RI
dantes de terres jusqu'ici entièrement ou presque entièrement improductives, et, en second lieu , celui de le» convertir, après quelques années, en terres salées ou terres arables propres à recevoir nos céréales ordinaires.
Le temps qui s'écoule entre les semis et la récolte du Riz, est d'environ quatre mois et demi ou cinq mois, en moyenne ; quelques variétés exigent jusqu'à huit mois pour leur développement complet, tandis qu'il suffit* d'autres de trois mois et quelquefois moins, assure-t-on. Mais, par compensation, ces dernières variétés ne donnent que des qualités de graiti inférieures.
Il semble inutile d'insister sur l'importance majeure du Riz comme plante alimentaire. Dans l'imiuense étendue de pays où il
i est cultivé, il forme la base principale de l'alimentaiion ; quelquefois même on peu\ dire qu'il nourrit à lui seul les classes inférieures de la société. Ainsi le peuple , en Chine et dans I Inde, ne connaît à peu près pas d'autre aliment que du Riz cuit à l'eau et mêlé de quelques condiments et aromates. En Europe, le Riz joue un rôle important, mais beaucoup moins exclusif dans l'ali mentalion. Même dans les parties un peu septentrionales de cette partie du monde, il ne sert plus qu'à faire des potages, des gâteaux, etc. Dans ces dernières contrées, la culture du froment fournit une matière alimentaire beaucoup plus avantageuse et surtout plus nutritive. En effet, l'analyse chimique a montré que si le grain de Riz est le plus riche en fécule parmi tous ceux fournis par les céréales, il est en revancheà peu près, sinon même entièrement dépourvu de gluten ou de matière azotée. Vogel y a trouvé, en effet, sur 100 parties; Fécule, 96 ; sucre,!; albumine, 0,20; huile grasse, 1,50; perte,
i 1,30. De là pas de panification possible ave la farine de Riz. A part cet usage d'importance capitale, le Riz sert encore, en Chinej et dans l'Inde, à la préparation de certaines boissons alcooliques et de diverses préparations alimentaires. Sa pâte, qu'on obtient ea en faisant une décoction très i assez de consistance en séchât habitants de ces contrées en confectionnent des objets d'art et d'utiliié. La paille de cette Graminée sert à faire une grande partie de ces tissus recherchés comme objets de toiletie
lu on ooiieni. eu s chargée, prend int pour que teal
ROB
qu Gii connaît vulgairement sous le norti de paille d'Italie. Enfin, en médecine, le Riz est utilisé comme un aliment de facile digestion pour les malades et les convalescents; de plus, sa décoction, vulgairemeiti nommée eau de riz t est administrée journellement, «oit seule, soit mêlée de gomme,- édulcorée avec des sirops, comme calmante et adoucissante, en tisane, en lavements, etc. Enfin le Riz crevé sert fréquemment en cataplasmes préférables, dans plusieurs cas, à ceux de graine de Lin, parce qu'ils sèchent et aigrissent plus lentement. (P. D.)
ROBERGIA, Schreb. {Gen.,n. 787). bot.
PH. — Syn. de Connarus, Linn.
ROBERTIA (nom propre), bot. ph. — Genre de la famille des Gomposées-Labiaiiflores, tribu des Chicoracées , établi par De Candolle ( FL fr., 453 ). Herbes de la Méditerranée. Voy. COMPOSÉES.
ROBERTIA, Mérat {Flor. Paris., 211), BOT. PH. — Syn. à'Eranthis, Salisb.
ROBERTSIA, Scop. {lnlroduct.,n. 582).
BOT. PH. — Syn. de Sideroxylon, Linn.
ROBINET. BOT. — Nom vulgaire du Lychnis dioica. Voy. lychnide.
