‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 3)Chapitre 89 sur 173 · VIII. Jjpet 64. 3a 991 OUO · texte numérisé non relu

VIII. Jjpet 64. 3a 991 OUO

T. Xll.

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Ainsi la sphère d'attraction de .'•'•■ilnme s'étend à une distance dix fois au -si grande que celle de la Lune à la Terre, de sorte que l'étendue diamétrale de ce petit monde ue mesure guère' moins de 2 millions de lieues.

La plupart des satellites de Saturne sont d'une observation difficile; sauf Titan, le plus gros de tous, ils exigent pour être distingués sur le fond sombre du ciel des observateurs exercés, armés d'un instrument d'une grande puissance. Galilée, qui avait découvert la forme allongée du globe de Saturne produite par la lumière des anneaux, et qui n'avait point de lunettes assez fortes pour distinguer nettement cette forme, ne vit point les satellites.

C'est à Huyghens, le même astronome qui expliqua les phases de Saturne en prouvant qu'elles sont produites p.ir des appendices annulaires detacliés de la planète, qu'est due la découverte (IGoo)du premier satellite de Saturne, le 4" dans l'ordre des distances ; le 5'^ fut trouvé par Cassini un 1671; le 1'^' et le 2^ par le même astronome en 1684; le 6« et le 7"^ par W. Herschel en 1789; enfin, c'est seulement en 1848 que le 8^ a été découvert séparément par Bond et Lasseil.

Le diamètre de Titan a pu seul être mesuré avec une certaine précision : ce diamètre ne mesurerait pas moins de la sei/ième partie du diamètre équatorial de Saturne, plus de la moitié par coiisé- <iuent de celui de la Terre. Voilà doue un satellite dont le volume dépasserailceux des planètes Mercure et Mars, et égalerait environ neuf fois celui de la Lune.

Terminons celte notice sur la plus importante des planètes après Jupiter, par quelques mots sur les phénomènes singuliers que doivent présenter les anneaux vus de la planète, les phases variées des 8 lunes qui se succèdent ou sont visibles à la fois pendant ses nuits, et les éclipses de Soleil ou des satellites eux-mêmes, éclipses provoquées aussi bien par l'interposition des anneaux que par celle des satellites ou du globe de Saturne.

La convexité de ce globe ne permet [las d'apercevoir les anneaux à une latitude supérieure à 63 degrés, qui marque à I degré près la limite des deux zones polaires. Mais a

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partir de cotte latitude jusqu'à l'i^quateur, ? chaque hémisphère voit pendant les deux saisons estivales la face éclairée des anneaux se déroulant dans le ciel comme un arc immense, qui monte jusqu'au zénith à l'équateur. L'ombre du globe de la planète, plus ou moins étendue suivant les saisons, échancre pendant les nuits l'arche de ce pont gigantesque. En hiver et en automne. Tauueau reste invisible, parce qu'il tourne alors vers l'hémisphère qui se trouve à l'une ou à l'autre de ces saisons sa face obscure, celle que n'éclairent point les rayons du Soleil. Mais, comme il n'en est pas moins interposé entre le ciel et la planète, sa présence se manifeste négativement, c'est-àdire par le fait qu'il masque une partie de la voûte étoilée.

Pendant les journées des saisons hivernales ont lieu d'autres phénomènes singuliers : ce sont les éclipses du Soleil, auquel le mouvement diurne fait décrire des arcs derrière les anneaux. En un mot, il y a éclipse de Soleil, éclipse qui dure parfois, sauf de courtes interruptions, pendant une longue série de rotations saturniennes, pour les régions de la planète sur lesquelles se projettent les ombres des divers anneaux.

Pour un observateur qui serait situé sur l'un des anneaux, le spectacle serait autre, mais non moins curieux. C'est l'hémisplicre de Saturne, tourné vers la face dont il s'agit, que cet observateur verrait sous la forme, tantôt d'un immense demicercle lumineux, tantôt d'un demi-secteur circulaire, semblable aux phases de notre Lune coupée par la moitié. Il faut ajouter, à la description de ces apparences, celles des 8 lunes elles-mêmes, qui se montrenttantôt isolées, tantôt réunies, à des hauteurs très diverses au-dessus de chaque horizon, et dans les phases les plus variées; l'un de ces corps est au premier quartier, quand un autre est à son plein, et qu'un troisième ou un quatrième est à l'état de croissant ou de nouvelle lune. Puis, ce sont les éclipses de ces satellites eux-mêmes et celles de Soleil, qui résultent de leurs mouvements de révolution, des ombres qu'elles projettent sur le glube et de leurs propres passages dans le cône d'ombre de Saturne.

De la Terre, on peut voir quelques-uns

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de ces phénomènes. D'ailleurs, comme le plan de l'orbite de Saturne ne coïncide pas avec le plan de l'orbite terrestre (on a vu plus haut que leur mutuelle inclinaisoD est de deux degrés et demi), il en résulte pour nous des apparences très variées du système annulaire.

