite; elle a vers sa base, dans l'endroit où elle est dégagée de poils, 4 pouces de largeur , et en haut 2 pouces 1/2; son épaisseur est de 1 pouce 1/4 vers le milieu de sa longueur; elle est taillée comme une lamede couteau, le dos ayant 2 pouces et le tranchant 1/4 de fiouce. Il n'a sur le corps d'autres poils que ceux qu'il porte au bout de sa queue, qui «ont en pclit nombre, écartés et de la grosseur d'une grosse corde de harpe. Dix de ces poils, attachés côte à côte, à 1/2 pouce l'un
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de l'autre, et dans la forme d'une main d'homme , font un fouet capable d'en'.evcr la peau à chaque coup , dit Bruce. On doit en conclure que ces poils sont beaucoup plus longs que dans les espèces précédentes. Cet animal paraît très commun en Abyssinie, cù il fréquente particulièrement le bo.rd des étangs et des rivières. La grande consommation qu'il fait d'arbres et d'eau le retient dans les lieux assez circonscrits où il peut en trouver. Le jour il se tient caché pour dormir dans les buissons les plus fourrés et les plus épineux, et il en sort la nuit pour aller chercher sa nourriture, qui consiste uniquement en jeunes rameaux feuilles de toutes sortes d'arbres, épineux ou non, et particulièrement de Mimosa. Il va ensuite se vautrer dans la boue ; il s'y roule de manière à s'en couvrir d'une couche épaisse, ce qui la garantit des piqûres des Taons, sorte de mouche excessivement commune en Abyssinie pendant la saison des pluies, et très incommode aux hommes et auK animaux. Il résulte de celte habitude que la peau de cet animal est très malpropre; on trouve souvent dans la vase qui en remplit les replis des Vers de terre, des Sangsues, des Mille-pieds, etc. Ce fait singulier, qui avait d'abord été observé par le chirurgi^.i du vaisseau de la Compagnie des Indes le Shaflesbury , est confirmé par Bruce. Il prouve surabondamment que cette espèce de Rhinocéros a des plis très profonds à la peau, qui manquent au bicornis du Cap. Quand il s'est vautré dans la fange, il a tant de plaisir à se frotter qu'on entend ses grognements à une assez grande distance ; ce plaisir et l'obscurité de la nuit sont cause qu'il oublie sa vigilance ordinaire; les chasseurs, guidés par le bruit, profitent de ce moment pour se glisser auprès de lui, et, tandis qu'il est couché, ils lui lancent leur javeline dans les flancs, où la blessure est mortelle. Sa peau, quoique épaisse, a considérablement moins de dureté que celle du Rhinocéros de l'Inde; Bruce dit lui avoir vu enfoncer de 3 pieds dans le corps des javelines lancées par des chasseurs qui n'étaient pas très adroits; une balle de fusil, dit-il, le percerait de part en part si elle ne rencontrait pas d'os. Les Shangallas le tuent avec les plus mauvaisiv flèches qu'ait pu avoir un peuple qui a fai{