ROBINIER. Robinia (dédié à Robin , auteur du Jardin d'Henri IV). bot. ph. — Genre de la famille des Légumineuses-Papilionacées , de la Diadelphie décandrie dans le système de Linné. Il est formé d'espèces arborescentes, dont quelques unes forment de grands et beaux arbres, et qui croissent en majeure partie dans le nouveau monde, ■f.es végétaux ont des feuilles pennées avec impaire, accompagnées de stipules quelquefois épineuses; des fleurs en grappes, généralement assez grandes, et qui présentent les caractères suivants : Calice à cinq dents lancéolées, dont les deux supérieures plus courtes et rapprochées l'une de l'autre; corolle papilionacée, à étendard un peu plus long que les ailes, à carène obtuse ; étamines diadelphes , tombantes; ovaire à 16-20 ovules, surmonté d'un style barbu antérieurement. A ces fleurs succède un légume comprimé, presque sessile, à valves presque planes et minces, relevé d'une bordure le long de sa suture interne, polysperme. Ainsi caractérisé ce genre ne correspond plus qu'à une partie du groupe établi sous le même nom par Linné, les Caragnaen ayant été «éptrés en un genre distinct.
ROB
L'espèce la plus intéressante d'entre les Robiniers est le Robinier faux-acacia , Robinia pseudoacacia Lin., si connu sous ses noms vulgaires d'Acacia blanc. Acacia commun ou simplement Acacia. Ce bel arbre est originaire de la Virginie; mais il est aujourd'hui si communément cultivé en Europe qu'il a fini par s'y naturaliser sur plusieurs points. Dans tout son développement il s'élève jusqu'à vingt-cinq et trente mètres. Son tronc est droit; ses jeunes branches et ses rameaux sont longs et grêles, et les fortes épines dont ils sont armés le rendent propre à de bonnes haies pour clôtures; ces épines naissent de chaque côté de la base des feuilles et sont dès lors de nature stipulaire ; ses feuilles, ailées avec impaire, ont 12-21 folioles péliolulées, ovales-oblongues, entières, un peu échancrées et munies d'une petite pointe au sommet. Ses fleurs sont blanches, très agréablement odorantes, et forment des grappes pendantes si nombreuses que l'arbre en devient presque entièrement blanc au moment de sa floraison. Le Robinier faux-acacia croît avec une rapidité qui permet d'en obtenir, dans un temps donné, plus de bois qu'avec nos arbres indigènes à bois dur. On le multiplie d'ordinaire par semis, et, dans ce cas, le jeune plant qu'on obtient peut s'élever jusqu'à un ou deux mètres dans l'année. On le multiplie également, mais moins avantageusement, par les rejets qu'il produit, comme on le sait, en abondance et souvent de manière à nuire aux cultures voisines.
Cet arbre réussit assez bien dans toutes sortes de terres; cependant il paraît préférer les bons sols frais et légers; et c'est aujourd'hui l'une des espèces les plus répandues dans les allées, les parcs et les diverses plantations d'agrément. Néanmoins certaines préventions qui existent parmi lofi ouvriers contre son bois font qu'il n'a i)as encore acquis toute l'importance qu'il semble appelé à posséder plus tard , et qu'on sa borne le plus souvent à le planter dans un but d'agrément. Cependant , comme l'a montré le baron d'Haussez dans une notice sur celte espèce, le bois du Faux -Acacia réunit des qualités nombreuses: il est dur, compacte, résistant, bien qu'on le regarde d'ordinaire comme cassant; cette erreur
ROB
ROC
tient à ce que ses branches sont souvent brisées par le vent aux bifurcations, et qu'on n'a pas remarqué que ces fractures se I)roduisent toujours par la dissociation des libres et non par leur rupture. Au lieu d'être cassantes , ces branches se prêtent sans (lifûculté à des torsions en tout sens; aussi fournissenl-elies d'excellents cercles de futailles qui durent longtemps. Or, les pousses de trois ou quatre ans, provenant de recépage, conviennent parfaitement pour cet usage, et fournissent des cercles de 1 mètre à l'",30 de diamètre. Le bois du Robinier faux-acacia est très recornmandable par la facilité avec laquelle il résistée l'épreuve d'une immersion alternative dans l'eau et dans l'air, ainsi qu'à celle d'une exposition constante à l'action des agents atmosphériques. Sous ces rapports, M. d'Haussez le dit préférable au chêne lui-même. Pour le charronnage , ce bois a l'avantage sur tous ceux de nos contrées pour la construction des pièces qui doivent offrir une grande résistance, particulièrement pour celle des essieux. Dans les arsenaux de la marine française il est préféré à tout autre pour la confection des grosses et longues chevilles appelées gournables, et ce seul objet en fait importer annuellement de l'Amérique du Nord des quantités considérables. Enfin il constitue un bois de chauffage de bonne qualité. Ces divers motifs sembleraient devoir déterminer à donner aux plantations de Robinier faux-acacia plus d'importance qu'elles n'en ont eu jusqu'à ce jour.
