LES GORGES-BLEUES
{Cyanecula, Briss., Brehm.; Pandicilla,
Blasius )
RoBiETTE Gorge-Blede, Cyancculo suecica Brehm. , Sylv. suecica Nilson ( Buff., pi. enL,381, f. 2). Parties supérieures brunes; gorge et devant du cou bleu d'azur, avec un miroir blanc au centre de celte couleur; moitié de la queue d'un roux vif.
Elle est répandue dans toute l'Europe; on la trouve également en Afrique. Elle n'est pas rare en France , surtout à son double passage au printemps et à l'automne.
Quelques auteurs ont admis comme espèce nouvelle la variété à miroir roux, que l'un trouve plus particulièrement en Russie et en Sibérie. D'autres auteurs ne l'ont considérée que comme une race locale de la précédente, mais l'ont désignée cependant sous un autre nom. A quelle opinion s'arrêter? Il est difficile de se prononcer. Quoi qu'il en soit, cette espèce, si réellement c'en est une, ne se distingue , comme nous l'avons dit, de la Gorge-Bleue ordinaire, que par son miroir qui est roux-marron au lieu d'être blanc. M. Temminck a proposé de lui conserver le nom de Syl. suecica ; des auteurs plus récents lui ont donné celui de Cyanecula orientalis ou Lusciola cœrulecula (V. Schleg. Rev. crit.).
M. Lesson a décrit dans la Revue zoologique pour 1840 ( p. 266 ), sous le nom de Cl/an. fastuosa, une espèce inédile qui provient des monts Himalayas.
V LES CALLIOPES.
(Calliope, Gould.; Melodes, Keyl et Blas.;
Accentor, Temm.)
RuBiETTE Calliope , Call. Lathamii Gould {Birds of Eur., pi. 114), Mel. Calliopt Keyl et Blas. , représentée dans l'atlas de ce Dictionnaire, pi. 35. Lorums et menton noirs; sourcils et moustaches d'un blanc pur ; gorge et devant du cou d'un rouge clair brillant, entouré de gris noirâtre ; parties supérieures d'un brun terre d'ombre uniforme; abdomen et ventre d'un blanc Isabelle.
Cette espèce habite la Sibérie , le Kamtschatka et le Japon. Selon M. Temminck , elle aurait été tuée en Crimée par Pallas , assertion tout-à-fait dén'"*-» de fondement.
nu
RtJC
d'après M. Nordmann ( Voyage dans la Russie méridionale , p. 136), « puisque, dit cet auteur, dans la Zoographie de Pallas , publiée par lui dans les dernières années de sa vie, il n'est point question de l'existence de cette espèce en Crimée.» En sorte que la Calliope, considérée, d'après le témoignage de M.Temminck, comme Oiseau d'Europe, ne doit compter parmi les espèces européennes qu'avec un point de doute, jusqu'à plus amples renseignements. (Z. Gerbe.)
RUBIOIDES, Soiand. (Msc). bot. ph.
— Syn. dOpercularia, A. Rich.
RUBIS. MIN.— On nomme ainsi plusieurs substances minérales qui n'ont rien de commun que leur couleur rouge, et principalement le Corindon byalin rouge et le Spinelie. Voy. ces mots.
On a aussi appelé :
Rubis d'arsenic ou Rubine, le Réalgar;
Rdbis blanc, le Corindon hyalin blanc;
Rubis de Bohême, le Grenat pyrope et le Quartz hyalin rose;
Rubis du Brésil, les Topazes rouge et brûlée ;
Rubis jaune , la Topaze ;
Rubis occidental, le Quartz hyalin rose;
Rubis de Sibérie, la Tourmaline d'un rouge cramoisi;
Rubis vert, l'Émeraude, etc.
RUBIS, Less. ois. — Syn. de Mellisuga, Rriss.
RUBULA. poLYP. — Nom donné, paj M. Defrance, à un petit Polypier fossile trouvé à Hauteville, en Normandie, dans le terrain tertiaire, et que M. Miine Edwards rapproche des Tubulipores. L'espèce décrite, R. Soldant, est un petit corps, de forme plus ou moins allongée, long de 5 à 7 millimètres, dont la surface présente de petites aspérités irrégulières , percées de trous qui sont les loges des Polypes. (Duj.)
