‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 54 sur 173 · HOT · texte numérisé non relu

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tance; divisées en lanières minces, elles servent à faire les garnitures des chaises et fauteuils qu'on appelle vulgairement cannés ; on les emploie aussi sur place à la confection d'une foule d'objets, tels que corbeilles , paniers, etc., pour lesquels on se sort en Europe des brins d'osier. Pour ces divers motifs, ces liges forment l'objet d'un commerce assez important; et la consommation en est si grande dans diverses localités qu'on a peine à concevoir que certaines espèces n'aient pas été déjà détruites. ]l est aussi une espèce de ce genre, le Calamus Draco Willd., qui fournit à la médecine l'une des substances résineuses rouges confondues sous la dénomination commune de Santj-dragon. Nous nous bornerons à signaler ici en quelques mots les principales espèces de Rotangs. — Le Rotang a cannes, Calamus Holang Willd. , espèce de l'Inde, fournit, d'après Roxbiirgh, les cannes connues sous le nom vulgaire de Joncs d'Inde. Sa tige est très longue , épaisse d'un centimètre ou un peu plus, formée d'entre-nœuds qui ont de cinq décimètres à un mètre environ de longueur; ses feuilles ont leur rachis terminé en longue vrille flexueuse, et leur gnîne armée de fortes épines droites ; leurs folioles sont linéaires-lancéolées, munies à leur bord de petites épines. Son inflorescence est pendante. — Le Rotang a CORDEiî, Calamus 7'udenlum Lour., croît dans les Moluques, dans les Iles de la Sonde, à la Cochinchine , d'où le commerce en exporte annuellement des quantités considérables. C'est l'une des plus grandes espèces du genre. Sa tige atteint, assure-t-on, jusqu'à 300 mètres de long, sur une épaisseur de 2 centimètres vers le milieu et de 4 ou 5 à la partie inférieure; ses entre-nœuds ont jusqu'à 2 mètres de long. Ces tiges forment des câbles naturels tellement forts qu'on s'en sert, assure-t-on, pour prendre les éléphants sauvages. On en fait communément des cordes et des câbles. Ils fournissent aussi de fortes et belles cannes. — On en obtient aussi de très belles du Rotang SANG-nnAGON , Calamus Draco Willd., dont les entre nœuds ont 15 ou 16 décimètres environ de longueur. — Parmi les espèces à tige grêle, les deux qu'on emploie le plus communément sont : le Rotang a cravaches, Calamus equeslris W'illd., espèce des îles |

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delà Soiidé, des Moluques et des Philippines, dont la tige acquiert jusqu'à 60 el 70 mètres de longueur sur 1 centimètre au plus de diamètre, et avec des entre-nœuds longs de 2 décimètres environ. Sa grande flexibilité et son élasticité la font employer fréquemment pour cravaches etcomme osier. — Le Rotang FLEXIBLE , Calamus viminalis Willd., des îles de la Sonde, est encore plus grêle que le précédent; on en fait grand usage pour des ouvrages de vannerie. (P. D.)

ROTATEURS. Rotatoris. infus.— Division ou sous-classe de la classe des Infusoires établie par M. Ehrenberg , d'après ses propres découvertes, pour un grand nombre d'animaux microscopiques confondus jusqu'alors avec les Infusoires, et qui doivent former une classe distincte parmi les Vers [v. systolides). Lamarck, il est vrai, plaçait déjà ces petits animaux dans sa classe des Polypes, et il en faisait son ordre des Polypes ciliés; mais alors on leur attribuait encore une organisation très simple , et Bory Saint-Vincent continuait à les réunir aux Infusoires dont ils forment presque seuls les deux derniers ordres, les Rotifères et les Crustodés. Ce naturaliste , d'ailleurs , avait déjà indiqué un grand nombre de coupes génériques parmi ces animaux, qui , pour O.-F. Millier, composaient tout le genre Brachion, et une partie des genres Vorticelle etTrichode. M. Ehrenberg, au contraire, montra que ces animaux, qu'il nomme les Pbytozoaires Rotateurs, sont pourvus d'un canal intestinal droit, et terminé par deux orifices distincts; que la partie antérieure de ce tube, plus élargie , constitue un pharynx plus ou moins globuleux, armé de mâchoires latérales , et qu'en outre on y reconnaît souvent aussi un ovaire contenant plusieurs gros œufs ou des embryons déjà éclos. M. Ehrenberg a même voulu attribuer aux Rotateurs un système nerveux et des yeux, un appareil circulatoire et un appareil génital mâle, auquel cet auteur rapporte une vessie contractile située auprès de l'anus, et qui nous a paru servir plus probablement à la respiration. Quant au caractère dominant, mais non exclusif, qui a mérité- à ces animaux le nom de Rotateurs , il est fourni par un appareil cilié vibratile plus ou moins dilaté ou étalé autour de la bouche, et dont le mou-

