EMPLOYEES DANS CET OUVRA(JE
(Les abréviations en petites capitales placées au commencement de chaque article iniliquent la grande classe à la(|iielieil appartient.
Acal. . . .
. Acaléphes.
Mam. . . .
. Mammifères
^nai. . .
. Anatomie.
Mém. . . .
Mémoire.
y^llll. . .
. Annales.
Météor. . .
. Météorologie.
.■innél.. .
. Annélides.
Mi», . . .
. Minéralogie.
Aracli . .
. Arachnides.
Malt. . . .
. Mollusques.
Asir. . .
. Astronomie.
Myriap. . .
. Myriapodes.
Bol . . .
. Botanique.
Ois
. Oiseaux.
Rot. cr. .
. Botanique cryptogami-
Paléom. . .
. Paléontologie.
que.
Ph.oaPitun
. Phanérogame, ou pha
Hoi. ph. . .
. Botanique phanéroga-
nérogamie.
mique.
Phys. . . .
. Physique.
Bull
. Bulletin.
Physioi. . .
. Physiologie.
Cliim. . .
. Chimie.
PI
Planche.
Cirrh. . .
. Cirrhopodes.
Poiss. . . .
Pois8ons.
Crust. . .
. Crustacés.
Polijp . . .
Polypes, Polypiers.
Echin.. .
. Echinodermes.
Rad
. Badiaires.
Fig. . . .
. Figure.
Repi. . . .
Reptiles.
Foramui. .
. Foraminifères.
SpOlKJ . . .
Spongiaires.
Foss. . .
. Fossile.
SystoL. . .
Systolides.
G.outj. . .
. Genre.
Syn.ouSynon. Synonyme.
GéoL. . .
. Géologie.
Téral.. . .
Tératologie.
Helm. . .
. Helminlhides.
f^. ou f^'oij
Voyez.
Uiii. nul.
. Histoire naturelle.
Fiilij. . . .
Vulgaire.
Infus . .
. Infusoires.
ZooL . . .
Zoologie.
Im. . . .
. . Insectes.
Zoopli. . .
Zoophytes
VAIVIDE. Vanda. bot. va. — Genre de la famille des Orchidées, de la tribu des Vandées, à laquelle il donne son nonn, formé par M. Robert Brown {in Botan. Beg., tab. 506) pour des plantes herbacées, épiphytes etcaulescentes, à fleurs brillantes, indigènes des Indes orientales, dont certaines avaient été décrites par Linné comme des Epidendrum. L'espèce sur laquelle le genre a été basé est le Vanda Roxburghi Rob. Brown. M. Lindiey a décrit (Orc/tîd., p. 215) dix espèces de Vanda, parmi lesquelles quelques unes sont cultivées dans les serres a Orchidées, à cause de la beauté de leurs fleurs. (D. G.)
VA\DÉES. Vandeœ. bot. pu. — Grande tribu de la famille des Orchidées, formée par M. Lindiey {Orchid., p. 135), et dans laquelle entrent des genres très nombreux de plantes épiphytes ou terrestres, tantôt pourvues de pseudobulbes (ce sont surtout celles de l'Amérique), tantôt caulescentes (ce sont surtout celles de l'Asie), distinguées principalement par leur pollen céracé. Ces Orchidées, de formes très diverses, croissent en très grande majorité dans les contrées inieriropicales, et sont répandues en nombre à peu près égal en Asie et en Amérique. Celle tribu emprunte son nom au genre Vanda Rob. Br. (D. G.)
VAKDELLIE. Vandellia (dédié à Vandelli). BOT. ru. — Genre de la famille des Scrophulariacées, tribu des Graiiolées, établi par Linné (Maniissa, p. 89), et dans lequel sont comprises des plantes herbacées, des Indes orientales et de l'Amérique, à fleurs axillaircs, oppcsées ou fasciculées, les fcupérieures souvent rapprochées en grappes,
T. lUI.
voisines, par leur aspect général et par leurs caractères, des genres Torenla Linné et Bonnaya Link et Otto. Elles se distinguent du premier par leur calice court, presque égal, du second par leurs filaments antérieurs qui portent une anthère. Dans sa révision monographique des Scrophulariacées (mDG. Prodromus,\Q\.X, p. 412), M.Bentham ne décrit pas moins de trente-deux espèces de Vandellies, dont cinq imparfaitement connues. Ces espèces sont divisées par lui en cin^ sections: a. Toreniodes; b. Titlmannia; c. Ilyogcton ; à. Numularia; e. Ellobum. C'est à la dernière de ces sections qu'appartient la Vandellie diffuse, Vandellia diffusa Linné, petite plante annuelle, couchée, très rameuse, qui est indiquée comme croissant à la fois à Madagascar et communément dans l'Amérique tropicale. C'est le Caa-Ataica de Pison. D'après Hancock, M. Marlius, etc., elle est amère, mucilagineuse, purgative, employée en décoclion dans les fièvres continues et intermittentes, ainsi que dans les maladies du foie. Elle fournit le médicament connu à la Guiane sous le iKtm de Haimerada. (P. D.)
VANDELLILS (du nom propre Vandelli).
poiss.— Nom générique donné par Shaw au Trichiurus ensiformis de Vandelli, le même que le Lepidopus a?-gy?eu4deCuvier. — Vuy. LÉpiDOPE. (E. Ba.)
VANDOfSE. POISS.— Nom vulgaire d'une
Able, celle qui multiplie le plus dans les
eaux douces de l'Europe, le Cyprinus leu-
tiscusde Lin. ILcuciscus vulgaris, Flemin.).
(E.Ba.)
*VA1\'ELLUS. OIS.— Nom latin du genre Vanneau dans Liuué. (Z. G.)
2 • VAN
VA\ESSE. Vanessa{aom propre), ins.— Genre de Lépidoptères diurnes, créé par Fabricius (in IlUgcr Mag., III, 1808), adopté par tous les zoologistes, et placé par M. Boisduval dans la tribu des Nymphalides, tandis que Duponchel en fait le type d'une tribu particulière, celle des Vanessides.
Les Vanesses ont les antennes aussi longues que le corps, rigides, terminées par une massue allongée, ovoïde, jamais aplatie ni creusée en cuillère en dessous : palpes une fois plus longs que la tête, convergents, velus jusqu'au bout; tète plus étroite que le corselet; yeux pubescents ; corselet très robuste; abdomen plus court que les ailes inférieures et caché entièrement par la réunion des deux bords internes, qui forment gouttière dans l'état de repos. Les chenilles ont la tête échancrée en cœur antérieurement, et le corps garni d'épines velues ou rameuses d'égale longueur, excepté sur le premier et le dernier anneau, qui en sont dépourvus. Chrysalides anguleuses , ayant la partie supérieure de la tête quelquefois arrondie, mais le plus souvent terminée par deux pointes ; le dos armé de deux rangées de tubercules plus ou moins aigus; la plupart de ces chrysalides sont ornées de taches d'or ou d'argent, et parfois même toutes dorées. Les espèces de ce genre ont chacune leurs mœurs particulières : cependant elles vivent de préférence dans le voisinage des habitations, les jardins, les promenades, les campagnes découvertes, etc., etnesetrouventqu'accidentellementdansles grands bois et les endroits agrestes, excepté toutefois le Vanessa prorsa, qui n'habite que les forêts froides et humides. Leur vol est vif et rapide , mais de peu de durée.
On trouve les nombreuses espèces de Vanesses dans toutes les contrées du monde; beaucoup sont ornées des plus riches couleurs. L'Europe , d'après Duponchel et M. Boisduval, en a douze, parmi lesquelles nous ne citerons que les trois principales.
Le Paon de jour , Vanessa lo Linné. Ce papillon est très commun tout l'été aux environs de Paris.
La Belle-Dame, V. cardui Linné. Cette Vanesse, qui paraît presque sans interruption depuis le commencement du printemps jusqu'à la fin de l'été, est répandue dans toutes les parties du monde.
VAN
Le VuLCAiN, V. Alalanla Linné. Celte espèce, très commune en France, se trouvo aussi dans l'Inde , en Amérique et en Afrique.
Nous citerons aussi le Vanessa almana , originaire de la Chine , et qui a été figuré dans l'atlas de ce Dictionnaire, Insectes lépidoptères, pi. 4. (E. D.)
*VAIVESSIDES. Vanessidœ. ins. — Duponchel ( Cat. méth. des Le'pidopt. d'Eur. , 1844) a créé sous ce nom une tribu de Lépidoptères de la famille des Diurnes, et qui ne comprend que le genre Vanesse.
— Voy. ce mot. (E. D.)
VA1\GA. Vanga. ois. — Genre de la famille des Lanidées, dans l'ordre des Passereaux, caractérisé surtout par un bc'c robuste, très comprimé, recourbé, très crochu, fortement denté à la pointe, à mandibule inférieure retroussée et aiguë à sa pointe, à commissures garnies de quelques soies raides.
Le genre Vanga indiqué par Buffon, mais définitivement établi et caractérisé par Vieillot, comprend des Oiseaux de l'ancien continent, et des îles les plus reculées de l'Inde et de l'Océanie, dont les mœurs rappellent beaucoup celles des Pies-Grièches. Ils sont d'un caractère turbulent, acariâtre, attaquent les autres Oiseaux avec férocité, se nourrissent de petites proies vivantes, viventordinairement sur la lisière des grandes forêts, rarement dans leur intérieur, et jamais dans les plaines et les champs cultivé's.
On peut citer comme espèces du genre, le Vanga a tète blanche, V. leucocephala Less., Lanius curvirostris Gmel. (Buffon, pi. enl. 228), de Madagascar. — Le Vanga DESTRUCTEUR, V. destructoT Temm. {pi. enl.^ 273), de la Nouvelle-Hollande; et le Vanga cap-gris , V. chirrocephalus Less. (ZooL de la Coq., pi. Il), de la Nouvelle-Guinée, aux alentours de Dorey, où les Papous le nomment Pilhouù (Z. G.)
VANGLIER. Vanguieria. bot. pb. — Genre de la famille des Rubiacées, sousordre des ColTéacées, tribu des Gueltardées, formé par Commerson (ex Juss. Gênera planlarum, p. 206). II comprend de petits arbres de Madagascar, des Indes orientales et du cap de Bonne-Espérance, qui donnent des baies arrondies, à cinq noyaux osseux, comestibles chez certains d'entre «ux. On eu
VAN
connaît aujourd'hui cinq espèces, parmi lesquelles la plus remarquable est le Vanguieria edulis Vahl, indigène de Madagascar, d'où la culture l'a propagé dans les îles Mascareignes et en Cbiue. Ses fruits ont la grosseur d'unepomme moyenne. On les mange lorsqu'ils sont devenus blets. Les nègres en sont très friands. (D. G.)
VA1\GL'ÏERA. BOT. ph.— C'est à tort que Persoon a ainsi modifié [Encheir., vol. I, p. 45&) le. nom générique Vanguieria, Commerson. (D. G.)
*VANIIALLIA. BOT. PU. — Ce genre de Schultes Ois (System., vol. VII, p. 18) se rattache comme synonyme au genre Braganlia Loureiro, de la famille des Aristolochiées. (D. G.)
*VAIVHALLIA. bot. cr.— Nom d'homme sous lequel L. Marchand a décrit le Conoplea cylindrica Pers., dans l'énuméralion des plantes cryptogames du grand duché du Luxembourg (Bijdrag. de natuurk. Wellens. Deei.,111, n» 3). (Lév.)
VARIERA. BOT. PH. — Le genre établi, sous ce nom, par Loureiro [Flor. Cochinch., p. 690) pour deux plantes qu'il nommait Vaniera Cochinchinmsis et V. Chinensis, est rapporté comme synonyme auxElaloslemma Forst. (D. G.)