RUBUS. BOT. PH. —Nom scientifique du genre Ronce. Voy. ce mot.
*RUCARIA. BOT. PH. —Genre de la famille des Sapindacées?, établi par Aublet (Guian., supplém., 24, t. 382). Arbrisseaux de la Guiane. Voij. sapindacées.
j *RUCERVUS. MAM. — M. Hodgson (Ann.
of nat. hist., 1 , 1838) indique sous cette dénomination une subdivision du genre naturel des Cerfs. Voy. ce mot. (E. D.; J RUCHIN. BOT. CB. — Nom vulgaire des
RUD
Champignons du genre Bolet dans quelques parties de la France.
*Rl)CKERIA (nom propre), bot. pb. — Genre de la famille des Composées-Tubuliflores , tribu des Cynarées , établi par De Candolle {Prodr. , VI, 483). Herbes originaires du Cap. Voy. composées.
RUDBECKIA, Adans. (Fam., II, 80).
BOT. PH. — Syn. de Conocarpus, GiBrtn.
RUDBECKIE. Rudbeckia (dédié au botaniste Rudbeck). bot. ph. — Genre de la famille des Composées-Sénécionidées , de la Syngénésie polygamie frustranée dans le système de Linné. Le groupe qui avait été établi sous ce nom par l'immortel botaniste suédois a été subdivisé dans ces derniers temps par suite des travaux sérieux de Cassini, Le.«sing, etc., sur la vaste famille des Composées. Il en est résulté que la circonscription du genre Rudbeckie proprement dit s'est trouvée notablement restreinte, et que certaines de ses anciennes espèces sont devenues le type de trois genres nouveaux : Obeliscaria Rafin., Echinacea Mœncb, Dracopis Cass. Le genre Rudbeckie, circonscrit conformément aux idées de Cassini , se compose d'espèces herbacées vivaces, spontanées dans l'Amérique septentrionale. Leur surface est couverte de poils raidesqui les rendent rudes au toucher; leurs feuilles sont alternes, opposées aux rameaux; leurs fleurs forment de grands capitules terminaux, solitaires, à rayon jaune, à disque brun-violacé, dont l'involucre présente à peu près deux séries de folioles étalées, et dont le réceptacle est conique; les fleurs du rayon sont absolument stériles et sans traces d'organes sexuels ; celles du disque ont les branches de leur style terminées par un cône très court. Les akènes qui succèdent à ces fleurs centrales sont carrés sur leur coupe transversale, surmontés d'une aigrette en couronne calleuse et épaisse. — On cultive communément pour l'ornement des jardins plusieurs espèces de ce genre, dont la plus connue est la Rudbeckie laciniée, Rudbeckia laciniata Lin. C'est une plante très répandue dans l'Amérique septentrionale, où on la rencontre du Canada jusqu'à la Virginie, le long des fossés et sur le bord des marais ; sa lige glabre s'élève à un mètre ou un peu plus; ses feuilles inférieures sont piimatiséquées, à segments ovales > aigus, trilobés ou large-
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ment incisés, tandis que les supérieures •ont ovales, indivises. Ses capitules solitaires se développent en été ; les fleurs de leur rayon sont jaunes, étalées, longues d'environ 4 centimètres; celles du disque sont brunâtres. L'aigrette de ses graines est bordée de dents inégales. On cultive cette plante , comme ses congénères , en pleine terre légère ; on la multiplie par semis ou par division des pieds. — On cultive aussi la RuDBECKiE DiGiTEE, Rudbecliia digilala Mill. (fi. laciniata, ^ angustifoliaPers.) qui se dislingue de la précédente surtout parce que ses feuilles supérieures sont trifides ; la RuDBECKiE ÉCLATANTE , Rudbeckia fulgida Ait., dont la tige hérissée, rameuse, se termine par plusieurs capitules de Oeurs jaune vif au rayon, pourpre- noir à la circonférence.