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Vctneat , surtout chez les Drachions et les Rolifères, produit l'apparence de deux roues d'engrenage tournant en sens inverses avec une extrême vitesse. Ce phénomène avait été remarqué par tous les anciens micrographes, et avait excité leur admiration. On avait essayé de l'expliquer de diverses manières, en supposant, ou bien qu'un disque tourne réellement, ou bien, suivant Dutrochet , qu'une bordure membraneuse, plissée régulièrement comme une collerette ou fraise, est agitée d'un mouvement ondulatoire continu. Nous avons , de notre côté , essayé de démontrer par une figure , dans notre Histoire des Infusoires, que c'est tout simplement un efTet des intersections des cils qui se superposent en s'inclinant successivement, les uns après les autres , dans le même sens. Au reste, ce caractère, comme nous l'avons dit plus haut, n'est point exclusif : la plupart des Rotateurs ou Systolides ont des cils vibraliies dont le mouvement ne figure point des roues en mouvement; et quelques uns, tels que les Flosculaires et les Stéphanocéros , ne montrent aucun mouvement vibraiile, non plus que les Tardigrades, que nous avons cru devoir réunir aux Syslolides. C'est pourquoi nous avons proposé ce nom de Syslolides , exprimant la contraclilité si caractéristique de tous ces animaux.

Les Rotateurs sont tous des animaux aquatiques ; mais quelques uns, tels que les Rotifères, peuvent vivre et se développer entre les Mousses humides sur les murs et les toits, et , par suite, quand la sécheresse survient après la saison pluvieuse, ils s'engourdissent et se dessèchent pour revivre quand ils sont de nouveau humectés. Tous sont des animaux symétriques, et pourvus d'un tégument distinct et résistant, sous la partie moyenne duquel ils peuvent , en se contractant, retirer leur corps tout entier. Quelques uns ont même cette partie moyenne du tégument plus solide en manière de cuirasse, comme le test des Crustacés microscopiques; c'est la présence de cette cuirasse qui a fourni à M. Ehrenberg le principe de la division des Rotateurs en deux séries : les fi. nus et les fi. cuirassés ; chacune de ces séries est divisée en trois sections , suivant que l'appareil vibratile est simple ( Monolîoc/ia), multiple {rolylrocha), ou formé de

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deux lobes , de deux couronnes de cils ( Zygotrocha). La première section , celle des Monolrocha, dont l'appareil vibratile ou rotatoire est simple , est subdivisé en dons groupes. Les uns, Uolotrocha, ayant le bord de l'organe rotatoire entier, forment deux familles; les Holotroques nus ou Ichthydina comprennent quatre genres, savoir : (1 ) Plygura, (2) Ichlhydiwn et (3) Chœtonolus sans yeux, et (-4) Glenophora avec deux yeux. Les Holotroques cuirassés ou OEcislina comprennent deux genres : (5) OEcisles qui présente une enveloppe particulière pour chaque individu , et (6) Conochilus qui présente des individus groupés dans une enveloppe commune. Chez les autres Monotroques , le bord de l'appareil cilié est échancré, mais cet appareil n'est pas toujours vibratile. D'après celte dilTérence, ces Rotateurs sont nommés Schizolrocha ; ils forment aussi deux familles: les uns, nus, sont les Alogalolrochœa, comprenant les trois genres (7) Cyphonaules sans yeux , (8) Microcodon avec un seul œil , et (9) Megalolrocha avec deux yeux. Les Schizotroques cuirassés sont les Flosculariœa, divisés en six genres : (10) les Tubicularia sans yeux ; (H ) les Slephanoccros ayant un seul œil dans le jeune âge; et quatre autres genres , sans yeux à l'état adulte, mais ayant deux yeux dans le jeune âge; ce sont: (12) les Limnias, qui on t l'organe rotatoire biiobé, et qui sont pourvus d'enveloppes séparées ; (1 3) les Lacinularia , qui ont également l'organe rotatoire biiobé, mais qui habitent dans une enveloppe commune; (14) les Jl/e/icer/a, qui ont un organe rotatoire à quatre lobes; et (15) les Floscularia, qui portent de longs cils non vibraliies sur cinq ou six lobes.