VANILLE. FaniHa. bot. ph. — Genre de la famille des Orchidées, sous-ordre des Aré- Ihusées, formé par Swartz {Flor. Ind.occident., vol. 111, pag. 1518) pour des plantes herbacées qui croissent en Amérique et dans l'Asie tropicale, soit dans les fissures des rochers, soit surtout en grimpant très haut sur les arbres ; leurs feuilles sont oblongues; leurs grandes fleurs sont disposées en épis, et présentent un périanthe à folioles semblables entre elles, dressées, un peu étalées; un labelle adné à la colonne , plan , convoluté au sommet; une colonne assez droite, aptère, avec une anthère terminale, operculaire, qui renferme deux masses pollininiques granuleuses. Le fruit de ces plantes est une capsule très allongée et en forme de silique, à parois épaisses et charnues. Ces capsules, chez certaines espèces, renferment une pulpe délicieusement parfumée, qui, d'après M. Splitgerber, n'est pas autre chose que les funicules auxquels sont attachées des graines aussi nombreuses que petites. Cette pulpe constitue le par-
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fum si recherché sous le nom de Vanille.
L'histoire des espèces de ce genre qui fournissent la Vanille du commerce , a été fort longtemps enveloppée d'obscurité; et, même aujourd'hui, elle laisse beaucoup à désirer sous plusieurs rapports. Swartz, ayant observé une espèce à pulpe parfumée, avait supposé que c'était elle qui donnait la Vanille du commerce; il l'avait nommée Vanilla aromalica. Elle correspondait à VEpidendrum Vanilla, Lin. Tous les auteurs de matière médicale et autres ont suivi Swartz ; et nous voyons aujourd'hui encore, dans des ouvrages de publication toute récente, la Vanille du commerce indiquée comme provenantdu Vanilla aromatica, Swartz. Cependant cette espèce ne croît que dans l'Amérique méridionale et particulièrement au Brésil, tandis que le commerce tire surtout sa Vanille du Mexique. A peine une faible quantité de Vanille préparée d'une manière particulière arrive-t elle du Brésil en Portugal. Aussi M. Lindley ( Orchid, pag. 434) dit-il avec raison: « 11 ne paraît pas qu'aucune des Vanilles duBrésilformelasubstance connue dans le commerce; on peut présumer certainement que le Vanilla aromatica n'a aucun rapport avec les fruits qui sont dans le commerce. » Au reste , cette espèce a les feuilles ovales-oblongues , acuminées, sessiles; ses fleurs vertes et blanches ont leur périanthe campanule avec les folioles ondulées, acuminées, révolutées au sommet, et le labelle acuminé, relevé dans son milieu d'une ligne nue, saillante; ses capsules sont cylindracées et fort longues.
Quant aux Vanilles du Mexique, la plus connue est la Vanille a fecilles planes, Vanilla planifolia , Andr. {Dolan. Reposit., tab. 538), dont la tige acquiert une grande longueur en grimpant sur les arbres; dont les feuilles sont oblongues-lancéolés, planes, légèrement striées; dont les fleurs blanchesverdâtres ont les folioles du périanthe oblongues, dressées, un peu obtuses, et le labelle écbancré, crénelé, crispé, recourbé des deux côtés , relevé dans sou milieu de lamelles courtes , transversales , dentées. Ses fruits sont cylindracés et très longs. C'est celte espèce qu'on cultive avec succès dans nos serres chaudes. Dès 1836 , M. Morren, de Liège , en ayant fécondé les fleurs artificiellement, eo à obtenu un grand nombcu
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«le belles capsules remplies d'une pulpe au moins aussi parfumée que celle qui nous vient du Mexique. Depuis cette époque, divers horticulteurs ont reconnu, non seulefiient qu'il est facile d'obtenirainsi la fructification de la Vanille, mais encore que les produits qu'elle donne alors sont de qualité supéiieure.M. Morren a même démontré par l'expérience la possibilité d'établir en Europe des vanillères d'un très bon rapport. La Vanille à feuilles planes a été importée, dans ces dernières années, dans les Iles de l'archipel Indien, et c'est de l'Angleterre que sont partis les pieds qui ont servi à gratifier ces contrées de ce précieux végétal. Il est très probable que c'est encore cette espèce qui fournit la plus grande partie de la Vanille du commerce. Néanmoins M. Schiede a signalé ( in Linnœa , vol. IV , p. 573 ) -Ipux autres espèces dont les fruits seraient mêlés dans le commerce à ceux de la précédente; ce sont : le Vanilla saliva, nommé dans le pays Daynilla mansa, dont les feuilles sont oMongues, charnues, les fruits sans sillons, et le Vanilla sylvestris, à feuilles oblonsjues lancéolées, et dont les capsules sont creusées de deux sillons. Mais ces plantes sont très imparfaitement connues, et la dernière particulièrement est regardée par M. Morren comme un simple synonyme de la Vanille à fouilles planes.
Les capsules de Vanille destinées au commerce sont cueillies un peu avant leur maturité. Afin de les empêcher de s'ouvrir, on les frotte d'huile de Ricin, ou autre. On conserve ainsi à leur péricarpe une certaine mollesse. Ainsi préparées et séchées convenablement, ces capsules sont réunies par paquets de 50 à GO, soigneusement enveloppées et livrées ensuite au commerce.— Tout le monde connaît l'usage que font journelle • ment de la pulpe de Vanille les con6seurs, les glaciers, les chocolatiers, etc. etc. Quant aux propriétés médicinales qu'on attribuait à celte substance dans l'ancienne médecine, il est assez rare qu'on y ait recours aujourd'hui. (P. D.)
*VA1VIILL0SM.\. BOT. PU. — Genre proposé par Lessing {Linnœa, vol. VI, p. G30), «■i conservé par M. Erullicher {Gênera plantarum, n» 2204) comme sous-genre des Vernonia Schreb., de la famille dps Composées, tribu des Vernoniacécs. (D. G.)
YAN
VANNEAU. Vanellus. ois. — Genre de la familledes C/iaradridees du^rinceCh. Bonaparte, de celle des Pressirostres de G. Cuvier, et de l'ordre des Échassiers; caractérisé par un bec court, grêle, droit, comprimé, renflé à l'extrémité des deux mandibules ; la base du demi-bec supérieur très évasée pur le prolongement du sillon nasal; des narines longitudinales , ouvertes dans un sillon ; des tarses grêles, médiocres ; un pouce touchant à peine à terre; des ailes aiguës, la première rémige la plus courte, les quatrième et cinquième les plus longues, une queue médiocre, et le poignet Je l'aile armé d'un éperon corné et aigu.
Les Vanneaux sont des Oiseaux sociables qui vivent par troupes dans les terrains gras et humides, sur les bords des rivières Si les habitudes des espèces étrangères ne sont pas encore parfaitement connues il n'en est pas de même de celles que possède l'Europe. Celles-ci, que nous yoyons en France par grandes bandes, fréquentent, les unes, les prairies; les autres, les bords fangeux des acs salins, les grèves maritimes, dans le voisinage de l'embouchure des fleuves. Ils recherchent, pour leur nourriture, les Araignées, les chenilles, les petits Colimaçons, les Insectes de toutes sortes , le frai des Batraciens , et surtout les Vers de terre qu'ils savent extraire avec la plus grande adresse, et qu'ils font sortir de leur trou, en frappant. le sol avec leurs pieds. On peut dire que les Vanneaux rendent de véritables services à l'agriculture, en purgeant la terre d'une foule de petits animaux nuisibles. Ils ont pour habitude, lorsqu'ils sont repus, de se rendre dans des fossés ou des mares, sur les bords sablonneux des fleuves, et, comme les Bécasses, délaver leur bec souillé pai la terre. D'un naturel très farouche, ils prennent la fuite à la moindre apparence de danger, ou à la vue du plus petit objet qui leur est suspect.
Toutes les fois qu'ils prennent leur essor, les Vanneaux poussent ordinairement un petit cri. Celui du Vanneau huppé consiste dans les syllabes dix-huit syncopées et prononcées d'une manière brève. La même espèce a un vol vigoureux, de longue haleine. Elle l'exécute quelquefois à de très grandes hauteurs. Lorsqu'elle parcourt les prairies, elle le fait en voletant ou en se portant d'un
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endroit à on .lulre par petits sauts. «C'est un Oiseau fort gai, dit BufTon ; il est sans cesse en mouvement, folâtre et se joue de mille façons en l'air; il s'y tient par instants dans toutes les situations, même le ventre en haut ou sur le côté, et les ailes dirigées perpendiculairement , et aucun Oiseau ne caracole et ne voltige aussi lestement. »
C'e^t en février que les Vanneau-x s'apparient, et, à celte époque, les mâles se disputent la possession des femelles avec acharnement. Leur nid, placé sur une petite élévation, dans les prairies, dans les herbes ou dans les joncs peu élevés, est simplement composé de quelques brins d'herbe. La ponte est de quatre à six œufs, et l'incubation de vingt jours environ. En naissant les petits sont assez forts pour suivre leur mère. Lorsqu'ils ont acquis toute leur force et leur taille, ils se réunissent par bandes de cinq à six cents individus pour voyager , ce qu'ils font ordinairement vers la fin d'octobre. Ces Oi.seaux sont alors très gras et, par conséquent, assez recherchés, leur chair étant généralement estimée.
La mue, dans les Vanneaux, si on en juge par ceux que possède l'Europe, a lieu lieux fois dans l'année.
La plupart des Vanneaux faisaient partie du genre Tringa de Linné; Brisson les en sépara, ce qu'ont imité depuis les ornithologistes. G. Cuvier, prenant en considération l'étendue du pouce, la disposition des écailles qui recouvrent les tarses , et la largeur des fosses nasales, a introduit dans le genre Vanneau deux tribus, que les méthodistes modernes ont converties en genres. Nous diviserons donc les Vanneaux comme il suit :
1" Espèces dont le pouce est très apparent, 1rs tarses écussonnés, et les fosses nasales ciendues jusqu'aux deux tiers du bec.
(Genre : Vanneau, Vanellus Briss. et.Auct.)
A cette division appartiennent le Van- KEAC HUPPK, V. cristalus Mey (Buff., pi. enl 242) de tonte l'Europe mais principalement de la Hollande. — Parm les espèces clrangèrcs, nous citerons : le Vanneau a ïCHARFK, V. cinctus Less. {Zool. de la Coq., pi. 415), des Malouines. — Le VanKeau a riEDs JAUNES, V. /?(Ji;t/>esSavig. {Egypte, Ois.,
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pl. 6, t. III), d'Egypte. — Le Vanneau Annu:, V. Cayanensis G. Cuv. (Buff., pl. enl. 836), du Brésil et de la Guiane. — Le Vanneau GRivEiÉ, V. albicapillus YieîW. {Gai. dos Ois., pl. 236), Tringa Senegala Gmel. du Sénégal ; et le Vanneau tricolore, V. tricolor Horst. {Tringa macropterus G. Cuv.), de Java.
■ 2o Espèces dont le pouce est à peine visible, les tarses réticulés, et les fosses nasales courtes.
(Genre : Vanneau pluvier, ou mieux Sqdatarole, Squatarola G. Cuv.)
L'espèce unique de cette division est le Squatarole gris. Squat, helvetica G. Cuv., Tringa helvelica Gmel. (Buff., pi. enl. 835), des pays tempérés de l'Europe. Assez abondant en France et sur les côtes de la Hollande. (Z. G.)
VAIV - RHEEDIA. bot. ph. — Plumier avait formé , pour un arbre très peu connu de la Martinique, un genre auquel il donnait ce nom. Linné, en adoptant ce genre, a modifié son nom en Rheedia. (D. G.)
VA!ViTAl\ÉE. Vanlanea. bot. ph. — Genre de la famille des Tiliacées, rapporté avec doute par M. Endiicher [Gen. plant., n. 5383) au sous-ordre des vraies Tiliacées, tribu des Gréwiées. Il a été formé par Aublet {Guian., vol. II, p. 572, tab 229) pour un arbre de la Guiane, à fleurs pentapétales, polyandres, qu'il a nommé Vantanea Guianensis. On n'en connaît pas le fruit. (D. G.)
VAPEUR. MÉTÉOR. — Voy. météorologie.
VAPPON. Vappa. ms.— Latreille (IVouu.
Dict. d'hist. nat. de Déterville , 1804) désigne sous ce nom un genre de Diptères de la famille des Notacanthes, et correspondant à celui des Pacbygaster Meigen {voy. ce mot), créé précédemment. (F. D.)
