‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 53 sur 173 · RONGEURS PROPREMENT DITS · texte numérisé non relu

RONGEURS PROPREMENT DITS

Première série. — Une première série comprend des Rongeurs presque exclusivement propres à l'Amérique et qui se relient les uns aux autres par quelques caractères importants.

Si nous plaçons en tête les genres de cette subdivision qui renferment les espèces les plus grosses et celles dont les différents groupes ont une circonscription géographique plus limitée, nous trouvons d'abord les Caviadés.

I. Caviadés (Caviadœ). — Animaux dont le cerveau a des circonvolutions plus ou moins évidentes; dont les molaires sont toujours au nombre de quatre paires à chaque mâchoire; qui ont la queue nulle ou rudimentaire et dont les différents genres sont exclusivement propres à l'Amérique méridionale. Ils se partagent, ainsi qu'il suit, en quatre tribus :

1° HvDROCHÉRiNS {Hydrochœrina), dont le seul genre est celui des Cabybares ou grands Cabiais {Hydrochœrus).

2° KÉRODONTiNS (Kerodonlina) : genres Dolichotis ou Mara, Kérodon et Anœma. Ce dernier réunit les espèces sauvages appelées Apéréas et leur représentant domestique le [lobaye ou Cochon d'Inde.

3° Célogénins (Cœ^of/emna) ou les Pacas.

4° Chloromins (Chloromina) ou les Agoutis , appelés en latin CMoromys et Dasyprocta.

Ces deux dernières tribus de Caviadés ont déjà plus d'analogie que les précédentes avec les genres qui suivent.

II. Hystricidés [Hystricidœ). — Rongeurs susceptibles d'être partagés en genres nombreux, dont les premiers renferment des es(ièces approchant par la taille de certains Caviadés. Leurs dents molaires sont aussi au nombre de quatre paires à chaque mâchoire et ils ont le trou sous-oibitaire compris dans une grande ouverture osseuse, dans laquelle e'avance la portion aalérioure du muscle

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crotophyle. Les tables du maxillaire inférieur et leur bord inférieur ont une apparence particulière qu'on retrouv e, d'ailleurs, dans la mâclioire des Caviadés.

La plupart sont américains; mais on en connaît aussi quelques-uns dans l'ancien continent.

1" Les Porcs-Épicsj les Acanthions, les Athérures et les Aulacodes sont dans (q dernier cas. En Amérique vivent les Éréthizons, les Sphiggures, les Chétomys et les Synéthères qui sont aussi des genres d'Hvs-

TRIGINS.

2° Une seconde tribu que l'on peut appeler Capromins (Capromina) du nom de son principal genre, le Caprorays, est spécialement américaine.

On y dislingue, indépendamment des Caprorays véritables, les Plagiodontes, les Myopotames, les Dactylomys, les Nèlomys, les Echimys et les Cercomys. Plusieurs d'entre eux ont encore les poils épineux, mais à un moindre degré que lesHystricins.

3" On ne peut guère regarder que comme une simple tribu de la même famille IcsChinceiLLiNs (ChinchiUna), américains comme les précédents, mais à pelage toujours très doux, ce qui leur donne une apparence fort différente decelledes premiers Hystricidés. Ce sont les genres Viscache ou Lagostome, Lagotis et Chinchilla.

III. Cténomydés {Ctenomydœ). — Sont encore des Rongeurs sud-américains et à mâchoire inférieure établie sur le même type que celles des genres précédents. Ils ont également quatre paires de molaires, mais ils sont pins petits, et les uns sont plus ou moins fouisseurs, tandis que les autres ont plus de ressemblance avec les Loirs et vivent comme ces derniers sur les arbres. Ils ont reçu les noms génériques de Cténomys, Péphagomys, Schizodonte, Octodon et Abrocome.

IV. PsEUDOSTOMiDÉs. — Ccux-ci Ont aussi des formes assez variées suivant les conditions d'habitat terrestre ou fouisseur auxquelles ils sont destinés, ou bien encore suivant qu'ilssont sauteurs, et ils rappellent alors les Gerboises par leurs allures. Mais la conformation de leur crâne, la forme de leurs dents, toujours disposées d'après la formule 7, et la petitesse de leur perforation sous-orbitaire,

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réduite au seul trou de ce nom, enfin les poches géuales dont ils sont pourvu», les distinguent des précédents. Us ont aussi la mâchoire inférieure disposée d'après la forme particulière aux genres américains, et ils vivent d'ailleurs avec ces derniers. Les ?seudostomidcs constituent trois tribus :

1° Les SACCOPBOitiNs {Saccophorina) qui gont fouisseurs. Genres Saccophore ou Ascomys et Aplodoutie.

2" Les Saccomins (Saccomyna) , plus terrestres. Genres Saccomys et Ilétéromys.

3" Les Macrocaulins {MacrocauHna) sauteurs et en apparence assez semblables aux Gerboises. Geure Macrocaule (Wagner) ou Dipodomys (Gray).

série. — D'autres rongeurs, n'ayant comme les précédents qu'une seule paire d'incisives à chaque mâchoire, et présentant, au fond, les mêmes particularités de structure, quoique avec une perforation sous-orbitaire ordinairement moins grande et une autre fornie de mâchoire inférieure, ont une répartition géographique moins circonscrite ; eu général, ils ont des représentants dans les deux continents, quelques-uns môme en Australie, région du globe qui ne fournit, à part des Marsupiaux et des Monotrèmes, que quelques genres de Mammifères placentaires, soit des Chéiroptères, soit certaines espèces de Murins, c'est-à-dire des Rongeurs de la série qui va nous occuper (1) . Cependant les Dipodidés sont particuliers à l'ancien continent et en partie propres à l'Afrique.

V. Sciuridés {Sciuridea). — Les Sciuridés qui tirent leur nom de l'Écureuil {Sciurus) sont des Rongeurs granivores, pourvus de quatre ou même de cinq paires de molaires supérieures et de quatre inférieures, ces dents étant le plus souvent tuberculeuses. Us sont plus multipliés dans l'hémisphère boréal que dans l'hémisphère austral et ils fournissent des espèces à l'ancien continent aussi bien qu'à r.\mérique septentrionale. Habituellement, leurs genres sont également représentés en Europe, en Asie et dans l'Amérique. Us constituenttrois tribus, dont

(1) Ces Rong'eurs australiens, qui sont de la division des Murins, constituent les genres Hydronivs, Pseu'Joîuys et Hapalotiâ.

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les espèces sont arboricoles, terrestres oa aquatiques.

1" SciuRiNs (Sciurina) ou Sciuridés arboricoles. Tels sont les Ecureuils proprement dits et les subdivisions parfois assez faciles à caractériser qui représentent ce groupe dans les deux Amériques, en Asie, en Afrique et en Europe. On en a fait plusieurs genres.

Les Tamias, déjà en partie fouisseurs, et les Sciuroptères ou Ecureuils volants sont aussi des Sciurins.

2° Arctomiss {Arctomyna). Sciuridés terrestres ou fouisseurs, tels que les Marmottes et les Spermophiles, dont le crâne dilTère à quelques égards de celui des Sciurins, Les Ptéromys, ayant des membranes entre les flancs et qui voltigent à la manière des Sciuroptères, sont pour ainsi dire des Arctomins volants; tandis que les Sciuroptères ont plus d'analogie avec les Écureuils proprement dits et surtout avec les Tamias.

3° Castor iNS (Caslorina). Cette tribu est actuellement formée sur le seul genre des Castors, dont les dents diffèrent par leurs replis d'émail, de celles des autres Sciuridés, mais qui ont la forme crânienne de ceux-ci ; ils habitent dans l'eau. On y rapporte plusieursgeures fossiles dont nous rappellerons les noms : ce sont les genres Castoroïde, Trogontherium, Diabroticus, Chalicomys et Sténéofiber (1).

VI. Dipodidés (Dipodidce) — Rongeurs encore très-diversiformes et dont les uns sont d'ailleurs terrestres, et les autres fouisseurs; il y en a aussi de sauteurs; ce qui donne à leurs membres des dispositions très différentes suivant le mode de locomotion qui leur est propre. Il serait possible d'établir parmi eux plusieurs tribus.

Leurs différents genres sont ceux des Ilélamys, des Gerboises (G. Dipus), des Pétromys et des Cténodactyles. Us présentent,

(1) Le Castoroïde est un castor, au moins double en dimensions de ceux de l'époque actuelle, quia autrefois vécu aux États-Unis. Le Trogontherium dépassait aussi tes castors actuels, mais dans de moindres pruportions ; on en a trouvé des débris sur les bords de la mer d'Azow, à peu de distance da TaganroîT. Le Z)ia6ro(icus, aussi nommé Conodontes, a]ipartient au quaternaire d'Europe fAns;leterre et France . Qnant aux Chalicomys et aux Sténéofibeis; ce sont des animaux de l'époque lertiaire, et on les trouve associes en Allemagne et en France aux faunes pliocène et miocène»

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entre autres caractères, une grande perforation sous-orbitaire. Sauf les Gerboises qui «e trouvent aussi en Asie, les genres actuels de celte famille sont exclusivement africains.

VII. MiiRiDÉs (Muridœ). — Famille trèsnombreuse en espèces, et dont la dernière tribu a des représentants sur tous les points du globe. Les niuridés ont 4 7 ou | molaires ^ et dans le genre Hydromys,f seulement. Ce sont des animaux, en général, fort semblables aux Rats, et que l'on appelle vulgairement du même nom que ces derniers; leur queue est souvent écailleuse, rarement en pinceau; quelques-uns ont des liabitudes tout à fait souterraines ; d'autres, eu plus petit nombre, vivent sur les arbres, et un de leurs genres (celui des Anomalures) a même des membranes étendues sur les flancs, ainsi qu'entre les cuisses et la queue. Le crâne des Muridés a souvent beaucoup d'analogie avec celui du Uat commun; il est plus dilîérent dans les espèces fouisseuses. Le trou sous-orbitaire de la plupart de ces animaux présente la forme caractéristique des Rats ordinaires.

Les principales tribus de Muridés sont les suivantes :

1" Myoxins (Myoxina). — Rongeurs propres à l'ancien continent. Leurs molaires ont habituellement des replis transversaux de l'émail ; elles sont au nombre de 7. Les uns ont une taille égalantcelle des Ptéromys ou Marmottes volantes, et sont pourvus comme eux de membranes qui leur permettent de voltiger ; ce sont les Anomalures confinés dans l'Afrique occidentale. Les autres sont moins grands ,• on les décrit sous les noiris de Loirs, Lérots, Muscardins, Graphiures, etc.

2° Spalacins {Spalacina). — Pourvus d'un nombre variable de dents molaires, mais conformés pour fouir, à membres robustes, à yeux petits ou rudimeutaires, à tête grosse, à oreilles courtes ou nulles, et à queue courte et nue. Ce sont les genres Balliyergue, Géoryque, Rhizomys, Spalax et mitres. On ne les trouve que dans l'ancien Luntiaent.

3° MuRiNS (Murina). — Cette tribu de Muridés, la plus nombreuse de toutes, pourrait être elle-même partagée en plusieurs coupes secondaires d'une valeur supérieure

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à celle des genres qui la composent. Ainsi les Campagnols, les Rats, les Cricets, les Gerbilles, semblent être les types d'autant de petits groupes à part.

C'est auprès des Cricets que nous paraissent devoir être classés les Lophiomys, genre de Rongeurs nouvellement décrits. Ils sont très curieux à cause de la plaque osseuse qui recouvre leur crâne.

Les Hydromys constituent un des derniers genres de la tribu des Muridés.

Deuxième sous-ordre.

RONGEURS DDPLICIDENTÉS.

Ce sont les Duplicidentata d'Illiger, caractérisés par une forme toute particulière du crâne et de la mâchoire inférieure; par la présence d'une paire de petites incisives en arrière des incisives supérieures propres aux autres Rongeurs, et par la forme ainsi que le nombre de leurs dents molaires ^.

IX. Léporidés. — Les Léporidés constituent la seule famille de ce sous-ordre. Ils ont des espèces à peu près dans toutes les parties du globe, sauf à Madagascar, qui n'a encore fourni aucun Rongeur, et à la Nouvelle-Hollande qui ne possède, en fait d'animaux du même ordre, que quelques espèces de Murins.

Les genres actuels sont ceux des Lièvres, des Lapins et des Lagomys. Les Lièvres et les Lapins sont fossiles dans tous les terrains quaternaires ainsi que dans les dépôts volcaniques du faux pliocène d'Auvergne, mais les terrains tertiaires proprement dits n'ont encore fourni que des restes de Lagomys ou d'animaux voisins des Lagomys teisque les Titanomys et d'autres, considérés par MM. Croizel Bravard et Pomei comme formant aussi des genres à part sous les noms de Marcuimomys, Platyodon et Lagodus.

Ainsi qu'on peut le voir par ce qui précède, toutes les familles de l'ordre des Rongeurs n'ont pas actuellement de représeniams en France, ni même en Europe.

Les pnncipauxRongeursqui vivent à l'état sauvage dans notre pays, sopt les suivants : L'Ecureuil commun (Sciiirus vulgaris), dont le Sciurus alpinus est une espèce distincte

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d'après quelques auteurs, ou une simple variété suivant d'autres; la Marmotte (Arctomys marmotta) de quelques parties «les Alpes, principalement dans le département de l'Isère et de la Haute-Savoie; le Castor (Castor filer) du Rhône, dans les départements des Bouclies du Rhône, de Vaucluse. Il devient chaque année plus rare^ cependant il en a été pris, à ma connaissance, trois exemplaires, à quelque distance de Tarascon, pendant l'iiiver de 1846-1847.

Ajoutons à cette liste troi» espèces du genre des Loirs (genre Myoxits); — plusieurs espèces du genre Mus ou Rat (voy. ce mot); le Hamster {Cricetus frumentarius ou C.

vnlgaris) , d'une partie de l'Alsace; — diverses espèces de Campagnols (genre Arvicola), principalement étudiées par MM. Bâillon, de Sélys-Longchamps, Falio, Gerbe, etc.

Parmi les genres «ncore aujourd'hui re.

présentés en Europe, qui ont vécu en France à une époque géologiquement peu éloignée de la nôtre, nous citerons ceux des Lagomys et des Spermophiles dont les débris sont associés à ceux du Castor, du Hamster, de la Marmotte et de quelques autres espèces dans différentes localités, particulièrement aux environs de Paris.