Quant aux trois genres qui ont été récemment détachés des Rudbeckies, ils renferment aussi des espèces assez répandues dans les jardins ou assez connues pour que nous ne puissions nous dispenser de leur consacrer quelques lignes. — Les Obélis- CAIRE8, Obeliscaria Ra6n., se distinguent des Rudbeckia par leurs ovaires comprimés, bordés de deux ailes étroites, dépourvus d'aigrette; leur réceptacle est conique; les branches de leur style se terminent par un appendice demi-lancéolé; leurs feuilles sont rudes au toucher, pinnatifides. Leur type est rOsBUsCAiHE PiNNKE , Obeliscaria pinnata Cass. {Rudbeckia pinnata Vent. ), dont les capitules sont légèrement odorants et dépagent une odeur aromatique prononcée lorsqu'on ouvre leur réceptacle; ses ligules sont jaunes , pendantes, longues de Sou 4 centimètres. — Le genre Écuinacée, Echinacoa Mœnch , se distingue par des feuilles ovales-lancéolées, par de grands capitules solitaires à réceptacle convexe ; par un ovaire comprimé , portant une seule aile à son côté intérieur, surmonté d'une aigrette en couronne denticulée ; les appendices qui terminent les branches du style ressemblent à ceux des Obéliscaires. Le type de ce groupe est l'EcaiNACÉE pourpre, Echinacea purpurea Mœnch ( Rudbeckia purpurea Lin. ) , belle plante commune dans les jardins, qui produit en été de grandi capitules , à rayon pourpre, long d'un décimètre ou un peu plus, à disque pourpre-noirâtre, sur lequel
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les anthères se détachent en points jaunes dorés. — Enfin, le genre Dcacopis Cass., est caractérisé par des feuilles cordées-lancéolées , embrassantes, lisses et entières; par des capitules solitaires, à rayon jaune et ri disque foncé, dont le réceptacle est conique; par l'appendice linéaire qui termine ler. branches du style; par des akènes arron dis sur leur section transversale, surmontés d'une aigrette calleuse, en couronne. Ce genre a pour type leDHACopmE amplexicaulk, Dracopis amplexicaulis Cass. ( Rudbeckia aniplexicaulis Lin.) (P. D.)
RLDGEA (nom propre), bot. ph. — Gen:â de la famille des Rubiacées-Gofféacées, triha des Psychotriées, établi par Salisbury (in Linn. Transact.,\Ul, 327, t. 18, 19). Les Rudgea lancœfolia et ovalifolia, types de (C genre, sont des arbrisseaux qui croissent a la Guiane.
RUDISTES. MOLL. — Deuxième ordre de la section des Conchifères dimyaires, comprenant les deux familles dos llippuriles et de.» Sphérulites. Ce sont des coquilles fossiles du terrain crétacé dont on ne connaît que le test partiellement conservé, toute la partie intérieure ayant été dissoute pendant la fossilisation. M. Deshayes a rais ce fait hors de doute, et a prouvé en même temps que les Rudisles doivent par leur forme se rapprocher des Camacées; depuis lors, cependant, M. Aie. d'Orbigny a continué à les rapprocher des Brachiopodes, et, précédemment, M. Desmoulins les avait rapprochés des Ascidies. Lamarck avait d'abord laissé les Rudistes parmi les Ostracées, et ce ne fut que dans son Histoire des animaux sans vertèbres qu'il en fit une famille à part, sans toutefois lui attribuer des caractères bien positifs ; car il la désigne en disant: «Ligament, charnière et animal inconnus; coquille très inéquivalve; point de crochets distincts. » Aussi range-t-il dans cette famille, qui n'était en quelque sorte qu'un lieu de dépôt, toutes les coquilles bivalves qu'il ne connaît pis suffisamment; il y place donc les Calcéohs elles Diocimes qui sont de vrais Bracbiop jdes, et les Biroslrites qui ne sont autre chose qu'un muscle interne deSphérulile, en même temps qu'il fait un autre genre distinct vcc les Radiolites qui doivent être réunies aux Sphérulites, elqu'il transporte lesHippuiileg dans la classe des Céphalopodes. L'ordre des
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Rudistes ne doit donc, en définitive, contenir que les Spbérulites et les Hippurites, formant le type de deux farniHes distinctes. (D.;j.)
RUDOLPHA ( nom propre), moll. — Genre proposé par M. Schumacher pour les coquilles dont Lamarcic avait fait son genre licorne ou Monoceros, et qui doivent être réunies aux Pourpres. (Doj.)