VAQUETTE. bot. ph. — Nom vulgaire que porte VArum maculalum dans certains de nos départements. (D. G.)
VAQUOIS. Pandanus. bot. ph. — Genre de la famille des Pandanées à laquelle il donne son nom, formé par Linné fils (Swpplem., p. G4 et 424) qui le range dans la Diœcie monandrie du système sexuel. Son nom français est dérivé de celui de Vacoua que ces végétaux portent dans l'Océanie. Les végétaux dont ce genre est composé croissent naturellement daus les parties chau-
6 VAQ
«les de l'Asie et de l'Océaiiie. Leur tronc est arborescent, mais forméd'un tissu peu consistant; de sa portion inférieure, même à une assez grande hauteur au-dessus du sol, parlent des racines volumineuses, qui ressemblent souvent à de grosses cordes; leurs feuilles allongées, linéaires, lancéolées, embrassantes à leur base, généralement bordées de dents épineuses très piquantes, sont le plus souvent disposées en spirales parfaitement manifestes ; leurs fleups sont dioïques, accompagnées de spathes souvent colorées; les mâles forment un spadice composé, dans lequel des étamines, très nombreuses et serrées, recouvrent entièrement l'axe de l'inflorescence; c'est parce qu'il regardait chacune de ces étamines comme une fleur distincte et séparée que Linné fils a classé les Pandanm dans la Diœcie monandrie. Les fleurs femelles de ces végétaux forment un spadice simple dans lequel on observeun grand nombre de pistils très serrés dont les ovaires, libres ou soudés par groupes, renferment dans leur loge unique un seul ovule ascendant, et supportent des stigmates sessiles, distincts. Le fruit consiste dans des drupes fibreuses, soudées entre elles par groupes, et renfermant, dans un noyau osseux, uniloculaire, une graine unique, à lest membraneux.
L'espèce sur laquelle ce genre a été fondé est le Vaquois odorant, Pandanus çdoralissitnus Lin. fils, grand arbrisseau ou petit arbre dont le tronc simple s'élève à 3 ou 4 mètres et porte une cime arrondie. Il croît aux Indes, dans l'Arabie, à la Chine et dans rOcéanie. Ses feuilles linéaires sont garnies de dents épineuses sur leurs bords et le long de leur côte médiane. Son spadice mâle est ovoïde, sessile, pendant. Ses fruits forment, par leur réunion, une masse ovoïde, longue de 2 ou 3 décimètres, de couleur orangé foncé. Cette espèce est remarquable par l'odeur suave et très forte qu'exhalent ses spadices mâles, et qui est telle qu'un seul fragment suffit pour parfumer agréablement une chambre pendant longtemps. Aussi le cultive-t-on pour ce motif dans les pays chauds. Le Vaquois utile, Pandanus utilis Bory, est indigène de Madagascar et de l'île Bourbon. On le cultive communément aussi à l'île de France et aux Antilles, surtout en clôtures , et pour ses feuilles dont ou fait des nasses ..dans lesquelles on trans-
VAR
porte de ces pays, en Europe, le café et la plupart des autres denrées coloniales. Celle espèce forme un arbre qui s'élève de 18 à 20 mètres. Sur les pieds jeunes, ses feuilles ont 2 mètres de long sur 1 décimètre de large; elles restent au-dessous de ces dimensions dans les pieds adultes. Le VAQUOia comestible, Pandanus edulis Pet. -Th., est un arbre spontané à Madagascar, dont les graines sont bonnes à manger. Ses fruits sont en grappes. (P. D.)
VAR.IIRE. BOT. PH. — L'un des noms français du genre Veralrum. Voy. vératre.
VARAIV. Varanus ( Les Arabes nomment Ouaran l'espèce d'Egypte; ce nom, francisé et latinisé, a fourni les dénominations génériques), rept. — Merren désigne, sous le nom de Varan, un genre de Sauriens, dont MM. Duméril et Bibron ont fait le type de leur famille des Varaniens [voy. ce mol). Les Reptiles que comprend ce genre ont élé, par diCférenls auteurs, placés dans des groupes divers, et, par exemple, parmi les Tupinambis par Daudin et Oppel ; parmi les Monitor, par Cuvier et M. Gray ; ils rentrent dans les genres Varanus et Psammosawus de M. Filzinger, et dans les Psammosaurus, Hydrosaurus et Polydœdalus de MM. Wagler et Wiegmann. Les caractères génériques indiqués par MM. Duméril et Bibron sont les suivants : Écailles enchâssées à côté les unes des autres dans la peau, et entourées d'une série annulaire de très petits tubercules. Dos de la queue plus ou moins tranchant. Un pli sous le cOu en avant de la poitrine. La lête des Varans est recouverte de plaques polygones, très rarement bombées, et presque toujours une de ces plaques, circulaire et un peu plus dilatée, existe sur le milieu du crâne. Les espèces qui vont souvent dans l'eau sont pourvues d'une poche ou espèce d'évent qui sert à l'entrée des fosses nasales et dont la position dépend de la position des ouvertures nasales elles-mêmes. En général, les espèces du genre Varan sont robustes; et, après les Crocodiles, ce sont les Sauriens qui atteignent les plus grandes dimensions. Leur taille est élancée, leur tête a la forme d'une pyramide quadrangulaire; leur cou est ailongéetarrondi; leur q^ueue très développée et de figure plus ou moins triangulaire. Leurs dents varient beaucoup de forme; elles sont de 20 ix 2i
VAR
en bas, et de 28 à 30 en haut. Aucun Varan n'a de porcs cruraux.
Le nombre des espèces décrites s'élève à douze: quatre sont de l'Asie, trois de l'Afrique, quatre de l'Océanie; on ignore la patrie de la douzième. Parmi ces espèces, nous citerons, comme exemple, le Varan a DEUX BANDES, VaranusbivUtatus, Dum., Bib. {Tupinambis biviUatus, Kuhl et Boié ; Monitor à deux rubans, Cuv.), qui appartient à la section des Varans aquatiques, et qui est figuré dans l'atlas de ce Dictionnaire, Reptiles, pi. 4, fig. 2. C'est le type du genre Hydrosaure de Wagler. Le dessus du corps est brun ou noir, et une belle teinte jaune dessine, de chaque côté du cou, un long ruban qui se prolonge jusqu'à l'œil, caractère que rappelle le nom spécifique. Cette espèce se trouve à Java, dans les îles Philippines et aux Moluques. (É. Ba.)
*VARA1\IEIVS. REPT. — Famille de Sauriens établie par MM. Duméril et Bibron, et comprenant les deux genres Varan et Héloderme. La caractéristique est indiquée dans l'article Sauriens, page 383 du tome XI de ce Dictionnaire. (E. Ba.)
VAREC ou VARECn. bot. cr.— Noms vulgaires qu'on donne, sur les côtes de l'Océan, à toutes les plantes marines de la famille des Algues , et notamment aux Fucus [voy. ce mot) qu'on ramasse sur le rivage , et dont on fait usage, après, certaines préparations, soit pour engraisser les terres, soit pour fabriquer de la Soude.
VAREC A BOT PH. — Le genre formé sous ce nom par Roxburg {Flor. ind., édit. Wall., vol. H, p. 445), est rattaché avec doute par M. Endlicher {Gen. plant., n. 5048) comme synonyme au genre Pentaloba Lour., classé à la suite de la famille des Violariées.
Quant au genre Vareca, formé par Gartner (De Fruclib., vol. I, p. 290, tab 60) pour un végétal de Ceylan dont on ne connaît que le fruit et auquel le célèbre carpologiste allemand avait donné le nom de Vareca zeylanica,U. Endlicher le range avec hésitation dans la famille des Passiflorées, à la suite de la tribu des vraies Passiflorées. (D, G.)
VAREXIVÉE. Varennea (nom d'homme).
BOT. PB. — De Candolle a cru devoir changer {Mémoire sur les Légumineuses, XIV; Prodromus, vol. II, p. 522) le nom de Viborquia,
VAR rf
que-Ortega avait donné à un genre mal connu de la famille des Légumineuses-Papilionacées , en celui de Varennea. L'espèce unique qui forme ce genre est un arbre du Mexique, auquel le botaniste espagnol avait donné le nom de Fiborquia polyslachya, et qui est devenu, par suite de ce changement, le Varennea polyslachya DC. . (D. G.)
VARGASIE. Fargasia{Qom d'homme).
BOT. PH.— De Candolle a établi, sous ce nom, dans la famille des Composées, tribu des Sénécionidées, division des Galinsogées, un genre voisin par ses caractères des Galinsoga Ruiz et Pavon, mais distinct par les écailles de son involucre presque bisériées, par ses aigrettes différentes au disque et au rayon, etc. Le type unique de ce genre est le Farg'asja Caracasana DC, herbe annuelle qui, comme l'indique son nom spécifique, croît à Caracas.
Bertero avait proposé {ex Spreng. Syst., vol. II, p. 283 et 888) un genre de même nom que Guillemin rapportait avec doute aux Banisleria, et que M. Endlicher rattache avec hésitation, comme synonyme, au genre Thouinia Poit., de la famille des Sapindacées. (U. G.)
"VARI. MAM. — Nom d'une espèce de Makis,\e Lemurmacaco,L. F. MAKI. (E.Ba.)
VARIATIO\S et variétés, bot. — L'influence des circonstances extérieures sur les plantes se manifeste fréquemment par les modifications qu'elle détermine dans leurs dimensions, leur couleur, leur aspect, leur port, etc. Ces modifications sont, en général, tellement superficielles qu'elles disparaissent avec les circonstances de sol, d'exposition, de lumière, d'humidité, etc., qui leur ont donné naissance. Elles constituent alors de simples Fariations sans importance réelle et qui, nées sous une certaine influence locale, disparaissent aussitôt que cette influence cesse de se faire sentir. Dans d'autres circonstances, l'action des causes extérieures qu'il est possible d'apprécier, ou de causes obscures, inconnues même, amène dans les plantes des modifications plus profondes et plus tenaces. Il en résulte la formation des Variétés. Mais, parmi cellesci, il existe des différences marquées en raison de leurs divers degrés de persistance. Le plus souvent les modifications que la plante a subies et qui caractérisent une Variété
dans son espèce , peuvent bien être conservées au moyen des boutures et des marcottes, ces niudes de multiplication n'étant pas autre chose qu'une extension de la plante même qui a été bouturée ou marcottée, mais elles ne se tiansniettent pas par la voie des semis. Ainsi l'on conserve facilement et l'on multiplie dans les jardins, au moyen des boutures et des marcottes, les variétés à fleurs .doubles, à feuilles panachées, etc. Mais, pour elles, les graines sont un moyen de multiplication inefficace ou, du moins, extrêmement irrégulier. Il est, au contraire, des variétés beaucoup plus persistantes et qui se reproduisent régulièrement par les semis. Ces variétés, beaucoup plus Oxes que les précédentes, et dont nos jardins potagers renferment tant et de si utiles exemples, ont été distinguées par le nom de Races (Slirpes). Cette distinction de trois degrés dans les changements que peut subir le type d'une espèce, semble basée sur une observation exacte des faits; dans tous les cas, elle est d'un usage commode. Malheureusement elle n'est pas toujours d'une application facile, parce qu'il n'existe pas de limites précises entre les variations et les variétés d'un côté, entre les variétés proprement dites et les races de l'autre. C'est surtout relativement à ces dernières que les botanistes éprouvent journellement les plus grandes difficultés. On conçoit, en elTel, sans peine combien il doit être difficile, dans un grand nombre de cas, de reconnaître si des plantes très voisines, dont les formes se conservent par les graines, sont des espèces distinctes ou simplement des races différentes d'une même espèce. Toutes les fois qu'il est impossible de remontera l'origine de ces formes végétales, la solution des difficultés qu'elle» soulèvent, repose uniquement sur le tact ei sur la faculté d'appréciation des observateurs. (P. D.)
VARICES. MOLL. — Ce mot est employé en conchyliologie pour désigner les bourrelets saillants qui s'élèvent à la surface de certaines coquilles et qui varient dans leur dispositions et leurs rapports. — Voy. mol-
LUSQCES , TRITON. (E. Ba.)