Il nous resterait à ajouter quelques détails relativement à la classification des Rongeurs fossiles propres aux terrains tertiaires. Ceux que notre savant collaborateur Laurillard avait consignés dans l'intéressant article faisant suite à celui-ci y suppléeront. On trouvera d'ailleurs des indications nouvelles pour ce qui est des espèces observées en France, dans notre ouvrage sur la Zoologie et la paléontologie françaises.

Quant aux Rongeurs fossiles qui ont été découverts dans les autres régions du globe, ils n'ont pas encore été, sauf ceux de l'Amérique, étudiés d'une manière assez complète pour que l'on puisse en faire l'histoire avec exactitude. Nous nous bornerons donc à rappeler que ceux dont on a découvert des débris dans l'Amérique méridionale, rentrent tous dans des genres aujourd'hui représentés dans la même partie du monde par des espèces vivantes, et l'on sait que plusieurs de ces genres n'ont pas de représentants ailleurs. Ce sont en partie des llydrochères, des Kérodons, des Myopota-

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mes, des Viscaches, des Cténomys, etc.

Un seul était différent, mais il l'était d'une manière remarquable : c'est celui des Typothériums, découvert et dénommé par Bravard, et dont M. Serres a remplacé le nom par celui de Mésothérium. Il est vrai que les caractères du Typothérium ou Mésothérium l'éloignent tellement des Rongeurs proprement dits, que l'on s'est demandé si c'était bien à cet ordre de Mammifères et non à la série des Édentés ou à celle des Jumentés qu'il devait être rapporté.

Le Typothérium avait deux paires d'incisives inférieures, et la forme de ses incisives supérieures s'éloignait à quelques égards de celles des Rongeurs connus. Ses molaires supérieures, au nombre de cinq paires, avaient leur fût arqué. Il avait quatre paires de molaires inférieures. C'était un animal # pourvu de clavicules, et son bassin présentait, comme celui de la plupart des Édentés, une articulation ischio-coccygienne, indépendamment de l'articulation ordinaire ou ilio-sacrée.j Plusieurs de ses caractères tendaient aussi à le rapprocher de ces animaux, et il avait en outre quelques analogies avec lesJumentés et avec lesToxodontes; cepen. dant, ses principales affinités semblent, d'autre part, devoir le faire rapprocher des Léporidés et son cerveau, dont j'ai pu me faire une idée par le moulage intérieur do crâne, était en particulier plus semblable par sa forme générale au cerveau des Léporidés qu'à celui d'aucun autre groupe de Mammifères.

Le Typothérium paraît avoir été un animal aquatique. On en trouve les débris dans les dépôts quaternaires dits pampéens, de la République Argentine. Il était de la taille des plus grands Cabiais et avait peutêtre les allures de ces animaux. Ses principaux caractères ostéologiques ont fourni à M. Serres le sujet de plusieurs mémoires (1), et j'ai, de mou côté, fait figurer presque tous les détails de son ostéologie (2). (P.Gervais.)

RONGEURS FOSSILES, paléont.— La plupart des Rongeurs étant des animaux de petite taille, leurs débris n'ont pas toujours pu résister à l'action mécanique sous l'em-

(1) Comptes rendue des séances de l'Académie des scii-nce.i pour l!-!('7.

t"2j Zootoaie et palÉontol. générales, çl.2i à i^.

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pire de laquelle les terrains fossilifères se «ont formés, et ils ne nous sont arrivés très souvent que mutilés, écrasés et peu reconiiaissables. D'un autre côté , ces débris tchappent souvent, par leur petitesse, à l'observation des ouvriers qui ouvrent le sol dans lequel on les rencontre. Ainsi, jusqu'à présent, il y a peu de Rongeurs fossiles connus et surtout peu de bien déterminés, à cause de cette difficulté d'obtenir des ossements complets, et à cause de la difficulté, plus grande peut-être encore, de se procurer les squelettes des espèces vivantes, pour avoir des moyens de comparaison et de détermination.

On rencontre, dans les terrains diluviens et dans les tourbières, des ossements de Castor que l'on n'a pu distinguer jusqu'ici du Castor d'Europe; mais il a existé une espèce voisine et plus grande, et que l'on ne connaît plus à l'état vivant. C'est l'animal que M. de Fischer, dans les Mémoires de la Société des naturalistes de Moscou, II, a nommé Trogontherium Cuvieri, trouvé sur les bords sablonneux de la mer d'Azof, et que G. Cuvier a reproduit (t. V des Ossements fossiles, part. 1, pi. 3, flg. 11 et 12) sous le nom de Castor trogontherium. Les proportions des dents molaires ne sont pas les mêmes que dans le Castor, et l'on pouvait déjà juger par le dessin que la disposition des lames d'émail était différente aussi; c'est ce qu'a bien prouvé M. Owen, dans son Hist. of brit. fosstl. Mamm. and birds, partie 4, qui en décrit une branche de la mâchoire inférieure trouvée dans un dépôt lacustre, à Ostend, près Bacton, dont la dent incisive a 18 centimètres de longueur; la première molaire seulea quatre plisd'émail, les autres n'en ont plus que deux.

Dans les brèches osseuses du littoral de la Méditerranée, G. Cuvier a trouvé des fragments de deux espèces de Lapins, de deux Lagomys et d'un Campagnol d'espèce inconnue.

Il a été rencontré également des ossements de Castor, d'Écureuil, de Lièvre, de Lagomys, de Campagnols, de Rats, de Hamster, de Spermophile, dans les cavernes, fissures gt puisards naturels d'Angleterre, d'AllelîKigne et de France. Dans celles du Brésil, M. Lund a trouvé eu grande abondance les ossements d'espèces semblables ou voisines

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de celles qui vivent maintenant dans le pays, mais il croit avoir rencontré aussi quelques genres non connus actuellement.

Les terrains tertiaires ont fourni plusieurs ossements de Rongeurs qui paraissent différer des espèces vivantes. Ainsi M. Kaup a trouvé dans les sablières d'Eppelsheim deux espèces de Marmottes, VArctomys supercilia' ris Kaup, et VArctomys primigenia Kaup, et il a même établi sur quelques fragments de mâchoires un Palœomys casioroidcs , un Chalicomys Jœgeri et un Chelodus typus voisin du Castor.

M. Lartet croit avoir trouvé à Sansans, département du Gers, deux espèces d'Écureuils, trois de Rats, un Loir, un Lagomys, un Myopotame, un Castor, un Meriotie ou Gerboise et un Campagnol.

Dans les cajcaires d'Auvergne, on rencontre beaucoup de mâchoires de Rongeurs, et l'on a déjà établi parmi eux plusieurs genres, à savoir les:

Therydomys (Jourdan, Comptes-rendus, X), de la taille du Surmulot, rapproché des Synetherus et des Sphyggures. L'émail de chacune des quatre dents supérieures forme en avant une ligne ovalaire; de l'extrémité interne de cet ovale sort une branche qui traverse diagonalement la dent et se termine au bord externe par un ovale plus petit; celle-ci fournit une seconde branche qui se comporte comme la première.

Archœomys (de Laizer et Parieu, ibid.), qui semble former passage entre les Lagostomides et les Capromys. L'émail des dents supérieures termine un petit ovale à l'angle antéro-externe et, de plus, trois arcs concentriques traversant obliquement la couronne de la dent, s'arc-boutant le premier sur les extrémités de l'ovale, le deuxième sur le premier, et le troisième sur le second. Aux dents inférieures, il ne se trouve que deux arcs concentriques à l'ovale.

Steneofier (Geoffroy, Revue encyclopédi' que, 1833), qui lient du Castor et de l'Ondatra. L'émail du fût de la dent offre deux plis profonds: un interne plus en avant, et un externe plus en arrière; ces plis divisent la surface de la dent en deux moitiés elliptiques; une fossette entourée d'émail se remarque dans la moitié antérieure, et deux dans la moitié postérieure, dans les dents supérieures; dans les inférieures, l'inverse a

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iieii pour les fossettes, c'est-à-dire qu'il s'en trouve deux à la moitié antérieure et une seule à la moitié postérieure. Ces dents nous paraissent tout-à-fait semblables à celles des Chalicomys Eseri et minulus H. de Meyer, trouvées dans le calcaire d'eau douce des environs d'Ulm. Reste à savoir si le Chalicomys Jœgeri est du même genre ; ce qui nous pa- TnU douteux.

Dans un autre genre appelé par M. l'abbé Croizet Perriemys, l'émail des dents supérieures forme un pli à la face interne et trois à l'externe, et, dans l'espace situé entre le troisième pli et le bord postérieur de la dent, se trouve une fossette entourée d'émail. A la mâchoire inférieure, les trois plis se trouvent à la face interne, et la fossette en avant.

Un cinquième genre a des dents tout-à-fait semblables à celles du Kerodon.

Ces cinq genres que nous avons observés dans la collection de M. Pomel, ont tous quatre mâchelières aussi bien en haut qu'en bas.

Enfin nous avons vu encore dans cette même collection un Écureuil, un Rat et un Lagomys.

M. l'abbé Croizet, dans un mémoire manuscrit qui date déjà de quelques années, établit trois ou quatre autres genres encore, si notre mémoire ne nous trompe,

Dans les schistes d'OEningen et de Walsch, on a rencontré aussi des Rongeurs, mais qui n'ont pu jusqu'ici être déterminés, attendu le mauvais état de leur conservation.

Enfin, dans les piâtrières des environs de Paris, M. Cuvier a trouvé un Écureuil et deux espèces particulières àe Loris.

Il est à présamer que, comme pour les Carnassiers, comme pour les Pachydermes, non seulement plusieurs espèces, mais plusieurs genres de Rongeurs ont disparu. Cependant, comme on découvre tous les jours de nouvelles espèces et de nouveaux genres vivants, on ne peut point tirer encore pour ces animaux des conclusions aussi certaines que pour les grands Mammifères.

(Lacrillard)

ROPALOUIERA (pÔTraÀov, massue ; p-^po?, cuisse). INS. — Genre de l'ordre des Diptères brachocères, famille des Athericères, tribu des Muscides, sous-tribudes Orlalidées, établi par Wiedemann (.-luss, Ziveif.].

U. Macquart,qui adopte ce genre {Diptères,

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Suites à Bu/'/bn, édition Roret, t, II, p. 442), en cite deux espèces: Ropal. clavipes Wied. (Dictya id. Fabr.), et Ropal. spinosa Pers. Elles se trouvent dans l'Amérique méridionale. (L.)

*ROPALOPUS ou mieux RHOPALOPUS (ôo77ot)ov, massue; -noO;, pied), ins. — Genre de l'ordre des Coléoptères subpentamères , de la famille des Longicornes et de la tribu des Cérambycins, établi par Mulsant {Hist. nat. des Coléopt. de Fr., Longicornes^ 1839, p. 40), aux dépens des Callidium de Fabricius et de Dejean, et qui se compose des espèce» suivantes, qui toutes sont européennes:

R. insubricus, macropus Ziegler, jiungaricus, clavipes, femoratus {Callidium) F. (G.)

ROPHITES. INS. — Genre de l'ordre des Hyménoptères, tribu des Apiens, famille des Andrénides , établi par Spinola ( Ins. Lig.). L'espèce type, Rophit. 6-spinosa Sp., se trouve dans le midi de la France. (L.) *R0PH0STEi\101V. BOT. PH. —Genre de la famille des Orchidées, tribu des Ophrydées, établi par Blume {Flor. Jav. prœf., VI). Herbes de Java. Voy. orchidées.

*ROPilOTli;iRA. INS. — Clairville, dans son Enloniologie helvélique, désigne sous ce nom le huitième ordre des Insectes qui peut être considéré comme étant synonyme d'Aphaniptères. Voy. ce nom. (H. L.)

ROPOUREA. — Voy. rapourêa.

ROQUET. MAU. — Nom d'une petite variété de Chiens. Voy. ce mot. (E. D.)

ROQUETTE, bot. pu. — Nom vulgaire de VEruca saliva. Voy. eruca.

ROQUETTE, ois. — Nom vulgaire de la Perdrix de montagne.

RORELLA, Rupp. {Flor. Jenen., 1, 102).

BOT. PH. — Synonyme de Drosem, Linn.

RORIDULA. BOT. PH. — Genre de la famille des Droséracées, établi par Linné {Syst., 244). L'espèce type, Roridula denlala Linné, est un petit arbuste qui croît au cap de Bonne-Espérance.

RORQUAL. MAM. — Espèce du genre Baleine. Voy. ce mot. (E. D.)

ROS SOLIS, Tourner. {Inst., 127). bot.

PH. — Synonyme de Drosera, Linn.

ROS A. BOT. PU. — Voy. rosier.

*ROSACES. ACAL. — Genre douteux de Diphyes proposé par MM. Quoy et Gàimard pour des Acalèphes observés à Gibraltar el incomplets, que M. de Blainville suppose

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être plutôt (les Pliysophores que des Dipliycs. M. Lesson admet le genre Rosacea de ces auteurs et le place dans la deuxième division de sa faniille des Béroïdes, c'est-à-dire parmi les Déroïdes faux ou acils. Il leur assigne les caractères suivants : Corps libre, gélatineux, très mou, transparent, sub- {jrbiculaire, à une seule ouverture terminale ô un des pôles, donnant dans une cavité ovale qui communique à une dépression d'oùsortune production cirrhigèreetovifère: toutefois M. Lesson pense que ce genre pourrait avoir été établi sur une pièce isolée d'un de ses Polytomes. (Duj.)

ROSACIÎES. lïosaceœ. bot. ph. — Le groupe de plantes connu sous ce nom a été reconnu depuis longtemps, et admis par des auteurs déjà fort anciens , qui cependant, trompés par des ressemblances mensongères, y associaient, en général, un plus ou moins grand nombre de genres sans véritables afflnités, et qui ailleurs le scindaient en deux parts très éloignées l'une de l'autre dans leurs systèmes, reposant sur une fausse base, la division des végétaux en herbacés et ligneux. La classe des Rosacées de Tournefort n'avait de commun que le nom avec celle qui le porte aujourd'hui; elle réunissait des fleurs semblables seulement par une certaine forme de la corolle.