Quelques autres espèces de Robiniers sont fréquemment cultivées comme espèces d'agrément. Tels sont : le Robinier en boule , Jiobinia umbraculifera DC, vulgairement nommé Acacia parasol, et par les jardiniers liobinier sans épines , qui reste toujours petit, et dont la têie, formée d'un grand nombre de branches et de rameaux très serrés et courts , chargés de feuilles petites et très nombreuses , ressemble à une boule compacte de verdure ; il ne fleurit jamais dans nos plantations. Il n'est peut-être pas très certain qu'il constitue une espèce particulière. Le RoRiNiEii VISQUEUX, Robiniaviscosa Lin., arbre d'un bel effet, mais peu élevé, dont les rameaux sont glutineux ; dont les folioles, ovales en cœur, sont glauques à leur face inférieure, et dont les fleurs roses for- j
ment des grappes courtes très élégantes. Le Robinier hérissé, Robinia hispida Lin,, vulgairement nommé Acacia rose, très belle espèce haute seulement de 2 ou 3 mètres , à branches et rameaux hérissés, dont les grandes fleurs , d'un beau rose, forment de magnifiques grappes pendantes; malheureusement ses branches se brisent aux bifurcations avec une telle facilité, qu'il est presque toujours mutilé par les vents.
ROBINSOIVIA, Schreb. {Gen., n. 832).
BOT. PII. — Syn. de Touroulia, Aubl.
*ROBIQUETÏA , Gaudich. { ad Freyc, 426 , t. 34 ). BOT. PH. — Syn. de Saccolabium, Lindl.
KOBLOT. poiss. — Nom vulgaire des petits Maquereaux.
ROBSOIVIA. BOT. PH. — Genre de la famille des Ribésiacées , établi par M. Spach {Suites à Buffon, éd. Roret, VI, 180). Arbrisseaux de la Californie. Voy. rieésiaches.
ilOBULIX'E. FORAM. — Genre de Foraminifères établi par M. Al. d'Orbigny dans sa famille des Nautiloïdes, la première de son ordre des Hélicoslègues, Il est caractérisé par sa coquille équilatérale à spire enroulée dans un même plan , avec une seule ouverture triangulaire située à l'angle carénai. (Duj.)
ROCCELLE. iîocce»a (de l'italien rocca, rocher), bot. cr. — (Lichens.) Le Lichen sur lequel Acharius a fondé ce genre est une plante connue dès la plus haute antiquité, et usitée de tout temps comme matière tinctoriale : c'est le L. Roccella de Linné, vulgairement appelé Orseille des Canaries. Bory a avancé dans son Essai sur les iles Forlwnées, et répété dans le Dictionnaire classique d'histoire naturelle f que c'est là la véritable Pourpre des anciens, et que les Phéniciens , qui en faisaient un grand commerce, allaient la chercher aux îles Canaries et de Madère. Quoi qu'il en soit de cette opinion, toujours est-il constant que le Lichen en question est extrêmement abondant dans ces îles ainsi qu'au cap Vert , et qu'on l'y exploite en grand pour l'Europe. La chimie en a retiré VOrsine, principe immédiat colorant, employé avec tant d'avantage dans la teinture des étofl'es. Les autres espèces du même genre sont dites moins riches en matière colorante, d'où vient qu'elles soui
ROC
ROC
aussi moins recherchées. Le R. Montagnei Belang., qui croit sur les troncs des Manguiers {Mangifera indica L.), est une espè, e ai commune dans l'Inde , et surtout à Pondichéry, qu'on en pourrait charger des navires. Il devenait donc important de connaître dans quelle proportion y était contenue rOrsine. Dans le but de nous éclairer sur ce point , nous remîmes une certaine quantité de ce Lichen à un chimiste célèbre de la capitale, qui voulut bien , sur nos instantes prières, la soumettre à l'analyse. Le résultat obtenu montra que cette Roccelle ne renfermait pas tout-à fait autant de principe colorant que l'Orseille des Canaries, mais que néanmoins elle en contenait suffisamment pour que son exploitation ne fût pas sans importance. Un négociant angl.iis de notre connaissance, qui fait le commerce de ces matières tinctoriales , nous apprit plus tard qu'en effet cette espèce ét.iil presque aussi recherchée et estimée que l'autre. Le commerce de l'Orseille est si productif, (]ue les droits perçus à sa sortie des îles du Cap- Vert suffisent pour payer les appointements du gouverneur et la solde de la garnison.