»VARICOilHI\US {varix, varice; p.'v, nez), poiss. — Genre de Cyprinoides(Rtippell, Alus. Senck., Il, 1835). (E. B.\.)
VAKIÉTÉS DE L'ESPÈCE DltMAlNE.
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— L'Homme, nus eu regard du Règne animal, se rattache d'une manière si naturelle aux groupes supérieurs de celui-vi, qu'on doit, en s'en tenant aux seules considérations de la niéthode zoolo^ique , comprendre le genre Homo dans le système général des Animaux. C'est ce qu'ont fait la plupart des naturalistes, en se conteniant de placer ce genre en tête de la série , et de marquer une certaine distance entre lui et les termes suivants.
En effet, l'Homme, par son organisation, par ses fonctions de nutrition et de relation , en un mot par son anatoraie et sa physiologie, est un animal. Le plan de son organisme le place dans le type des Vertébrés, et le développement de ce même organisme en fait un Mammifère. Parmi les Mammifères , il se range, par sa génération, au nombre des Mouodelphes: parmi les Monodelphes, au nombre des Onguiculés pourvus de trois sortes de dents. H a les mamelles pectorales et la verge pendante des Singes, le système dentaire des Singes de l'ancien continent; il se rapproche plus encore des Orangs et des Chimpanzés par l'absence de queue, la ressemblance des mains antérieures , la direction des poils des bras, etc. Mais à côté de ces analogies et des rapprochements incontestables qui s'en déduisent, il reste des différences importantes, qu'on n'a peut-être pas toujours appréciées à leur juste valeur. Commençons donc par rappeler les caruclères du genre Homme; jetons un coup d'œil appréciateur sur cette caractéristique, car en abordant l'histoire de ce genre considéré dans sa diversité, nous avons besoin de le connaître comme unité, comme création spéciale, et de savoir sa vraie place dans le système de la Nature. Nous devons tenir compte ici de deux ordres de caractères, des caractères corporels et des caractères psychologiques. Malgré l'harmonie qui existe nécessairement entre l'organisation d'un être et son activité, ce n'est cependant ni dans les formes, ni dans l'organisation que se révèlent complètement son caractère essentiel, non plus que la distance qui le sépare des autres espèces ; et les caractères tirés de l'activité sont d'autant plus importants que cette activité s'élève, s'agrandit davantage, e.t se dégage plus des circonstances du monde exié-
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rieur. Linné , après avoir inscrit le genre Homo en tête de ses Primates , se borne à ajouter la sentence de Solon : Nosce le ipsum (I).
On peut caracK^riscr sommairement le genre fiomo de la manière suivante :
TÈTE arrondie, plus développée dans sa partie cérébrale ou crânienne que dans sa région sensoriale ou faciale; articulée avec les vertèbres du cou par sa base.
Tbonc élargi aux épaules et au bassin ; deux mamelles pectorales , écartées et saillantes.
Membres dissemblables. Les antérieurs ou supérieurs, plus courts, impropres à la translation du corps , et seuls terminés par des mains ; les postérieurs ou inférieurs terminés par des pieds, qui posent dans toute leur étendue sur le sol.
Station verticale donnée par les dispositions harmoniques de la tète, du tronc et des membres.
Distribution spéciale du système pileux , lequel est abondant sur la tête, sur quelques points de la face , aux aisselles , au pubis ; rare, court, ou nul sur le reste du corps.
Intelligence dépassant les limites du présent et du monde sensible. Sentiment moral. Détermination libre.
Langage articulé et varié.
Les différences que nous remarquons entre le cerveau des premiers Singes et celui des autres Quadrumanes , puis des autres Mammifères, celles qui leur correspondent dans le développement proportionnel du crâne et de la face , ne sont pas à comparer avec les différences que nous offrent le cerveau et le crâne de l'Homme , mis en regard du cerveau et du crâne du Chimpanzé ou des Orangs. Il y a ici de l'animal à nous un hiatus considérable; tandis que c'est p.ir une suite de nuances nombreuses que se dégrade le système cérébral des Mammifères. On sait que chez les Singes supérieurs la face, qui, d'abord, était assez bien dominée par le crâne , se projette avec l'âge , au-devant de celui-ci, en un véritable museau.
Plusieurs Mammifères semblent l'emporter sur l'Homme sous le rapport du dévelop-
(t) Il en vrai que dam son tableau comparatif des caractèrpsde-i Manimaltn , îl ne mentionne que des particularités physiques. et s'exprime en ces termes : Homo, silus ereclus. Hymen rt menstrua fieminaiiiiH.
T. XUI.
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pement des organes des sens ; mais cet avantage n'est peut-être pas aussi grand qu'on le croirait au premier abord. En général , il se réduit à la prédominance d'activité d'un sens spécial, de l'odorat chez le Chien, l'Ours et d'autres Carnassiers; (fe l'ouïe chez plusieurs espèces faibles et timides; plus rarement de la vue, comme chez les Oiseaux de proie. Un avantage de ce genre , qui se rattache à une particularité de mœurs, ne constitue pas une vraie supériorité. Chez l'Homme , d'ailleurs, les sens mieux harmonisés entre eux , plus modifiables par l'éducation , plus propres à donner la mesure des impressions, à discerner les nuances , les harmonies ou les discordances de celles-ci , plus perfectibles enfin par cela seul qu'ils sont les instruments d'une intelligence supérieure, réunissent dans leur apparente médiocrité les conditions les plus favorables pour se prêter secours et pour nous mettre en rapport avec la variété des circonstances au milieu desquelles nous sommes appelés à vivre. Enfin si la surface de notre peau , tout impressionnable qu'elle est , n'atteint pas le degré de sensibilité générale qui caractérise celle de la Chauve- Souris, et qui dirige le vol crépusculaire de ce singulier animal , nous- possédons , plus qu'aucun être vivant, le toucher actif, cette application éminemment intelligente du sens cutané , qui trouve dans la conformalion de la main humaine le plus parfait de ses instruments , et dans notre puissance d'attention la première raisoa de sa fécondité.
Pour donner à la main toute sa perfection et comme organe tactile et comme organe industriel, le Créateur affranchit le membre antérieur de l'Homme de fondions locomotrices, confiant celles-ci aux membres postérieurs en redressant le tronc dans la direction de ceux-ci. Ainsi , à la position horizontale du Quadrupède et à la posture oblique des premiers Singes, succède, à l'apparition de l'Homme, une station verticale qui porte la tête directement en haut.
Tout s'harmonise dans la forme humaine pour la station bipède et verticale. La tête s'articule avec la colonne vertébrale, non tout à fait en arrière, mais par sa base et de manière à se trouver en équilibre sur celte colonne redressée; la face, inrérieure
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au crâne, au lieu de se projeter au devant de !ui, ramène les yeux, le nez et la bouche à une direction qui ue se concilie qu'avec la verticalité de la pose générale. Le racliis lui-même présente une suite de courbures parfailementcalculées pour amener le centre de gravité à passer par l'axe du corps , corrigeant par ses inflexions sinueuses l'inégale distribution des viscères renfermés dans lé thorax et dans l'abdomen. La direction du bassin , ses formes évasées dans le sens du diamètre latéral, sont parfaitement en rapport, non seulement avec la protection plus complète que cette ceinture osseuse doit offrir, dans la position verticale, aux organes du bas-ventre, mais encore avec la nécessité de fournir au tronc une large base de sustentation par l'écartement des membres inférieurs. Par toutes ces dispositions, le squelette humain diffère beaucoup non seulement de celui des Quadrupèdes, mais aussi de celui des premiers Quadrumanes. Il en est de même pour les membres réservés à la locomotion et devenus inférieurs. Placés, comme nous venons de le dire, par l'évasement des hanches, à une distance convenable, ces membres se terminent par un pied plantigrade, qui pose sur le sol, non par sa tranche externe, comme celui de l'Orang , mais par sa face inférieure. Le pied de l'Homme a des formes propres à notre espèce. Par la saillie du talon en arrière de l'articulation de la jambe, les parties postérieures du corps se trouvent mieux appuyées en même temps qu'un point d'attache solide et saillant se présente à l'énorme tendon des gros muscles. du mollet ; par la largeur de la région plantaire , la brièveté et la position des doigts, tous placés en série décroissante de dedans en dehors, enfin par la cambrure interne du tarse, le pied humain devient un organe de sustentation et de déplacement à la fois souple et bien posé.
Le membre thoracique, mis au service exclusif de l'intelligence par la station verticale, se termine, avons-nous dit, comme celui du Singe, par une main qui diffère cependant , à plusieurs égards, de celle déjà si parfaite des Orangs et des Chimpanzés. Chez les Quadrumanes, la main qui correspond a la nôtre, quelles que soient ses analogies avec celle-ci, s'en distingue par la longueur et la courbure de la région palmaire, par un pouce
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moins avancé et relativement court, par la dépendance des doigts dans leurs mouvements ; c'est que la main de ces animaux est lirhitée à des actes de préhension qui n'exigent que des mouvements d'ensemble.
Notre main , comparée à celle des Singes les plus rapprochés de nous, est plus large à la paume; elle a le pouce plus long, mieux opposable aux autres doigts, et chacun de ceux-ci se meut isolément avec plus d'indépendance. La peau jouit ici d'une exquise sensibilité, surtout à l'extrémité de la face palmaire des doigts, où cette membrane repose sur une couche molle de tissu cellulaire graisseux. En un mot, la main de l'Homme offre les plus heureuses dispositions de souplesse et de vitalité pour palper les corps, mesurer leurs contours, apprécier leurs formes et les accidents de leur surface, et enfin pour les saisir, les mouvoir et les modifier, c'est-à-dire pour devenir l'instrument d'une industrie aussi ingénieuse que variée.
L'Homme ne présente pas, sous le rapport des organes de la vie nutritive, d-es caractères particuliers comparables aux précédents. Sa circulation et sa respiration sont celles des Mammifères , avec quelques légères modifications de détail réclamées par la station bipède, le volume du cerveau, etc. Ses organes digestifs sont conformés pour un régime mixte, plus végétal qu'animal. Le système dentaire, analogue, par le nombre et par les formes générales des molaires et des incisives, à celui des Singes de l'ancien continent, s'écarte de celui-ci surtout par les dimensions des canines, qui, chez nous, ne dépassent qu'à peine les autres dents, et n'exigent pas pour loger leur pointe un espace vide à la mâchoire opposée. Avec nos dents nous serions réduits à nous nourrir de fruits, de racines, d'aliments faciles à broyer ; nous ne pourrions couper les chairs des animaux si le feu ne venait à notre aide pour les ramollir. Mais avec l'aide du feu , dont l'Homme seul connaît l'usage, que seul il sait produire et entretenir, notre »spè<e est devenue omnivore, ses ressources alimentaires sfi sont accrues; elle a pu en trouver sur toute l'étendue du globe , en même temps qu'elle a pu défier par son industrie les rigueurs d'une température polaire.
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Pour trouver la mesure de la supériorité de l'Homme , le caractère qui doit décider de sa place dans la création, c'est à son activité, à ce qu'il y a de plus élevé, de définitif dans cette activité qu'il faut nous a'iresser. Mais avant tout, et comme il s'agit ici de caractériser l'Homme en présence de l'animal, indiquons d'abord la limite supérieure de l'activité animale.
Nous n'en sommes plus sous ce rapport à Descartes, ni même à ButTon ; nous n'avons garde de vouloir rehausser les facultés de l'Homme en niant l'intelligence des animaux, encore moins en leur refusant un principe animique. Encore une fois, nous j'en sommes plus là ; le progrès des éludes nous a délivrés tout à la fois du dualisme cartésien, de l'antithèse du corps et de l'âme, e' des hypothèses insoutenables que cette doctrine nécessitait pour rendre compte de l'activité des animaux depuis ses manifestations les plus infimes jusqu'à sa plus haute expression. Les travaux de G. Leroy, ceux de Fr. Cuvier , si bien analysés et mis en lumière par M. Flourens , d'autres encore, nous ont démontré jusqu'à l'évidence que les mots sensalion , inslinct et mouvement ne résument pas tout ce qu'il y a de plus éininentdans la vie de l'animal supérieur.