Linné reconnut très bien les véritables rapports naturels, et dans ses Fragmentameihodi naluralis, les ordres 35, 36 et 37 correspondent, à quelques exclusions près, aux Rosacées proprement dites , aux Spirœacées et aux Pomacées. Adanson admit une seule famille de Rosiers qu'il divisa en trois sections qui correspondent à deux des précédentes et aux Sanguisorbées. A.-L. de Jussieu la constitua définitivement et y établit sept sections : ce sont précisément les groupes dont on fait maintenant autant de familles ou de tribus distinctes. Car les auteurs ne diffèrent que par le degré de dignité qu'ils donnent à tel ou tel d'entre ces groupes, tous les admettant sous un nom bu sous l'autre. M. Endiicher fait de leur ensemble la classe des Rosiflores, où il place de plus les Calycanthées que nous avons décrites séparément autre part, et elle correspond, en excluant cette dernière famille , à ce que nous nommons ici les Rosacées. Celles-ci auront donc pour caractères communs des

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fleurs régulières; un calice libre ou adh^* rent; des pétales insérés sur ce calice, alternant avec ses divisions le plus fréquemment au nombre de cinq, et étalés en rose , manquantquelquefois; desélamines insérées de même, le plus fréquemment indéOiiies; des carpelles tantôt libres en nombre plus ou moins grand, tantôt soudés en un ovaire pluriloculaire, et des fruits dont la nature diverse caractérise principaicmentles divers groupes secondaires ; un embryon droit, sans périsperme, à cotylédons charnus , à radicule courte tournée vers le point d'attache; des feuilles le plus souvent alternes, plus généralement composées que simples, presque toujours munies de stipules péliolaires. Ce sont, enfin, des herbes, des arbrisseaux ou des arbres. Les végétaux réunis par ces caractères communs peuvent se distribuer en plusieurs familles distinctes, chacune plus nettement caractérisée, et que nous allons exposer successivement en énumérant à leur suite les genres qui s'y rattachent.

POMACÉES. Pomaceœ.

Calice tubulciix , à limbe o-parti dontia préfloraison est imbriquée. Pétales en nombre égal, manquant très rarement. Étamines nombreuses, libres. Ovaire adhérent, surmonté de 2-5 styles distincts ou soudés inférieurement et terminés chacun par un stigmate simple, creusé d'autant de loges renfermant le plus ordinairement deux ovules collatéraux etasceiidanls. Fruitcharnu, couronné par le limbe calicinal, à autant de loges revêtues d'un endocarpe écailleux ou ligneux ( fruit à pépins ou à noyaux). Graines à test coriace ou cartilagineux. Les espèces sont des arbres ou arbrisseaux, dont quelquefois les rameaux se raccourcissent et s'aiguisent eu piquants, à feuilles simples ou pennées avec impaire, à fleurs blanches ou rougeâtres , solitaires ou disposées en grappes, en corymbes, en ombelles ou en cymes. Elles habitent principalement les régions tempérées de l'hémisphère boréal , et ne se montrent pas spontanées de l'autre côté de l'équaleur ; mais la culture les a répandues sur tous les points civilisés du globe; en elTet, une partie des fruits de nos vergers et potagers, les pommes , poires, coings , cornes, nèfles, azcroles, appartiennent à cô groupe. I

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crNnES.

Cijdonia, Tourn. {Chœnomeles, Lindl.)— J'ynis, Lindl. (Malus et Sorbus, Tourn. — 'l'inophorum et Apyrophorum , Neck. — Lasaiolus, Halmia et Aucuparia , Med. ) — Osleomeles, Lindl. — Mespilus, Lindl. {Mcspilophora, Neck. ) — Amelancbier , Med.

(i^ronj'a , Pers. — Petromeles , Jacq. F.) — Peraphyllum, Nutt. — Coloneaster, Med. — Hesperomeles , Lindl. — Eryobolrya, Lindl.

— Photinia, Lind). — Chamwmdcs , Lindl.

— Raphiolepis , Lindl. — Cralœgus , L. — Slransvœsia , Lindl.

ROSACÉIiS proprement dites ou ROSÉES.

Piusciceœ. Roseœ.

Calice dont le tube ventru se contracte a son sommet de manière à simuler l'adhérence , dont le limbe se partage en cinq lanières , quelques unes ordinairement pinnaliparties. Autant de pétales. Étamines indéfinies. Carpelles nombreux insérés sur le fond du calice, munis chacun d'un style latéral et renfermant un seul ovule suspendu. Autant d'akènes cachés dans le tube calicinal, que les stigmates et styles qtielquefois soudés en faisceau dépassent plus ou moins. Les espèces sont des arbustes ou arbrisseaux le plus souvent épineux, à feuilles pennées avec impaire, à folioles dentées; à fleurs parfumées, blanches, roses, rouges, jaunes, terminales, solitaires ou groupées en corymbes. Toutes se rencontrent en-deçà du tropique du cancer. L'élégante beauté de leurs formes qui a fait nommer les roses reines des fleurs, ne les fait pas seule rechercher. La médecine les emploie pour les propriétés légèrement astringentes de leurs pétales, et l'huile éthérée qu'ils renferment permet de retirer de plusieurs un parfum très estimé.

GENRES

Hosa, Tourn. (Rhodophora, Neck.)— Jfwitemia, Dumort. {Rhodopsis, Ledeb. — Lowea, Undl.).

NEURADÉES. Neuradeœ.

Calice dont le tube court et serré se soude avec les carpelles, dont le limbe se partage en 5 lobes. Autant de pétales. Étamines en nombre double. Dix carpelles cohérents avec le calice, renfermant chacun un ovule suspendu, surmontés de 5-10 styles, se séparant à la Kiaiuriié par leur face antérieure qui s'ouvre

ROS

par !a suture correspondante , tandis qu'ils restent attachés par le dos au tube calicinal. Les espèces sont des plantes herbacées de l'Afrique tempérée boréale et australe, à feuilles une ou deux fois pinnalifldes.

GENRES

Neurada, Bern. Juss. — Grielum, L.

DRYADÉE3. Dryadeœ.

Calice à 5 divisions, rarement quatre ou plus, dont la préfloraison est le plus souvent valvaire, souvent doublé par un calicule extérieur qui résulte de la cohérence des stipules des folioles calicinales. Pétales en nombre égal, quelquefois nuls. Étamines indéfinies ou définies. Carpelles souvent nombreux, quelquefois réduits en nombre , portés sur un réceptacle central plus ou moins saillant , libres, munis d'un style terminal ou plus souvent latéral, renfermant chacun un ou deux ovi les dressés ou suspendus; plus tard autant d'akènes secs ou charnus. Les espèces sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles composées , digilées ou pennées , rarement simples. La plupart habitent les régions tempérées, surtout de l'hémisphère boréal et de l'ancien continent; quelques unes à des latitudes et des hauteurs très élevées. Elles se font remarquer aussi par leurs propriétés astringentes , et l'on mange les fruits de plusieurs ; mais notons que ce n'est pas la même partie, puisque, par exemple , dans les Framboises et Ronces , c'est le sarcocarpe; dans les Fraisiers, le réceptacle charnu.

GENRES

Tribu 1. — DALIDARDÉE9.

Pas de calicule. Étamines indéfinies. Carpelles nombreux à style terminal. Radicule supère.

Dalibarda , L. — Hubus, L. (? Cylaclis , Raf.).

Tribu 2. — Fragariées.

Calice calicule, à préfloraison valvaire. Etamines indéfinies. Carpelles nombreux à styles latéraux. Radicule supère.

Fragaria, L. (Duchesnea, Sm.) — Comarum , L. — Potenlilla, L. ( Quinquefolium , Penlaphylloides et Tormentilla , Tourn. — Argenlina , Blacw. — Boolia , Big. — Tricholhalamus, Lehm.).

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Tribu 3. — Cham^rhodées.

Calice à préfloraison valvaire , avec ou aans calicule. 5-10 étamines. Carpelles en iiiême nombre ou un peu plus, à styles latéraux ou presque latéraux. Radicule supère.

Horkelia, Cham., Schl. — Chamœrhodos, Bung.^- Dryadantlte, Endl. — Sibbaldia, L.

Tribu 4. — Sanguisorbées.

Calice à préfloraison valvaire ou imbriquée, avec ou sans calicule, se durcissant et se fermant au-dessus des carpelles mûrs. Corolle le plus souvent nulle. Étamines au nombre de 1-15. 1 -2 carpelles, rarement plus, à styles terminaux ou latéraux. Radicule supère.

Agrimonia, Tourn. — Aremonia, Neck.

( Agrimonioides , Tourn. — Spallanzania , Poil.) — Alchemilla, Tourn. {Aphanes, L.) ^Adenosolma, Hook., Arn. — Acœna, Vahl ( Ancislrum, Forst. ) — Sanguisorba, L. — Polerium, L. {Pimpinella, Ad.) — Leucosidea, Eckl., Zeyh. — Telraglochin, Poepp. — Polylepis , R. Pav. — Margyricarpus , R. Pav. — Clifforlia, L. {Morilandia, Neck.).

Tribu 5. — Cercocarpées.

Calice à préfloraison imbriquée sans calicule. Pétales 5 ou nuis. Étamines nombreuses. Carpelle unique avec style terminal. Radicule infère.

Purshia, DC. {Tigarea, Pursh. — Kunzea, Spreng.) — Cercocarpus, Kunth.

Tribu 6. — Dryadées proprement dites.

Calice à préfloraison valvaire , avec ou sans calicule. Étamines nombreuses. Carpelles nombreux à style terminal. Radicule infère.

Waldsteinia , W. — Comaropsis , L.-C.

Rich. — Sieversia, W. (Adamsia, Fisch. — Buchavea, Reich. — Oreogeum, Ser.) — Faîlugia, Endl. — Geum, L. {Caryophyllala , Tourn. ) — Cowania, Don. — Coluria, R. Dr. {Laxmannia, Fisch.) — Dry as, L.

SPIR^ACÉES. Spirœaceœ.

Calice dont le limbe est à cinq divisions plusou moins profondes, à préfloraison imbriquée ou plus rarement valvaire. Autant de pétales. Étamines indéGnies. Carpelles au uonibre de 5, plus rarement réduits à 2 et

ROS

même à un seul, libres, verticillés, à siyies or.» dinaircment terminaux, contenant un, dcuK ou plusieurs ovules suspendus ou ascendants et devenant autant de follicules. Les espèces sont des arbustes ou arbrisseaux, plus rarement des herbes, à feuilles simples ou composées; à fleurs blanches, jaunes ou rouges, solitaires ou groupées en inflorescences définies ou indéfinies. Elles ont aussi des principes astringents mêlés à de la résine et des huiles volatiles. C'est à ce groupe que paraît se rattacher le Kousso d'Abyssinie (Crai/era anthelminlhica), dont le nom spécifique indique la propriété remarquable.

GENRES

Tribu 1. — Spir^ées.

Graines non ailées. Plantes de l'honiisphère boréal, en -deçà du tropique du Cancer.

Kerria, DC. — Spirœa, L. (Ulmarîa, Filipendula et Barba-caprœ, Tourn.). — Nedlia, Don. — Gillonia, Mœnch. — NuUalia, Torr. Gr. — Brayera, Kunth (Hagenia, W.

— Cusso, Bruc. — Bankesia, Bruc).

Tribu 2. — Quillajées.

Graines ailées. Plantes de l'Amérique tropicale et australe.

KagenecMa, R. Pav. {Lydea, Molin.) — Quillaja, Molin. (Smegmadermos, R. Pav.)

— Vauquelinia,CoTV. — Lindleya, Kunth.

Euphronia, Mart.

AMYGDALÉES. Amygdaleœ.

Calice quinquéfide à préfloraison imbriquée. Autant de pétales. Étamines nombreuses. Carpelle unique à style tout-à-fait ou à peu près terminal, contenantdeuxovules collatéraux suspendus et devenant une drupe. Graineà tégumentmembraneux. Les espèLCs sont des arbres ou arbrisseaux à rameaux quelquefois terminés en piquant; à feuilles simples, souvent biglanduleuses ; à fleurs blanches ou rosées, disposées en grappes , corymbes ou panicules, et souvent développées avant les feuilles. La plupart sont originaires de l'hémisphère boréal tempéré; quelques unes habitent l'Asie ou l'Amérique tropicale , aucune l'hémisphère austral au-delà du tropique. Mais la culture en a répandu plusieurs dans tous les pays civilisés ; car c'est dans cette famille que :e tiou-

Ifi/j

ROS

vent plusieurs de nos arbres à fruils les plus estimés, comme les Cerisiers, Pruniers, Pêchers., Amandiers. On doit y signaler en môme temps la présence fréquente du principe le plus vénéneux qu'on connaisse, l'acide hydrocyanique, qui se trouve dans les fcuillcj, les noyaux, et souvent dans Pamande.

Pygeum, Gaerln. {Polydontia et Polyslor' thia, B\.)—Amygdalus, L. {Amygdalophora et Trichocarpus, Neck. — Persica, Tourn.) — Prunus, L. {Armeniaca et Laurocerasus, Tourn. — Ccrasus, J. — Prunophora et Cerasopliora, Neck.).

Chuysobalanées. Chrysobalaneœ.

Calice dont le tube se bosselle à sa base ; le limbe se partage en cinq divisions imbriquées dans la préfloraison. Autant de pétales, manquant quelquefois. Étamines nombreuses, souvent plus développées du même côté que le calice, et tendant à avorter de l'autre. Carpelle unique, à style latéral ou même presque basiiaire , contenant deux ovules collatéraux dressés , et devenant une drupe. Graine à tégument membraneux. Les espèces sont des arbres ou arbrisseaux à feuilles simples, très entières; à fleurs plus ou moins irrégulières, en grappes ou corymbes; habitant, pour la plupart, l'Amérique ou l'Afrique tropicale, rares en Asie et hors des tropiques. La chair du fruit et la graine de quelques unes sont employées comme dans les Amygdalées, et les principes astringents s'y retrouvent.

Chrysobalanus, L. {Icaco,'P].)—Hirlella, L. {Cûsmibuena, R. Pav. — Causca, Scop.

— BalanlUim, Desv. — Braya, FI. fl. ) — Licania, Aubl, (7/edycrea, Schreb.) — Moquilea , Aubi. {Couepia, Aubl., et Acioa , Aubl. — Acia, W. — Diilacia , Neck. ) — Parinarium, J. {Parinari, Aubl. — Dugortia, Scop. — Pelrocarya, Schreb. ) — Thelyra , Pet. -Th. — Grangcria , Comm. — Prinsepia, Royl. {Cycnia, Lindl.).

Enfin , à la suite des Rosacées, on place avec doute les genres suivants :

Lecoslemon , Moc, Sess. — Trilepisium , Pel.-yh. — Stylobasmn,\)est, — Amoreuxia, Moc, Sesf. (Ad. J.)

ROS

ROSAGE. BOT. PH. — On désigne souvent ainsi les lihododendrum.

ROSAIRE. MOLL — Nom vulgaire du Vo-

lula sanguinea.

