V. DiCTYOPTEnis, Guttb
Par la forme générale de ses feuilles et par celle des folioles, ce genre se rapproche beaucoup des Neurnpleris dont il diffère, comme les Lo«c/)o;)/er!S des Pecopleris, par l'anastomose des nervures en mailles régulières ovales, formant un réseau qui semble s'épanouir du centre de la base de la foliole pour s'étendre jusqu'à la circonférence; les folioles sont ovales-elliptiques ou oblongues, dans la même feuille , elles sont arrondies, entières, légèrement cordiformes à la base et fixées au achis seulement par leur milieu, la nervure moyenne est à peine indiquée à leur base et disparaît immédiatement, la fronde est bipinnée et les pennes sont décurrentes sur le rachis commun qui porte ainsi des folioles successivement décroissantes, comme dans quelques Neuroptc-
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ris (N. auriculata) dont ces fougères ont tout à fait l'aspect.
M. Guiibier qui a établi ce genre n'en indique qu'une espèce du terrain houiller de Swickau sous le nom de Diclyopteris Bronguiarli ( Guttb. , Verst. der Swick. Schwartz Kohi., p. 63, pi. 11, f. 7, 9, 10).
Mais il y en a une secondeespèce fréquefite dans les terrains houillers de la Russie méridionale, indiquée par Eichwald , sous le nom d'Odontopteris Munsleri , c'est le DiC' tyopteris Munsteri.
M. Bunbury a aussi figuré sous le nom de Diclyopteris obliqua, une espèce de ce genre qui provient des terrains houillers de la Nouvelle-Ecosse; enfin, j'en ai quelques folioles isolées venant des montagnes de la partie orientale de l'Egypte qui appartiennent , sans aucun doute, à ce genre, dont toutes les espèces paraissent propres au terrain houiller.
Ces citations prouvent que ce genre, quoique peu nombreux en espèces, est répandu sur une très vaste étendue du globe ; quant à la distinction positive des quatre espèces indiquées ci-dessus, une comparaison très minutieuse, et des échantillons plus complets seraient nécessaires pour les bien différencier, d'autant plus qu'on peut juger par la figure générale de Gutlbier, que les formes des folioles varient beaucoup suivant la situation qu'elles occupent sur la fronde.
n. Fioiide pinnée, bi ou Iripiniïc'e , a pinnules rétiicies à la base , flabe 11 i formes, entières , ou à peine lohe'es, à nervures divergentes dès la base, sans nervure me'diane plus prononce'e,
Adiantites {Adianlilum , Spec, Gœpp).
En limitant le genre Adianlites par le caractère ci-dessus, on le borne, il est vrai, à un petit nombre d'espèces, telles que A. nervosa {Sphenopl. nervosa Brong., Uisl. v. Foss.), A. concinnus Gœpp. (Sph. adtantoides Lindl. et Huit. ) , Ad. oblongifolius Gœpp. et quelques autres analogues, mais on lui donne un caractère assez précis et oa le borne, en outre, à des plantes qui ont, en effet, des rapports très prononcés avec les Adiantum de l'époque actuelle.
L'absence de nervure rnédiane, le grand nombre des nervure» secondaires régulièrement divergentes, fia bel li formes, presque parallèles et dichotomes, les divisions
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peu tnarquëes des piniiules forment leurs caraclères dislinclifs.
C. Fronde pinne'e , bi ou tripinnc'e , à jiinnulcs l'ctrécies à la base, lobées et su i lobées, à nervures pinne'es ou bipinni'es vers la buse, divisious secoodaires très obliques.
Sphenopteris.
Malgré la dirficullé d'établir des limites dans les divisions de ce genre nombreux , je crois qu'on pourra y parvenir en combinant convenablement les caractères tirés de la forme générale des pinnnles et de leur mode de division , et ceux fournis par les nervures; mais ce n'est pas ici le lieu de faire celte révision gétiér'iile des espèces.
Unger rapporte au genre Sphenopteris , après en avoir distrait les Hymenophyllites et les Trichomaniles , G9 espèces, auxquelles il faudrait déjà en ajouter quelques unes décrites plus récemment; mais, d'un autre côté , la section nommée par lui Dicksonioides passe, par des nuances presque insensibles, à certaines formes de Pecopteris.