RUOOLPHIA (nom propre), bot. ph. — Genre de la famille des Légumineuses-Papilionacées, tribu des Érythrinées, établi par Willdenow {in Neuen. Berl. schrift., III, 451). Arbrisseaux originaires des Antilles et du Mexique. Voy. léguminedses.
RUE. Ruta. BOT. pb. — Genre de la famille des Rutacées, à laquelle il donne son nom, rangé par Linné dans la Décandrie monogynie de son système, bien que sa place soit au moins aussi légitime dans l'Octandrie. Ce groupe générique, établi primitivement parTournefort, avait été adopté sans modification par Linné et par tous les botanistes après lui. Mais, dans son beau travail monographique sur les Rutacées, M. A. de Jussieu a été conduit récemment à en détacher toutes les espèces à feuilles, qui formaient les sections 3 et 4 dans le Prodromus de DeCandolle , avec lesquelles il a formé son genre Aplophyllum. Cette séparation à réduit le nombre des véritables Rues de plus de moitié. Ainsi restreint, le genre Ruta est formé d'espèces herbacées vivaces ou sousfrutescentes , qui croissent naturellement dans les parties tempérées et un peu chaudes de l'ancien continent, dans l'hémisphère boréal. Leurs feuilles sont alternes, dépourvues de stipules, pennées ou, plus souvent, décomposées, marquées de points glanduleux, translucides, remplis d'une huile volatile qui leur donne une odeur forte et Gouvent très désagréable. Leurs fleurs , presque toujours jaunes, sont disposées en cime dichotome , plus ou moins régulière; elles présentent généralement cette particularité que celles d'entre elles situées à l'extrémité de la lige ou dans l'angle des dichotomies sont pentamères, tandis que lei autres sont tétramères. Or, c'est d'après ces fleurs pentamères , les premières épanouies, mais les moins nombreuses de toutes , que Linné a rangé le genre Rue dans la décandrie. Les fleurs présentent : Un calice court
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et quadriparti ; une corolle de quatre pé' taies plus longs que le calice , à limbe concave, généralement lacinié ou sinué; huit étamines plus longues que les pétales, dont les quatre opposées à ceux-ci sont plus courtes que les quatre qui alternent avec eux; un pistil porté sur un disque ordinairement plus large que lui et dont le pourtour présente huit pores nectarifères; ses quatre ovaires, 6-12-ovulés, sont réunis à leur base, distincts au sommet qui est quadrilobé; leur angle interne porte autant de styles qui se soudent presque aussitôt en un seul, que termine un stigmate à quatre sillons. A ces fleurs succèdent quatre capsules partiellement réunies en un seul corps, qui s'ouvrent par leur sommet et par leur angle interne. Ces caractères s'appliquent aussi naturellement aux fleurs pentamères, à la condition de substituer les nombres 5 et 10 à ceux de 4 et S que présente la caractéristique précédente.
Comme type de ce genre nous prendrons la plus intéressante de ses espèces, la Rue a ODEUR FORTE, Ruta gravcolens Lin., vulgairement connue sous le nom de Rue, espèce vivace, de la région méditerranéenne. Sa teinte générale est glauque, sa souche ligneuse et rameuse émet des tiges aériennes rameuses, presque ligneuses dans le bas, herbacées dans leur plus longue partie; ses feuilles sont décomposées ou surdécomposées, à folioles un peu épaisses, obovées ou oblongues. Les fleurs sont jaunes, grandes; elle se distinguent par les lobes de leur calice lancéolés, aigus; par leurs pétales entiers ou à peine denticulés. Cette espèce, commune dans nos départements méridionaux, est de plus fréquemment cultivée dans les jardins, à cause de ses propriétés médicinales, et de la grande vogue qu'elle a surtout parmi >^^ peuple des campagnes. Elle était, au res--' , déjà en haute réputation chez les anciens , qui l'employaient non seulement comme espèce médicinale , mais encore comme condiment. Elle est extrêmement excitante, au point que, prise à haute dose, elle peut déterminer des inflammations violentes et même la mort. On fait usage de ses feuilles, dont la saveur est acre, un peu amère et très chaude, et qui , appliquées sur la peau, peuventia rubéfier. La Rue est surtout caractérisée par son action spé-
RUE
ciale sur l'utérus, qu'on met fréquemment à profit, mais qui est assez énergique pour amener parfois des accidents fâcheux. On la rc;;arde aussi comme un puissant antis[)asniodique, et quelques médecins l'ont prcfonisée comme un excellent vermifuge. A l'extérieur, on l'emploie contre la gaie, etc. Cette planteentrait autrefois dans un grand nombre de préparations diverses; nnjourd hui, bien que d'un usage fréquent , elle a perdu une partie de son ancienne importance. (P. D.)