Les Rotateurs Polylroques forment seulement deux familles, suivant qu'ils sont nus ou cuirassés. Les premiers sont les Hydalinœa, comprenant dix-huit genres , dont trois, privés d'yeux , se distinguent par la présence et par la forme des mâchoires ; ce sont: (16) VEnteroplea , sans mâchoires; (17) VHydalina, ayant des mâchoires à plusieurs dents; et (18) le Pleurolrocha, ayant des mâchoires unidentces. Un quatrième genre, (19) Furcularia, a un seul œil frontal ; cinq autres genres n'ont aussi qu'un seul œil , mais situé plus en arrière, sur la nuque: l'un d'eux, (20) Moncccrca , a un

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seul appendice caudiforme ou pied en forme de stylet; un autre, (21) le Polyarthra, est dépourvu d'appendice caudirorme ; les trois autres ont une queue terminée par un appendice bifurqué ou par deux pointes; ce sont: (22) le Notommata, qui n'a que des cils vibratiles à son appareil rotatoire sans crochets ni stylets; (23) le Synchœta, qui a des soies raides en stylet avec les cils vibratiles ; (24) le Scaridium , qui , en outre , a aussi des cirrhes en forme de crochet. Quatre autres genres d'Hydalinœa ont deux yeux : (25) le Distemma a ses deux yeux sur la nuque, les trois autres les ont sur le front; ce sont : (26) le Diglena, dont le corps est terminé par un appendice bifurqué; (27) le Triarlhra , qui a le corps terminé par un seul stylet, mais qui porte, en outre, deux appendices ou stylets latéraux; et (28) le Ratlulus, qui n'a pas les appendices latéraux, mais dont la queue est également un stylet unique. Les derniers genres de celle famille ont plus de deux yeux; ce sont : (29) le Triophlhalmus, qui a trois yeux à la nuque; (30) VEosphora, qui a également trois yeux, mais dont un seul à la nuque , et les deux autres en avant sur le front; (31) VOlogloia, qui en diiïère parce que celui de ses trois yeux qui est situé à la nuque est porté par un pédicule; (32) le Cycloglena, qui a plus de trois yeux réunis en un seul groupe; et (33) le Theorus, qui a également plus de trois yeux, mais réunis en deux groupes.

LesPolytroques cuirassés ou Euchlanidota forment onze genres dont un seul, (34) le Lapadella, est sans yeux. Cinq autres genres d'EuchIanidoles ont un seul œil situé à la nuque; ce sont; (35) les Monoslyla, dont la cuirasse est déprimée et dont la queue est simple, en slylet; (36) les Masiigocerca, dont la queue est également simple, mais dont la cuirasse est prismatique; (37) les Euchlanis, qui ont la queue bifurquée et la cuirasse ouverte ; (38) les Salpina et (39) les Dinocharis, qui ont aussi la queue bifurquée, mais dont la cuirasse est fermée , et les uns ont des appendices ou cornicules dont les autres sont dépourvus. Quatre autres genres d'Euchlanidotes ont deux yeux au front ; ce sont; (40) les Monura, qui ont une queue simple en stylet; (41) les Colurus, ayant la queue bifurquée et la cuirasse comprimée