L'animal s'élève de la sensation à la spontanéité instinctive, c'est-à-dire rigoureusement détermine, de la spontanéité instinctive à l'action intelligente, coordonnée à la variabilité des circonstances et des lieux. Avec la simple sensalion , l'être animé s'éloigne ou se rapproche de l'objet qui l'impi essionne en bien ou en mal : par l'instinct l'oiseau bâtit son nid, le Castor sa demeure, le Lapin creuse son terrier, et toujours et partout de la même manière. L'intelligence permet au Chien , au Renard, au Singe de combiner sa chasse ou sa maraude de manière à avoir le plus de chances en s^ faveur, et à mieux éviter les obstacles ou les dangers que l'expérience lui a fait connaître. Dans une autre direction , i'aninyal monte de la sensation et de l'appétit au sentiment; il arrive à aimer, à haïr, à nourrir une sympathie reconnaissante ou une antipathie rancunière et vengeresse. Enfin, placé en présence de deux partis à prendre, il hésite, il semble choisir, et se détermine avec une pleine spontanéité. Intelligence portée jus-
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qu'à l'invention, sentiments affectifs, détermination avec choix, voilà ce qu'on ne peut refuser à l'animal. Mais quelles sont les limites, et par conséquent les vrais caractères de cette intelligence, de ces sentiments, de cette faculté de choisir? Les voici, ce me semble.
Quant à l'intelligence , rien ne nous autorise à penser que l'aninfial s'élève jamais au-delà de la sphère du fait sensible et du fait actuel ; cette intelligence n'opère que sur des perceptions , sur des réminiscences ou sur des idées au premier degré de généralisation, et toujours d'un intérêt immédiat et physiologique; le soin de l'avenir est confié à des instincts. En résumé, l'animal se renferme dans le cercle de l'accidentel, du contingent, et del'intérêtactuel; chez lui la faculté de généraliser est à peine ébauchée, et se mesure à ce seul intérêt.
Les sentiments de haine et d'amour ne sauraient revêtir un caractère plus élevé, plus désintéressé que l'intelligence ; ce sont des sympathies ou des antipathies à la mesure de celle-ci. Enfin, quand il hésite avant d'agir, quand il fait un choix, quand il se décide, que fait l'animal? que met-il en balance? à quel motif obéit-il? Il est suspendu entre deux appétits, deux affections; il est entraîné par le plus fort de ces mobiles; sa spontanéité est décidée par le désir le plus énergique.
Nous retrouvons d'abord chez l'homme les données que la psychologie de l'animal vient de nous offrir , avec cette première différence, que, chez celui-là, les sensations sont moins impérieuses et plus nuancées, que les instincts n'ont qu'un rôle momentané, que l'intelligence s'exerce dans une sphère bien plus vaste et avec bien plus de puissance, que les affections revêtent un caractère plus noble, et que les déterminations sont plus libres.
Après avoir pourvu à ses premiers besoins et à sa sûreté avec une industrie déjà bien supérieure à celle de l'animal le plus intelligent; poussé par une curiosité que celuici ne connaît pas , l'Homme se livre à l'observation attentive des êtres et des phénomènes qui se présentent à ses regards. Il recueille, il coordonne dans son souvenir une multitude de faits, .source abondante d'idées nouvelles sur lesquelles s'exerce son
jugement et qui alimentent son imagination. Cet exercice désintéressé de sa faculté de connaître le place déjà bien en avant des animaux; mais ce n'est pas assez pour lui de cette expérience, de cette étude immédiate. L'intelligence de l'animal, soustraite au monde extérieur et cessant d'être excitée par la sensation, se repose. C'est à ce moment que celle de l'Homme prend son essor et déploie sa plus noble activité. L'Homme se possède assez pour pouvoir se souvenir à vitlonté. Se repliant sur lui-même, échappant au monde qui l'entoure pour en retrouver un autre au dpd.ins de lui, il réfléchit, il pense, il élabore les idées acquises, il compare, il analyse, il abstrait, il quitte la région des faits particuliers pour s'élever rapidement à celle des faits généraux ; il remonte du phénomène à sa loi, de la pure diversité à l'unité; il ne perçoit plus, il conçoit. Enfin, etc'estici que l'entendement humain se sépare nettement de l'intelligence des animaux, des idées universelles, premiers principes que l'expérience ne fournit pas, .vérités de raison, viennent éclairer d'en haut ce que la sensation apporte d'en bas, A tout fait l'Homme cherche une origine, car il n'imagine pas un fait sans origine ; tout attribut lui désigne un sujet, une substance, tout efTet une cause. Les notions de beauté, de vérité, de justice, de bonté ne nous sont pas données par les procédés de l'intelligence proprement dite; ici l'âme humaine se montre en activité sous un mode particulier qui participe de la conception rationnelle et du sentiment , simple comme celui-ci, lumineux comme celle-là; c'est là ce qu'on pourrait appeler 1.1 perceution morale; elle nous met en rapport avec un monde inconnu de l'animal. Ces notions supérieures, qui donnent à la raison humaine quelque chose d'absolu, comme tout ce qui vient d'en haut, ne permettent plus aux affections de n'être que les entraînements de la sympathie ou les répulsions de l'antipathie. L'amour et la haine, connus de l'animal , s'élèvent dans le cœur de l'Hotnme à une dignité toute nouvelle lorsque , associés aux notions du juste, du vrai, du beau, ils s'attachent aux qualités morales ou à leur contraire , chez nos semblables. L'admiration , l'indignation pour des actes étrangers à nos iu-
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lérêts, le sentiment du devoir, le remords, le calme et le contentement dans radver7 site, enfin le sentiment religieux, mettent entre nous et l'animal une distance incommensurable, et impriment même un caractère nouveau aux affections intéressées que nous partageons avec ce dernier.
Éclairé par des principes supérieurs aux simples notions de l'intelligence, mû par des sentiments qui tendent à l'affranchir des sollicitations et des entraînements auxquels l'animal obéit, l'Homme se décide à l'action avec le sentiment , non seulement de sa spontanéité, mais d'une volonté libre, il obéit ou se refuse à son devoir sans contrainte extérieure, et accepte la responsabilité de sa conduite.
Enfin , quelques animaux peuvent se communiquer, à l'aide de sons expressifs, leurs sentiments d'affection, de bien-être, de frayeur; ils s'appellent, se reconnaissent, se donnent des signaux. Mais quelle différence entre ces sons, ces cris, ces voix, même modulées, et la parole humaine , la parole articulée, le langage ! Des mots qui ne sont pas donnés par la nature, car ils varient d'un peuple à l'autre, d'une génération à celles qui la suivent; des phrases d'une construction sinon arbitraire, du moins très diversifiée aussi selon le génie des nations, nous permettent d'échanger d'homme à homme jusqu'à nos pensées et nos sentiments les plus nuancés et les plus intimes. Pour l'Homme toute chose, tout être à un nom , et il n'est pas d'attribut, pas d'acte, pas de manière d'être active ou passive, pas d'idée générale qui n'ait le sien. Dès lors, et aidé des signes graphiques qui traduisent aux yeux la langue parlée, l'homme enseigne l'homme, une génération lègue sa pensée et ses connaissances acquises à l'autre, le trésor intellectuel de l'humanité s'accroît de siècle en siècle, et l'espère peut fournir une carrière de perfectionnement qui contraste avec la condition staiionnaire des espèces animales.
En parcourant ainsi les traits caractéristiques de l'Homme, en les comparant aux plus beaux développements de la vie animale , pouvons-nous sincèrement ne voir dans l'humanité qu'un progrès de l'animalité? Quelle est la transition graduée qui nous conduit : de l'association des idées
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contingentes à rintuition rationnelle des vérités absolues; de la passion simple au sentiment moral; de la spontanéité irréfléchie à la volonté libre; d'une vie qui se renferme dans le présent et dans la sphère des faits sensibles à une vie qui cherche toujours l'avenir et franchit toutes les limites? Je trouve jusque dans l'irritabilité du Polype les premiers éléments des aperceptions de l'intelligence animale; mais où voyons-nous chez l'animal supérieur les éléments de la raison , de la moralité et de la liberté? Evidemment l'Homme n'est pas l'animal parvenu à son plus haut échelon : l'humanité est un, règne, le règne définitif de la création, sous des formes et dans une condition physiologique empruntées au règne qui le précède, au premier des types de celui-ci, et à la première des classes de ce type.
Par ses caractères d'animalité , comme par ses caractères propres, le Règne humain se présente à nous comme nécessairement renfermé dans les limites d'une diversité incomparablement moindre que la diversité lies règnes inférieurs : déjà, par cela seul qu'il s'agitd'un groupe définitif, c'est l'unité qui s'annonce comme prédominante.
El rependant nous rencontrons ici une variété digne à bien des égards de tout notre intérêt. Sans parler des différences individuelles, qui ne doivent pas nous occuper dans le travail, malgré les considérations importantes auxquelles elles peuvent donner lieu, nous en observons de générales, constituant des groupe, assez fixes pour qu'on se soit demandé s'ils n'auraient pas la valeur de véritables espèces.
Les différences qui diversifient la population du globe portent essentiellement sur les formes de la tète osseuse, sur les traits du visage , sur les proportions des membres , sur la stature, puis sur le système pileux , sur la couleur de la peau , et enfin sur le génie des peuples, leur élat social , leurs mœurs, etc. Ces différences forment des caractères qui déterminent des types physiques auxquels correspondent à l'ordinaire des types intellectuels et moraux, et par suite les caractères de la société; mais tout cela , comme nous le verrons, n'admet pas les rigueurs d'une formule scientifique.
1° Les formes de la tôle osseuse varient
d'une manière assez remarquable. Les principales différences générales que nous remarquons à cet égard , résultent d'abord des variations du développement relatif du crâne et de la face, et de celles qui affectent les dimensions proportionnelles des diverses régions crâniennes. La face, au lieu de demeurer dans la direction plus ou moins verticale de la ligne qui descend du front , se projettequelquefois obliquement en avant, disposition qu'on a désignée sous le nom de prognathisme; ou bien , les os de cette région prennent un développement latéral considérable. Le crâne se montre à son tour plus ou moins allongé et élevé, tantôt étroit et comprimé aux tempes, tantôt globuleux, d'autres fois ovoïde.
L'appréciation de ces modifications générales, leur analyse, leur mesure, ont été essayées à l'aide de divers procédés.
Camper mesurait un angle facial, Daubenton un angle occipital, Cuvier comparait l'aire du crâne à celle de la face, Blumenbach préférait ce qu'il a nommé la nnrma verticalis , c'est-à-dire une vue de la tète prise du vertex ; M. Owen propose de son côté des mesures prises à la base du crâne ; d'autres cherchent des caractères typiques dans l'étude de la position relative des trous occipital et auditif , d'autres dans la mesure de la capacité absolue du crâne, etc.
Parmi ces moyens d'appréciation, les uns se rapportant aux mêmes parties de la tête, n'auraient que le mérite de se contrôler ou de se suppléer au besoin, et les plus généraux comprennent les plus limités. D'autres au contraire, différents par les détails qu'ils font ressortir, seraient insuffisants quand on les isolerait, et doivent concourir et se compléter réciproquement. Nous ne devons tenir compte que de ces derniers , et de ceux seulement qui donnent de vraies différences générales et typiques. En consé« quence , nous croyons devoir nous borner aux résultats fournis par l'angle facial de Camper, par la nurma verticalis de Blumenbach , et par les mesures comparatives de la base du crâne.
Angle facial. Si nous attachons quelque importance à ce premier procédé, ce n'est pas, on le verra tout à l'heure, que nous puissions aujourd'hui lui accorder la signi-
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tiiaiion que lui donnait Camper. Laissons (l'abord parler cet illustre naturaliste.
