‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 4)Chapitre 3 sur 123 · Y AU · texte numérisé non relu

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conceptions panthéistes , elle a marché de ses steppes improductives vers des terre» plus fécondes, et là tantôt sous une impui» sion, tantôt sous une autre, cherchant sa voie encore inconnue, passionnée par l'art, par le beau, sous le ciel de la Grèce, par la patrie à Rome, elle reçut de la race sémite un ferment nouveau et régénérateur qui , dédaigné par celle-ci , trop humain pour le génie juif, donna bientôt une impulsion puissante aux races de l'Occident. Le christianisme, malgré bien des résistances et de graves altérations, a peu à peu pénétré ces races de principes et de sentiments moraux inconnus du monde ancien, et qui ont contribué pour beaucoup à leur supériorité.

Le type physique, là où il a tout son caractère; toute sa beauté , en Géorgie , en Perse , en Grèce, est au moins aussi parfait ici que dans la famille arabe. Les formes sont aussi régulières , aussi élégantes dans une race que dans l'autre, mais elles ne sont pas exactement les mêmes. La tête, la face offrent des ovales un peu différents , des traits qui ne permettent pas de confusion. En général, le type arabe se distingue par l'ovale plus allongé de la face, le front bieu voûté mais plus étroit et moins vertical , le menton plus saillant, les lèvres un peu plus fortes , les oreilles plus grandes , l'œil grand , mais moins découvert. Tout dans les formes de l'Arabe annonce une vie énergique'et rapide. Le type arian a des contours plus arrondis, plus souples, moins décidés. Il semble mieux préparé à subir l'action des modificateurs tant externes qu'internes qui devaient agir sur lui dans les conditions sociales et climatériques si diverses où se trouvent les nations de cette branche.

La partie du cours del'Indus, quiavoisine l'îndu-Cushou Caucase indien, paraît avoir été sinon le berceau, du moins l'une des patries antiques de ces nations. De ce point, de deux districts contigus , seraient partis d'abord, les Indous, qui parlent des dialectes dérivés du Sanskrit, et les anciens peuples de l'Iran et de la Bactriane parlant des langues issues du Zend, idiome qui a de nombreuses analogies avec le précédent.

Indous. Le rameau oriental ou indou s'est avancé du Penjab vers le Gange et vers le sud, en subjuguant ou refoulant

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«me population plus ancienne, car les indigènes du Dekan , qui parlent un dialecte tamoule, paraissent appartenir à cette race vaincue. Les Indous proprement dits, les hommes issus deBrabma, constituent réellement un seul et même peuple par la langue, comme par les caractères physiques, malgré leur division en castes, et bien que les castes supérieures, surtout celle des Brahmines, soient plus particulièrement citées pour la régularité des traits et la teinte plus claire de la peau. Ces peuples nous offrent un type de tête tout à fait européen, et d'une belle conformation. On y remarque le prolongement de la région occipitale, le peu de développement des os malaires, une dépression assez ni.irquée entre le front et la racine du nez. Les trait» ont de la délicatesse ; le nez est étroit dans toute sa longueur, la bouche est petite avec des lèvres minces, le menton, de forme arrondie, est ordinairement marqué d'une fossette; de grands yeux surmontés de sourcils arqués , et bordés eui-mêmes de longs cils , des oreilles médiocre* achèvent ce portrait. La taille est plutôt petite que grande, les formes grêles. Les Indous de la plaine sont généralement d'une faible complexion , et l'énergie du système nerveux et des muscles ne rachète pas chez eux , comme chez les Arabes, le peu de développement de ceuxci. Une nourriture insuffisante et peu azotée , un climat énervant expliquent ce genre d'infériorité. Les habitants des montagnes sont, en effet, beaucoup plus robustes et jouissent d'une constitution très différente de celle des Indous du bas pays. Ceux-ci, sous l'influence d'un ciel ardent, se colorent de teintes plus ou moins foncées. « Les hommes qui se livrent à l'agriculture , dit l'abbé Dubois , et qui restent toujours exposés au soleil , n'ont la peau guère moins noire que celle des habitants de la Caffrerie ou de la Guinée; mais la teinte de la plupart des Brahmes, ou des personnes qui, par état, travaillent à l'abri du soleil ou mènent une vie sédentaire, n'est pas, à beaucoup près, si foncée. La couleur des Brahmes est celle du cuivre jaune ou plutôt d'une infusion claire de café; c'est la plus estimée , et les jeunes femmes au teint de pain d'dpice, sont celles qui attirent le plus les regards. « Mais