Les Sphenopteris se rapprochent de beaucoup de genres de Fougères vivantes fort diflerents, et tant que le mode de fructification ne sera pas mieux et plus généralement observé, on devra rester dans le doute relativement à ses affinités. Comme tous les. genres de Vcgéiaux fossiles qui renferment évidemment des types très divers , ce genVe se retrouve dans tous les terrains, mais surtout dans ie^ terrains houillers et dans la période jurassique jusqu'au terrain wealdien. Je n'en connais pas d'espèce bien positive dans le grès bigarré, car M. Schimper avec raison a reconnu le Sph. paimetla pour une fronde à pinnule lacérée d'un Nevropleris , et je crois que le Sph. myriophyllum , rapporté aux Trirhomaiiites, pourrait bien n'être que le squelette des nervures d'un Pecopteris voisin du P. SuUziana.
M. Unger (Chloris Protogœa, p. 124, t. 37, fig. 5) en a décrit une espèce, Sph.receniior, des terrains tertiaires, espèce qui me paraît très voisine ou même identique avec une des Fougères trouvées dans le calcaire siliceux de Sézanne, et portant des fructifications analogues à celles des Asplemum.
Hymenophyllites, Goepp.
Ce nom a été appliqué à une forme de
Sphenopteris qui paraît se rapprocher, d'une manière assez positive, des Hynienophyitum et des Trichomanes du monde actuel, mais qui ne mérite peut-être pas plus d être distingué génériquenient que plusieurs autres formes de Sphenopteris. On les caractérise par leur fronde mince, plane, nullement coriace et recourbée sur leur bord , à pinnules ordinairement divisées en lobes linéaires uninerviées, et à rachis souvent bordé d'une aile membraneuse.
De ces caractères, le plus réel est celui tiré de la consistance mince et membraneuse de la fronde; mais il est bien difficile d'en fixer les limites et souvent de le reconnaître avec certitude sur des empreintes plus ou moins altérées. Dans quelques cas, on a aperçu des traces de fructifications terminant les lobes des pinnules et dont la position viendrait ainsi confirmer l'analogie indiquée par le nom générique.
Les espères sont, les unes du terrain houiller, les autres de l'époque jurassique.
Parmi ces dernières, l'une des plus remarquables est le Hymenophylliles macrophyllus {Sphenopt. macrophylla Brongn., Hist. des vég. foss., I , t. 58, fig. 3), observée d'abord à Stonesfield , près d'Oxford , mais dont un échantillon très complet , trouvé dans le calcaire jurassique de Morestel , près Lyon , est venu confirmer la nature. Presl l'avait considéré comme un genre d'Algue particulier sous le nom de Rhodea.
Tricbomanites Gœppert.
Les lobes des pinnules étroits, filiformes, réduits presqu'à leur nervure, caractérisent ce genre qui ne correspond, par ce caractère, qu'à quelques Trichomanes vivants, la plupart d'entr'eux ayant une fronde analogue à ceWeiies Hymeno]ihylhim.\]ne espèce décrite par M Gœppert lui a même offert des traces de fructification paraissant analoguesà celles des Trichomanes et qui viennent ainsi confirmer celte analogie.
Ce genre serait, du reste, borné à trois ou quatre espèces ; car il faut éviter de confondre avec lui des Fougères dont les nervures seraient dépouillées de leur parenchyme.
C'est dans cette même section que devrait se placer un genre de Fougères fossiles du
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lerrain hoiiiller des environs de Saarbrurk, établi par M. Pomel (Bullelins de la Société géologique, 1846, p. 634) sous le nom de LoxoPTEnis, nom que j'avais déjà indiqué pour la forme de folioles qui le caractérise; ce sont des Fougères à pinnules obliques, presque dimidiées, à nervure principale, correspondant au bord inférieur, émettant des nervures secondaires, simples ou divisées seulement par son côté supérieur. Le bord supérieur des pinnules est plus où moins profondément lobé.
M. Pomel en indique deux espèces que je n'ai pas eu occasion d'examiner.
D. Fronde simple , pinne'e ou bitiipiiiaatiCde , à pinnules géuéiulement adhéieutes par leur base au rachis, souvent confluentes, et ne foimant qjc des lobes plus ou moins prolonds, enlieics ou denticulees, non lobées; nervures secondaires pinuées, simples, dicholomes ou réticulées.