A l'exception des R. Montagnei Be\ang. et R. pygmœa DR. et M., qui croit en Algérie sur les troncs des Figuiers, toutes les autres espèces vivent de préférence sur les rochers des bords de la mer, dans les climats chauds ou tempérés. Elles y forment de petites touffes composées d'un nontbre plus ou moins considérable d'individus, et dressées ou pendantes, selon l'état de rigidité ou de flaccidité du Lichen. Les Roccelles appartiennent à la tribu des Usnées, et se distinguent des autres genres de cette tribu par les caractères suivants : Le thalle est centripète , cartilagineux ou coriace , cylindrique ou plane, rarement simple, plus souvent ranieux, comme saupoudré de farine , et quelquefois couvert de ces paquets pulvéruleux qu'on nomme sorédies. Il est compo-é de deux couches distinctes, dont l'intérieure ou médullaire est cotonneuse, mais ne forme pas le cordon ci>mme chez les Usnées. Les apoihécies sont orbiculaires, planes, sessiles, latérales, et munies d'un rebord à peine saillant fourni par le thalle. La lame proligere , qui constitue le disque , est noirâtre , pruineuse , et repose sur une couche noire
carbonacée, comme dans le genre Dirina {voy. ce mot). Cette lame est composée de paraphyses rameuses enchevêtrées , entre lesquelles se voient des tbèques en massue, qui contiennent chacune huit sporidies fusiformes , divisées en quatre loges par trois cloisons transversales. (C. M.)
ROCHE. GÉOL. — Voy. roches.
ROCHEA. BOT. PH. — Genre de la famille des Crassulacées, tribu des Crassulées, établi par De Candolle (Plant gr., n. 103; Prodr., III, 393), qui lui assigne les caractères suivants : Calice 5-lobé. Corolle hypocraiériforme; tube allongé; limbe a 5 segments étalés. Étamines 5. Nectaire à 5 glandules. Péricarpe à 5 follicules polyspermes.
Les Rochea son t des sous-arbrisseaux charnus, à feuilles opposées , subconnées , très entières; à fleurs rouges, ou jaunes, ou blanches, disposées en cymes. Ces plantes sont originaires du cap de Bonne-Espérance.
De Candolle {loc. cit.) rapporte à ce genre une douzaine d'espèces réparties en deux sections, qu'il nomme et caractérise ainsi :
a. DanieLla {Larochea, Haw.). Tube de la corolle à peu près aussi long que le limbe, ou plus court ; étamines peu saillantes. Tiges presque simples ; feuilles connées par la base, charnues, blanchâtres; cymes corymbiformes ; bractées peu nombreuses.
Cette section ne renferme que trois espèces, nommées : Roch. falcala DC,pe)foliata Haw. et albtflora QC
b. Franciscea (Dielrichia , Tratlin. ; Kalosanlhes, Haw.). Tube de la corolle cylindracé, deux à trois fois plus long que le limbe; étamines incluses. Feuilles cartilagineuses aux bords et ciliées de poils raides; cymes ombelliformes ou capilellées ; fleurs bracléolées.
Parmi les espèces que renferme ce groupe, nous citerons principalement les Roch. coccinea , versicnlor, odoratissimat jasminea DC-
Les Rochea sont assez généralement recherchés par les amateurs de piaules grasses, à cause de l'élégance de leurs fleurs. (J.)
liOCIlEFORlIA (nom propre), bot. pb.