Pendant un intervalle de temps, à peu de chose près égal à la moitié d'une période de Saturne, c'est-à-dire à quatorze ou quinze de nos années, nous apercevons l'une des faces du système sous la forme d'un anneau lumineux, de forme elliptique, plus ou moins allongé ou plus ou moins ouvert, selon la hauteur angulaire de notre planète au-dessus de son plan. La partie antérieure de l'anneau se projette sur l'hémisphère sud par exemple, tandis que l'hémisphère et le pôle nord de la planète restent à découvert. Pendant l'autre moitié de l'année de Saturne, c'est l'autre face des anneaux que l'on voit de la Terre, et c'est l'autre pôle qui se trouve masqué. Enfin, entre ces deux périodes, l'anneau qui s'est de plus en plus aminci finit par disparaître deux fois de suite, une première fois parce que la Terre passe par son plan et que la tranche, très mince, est seule visible; dans les télescopes on la voit encore comme une légère ligne lumineuse dans le prolongement de l'équateur de Saturne, tandis que sur le disque une ligne obscure marque l'ombre projetée par les anneaux. Une seconde fois, l'anneau disparaît, alors même que la Terre n'est pas dans son plan , c'est quand le Soleil passe lui-même par les nœuds du système et n'éclaire en réalité que la tranche. Dans cette circonstance, l'existence de l'anneau se manifeste par sa projection obscure sur le disque, et au dehors par quelques points lumineux de sa tranche, alors seule éclairée. Quelques-uns de ces points brillants accusent aussi, par leurs positions non symétriques, les inégalités de courbure que Laplace avait trouvées, par le calcul, être une condition de stabilité du système.

(AMiiDÉE GuiLLtMIN.)

SATURiVE. MIN. — Les anciens chimistes nommaient ainsi le Plomb. On appelle encore Sel de Saturne l'acétate de Plomb.

SATLUIVIA (nom mythologique), ins. — Genre de l'ordre des Lépidoptères, familla

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des Noclmnes, Iribu des AUicidcs, établi |)ar Scliranck, et que Duponchel réunit au genre Atlacus. Toy. ce mot.

SATYllA, Less. ois. — Synpn. deïragopaii, G. Cuv.

SATYRE. Satyrus. ins. — Genre de Lépidoptères diurnes, tribu des Satyrides, créé par Latreille aux dépens des Papilio de Linné, et qui , dans ces derniers temps, a été restreint aux espèces ayant pour caractères : Antennes moins longues que le corps , à massue de diverses formes; palpes hérissés de poils assez raides , serrés à leur base ; à dernier article très court, conique et plus ou moins aigu; ailes arrondies, les inférieures presque toujours dentées.

Les Satyres sont des Lépidoptères de taille moyenne, n'offrant généralement que des teintes assez sombres, et des yeux plus ou moins nombreux. Ils recherchent, en général , les lieux secs et arides , et leur vol est peu élevé. Ces Lépidoptères se trouvent répandus sur presque toute la surface du globe. On en connaît un grand nombre d'espèces; aussi les entomologistes ont ils proposé de les subdiviser en plusieursgenres, et Duponchel les partage ainsi :

§ 1, — Satyres éricicoles.

Nervure costale très renflée à son origine; la médiane seule un peu dilatée, l'inférieure sans dilatation sensible; antennes à massue pyriforme; yeux glabres. Chenilles inconnues.

Ce groupe ne comprend que trois espèces, qui se reconnaissent à une ou deux taches oculaires sur leurs premières ailes, plus prononcées en dessus qu'en dessous : elles n'habitent que les contrées où croissent de hautes bruyères. Parmi les espèces, celle qu'on doit considérer comme type est le S. actœa Espcr, qui habite le centre et le midi de la l'runce.

§ 2. — • Satyres rupicoles.

Nervures costale et médiane également très renflées à leur origine; antennes à tiges grêles , à massue en bouton , plus ou iiidIiis courbe; yeux glabres. Chenilles glabies , à tête sphérique , à corps très gros et rayé longiliidinalcment; se creusant une petite cavité dans la terre pour s'y transformer. Chrysalides courtes et ventrues, arrondies anlcrieurenient et coniques posté-

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ricuteincnt, reposant sur le sol sans être attachées.

Tous les Satyres de ce groupe ont également une ou deux grandes taches oculaires sur leurs premières ailes , comme les précédents; mais ils ont l'angle supérieur de ces mêmes ailes plus aigu : ils fréquentent de préférence les rochers et les collines arides.

Parmi les nombreuses espèces de ce groupe, nous indiquerons le S', fidia Linné, qui se trouve assez communément dans le midi de la France, ainsi qu'en Espagne.

Satyres herbicoles.

Nervures costale et médiane également dilatées à leur origine : l'inférieure sans dilatation sensible; antennes à massue allongée, grossissant insensiblement, et confondue avec la lige; yeux glabres. Chenilles pubescentes, grises ou vertes, avec des raies longitudinales , et la tête globuleuse ; se suspendant par la queue pour se transformer. Chrysalides peu allongées, à angles arrondis, avec la tête biiide.

Toutes les espèces de ce groupe n'ont qu'une tache oculaire sur leurs premières ailes , ordinairement bipupillées ; les femelles des S. endora et narica, qui en ont deux, font seules exception à cette règle : elles sont très communes dans les bois et les terrains incultes où croissent de hautes herbes.

Nous décrirons l'espèce type de ce groupe qui se trouve dans tous les bois de l'Europe, ei principalementdans les environs de Paris : c'est le S. lylhonius Latreille {V Amaryllis Engramelle), qui a 1 pouce 1/2 d'envergure, dont les ailes sont fauves en dessus , avec la base et les bords obscurs : les supérieures ayant, de part et d'autre, un œil bipupillé, et les inférieures étant, en dessous, d'un fauve nébuleux , avec deux bandes plus claires , dont une plus courte, et cinq points ocellaires.

§ 4. — Satyres vicicoles.

Nervures costale et médiane plus or, moins renflées à leur origine : rinférieure sans dilatation sensible; antennes visiblement annelées de blanc, et terminées par un bouton pyriforme plus ou moins long et aplati; yeux pubescenls. Chenilles pubcs<

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