I. Nervures simples , bifurquées , ou dicholomes non réiiculées.
T^NioPTERis, Brong.
Ce genre, limité en ce moment d'une manière arbitraire, renferme probablement des Fougères très diverses.
1° Des espèces à frondes très probablement simples, comme le Tœniopleris vtllala, qui, par sa forme linéaire, oblongue, sa côte moyenne, très forte, et ses nervures simples ou rarement bifurquées à leur base et perpendiculaire au rachis, semble se rapprocher des Acroslichumk fronde "simple, rapportés, la plupart, au genre Olfersia par Presl, ou Elaphoglossum de Sihott.
Cependant quelques échantillons du Tœniopleris vittata, type de ce groupe, semblent indiquer une fructification punctiforme, comme celle des Polypodes, et, dans ce cas, ces espèces pourraient se rapprocher des Oleandra ( Âspidium articulalum, nodosum, ncriifolium).
2° Des espèces à frondes probablement pinnées ou bipinnées, mais à folioles articulées, à nervures égalementsimples et perpendiculaires au rachis, sur lesquelles M. Gœppert a observé des fructifications très analogues à celles des Angiopleris. Tel est son Tœniopleris Munsleri des schistes charbonneux du lias de Bayreuth.
On ne saurait douter de la position de ces espèces dans la famille des Maraltiacées.
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3° Des espèces à fronde pinnée, à folioles non articulées, à nervures un peu obliques et souvent bifurquées; telle est le Tœniopleris Dertrandi et une autre espèce nouvelle aussi des terrains tertiaires d'Italie.
Ces espèces me paraissent se rapprocher surtout des vrais Pleris des auteurs modernes; tels que les Pleris longifolia eXcrelica.
On n'a pas encore observé de traces de fructification sur ces fossiles.
Anomopteris, Brong..
Ce genre, toujours borné à une seule espèce, Anomopleris Mougeolii, caractéristique du lerrain de grès bigarré, a été de nouveau parfaitementdécrit et figuré parMM. Schimper et Mougeot, dans leur heWe Monographie des plantes fossiles du grès bigarré des Vosges. D après des échantillons plus complets, ils admettent que les pennes latérales que j'avais considérées comme simplement crénelées, sont pinnées et portent de petites pinnules ovales, contigues, sans nervure»
distinctes. Ces pinnules sont très nombreuses sur chacune des penues longues et linéaires de ces frondes. Toutes celles placées veis la base des pennes, dans une portion plus ou moins grande de leur étendue, sont stériles; celles placées vers les extrémités, sont plus étroites, contractées et comme réfléchies; elles paraissent concaves et fructifères.
Les frondes entières ont souvent plus de 1 mètre de long.
Crematopteris Schimper (Rewssîa Sternberg Scolopendrites Gœpperl).
Cette Fougère, l'une des plus anomales, a été décrite d'une manière beaucoup plus complète par M. Schimper, d'après des échantillons plus parfaits que ceux connus précédemment, mais qui laissent cependant encore beaucoup à désirer. Suivant lui , les frondes de ces Fougères sont une seule fois pinnée, à rachis épais, les pinnules sont insérées presque perpendiculairement sur le rachis et contigues; les inférieures sont fertiles, les supérieures sont ovales oblongues, sans nervures apparentes dans les échantillons imparfaits observés jusqu'à ce jour; les pinnules, fertiles, légèrement réfléchies, paraissent dimidiées, comme celles de certains Adianlum et Lindsea , la nervure principale
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occupant le bord supérieur et donnant naissance à des nervures secondaires dichotomes qui se dirigent vers le bord opposé. Toute la face inférieure de ces pinnules paraît couverte de capsules qui sont, en partie, recouvertes par un tégument membraneux qui naît du bord supérieur de la nervure principale.
Ces caractères, que des échantillons plus parfaits permettront peut-être de compléter et de rendre plus certains, font de ces Fougères un genre évidemment tout particulier et très différent de tous ceux du monde actuel.
J'avais autrefois décrit, sous le nom deFilicites sc3'.opcndrioides, et d'après des échantillons moins complets, cette fronde dans une position inverse qui était plus en rapport avec la position habituelle des fructifications des Fougères vers l'extrémité de leurs frondes.
Pdyllopteris.