On a encore appelé vulgairement :
Rue de Chèvre, le Galega officinalis ;
Rue de Chien, le Scrophularia cnnina;
RuË DE MURAILLE, uuc cspèce d'Asplénlc;
Rue des prés, le Thaliclrum flavum;
Rue SAUVAGE, le Peganwn harmala, etc.
RUELLIA (nom propre), bot. ph. — Genredela famille des Acanthacées, tribudes Echmatacanlhées-Ruelliées, établi par Linné {Gon.,n.18i), qui y réunissaitun assezgrand nombre d'espèces dont quelques unes constituent aujourd'hui des genres nouveaux. Ainsi le Ruellia littoralis Lin., est devenu le type du genre Dyschorisle de Nées; \e Ruellia setigera Pers., le type du genre Chœtacanthus de Nées; le Ruellia barlerioides Roih., \e type du genre Petalidium de Nées; le Ruellia oblongifolia Michx., le type du genre Colophanes de Don, etc. Tel qu'il est actuellement limité, le genre Ruellia comprend seulement les espèces qui présentent les caractères suivants: Calice à cinq divisions égales; corolle hypogyne, infundibuliforme; limbe à cinq divisions égales, étalées. Étamines 4, insérées au tube de la corolle, didynames, inclu.'ses ; anthères oblongues, à deux loges mutiqiies ou mucronulées à la base. Ovaire à deux loges 3-4-ovulées. Style simple; stigmate subulé, canaliculé dorsalement, aigu à la base. Capsule à deux loges renfermant six ou iiuit graines.
Les Ruellia sont des herbes caulescentes, Itoilues, à feuilles opposées; à fleurs médiocres, de couleurs variées, disposées en épis axillaires ou terminaux, souvent groupées en capitules; bractées petites ou nulles. Ces plantes croissent spontanément dans l'Asie tropicale et dans quelques contrées de la Nouvelle-Hollande. Quelques unes sont cultivées, en Europe, dans les jardins d'agré- Qieot, telles que les Ruellia strepens Linn.,
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patula 3acq., clandestina Linn., paniculala Lin , 7-epens Lin., etc. (J.)
RUGEIMDASIA, Schied. {Msc. ex Schlectand. Hnrt. Hall., p. 14). bot. pk. — Syn. de Wddenia, Schult. f.
•RUGILUS, Curtis {Brilish Ent. , IV, 168), Stephens. ins. — Synonyme de Slilicus Latreille, Erichson. (G.)
RUGISSEMENT, mam. — On désigne sous ce nom le cri du Lion , du Tigre , et des autres grands animaux du genre des Chats. Voy. ce mot. (E. D.)
RLIZIA (nom propre), bot. ph. — Genre de la famille des Byttnériacées, tribu des Dombeyacées, établi par Cavanilles (Dissert , III, 117, t. 30). Arbrisseaux des îles de France et de Bourbon. Voy. byttnériacées. RUIZIA, Pav. [Prodr., 135, t. 39). bot. ph. — Syn. de Boldoa, Juss.
RlIEI^'GI.'^ (nom propre), bot. ph. — Genre de la famille des Byttnériacées, tribu des Byttnériées , établi par R. Brown ( m Bot. Mag., t. 2191, 3182). Arbrisseaux de la Nouvelle-Hollande. Voy. byttnériacées.
RUMASTULiM, Campd. ( Monog. du g.
Rumea;, Paris, 1819). bot. ph. — Voy. rvmex , Linn.
RU1VIE\. MAM. — Nom latin de la panse ou réservoir des Ruminants. (E. D.)