— Genre dont la place dans la méthode n'est pas encore fixée. Il a été étii4)li par Swarti (Flor. Ind. occident., I, 552, Prodr., 53), qui lui assigne les caractères suivants : Calice à 5 divisions ovales , obtuses. Corolle bypogyne, gamopétale ; tube court, peuta-
ROC
gone ; limbe h 5 divisions oblongues. Éta< mines 5; filets subulés , courts; anthères oblongues. Ovaire supère. Styles 2 ; stigmates villeux. Péricarpe arrondi , à 2 loges |)olyspermes.
Swartz ne rapporte à ce genre que deux espèces, qui croissent aux Antilles. Ce sont des arbustes à tigedressée, rameuse, inerme ; à rameaux (lexueux, cylindriques, épineux; à feuilles alternes, pétiolées, très entières, oblongues , glabres ; à fleurs petites, verdâtres ou blanches , axillaires ou terminales , géminées ou fasciculées. (J.)
ROCilliLIA , Rœm. et Schult. {Syst., IV, 645). BOT. PH. — Syn. d'Echinospermum, Swartz.
ROCHER. Murex, moll. -^ Genre de Gastéropodes pectinibranches, de la famille des Canalifères de Lamarck, admis sous ce nom par la plupart des auteurs depuis Klein et Linné, mais diversement circonscrit et successivement réduit par Bruguière et par Lamarck dans ses limites actuelles. Le nom de Murex est employé par Pline pour désigner des coquilles qui sont aujourd'hui rangées parmi les Strombes; et nos Murex, qui fournissaient, dit-on, la teinture pourpre des anciens , avaient dû être nommés Pourpres ; c'est du moins ce que Rondelet a prétendu en donnant le nom de Pourpre à un Murex et laissant comme Pîine le nom de Murex à un Strombe. Aldrovande adopta cette manière de voir et groupa les Strombes et les Ptérocères sous le nom de Murex, en même temps qu'il rapprochait de la Pourpre de Rondelet six autres espèces de nos Murex Langius et Tournefort suivirent la même marche, mais Lister adopta la dénomination de Buccin pour la plupart des coquilles enroulées et canaliculées ou échanerées pour le passage du siphon. Plus tard Klein transposa les noms admis véritablement à tort par ses prédécesseurs, et, le premier, il donna le nom de Murex arix coquilles que nous nommons ainsi. Adanson au contraire réunit ces mêmes coquilles avec beaucoup d'autres dans son genre Pourpre. Enfin Linné, supprimant toutà-fait le genre Pourpre, établit un grand genre Murex dans lequel sont comprises toutes les coquilles canalifères avec les Cérithes et une partie des Pourpres. Btuguière, dans V Encyclopédie méthodique ,
ROC
entreprit de subdiviser ce grand genre lin* néen , et tout en laissant le nom de Rocher ou Murex aux coquilles dont nous parlons, il en sépara les genres Cérithe , Fuseau et Pourpre, ce dernier genre n'ayant nulle concordance avec ce que les premiers zoologistes avaient nommé ainsi, mais ayant en quelque sorte pour type une petite coquille des côtes de l'Océan (Purpura lapUlus) que Réaumur avait voulu considérer comme ayant fourni la pourpre des anciens. Lamarck, adoptant les genres de Bruguière, continua dans ses publications successives à démembrer et à réduire le grand genre des Murex : il en sépara donc d'abord les Fasciolaires et lesPyrules, puis les Ranelles, les Turbinelles et les Struthiolaires, et en dernier lieu les Tritons ; mais, tous ces genres n'étant fondés que sur des différences extérieures de la coquille et non sur l'organisation, plusieurs devront sans doute être réunis de nouveau quand la connaissance de toutes les espèces aura fait disparaître l'importance des diffcrences prétendues caractéristiques. Cuvier, lui-même, sauf le genre Cérithe, n'avait admis tous les autres genres que comme des sous-genres des Rochers ou Murex. M. de Blainville, de son côté, a considéré le genre Murex de Linné comme devant constituer une famille, celle desSiphonostomes, dans laquelle sont compris les genres de