Je crois devoir distinguer, sous ce nom, quelques Fougères que j'avais autrefois placées parmi les Glossopteris, qu'on a rapportés depuis aux Tœniopleris et qui se distinguent par des caractères assez précis des uns et des autres. Ce sont mes Glossopteris Pliillipsii et Nilsoniana. Ces deux plantes présentent des folioles provenant sans doute d'une fronde pinnée ou digitée, ainsi qu'on peut le présumer d'après la courbure de leur nervure médiane, plus ou moins lancéolées ou linéaires, à nervure médiane très prononcée, à nervures secondaires très obliques, dichotomes, nullement réticulées.
L'obliquité et la dichotomie des nervures secondaires les distinguent des Tœniopleris dont elles s'éloignent aussi par leur forme lancéolée ; le défaut de réticulation partielle, et, à plus forte raison, générale de ces nervures, les éloignent des vrais Glossopteris à frondes simples, et des Sagenopteris avec lesquels on a confondu la plante quej'avais décrite sous le nom de Glossopteris Phillipsii qui, aussi bien que celle figurée par Phillips {Yorksh., pi. 8, fig. 8), a les nervures simplement dichotomes et nullement réticulées.
Il y a donc , à Whitby et Scarborough, deux plantes de forme générale assez analogues: celle figurée par Phillips et par moi
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qui appartient au nouveau genre Phyllopteris, et celle figurée par Lindiey et Hulton (Foss, Flora, pi. 63), qui est un Sagenopteris très voisin de ceux du lias de Biiyreuth. Quanta leur analogie avec les Fougères actuelles, elle est difficile à établir, d'après les échantillons incomplets et dépourvus de fructifications que nous connaissons. Leur nervation se rapproche de celle des folioles de diverses espèces des genres Anémia, Allosorus, Olfersia.
Les deux seules espèces fossiles connues sont de l'époque liasique ou jurassique.
A la suite de ces genres d'une forme exceptionnelle, viendrait le genre Pecopteris, tel que je l'avais établi, dans V Histoire des Végétaux fossiles, mais, depuis celte époque, de nombreuses observations ont été faites , des espèces nouvelles ont été ajoutées, plusieurs ont été trouvées avec des fructifications plus ou moins bien conservées, et plusieurs essais ont été tentés pour établir des subdivisions dans ce vaste groupe. C'est là surtout que la difficulté se présente; car autant il est facile maintenant de distinguer les Pecopteris des autres Fougères fossiles, même dans un état de conservation asseï imparfait, autant il deviendra difficile de distinguer les genres fondés sur les détails de la nervation dans des impressions où les linéaments délicats manquent souvent. A cela on peut répondre que la classification n'est pas' destinée à classer et à déterminer des échantillons incomplets et mal conservés.
On peut tirer du fond même du sujet, abstraction faite de ces considérations accessoires, une objection plus grave. Les formes et le mode d'union des pinnules, la disposition des nervures qui les parcourent, varient dans les diverses parties d'une même fronde. Des pinnules décurrenles et adhérentes entre elles vers le sommet des pennes ou de la fronde sont distinctes et libres vers la base; les nervures qui sont simples et indivises dans les petites pinnules du sommet sont bifurquées dans celles de la partie, moyenne de la fronde ou trifurquée verssa base.
Cette considération m'avait empêché jusqu'à présent d'admettre des coupes génériques parmi les Pecopteris. Cependant il est difficile de ne pas classer niéihodiquemeot
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les espèces au nombre de plus de 150 qui rentreraient actuellement dans ce genre.
Cest ce que j'avais déjà fuit, dans l'/iistoire des végétaux fossiles, en partageant ce genre en sept sections basées sur le moiie d'union des pinnules et la division des nervures.
Est-il préférable de conserver des divisions de cette nature comme de simples sections ou de les élever au rang de genres? C'est une question fort douteuse; mais celle qui ne l'est pas à mes yeux, c'est qu'il faut donner à ces divisions des caractères aussi précis que possible et, pour cela, il faut s'appliquer à les tirer des parties moyennes des frondes qui, seules, peuvent se comparer entre elles et s'attendre que les espèces, classées d'après des échantillons incomplets ou partiels, devront souvent sortir du genre où on les avait d'abord placées. H faut aussi admettre que ces divisions rompront «ouvent des rapports naturels qui ne pourront être rétablis que lorsque la fructification, ayant été observée dans la plupart des espèces, pourra être introduite dans les caractères génériques.