<i Le caractère fondamental sur lequel repose la distinction des nations peut être rendu sensible aux yeux au moyen de deux lignes droites, l'une menée du conduit auditif à la base du nez, l'autre tangente en haut à là racint ij front, et en bas à la partie la plus proéminente de la mâchoire supérieure. L'angle qui résulte de la rencontre de ces deux lignes , la tête étant vue de profll , constitue , on peut le dire , le caractère dislinclif des crânes , non seulement quand on compare enti^e elles les diverses espèces d'animaux , mais aussi quand on considère les différentes races humaines II iiemble que la nature se soit servie àt cet angle pour établir les divers degrés dan^ le règne animal , et établir uue sorte d'écheile ascendante, depuis les espèces inférieures jusqu'aux plus belles formes qui se rencontrent dans notre espèce. Ainsi , on verra que les tètes d'oiseaux offrent l'angle le plus petit , et que cet angle devient de plus en plus grand, à mesure que l'animal se rapproche davantage de la forme humaine. Il y a, par exemple, parmi les Singes, une espèce chez laquelle l'angle facial a 42 degrés; chez un autre animal de la même famille, qui est un des Singes les plus semblables à l'Homme, cet angle est exactement de 50 degrés. Immédiatement après vient la tête du Nègre africain , qui, ainsi que celle du Kalniouk , présente un angle de 70 degrés; enfin, dans la tête des hommes de l'Europe , l'angle est de 90 degrés. C'est de cette différence de 10 degrés que dépend la beauté plus grande de l'Européen, ce qu'on peut appeler sa beauté comparative; quanta cette beauté absolue, qui nous frappe à un si haut degré dans quelques œuvres de la statuaire antique (comme dans la tête de l'Âpollou et dans la Méduse deSisoclès), elle résulte d'une ouverture encore plus grande de l'angle, qui, dans ce cas, atteint jusqu'à 100 degrés. »
Ainsi, d'après Camper, le degré d'ouverture de l'angle facial donnerait la mesure du développement du crâne, et permettrait de constater, à cet égard, une gradation plus ou moins nuancée des Vertébrés ovipares à l'homme européen ; en sorte qu'une dilléicuce de 20 degrés séparerait le pre-
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mier des Singes du Nègre , que 10 degrés nous conduiraient du type nègre à la forme ' européenne, et que, pour atteindre l'idéal (les artistes grecs, nous aurions besoin de franchir nous-mêmes une différenct de 20 autres degnés, un intervalle égal a celui que Camper mesure entre le Nègre et le Singe le plus voisin.
Écartons d'abord l'erreur de cette dernière mesure, et avec elle l'idét d'une gradation qui irait jusqu'à présenter certaines variétés humaines comme des échelons entre les animaux et nous. Quand on n'étudie les Singes supérieurs le Chimpanzé et les Orangs , que sur de jeunes individus, on trouve en effet, l'angle facial très ouvert. Deux causes y contribuent, d'une part, le développeinen du cerveau et de sa boîte osseusr , qui est, en effet, très remarquable et très avancé; d'autre part, l'état proportionnellement rudimeiitaire de la face à cette même époque de la vie. De là la méprise de Camper sur ces angles de 42 à 50 degrés, qu'il attribue à ces espèces de Singes, et qu'il aurait pu, en procédant ainsi, attribuer à la plupart des autres. Dans les têtes adultes, au contraire, cet angle descend, selon M. Owen, à 35 degrés pour le Chimpanzé , et à 30 seulement pour l'Orang roux , c'est-à-dire à 35 degrés pour l'un, à 40 pour l'autre, au-dessous de la mesure donnée par Camper pour l'angle facial du Nègre. C'est qu'en s'éloignani du premier âge, la tête de ces Singes, tout en demeurant à peu près stationnaire en ce qui concerne le volume et la capacité du crâne (lequel s'accroît surtout par l'épaississement de ses parois et par les crêtes qui s'élèvent sur les lignes d'insertion des muscles), prend un accroissement considérable dans la région faciale, c'est-à-dire maxillaire. Tout ce qui appartient aux sens, et surtout aux fonctions de la bouche, s'étend, se fortifie ; et deux mâchoires fortement armées se projettent au-devant du crâne, laissant celui-ci dans une positiou reculée.
On voit, par ce qui précède, que l'ouverture de l'angle facial se proportionne chez les animaux , non seulement au développement cérébral , mais encore à celui de la face, à lapfojection de celle ci en avant; or, pour que cet angle pût traduire l'élc-
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vation graduée des formes animales vers la forme hurisaine, il faudrait que les deux développements du crâne et de la fuce marchassent plus ou moins régulièrement à l'inverse l'un de l'autre; ce qui n'a lieu que d'une manière générale. Ce n'est donc que dans un sens très large qu'il fautentendre la doctrine de Camper sur l'application de son procédé à la mesur* de l'échelle zoologique. Mais si, franchissant l'immense hiatus qui sépare, sous ce rapport, comme sous d'autres plus importants, le règne animal du règne humain , nous essayons d'employer l'angle facial pour la caractéristique defe types de variété que nous rencontrons dans celui-ci, à quel résultat arrivons-nous?
Nous arrivons à constater aussi des différences notables dans l'ouverture de cet angle entre les têtes nègres, européennes, etc. ; mais en même temps, et avec un peu d'attention, nous reconnaissons que ces modifications sont déterminées par celles de la mâchoire supérieure et non par une direction plus ou moins verticale ou abaissée de la ligne frontale, car, sous ce dernier rapport, les différences nationales sont bien moindres que les différences individuelles. Pour s'en convaincre, qu'on ramène, comme le propose M. Bérard, la ligne fronto-maxillaire de l'angle sur l'épine nasale antérieure, point de repère beaucoup plus fixe que le bord alvéolaire , on obtiendra la même ouverture, ou peu s'en faut, pour les têtes nègres et pour les lêtes de race supérieure. Somme toute, l'angle facial indique essentiellement, dans la variété des formes typiques de la tête humaine, la direction verticale ou projetée de la mâchoire supérieure; c'est là sa véritable signification Ajoutons que, pour obtenir la mesure du prognathisme, nous préférerions au procédé de Camper qui construit l'angle de manière à y renfermer toute la ligne médiane de la mâchoire, celui de M. Bérard qui laisse au dehors la partie du maxillaire qui se projette au-devant de l'épine nasale antérieure; ce dernier procédé met mieux en évidence la projection et sa quantité.
Forme verlicale. Ce n'est plus seulement une 'igné de profil , ce sont les iimensions J'une surface étendue qiie nous obtenons par les méthodes qui suivent, et d'abord par celle que nous recommandent le nom et les
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nombreuses observations de Blumenbach.
Le meilleur moyen d'embrasser d'un coup d'œil le plus grand nombre des détails importants et caractéristiques fournis par la têie osseuse est, selon cet illustre naturaliste, de placer la série de crânes que l'on veut comparer de manière que les os malaires se trouvent sur une même ligne horizontale, comme cela a lieu lorsque ces crânes reposent sur la mâchoire inférieure, puis <le se placer de manière à amener l'oeil successivement au-dessus du vertex de chacun d'eux , de ce point, en effet, on saisira les diff('rences de forme qui contribuent le plus .nu caractère national, puisqu'elles consistent dans la direction des os maxillaires et nialaires, soit qu'elles dépendent de la largeur ou de l'élroitesse du contour ovale présenté par le vertex, soit enfin qu'elles se trouvent dans la configuration aplatie ou bombée de l'os frontal.
Nous verrons, en effet, que le point de vue choisi par Blumenbach permet de constater des différences importantes et vraiment typiques dans les formes des régions supérieures du crâne, dans les relations de ces formes avec quelques unes de celles de la face. Mais ce serait anticiper sur la description des types que d'en dire davantage en ce moment.
Mesures de la base du crâne. Ce que Blumenbach a fait pour la face supérieure de la tête, M. Owen l'a essayé pour l'inférieure, pour ce qu'on est convenu de nommer la base du crâne ; mais il s'est surtout appliqué à faire ressortir par là les grandes différences qui séparent ici encore la tête humaine de celle des premiers singes, et à déterminer en particulier la position du trou occipital. Cette position est, en effat, un des détails auxquels on a attaché le plus d'importance dans la comparaison des têtes, parce qu'elle se lie intimement, et au développement cérébral, et à la station plus ou moins horizontale, ou oblique, ou verticale du corps.. Chez l'homme, le trou occipital est placé immédiatement derrière la ligne qui divise en deux parties égales le diamètre antéropostérieur de la base du crâne ; chez les Chimpanzés, celte ouverture est plus reculée d'environ un tiers de ce diamètre. Sœmnuring pensait avoir constaté une différence à cet égard, entre les crânes européens et Us
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crânes nègres ; M. Prichard attribue cette légère dilTérence à la projection de l'arcade alvéolaire de ces derniers. Or, pour qu'il y eût, dans une race, recul véritable du trou occipital, il faudrait constater, non seulement un allongement de la portion du diamètre anléro-postérieur placée en avant de ce trou, mais encore un raccourcissement absolu de la portion qui se trouve en arrière ; car ce qu'il faut prouver, c'est que le trou occipital est réellement plus près de l'extrémité postérieure du crâne dans une race que dans l'autre. M. le professeur Bérard nous a fourni des mesures comparatives de la base du crâne qui donnent des dilTérences de ce genre. Mais ces mêmes différences peuvent se reproduire dans chaque variété typique, en sorte qu'il serait difficile d'attribuer une importance du premier ordre au déplacement que peut subir le trou occipital, et j'ajouterai que lors même qu'il y aurait dans la position plus ou moins reculée de ce trou quelque chose de général et de caractéristique, encore faudrait-il se garder de voir dans un recul de quelques millimètres un indice de dégradation vers les espèces quadrumanes ou quadrupèdes, avant d'avoir constaté que les condyles de l'occipital ont en même temps changé de direction, et qu'ils indiquent pour l'articulation de la tête avec le cou une modification plus ou moins défavorable à la station verticale, car c'est ici seulement que la différence deviendrait significative.
Il ne paraît pas, en dernière analyse, que les différences les mieux constatées et les plus remarquables qui nous soient offertes par la comparaison des têtes osseuses, influent d'une manière notable sur la capacité totale de la boîte crânie'nne. A cet égard, les mesures géométriques qu'employait Sœmmering ne sauraient donner des résultats d'une exactitude suffisante, et le seul procédé à en»ployer pour obtenir cette exactitude est celui de Tiedemann qui consiste à remplir les crânes que l'on compare d'une graine menue, comme le millet, et à peser avec soin les quantités contenues. Tiedemann a trouvé ces quantités sensiblement égales pour les différentes races.
2" Les traits du visage offrent, on le sait, indépendamment de leurs innombrables différences individuelles et nationales, des ca-
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ractères plus généraux qui se retrouvent à divers degrés et avec plus ou moins d'ensem-. ble, chez de nombreuses populations. Ces caractères concourent pour beaucoup à la physionomie physique des grands types de la vatiété humaine, et leur valeur à cet égard est à peu près la même que celle des formes de la tête osseuse. En effet, les formes de la tête et les traits du >^sage sont nécessairement dans une dépendance réciproque des plus prochaines : une mâchoire supérieure saillante jette la bouche en avant; des pommettes qui élargissent le haut de. la face, remontent les joues et ne peuvent moins que d'agir sur les paupières, et ainsi de quelques autres détails. Mais à ces modifications fondamentales s'en joignenid'autres, qui se rattachent moins immédiatement à la même cause, et qui portent sur le développement proportionnel des parties molles des diverses régions du visage. Il y a ici quelque chose qu'on ne peut mieux comparer qu'aux modifications des traits rattachées par les médecins aux tempéraments individuels.
Les divers types humains, sous ce rapport, comme par l'ensemble de leurs caractères physiques, semblent représenter réellement, comme on l'a déjà dit, des tempéraments généraux. Ici des formes faciales légères, effilées, une grande mobilité, comme en offrent les tempéraments nerveux; là des formes lourdes, épatées, qui sortent rarement de leur fixité habituelle, et qui rappellentcertains exemples du tempérament lymphatique, comme nous le verrons bientôt en esquissant ces faciès qui rendent les aborigènes de deux régions si différents l'un de l'autre, qu'on se demande s'ils appartiennent à une seule et même espèce.