ROSALESIA. BOT. ph.— Genre de la famille des Composées?, établi par Llave et Lexarza {Nov. veget., 9). L'espèce typa, Bosalesia glandulosa, est un arbrisseau qui croit au Mexique.

ROSALIA. INS. — Genre de l'ordre des Coléoptères subpentamères, de la famille des Longicornes et de la tribu des Cérambycins, créé par Servilte ( Ann. de la Soi;, ent. de Fr., t. 2, p. 561), qui y rapporte le Cerambyx Alpinus de Linné, espèce qui a été nommée la Rosalie parGeoffroy. Cet Insecte, dont le corps est velouté, d'un cendré bleuâtre, offre une tache noire veloutée près du bord antérieur du corselet, et 3 autres de même couleur sur ses élytres. C'est le plus beau Coléoptère du pays. On ne le rencontre guère que sur les plus hautes montagnes de l'Europe. Motchoulski en a fait connaître une autre espèce qui est de Sitka et qu'il nomme JR. funebra. (G.)

ROSALIA. MAM. — Une espèce d'Ouistiti de la division des Tamarins porte ce nom. (E. D.)

ROSALINA. FonAMiN. — Genre de Foraniinifères ou Rhizopodes, établi par M. Aie. d'Orbigny pour des coquilles microscopiques vivantes et fossiles qui font partie de sa famille des Turbinoides, la seconde de son ordre des Hélicostègues. Les Rosalines sont discoïdes ou trochoides, fixées par une face plane sur les Fucus. Leur coquille, à spire régulière, complète, enroulée obliquement, est inéquilaléraleet ne change pas notablement de forme avec l'âge; elle est censée avoir une seule ouverture en fente continue d'une loge à l'autre et sur le côté opposé à la spire. Deux espèces se trouvent vivantes dans les mers d'Europe; d'autres habitent les mers équatoriales, et quelques unes sa trouvent fossiles dans les terrains tertiaires et crétacés. (DuJ.)

*110SARÎA, C. Bonap. mam. — Synonyme de Rosores et de Rongeurs. Voy. ces mots, (E. D.)

ROSCIIV'ÈLE. CRCST. — Voy. rocinèle.

ROSCOEA, Roxb. {Fior. Ind., III, 54).

BOT. PH. — Syn. àeCongca, Roxb.

ROSCOEA. BOT. PU.— Genre delà famille

ROS

desZingibéracées, établi parSmilh (m Linn. Transacl., XII, 460). L'espèce type, Rose. purpui'ea Smiih, est une herbe du Népaul. ROSE. BOT. PU. — Voy. rosieii.

On a encore donné le nom de Rose accompagné d'une cpithète à certaines fleurs qui, par leur couleur ou leur .ispeet , offrent quelque ressemblance avec les vraies Roses. Ainsi l'on a appelé ;

Rose cbangkante ou de CAviiNNE, une Kelmie ;

R»sE DU CIEL, une Agrostème; Rose cocuoNNiÈRE et Rose de Cuien , les Roses sauvages;

Rose de la Chine, uneKetmie; Rose de Damas. Voy. rose trémière; Rose d'uiver ou de Noël, VHelleborus niger ;

Rose du Japon , YHorlen&ia et le Camélia Japonica;

Rose de Jéricho , VAnaslalica hierochunlica ;

Rose de Noël. Voy. rose d'hiver; RciSE DE Sainte-Marie, la Coquelourde ; Rose du Safran, la fleur du Safran; Rose Trémière et Rose de Damas , VAlcea rosea.

ROSE-GORCE. ois. — Nom vulgaire d'une espèce de Gros-Bec, le Coccaulhraus- Ics rubricollis Vieill.

ROSEA, Mart. {Nov. gen. et sp., II, 59, t 155). BOT. PH. — Syn. li' Jresine, Kunlh.

ROSEAU. BOT. PH. — Nom vulgaire du genre Arundo. Voy. ce mot.

On a encore appelé ; Roseau épineux, le Rotang; Roseau des étangs ou de la Passion , la Massetle, etc.

ROSEE. MÉTÉOR. — Voy. météorologie.

ROSÉES. Hoseœ. bot. ph. — Voy. rosacées.

lîOSELET. MAM. — L'un des noms que porte l'Hermine. Voy. l'article marte. (E. D.) ROSELL\. OIS. — EspècedugenreMartin.

Voy. ce mot.

ROSELITE. MIN.— Ce minéral, qui a été décrit pour la première fois par Lévy et dédié par lui à G. Rose, a beaucoup de ressemblance avec les substances appelées Phnrmatolileet Pilvropharmacolite. Il est rosaire et ciistallise en prismes rhomb^ïdaux de47 " 1 2'. D'après les essais de Childreu, il est composé «i'acide arsénique, dp, Chaux, de Magnésie,

ROS

d'oxyde de Cobalt et d'eau. On le trouve engagé dans du Quartz à Schneeberg, en .Saxe. (Del.)

ROSELLAIVE et ROSITE, Svanberg.

MIN. — Substance d'un rouge de rose, disséminée en grains dans le Calcaire saccharoïde d'Aker, en s'udermanie. Ces grains se clivent dans une seule direction ; leu.~ Pureté est de 2,5 et leur densité est égale à 2,72. J<s sont composés de Silice 43, d'Alumine 35, uC Potasse 6,6, de Chaux 3,6, de Magnésie 2,4 etd'eau 6,5. (Del.)

ROSEIVIA. BOT. PH.— Genre de la famille des Composées-Tubuliflores, tribu des Sénécionidées, établi par Thunberg (Flor Cap., C92 ). L'espèce type, Rosenia glandulosa Thunb., est un arbrisseau qui croît au cap de Bonne-Espérance.

ROSEMTE. MIN. — Voy. plagionite.

ROSERÉ. roiss. — Nom vulgaire des Athérines, dans le Languedoc et la Provence.

ROSETTE. MOLL.— Nom vulgaire d'une espèce de Lamellaire.

ROSBER. Rosa. bot. ph. — Grand et magniflque genre de la famille des Rosa- I cées , à laquelle il donne son nom, de l'Icosandrie polygynie dans le système de Linné. Les végétaux qui le forment ont été de tout temps l'objet de l'admiration générale. Les poètes, les botanistes, les horticulteurs ont célébré à l'envi, dans les termes les plus pompeux, la beauté, l'élégance et le parfum de leurs fleurs. Ce n'est pas dans un ouvrage de la nature de celui-ci qu'il pourrait être permis de suivre cet exemple : aussi nous bornerons-nous à jeter un coup d'œil rapide sur le beau genre qui va faire le sujet de cet article, en réduisant son histoire à son seul côté positif et scientifique. Les Rosiers sont des arbustes presque toujours armés d'aiguillons , dont les nombreuses espèces sont disséminées sur la plus grande partie de la surface du globe. Leurs feuilles alternes sont pennées avec impaire , formées de folioles dentées en scie, accompagnées de stipules adnées au pétiole. Leurs fleurs sont terminales, quelquefois solitaires, plus souvent groupées ou rapprochées à l'extrémité des branches et des rameaux. Ces fleurs ou ces Jloscs sont grandes, suf tout dans les variétés cultivées , de nuances et couleurs très diverses, mais le plus souvent rosées; elles présentent: uq calice

ROS

persistant, à tube ventru , resserré dans sa partie supérieure (ji;? qgrBit encore un disque annulaire charnu , à Iiml)e divisé en cinq, rarement quatre lobes foliacés, fréquemment pinnatiséqués (1); une corolle de cinq, rarement quatre pétales, insérés à la gorge du calice et alternes avec ses lobes; des étamines nombreuses , insérées aussi sur le calice; des pistils nombreux, libres et distincts, renfermés dans le tube du calice au fond duquel ils s'attachent, formés chacun d'un ovaire uniloculaire , uni-ovulé, et d'un style latéral que termine un stigmate épaissi. A ces pistils succèdent tout autant d'akènes osseux, renfermés dans le tube calicinal qui est devenu charnu ou cartilagineux, poilus sur leur côté opposé à l'insertion du style. Ces caractères se présentent chez tous les Rosiers avec une telle uniformité , ils sont associés à une telle identité de port et d'aspect, qu'il n'existe peut-être pas de genre plus naturel dans tout le règne végétal. Aussi tous les botanistes se sont-ils généralement accordés à en faire un groupe unique. Cependant, à une époque peu éloignée de nous, Pallas a fait connaître sous le nom de Rosa berlerifolia un arbuste de l'Asie centrale qui est venu rompre cette uniformité. Avec une organisation florale entièrement semblable à celle des autres Rosiers, celte espèce présente des organes foliacés qui ont été décrits d'abord comme des feuilles simples, et plus tard, par les uns comme des feuilles composées réduites à une seule foliole, par les autres comme provenant de la soudure de deux stipules qui auraient survécu à l'avortement complet ou presque complet de la feuille et qui auraient pris un grand développement, en raison mêmede cetavortement. Ce seul caractère, jointe l'absence de poils sur le côté des akènes qui est opposé à rinsertion du style, a paru sufGsant pour que M. Dumortier ait fait de ce Rosier son genre Hulthemia, M. Lindieyson Lowea, Il nous semble cependant que ce caractère de végétation, analogue à celui que présente au milieu des Lathyrus notre L. Aphaca

(i) On connaît la disposition ordinaire di; ces Inbrs latërauK que portent les divisions calicinalcs ; eWe :. tlnmià lieu au distique latin suivant :

Çuinque sumus fiatres; unus 6arhatut tc aller $

Imbtrbfs atii ; sum scmibarbi* ego.

tlos

Lin., réduit aussi à ses stipules, peut difficilement être considéré comme suffisant pour autoriser l'établissement d'un genre.

Le nombre des espèces de Rosiers décrites jusqu'à ce jour est d'environ 160. De ces espèces sont nées dans nos jardins des variétés tellement nombreuses que le chiffre total s'en élève aujourd'hui à des milliers et qu'il s'accroît encore tous les jours suivant une progression rapide. Plusieurs botanistes ont essayé d'apporter la rigueur scientifique dans la description et la classification de ces immenses richesses horticoles. De là sont résultés des travaux importants dont les principaux sont ceux de H. -G. Andrews {Monogr. oflhe genus Rosa; Lond., 1787 et suiv.), deRoessig (lOfascic, in-4°; Leipsig, 1800-1817), de J. Lin.lley {Ro~ sarum monographia ; Lond., 182'J, in-S", 19 plane), de Fr. Guil. Walhoih {Rosce plantarum generis hisloria succincla; Nordhausen, 1828, in-8"), surtout de Redouté etThory (lesRoses; Paris, 1817, 2vol. infol., avec magnif. pi.). Dans l'examen rapide que nous allons faire des principales espèces de Rosiers cultivées dans nos jardins , nous suivrons l'ordre et les divisions générales adoptés par M. J. Lindley dans sa monographie du genre Rosa.

Sect. l. SimplicifoUa. La seule espèce que comprenait cette section était le Rosier A FEUILLES DE BERBERis , Rosa berberifoUa Pall., pour lequel M. Lindley lui même a créé plus tard le genre Lowea {Bot. Heg., tab. 1261), et M. Dumortier son genre //»;thernia. Ce genre est adopté sous ce dernier nom par M. Endlicher (Gen., u. 6358). Cet arbuste donne une jolie fleur jaune, dont les 5 pétales sont marqués à leur base d'une grande tache pourpre-brunâtre. Il est encore rare dans les collections à cause de la difficulté qu'on éprouve à le conserver.

Sect. II. Féroces. Rameaux revêtus de poils tomenteux persistants; fruit nu. Le nom de cette section rappelle la grande abondance de forts aiguillons qui hérissent la tige des espèces dont elle est formée. Parmi ces espèces, on cultive le Rosier dd Kampsciiatka , Eosa Kamtschalica Vent., orijiinaire des lieux sers et pierreux du Kaiiilschatka , remarquable par sa teinte générale grisâtre, par ses rameaux grêles, couuMts d'un lumeiilui» brunâtie, par sei

ROS

fleurs d*un violet clair auxquelles succède un fruit (1) globuleux, rouge, glabre, surmonté par le limbe du calice persistant.

Scct. m. Bracleatœ. Rameaux et fruits revêtus également d'un tomentum persistant. Le nom de celte section est dû à l'existence de feuilles bractéales qui existent sous la fleur, de manière à envelopper le calice d'une sorte d'involucre. On cultive fréquemment le Rosier a bractées, Rosa bracleata Wendl., espèce originaire de Chine, qui a donné dans nos jardins plusieurs belles variétés à fleur blanche ou couleur de chair, grande et très double. On la reconnaît à ses rameaux dressés, cotonneux, à ses aiguillons forts, recourbés, souvent géminés; à ses feuilles formées de 5-9 folioles obovales, coriaces, glabres et luisantes; à ses stipules frangées. Ses fleurs sont solitaires, à pédoncule et calice cotonneux. Elles donnent un gros fruit globuleux , rouge-orangé. Ce Rosier est un peu délicat et souffre des grands froids de nos hivers.

Sect. IV. Cinnamomeœ. Aiguillons grêles ou nuls; folioles lancéolées, dépourvues de glandes ; disque mince ; fleurs accompagnées de feuilles bractéales. Celte section emprunte son nom au Rosier cannelle, Ilosa cinnamomea Lin., espèce européenne, cultivée dans les jardins, et à laquelle MM. De Candolle, Seringe, etc., rapportent comme variété le Rosier de mai , Rosa maialis Desf. Parmi les autres espèces assez nombreuses que renferme cette division, on trouve surtout dans les jardins le Rosa râpa Rose, d'origine américaine ; le Rosa parviflora Ehrh., également des Étals-Unis, dont la fleur est de nuance pâle et fort délicate, très double; le Rosa fraxinifolia Rerk.,etc.

Sect, V. PimpineUifoliœ. Aiguillons grêles, nombreux , quelquefois nuls ; fleurs dépourvues de bractées; folioles ovales ou oblongues ; lobes du calice connivenls, persistants; disque presque nul. Les limites entre cette section et la précédente disparaissent ou deviennent très difficiles à saisir dans quelques cas. Parmi les espèces assez nombreuses de cette division, les deux suivantes occupent une place distinguée dans nos jardins.— Le Rosier des Alpes, Rosa Alpina L.,

(i) Sous ce nom impropie de fruit, on dc'signe chez les Rosiers, pour abréger , l'ensemble du tube calicinal persislaot et de) akènes qu'il renferme.