Les genres ou sous genres qu'on peut, à ce que je pense, admettre parmi ces Pecopteris, sont les suivants, au nombre de huit, et peuveut être ainsi caractérisés:
GoNiOPTERiTES {Polypodium Unger).
D'après les principes admis dans la classification des. Fougères fossiles, il est impossible de ne pas faire un genre particulier de la plante parfaitement décrite et figurée par Unger, dans son Chloris protogœa (p. 121, lab. 36), sous le nom de Polypodiles slyriacus. La nervation très remarquable de cette plante est tout à fait celle des Goniopteris, et la position ainsi que l'aspect des fructiûcations, jointe la forme générale des frondes, me semiilent, ainsi quel'a indiquéM. Unger, établir des rapports très intimes entre celte Fougère et le Goniopteris fraxinifolia Presl,
On doit cependant remarquer que la même disposition des nervures se retrouve aussi dans le genre Cydodium et dans plusieurs Nephr-odium, de la tribu des Aspidiacées.
Le mode de nervation qui caractérise cette plante peut, en eiïet, être considéré comme résultant de longues pennes dont les piiinules sont soudées entre elles de manière à ne former qu'une grande foliole à larges dents
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oucrénelurescorrespondantàchacune deces pinnules non séparées. Mais chacune de ces pinnules a sa nervure médiane et des nervures pinnées simples qui s'unissent à celles de la pinnule voisine pour former par leur anastomose une nervureparallèleà la nervure médiane des pinnules, mais correspondant au sinus des lobes ei non pas à leur sommet; les frucliflcations sont portées vers le milieu des nervures secondaires pinnées. Cette disposition est analogue à celles du genre suivant, si ce n'e-st que dans ce dernier, les nervures secondaires se prolongent parallèlement les unes aux autres sans s'anastomoser jusqu'au bord de la fronde.
Dksmophlkbis {Diplazites Gœppert).
Fronde bi-tri pinnatifide; pinnules entières ou largement crénelées; nervures secondaires pinnées et comme fasciculées près de leur origine, se dirigeant presque parallèlement au nombre de quatre à six vers le bord de la feuille, sans s'anastomoser avec celles des faisceaux voisins.
Cette disposition, que j'avais déjà signalée dans le Pecoptens longifolia, observée également dans une seconde espèce par M. Gœppert, l'a déterminé à en former un genre spécial bien caractérisé, qui correspond a ma première section Diplaziles des Pecopteris {Histoire des végétaux fossiles, t. I, p. 273). Dans les vrais Pecopteris, les nervures sont tout au plus trifurquées ou plutôt pinnées, à deux branches latérales seulement, tandis qu'ici il y en a cinq ou six ; quand, dans les Pecopteris, une mêtne nervure se divise en quatre ou cinq branches, c'est par la bifurcation des rameaux inférieurs; en outre ici, les divisions ont lieu très près de l'origine de la nervure principale ou centrale du groupe.
Celte disposition rappelle, en effet, la nervation de quelques Diplazium , tels que les Diplazium plantagineum et grandifolium; mais on la retrouve aussi dans quelques Cyalhea.
On doit aussi rapporter à ce genre une Fougère remarquable des terrains permiens de la Russie, figurée dans le bel ouvrage de MM. Murchison et de Verneuil, sous le nom de Pecopteris Gœpverli.
Enfin, aux espèces citées ci-dessus, on doit peut-être ajouter VHemitelites Trevirani Gœppert, espèce très différente des autres
plantes rapportées par ce savant au genre Hemilelites, mais qui diffère des plantes prêcéfientesen ce que les nervures secondaires sont par faisceaux de trois seulement; peut être celle plante, peu connue, doit-elle rester parmi les l'ecopleris, § 2. Dicrophlcbis.
Ali;tiioi'tekis, Sternb.; Pccopleris , Spee. , Brong.
Les motifs donnés par M. Gœppert me décident à adopter ce genre dwt naturel dans son ensemble, quoique difficile à bien limiter et à distinguer dans ses confins du ^eiife Peciipteris; aussi ne lui donnerai -je pas tout à fait la même étendue que MM. Unger et Presl. On doit, je crois, le limiter à la seconde section des Pccopleris ou Pleroides, de mon Histoire des Végétaux fossiles (t. I, p. 275), en complétant ainsi le caractère qui la distingue.
