‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 19 sur 173 · EHI · texte numérisé non relu

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réuni aux maxillaires; cet os est remplacé, chez les espèces pourvues d'incisives supérieures, par deux petites lames osseuses, plates, très minces, divergentes aux deux extrémités, se touchant vers le centre, et ces petites lames suspendues dans le cartilage nasal portentchacune une incisive, placée peu solidement dans ces lamelles mobiles, et pouvant tomber facilement par le plus léger effort; toutefois il paraît qu'elles ne tombent pas régulièrement, et que lorsqu'un effort accidentel les fait céder , elles repoussent, car le plus grand nombre des Rhinolophes pourvus de ces dents en ont presque toujours dans l'état adulte, et surtout dans le jeune âge; enfin, chez les espèces privées d'incisives supérieures, il n'y a pas de lamelles intermaxillaires, et ces organes sont remplacés par un simple cartilage. Les oreilles sont médiocrement grandes , membraneuses, presque nues, sans oreillon à peu d'exceptions près, et placées sur les côtés de la tête. Le nez , surtout chez les espèces européennes, est constamment armé de crêtes membraneuses, dont l'une, ou la supérieure, figure un fer de lance placé à plat sur le bas du front, et la seconde, bordant la lèvre supérieure, ressemble plus ou moins à un croissant ou à un fer à cheval : c'est entre ces deux parties que s'ouvrent de chaque côté les orifices des narines; ces crêtes sont caractéristiques et elles ont valu aux animaux que nous étudions le nom qu'ils portent. Les lèvres sont épaisses, et celte épaisseur résulte d'un agrégat de fibres musculaires qui sont serrées les unes sur les autres et opposées dans leur direction ; les lamelles intermaxillaires, ou bien le simple cartilage qui en tient lieu, sont jnis en mouvement par ces fibres et obéisfeiit à toutes les vibrations de l'organe de l'odorat. Les membranes interfémoralesont, pour la forme et l'étendue, beaucoup de rapports avec celles de nos Vespertilions ordinaires; en outre les doigts des ailes sont aussi conformés à peu près de même, c'està-dire qu'outre le petit pouce séparé et onguiculé, placé près du poignet, les quatre doigts suivante sont formés d'osselets très grêles; à l'indicateur il n'y a qu'un métacarpien sans phalange; les autres doigts en ont un ou deux et aucun n'est pourvu d'ongle.

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MM. Temminck et de Blainville {Ostéo" graphie, fascicule des Chéiroptères) ont donné des détails sur l'ostéologie de ces Chéiroptères. Ce dernier zoologiste a étudié avec soin les squelettes des Rhinolophes et des Rhinopomes qu'il compare avec celui des Mégadermes; selon lui, la tête des Rliinolophes et des Rhinopomes est plus bulbeuse au crâne, plus ramassée et plus tronquée à la face que celle des Mégadermes, et elle présente un large aplatissement de la région frontonasale et un développement singulièrement bulbeux des sinus maxillaires. Les mâchoires sont assez bien semblables dans ces trois groupes d'animaux; cependant le prémaxillaire, qui manque encore dans les Rhinolophes, existe, quoique assez peu complet, dans les Rhinopomes. Le reste du squelette ne présente guère de différences que dans la longueur des vertèbres de la queue, qui ne sont peutêtre pas en plus grand nombre que chez les Mégadermes, mais qui, étant très allongées et excessivement grêles, portent la queue au-delà des membres postérieurs, surtout dans les Rhinopomes. Les autres os qui constituent la poitrine n'offrent non plus de différence appréciable, ni dans le nombre, ni dans la forme, au moins dans les Rhinopomes ; mais il n'en est pas tout-à-fait de même dans les Rhinolophes, dont les cotes, et surtout les postérieures, sont singulièrement élargies au point de presque se toucher. Chez ces derniers animaux l'hyoïde est élargi, excavé, courbé fortement en dessus , et ses cornes postérieures , prolongées en forme de bras dilatés, spatules, sont bien plus forts que les antérieurs, extrêmement déliés dans les deux articles qui les constituent. Le sternum, court et élargi, estsaillant, en angle ouvert, et muni latéralement d'une apophyse épineuse. Les os des membres sont très grêles; aux antérieurs, l'humérus est plus long et moins robuste que dans les Mégadermes; le radius est un peu plus arqué , surtout dans les Rhinolophes; le cubitus est filiforme et non coudé, et la main est très courte : en • effet , le plus long doigt, qui est le troisième ou médian , est à peine plus long que le radius; aux membres postérieurs il n'y a pas de différences appréciables avec ceux des Mégadermes. L'os pénien a été trouvé dans deu>

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espèces de Rbinolophes : dans le grand Ferà-cheval , où il a au moins 4 lignes de long, il est épaissi et triangulaire à la base, qui est excavée en capsule, et prenant ensuite en se rétrécissant d'abord , puis en se dilatant et s'amincissant de nouveau, la forme d'une spatule étroite, obtuse à 1 extrémité; et dans le petit Fer-à-cheval , où il est nécessairement plus petit et a la forme de la pointe d'une épée triquêtre.