ROS

croit naturellement sur les grandes chaînes de montagnes de l'Europe. Il se distingua parce que sa lige ne porte que dans sa jeunesse des aiguillons très faibles qui tombent plus tard ; aussi ses variétés cultivées sontelles recherchées comme produisant des roses sans épines. A l'état spontané, ses fleurs sont roses; leur pédoncule se déjetle après la floraison; leurs lobes calicinaux sont indivis, étalés; ses fruits sont pendants, ovoïdes, plus ou moins allongés, couronnés par le calice persistant, dont les lobes sont devenus connivenls. On rapporte à cette espèce plusieurs variétés cultivées , semidoubles et doubles, dontuneàfleur blanche avec le centre rose-clair, d'aulres à fleurs roses de diverses nuances, une à fleur rougepourpre.— Le Rosier a feuilles de Pimpre- NELLE , Rosa pimpinellifolia Lin. (fi. spinosissima Jacq.), croît dans les haies et les buissons de toute l'Europe. A l'inverse du précédent, il a la tige armée d'une très grande quantité d'aiguillons inégaux, horizontaux; ses feuilles sont formées de 5-9 folioles ovalesarrondies, coriaces et minces, dentées; ses fruits mûrs sont coriaces et noirs, portés sur des pédoncules noirs aussi et épaissis. Il en existe de nombreuses variétés , soit dans la nature, soit dans les jardins. Parmi ces dernières il en est de simples, mais surtout de semi-doubles et très doubles qui sont recherchées, et dont la couleur est blanche dans les unes, carnée dans d'autres, rose dans la plupart , rouge pourpre ou blanche avec des lignes pourpres dans certaines.

Sect. VL CentifoUœ. Aiguillons de deux sortes; folioles oblongues ou ovales, rugueuses; disque épais, fermant la gorge du calice; sépales pinnatilobés. C'est ici que rentrent les espèces qui occupent incontestablement le premier rang dans les jardins, et dont les fleurs , aussi belles de forme et de couleur qu'agréables de parfum, ont été de tout temps regardées comme la merveille du règne végétal. Ces espèces sont les suivantes : Rosier a cent feuilles, Rosa centifolia Lin. (figuré dans l'atlas de ce Dictionnaire, botanique, dicotylédones, pi. 9). Sa patrie est inconnue. Ses variétés figurent au premier rang parmi les nombreux Rosiers aujourd'hui cultivés, pour la grandeur, la beauté de forme, la délicatesse

ROS

de nuance et la suavité de parfum de leurs fleurs. Les aiguillons dont il est armé sont presqoîk droits et à peine élargis à leur base; ses feuilles ont 5-7 folioles ovales, glanduleuses à leur bord, de consistance un peu flasque, légèrement velues en dessous; les lobes calicinaux de sa fleur épanouie sont étalés, mais non déjetés en dessous ; ses fruits sont ovoïdes, charnus, hérissés de i)Oils glanduleux -glutineux, ainsi que le Umbe du calice et le pédoncule. Les variétés du Rosier à cent feuilles cultivées aujourd'hui sont extrêmement nombreuses, et elles se multiplient encore journellement. Nous nous bornerons à indiquer les catégories principales auxquelles on les rattache, ainsi que certaines des plus curieuses parmi elles. Le Rosier a cent feuilles commun , /{. c. vulgarisSev., se dislingue par ses grandes fleurs parfumées d'un rose délicat, formées de pétales infléchis ; on y rattache une sousvariété prolifère. Une variété remarquable est le RosiEu a cent feuilles changeant , R. c. mutabilis Pers., vulgairement nommé Rose unique, dont la fleur est d'un blanc pur, tandis que son bouton était rougepourpre. Nous signalerons aussi comme variété très curieuse le Rosie?. a feuilles de Chou ou de Laitue, R. c. bullata Red. et Thor. , que caractérisent ses folioles très grandes et irrégulièrement boursouflées. Au nombre des plus belles Roses figurent celles qu'on a désignées sous les noms de Roses- MoussEs, Roses mousseuses, B. c. muscosa Ser. , si faciles à reconnaître aux productions vertes dont se hérisse toute la surface de leur pédoncule et de leur calice, et qui ressemblent à de la Mousse dont on aurait recouvert ces parties. Celte variété remarquable, ou plutôt celle race, a été regardée par quelques auteurs comme une espèce distincte et séparée. Elle a donné plusieurs variétés secondaires très recherchées qui diffèrent entre .elles pour la grandeur et la couleur de leurs fleurs, blanches, roses, rouge-pourpre, rouge-vineux, rouge-cramoisi, etc. On en possède une prolifère. Une autre race fort remarquable aiissi est le Rosier à cent feuilles Pompon , R. c. Pomponia Lindl. ( R. Burgundiaca Pers. , R. Pomponia DG. ), dont les variétés secondaires sont si connues sous la dénomination vulgaire de iîosien Pompons, et que distinguent

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leur petite taille, la petitesse de leurs feuilles et de leurs fleurs. On en possède aussi une dont le pédoncule et le calice son> mousseux, et qui porte le nom vulgaire de Pomponmousseux, R. c. KennedyanaSer.EnGn, noua signalerons encore comme une des variétés les plus curieuses du Rosier à cent feuilles la Rose œillet, R. c. carrjophylleaPolr., dont les pétales sont rétrécis en assez long onglet à leur base, petits et accuminés ou Iridentés au sommet; ainsi que le Rosier à cent feuilles apétale, R. c. apetala Lois., plus singulier qu'intéressant.

Le Rosier de damas , Rosa Damascena Mill., est originaire de Syrie, comme l'indique son nom. Il est armé d'aiguillons forts et nombreux, élargis à leur base; ses feuilles ont 5-7 folioles ovales, un peu raides ; son calice a le tube allongé et le limbe déjeté en dessous dans la fleur épanouie; ses pétales sont étalés et non infléchis; son fruit est ovo'ide et pulpeux à sa maturité. Les variétés cultivées de celte espèce sont nombreuses et recherchées: elles se distinguent en général par leurs fleurs nombreuses, formant une sorte de corymbe à l'estrémité des branches, parfumées. La grandeur de ces fleurs et leur couleur varient beaucoup. 11 en existe, en efl"et,de blanches, de roses plus ou moins foncées, de rouges, de panachées, de blanches bordées de rouge, etc. On désigne souvent ces variétés sous le nom de Rosiers des quatre saisons. C'est parmi elles que se trouvent les fleurs les plus parfumées : aussi s'en sert-on de préférence pour la préparation de l'eau diS' tillée de roses, dont on connaît l'usage journalier comme parfum, et qu'on emploie aussi en abondance dans les pharmacies pour parfumer le cérat, et pour préparer l'onguent rosat, des collyres, un sirop, etc. 11 est bon cependant de faire remarquer que d'autres espèces sont substituées pour cet usage à la rose de Damas , en différents pays.

Le Rosier de France, Rosa Gallica Lin., vulgairement nommé Rosier de Provins, croit spontanément dans les haies. On en possède aujourd'hui un très grand nombre de belles variétés. Il est armé d'aiguillons illégaux; ses feuilles ont 5-7 folioles coriaces, raides, ovales ou lancéolées, déjetées en bas; ses lobes calicinaux sont étalés dans

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la fleur épanouie; son fruit est presque globuleux, 1res coriace, caractère principal par lequel il se distingue du Rosier à cent feuilles. Ses fleurs sont généralement de couleur intense, et rose-vif, ou violacées, ou rouge-pourpre, tantôt de teinte uniforme, tantôt panachées, marbrées ou ponctuées de ces diverses teintes. Elles sont, en général, peu odorantes lorsqu'elles sont fraîches; mais elles le deviennent à un degré assez prononcé à proportion qu'elles sèchent. Elles constituent la rose ronge on rose officinale des pharmacies; leurs pétales, séchés le plus rapidement possible, sont fréquemment employés comme astringents, styptiques et toniques. On les administre soit à l'extérieur, en décoction , pour fortiGer les organes, soità l'intérieur, en conserve, aux litres que nous venons d'indiquer. Ils entrent de plus dans un grand nombre de préparations diverses.

Sect. VII. Villosœ. Rejets élancés; aiguillons assez droits; folioles ovales ou oblongues à dents de scie divergentes; lobes califinaux connivents et persistants; disque épaissi fermaat la gorge du calice. La plus répandue dans nos jardins des espèces de celte section est le Rosier blanc , /tosa alba Lin., qui paraît être originaire de l'Allemagne, que distinguent sa teinte générale un peu glauque, ses feuilles à folioles généralement ovaies-arrondies , brièvement acuminées, ànervures presque cotoimeuses et glanduleuses, de même que les pétioles. Ses fleurs sont blanches, couleur de chair ou légèrement rosées, très faiblement odorantes. On cultive aussi le JRosa villosa Lin., et le iîosa tomentosa Smith, qui appartiennent à la même section.

Sect. VIII. Rubiginosœ. Rejets arqués ; aiguillons inégaux, quelquefois semblables à des soies; folioles ovales ou oblongues, glanduleuses, à dents de scie divergentes; lobes calicinaux persistants; disque épais. Cette section doit son nom au Rosier houille, Piosa ruhiginosa Lin., espèce dont le type spontané est commun dans les haies et les buissons de presque toute l'Europe. Cet arbuste est armé de forts aiguillons crochus pour la plupart et comprimés; ses feuilles ont 5-7 folioles ovales ou presque arrondies, dentées en scie , et revêtues à leur face inférieure de poils glanduleux qui leur don-

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nent une couleur de rouille et une odeur agréable assez analogue à celle de la pomme de reinette; ses fruits sont ovoïdes-raccourcis, durs , rouges , hérissés de même que leurs pédoncules. Ses variétés|cultivées ont la fleur rose, de nuance tantôt claire, tantôt intense ou lilacée. — On cultive aussi fréquemment le Rosier tclantier, Rosa eglanleria Lin. {R. lulea Mill.), dont la patrie est inconnue. Sa tige est, dans sa jeunesse, chargée d'aiguillons abondants qui, plus tard, deviennent plus rares ; ses feuilles jaunâtres , à folioles un peu concaves , obovales ou ovales, bordées de dents aiguës, sont glanduleuses en dessous et, par suite, odorantes. Ses fleurs ont une odeur désagréable , et se distinguent par leur pédoncule et leur calice lisses; elles donnent un fruit arrondi, orangé. On cultive fréquemment dans les jardins deux variétés de cette espèce: à fleur simple, toute jaune dans l'une; dans l'autre , discolore et jaune en dehors, orangée en dedans.

Sect. IX. Caninœ. Aiguillons uniformes, crochus ; folioles ovales, dépourvues de glandes, à dents de scie conniventes; lobes calicinaux tombants; disque é[iais, fermant la gorge du calice. Le type de cette section est le Rosier des chiens, Eosa canina Lin., l'une des espèces les plus communes dans nos haies, que caractérisent ses forts aiguillons espacés, crochus et comprimés; ses folioles presque coriaces, bordées de dents aiguës qui s'appliquent l'une sur l'autre; les lobes de son calice se déjettent après la floraison pour se détacher ensuite; son fruit est ovoïde, coriace, d'un rouge vif. Cette espèce est moins importante pour l'horticulture par elle-même que comme fournissant la plupart des sujets sur lesquels on greffe les espèces vigoureuses. Son nom spécifique lui vient de ce qu'on a fait usage autrefois de ses racines contre la rage. En médecine , on se sert de ses fruits, ou plutôt du tube calicinal qui les renferme et qui porte, dans les pharmacies, le nom de Cynorhodon, pour la préparation de la conserve de cynorhbdon. Pour cet usage, on les cueille un pi'u avant la maturité; IchT astringence est alors plus prononcée. Oiî administre cette conserve dans les cas d'affaiblissement du canal digestif, daus les diarrhées. n*

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M. Lindiey rapporte à sa 9™« section le Rosier de l'Inde , fîosa Indica Lin., qui occupe une place si importante dans l'horticulliire moderne. Cette espèce, originaire de la Cliine, se reconnaît à sa lige droite, armée de forts aiguillons crochus espacés; à ses feuilles formées de 3-3 folioles ovalesacuminées, coriaces, glabres, luisantes et vertes en dessus, plus pâles en dessous, bordées de petites dents de scie, accompagnées de stipules fort étroites; ses fleurs, généralement peu odorantes, sont portées sur des pédoncules presque articulés, souvent épaissis , et , de même que le calice , lisses ou chargés de soies raides. Les variétés du Rosier de l'Inde cultivées aujourd'hui en Europe sont extrêmement nombreuses; elles se recommandent généralement par l'abondance et la durée de leur floraison. Les horlicuUeurs les divisent en trois grandes catégories que quelques uns regardent comme des espèces distinctes et séparées; ce sont; 1° les Rosiers thé, dont le nom tient à ce que leurs fleurs ont une odeur de thé très prononcée; leurs couleur est généralement peu intense , blanche, jaunâtre, ou rose-clair; 2" les lîosiers de la Chine, que dislingue la couleur rouge intense de leurs fleurs; 3° les Rosiers du Bengale.

Sect. X. Synslylœ Ser. {Syslylœ Lindl.). Le caractère disiinctif d^ celte section consiste dans les styles réunis en un faisceau unique allongé, qui dépasse fortement l'ouverture du tube calicinal. Parmi les espèces qui lui appartiennent on cultive surtout: le Rosier toujours vert, Kosa sempervirens Lin., espèce indigène, à feuilles persistantes, coriaces; la plupart de ses variétés cultivées ont la fleur blanche ou couleur de chair, très double. — Le Rosier musqué, liosa moschata Mill., qu'on croit provenir du nord de l'Afrique et qui a donné plusieurs belles variétés à fleur blanche, très parfumée.

Sect. XL Banksianœ. Tige grimpante; feuilles le plus souvent à trois folioles luisaiiips; stipules presque libres, subnlccs ou très étroites, généralement tombantes. L'esjiccc qui donne son nom à cette section est le RosiKR DE Banks, Rasa BanTcsiœ R. Br., magnifique arbuste grimpant , qui, palissé contre un mur, s'étend et s'allonge considérablement et se couvre d'une grande quan*

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tité de fleurs. Malheureusement il souffre quelquefois dans nos climats par suite des froids rigoureux. Sa tige est dépourvue d'aiguillons, lisse et glabre; ses feuilles ont 3-5 folioles lancéolées, rapprochées entre elles, à peine dentelées, et accompagnées de stipules sétacées presque libres, tombantes; ses jolies petites fleurs forment des ombelles, et donnent un fruit arrondi, noir. On en cultive deux variétés, dont l'une à fleurs blanches, pleines, odorantes; l'aulrï à fleurs jaunes et inodores.

