‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 62 sur 173 · BOU · texte numérisé non relu

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présentent des difTérences notables daos les dernières vertèbres dorsales, ainsi que dans les lombaires qui ont leur apophyse épineuse plus prononcée. La forme de la tête varie également; et, dans la Roussette kiodote, type du genre Cynopterus de Fr. Cuvier, la léte est très remarquable par sa gracilité, son allongement et la minceur de ses os.

Les ailes, un peu moins larges que chez les Chauves-Souris insectivores, et aussi moins longues que dans la plupart des espèces de celles-ci, ne s'insèrent pas sur les flancs, mais sur le dos, tantôt vers ses parties latérales, tantôt sur la ligne médiane. D'après cela, on voit que les Roussettes n'ont pas d'ailes aussi étendues, relativement à leur grandeur, que celles des autres groupes insectivores, et l'on doit également noter que la membrane interfémorale est toujours très peu étendue et le plus souvent même tout-à Tait rudimentaire et sans usages. Le second doigt ou l'indicateur est constamment pourvu de toutes ses phalanges, et il ett presque toujours terminé par un petit ongle, tandiiS que dans toutes les autres espèces de Chauves-Souris insectivores , il n'en est pas de même. Quelques espèces n'ont aucun vestige de queue à l'extérieur; d'autres ont un léger soutien de la longueur de la membrane et, enfln, il en est qui présentent, pour toute queue, un rudiment à moitié engagé dans la membrane interrémorale.

Les organes des sens n'offrent pas de particularités essentielles; toutefois les feuilles nasales et les oreillons manquent entièrement, et les conques auditives sont a la fois très simples et très peu étendues. La langue est rude et papilleuse. Les mamelles sont au nombre de deux et placées sur la poitrine. Ces animaux ne produisent qu'un seul petit par portée. Les intestins sont comparativement plus longs que dans les autres Chéiroptères, et l'estomac est en forme de sac très allongé et inégalement renflé.

Les Roussettes sont des animaux essentiellement frugivores, et toute leur organisation ie démontre; toutefois on peut les habituer, dit-on, à vivre de matières animales, et il est assez probable, selon M Temminck.que certaines espèces vivent aussi d'Insectes, quoiqu'elles ne se trouvent pas dans des circonstances aussi favorables pour prendre fptte nourriture que les autres Chéiroptères,

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Les contes absurdes, chargés de merveilleux, qui ont rapport au genre de vie carnassier et même sanguinaire des Roussettes, ont été produits par le défaut d'observations exactes et par l'ellioi qu'ont inspiré aux premien\ naturalistes qui ont vu ces animaux, leul énorme envergure et leur appareil de dé* (ense en apparence si redoutable. Toutefoii elles n'attaquent aucun animal, pas même, ainsi qu'on l'a cru, les Oiseaux et les petit? Mammifères; et on leur a assez souvent attribué à tort les dégâts commis par les Vampire! (roy. ce mot), qui, eux, sont véritablement carnassiers, quoiqu'ils soient beaucoup moins dangereux qu'on ne s'est plu à l'écrire. En résumé, les Roussettes sont des animaux doux et paisibles qui vivent en grandes bandes, suspendus pendant le jour parleurs pieds de derrière, la tête en bas, et enveloppés dans leurs membranes; quelques espèces s'accrochent de celte manière, par centaines, aux branches des arbres; d'autres se cachent dans les cavernes, dans les trous des rochers et dans les troncs des vieux arbres; quelques unes ont l'habitude de se suspendre aux plafonds des grands édifices abandonnés, et c'est ainsi qu'Etienne Geoffroy Saint-Hilaire en a trouvé une espèce dans les pyramides d'Egypte. Ces Chauves-Souris frugivores, et qui recherchent principalement les fruits pulpeux et même les fleurs, sont nocturnes, de même qtie les espèces insectivores de nos climats; cependant un grand nombre de voyageurs rapportent qu'aux Iles Carolines on voit les Roussettes voler en plein jour. Ce fait vient de m'étre confirmé tout récemment par mon ami, M. Ch. Coquerel , chirurgien de la marine royale, qui, à Madagascar, a été à même de remarquer que le.« Roussettes volaient parfois pendant le jour^ mais que néanmoins c'était surtout vers Of soir qu'on les voyait en plus grand nombre. D'après M. Coquerel , les Roussettes , eu liberté, se nourrissent d'un fruit d'une espèce de Légumineuses; le même naturaliste a pu observer plusieurs de ces animaux en captivité , et voici un fait remarquable dont il a été plusieurs fois témoin : Les Roussettes qu'il conservait dans des cages restaient suspendues par leurs pattes, et lorsqu'on leur offrait des fruits , particulièrement des Bananes . elles s'attachaient p9r une seule patte, tenaient ie ftuii aveQ