Une particularité anatomique que l'on a cru longtemps exister dans nosRhinolophes d'Europe , et principalement dans le petit Fer à cheval, était de présenter seuls parmi les Chéiroptères quatre mamelles ; mais Kuhl (ZooZ. IJei7r.) a reconnu qu'il n'y avait chez eux que deux mamelles pectorales, comme à l'ordinaire, et que les deux autres corps, que l'on avait pris pour des mamelles inguinales, n'étaient que des verrues de la peau, au-dessous desquelles il n'y avait pas de glandes mammaires et qui conduisaient , dit-il , dans la cavité du bassin. Depuis, M. Temminck a confirmé entièrement les observations de Kulh , et il dit que ces prétendus mamelons ne servent en aucune manière à la nutrition , que ce sont des appendices d'où suinte une matière onctueuse, fétide, et qui augmente l'odeur désagréable qu'exhalent ces Chauves-Souris.

Les Rhinolophes se trouvent répandus dans les îles de la Sonde, dans l'Inde, l'Asie, l'Afrique et l'Europe; on assure même en avoir récemment découvert une espèce en Océanie ; jusqu'ici on n'en a pas encore observé en Amérique.

Ces Chauves-Souris vivent une grande partie de l'année réunies en bandes de plusieurs centaines d'individus des deux sexes, soit dans les cavernes, les vieux bâtiments ou dans les troncs énormes d'arbres vermoulus des forêts vierges ; passé le temps de l'accouplement, et quand les femelles sont pleines, celles-ci s'éloignent des mâles, s'établissent, plusieurs réunies, dans des cavernes séparées , et vaquent en société de leurs compagnes aux soins de la nutrition des deux petits qu'elles mettent au monde; les mâles, de leur côté, vivent alors ensemble, et la famille ne reprend ses habitudes sociales que lorsque les jeunes sont en état de pourvoir à leur subsistance. Du reste, la manière de vivre des espèces européennes

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de Rhinolophes ne diffère pas de celle dps autres Chéiroptères en général, c'est-à-dire que ces animaux sont nocturnes et mangent des Insectes.

Linné, Erxieben et Bechstein associèrent les Rhinolophes avec les VespertiMons sous l'appellation commune de Vesperliho. Daubenton le premier distingua le grand et le petitFer-à-chevalqueLinnéavaitconfondus.

Et. Geoffroy Saint-Hilaire, ainsi que non? l'avons dit au commencement de cet article, créa le genre Hhinolophus, et aux deux espèces anciennement connues et qu'il y plaça, il en adjoignit de nouvelles qu'il décrivit pour la première fois; G. et Fr. Cuvier, .A.-G. Desmarest, etc , aioptèrenl les idées d'Et. Geoffroy Saint-Hilaire.

M. HorsGeld, un peu plus tard, décrivit des espèces nouvelles en grand nombre. Enfin M. Temminck {Monogr. de mam^nalogie , t. II, 1" livr., 1835) résuma tout ce qui avait été dit sur ce genre , décrivit de nouvelles espèces et donna une monographie complète de ce groupe, travail que nous suivons dans cette article. Depuis, peu de changements ont été opérés dans le groupe des Mhinolophus, et le nombre des espèces , qui aujourd'hui est de plus de vingt, a été seulement augmenté de deux par MM. Gray et Martin.

Nous allons passer maintenant à la description, ou plutôt à l'indication des espèces de ce genre.

§ I. ReiNOLOPHUs, Auclorum.

Espèces à feuille nasale non compliquée , à bord lisse, et placée transversalemenl en un ruban sur le chanfrein ; pas de lobe distinct à la base de la conque , ou bien ce lobe étant peu apparent.

A. Espèces d'Afrique.

1. Rhinolophe TniDENT, Rhinolophus tridens El. Geoffr. {Mamm. d'Égypt., pi. 2, n" 1 ; Ann. mus., t. XX). De la taille de la Pipistrelle. Le pelage est rare, court et lisse, d'un cendré blanchâtre, à base blanche en dessus et blanchâtre en dessous; le basventre et les cuisses sont nus. La queue est courte, et, dans un tiers de sa longueur, est libre au-delà de la membrane interfémorale. Le fer à cheval couvre toute la surface du museau; mais la feuille est peu compli*

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quée , large à sa base et s'élevant en lance transverse , dont la partie supérieure est terminée par trois dents. Se trouve en Égyple dans les profondes excavations des montagnes, et surtout dans les parties les plus reculées des tombeaux des rois et du temple de Denderah.

2. Rhinolophe de Commerson, Rhinolophus Commersonii Et. Geoffr, Cette espèce habite Madagascar; elle est très voisine du R. diadcma , dont elle diffère par sa feuille d'un tiers moins large, simple, à bord terminal arrondi, etc., et peut-être, ainsi que le fait observer M. Temminck, devrait-elle lui être réunie.

B. Espèce d'Asie.

3. Rhinolophe de Duklum , Rhinolophus Duklumensis Sykes. Cette espèce, qui habite le pays des Mahrattes, dans l'Inde, n'est pas suffisamment décrite, et se rapproche du R. insignis.

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