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ou prismatique; (42) les Melopidia et (43) les Stephanops, ayant aussi la queue bifurquée, mais dont la cuirasse est déprimée ou cylindrique, et qui diffèrent entre eux seulement parce que ceux-ci ont une lame saillante en manière de chaperon au-dessus de l'appareil rotatoire. Enfin, un dernier genre de cette famille, (44) le Sqiimnella, dont la queue est également bifurquée, est caractérisé par la présence de trois yeux. Les Zygolrocha, suivant qu'ils sont nus ou cuirassés, forment aussi deux familles : les Zygotroques nus ou Philodinea comprennent sept genres , dont trois sont privés d'yeux ; savoir : (45) le Callidina, qui a un prolongement en forme de trompe en avant et dont la queue est munie de cornicules; (46) Vllydrias et (47) le T'jpliUna, qui n'ont point de cornicules à la queue, ni de trompe en . avant, diffèrent entre eux parce que le premier seul a les organes rotatoires pédoncules. Trois autres genres présentent deux yeux frontaux; ce sont: (48) \e Bolifer dont la queue porte deux cornicules et se termine par deux doigts, (49) l'Actmurus qui s'en distingue par la présence de trois doigts au lieu de deux à l'extrémité de la queue, (50) le Monolabis dont la queue se termine par deux doigts sans cornicules; un dernier genre de celte famille, (51) le Philodina, a deux yeux situés plus en arrière sur la nuque et non sur le front. Les Zygotroques cuirassés ou Brachionœa constituent la huitième et dernière famille, qui ne comprend que quatre genres ; ce sont : (52) le Noteus^ ayant une queue bifurquée, mais sans yeux ; (53) le Brachionus, qui n'en diffère que par la présence d'un œil ; (54) Vânurœa, ayant également un œil, mais dépourvu de queue, et enfin (55) le Plerodina , ayant deux yeux frontaux et une queue en forme de trompe implantée sous le milieu du corps.

Tels sont les 55 genres dans lesquels M. Ehrenberg divise ses huit familles de Rotateurs ; mais, comme nous le disons dans les divers articles relatifs à ces genres, leurs caractères distincdfs sont souvent si peu importants, ou même tellement instables, que le nombre pourrait en être considérablement réduit: ainsi, par exemple, les points rouges pris pour des yeux et dont la présence et le nombre fournissent la plupart des caractères génériques de M. Ehrenberg,

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ne nous paraissent point être de véritables yeux , et en admettant qu'ils doivent réellement percevoir sinon des images, au moins une sensation confuse de la lumière, leur présence est si peu constante que nous avons dû considérer souvent comme appartenant à une même espèce des individus qui ne dilTéraient que par là ; aussi, dans notre histoire des Infusoires , avons-nous réduit le nombre de ces genres à 23, répartis dans 5 familles, en ajoutant un nouveau genre Lindia dans la 4' famille , celle des Fuiculariens, et en établissant une famille de surplus pour un autre Systolide ou Rotateur , VAlberlia, que nous avons trouvé parasite dans l'intestin des Lombrics et des Limaces. D'après cela, nous divisons ainsi les Rotateurs : un V ordre, comprenant ceux qui sont fixés par un pédoncule, est formé de deux familles : les Flosculariens qui n'ont pas de cils vibratiles, et les Mélicerliens qui en sont pourvus; à la première appartiennent les genres (1) Flosculaire et (2) Sléphanocéros; à la deuxième, les genres (3) Ptygure, (4) Lacinulaire, (5) Tubicolaire, (6) Mélicerte. Les Rotateurs ou Systolides, exclusivement nageurs , forment trois familles; ce sontl''les Brachioniens, tous cuirassés et divisés en dix genres, savoir : (7) les Ptérodines, (8) les Anourelles, (9) les Bracbions, (10) les Lépadelles, (11) les Euchlanis, (12) les Dinocharis, (13) les Salpines, (14) les Colurelles, (15) les Ratules,

(16) les Polyarthres; 2" les Furculariens , qui sont nus ou sans cuirasse et qui ont la queue bifurquée, forment les six genres :

(17) Entéroplée, (l8)Hydaline, (19) Notommate, (20) Furculaire, (21) Plagiognathe et (22)Lindia ; 3'" la famille des Albertiens qui, également nus, ont la queue conique non bifurquée, ne comprend que le seul genre

(23) Albertie. Un troisième ordre comprend les Systolides ou Rotateurs qui peuvent alternativement nager ou ramper à la manière des Sangsues; ils forment la seule famille des Roiifères, renfermant les deux genres

(24) Callidine et (25) Rolifère. Enfin, nous avons cru devoir former à la suite des précédents un quatrième ordre de Systolides «vec les Tardigrades. Vo]/. ces mots. (Duj.)

ROTELLA. MOLL. — Voy. houlette.