La culture des Rosiers et de leurs nombreuses variétés, l'art de les conserver et d'en augmenter le nombre, constituent une des branches les plus importantes de l'horticulture moderne. Ces arbustes sont, en efl"et, si recherchés et si répandus que leur commerce suffit seul pour entretenir des établissements considérables. Néanmoins , nous ne pouvons reproduire ici les détails de celte culture, dont nous nous bornerons, faute d'espace, à esquisser la marche générale. Le moyen d'obtenir de belles floraisons des Rosiers consiste à leur donner une bonne terre un peu légère et meuble, à laquelle on ajoute de bon terreau de temps à autre, et à les placer à une exposition légèrement ombragée. Leur végétation est alors plus vigoureuse; par suite , leurs fleurs sont plus abondantes et plus belles. La multiplication de leurs variétés se fait par drageons, par marcottes et surtout par grefles. On greffe le plus ordinairement en écusson, assez souvent aussi en fente sur le Rosier des chiens pour les pieds à haute tige, sur le Rosier rouillé et quelques autres jiour les variétés plus basses et moins vigoureuses. Le plus souvent on va chercher dans les champs les sujets auxquels on veut appliquer les greffes , parfois aussi on les obtient de semis ; mais ce dernier procédé est moins avantageux, à cause du long espace de temps qu'il faut aux graines de Rosiers pour germer. On a reproché à ces grefl^es sur Rosiers sauvages de ne pas durer longtemps; mais des horticulteurs habiles ont soutenu que ce reproche était sans fondement. Quanta l'acquisition de variétés nouvelles , on la doit aux semis. Pour arriver à ce résultat, on choisit, au moment de leur parfaite mnturité, les graines provenues des plus belles fleurs, et CD les met de suite en terre co

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ayant la précaution de les couvrir peu. Une grande partie de ces graines lève au printemps suivant, et les autres seulement au printemps de la seconde année. On règle et on améliore par la taille la floraison des Rosiers; cette opération consiste surtout à supprimer les branches mortes ou épuisées; mais elle exige parfois certaines précautions qu'on trouvera indiquées dans les ouvrages d'horticulture. (P. D.)

ROSIÈRE, poiss. — Nom vulgaire du Véron, espèce d'Able.

*ROSlFLOKES. Rosiflorœ. bot. pu — M. Endlicher nomme ainsi une de ses classes qui correspond aux Rosacées de Jus- «ieu, nom sous lequel différentes familles ont été examinées et auquel nous devons renvoyer. (Ad. J.)

*ROSILLA.B0T.PH.— Genre de la famille desComposées-Tubuliflores, tribu des Sénéciouidées, établi par Lessing (Si/hojjs., 245). Herbes du Mexique.

R0SMARIE1\S. MAM. — Vicq d'Azyr formait avec le genre Morse une famille de Mammifères amphibies, sous la dénomination de liosmariens, Voy. le mot MonsE. (E. D.)

ROSMARÎIVTS. bot. pe.— Nom scientifique du Romarin. Voy. ce mot.

ROSMARUS. MAM. — Le genre des Morses {voy. ce mot) a reçu de Klein {Quadrup. , 4751 ) la dénomination latine de Rosmarus. (E. D.)

* ROSORES ( rodo , je ronge ). mam. — Storr désigne sous ce nom (Prodr. mélli. anim., 1780) le groupe de Mammifères qui correspond à l'ordre des Rongeurs {voy. ce mot) des auteurs modernes. (E. D.)

*ROSSE]\IA {Flor. flumin.,\, t. 77). bot. PH. — Synon. de Galipea, St-Hil.

•ROSSELIIVS. Erylhrolhorax. ois.— Division formée par Brehm aux dépens du genre Bouvreuil pour les espèces de ce genre qui, comme les Pyrrh. longicaudaTemtn., erylhrinaTemm., rosea Temm., Gylhaginea Lichst. , ont du rouge ou du rose dans le plumage. Le prince Ch. Bonaparte et Swainson ont proposé la même coupe , l'un sous le nom de Erylltrospiza et l'autre sous celui de nœynorrhous. (Z. G.)

ROSSIA, Ch. Bonap. ois. — Synonyme de Larus Sabine, genre établi sur le Lar iîo;siJ Jab. (Z. G.)

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ROSSIGNOL. Luscinia. ois. — Genre de la famille des Sylviadées dans l'ordre des Passereaux, caractérisé par un bec subulé, Gn , plus large que haut depuis la base jusqu'au milieu, ensuite plus haut que large; mandibule supérieure échancrée sur chaque bord et fléchie vers le bout, l'inférieure entière , droite ; des narines elliptiques et couvertes d'une membrane; une bouche trè« fendue; des tarses grêles, couverts en dedans d'une seule écaille cannelée ; des ongles courbés, comprimés sur les côtés, pointus; ailes longues; queue légèrement arrondie. Les Rossignols ont été rangés par Linné dans son genre Molacilla; Laihain et après lui presque tous les ornithologistes en ont fait des Sylvia , et les ont placés à côté des vraies Fauvettes, dont ils diffèrent cependant par leurs mœurs et par quelques uns de leurs attributs physiques. En effet, ils cherchent le plus ordinairement leur nourriture à terre; les Fauvettes, proprement dites, prennent la leur sur les arbres et dans les buissons ; les uns sont querelleurs, les autres sont au contraire d'un naturel très doux; lorsque par cas fortuit les Fauvettes descendent à terre, elles sautent et ne marchent point comme font les Rossignols; ceux-ci ont un chant de bec, ou chant flûié, tandis que celles-là ont un chant de gorge; en outre leurs yeux sont grands, leurs narines elliptiques et leurs tarses couverts d'une seule scutelle; pendant que chez les vraies Fauvettes ces parties offrent d'autres caractères; enfin, ils diffèrent encore par leur mode de nidification. Du reste, les uns et les autres se rapprochent par la forme du bec et par celle de la queue.

La distinction que l'on a cherché à établir entre les Fauvettes et les Rossignols peut donc se juslilier. Nous pensons qu'il faut avec Brisson , Buië, le prince Ch. Bonaparte , Selby, etc., considérer ces derniers comme devant former un genre à part, auquel il convient de conserver le nom de Luscinia que lui avait imposé Brisson et qu'ont adopté Brehm et le prince Ch. Bonaparte, celui de DauHas qu'a composé Boié, celui de PMomela qu'a voulu lui substituer Selby, et, plus nouvellement, celui de Lusciola qu'ont proposé MM. Keiserliiig et Blasius, lui étant postérieurs.

Quant à leurs affinités naturelles, les

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Rossignols nous semblent, par leurs habitudes, par leur naturel, par leurs allures, s'éloigner autant des vraies Fauvettes, à côté desquelles cependant plusieurs auleiirs persistent à les ranger, qu'ils se rapprochent des Merles. Aussi la place que Boié leur a assignée dans la famille que composent ces derniers nous paraît-elle plus convenable que celle qu'on lui donne généralement.

Pendant longtemps on n'a connu qu'une seule espèce de Rossignol , ou plutôt on confondait sous le nom de Molacilla luscinia Lin., ou Sylvia luscinia Scopoli, deux espèces parfaitement distinctes. Brisson , cependant, avait séparé duRossignol ordinaire le grand Rossignol ( Lusc. major ) , dont quelques naturalistes avaient déjà parlé; maison continua à considérer celui-ci comme une simple variété du premier. Il a fallu que, plus tard, Bechstein et Meyer les isolassent spécifiquement de nouveau, en insistant sur leurs caractères extérieurs et en signalant quelques différences dans leur histoire naturelle , pour qu'on n'eût plus de doute sur leur existence comme espèces particulières. Aujourd'hui elles sont généralement admises , l'une sous le nom de Rossignol ordinaire, Lusc. philomela Ch.

Bonap. (Buff., pi. enl., 615, t. 2), et l'autre sous celui de Grand Rossignol, Lusc, major Briss. ( Gould , 7î()-ds of Europe, pi. 117). Le Rossignol ordinaire étant généralement connu , nous croyons pouvoir nous dispenser d'en donner ici une description. Quant au grand Rossignol, ou Rossignol philomèle, comme on l'a aussi nommé, il diffère du précédent par sa taille, qui est d'un pouce environ plus forte, par son plumage plus rembruni. Il est d'un gris sale en dessus; a la gorge blanche bordée de brunâtre; la poitrine d'un gris clair tacheté de gris brun ; le ventre blanc; la queue et ses couvertures supérieures larges et d'un brun rouge très foncé.

L'un et l'autre habitent l'Europe, l'Asie et l'Afrique; mais tandis que le Rossignol ordinaire se rencontre sur presque tous les points du continent européen , et paraît être confiné dans cette partie de l'Asie qu'on nomme Asie mineure, le grand Rossignol est répandu dans les contrées occidentales de ce dernier continent, et ne se rouve que dans quelques localités de l'Eu-

rope. On le voit assez communément ea Autriche, en Hongrie et en Pologne; quelques individus habitent la Silésie, la Bohêmeetla Poméranie. M. Nordmann signale encore son habitat dans les cnvirong d'Odessa, en Crimée, dans les provinces orientales de la mer Noire et dans la nouvelle Russie. Nous avons vu deux sujets de cette espèce qui avaient été pris, dans les environs de Paris, à leur passage du mois de septembre.

Les Rossignols ont eu partout le rare privilège d'attirer l'attention de l'homme. Mais s'ils ont eu et s'ils ont encore des admirateurs, ils ne le doivent pas , comme beaucoup d'autres oiseaux, à la richesse de leur plumage, la nature les ayant complètement déshérités sous ce rapport, mais à la beauté de leur chant. Les Grecs leur donnaient les noms de l'hilomelos , JEdon , ce qui indique assez que les Rossignols étaient pour eux des oiseaux chanteurs par excellence, et aimant l'harmonie. Les Latins leur ont quelquefois appliqué celui de Philomela, mais à cette dénomination ils substituaient souvent celle de Luscinia , d'où l'on a tiré le diminutif Lusciniola ou Lusciola , qui a probablement servi à composer, dans notre langue, le mot Rossignol.

Les Oiseaux dont nous relirons quelque profit ou qui sont pour nous un objet d'agrément ont été, en général, parfaitement étudiés. La connaissance de leurs habitudes pouvant nous suggérer des moyens faciles de nous en rendre possesseurs, nous sommes naturellement entraînés à les épier, à prendre acte, pour ainsi dire, de tous leurs mouvements. C'est ce qui est arrivé pour les Rossignols ; une foule de naturalistes en ont fait l'objet de leurs observations. 11 est même des auteurs, chose rare dans les fastes de l'ornithologie, qui leur ont consacré des traités spéciaux. Aussi peut-on dire que leur histoire naturelle est une des plus complètes.

Quelles que soient les contrées qu'ils habitent, les Rossignols choisissent pour demeure les lieux ombragés et frais, mais dont la température n'est jamais trop basse. Il» ne vont pas au-delà de la lisière des forêts des grandes chaînes des montagnes, et ne s'arrêtent point à des hauteurs où l'air es» trop rude. Les bocages, les broussailles épais

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lei, !«« buissons touffus, voisins des prés et des champs, sont leur habitation ordinaire. Ils aiment aussi les jardins plantés de charmilles un peu négligées, et se plaisent surtout dans les endroits humides. S'ils recherchent les lieux aquatiques, ce n'est pas qu'ils soient attirés là par l'eau, comme on l'a prétendu , mais bien parce qu'ils y rencontrent des conditions d'existence plus convenables que partout ailleurs. Us trouvent ordinairement sur les bords des rivières, des ruisseaux, des étangs, non seulement des buissons épais et touffus, mais aussi une nourriture plus constamment abondante. Quoi qu'il en soit, les Rossignols viennent communément s'établir dans le lieu qui les a vus naître, quecesoit dans le voisinage de l'eau ou non , dans un verger ou sur les flancs d'une montagne. Celui qui s'est une fois fixé quelque part y revient tous les ans, à moins que le local n'ait perdu son agrément ou son utilité; dans ce cas, il cherche aux environs une autre station à son gré. Ce qu'il y a de singulier, c'est que telle contrée d'Europe, qui cependant réunit toutes les conditions favorables pour que les Rossignols puissent y vivre, n'est jamais habitée par un seul de ces Oiseaux. S'ils y passent quelquefois, ils ne s'y arrêtent point. Ainsi, en France, selon Buffon, le Bugey, jusqu'à la hauteur de Nantua, n'en possède aucun ; on n'en voit également pas outrés peu dans certaines parties de la Grèce, de la Hollande, de l'Ecosse et de l'Irlande, dans le nord du pays de Galles et même de toute l'Angleterre, excepté la province d'York. Bechstein pense que c'est parce que ces localités se trouvent entièrement hors de la zone que suivent les Rossignols dans leurs voyages, que ceux-ci ne s'y montrent qu'accidentellementou même jamais. CesOiseaux, en effet, paraissent avoir des routes régulières dont ils ne s'écartent que très rarement.

Nous avons dit que, par leurs habitudes, par leur naturel, les Rossignols s'éloignent autant des vraies Fauvettes qu'ils se rapprochent de^ Merles. Ils ont dans la démarche, dans l'attitude, quelque chose de fier et de gracieux à la fois. Ainsi que les Rouge- Gorges, les Gorges-Bleues, les Rouge-Queues, ils portent, en général, la queue relevée au dessus de la pointe des ailes, et l'agitent de haut en bas, même lorsqu'ils sont au repos. Comme les Merles, ils marchent plutôt Qu'ils

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ne sautent; mais, dans tous les cas, leurs pas sont mesurés et régulier» ; après qu'iU en ont fuit.un certain nombre, ils s'arrêlciit, s'observent, remuent les ailes, lèvent la queue avec grâce, l'étaient un peu, inclinent la tête à plusieurs reprises, relèvent encore la queue et poursuivent. Si quelque chose attire leur attention, ils se montrent prudents et circonspects; mais leur prévoyance ne répond pas à leur circonspection, car ils donnent facilement dans tous les pièges qu'on dresse pour eux. Cependant, si une fois ils s'en sont échappés , ils n'y tombent plus aussi légèrement et se montrent plus rusés. La terre nouvellement remuée les attire. On dirait que l'instinct ou l'expérience leur dit qu'il y a là pour eux quelque pâture, parexemple des Vers de terre, deslarves, etc. Comme la plupart des Oiseaux vermivores , les Rossignols sont excessivement gloutons; ils sautent prestement sur l'Insecte qui se montre à eux, le saisissent avec avidité, semblent prendre plaisir à le conserver quelque temps entre leurs mandibules avant de le manger ; puis, après l'avoir battu à plusieurs reprises sur une branche, ils l'avalent brusquement.