Bruguière et de Lamarck, et le genre Rocher convenablement réduit. Les Rochers de Lamarck ont la coquille ovale ou oblongue, canaliculée, avec l'ouverture arrondie ou ovalaire, et ils portent à l'extérieur des bourrelets rudes, épineux ou tuberculeux, formant trois ou un plus grand nombre de rangées continues depuis le dernier tour jusqu'au sommet où elles deviennent plus ou moins obliques. Les Rochers se distinguent donc , au premier coup d'oeil , des Ranelles qui n'ont que deux bourrelets continus et opposés, ou des Tritons qui ont des bourrelets irrégulièrement épars. L'animal observé précédemment par Adanson et par Dargenville a été depuis lors plus exactement décrit par M. de Blainville: son corps est ovale, enveloppé dans un manteau dont le bord droit est garni de lobes ou laciniures plus ou moins nombreuses et de forme variable ; son pied est ovale, assez court; les yeux
ROC
sont situés à la base externe des tentacules qui sont longs, coniques, contraciiies et rapprochés; la bouche est pourvue d'une longue trompe extensible armée de petites dents. L'anus est situé au côté droit dans la cavité branchiale, qui contient deux peignes branchiaux inégaux. L'oviducte de la femelle se termine également au côté droit, à l'entrée de la cavité branchiale, et le mâle porte au côté droit du cou une verge longue, aplatie, contractile et exseriile, à l'extrémité de laquelle aboutit le canal déférent. Le genre Rocher ainsi réduit par Lamarck est encore un des plus nombreux , car on y compte plus de 170 espèces vivantes et 100 ou r20 fossiles dans les terrains tertiaires, plusieurs de celles-ci ayant d'ailleurs leurs analogues vivants. Ce sont en général de belles coquilles auxquelles le prolongement du canal, ou les épines, ou les expansions foliacées et crépues des bourrelets ont fait donner des noms vulgaires ou spécifiques très signifiL-aiifs, tels que ceux de Tète de Bécasse, de Scorpion, de Chicorée, de Feuille de Scarole ou d'Endive, etc. Ces particularités dans la forme de la coquille ont fait diviser ce genre si nombreux en plusieurs groupes et sections. 1" Les espèces à canal prolongé en une queue grêle, subite, plus longue que l'ouverture, se divisent en deux sections; les unes sont épineuses : tels sont le Rocher cornu, de la mer des Indes, long de 16 centimètres et nommé autrefois la Grande massue d'Hercule; le Rocher droiteépine (Murex brandaris L.), long de 8 à 10 centimètres, très commun dans la Méditerranée et qu'on regarde comme ayant dû fournir aux anciens leur plus belle teinture pourpre ; le R. forte-épine ( M. crassispina LK.), de la mer des Indes , long de i2 centimètres et nommé vulgairement la Grande Bécasse épineuse. D'autres Rochers à longue queue sont sans épines; tel est le R. tête de Bécasse (M. hauslellum L.) , long de 11 à 14 centimètres, de la mer des Indes, remarquable par la longueur et la gracilité de son canal. 2* Les Rochers dont le canal plus court forme une queue épaisse non subite, se divisent aussi en deux sections d'après le nombre des bourrelets ou varices. Les uns n'ont que trois bourrelets; tels sont le R. Chicorée renflée (M. inflalus LK. ), long de Î2 à 14 centimètres, blanc nuancé de roux ;
ROC
le R. palme de Rosier (M. palmarosœ Llv.>, long de 11 à 12 centimètres, fauve rayé de brun avec le sommet des expansions rose violacé ; le R. Chicorée brûlée ( M. aduslus LK.), long de 9 centimètres, noir, avec l'ouverture très blanche et la columelle jaune, et une partie blanche en forme de raie au côté gauche de chacune des varices. (Duj.) ROCHES (du grec, pw^, rocher). — Oo donne ce nom à tout minéral ou à tout assemblage de minéraux formant des masses assez considérables pour jouer un rôle notable dans l'économie de l'écorce du globe.
Généralités.