RUMEX. Rumex. bot. ph. — Grand genre de la famille des Polygonées,de l'Hexandrie trigynie dans le système de Linné. Formé, par ce botaniste, de la réunion des Lapa- Ihutn et Acelosa de Tournefort , il a été adopté sans autre modiflcation importante que la séparation des deux genres Emex Neck. et 0:ryria Hill, dont les types sont le Rumex spinosus Lin. , pour le premier* le Rumex digynus Lin., pour le second.
Dans sa monographie de ce genre ( Monographie des Rumex , précédée de quelques vues générales sur la famille des Polygoiiées, thèse, in-4 de 169 pag. et 3 pi., Montpell. , 1819), qui remonte déjà à une, époque assez reculée, Campdera décrivaii. ou signalait 110 espèces, sur lesquelles 4;i figuraient parmi les Incertœ sedis, ou comme plantes imparfaitement connues de lui. ii est donc permis de supposer qu'aujourd'hui le chiffre total des Rumex connus s'élève de 120 à 130. Toutes ces plantes sont des herbes annuelles ou vivaces , rarement des sous-arbrisseaux , souvent de saveur acide, 14*
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qui croissent naturellement dans les parties tempérées et froides des deux hémisphères , dont un très petit nombre se trouvent entre les tropiques. Leurs feuilles sont alternes , engainantes à leur base; leurs fleurs sont petites , disposées par verticilles rapprochés en grappes , hermaphrodites ou plus rarement unisexuées par avortement. Elles présentent : un périanthe à 6 folioles, dont les Irois extérieures sont vertes et soudées entre elles à leur base , dont les trois intérieures sont faiblement colorées , plus grandes ; après la floraison ces dernières folioles grandissent, se redressent pour envelopper le fruit, et s'épaississent souvent vers leur base en uite sorte de grain saillant, plus ou moins volumineux; 6 étamines opposées par paires aux trois divisionsexternes du périanthe; un pistil à ovaire triquètre , uniloculaire , uni-ovulé, surmonté de trois styles filiformes, libres ou adnésaux angles de Tovaire, terminés chacun par un stigmate en pinceau. A ces fleurs succède un caryopse à trois angles, enveloppé par les folioles internes du périanthe qui n'adhèrent pas avec lui. On divise les Rumex en trois sous-genres de la manière suivante.
a. Lapa//ium, Tourn., Campd. Fleurs hermaphrodites ou polygames, très rarement dioïques. Folioles internes du périanthe dressées-divergentes, plus ou moins granuleuses a l'extérieur. Styles libres; stigmates multifides. Test des graines blanchâtre ou jaunâtre.— Herbes à feuilles penninerves , à peine acides, à verticilles multiflores ; à fleurs portées sur des pédicules articulés à leur base. Ce sous-genre est nombreux. La plus importante des espèces qu'il renferme est le RcMEX Patience, Bumex Patientia Lin., très connu sous les noms vulgaires de Patience , Patience des jardins , et , dans quelques pays , Épinards immortels. C'est une grande plante herbacée vivace , haute d'environ un mètre et demi, dont le rhizome est long et épais , brunâtre extérieurement, jaunâtre à l'intérieur; dont la tige est droite , cannelée , rameuse dans le haut ; dont les feuilles sont grandes : les inférieures allongées , cordées-ovales ; les supérieures oblongues-lancéolées, très aiguës, toutes plus ou moins ondulées; les trois folioles intérieures du périanthe qui entourent le fruit sont entières, en cœur, pla-
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nés , et l'une d'elles porte un granule arrondi. On emploie fréquemment le rbiiome de cette espèce dans la médecine populaire et dans les hôpitaux , où l'on administre journellement sa décoction en tisane. La saveur de celte partie de la plante est d'abord fade, puis âpre et amère; elle a une odeur faible, mais particulière. On s'en sert à titr» de sudorifiqne, de tonique, pour exciter l'appélit et ranimer les forces de l'estomac; niais son usage le plus fréquent est contre les maladies de la peau, et particulièrement contre la gale. Deyeux y a signalé l'existence d'une certaine quantité de Soufre libre. Au reste, on lui substitue souvent, et sans désavantage, à cause de l'analogie de propriétés, le rhizome de quelques autres espèces du même genre, telles que les Rumex aqualicus , R. crispus , Ji. obtusifolius , etc. Dans quelques pays , on mange les feuilles de la Patience à titre d'Épinards. Des horuculteurs habiles pensent même que ses qualités comme plante potagère, et particulièrement sa précocité , devraient lui assigner dans nos cultures une place plus distinguée que celle qu'elle y a occupée jusqu'à ce jour. On a aussi conseillé de l'utiliser comme fourrage vert précoce. Son extrême rusticité, et la facilité de sa multiplication par graines et par éclats, pourraient être avantageuses dans ces cas.