Protides bi- tripinnatiOdes. Pennes ne se prolongeant pas par décurrence sur le railiis Cdinmun , mais présentant souvent leur pinnule inférieure plus grande que les autres. Pinnules élargies et déciirrenles à leur base, unies entre elles par cette expansion inférieure qui borde la côte moyctine des pennes, traversées par une nervure moyenne forte, droite et perpendiculaire sur le rachis, s'étendant jusqu'à l'extrémité des pinnules, et produisant des nervures secondaires, rapprochées, presque perpendiculaires, fourchues ou dichcilomes , naissant aussi le long du rachis commun. Fruc/i/^catioH paraissant, lorsqu'on en voit des traces, marginale et continue.
Je dois immédiatement faire observer que dans les parties inférieures des pennes et surtout vers la base de la fronde, les pinnules, au lieu d'être décurrentes et de border le rachis commun, sont libres et même contractées à la base, comme on le voit dans VAlelltopleris viilgatior Sternb., qui ne parait pas différer de certaines formes de VAlelhoplcrisloncltilica.ee genre nombreux, dans le terrain houiller, n'a pas été trouvé dans les terrains plus récents ; il ne doit comprendre que les espèces indiquées dans la seconde «ection des Pccopleris de l'histoire des Végétaux fossiles, c'est-à-dire les espèces 1 à 11 du Synopsis de Unger, auxquelles cependant il faut ajouter le Ncuropleris bblongata Sternb. , Unger ( Syn., p. 48 ),
T. XIIC.
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c'est alors un groupe fort naturel, analogue à certaines formes du genre Pleris dont il avait probablement la fructification.
CALI.IPTEniS.
On peut, je crois, former sous ce nom une section ou un genre fort naturel de Kougcres fossiles , placées en partie parmi les //emjteliles et les Aklhopteris, et en partie parmi les Ncuropleris ])!\T M. Gœppert, dans son Essai sur les Fougères fossiles, et par M. Unger qui l'a suivi dans cette classification; j'y comprendrais, en effet, les Pccopleris giganica, punclulata et sinuala ( Fltst. Vég. foss., I, p. 293, tab. 92 93), les Neuropte^ 7is conferla Sternb. et obliqua Gœpp., et probablement le Pccopleris Wangerheimii Ad. Brong. {in Murchi>on et de Verneuil, Russie, pi. F, fig. 2). Ce genre peut être ainsi caractérisé:
Fronde bipinnalifide à pennes allongées, décurrentes sur le rachis commun. Pinnules contiguës, adhérentes entre elles et légèrement obliques à la base; celles qui naissent du rachis commun au-dessous des pennes successivementdécroissantes ; nervure médiane arquée naissant obliquement du rachis; nervures secondaires, obliques, simplement bifurquées, peut-être dichotomes dans les parties inférieures de la fronde. Fructification punctiforme insérée sur une des divisions des nervures près de leur bifurcation.
Ces belles Fougères ont un peu de l'aspect des grandes frondes des Cnemidarià de l'Amérique équatoriale. Mais il y a cependant des différences assez prononcées pour qu'on doive éviter le nom d'heinileliles, qui aurait le double inconvénient d'établir une comparaison tout à fait fausse avec lei vrais Ilemiteiw du cap de Bonne- Espérance, et de ne pas s'appliquer même exactement aux anciens Ilemilelia, qui forment le genre Cnemidaria de Presl.
Pecopteiiis, Brong.
Fronde bi-tripinnatifide , pennes allongées , pinnatifides , à pinnules adhérentes par la base au rachis et souvent entre elles, dans une étendue plus ou moins grande, non décurrentes, contiguës ou presque contiguës. Nervures secondaires partant toutes de la nervure médiane des pinnules, simples, bifurquées ou rarement trifurquéei.
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§ 1. Aplophlebis.
Je réunirais sons ce nom tous les Pecopteris à fronde bipiniiatifiile, ou probablement plus souvent tripinnaiifide , <loni les pinimlcs, le plus souvent adhérenles entre elles dans une assez grande étendue, sont traversées par une nervure droite donnant nai.ssance à des nervures latérales simi>les, ordinairement obliques, quelqucfnis presque perpendiculaires sur la nervure n>édiane.