ROTEl\GLE. Foiss. — Nom vulgaire du Cyprinus erylhrophlhalmus.

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ROTHERIA, Mey. {Reisc, I, 402). bot.

PB^ — Synon. de Cruckshanskia, Hook. el Arnott.

ROTHIA, Lam. {in Journ. h. «., I, 46, t, 1). BOT. PB. — Synon. d'Hymenopappus, Hérit.

IIOTIIIA (nom propre), bot. pn.— Genre de la famille des Composées-Liguliflores, tribu des Cichoracées, établi par Schreber (Gen. , n. 1241). Herbes de l'Europe australe. Voy. COMPOSÉES.

ROTHIA, Pers. {Encheir., II, 638). bot.

PH. — Synon. de Westonia, Spreng.

R0TUMA1MI\IA, Neck. {Elem., n. 1284).

DOT. PH.— Synon. d'Eperua, AubI,

ROTIIOFFITE. min. — Koy. grenat.

ROTIE. MOLL.— Nom vulgaire du Murex ramosus.

ROJIFÈRE. Rotifer {rota, roue ; fero, porter). iNFUS. — G. de Systolides ou Rotateurs, type de notre famille des Rotifères, et faisant partie de la famille des Philodinœa de M. Ehrenberg. Ce sont des animaux microscopiques, vivant dans les eaux douces ou entre les mousses humides, ou même dans les cellules lacuneuses de certaines mousses (Sphagnum); leur corps, dans l'état d'extension , est fusifoirne , assez mince , long de 4/10 à un millimètre, et peut se contracter complètement en boule. Dans l'état d'extension leur corps se termine en arrière par une queue munie de deux ou quatre appendices digitiformes, et en avant par un prolongement aminci et tronqué, muni de quelques cils vibratiles au moyen desquels ils se fixent pour ramper à la manière des Sangsues, quand, déjà fixés par l'extrémité de leur queue, ils veulent retirer tout-àcoup leur corps vers le point auquel la partie antérieure a pu atteindre. Souvent aussi , dans l'état d'extension et fixés par l'extrémité de la queue, ils renversent ou retournent tout-à-coup leur extrémité antérieure; alors le prolongement tubiforme antérieur disparaît en se contractant , et les bords de l'orifice buccal, qui précédemment se montrait en dessous comme une fente longitudinale, se renversent en dehors en se dilatant, comme deux larges lobes arrondis, et font jouer les cils vibratiles dont ils sont bordés, de manière à produire l'apparence de deux roues d'engrenage tournant en sens inverses avec une vitesseextrêrae. Ainsi épt-

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iiouis.ils restent ordinairement fixés par leur queue, et le mouvement de leur» roues fait naître dans le liquide deux tourbillons symétriques amenant à leur bouche les corpuscules flottants dont ils se nourrissent ; mais quelquefois aussi ils abandonnent le point où ils étaient fixés, et nagent dans les jaux par le seul eiïet du mouvement de leurs roues, qui agissent alors tout à fuit comme les roues d'un bateau à vapeur. Au fond de l'orifice antérieur, dilaté en entonnoir, se trouve le pharynx , entouré d'une masse musculaire presque globuleuse, et armé de deux larges mâihoires en forme d'étrier. L'intestin s'étend en ligne droite à partir du pharynx, et se termine obliquement sur le do» en avant de la queue ; au même point aboutit aussi l'ovaire, dont on voit difficilement la véritable forme, parce que les œufs éciosent de très bonne heure dans l'intérieur : cet ovaire contient un ou plusieurs fœtus très développés et mobiles, dont la longueur est presque moitié de celle de leur mère. Près de l'extrémité du prolongement tubiforme antérieur sur la face dorsale, se voient deux points rouges qu'on « voulu nommer des yeux. A la face ventrale, immédiatement derrière le large orifice dont les bords, en s'étalant, forment les roues, on voit un petit tube charnu dirigé perpendiculairement en dessous, et dont on ignore l'usage (éperon). Les téguments, pendant la contraction , présentent des plis transverses assez réguliers , qui , pendant l'extension , sont remplacés par d'autres plis longitudinaux ; ces deux sortes de plis , qu'on aperçoit quelquefois en même temps , ont été regardés à tort comme des vaisseaux. Toutes ces particularités de la contraclilité , de la locomotion, du changement de forme, et surtout cette apparence de roues d'engrenage en mouvement, ont été remarquées par les anciens micrographes , par Leuwenhœck principalement , dont ils avaient excité l'admiration. Mais une autre propriété plus merveilleuse encore , c'est la faculté qu'ont les Rotifères de ressusciter, ou plutôt de recommencer à vivre, après avoir été engourdis par la sécheresse, et, en quelque sorte, desséchés complètement par la chaleur du soleil sur les toits, entre les toufles de Mousses qui revivent également chaque fois que lu saiaun est pluvieuse, et daus le j