b. Rumastrurn, Campd. Fleurs hermaphrodites ou plus rarement monoïques Folioles intérieures du périanthe à granules très petits ou nuls. Styles adnés aux angles de l'ovaire; stigmates paucifides. Test des graines rougeâtre. — Sous - arbrisseaux à feuilles palmalinerves, à peine acides ou tout-à-fait insipides. Fleurs en verticilles pauciflores, portées sur des pédicules articulés au milieu. Ce sous-genre est peu nombreux. Nous nous bornerons à citer comme lui appartenant le Rumex Abyssiniens.
c. Acelosay Tourn., Campd. Fleurs hermaphrodites , monoïques ou dioïques. Folioles internes du périanthe lisses ou peu granulées extérieurement , avortant quelquefois. Styles adnés aux angles de l'ovaire. Stigmates multifides. Test des graines rougeâtre ou blanchâtre. — Herbes, sous-arbrisseaux ou arbrisseaux à feuilles penninerves ou palniatinerves, acides; à fleurs disposées en verticilles pauciflores, et portées sur des
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pédicules souvent articulés à leur base. L'espèce la plus intéressante de cette section est le RuMEX Oseille, Rumex acelosa Lin. , si connu sous ses noms vulgaires à'Oseille, Surette, Vinetle. Elle croit en abondance dans les bois et les prairies de toute la France; de plus , elle est cultivée dans les moindres jardins potagers. Son rhizome est rampant, brun-noirâtre; sa tige herbacée, glabre, cylindrique et cannelée, s'élève seulement à 4 ou 5 décimètres; ses feuilles sont de tissu mou et un peu épais , les radicales longuement pétioiées, oblongues , haslées , obtuses; les caulinaires enibrassantes et aiguës. Le Rumex Oseille a de l'importance, soit comme espèce médicinale, soit surtout comme plante potagère et économique. Sous le premier rapport, on Tait usage quelquefois de son rhizome , qui est un peu astringent , et dont la décoction était autrefois administrée fréquemment , mais surtout de ses feuilles, qui sont essentiellement rafraîchissantes. Elles servent à préparer les bouillons aux herbes. On les mêle aussi toujours aux feuilles de diverses espèces avec lesquelles on prépare le Suc d'herbes. Quant à l'usage des feuilles d'Oseille comme aliment, on sait qu'il est de tous les jours , à Paris surtout, où il s'en consomme annuellement des quantités très considérables ; non seulement on les emploie fraîches, mais encore on en fait des conserves pour l'hiver. On retirait aussi autrefois de cette plante le bi-oxalate de Potasse ou sel d'Oseille, qui y existe en assez forte proportion; mais, de nos jours, on préfère extraire ce sel de VOxalis acetosella. Dans les jardins potagers, on possède quelques variétés d'Oseille, parmi lesquelles la plus estimée et la plus répandue dans les jardins de Paris et des environs, est connue sous le nom à'Oseille de Belleville. Ses feuilles sont plus grandes et moins acides que celles de la plupart des autres variétés. La culture de cette espèce est très simple ; elle réussit dans toute espèce de terre et à toute exposition. On la plante le plus souvent en bordure, et on la multiplie, soit par graines, soit par division des pieds; ce dernier mode de multiplication est même le seul à l'aide duquel on conserve les variétés les plus estimées. On retrouve des propriélés analogues à celles de l'Oseille chez plu-
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sieurs autres espèces du même genre, telloi surtout que \e Rumex acetosella Lin., ou petite Oseille , si commun dans toute la France, le Rumex sculatus, etc. (P. D.)