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l'autre, et mangeaient ainsi la tête en bas. La chair des grandes espèces de Roussettes est estimée comme une nourriture saine et délicate, quoique l'odeur que ces animaux eibalent, en répandant leur urine, ait dû naturellement rebuter ceux qui ont fait le premier essai de manger cette chair qui, au rapport des habitants des pays qu'habitent les Roussettes, est blanche, succulente et de bon goût , tandis qu'à celui des Européens elle ne présenterait pas les mêmes qualités; elleserait fade quoique mangeable. Les Roussettes, qui constituent les plus grandes espèces connues de Chéiroptères, sont propres à l'ancien continent et à l'Océanie. L'Europe n'en fournit aucune espèce. On en trouve, au contraire, un grand nombre dans le continent de l'Inde, en Egypte, au Sénégal, au cap de Bonne-Espérance et surtout dans les îles ou les archipels de l'Afrique et de l'Asie, aux îles de France, Bourbon, Madagascar, aux Moluques, aux Philippines, aux îles de la Sonde, et enfin dans quelques points de l'Océanie, particulièrement aux îles Mariannes et même à la Nouvelle-Hollande.

Clusius, Edwards, Buffon ne connaissaient que deux espèces de Roussettes : la Roussclle vulgaire et la Roussette rougelte; Brisson établit le genre Pteropus, mais il serait difficile de désigner au juste les espèces sur lesquelles ce naturaliste a basé ce groupe: aussi la connaissance précise du genre Roussette et l'établissement d'une série d'espèces ne prennent date que des nombreux travaux d'Etienne Geoffroy Saint-Hilaire (^wna/es du Muséum, t. XV, 1810) et de ses recherches sur le système dentaire de tous les genres de Chéiroptères. Depuis, le nombre des espèces a été de plus en plus augmenté, et l'on doit citer sur ce sujet les travaux de MM. Isidore Geofifroy Saint Hilaire { Diclionnaire classique, t. XIV, 1828), Frédéric Cuvier {Dents des Mammifères, 1825), A. -G, Desmarest {Mammalogie, 1821), et surtout la monographie des Roussettes de M. Temminck {Monographie des Mammifères, t. I et II, 1827-1832), ainsi que les ouvrages des naturalistes voyageurs. Le nombre des espèces étant devenu assez considérable, et, en effet, l'on en connaît aujourd'hui une quarantaine, on s'est vu obligé de créer des genres dans ce groupe naturel, et ceux que l'on

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admette pîus généralement sont les Pteropu* ou Roussettes proprement dites^ Acerodon, Pachysoma, Megœra, Cynoplerus, MacroglossOf Cephalotes et Hypoderma. Nous ne devons nous occuper plus spécialement ici que du genre Roussette proprement dit ou Pteropus; mais nous indiquerons néanmoins toutes les espèces que l'on place dans la famille des Roussettes, en donnant les noms des genres dans lesquels elles entrent.

l. Le genre Roussette proprement dit, Pteropus (TtTîoov, aile; ttoO;, pied ), a été indiqué par Brisson; mais c'est à Etienne Geoffroy Saint-Hilaire ( Annales du Muséum d'histoire naturelle , t. XV, 1810), comme nous l'avons déjà dit, que l'on en doit véritablement la création. Les Roussettes ont une tête longue, étroite, conique; un museau fin, terminé par un mufle sur les côtés duquel s'ouvrent les narines; le système dentaire est composé de trente-quatre dents, savoir: incisives 7; canines f; molaires^. Les incisives sont verticales; les canines assez fortes; les molaires, à couronne large et terminée par deux crêtes, indiquent des animaux frugivores, et la première, surtout à la mâchoire supérieure, est très petite et peut même manquer dans certains cas; la membrane interfémorale est très peu étendue et ne forme plus le plus habituellement qu'une bordure le long du côté interne de la cuisse et de la jambe ; les ailes, conformées comme celles de la plupart des Chéiroptères frugivores, ont le second doigt onguiculé; quelques espèces ont une petite queue, et d'autres semblent tout-à-fait privées de cet organe. Il n'y a jamais de feuilles ni demembranesautourdesnarines, et celles-ci sont un peu tubuleuses. La langue, principalement à sa partie antérieure, est hérissée de papilles dures, dirigées en arrière et de différentes formes ; les plus grandes, placées à la partie moyenne , ont trois pointes et peuvent être comparées à des tridents, et les autres, plus petites et se trouvant autour des premières, sontelles-mêmes de deux sortes, les unes ayant quatre, cinq, six et même jusqu'à douze pointes, et les autres n'en ayant qu'une seule. Les oreilles sont assez grandes et n'offrent pas, de même que les yeux, de caractères particuliers.