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sable des gouttières. Spallanzani le pre< mier avait constaté ce fait prodigieux, qui fut ensuite nié par la plupart des naturalistes , jusqu'à ce que M. Schuitz, par de nouvelles et décisives expériences , ait mis ce fait hors de doute. Depuis lors encore, M. Doyère a étudié complètement, chez ces animaux et chez les Tardigrades , toutes les conditions de cette prétendue résurrection. Ce sont, d'ailleurs, seulement les Rotifères , habitant en grand nombre dans les Mousses des toits et des vieux murs, qui jouissent de cette faculté de résister à la dessication sous la forme de petits globules durs et demi - transparents comme de la gomme sèche, et qui, par l'humidité, reprentient leur contractilité et tous les autres attributs de la vie.

Les Rotifères qui vivent dans l'eau des marais, quoique n'en différant pas zoologiquement , périssent sans retour par la dessiccation, à moins, peut-être, qu'ils n'aient été compris , avec une foule d'autres petits animaux aquatiques, dans le dépôt limoneux qui reste à sec en été , et qui fournit une nouvelle et semblable population dans les eaux que ramène la saison pluvieuse. Les Rotifères des toits peuvent continuer à vivre, sans interruption, et à se propager dans les eaux douces. On conçoit donc qu'entraînés par la pluie ils puissent aller habiter les marais ; mais on ne comprend pas aussi aisément comment des Rotifères sont venus s'établir et se multiplier sur ua toit isolé en même temps que les Mousses , dont les semences ou propagules sont transportées par les vents. Faudrait-il admettre alors que les Rotifères dans l'état de dessiccation , formant de petits globules larges d'un sixième de millimètre , et beaucoup moins pesants que des grains de sable, sont également transportés par les vents avec lu poussière qui s'accumule entre les touffes de Mousse dont elle constitue le sol nourricier.

C'est Fontana qui, le premier, employa le nom de Rotifer pour désigner ces petits animaux , que Leuwenhœk avait appelés Animalcula binis rotuUs, Animalcules a deux roues, et que Joblot désigna, plus tard, sous les noms bizarres, mais significatifs, de Chenille aquatique et de Poisson à la grande gueule. Pallas les réunit à son genre Bracbioa sous le nom de Brachionus rotatorius.

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et O.-F. Mûller les plaça dans sori genre Vorlicelle sous le nom de Vorticella rolaloria. Spallanzani leur rendit le nom de Rotifèfe que Cuvler prit pour nom générique, en ajoutant comme nom spécifique le mol redivivus (ressuscité), qui fait allusion aux observations de Spallanzani ; Lamarck ciiungea encore ce nom , et fit de ces animaux des Furculaires, en les nommant Furculaire te\i\\6aib\e{Furculariarediviva). Bory Saint- Vincent, par une mauvaise plaisanterie, basée sur cette opinion erronée que les tourbillons excités par leurs roues ramènent leurs excréments à leur bouche , en ût son genre Ezechielina; mais enfin M. Ehrenberg fixa déûniiivement les caractères de ces animaux en leur rendant le nom de Ro- <i/er, et en distinguant parmi eux plusieurs espèces et même plusieurs genres composant sa famille des Pliilodinœa. Quant à nous, il nous a paru que le genre Callidina seul est véritablement différent par le peu de développement de ses organes rotatoires , et par l'absence des points rouges oculiformes; les vrais Rotifères présentent, d'ailleurs, plusieurs espèces bien distinctes, et dont la plus commune est le Rolifer vulgaris , long d'un demi à un millimètre, ayant ses organes rotatoires larges d'un dixième de millimètre, et ses points rouges très rapprochés de l'extrémité antérieure. Une autre espèce, que nous nommons Rolifer inflatus , est moins effilée dans l'état d'extension , ses organes rotatoires sont moins larges, et ses points rouges oculiformes sont situés très près des mâchoires. 11 est long de 0""",45 ou 1/2 millimètre environ; il vit également dans les touffes de Mousses , et présente la même propriété de revivre après avoir été desséché. M. Ehrenberg, en raison de la position des yeux, en fait son genre Philodina, et en distingue quatre ou cinq espèces, suivant la couleur rosée ou jaunâtre, et suivant la forme des yeux et la longueur des appendices de la queue : ce sont ses P. ery- Ihrophlhalma, roseola, cilrina et macrostyla. Peut-être doit-on, au contraire, regarder comme des espèces distinctes ses P. collaris, qui a un pli saillant autour du cou ; P. niegalolrocha, dont les organes rotatoires sont très développés; et P. aculeala , dont le corps, long de G°"", 37, est tout hérissé d'épinés molles. (Dcj )