*IlU]MFORDIA(nom propre), bot. pb. — Genre de la famille des Composées-Tubuliflores, tribu des Sénécionidées. établi par DeCandolle (Prodr., V, 549). Arbrisseaux du Mexique. Voy. composées.
RUi^llA. BOT. PU. — Genre de la famille des Oiiibellifères, tribu des Amminécs, établi par Hollmann { Umbellif. , 171, I. 3). Herbes de la Sibérie. Voy. OMBELLiFiiuiis.
RUIMIA(nom mythologique), in.s. — Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes, tribu des Phalénides, établi parDuponchel ( Calai, des Lépid. d'Eur., p. 216). L'espèce type, Rum. cratœgaria , se trouve en Europe, dans les mois de mai et juillet. (L.)
*RUM1MA (nom mythologique?). iNs. — Genre de l'ordre des Coléoptères subpentamères , de la famille des Cycliques et de la tribu des Colaspides , proposé par Dejean ( Catalogue, 3^ édit. , p. 438). L'auteur y rapporte 2 espèces du Brésil , qu'il nomme R. mosmaragdula et desla. (G.)
* RUMINANTES ( rumino , je rumine), MAM. — Vicq d'Azyr {Syst. anal, desanim., 1792) a désigné sous ce nom les Mammifères que Linné nommait Pecora, et que l'on indique aujourd'hui sous celui de Ruminants. Voy. ce mot. (E. D.)
* RUMIIMANTIA. mam. — Nom latin des Ruminants, d'après G. Cuvier { Tabl. élém. du Hèg. anim., 1797). (E. D.)
RUMIIVANTS. Pecora. mam, — A toutes les époques, les naturalistes et le vulgaire ont réuni, sous unedénomiiiation commune, et comme formant un groupe bien distinct parmi les Quadrupèdes, lesanimaux que nous appelons Ruminants. Presque tous leurs genres ont fourni à la doniesiicilé des espèces importantes, car ce sont elles qui forment essentiellement nos iroupeiiux. Tels sont le Chameau, le Dromadaire et les Lamas, le Renne, ainsi que diverses espèces de Bœufs , de Chèvres et de Moutons.
• Les Ruminants sont des Mammifères, et dans presque toutes les méthodes ils constituent un ordre bien distinct des autres et très facile à caractériser zoologiquenunt. De lu^me que les Pachydermes el liiicui
RUM
que beaucoup d'entre eux, les Ruminants sont des animaux ongulés, c'est-a-dire à doigts terminés par des sabots. Leurs quatre membres servent uniquement a la marche; leurs mamelles sont inguinales; les m'aies ont un strotum pendant, et l'organe excitateur retenu dans un fourreau fixé sous l'abdomen. Leurs dents molaires ont une physionomie particulière en rapport avec leur régime, qui est herbivore, et le plus souvent ils n'ont ni canines ni incisives supérieures. Leur cerveau a de.? circonvolutions nombreuses, et, ce qui leur a valu leur nom, ils ont la farulté de ramènera leur bouche les aliments déjà ingérés dans leur estomac pour les mâcher de nouveau. Ajoutons qu'ils sont du nombre des Miiminifères placentaires, et que leur placenta ^st cotylédonaire ou dilFus, et nous aurons énoncé à peu près tous les caractères des Ruminants.
Plusieurs de ces caractères, comme on le voit , leur sont communs avec les Pachydermes. L'acte seul de la runiination et quelques particularités de l'estomac destinées a son exécution les en distinguent d'une manière absolue. Aussi pourrait-on dire que les Ruminants et les Pachydermes ne sont que des fractions d'un même groupe de Mammifères , celui des Ongulés, qui est en effet une des grandes séries ou sous-clas.ses que l'on doit admettre parmi ces animaux. C'fcst ce que l'étude des Pachydermes fossiles démontre d'une manière plus évidente encore, puisque plusieurs d'entre eux tiennent de bien plus près aux Ruminants que ne le font les espèces actuelles.
Les dents des Ruminants doivent être citées parmi les organes dont les particularités rendent si facile la distinction de ce groupe. Nous avons déjà parlé de leurs prioîipales dispositions à l'article dents de ce dictionnaire, t. IV, p. 685, en même temps que nous avons cité, d'après l'interprétation généralement admise, leur formule la plus ordinaire.