Les Rossignols ne sont nulle part sédentaires en Europe. Us ne font qu'un séjour de quelques mois dans les contrées oii on les rencontre. Vers le milieu d'août, ils se disposent au départ qui se fait sans bruit, s'éloignent peu à peu, et passent de bocage en bocage jusqu'à leur destination. Vers la fin de septembre, presque tous ont disparu. Si, par extraordinaire, on en voit encore dans le courant du mois d'octobre, ce sont des individus malades dont la mue a été mal fuite, oudesieunes provenant d'une couvée tardive. Du reste, tous disparaissent sans qu'on s'en aperçoive, cartons émigrent pendant la nuit et isolément; de sorte que l'on ignore absolument le temps qu'ils emploient à faire leur voyage. L'époque de leur retour au printem [13 est subordonnée à des conditions de température. Selon que la saison est plus ou moins avancée, leur apparition est plus ou moins tardive. D'ailleurs, dans les pays du midi, ils se montrent huit ou dix jours plus tôt que dans ceux du nord. En Italie, en Espagne, en Provence, on en voit quelquefois dès le mois de mars, tandis qu'en Angleterre, dans les environs de Paris, en Hollande, etc., ils

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n'apparaissent que vers le milieu d'avril ou en mai. Becbstein observe que c'est toujours quand l'Épine blanche commence de fleurir que ces Oiseaux arrivent en Allemagne.

Ce qu'il y a de remarquable, c'est que les premiers Rossignols qui retournent dans nos climats sont tous mâles. Nous nous en sommes assuré pendant plusieurs années, en soumettant à l'examen anatomique plus de cinquante individus, en sorte que ce fait est pour nous, hors de doute. Les femelles n'arrivent que huit ou dix jours après ceux-ci, ce qui est le contraire de presque tous les autres Oiseaux qui viennent faire leur ponte chez nous et que nous revoyons accouplés déjà. Buffon a prétendu que « le nombre des mâles est communément plus que double de celui des femelles, w C'est là une erreur que beaucoup de personnes ont partagée et partagent encore avec l'illustre auteur de VHistoire nahirelle, mais que le fait que nous venons de rapporter jusliûe en quelque sorte. Comme les premiers Rossignols que l'on prend en avril sont tous mâles, on conçoit que l'on ait pu être conduit à admettre que leur nombre excédait naturellement celui des femelles. Rien n'est cependant plus faux, et, pour s'en convaincre, il suffit d'examiner quelques nichées de ces Oiseaux : on voit alors que les deux sexes sont à peu près en nombre égal.

On a cru longtemps que les Rossignols, au lieu d'émigrer, comme nous voyons que le font un grand nombre d'autres espèces, n'abandonnaient point nos climats et restaient cachés dans des lieux abrités. Cette opinion était fondée sur ce que, pendant l'hiver, quelques personnes assuraient avoir tué de ces Oiseaux cachés dans des carrières, et sur le sentimentde quelques voyageurs qui affirmaient que l'Afrique , à quelque époque que ce fiit, ne nourrissait aucune espèce de Rossignols. La première raison résulte d'une erreur aussi bien que la dernière. Il est à peu près certain que les prétendus Rossignols tués pendant l'hiver n'étaient rien autre que des femelles du Rouge-Queue des murailles {Sylvia phœnicurus Scop,). En effet, à cette époque, ces Oiseaux recherchent les carrières et les masures. En réalité, les Rossignols passent en Afrique et en Asie. Buffon, en avançant ce fait, d'après Hasselquitz, avait , il est vrai, rencontré de l'opposition ; on

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avait jeté du doute sur son assertion; mais aujourd'hui on ne saurait plus en conserver à cet égard. Sonnini dit, dans son Voyage' en Égyple, en avoir vu dans ce pays et même très fréquemment." Je me suis trouvé depuis, ajoute-t-il, à l'époque de leur passage dans les îles de l'Archipel, où ils se reposaient pour se rendre vraisemblablement en Asie. »

Les Rossignols sont à la fois insectivores, vermivores et frugivores. Ils se nourrissent de toute sorte d'Insectes, de petites chenilles vertes dont ils purgent les arbres et les buissons, de Libellules, de Phalènes, de Mouches, etc. ; ils dévorent avec avidité les larves, les Vers qui sont cachés dans la mousse ou la terre, et qu'ils mettent quelquefois à découvert au moyen de leur bec. A leur départ, vers la fin de l'été, ils mangent aussi des mûres, des baies de plusieurs arbustes, et surtout celles du Groseillier et du Sureau.

Comme il est impossible d'offrir en tout temps aux Rossignols que l'on tient captifs pour le plaisir que procure leur voix un régime conforme à celui qu'ils ont à l'état de liberté, on a cherché à y suppléer par des pâtées dans lesquelles entrent des matières animales et végétales. Ceux-ci les nourrissent avec un mélange d'œufs durs, de cœur de Bœuf et de mie de pain blanc ; ceux-là avec un gâteau composé de farine de Pois chiche, de beurre frais, de jaune d'oeuf et de miel ; d'autres leur donnent pour toute nourriture un hachis de cœur de Bœuf auquel on mêle quelques pincées de farine de graines de Pavot. Mais toutes ces pâtées, quels que soient les matériaux qui entrent dans leur composition, finissent par fatiguer les Rossignols, et finiraient par les faire tomber dans le marasme, si, de temps en temps, on ne leur fournissait, pendant l'hiver, des larves du Tenebrio moUlor (vulgairement Vers de farine), et si, durant la belle saison, on ne leur donnait à manger des Insectes, des œufs de Fourmis et des baies fraîches.

Quelques auteurs ont pensé que le besoin de se reproduire était le motif qui déterminait les Oiseaux à entreprendre, au printemps, leur voyage. LesRnssignols paraissent justifier cette opinion ; car, dès leur arrivée, les mâles se fixent dans le lieu où ils se propageront, y attendent et y appellent les femelles par leur» chants nocturnes. Chaque

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Rnssignoî a donc son petit district, et si, à calte époque, deux mâles se trouvent en concurrence dans le même bocage, ils se li- Trent des combats tiès vifs qui finissent toujours par la foite et l'éloignement du plus faible. Les querelles les plus communes dans ■ es circonstances sont entre les pères et leurs descendants mâles.

C'est à la femelle qu'est presque entièrement dévolu le soin de construire le nid ; le mâle se borne à l'accompagner et à veiller pour ainsi dire sur elle. Ce nid est ordinairement placé dans un verger, une touffe d'arbustes, parmi des amas de branchages ou sur un buisson d'épines, dans des lierres, sur le tronc coupé d'un arbre entouré de ronces, enfin très près de terre ou sur la terre même, lorsqu'il peut y être caché par des herbes assez hautes ou des broussailles épaisses. Sa construction est simple et sans art. En dehors, des feuilles sèches ; en dedans, du foin ou des racines déliées avec quelques poils d'animaux ; c'est tout ce qui le constitue. Les deux espèces ont le même mode de nidification, et toutes deux aussi pondent de quatre à six œufs entièrement d'un brun verdâtre plus ou moins intense. Ceux du grand Rossignol offrent constamment des teintes plus foncées.

Buffon a avancé que les Rossignols nourrissaient leurs petits à la manière des Serins, c'est-à-dire, en leur dégorgeant leur nourriture ; mais c'est là une erreur. Comme tous les Insectivores, les Rossignols portent à leur bec les Chenilles, les Phalènes et autres Insectes dont ils alimentent leurs jeunes. Ceux-ci quittent de bonne heure le nid , même avant de pouvoir voler. Leur plumage, avant la mue, n'a rien qui ressemble à celui des adultes.

Les Rossignols expriment les diverses passions qui les agitent par des tons propres et particuliers. Les cris au moyen desquels le mâle et la femelle s'appellent, diffèrent de celui qui leur sert à prévenir leurs petits du danger; l'expression du mécontentement ou de la frayeur n'est plus la même que celle de la satisfaction et du plaisir. Dans la colère, la jalousie, la rivalité ou une rencontre extraordinaire, ils poussnt des cris rauques et désagréables qui ressemblent à ceux du Geai ou du Chat. Au temps des amours, quand le mâle et la fe-

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melle s'agacent et se poursuivent, un gazouillement doux et à demi voix est tout co qu'ils font entendre, mais à celte époque, avec le besoin d'aimer, ils épiouvent aussi celui de chanter, et c'est alors qu'ils déploient toutes les ressources, tout l'éclat de leur voix. On a vu quelquefois des femelles (ce qui arrive, du reste, pour les autres oiseaux) qui avaient la faculté de chanter. Buffon en a connu une privée dont le ramage , faible à la vérité et peu varié, se conserva jusqu'au printemps. Cependant ici , comme chez toutes les espèces chantantes, c'est le mâle qui est doué en particulier de ce talent musical si distingué qui lui a mérité le nom de Roi des chanteurs. La force de son organe vocal est vraiment étonnante : aussi les muscles qui servent cet organe sont-ils bien plus forts, à proportion, que ceux de tout autre oiseau. Barington s'est assuré que la sphère que remplit la voix d'un Rossignol n'a pas moins d'un mille anglais de diamètre, surtout lorsque l'air est calme; ce qui égale au moins la portée de la voix humaine. «Mais, dit Bechstein , c'est moins encore la force que l'étendue, la flexibilité, la prodigieuse variété, l'harmonie enfin do cette voix, qui la rend précieuse à toute oreille sensible au beau : tantôt traînant pendant des minutes entières une strophe composée seulement de deux ou trois tons mélancoliques, il la commence à demi-voix, et s'élevant graduellement par le plus superbe crescendo au plus haut degré d'intensité, la finit en mourant; tantôt c'est une suite rapide de sons plus éclatants, terminée, comme beaucoup d'autres couplets de sa chanson, par quelques tons détachés d'un accord ascendant. On peut compter jusqu'à vingt-quatre strophes ou couplets différents dans ie chant d'un bon Rossignol, sans y comprendre les petites variations fines et délicates. » Ce chant est si articulé , si défini, que parmi les naturalistes qui en ont fait le sujet d'une observation attentive, les uns, comme l'auteur dont nous venons de citer un passage, ont tenté de l'écrire, c'està-dire, de le rendre par des syllabes ou des mots particuliers r, les autres, comme Kircher et Barington, ont essayé de le noter, sans toutefois pouvoir y réussir d'une manière satisfaisante.

Tuu$ les Rossignols ne chantent paâ

nos

é;;.ilcn:cn;. bien. On trouve des sujets très médiocres, comme on en trouve aussi de très supérieurs qui réunissent et la fraîtheur de la voix, et la méthode des sous. Ces derniers sont ordinairement des oiseiiux de la première couvée qui, nés avec les dispositions nécessaires dans un canton bien peuplé de Rossignols, savent s'approprier ce qu'il y a de plus distingué dans le chant de chacun.

A la perrection du ramage, quelques mâles joignent cette autre qualité de se faire entendre le jour et la nuit. Nous avons dit qu'à leur retour, au printemps, les mâles précédaient les femelles. Or, pour arrêter celles-ci à leur passage, pour les attirer, on les entend alors chanter constamment, même durant la nuit; mais aussitôt qu'ils sont appariés, leurchantnocturne cesse. Quelques uns cependant persistent dans leur première habitude de chanter bien longtemps encore après le coucher du soleil. Ceux-ci, auxquels on a donné le nom de Rossignols nocturnes, sont fort recherchés. Bechstein avance qu'il se croit autorisé à affirmer, d'après des expériences réitérées pendant plusieurs années, que les Rossignols noclurnes , comme les diurnes, forment des races particulières qui se propagent régulièrement; «car si l'on prend du nid , dit-il , un jeune chanteur de nuit, il chantera à son tour aux mêmes heures que son père; tandis que de son côté le descendant d'un Rossignol diurne ne chantera jamais de nuit, quand même il serait entouré de Rossignols nocturnes. » Cette légère différence dans les habitudes ne nous paraît pas devoir constituer une race, comme le voudrait Bechstein; tout ce qu'on pourrait dire, c'est que les qualités du chant sont héréditaires chez les Rossignols.

En liberté, la durée du chant des oiseaux dont nous faisons l'histoire est à peine de trois mois; encore dans ce court intervalle n'est-il rien moins que soutenu avec une ardeur égale. C'est dans les premiers temps de leur arrivée qu'il est le plus beau, le plus continu, le plus passionné; dès que les petits sont éclos, il devient plus rare; enfin, à la fin de juin il est tout-à fuit éiciiit et on n'entend plus alors que le gazouillement des jeunes. En captivité on jouit plus longtemps de leur mélodieux ramage; car ils commencent quelquefois à se faire

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entendre dès le mois de novembre et ne cessent que vers la fin de mai. Quelques personnes, pour prolonger un peu la durée de leur chant , ont la barbare coutume de les priver de la vue en leur passant un fil de fer, rougi à blanc, au devant des yeux.

Tout ce que nous venons de dire du chant des Rossignols se rapporte particulièrement à l'espèce ordinaire. Le Rossignol philomèle présente à cet égard des différences très remarquables que nous devons signaler. Sa voix est beaucoup plus forte, plus profonde, plus éclatante; mais il chante bien plus lentement, d'une manière bien plus interrompue. Il n'a pas cette étonnante variété , ces prolongements charmants , ces finales harmoniques du Rossignol ordinaire; il hache et morcelle également toutesles strophes, ce qui a' fait comparer son chant à celui de la Grive draine. En outre, il se fait entendre plus généralement dans la. nuit, de sorte que c'est un vrai nocturne. Son timbre est si éclatant qu'il est presque impossible de le soutenir dans une chambre.

Lorsque les écrivains de tous les temps, naturalistes ou poëies, se plaisent à l'envi à célébrer la voix du Rossignol ; lorsqu'on sait que cette voix a exalté et exalte encore les natures sensibles et impressionnables (1); lorsqu'en général tout le monde, même les indifférents, s'accordent à reconnaître dans le chant du Rossignol quelque chose de plus doux, de plus suave, de plus harmonieux que dans celui de nos autres oiseaux chanteurs, on conçoit difficilement qu'il se rencontre des individus qui aient la plus grande antipathie pour ce coryphée de nos bois. Pourtant le fait existe : Aldrovande raconte, d'après Pétrarque, l'étrange bizarrerie d'un homme qui , demeurant à la campagne , se levait la nuit pour aller chasser à coups de pierres et de bâton les Rossignols , dont le chant lui déplaisait tellement, que pour les éloigner plus sûrement de sa maison, il s'avisa de couper tous les arbres du voisinage. Le môme homme était enchanté du croassement des Grenouilles. Le fait de payer, comme au Japon , selon ce que rapporte Ka;mpfer, un Rossignol chantant jus-

(i) Jean-Jacques Rousseau avoue , dans sea Coxfetsions , qu'il prenait un plaisir iuoui à écouter le Rossignol clian* 1er, et qu'il lie l'eutciiiiait j-imais sans en éire piofonUé» ment ému.

