‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 61 sur 173 · VI. LES CYSTICOLES · texte numérisé non relu

VI. LES CYSTICOLES

(Cysticola, Kaup. ,Less.; Drymoica, Swains.)

Plumage tacheté ; bec très comprimé dans sa moitié antérieure, à mandibule supérieure légèrement recourbée dans presque toute sa longueur; ailes courtes; queue moyenne très étagée, composée de pennes fort acuminées; tarses et pieds peu robustes.

Les Cysticoles sont faciles à distinguer de toutes les Fauvettes riveraines, quelê que soient les rapports qu'elles puissent avoir, (lans leurs formes, dans leur système de co<

loration, avec cerlaines espèces de cette division. Comme les Pliragmites, elles se répandent dans les pâturages en plaine , et , Comme elles , la graisse dont elles se couvrent, vers la fin de l'été, rend leur vol difficile.

L'espèce qui vient se reproduire dans le midi de la France, en Italie, en Sicile, a un cri perçant et sonore. Elle le fait surtout entendre lorsque, prenant son essor, elle s'élève à une hauteur considérable dans les airs, en décrivant des courbes et de petites ondulations. Ce qu'il y a de plus remarquable dans cet Oiseau, c'est la manière dont il construit son nid. Il lui donne la forme d'une bourse ou d'une quenouille, l'attache à une touffe d'herbes du genre Carex, et le construit avec des matières cotonneuses et soyeuses, telles que de la laine, des toiles d'Araignées , des duvets de plantes. La ponte est de quatre à six œufs blancs ou cendrés , souvent nuancés de bleuâtre clair.

Les Cysticoles appartiennent à l'Europe et à l'Afrique.

Le type de cette section est le Cysticole PROPREMENT DITE, Cyst. Schœntcola Ch. Bonap.; Sylv. cyslicola Temm. Parties supérieures couleur de feuille morte, avec des taches longitudinales d'un brun noirâtre; parties intérieures d'un blanc roussâtre sans taches; queue barrée de noir vers son extrémité , qui est d'un cendré pur.

Cet Oiseau habite les contrées méridionales de l'Europe ; on le trouve aussi en Egypte, en Nubie, et en Algérie dans les environs de Bône.

Le marquis Durazzo, dans son CataL des Oiseaux de la Ligurie, fait de la Sylvia lanceulata de M. Temminck une Cysticole sous le nom de Cyst. lanceolata. L'Oiseau nous éiant inconnu, nous ne saurions dire si ses caractères justifient la place que lui donne le marquis Durazzo. Le même auteur avance qu'un individu de l'espèce en question fut capturé, il y a quelques années, le long des remparts de Gênes ; ceux sur lesquels celle espèce avait éié établie, avaient été tués dans la Russie méridionale.

C'est au genre Cysticole que paraissent encore devoir se rapporter les Fine -Fines , et quelques autres petites espèces riveraines d Afrique,

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îî nous semble que l'on doit, avec M . Temminck , considérer la Sylvia rubiginosa comme appartenant à la division des vraies Fauvettes ou Fauvettes sylvaines , plutôt qu'à la division des riveraines. Nous avouons, du reste, que nous n'avons pour appuyer ce sentiment d'autre raison que celle que nous tirons de l'habitat, et qui nous est fournie par M. Temminck luimême. La Sylv. rubiginosa habiterait les bois, d'après ce qu'il avance.

Nota. Malgré tout le soin qu'a apporté M. Schlegel à bien nous donner le signalement de l'espèce qu'il introduit, parmi les Oiseaux d'Europe, sous le nom de Salicaria caligata, il nous est impossible de décider si celle espèce appartient réellement à la division des riverains , et dans quelle section il faut la placer. (Z. Gerbe.)

ROUSSET. MAM. — Synonyme du Didel' phis breuicawdafa Erxleben, d'après Vicqd'Azyr. (E. D.)

ROUSSETTE, ois. — Buffon donnait ce nom aux Mouchets. Voy. ce mot.

ROUSSETTE, bot. ph. — Variété de Poires.

ROUSSETTES, mam. — Nous comprendrons, sous le nom général de Roussettes, tous les Chéiroptères frugivores, c'est-à-dire le genre Roussette proprement dit {P ter opus) et ceux que l'on a formés à ses dépens et qui constituent la famille des Maganyctères de Latreille et des Pléropiens de M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.