Les Roussettes renferment les plus grandes espèces connues de l'ordre des Chéiro-

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ptcres; car on en connaît qui ont jusqu'à 5 pieds d'envergure; toutes sont exclusivement frugivores, et, par conséquent, doit-on retirer de leur histoire une partie de ce qu'en disent Buffon et Daubenlon, qui leur attribuent la propriété de sucer le sang des animaux endormis. Les habitants des pays qu'habitent les Roussettes leur font une chasse acharnée, dans le but et de se débarrasser d'êtres qui leur nuisent beaucoup en détruisant leurs meilleurs fruits, et de s'emparer d'animaux dont ils font quelquefois leur nourriture.

Tel que nous venons de le définir, le genre Pteropus peut être très facilement isolé de ses congénères, mais l'on trouve de grandes difficultés pour distinguer les espèces d'une manière convenable en raison même de ce fve le geore est très naturel.

Or mnnaU un assez grand nombre d'espèces de Roussettes particulières à Timor, Java, Sumatra, Ceylan, Madagascar, l'Océanie, l'Egypte, le Sénégal , le cap de Bonne- Espérance, etc., et nous allons les indiquer rapidement en nous servant, pour celte énumération , des travaux de MM. Etienne et Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Temminck, A. -G. Desmarest, etc.

§ I. Espèces sans queue apparente.

i. Roussette ÉDULE Et. Geoffroy , Pteropus edulis Péron et Lesueur, Vesperlilio vampirus Linn. , Pi. Javanicus Horsfield , Canis volans ternatanus orientalis Seba, Tei\- NATE BAT Penuaut, Roussette kaloug Desmarest. Les individus bien adultes ont jusqu'à 15 pouces de longueur du bout du museau à la membrane interfémorale , et près de 5 pieds d'envergure. Le pelage est entièrement noirâtre, la partie postérieure du cou et des épaules étant d'une nuance qui tire sur le roux, et les poils du dos sont ras , luisants et très couchés. Cette espèce , particulière à l'archipel de l'Inde, a été rencontrée jusqu'ici à Java, à Sumatra, à Banda, àTernate, àlimor, àSaparonau, etc. Pendant le jour, on trouve ces animaux suspendus par les crochets du pouce aux br.iMches des arbres , dans le voisinage des plantations dont ils dévastent les vergers : leurs essaims nombreux se meltent en mouvement vers le déclin du jour ; c'est alors que les naturels en font la chasse au moyen

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d'un sac attaché à une longue perche ; il les mangent et trouvent leur chair bonne , mais l'odeur infecte qu'ils répandent dégoûte les Européens; cette odeur très forte de musc est produite par leur urine, qu'ils répandent lorsqu'on les inquiète ; blessés ou irrités, ils font entendre un cri aigu semblable à celui de rOie. La nourriture de cette Roussette consiste en toutes sortes de fruits : il paraît qu'à Java elle habite exclusivement les régions basses, et qu'on ne la trouve pas dans les parties hautes de l'île.

2. Roussette d'Edwards, Pteropus EdwarsiiÉi. Geoffr.,iP^ wiedms Temm. (figurée dans l'atlas de ce Dict., mammifères, pi. 7 a bis). Un peu plus petite que la précédente : cette espèce offre un pelage roux , le dos brun-marron et les membranes brunes. A été trouvée à Madagascar; également aux environs de Calcutta et de Pondichéry.

3. Roussette funèbre, Pteropus funereus Temminck. Plus petite que le Pt. edulis : pelage très foncé, court, rude, un peu frisé, lisse sur le dos; membranes des ailes très velues en dessous; coloration généralement noire , avec quelques reflets brunâtres et olivâtres dans quelques variétés. De Timor, Amboine, Bornéo et Sumatra.

4. Roussette A face noire, Pteropus phaiiops Temminck. Longueur totale, 10 pouces; envergure, 3 pieds 1/2. Cette espèce présente un masque d'un noir profond ; une partie de la tête, les côtés du cou, la nuque et les épaules sont d'un jaune paille; les parties inférieures du corps brun et jaunâtre; les membranes noires. Se trouve àMacassar.

5. Roussette a tête cendrée, Pteropus poliocephalus Temminck. Plus petite que les précédentes : cette espèce se fait principalement remarquer par toutes les parties supérieures de la tête, les 'oues et la gorge d'un cendré foncé, mêlé de quelques poil? noirs clairsemés. De la Tasmanie.

6. Roussette a croupion doré, Pteropus chrysoproclus Temminck. Plus petite que le Pt. funereus. D'une coloration rousse-marron, plus ou moins jaune; le croupion d'une couleur dorée; coloration variant suivant les sexes. De l'île d'Amboine.

7. Roussette de Macklot , Pteropus Mac- Idolii Temminck. Longueur totale, 9 pouces 1 /2 ; envergure, de 2 pieds l /2 à 3 pieds: brune, avec le sommet de la lélc et ia nuque

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jaune-paille; quelques poils jaune-doré sur la poitrine. De Timor.

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