Nous ne nous dissimulons pas tout ce que la définition qu'on vient de lire présente de vague et d'arbitraire, mais nous l'adoptons par celte double raison qu'elle est universellement admise , et surtout qu'on n'en saurait imaginer de meilleure : la définition d'objets mal caractérisés doit nécessairement être vague.
Il résulte de là, que les mêmes substances seront considérées par certains lithologisles comme étant des roches, tandis que d'autres leur refuseront cette qualité, et les regarderont comme de simples accidents sans importance de la croûte terrestre. C'est ainsi, par exemple, que les masses entrant dans la constitution des filons n'ont pas, aux yeux de beaucoup de géologues et en raison de leur faible volume, le caractère essentiel des roches; cependant, comme leur présence daus les filons peut indiquer, dans les profondeurs^ l'existence de réservoirs qui les renferment en abondance, et comme, d'autre part, les filons sont en quelque sorte des organes foudanientaux du globe, d'autres géologues les introduisent dans leurs systèmes lithologiques.
Cet exemple peut faire pressentir tout le vague que nous rencontrerons dans cette rapide étude des roches. Il faut en effet le reconnaître, ce vague qui nous frappe à notre entrée dans le sujet, se retrouvera à peu près dans tous les détails que nous examinerons d'un peu près. Partout, les divisions qu'il semble le plus naturel d'établir disparaissent sous les transitions l^« plus insensibles
HOC
En résumé, entre les minéraux proprement dits et les roches, nous sommes incapables de formuler une dilTérence absolue : le granité est évidemment une roche, et le phénakite est évidemment un minéral, mais où commencent les roches? Voilà ce que nous ne pouvons dire.
Un second point fort important à faire ressortir, c'est la nature des considérations qui servent à décider si telle ou telle masse minérale mérite ou non la dénomination d;' roches. Ces considérations, essentiellement difTérentes, comme on le verra, de toutes celles qui suivent, ue doivent pas inter- «enir en lithologie proprement dite : elles sont ccmplétemcQi géologiques.
A la vue d'uQ échantillon de quelques centimètres, comme on en trouve dans les collections, il est impossible desavoir si l'on a affaire à une véritable roche. Par exemple, on pourra avoir à examiner à la fois un très petit échantillon de granité, et un très volumineux échantillon de béryl : comment savoir où est la roche, à supposer qu'il y en ait une? En sortant du laboratoire; en allant sur le terrain pour observer en place les masses qu'il s'agit d'étudier : c'est là seulement qu'on voit le granité former des montagnes à lui seul, taudis que le béryl constitue une rareté dispersée çà et là sous un volume absolument insensible pour le lithologiste.
Voilà quel est le travail nécessaire pour arriver à donner à chaque roche l'espèce de passeport sans lequel elle ne peut être admise dans le cadre d'un ouvrage analogue au présent article. Et ceci a beaucoup d'importance. En effet, supposons que le mélange du quartz et du mica constitue des amas suffisamment puissants pour être rangés parmi les roches; il est très important pour nous, à la suite de l'étude des propriétés du quartz eidu mica, d'étudier le< propriétés de cet assemblage naturel, sembkible, jusqu'à un certain point, vis-à-vis du globe terrestre, à un tissu par rapport à un être vivant. Au contraire, si je trouve des échantillons contenant à la fois du distliène et du mica, je ne verrai aucun intérêt à étudier le mélange en luimême: chacun des minéraux qu'il contient doit être connu complètement, mais leur réunionne représente rien qui puisse me toucher au point de vue de l'histoire de la terre.
T. Xll.
HOC
Une fois les passeports en question donnés aux diverses masses minérales dignes de les recevoir, toute étude géologique, qu'il s'agisse de la stratigraphie ou de l'origine probable ou même certaine des roches, doit, au point de vue de la détermination lithologique, être, selon nous, absolument mise de côté. Cette étude présente une importance qui ne saurait être contestée, mais nous croyons que c'est confondre les genres que de la faire intervenir ici. Nous aurons à revenir sur ce point et à montrer les inconvénients d'une pareille confusion, d'ailleurs commise très souvent. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne soit très utile d'ajouter à la définition d'une roche des notions sur son gisement et des hypo« thèses sur son origine.