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qu'à près de trois mille franc.'', lui eût paru très eerlainement le plus grand acte de folie.

Ce n'était pas assez que les naturalistes, d'accord en ceci avec les poêles, eussent ^ célébré les accords mélodieux du cliantru de la nature, comme ils l'ont nommé; ce n'était pas assez qu'ils lui eussent fait conter ses plaintes aux échos et aux zéphirs des bois; qu'ils lui eussent fait exprimer les désirs les plus tendres par des soupirs et des gémissements; il fallait encore, pour qu'un pareil être fût accompli, qu'ils lui reconnussent la faculté de parUer. Certes, on ne croira jamais qu'un Rossignol puisse, comme les Perroquets, les Pies, les Geais, etc., prononcer des mots et même très bien parler; cependant des auteurs fort graves l'ont affirmé. Pline rapporte que les (ils de l'empereur Claude, Drusus et Britannicus, possédaient des Rossignols très versés dans le grec et le latin. Ces Rossignols, toujours au rapport de Pline, méditaient gravement, et discouraient fort au long et fort bien sur le sujet de leur méditation. Comme pour renchérir sur le merveilleux de ce récit, Gesner et après lui Willughby ont parlé de deux Rossignols, appartenant à un liôtelier de Ratisbonne, lesquels, dans le silence le plus profond de la nuit, causaient ensemble en allemand et racontaient toutes les histoires que, durant le jour, ils avaient entendu dire aux allants et aux venants.

Buffon, tout en critiquant Pline et Gesner de la facilité qu'ils ont eue à accepter de pareils contes, admet cependant que les jeunes Rossignols, élevés à la brochette, apprennent à parler quelque langue que ce soit. C'est aussi de l'exagération. Ces oiseaux , comme beaucoup d'autres petites espèces, peuvent bien répéter machinalement et imparfaitement quelques mots simples; mais ce n'est pas là parler.

Les Rossignols, indépendamment de leur chant, possèdent encore des qualités quisont moins fabuleuses que la prétendue faculté qu'ils auraient de parler; ils sont capables à la longue de s'attacher à la personne qui les soigne. Buffon parle, d'après M. Le Moine, d'un Rossignol qui , ne voyant plus sa gouvernante, cessa de manger; bientôt il fut aux abois, il ne pouvait plus se tenir sur le bâton de sa cage ; mais ayant été

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remis à sa gouvernante, il se ranima el fut rétabli en vingt-quatre heures. Il dit encore, sans toutefois garantir le fait, que des Rossignols que l'on avait làclios dans les bois sont revenus chez leur maître. Nous avons vu , il y a quelques années , à Paris, chez JL Grandjean , grand amateur, deux Rossignols qui , pris jeunes et élevés dans un jardin, sortaient librement de leur cage, y rentraient pour s'y reposer ou pour y prendre leurs repas , et ne manquaient jamais, après avoir erré çà et la pendant toute la journée, de venir y passer la nuii. L'hiver on les conservait dans une volière, pour les rendre à la liberté au printemps. Ces Rossignols accouraient au moindre appel de la person ne qui les avait élevés, et se montraient peu farouches avec les étrangers.

Les Rossignols ont un autre genre de mérite : ils sont un excellent gibier. Vers la fin de l'été, lorsqu'ils sont gras, ils le disputent aux Ortolans pour la délicatesse de la chair: aussi, dans quelques localités du midi de la France, sont ils fort recherchés pour la table. (Z. Gerbe.)

ÏIOSTELLAIRE. lioslelJaria (ilim. de roslruin, bec), moll. — GenredeGastéropodes pectinibranches, de la famille des Ailés, établi par Lamarck, ainsi que le g. Ptérocère, aux dépens des Strombes de Linné. Les Rostellaires ont la coquille fusifornie ou sublurriculée, terminée en avant par un canal en bec pointu. Le bord droit est entier ou denté, plus ou moins dilaté en aile avec l'âge, et il présente un sinus coniigu au canal. L'animal est d'ailleurs semblable à celui des Strombes et des Ptérocères, c'est-à-dire que son pied, portant un opercule caréné sur son extrémité postérieure, et divisé en deux parties, n'est plus propre à la reptation, mais lui sert pour s'avancer en sautant. Ses tentacules, très gros, sont bifurques au sommet, et l'une des branches, plus grosseest subitement tronquée et se termine p;ii un grand œil; la tête, proboscidiforme, présente en avant une ouverture buccale longitudinale, d'où sort une longue trompe cylindrique. Les Rostellaires différent donc principalement des Strombes et des Ptérocères par le canal et par le bord droit de l'ouverture, et elles doivent former avec ces deux genres une faniille bien distincte. Mais MM. Philippi et Deshayes ont dû en séparer

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iplusieurs espèces, telles que la Rostellaire Pied-de-Pélican, pour en former le genre Chenopus dont l'organisation est tellement différente qu'il constiluera avec les Strulhiolaires une famille à part, à côté des Cérites qui sont également phytophages, tandis que les Roslellaires, comme les autres Ailés et les Purpurifères, sont zoophages. Chez les CheropuSf en effet, l'animal rampe sur un pied ovalaire, tronqué en avant, pointu en arrière, et portant vers son extrémité un très petit opercule corné, oblong ; sa tête est beaucoup plus grosse, subcylindracée et obliquement tronquée en avant; ses tentacules sont très allongés, grêles et pointus, et de leur base part en dessous un pédicule très court, terminé par l'œil. Ces Chenopus se trouvent vivants dans les mers d'Europe et dans la partie septentrionale de l'océan Atlantique américain, ou fossiles dans les terrains tertiaires les plus récents. Les vraies Roslellaires, au contraire, ne se trouvent vivantes que dans les mers les plus chaudes, et les espèces fossiles se trouvent dans les terrains tertiaires inférieurs ou moyens et dans les terrains secondaires jusque dans le lias. La plus grande espèce vivante est la Rostellaire BEC-ARQUÉ, R. ciirviroslris Lamk., longue de 2 décimètres , qu'on trouve auprès des îles Moluques, et qu'on nommait autrefois Fuseau de Ternale. Elle est très épaisse, en fuseau conique, lisse, flncment striée en travers, fauve-roussâtre avec l'ouverture blanche, la lèvre dentée au bord, et le bec ou canal assez court et recourbé. On en connaît seulement quatre ou cinq autres espèces vivantes et une dizaine de fossiles. (DoJ.)

ROSTELLARIA, Gaerln. (III, 135, t. ii07). BOT. PH. — Synon. de Bumelia, Swarlz.

ROSTELLARLV. bot. ni. — Genre de la famille des Acanlhacées, tribu des Echmatacanlhées, établi par Neestiu Wallich. plant. <is. rar., III, 100). Herbes de l'Inde. Voy.

ACANTHACÉES.

ROSTELLLM, Montf. moll. — Synonyme de Rostellaire.

KOSTRARIA,Trin. {in Ad. Pelrop., VI).

BOT. PH. — Voy. TRisETUM, Linn.

*ROSTRATULA, Vieill. ois. — Syn. de Rlajnchœa, G. Cuv.; Scolopax, Linn.

ROSTRE. Rosirum. zool. — On nomme ainsi le siphon plus ou moins allongé qui termine aijtérieurement l'ouverture de cer-

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talnes coquilles univalves , la partie du test qui , dans beaucoup de Crustacés, est située entre les yeux et s'avance plus ou moins. Fabricius, Olivier et Latreille désignent aussi sous le nom de Hostie l'ensemble des pièces longues et étroites qui, par leur réunion , composent le suçoir des Insectes hémiptères. Voy. hémiptères.

ROSTRUAME. Roslrhamus. ois. — Genre de la famille des Faucons ( Falconidées), dans l'ordre des Oiseaux de proie, établi sur une espèce dont Swainson faisait un Cymindis. M. Lesson , auteur de ce démembrement , a été conduit à l'opérer, en prenant en considération la différence qui existe entre le bec de l'oiseau qui en est l'objet et celui des autres Cymindis auxquels on l'associait. En effet, cet organe est très caractéristique chez les Rostrhames: la mandibule supérieure, au lieu d'être élevée et comprimée sur les cotés, a peu d'élévation et est arrondie, ce qui en fait une arme faible. Du reste, voici les caractères que M. Lesson assigne à ce genre: Bec étroit, mince, grêle, à mandibule supérieure très recourbée, beaucoup plus longue que l'inférieure; celle-ci mince, courte et tronquée ; narines ouvertes eu dessus de la base du bec, nues et arrondies; devant de l'œil nu; bouche fendue jusque sous les yeux; tarses courts, à demi vêtus, scutellés, munis d'ongles très longs; ailes longues ; queue moyenne, échancrée, plumes de la tète effilées, étroites.

Les Rostrhames sont des Oiseaux peu connus sous le rapport des mœurs ; la seule espèce type du genre est le Rostruame noir, liost. niger Less. (Temm. , pi. col., 61 et 231, sous le nom de Cymindis bec en hameçon). Cet Oiseau, comme son nom l'indique, est entièrement noir, à l'exception des couvertures inférieures de la queue et des plumes anales qui sont blanches.

Le Rostrhame noir n'a encore été ren* contré qu'au Brésil. (Z. G.)

ROSTRUM. ZOOL. — Toy. bec.

*ROSLLA.ÉCHiN. — Nom donné parLinck à certaines Ophiures, qui, comme VO. fra-> gilis , ont le côté dorsal du disque hérissé d'écaillés et les bras épineux.

ROSULARIA,DC. {Prodr., IH). bot,

PH. — Voy. L'MBILICUS, DC.

ROTALA. BOT. pa.— Genre de la famille

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d« Lythrari^es, tribu des Eiilylhrariées , établi par Linné {Mant., 173). L'espèce type, liotala verticillaris Linn., est une herbe qui trott dans l'Lule.

ROTALIE, KOTALITE etROTALIME.

MOLL.? FonAM. — Genre établi par Lamarck pour des coquilles microscopiques fossiles du terrain tertiaire qu'il plaçait d'abord parmi les Mollusques céphalopodes mulliloculaires dans sa famille des Lenliculacées, et que, depuis lors, il a placé dans sa famille des Radiolées, avec les Lcnticulines et les Placentules. Les caractères assignés par Lamarck aux Rotalies sont d'avoir une coquille orbiculaire ou spirale , convexe ou conoïde en dessus ; aplatie, rayonnée et tuberculeuse en dessous; à loges nombreuses, allongées, rayonnantes, qui s'étendent du centre à la circonférence, et ayant une ouverture marginale, trigone, renversée. Les zoologistes ont continué à ranger les Rotalies avec les Céphalopodes, jusqu'à ce qu'on ait reconnu que tous les prétendus Céphalopodes microscopiques sont des Rhizopodes ou Foraminifères dont l'organisation est beaucoup plus simple que celle des Mollusques. Dans la classification de M. A. d'Orbigny, le genre Rotalie, qu'il réduit convenablement et qu'il nomme Rotaline, fait partie de la famille des Turbinoides, la deuxième de l'ordre des Hélicostègues de cet auteur. Il est caractérisé par sa coquille inéquilatérale à spire complète enroulée obliquement, avec une seule ouverture en croissant sur le milieu de la largeur de la dernière loge. Ce genre, très nombreux, contient plusieurs espèces très communes dans les mers d'Europe, et beaucoup d'autres fossiles dans les terrains secondaires à partir duCoral-Rag, etdans les terrains tertiaires. (D0J.)

ROTANG. Calamm. bot. ph. — Genre important de la famille des Palmiers, de l'Hexandrie monogynie dans le système de Linné. Les espèces qui le forment, et dont quarante-six sont signalées par M. de Marlius, appartiennent à l'Asie et à l'Afrique intertropicales; elles se distinguent, dans 'eur famille , par leur tige très grêle, qui s'étend d'ordinaire sur les arbres à la manière des Lianes ordinaires, en atteignant une longueur quelquefois énorme et que certains auteurs ont dit arriver jusqu'à

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300 mètres ; cette tige a des entre-nœuds longs et espacés, dont chacun porte une feuille pennée à gaîne allongée, dont le rachis se prolonge souvent en forme de vrille, ou reste lui-même réduit à cetle forme de filet grêle et droit. L'iniiurcscenco est un spadice rameux, d'abord terminal, mais qui se trouve ensuite rejeté de côlô par suite du développement de la plante, et qu'accompagnent des spa thés incomplètes, en gaîne, ainsi que des spathelles. Au reste, les Calamus, comme par compensation avec la vigueur avec laquelle ils développent leurs organes de végétation, fleurissent fort tard, elsouventils périssentimmédiatement après avoir fructifié. Leurs fleurs sont petites, rosées ou verdâtres, distiques sur les derniers rameaux de l'inflorescence, dioïques ou polyganies-dioïqucs. Les ?)!d/es présentent un périanlhe à deux rangs, dont l'externe, calicinal , tridenté ou trifide, l'interne profondément triparti; six étamines, à filets soudés par leur partie inférieure; un rudiment de pistil. Les femelles ont, avec le périanthe des mâles, six étamines rudimentaires, soudées en urcéole; un ovaire à trois loges, surmonté de trois stigmates sessiles, auquel succède un fruit bacciforme, monosperme, à surface comme écailleuse. Les botanistes postérieurs à Linné avaient rapporté au genre Calamus, établi par lui, des espèces qu'un examen plus attentif en a fait détacher dans ces dernières années. Par là ont été formés les genres: Za/acca, Reinw.; dont le type est leCalamus Zafacca Gaertn.; Plectocomia , Martius, dont le type est le Calamus maximus Reinvv. ; Dœmonorops, Diurne, dont le type est le Calamus niger Willd. Dans les contrées où ils croissent naturellement, les Rotangs rendent quelquefois les forêts presque impénétrables, à cause de leurs longues tiges semblables à des cordes extrêmement résistantes, étendues d'un arbre à l'autre , serpentant sur le sol, sur les buissons, et surtout à cause des fortes épines dont ils sont hérissés. Ce sont ces mêmes tiges qu'on utilise pour divers usages , soit pour des cannes généralement recherchées, souvent même d'un prix élevé , désignées dans le langage ordinaire sous les noms (le Joncs, Joncs de l'Inde, Rotins, etc.; soit pour la confection de cravaches, de cordes d'une très grande rési«<

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