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en nous transportant sur des régions plus élevées que les plaines de l'Indostan, nous voyons déjà, dans la vallée de Cachemire, le teint s'éclaircir beaucoup, et plus haut les colonies indbues établies dans quelques cantons de l'Himalaya, nous offrent la peau blanche et les cheveux clairs , blonds ou roux qui caractérisaient jadis plus que de nos jours nos peuples du Nord. Il existe dans un district du Caucase indien, un peuple de même origine que les Indous, les Siah-Pôsh ou Kafirs(in6dèles) des Musulmans voisins, parlant un dialecte dérivé du Sanskrit ; ces Siah-Pôsh se distinguent des Indous du Penjab et des plaines du Gange par la blancheur et l'animation de leur teint, les couleurs claires de leurs cheveux et leur belle et robuste complexion. On dirait un peuple Scandinave. Burnes vit à Caboul un jeune homme de cette nation qui avait des traits d'une régularité rappelant le type grec. Ajoutons que les Siah-Pôsh ont des coutumes et une mythologie différentes de celles des Indous.

Branche iranienne. Tandis que les Indous se souviennent d'être descendus du nordouest, les Médo-Perses indiquent le nordest de l'Iran comme la patrie de leurs ancêtres. Répandus jadis et puissants sur tout le plateau de la Perse et bien au delà , aujourd'hui leurs descendants, sous le nom de Tajiks , subjugués tour à tour par les Arabes et les Tartares, sont concentrés dans les .villes de cette région et de quelques pays voisins, et forment encore une population distmcte. Les Tajiks ou Persans prnprement dits, ont conservé toute la régularité des formes que nous remarquons dans les bas -reliefs des antiques monuments médo-perses, et dont rendaient témoignage les auteurs grecs. Une grande stature, un proGl long et vertical, une abondance remarquable du système pileux, distinguent ce type du type indou, lequel rappelle bien plus, par la variété des traits, ce que nous voyons en Europe. Du reste, vers les régions nord et sud orientales de l'Iran, ce type se modifie plus ou moins; il est moins régulier à Caboul qu'à Ispahan , et l'on signale la grande diversité que présentent en général les Afghans. Ces différences s'expliquent en grande partie par celles des conditions climaiériques, bien plus uniformes

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sur le platpaij persuii que dans les régions en pariie uioniagnetises , en partie basses qui avuisiueul les cours ïnoyeD et inférieur de rindtis.

Kurdes. Enquitlanlie plateau de l'Iran et l'heureux climat de la Perse, pour entrer à l'ouest dans la région montagneuse du Kurdistan , nous reiicoiitrotis une population demi-barbare biendidérenie desdesiendcints des Médo-Perses, et pourtant aussi de souche ariane. Les Kurdes, en elTet , tels que nous les dépeint le missionnaire Hœrnle, sont des hommes de haute stature, mais aux traits grossiers; leur grande bouche, leurs petits yeux, leur expression sauvage, contrastent avec le beau type persan, remarquable par la régularité des traits, la grandeur de l'œil, une bouche médiocre et bien faite.

Arméniens. Redescendons nous, au contraire, vers le plateau arménien, nous allons retrouver ce beau type de tête , joint à une statureavaiitageuse, dans la population chrétienne qui représente ici la famille ariane. Les Arméniens sont renommés, en effet, comme leurs voisins du Caucase, par leur beauté physique. Mais ces derniers, comme nous l'avons déjà dit, sont d'origines diverses, et les plus beaux, les Géorgiens et les Circassiens, ceux-ci, toutefois plus certainement que ceux-là, sont étrangers à la famille qui nous occupe en ce moment (ce qui, du reste, ajoute à l'importance du rapprochement qu'établissent leurs caractères physiques actuels entre eux et leurs voisins Arians). Les Arméniens ont des traits plus arrondis que les Persans; leur peau est blanche; leurs yeux et leurs cheveux sont noirs. Comme ces derniers, ils se distinguent par l'abondance de la barbe, tandis que les Indous joignent à des proportions amoindries, une barbe plus ou moins rare.-

A l'ouest de l'Arménie , l'Asie mineure nous offre une population complexe, dont les éléments, mieux isolés ailleurs, se représenteront à nous sous de meilleures conditions d'étude. Au-dessous et à côté de la race turque, aujourd'hui dominatrice, et qui n'appartient pas par ses origines à la famille ariane, se trouvent entre autres les débris des peuples pelages et celtes qui colonisèrent jadis quelques provinces de celte péninsule.

Grecs. Les Grecs sont de race ariane.