C'est ce caractère des nervures simples qui me parait propre à distinguer ce groupe fort nombreux, mais il faut souvent faire attention à l'observer sur des pinnules bien développées appartenant aux parties moyennes de la froniie, car, dans les espèces de la section suivante, les nervures qui sont bi ou trifuiquéessur les pinnules principales, sont simples dans celles des eitrémilés des frondes ou des pennes.
Ce sous genre comprend quelques espèces de la section des Cyaihoides et une grande partie de celle des Uniiœ de l'histoiredes Végétaux fossiles. 11 correspond aussi, mais en partie seulement, aux Asplemles et AspiditeSf et a quelques CyaiiwUes de M. Gœppert.
Je citerai comme exemple, les Aspleniles ophtodermalicus, Irachyruchis , divaricalus, nodosux , VAspidiles silesiacus, le Sleffensta davalloides de Gœppert, les Peropleris ar~ gula, unila, delicalula, Biolu, aspera, acuia, œqualis , aipidioides , plalyrachis, arborescens.
Cette dernière espèce si voisine du Pecopleris ryathca qui a les nervures taniôt simples, tantôt b>fnrquées, prouve combien le passage de ces deux groupes est insensible, et c'est ce qui m'a porté a les considérer comme deux sections d'un seul genre sous le nom de l'ecojileris.
La fruciiGcaiion , lorsqu'on en a vu des indices assez nets, est tantôt un peu allongée comme dans les Asplenium, laniôi ponclifortne comme dans \es Aspidium et les Cyathea ou Also]ihUa; mais ces caractères ne se montrent pas avec assei de jtrécision et n'ont encore été ob^ervés que dans trop peu d'espèces pour qu'on puis.>.e les introduire comme caractères génériques.
§ 2. Dicrophlebis.
Ces espèces se distinguent à leurs ner-
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vures bifurquées ou trifurauées, c'est-à-dire divisées en deux rameaux dont un se bifurque de nouveau; les pinnules oblongues ou ovales sont adhérentes par toute leur base au racliis et niême ordinairement un peu soudées entre elles; elles sont tantôt droites sur le rachis commun, tantôt assez obliques, ainsi que les uervures qui les traversent.
Ces plantes se rapportent en partie à notre ancienne section des Cyaihoides et en partie à celle des Uniiœ, ce sont les l'ecopteris Cyathea, oreopleridius , Candolleana, afpnis, Duck'aiidi , f/eitno'foimis , pluiuosa, denta'.a, lepiduj avilis , Pluckenelii, abbieviala, nerioia, Sauvent ii, muiicaia, etc., du terrain houiller, nebbensis, denliculata , Phillipsii, insiQhis, etc., de la formaiion jurassique. La plupart paraissent se rapprocher des Abophila et Cj/a/ftea, et des genres de la tribu des Aspidiées. Mais ces analogies n'auront rieo de certain tant que la fiuctiGcationde ces fossiles ne sera pas bien connue; car c'est parmi les formes de frondes analogues à celles de ce genre et du précédent, que se classeraient la plupart des genres, souvent remarquables par leur fructification, qui ont été décrits depuis quelques années, et que j'indiquerai à la suiie des divers genres analogues aux Pecopleris.
Cladophlebis {Pecopleris , § Ili , Nevropteroides).
Ce genre, qui correspond à la section des
Pecopleris neuropleroides , de l'histoiredes Végétaux fos.>.iles, me paraît encore, après une étude pliis prolongée, un groupe naturel et assez facile à caractériser pour pouvoir être élevé au rang de genre; il forme réeliementle passage des Pecop/eiis aux A^evropleris , il dill'ere de ces derniers par les pinnules qui ne sont pas isolées du rachis, mais qui lui sont adhérentes quoique souvent libres entre elles, et même en partie contractées , présentant alors de courtes oreillettes arrondies à leur base; ce qu'on voit surtout dans les Pecopleris NesUeriana ei Defrancii. Les nervures sont nioins fines, plus séparées, et naissent moins obliquement de la nervure médiane qui , quoique s'atténuant vers l'exirémiié , se prolonge d'une manière di»tiiicte jusqu'au sommet. Ces plautes diffèrent des autres genres formés aux
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dépens Aes Pecnpteris , et particulièrement dés vrais Pccopleris , par leurs nervures secomJaires recourbées et ilichutotnes.