3" Propo7-lions relatives des diverses parties du corps. Les différences générales que nous avons signalées dans les proportions et les formes de la tête sont accompagnées, comme on peut aisément le prévoir, de quelques variations correspondantes dans les formes et les proportions des autres régions du corps. La longueur relative des membres par rapport au tronc dépasse dans certaines races celle que nous rencontrons chez d'autres, et le même membre comparé dans deux ou plusieurs race^ ofl'rira des différences assez constantes dans la longueur proportionnelle de ses divisions principales.
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L'avant-bras, par exemple, comparé au bras, se nionlre lanlôl égal à celui-ci, tanlot plus long que lui , et les ditlérences que présente à cet égard le membre supérieur ont paru indiquer un rapprocbeinent entre certaines populations et les premiers Quadrumanes. Il en est de même des didérentes dimensions que présente le bassin. Nous aurons enfin l'occasion de citer, pour les parties mulles du tronc et des membres quelques particularités qui entrent dans la (aractérisiique ou des types principaux, ou de quelqu'une de leurs subdivisions.
4" La slalure moyenne des peuples varie beaucoup sans doute , toute exajiération a part; mais les différences qu'on remarque sous ce rapport, se reproduisent plus ou moins dans les divers types généraux, et ne contribuent par conséquent en aucune manière à caractériser ceux-ci. On ne peut faire entrer la stature que dans la comparaison des types nationaux , et ici encore les différemes individuelles dépassent de beaucoup les limites des différences dépeuple à peuple. Il y a des nains et des géants, mais il n'y a ni peuple nain , ni peuple géant, car ce n'est qu'en exagérant beaucoup qu'on a donné la première de ces épithètes aux nations hyperboréennes, et la seconde aux Palagons.
5° Syslème pileux Ce système , qui chez l'Homme laisse plus ou moins à découvert une grande partie du corps, offre chez tous les peuples du globe la même distribution. II diffère par son abondance ou sa rareté sur certaines parties, sur la face en particulier; il est tantôt fin, tantôt grossier, lisse, bouclé ou crépu et feutré comme une toison , et ces différences sont surtout très remarquables pour la chevelure. Enfin, la couleur varie, comme on le sait, considérablement. Parmi ces différences iî en est qui ne comptent que peu ou point dans la caractéristique des races, parce qu'on les retrouve dans plusieurs de celles-ci ; telle est la couleur, qui dans toutes les grandes familles de l'humanité est le plus souvent foncée ou même noire, et dans presque toutes présente quelques exceptions à celte règle, exceptions plus fréquentes cependant chez quelques populations que chez les autres La disposition laineuse des cheveux est plus près de constituer un caractère, et
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Irouve place dans le portrait physique <le certaines familles générales , à côté du prognathisme qu'il accompagne assez souvent; toutefois c'est encore par gradations nuancées qu'on passe de cette disposition de la chevelure, aux cheveux droits, grossiers et plus ou moins raidcs d'autres peuple-. Quand on compare sous le microscope ces deux sortes de cheveux , on ne reconnaît entre elles aucune des différences qui distinguent si bien chez les Mammifères les poils véritablement laineux, et susceptibles de former un feutre, des poils ordinaires. Le poil laineux est hérissé d'aspérités qui manquent a;ix cheveux les plus crépus, et ceux-ci sont à leur surface unis comme les cheveux les plus droits.
6" Couleur de la peau et de l'iris. On sait combien varie dans l'espèce humaine la couleur de la peau. Le blanc plus ou moins mat ou rosé, le jaune paille ou café au lait, l'olivâtre, le cuivré, le brun, le noir à divers degrés, en un mot, une série de teintes différentes, présentant des termes extrêmes, et entre ceux-ci des nuances plus nombreuses que la langue ne peut le dire, tel est l'un des traits les plus frappants de la diversité des peuples qui couvre la surface du globe, et celui peut-être auquel on s'est le plus arrêté pour la distinction, la définition et par suite pour la nomenclature des principales races. On parle encore de la race noire , de la race blanche , comme si ces épilhèles emportaient réellement avec elles touleune caractéristique et marquaient une limite précise entre les hommes d'un teint clair et ceux d'une couleur plus ou moins foncée. 11 n'en est rien cependant ; car l'homme le plus noir peut avoir les formes de la tête, les traits principaux de l'Homme blanc, et de grandes diûérences existent sous ces derniers rapports entre des hommes de même couleur. Toutefois cette remarque, sans rien perdre de son importance, ne doit pas voiler ce qu'il y a de relations véritables entre la couleur et des caractères plus réellement typiques: il est des types humains qui sont constamment teints de couleurs foncées , et les peuples prognathes sont de ce nombre, taudis qu'il n'en est qu'un qui parcoure toute l'échelle des nuances entre le blanc des peuples de l'Europe et le noir dchcne. Ainsi la teiuie
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de la peau peut avoir sa place , mais une place très subordonnée dans la caractéristique des grands types de variétés. Les teintes noires se montrent presque immédiatement après la naissance et persistent au moins pendant plusieurs générations, et surtout chez les noirs prognathes, sous les ciels les plus divers. Ces teintes semblent en outre pénétrer bien au delà de la peau; le sang, les muscles, mais non le sperme comme le croyaient les anciens, ont une nuance plus foncée chez les nègres que chez nous.
M. Flourens a cru même un moment que la peau, chez les races colorées, offrait un élément spécial, une couche propre à ces races etqui manquait à la nôtre, même aux individus et aux peuples de notre type dont la peau se fonce plus ou moins; chez ceux-ci, M. Flourens plaçait le siège de la coloration dans une couche épidermique. Mais plus tard il reconnut que l'organisation de la peau est la même chez tous les hommes , et que lorsqu'elle se colore c'est à l'aide d'un même procédé , à savoir par le développement de la couche pigmentale. C'est, en effet , à des différences dans la quantité du pigment qui se forme , se dépose et se résorbe que sont dues les teintes variées que nous offrent et la peau et le sang.
Nous prendrons note ici d'un fait dont lïous ferons ressortir plus lard l'importance : c'estque, quelle que soit la couleur de la peau, cette couleur est uniforme , sauf quelques différences d'intensité qui rentrent dans une même règle pour toutes les races ; il n'y a pas , en un mot, dans le genre Homme, ce qu'on appelle en zoologie des livrées, des systèmes de coloration.
Ajoutons enfin qu'une teinte foncée de la peau entraine presque toujours , non seulement les teintes noires des poils , des cheveux, mais aussi celles de l'iris; tandis que les teintes claires, grises ou bleues de cette petite membrane ne se voient guère, comme les cheveux blonds ou roux, que chez les Hommes à peau blanche. Chez ceux ci les couleurs des cheveux et de l'iris varient , en effet, passablement : l'iris est généralement bleu quand les cheveux sont blonds , plus rarement quand ils sont noirs.
Les différences que présentent entre elles les diverses populations du globe sous le Mpport de leurs aptitudes, de leur dévclop-
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pement intellectuel et moral , et par suite sous celui de leur état social, sont dans une certaine corrélation avec les différences physiques , sans qu'on puisse saisir entre les unes et les autres la raison étiologique de cette correspondance. Aux grandes différences sociales, par exemple, à la civilisation spontanée et progressive , à la vie nomade et plus ou moins barbare, enfin, à l'état sauvage, répondent, en général, de grandes différences physiques. La diversité des aptitudes se retrouve aussi à côté de la diversité nuancée des caractères nationaux d'une même race. Mais il est temps que nous passions de cette revue préliminaire et en quelque sorte abstraite des caractères qui différencient les principaux types humains à l'étude de ces types eux-mêmes.
Il en est trois qui ressortent au milieu et au-dessus de tous les autres; ce sont trois types de variétés de premier ordre. Je ne dis pas trois races , car la race est une lignée , une famille , au sens historique du mot , et il se pourrait que quoique marquée, en général, d'une seule et même empreinte , elle ne fût cependant pas nécessairement et toujours renfermée dans les limites de variation d'un type unique, tandis que d'un autre côté plusieurs races pourraient bien revêtir les caractères de la même variété générale; c'est ce que la suite de ce travail nous dira; mais celte réserve était nécessaire pour ramener à la seule signification que nous puissions accepter en ce moment dans notre rôle de naturaliste, les grandes divisions établies par les auteurs dans le genre Homme, et notamment les trois groupes principaux que Blumenbach , Cuvier et leurs successeurs ont admis , en y rattachant, comme dérivés ou comme intermédiaires , plusieurs types d'un caractère moins saillant.
Ces trois groupes sont connus généralement aujoud'hui sous les noms de variéié caucasiquG, variété mongole, et variété éthiopienne ou nègre. Voyons quels sont leurs caractères et quelles populations leur appartiennent, quelles se rattachent de près ou de loin à chacun d'eux.
l. TYPE OU VARIÉTÉ CAUCASIQUE..
Une tête à forme arrondie, dont le crâne, assez régulièrement ovoïde , domine corn-
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plèiement la face; celle-ci ne faisant saillie ni en avant, par la projection de la mâchoire, ni sur les côtés par le développement des pommettes; un visage ovale, à traits médiocrement prononcés, et offrant, entre autres détails, des yeux horizon tam et plus ou moins largement découverts par les paupières; un nez plus saillant que large, une bouche petite ou médiocre , à lèvres généralement minces; la barbe fournie, lescheveui longs, fins, droits ou bouclés, de couleur variable ; la peau d'un blanc rosé ou d'une teinte plus ou moins foncée, selon le climat, les habitudes, le tempérament ; tels sont les caractères physiques de ce premier groupe. Ajoutez que c'est parmi les peuples de cette catégorie que nous rencontrons, depuis l'antiquité, la plus haute culture intellectuelle et morale, et aujourd'hui la civilisation la plus avancée et la plus progressive.
L'épiihèle de Caucasique ou Caucasienne, donnée par Blumenbach et Cuvier à la première variété typique du genre Homme, laisserait croire, ou que c'est dans la chaînedu Caucase qu'il faut en chercher les exemplaires modèles, ou que cette région est la patrie primitive des nations de ce type. Il est certain que parmi les peuplades qui habitent les deux versants du Caucase, il en est, telles que les Tcherkesses ou Circassiens au nord-ouest, et les Géorgiens au sud, qui sont renommées pour la régularité de leurs traits ; il est peu de voyageurs qui n'aient confirmé ce que nous disent à ce sujet Pallas et Klaproth. Mais on trouve ailleurs, et sur une plus grande échelle, des peuples non moins dignes de cette réputation, et qui par leur importance auraient, plus que les précédents , le droit de donner leur nom à la variété qu'ils représentent si bien. Serait-ce donc que ces peuples, et tous ceux qui offrent à divers titres les mêmes caractères , seraient descendus des hauteurs du Caucase V Rien n'autorise cette hypothèse de Cuvier et des auteurs qui ont pensé et dit avant lui que les montagnes ont été le premier séjour des hommes. Et d'abord les peuplades répandues sur les diverses parties habitables et aux limites de la chaîne caucasienne , loin d'avoir le cachet d'une même nationalité, paraissent d'origines diverses et étrangères. Les unes, telles que lés tribus de
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l'intérieur, connues sous les noms de Basians et Cbumyks, sont turques; d'autres paraissent se rattacher aux nations sibériennes ; d'autres encore, telles que les Ossètes, et, peut-être, les Géorgiens, semblent appartenir aux peuples de souche ariane. Il est donc permis de croire que le Caucase , au lieu d'avoir été le berceau du type qui eo porte le nom, fut peuplé, à diverses époques, par des bandes étrangères, en voie de migration , ou qui y auraient cherché un refuge après une défaite. Ce serait le cas > dit on , des Ossètes , qu'on a considérés comme descendants des barbares de race germanique connus dans l'histoire sous le nom d'Âlains.