T. XII

ROTIFERES. infus. syst. —Famille de Systolides ou Rotateurs correspondant à celle des Philodinœa de M. Ehrenberg, et comprenant, avec les Rotifères proprement dits, le genre Ca/h'dùm et quelques genres voisins encore mal définis , à cause de la mobilité extrême de leur forme. Les animaux de cette famille sont oblongs ou fusiformes, mous et sans cuirasse, mais revêtus d'un tégument résistant susceptible de se plisser , avec une certaine régularité , pendant la contraction. Ils nagent au moyen de deux lobes , qui s'épanouissent à volonté de chaque côté de la bouche , et qui , bordés de cils vibratiles, produisent l'apparence de deux roues d'engrenage en mouvement. Ces mêmes animaux peuvent ramper à la manière des Sangsues, en fixant altcrnalivement chacune des extrémités de leur corps dans l'état de la plus grande extension. Ils ont un pharynx musculeux armé d'une paire de mâchoires en étrier, et diffèrent entre eux par le nombre de denticules de ces mâchoires , par le plus ou moins de développement de leurs lobes ciliés, par les appendices de leur queue, et par la présence ou la situation de leurs points oculiformes. (Duj.)

ROTTBCfflLLA, Swartz {inBerl. Mag., IV, 88, t. o). BOT. PH. — Synon. Ae Slenotaphrum , Trin.

ROTTBOELLIA (nom propre], bot. pu.

— Genre delà famille des Graminées, tribu des Rottbœiliacées , établi par R. Brown {Prodr., I, 206). Gramens de l'Asie, de la Nouvelle-Hollande et de l'Océanie tropicale.

Voy. GRAMINÉES.

ROTTBOELIA, Scop.(/«/?-od., n, 1060).

BOT. PH.— Synon. de Ximenia , Plum.

ROTTBOELLIACÉES. RoUbœlliacece.

BOT. PU. — Tribu delà famille des Graminées. Voy. ce mot.

ROTTLERA (nom propre), bot. ph.^ Genre de la famille des Euphorbiacées, tribf des Crotonées, établi par Roxburgh [Plant. Corom., I, 36, t. 168). L'espèce type, Rolt^ lera tincloria Roxb., est un arbre de l'Asie tropicale.

ROTTLERIA, Brid. [Bryolog., 1, 760 BOT. CR. — Synon. û'Hyophila du même auteur.

ROTULA. iioT. PH.— Genre dont la place dans la méthode est encore incertaine. 11 a étéétab!ipavLoureiro(Fior. Coc/»mc/i., Ii9),

ROC

qui n'y rapporte qu'une espèce : Rotula aquatica. C'est un arbrisseau qui crott dans les marais et sur les bords des rivières en Cochinchine.

ROTULA. ÉCHiN. — Genre d'Échinides indiqué par Klein et caractérisé par M. Agassiz, qui le place dans la famille des Clypéastroïdes et le décrit ainsi : La forme est circulaire, fortement entaillée et digitée sur son pourtour ; les sillons de la face inférieure sont ramifiés, mais peu onduleux; les ambulacres sont grands et ouverts; l'anus, situé à la face inférieure, est plus rapproché de la bouche que du bord ; enfin il y a seulement quatre pores génitaux contigus au corps madréporique. Trois espèces vivantes, dont deux de la côte occidentale d'Afrique , sont rapportées à ce genre. (DuJ.)