Par le genre même de nourriture que doivent prendre les Chauves-Souris qui nous occupent, l'on comprend que l'un des meilleurs caractères de cette famille devra être tiré du syslème dentaire. Effecliveinent les molaires, au lieu d'être hérissées de tubercules et de pointes aiguës, comme cela a lieu dans les autres Chéiroptères , présentent à leur couronne une surface allongée, lisse et bordée seulement sur chacun de ses bords latéraux, principalement sur l'externe, par une crête plus ou moins apparente. Ce type, ainsi que le fait remarquer M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, est intermédiaire entre celui des Carnassiers et des Herbivores proprement dits, et ne se retrouve chez aucun autre Mammifère. Les canines et les incisivei rappellent, par leur disposition, leur direction, leur forme et même souvent par leur

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nombre, celles des Singes ; toutefois ce fait n'est pas général et ne se remarque nullf ment à&iis \e ^enre Cephaloles. Le nouibie total des dents, qui est le plus habituellement de trente quatre, savoir: deux incisives et une canine, en haut comme en bas; deux avant-molaires en haut et trois en bas ; une principale et deux arrière molaires à chaque mâchoire, présente quelques différences portant sur les incisives et les molaires qui peuvent être en plus ou moins grand nombre, suivant la série des genres, et ces did'érences ne sont pas toujours en rapport avec quelques particularités extérieures , ainsi qu'on le verra dans plusieurs articles de ce Dictionnaire. Toutes les molaires supérieures et inférieures ont, sauf la première, aux deux mâchoires, deux racines simples, un peu divergentes, l'antérieure à peine plus grande que la postérieure. Les alvéoles sont assez profondes et ainsi formées : en haut comme en bas, il y a deux petits trous ronds f)our les incisives, un plus grand pour la canine, un quatrième excessivement petit derrière l'alvéole de celle-ci en haut, mais plus grand en bas, et ensuite huit autres trous rapprochés deux à deux, le postérieur un peu plus grand que l'antérieur.

Quelques détails ostéologiques avaient été donnés sur les Roussettes par Etienne Geoffroy Saint Hilaire, G. Cuvier, etc. ; mais c'est à M. de Blainville ( Ostéographie des Chéiroplèfes) que l'on doit une description complète de leur squelette, description que nous analyserons ici. Le squelette des Roussettes, dans son ensemble et même dans les proportions des parties, ne diffère pas beaucoup de celui des autres Chauves-Souris. Le tronc paraît comme tronqué par l'absence plus ou moins complète de la queue; le nombre des vertèbres est de trente-huit, savoir: quatre céphaliques , sept cervicales, quatorze dorsales, trois lombaires, trois sacrées et trois ou quatre coccygiennes dans les espèces qui ont le minimum de queue. La tête est plus ou moins allongée; la crête sagittale est peu prononcée ; le frontal olTre une apophyse orbitaire plus ou moins étendue. Les mâchoires, plus ou moins longues, sont toujours bien moins étroites et resserrées que dans le Vampire. Les vertèbres du tronc décroissent assez régulièrement de la première cervicale /aux dernières coccygiennes. Celles du cou,

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et surtout les deux premières, sont très robustes; les autres vertèbres n'offrent rien da particulier; toutefois les coccygiennes sont soudées entre elles et ne forment qu'une seule pièce, et, dans les espèces à queue, audelà des quatre ordinaires, on voit quatre à cinq vertèbres libres. Les côtes, au nombre de treize ou quatorze paires, ne sont élargies et aplaties que dans leur partie supérieure. L'os hyoïde, dans les Pteropus fuscus et Dusswnieri, est composé d'un corps en barre transverse, à peine courbé, et de deux cornes dont l'antérieure, un peu plus longue que l'autre, est formée de deux pièces assez épaisses, courtes, presque égales, et dont la postérieure indivise , forte , est en forme de petite clavicule; le corps de l'hyoïde du Pteropus marginatus a une forme un peu différente. Le sternum n'est réellement composé que de six sternèbres, à moins de considérer la base de l'appendice xiphoïde comme en faisant une septième. L'omoplate est plutôt triangulaire que carrée; elle est proportionnellement moins étendue et plus courte que dans les autres Chéiroptères. La clavicule est plus courte; l'humérus est, au contraire, plus long et surtout plus arqué dans sa double courbure. Le radius n'est que d'un quart plus long que l'humérus , au lieu de l'être d'un tiers, comme dans le Vampire. La main est elle-même proportionnellement un peu plus courte que dans le Vampire, surtout dans la partie digitaledont le plus longdoigt, celui du milieu, est double du radius; le pouce est court; le second doigt, le piui court après le pouce, est composé de ses trois phalanges assez bien dans la proportion babituelle ; des trois autres doigts, le plus long est encore le médian. Les membres postérieurs ont presque complètement les mêmes proportions que ceux des autres Chauves- Souris. Le bassin est soudé supérieurement par l'iléon au sacrum, et par l'ischion au coccyx intermédiaire, et il est libre à son extrémité pubienne. Le calcanéum. plus ou moins recourbé en dessous, n'est pas pourvu d'un long éperon. Le pouce est un peu plus court que les autres doigts, et les doigts extrêmes sont légèrement plus forts que les intermédiaires. Si l'on étudie l'osléologie dans la série des espèces de Roussettes, on pourra encore avoir quelques particularités ' à noter. C'est ainsi que les espèces à queue

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