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m.iis, selon toute apparence, de tribus diverses. Aux Pelages s'ajoutèrent les Hellèiics et d'autres encore appartenant aux peuplades ihraces. Nous n'avons pas à rechercher si, comme le pensent des auteurs d'une grande autorité, tous ces éléments ne se rattacheraient pas à un rameau corjimun de la branche indo-européenne. Les Grecs sont devenus et demeurent, à nos yeux, une nation, et celte nation a conservé au moins ses caractères physiques, malgré tous les malheurs d'une décadence sociale qui a fini par plusieurs siècles d'asservissement. En comparant les Grecs modernes avec leurs ancêtres, tels que les historiens, les poêles, la statuaire et quelques têtes osseuses nous les font connaître, nous admirons, chez les premiers, la persistance étonnante d'un type admirableau sein d'une profonde déchéance. La nature a conjuré les effets de la chute' sociale qui n'a cependant jamais été sous l'heureux climat de l'Hellade et du Péloponèse jusqu'à effacer le souvenir des anciens jours.

On a cru longtemps que les artistes grecs avaient donné aux têtes de leurs dieux des formes idéales, qui exagéraient beaucoup la beauté des formes réelles. Mais un crâne de la collection de Blumenbach prouve que , sous le rapport des proportions et des contours généraux de la tête, l'art était allé rarement au delà de la nature; et M. Pouqueville a retrouvé, dans la Morée, les types inspirateurs de la statuaire antique , eu sorte que la tête de l'Apollon pyihien nous offre une image fidèle et digne d'être consultée.

La forme subglabuleuse du crâne, l'ample et régulière voussure du front, le profil presque vertical du maxillaire supérieur, le peu de saillie des pommettes, soit en avant, soit sur les côlés, sont les traits principaux du dessin que Blumenbach nous donne dans sa sixième Décade (pi. 51, 1820). De son côté, la statuaire nous fournit les caractères suivants: Front élevé, espace interoculaire assez grand, offrant à peine une légère inflexion à la racine du nez; ce dernier droit ou faiblement aquilin ; les yeux grands, largement ouverts, couverts d'un sourcil peu arqué; la lèvre supérieure courte; la bouche petite ou médiocre et d'un gracieux contour ; le menton saillant et bien arrondi.

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M. Pouqneville nous dit des habitants de la Morée qu'ils sont généralement grands et bien Tuits. Il nous vante le port majestueux, l'airimposanl, les formeséléganles, les beaux traits et la physionomie animée des femmes de Sparte, les traits màies, réguliers et la haute stature des hommes. Les femmes du Taygèie ont, dit-il, le portdePallas; la Messénienne se fait remarquer par son embonpoint. El ici nous voyons que, sous ses contours généraux , le type grec admet des différences plus ou moins locales. Celles-ci portent surtout sur la couleur des cheveux et de l'iris. Le voyageur, que nous venons de citer, nous parle des beaux cheveux blonds des femmes lacédétnoniennes, de leurs yeux bleus, des cheveux noirs des Messéniennes. En Grèce, ces caractères-là varient, comme nous les avons vu varier dans les Indes, comme nous les verrons varier dans le reste de la famille ariane; et la même variété existait jadis, comme le témoignent les épi-

tbètes de ÇavGoî, Ttvppoi, ylavxwnîSti;, etC,

très employées par les poêles de l'antiquité. Italiens. La population de l'Italie est issue presque exclusivement de la famille ariane, et se compose, toutefois, de divers éléments très distincts qui sont venus se mêler ou se combattre sur cette belle terre et sous ce ciel admirable. A travers l'empreinte commune et mériilionale qui, du pied des Alpes à l'extrémité de la Péninsule, fait reconnaître une 6gure italienne, se laissent facilement discerner, malgré le mélange des peuples, les caractères qui les différencient. Au sud et sur le revers oriental de l'Apennin , se retrouvent les vrais types grecs; au nord, abondent et prédominent les figures gauloises; dans la Toscane et les contrées voisines, on rencontrerait plus d'un descendant de ces anciens Étrusques, venus, dit-on, de la Grèce septentrionale, et dont les formes pleines, arrondies, un peu lourdes, nous sont conservées sur les couvercles de leurs sarcophages. Enfin la population latine, celle dont quelques bustes des premiers empereurs nous ont conservé les traits, a de nombreux représentants dans les contrées de l'Italie occidentale qui avoisinenl Rome et, <lans cette capitale elle-même. Ce type, celui peut-être des plus anciennes races de l'Italie, nous offre la caractéristique suivante : Tèie large, front peu élevé, vertex aplati, région T. un'.

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