ROTULARIA, Sternb. {Flor. Prolog., t.

26). BOT. Foss. — Synon. de Stenophyllum, Brongn.

ROTULARIA. annél.— Genre établi par Defrance pour quelques espèces de Serpules. Voy. ce mot.

ROTULE. ZOOL. Voy. SQUELETTE.

♦ROTUIVDILABES. Rolundilabiœ. arachn.

— M. Walckenaër, dans le tom. I de son Histoire naturelle des Insectes aptères, donne ce nom à une race d'Aranéides dans le genre des Drassus {voy. ce mot), et chez laquelle les mâchoires et la lèvre sont à extrémités arrondies. Le Drassus flavescens est le représentant de cette race. (H. L.)

*R0UBIEVA. BOT. PH.— Genre de la famille des Chénopodées, tribu des Chénopodiées, établi par Moquin- Tandon {in Nonv. Annal, se. nat., I, 293). Herbes de l'Amérique australe. Voy. chénopodées.

ROUCHE. BOT. PH. — Dans le midi de la France, on donne quelquefois ce nom aux Carex, aux Roseaux et aux Ronces.

ROUGE-GORGE. Rubecula. ois.— Voy.

BDBIETTE.

ROUGE -QUEUE. Ruticilla. ois. — Voy.

«DfilETTE.

ROUGEOLE. BOT. PH. — Nom vulgaire du Melampyrum arvense.

ROUGEOT OIS. — Nom vulgaire du Mi- 'ouin. Voy. canard.

ROUGET, poiss.— Foy. mulle.

ROUGET VOLAIMT. poiss.— Foy.DACTT-

tOPTÊRE.

ROUGETTE. MA».— Buffon désigne sous

ROU

cette dénomination la Roussette à cou rouge. Voy. l'article roussette. (E. D.)

ROUHAMOIV, Aubl. {Guian., I, 93, t.

36). BOT. PB. — Synon. de Strychnos, Linn.

ROUILLE. ctiiM., MIN. — Le Fer, expose à l'action de l'air humide, se couvre promptement d'une croûte jaune-brunâtre qu'on nomme Rouille et qui n'est que de l'hydrata peroxyde de Fer ou de la Limonite. Voy. fer, (Del.)

ROUILLE. BOT. CR. — Voy. mycélium à l'article mycologie.

ROULEAU. Tortrix. rept. — Genre d'Ophidiens non venimeux et anguiformes qui a été distingué par Oppel. On en fait aujourd'hui une famille particulière sous le nom de Tortricides. Linné réunissait les Rouleaux à ses Anguis sous les noms d'Anguis maculata et Scytale.

Les Rouleaux sont de l'Inde ou de l'Amérique méridionale. On n'en connaît qu'un petit nombre d'espèces. Ce sont des animaux voisins des Boas et qui ont comme eux des vestiges de membres postérieurs, mais ils en diffèrent par la forme de leur tête et par quelques autres caractères. Ils n'ont point d'os frontaux postérieurs comme les autres Ophidiens ; leur tête, qui est du même diamètre que le tronc et ne s'en dislingue pas facilement, est cylindrique, un peu déprimée et aplatie en soc transversal au museau. La queue est courte , robuste, presque du même diamètre que le tronc et non préhensile. Leurs yeux sont petits; leurs écailles sont assez grandes; leurs scutelles ventrales s'en distinguent peu par la largeur, et leur tête est garnie de plaques dont les postérieures sont plus petites que les antérieures au lieu d'être comme à l'ordinaire plus larges.

Les Rouleaux ou plutôt les Tortricides ont été partagés en deux genres dont l'un a gardé en propre les noms de Rouleau et Tortrix, et dont l'autre a reçu de Wagler le nom de Cylindrophis. Le premier de ces genres est américain et ne possède qu'une seule espèce, l'autre en compte trois qui vivent dans l'Inde. Hemprich a remplacé le nom de Tortrix, appliqué comme générique à tous les Tortricides connus, par celui à'Ilysia, Oken lui a substitué celui d'Anilius, et M. Haworth celui de Torquatrix.

ROU

Nous parleions successivement des deux genres de Torlricides.

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