S'il fallait déterminer, non le premier berceau, mais le siège des premiers établissements des peuples de type caucasien , les lieux où ces peuples ont commencé leurs grandes vies nationales, avec les diverses civilisations qui les caractérisent et les îut fluences qu'elles ont exercées sur l'homme physique, nous serions conduits par l'histoire, comme par l'induction rationnelle, à placer ces établissements sur les rives des grands fleuves qui arrosent les heureux pays situés au voisinage de la mer des Indes et de la Méditerranée. Les ethnographes nous montrent là trois antiques familles , d'où semblent dériver, selon Prichard, au moins tous les peuples de notre type, et, peut être, ceux des autres. Au centre, la famille araméenne ou sémitique, qui a laissé ses monuments les plus anciens dans les vallées de la Mésopotamie; à l'ouest, la race égyptienne , qui a prospéré dans la riche vallée du Nil ; au sud-est la rare ariane , établie à droite et à gauche de l'Indus.
Ce qui sépare le plus nettement ces trois races , ce sont leurs idiomes : d'une race à l'autre l'organisme des langues diffère au plus haut degré, tandis que les idiomes d'une même race ont, malgré leur diversiié, des caractères frappants d'affinité originelle. A ces premières différences en correspondent d'autres, dans les aptitudes et les dispositions intellectuelles et morales. Enfin chaque race a des caractères physiques plus ou moins déterminés, quoique rentrant dans le même type général. A son tour elle se subdivise sous le triple rapport des idiomes, des aptitudes et des traits en races nationales , et se trouve soumise à des conditions ejté-
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rieures de variation , dont les effets ira>ersent, en quelque sorte, les ditrércnccs plus anciennes et plus générales, et nous perriieiieni d'entrevoir les causes de celles-ci.
a. BACE STBO-ABABE CD SÉMITE.
Commençons par la famille qui occupe la position la plus centrale. L'Arabie, la Syrie, la Mé.^opotaniie ont été le siège de ses plus anciens établissements. Plus tard, elle a colonisé quelques parties de l'Afrique.
Ce groupe comprend plusieurs nationalités distinctes : les unes à peu près ou tout à fait éteintes , les autres parvenues jusqu'à nos jours sans avoir perdu de leur importance numérique. Malgré la diversité de leur état social et de leur genre de vie , les peuples syro-arabes portent dans leur langage l'indice de la plus étroite parenté. Toutefois ce môme langage nous indique, par ses différents idiomes, quatre branches principales, qui sont : V la branche araméenne, parlant le dialecte peut-être le plus ancien , le syriaque, qu'on suppose avoir été la langue d'Abraham et de ses descendants jusqu'à la conquête du pays de Canaan ; 2° la branche phénicienne et cananéenne à laquelle les Israélites, au retour d'Egypte , empruntèrent l'idiome connu sous le nom d'hébreu ; 3° la branche arabe ; 4*^ celle des Himyarites ou Homérites de Ptolémée , établis au sud de la péninsule arab-que, et qui ont jeté des colonies dans la province abyssinienne de Tugray.
Nous n'avons point à discuter ici l'origine de ces diverses nations, les unes sémites, les autres camites. Constatons seulement que toutes paraissent être descendues des régions syro-mésopoiamiennes , et qu'aujourd'hui nous trouvons entre elles le lien d'une même famille d'idiomes et d'un même type physique secondaire. A ce dernier égard cependant, nous n'avons pas tous les éléments d'une parfaite certitude ; car, parmi les peuples syro-arabes, il n'en est que deui, les Arabes et les Juifs, qui nous soient bien connus. Nous ne savons rien des caractères physiognomiques des Phéniciens et des peuplades cananéennes, qui , étant de souche camite , pouvaient difTércr des descendants d'Abrahnm et des î^utres tribus sémites.
Les Juifs, aujourd'hui dispersés parmi toutes les autres nations, ont conservé, sans
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doute, quelque chose de leur physionomie propre; mais, sous la seule influence des circonstances extérieures et du genre de vie, les traits et les autres caractères des peupies au milieu desqueU ils vivent depuis longtemps , se sont substitués peu à peu à leur type national. Il n'en est pas de même des Arabes : nous les retrouvons nombreux, et à peu près dans les mêmes conditions que jadis aux lieux qu'ils habitaient anciennement, sans parler des contrées qu'ils ont conquises à des époques plus récentes.
L'Arabe, tel que nous pouvons l'observer de nos jours, soit en Asie, soit en Afrique, est vraisemblablement un représentant assez fidèle des races sémites. Du reste sa physionomie est caractérislique. Voici le portrait que nous donne Fraser des Arabes orientaux , tels qu'il les a vus dans la partie orientale de la presqu'île, u Les Arabes proprement dits sont, à peu d'exceptions près, plutôt maigres que d'apparence robuste.
Les hommes des classes supérieures que nous avons eu l'occasion d'observer, les scheiks et leurs familles, avaient tous le même caractère de figure. Le visage était généralement long et mince , le front peu élevé , avec une protubérance arrondie vers le sommet , le nez aquilin , la bouche et le menton fuyants , ce qui donne au profil un contour arrondi plutôt que droit , les yeus enfoncés, noirs et brillants. Leurs membres, grêles et peu musculeux , étaient petits, surtout les mains, qui offraient , chez quelques uns, une délicatesse presque féminine. » Ce portrait est généralement conforme aux détails donnés par d'autres voyageurs anciens et récents , par M. Larrey, par les membres de la Commission scientifique de r.Algérie que présidait M. Bory de Saint-Viucent. Toutes les relations que nous pouvons consulter s'accordent à nous représenter, comme appartenant à la race arabe, un profil allongé avec élévation notable de la voûte crânienne ; un nez aquilin presque sans dépression à sa racine (ses os propres sont plus longs que dans les autres races }; la ligne des mâchoires un peu rentrantes ; la bouche petite, les dents bien plantées; les yeux logés assez profondément malgré le peu de saillie des arcades sourciiières; puis «les formes générales grêles, élégantes, par con«<'quen( peu de tisru cellulaire et de
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fjraissp ; des muscles énergiques sous un V'ilume tnédiocre; enfin des sens très aiguisés, une intelligence éminente, des senliiiients à la fois vifs, profonds, persévérants, portés en religion jusqu'au plus ardent fanatisme. Larrey, qui a, plus qu'aucun autre auteur, professé la supériorité de la race arabe sur toutes les autres, retrouvait cette supériorité jusque dans le développement des circonvolutions cérébrales , la consistance des nerfs , les caractères de la fibre musculaire, ceux du tissu osseux, le volume proportionnel du cœur.
Quelque prononcé que soit le type arabe dans l'ensemble de ses caractères , et quelle que soit sa constance , il ne laisse pas- que de subir des modifications assez considérables sous l'influence de diverses causes plus ou moins faciles à apprécier. Et d'abord, la couleur de la peau varie ici , comme toujiturSj avec l'action de la lumière et du climat; elle est généralement plus foncée dans les classes inférieures que dans les autres , et portée même jusqu'au plus beau noir dans certaines tribus nubiennes , sans (ju'il y ait lieu de soupçonner un mélange (!e sang nègre. Plus au nord , et chez les femmes surtout , nous retrouvons le teint des Européens. Des différences assez notables existent, sous ce rapport, dans l'Yémen, çntre les habitants des côtes et ceux des montagnes. « Les femmes arabes des contrées basses et exposées aux chaleurs, dit Niebuhr, ont naturellement la peau d'uD jaune foncé; mais dans les montagnes on trouve de jolis visages , même parmi les paysannes. « On rencontre aussi quelquefois des cheveux plus ou moins clairs et des yeux bleus ou gris, chez les Arabes qui habitent des régions tempérées. En revanche , on signale des tribus du milieu du désert syrien , qui ont les cheveux crépus et assez analogues à ceux des nègres. D'autres différences, portant sur les formes et la stature, se font remarquer entre les Arabes nomades et les sédentaires : les premiers, les Bédauwis ou Bédouins, Ebn-el-Arab, enfants du désert, toujours err.ints , agiles et très sobres, sont plus petits, d'une complexion plus grêle que les autres , et toutefois supportent très bien les fatigues et les privations de leur genre de vie. L'éuergie du ÉVMème nerveux et de la fibre musculaire
supplée chez eux au développement en volume. Les agriculteurs ou Fehias , au contraire, sont plus grands , et surtout d'une apparence plus robuste. Fuis le genre de vie influe aussi un peu sur les traits, en agissant sur l'expression de la physionomie, qui , chez le Bédouin , est celle de la défiance, et d'un caractère plus ou moins farouche.
En résumé, la race syro-arabe ou sémite, représentée aujourd'hui par les Juifs, par quelques débris des Assyriens relégués dans les montagnes du Kurdistan, par les Hymiarites et leurs colonies africaines, mais surtout p&T les Arabes nomades, qui mènent fidèlement depuis la plus haute antiquité le même genre de vie, nous offre, au milieu de circonstances climatériques assez diverses et qui n'ont de commun que la beauté du ciel, un caractère morphologique prononcé, uniforme , opiniâtre, empreinte originelle d'une beauté incontestable, conservée par une grande énergie vitale, par une force de réaction contre la nature qui a renfermé les modifications de celle empreinte .dans d'étroites limites, et ne l'a jamais laissé disparaître complètement , même chez les tribus dispersées et soumises à l'influence prolongée de nouvelles causes. Et toutefois nous noserions affirmer que la victoire soit toujours restée à cette heureuse nature des descendants de Sem , et que, dans ses altérations, leur type n'ait pu quelquefois se perdre jusqu'à disparaître dans les traits d'un type très différent. Si ce fait s'est réalisé, pour des familles de vraie souche syroarabe, et l'on en cite des exemples, il prouverait qu'il n'est pas de barrières entre les variétés même les mieux caractérisées du genre humain.
(3. BACE ARIANE.
Les ethnographes groupent sous les dénominations de famille Indo-européenne, Japélique, Ariane, de nombreuses populations du type caucasien, répandues des Indes orientales aux limites occidentales de l'Europe , et qui couvrent le plateau de l'Iran, le Turkeslan, l'Arménie, l'Asie mineure, toute l'Europe, quelques points de l'Afrique septentrionale, sans parler des colonies lointaines qui appartiennent à l'bistoiro moderne de celle race. Quoique composée
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d't^léments nombreux et aujourd'hui très «livcrsiCés , la famille ariane est une par |(,'s affinités plus ou moins prochaines de ses idiomes, par ses Iradiiions historiques et mythologiques , comme par le caraclère prônerai des nations qui s'y rencontrent. Tandis que les langues sémites , privées d'expressions pour les idées abstraites et métaphysiques, dénoncent des tendances et des habitudes intellectuelles moins spéculatives que pratiques, en religion plus de tradition et de foi que de philosophie, et en général plus de vérités reçues que de vérités conduises, les idiomes indo-européens nous disent que les peuples qui les partent, ont à côté de la tradition, spéculé de bonne heure sur la nature, sur la divinité, sur 1 hommt Les sciences ont eu chez les Arabes un moment de culture et de progrès, maii "es dans la race ariane qu'elles ont ^r^nd à travers des phases diverses, dans 'outes le» directions, et qu'elles ont atteint la précision , la méthode, l'élévation et la portée philosophique qui les placent aujourd'hui si haut dans l'estime du penseur et de l'homme d'état. Quant à l'état social •! varie plus dans la race ariane qu'il na jamais varié dans la race syro-arabe. Ici, c'est la société Indoue, divisée en castes infranchissables et dont la civilisation, longtemps slalionnaire, s'alTaisse dans ses immobiles institutions. Ailleurs ce sont de grandes monarchies conquérantes, ailleurs des républiques démocratiques ou patriciennes , assises sur l'esclavage, puis tout le développement plastique de nos sociétés européennes modernes, fixant au sol des bandes Jusqu'alors nomades, les disciplinant peu à |)cu par l'église, et par la hiéxarcbie féodale, émancipant ensuite l'homme de l'homme, la faiblesse de la force, pour ne les soumettre qu'à la loi et à la justice sociale, dans toute la dignité de l'être moral, libre et responsable. Pour accomplir cette marche ascendante, à laquelle elle fera participer peu à peu les autres races , la famille ariane a été placée dans des conditions psychologiques , physiques et géographiques en rapport avec ce rôle. Souple, active, intelligente, se lançant volontiers dans l'infini de ses désirs et de l'espace ouver devan. elle, quand elle ne s'est pas abîmée dans le vide et ensevelie sous les grandeurs écrasantes de ses