Le Cladoplilebis pteroides a tant de rapport avec les vrais Neui-opleris, par ses carartères absolus, que peut-être doit-on le ranger dans ce genre, quoiqu'il n'en ait pas l'aspect. Plusieurs espèces de ce genre appartiennent aux terrains secondaires, mais la plupart sont cependant du terrain houiller.
CoNioFTERis [Pccopleris , § VI , Sphenoptcroides et Sphenoptendis spec.) .
Ce genre ou celte ancienne section des Pecopleris, forme pour ainsi dire le passage aux Sphcnopleris, comme la précédente établit le passage aux Nevropleris.
Ici les pinnules sont détachées du rachis commun, mais elles sont lobées et denliculees, de sorte qu'on pourrait les considérer comme des pennes raccourcies et légèrement pinnaiifides, forme qui se rapproche exirémement de celle des Sphcnopleris Dicksoniaides, telles que les Sphenoplcris fragi- Its, Dubuissonis, GravenliorsHi, qui seraient peut-êlre mieux placées dans ce genre avec les Pccopleris chœrophyUoides , athijrioides, crhinia et Murrayana. Ces plantes sembleraient par leurs formes générales se rapprocher des plantes de la tribu des Diclcsouiees , et quelques échantillons fructiGés viennent cotiGrmer cette analogie. Ainsi, le Balatiiites Mariii Gœpp. ( Syst. fil. foss., t. XXXVII , f. 5 6), paraît bien rentrer dans ce groupe, et M. Gœppert lui attribue une fruciificaiion analogue à celle du Balantium, genre de Diiksoniées, frucliflcation qu'il n'a malheureusement pas représentée sur ses figures. D'après une lettre et un dessin que m'a adressés M Williamson, en 18ii,le Tympanophora racemosa du Fosdl flora, n'est pas autre chose que la partie inférieure et fertile de la fronde du Coniopleris Murrayana {Pecopt. Murrayana, llist. veg foss., tab. 126), disposition tout à fait aiiJilogiie à celle du Tliynopteris , Fougère arborescente de l'île JuanFeruandez, de la tribu des Ditksoniées.
Je vais maintenant citer ici quelques genres fondés sur l'examen plus ou moins précis de la fructification , qui, par la forme de leuri frondes, me paraissent 5e rattacher
aux genres précédents, surtout aui Pecopleris proprement dits, et dont quel()ues uns méritent cependant d'être distingués d'une manière positive.
Glockeria, Gœpp.
Ce genre fondé sur une seule espèce figurée (Syst. fil. foss., l. XXXIX, f. 2-3) . présente, entre la figure et la description, si --: peu de rapports, que je ne puis pas me rendre compte de ses caractères. La figure très nettement lilhographiée ne montre aucune trace de nervures ni de fructification , et la description les indique, en renvoyant à la figure de détail, comme terminant les nervures, et ayant quelque analogie avec celles des MaraUia. L'auteur compare la plante elle-même au MaraUia cicutœfolia , dont il figure une foliole, et j'avoue qu'il m'est impossible de trouver la moimlre analogie entre les deux plantes; la forme générale de la fronde est celle d'un Pccopleris du groupe des Umtœ, et l'absence des nervures rend son classement précis in)possible.
Danaeites , Gœpp.
Cette plante, décrite et figurée dans le Systema fUic. fossil. de Gœppert, n'offre dans le fragment grossi que des traces si vagues de fructification , que je ne conçois pas qu'on ait pu les comparer a celles des Danaea, dont cette plante n'a nullemeiu la forme générale. A moins que le de>sin ne représente très mal la nature, on doit reconnaître qu'il est impossible de classer cette plante d'après ses caractères de fructification ; sa forme générale et les indices vagues de fructification la rapprocheraient du Pecopleris heniiielioides, dont Siernberg '' ^ ou Presl ont formé le genre ParUckia.
Partschia, Slernb.
M. de Siernberg , ou plutôt je crois M. Presl , qui a concouru à l'ouvrage de celui-ci, surtout pour la classification des Fougères, a établi ce genre d'après mon Pecopleris hemilelioides sans en donner de nouvelle figure, lia rapproché cette plante des Gleicheniées, et cependant le peu qu'on voit de sa fructification et que j'ai représenté Rdèletnent, indique plutôt un Cyalhea, car c'est le moule laissé par la feuille fructifère qu'on peut observer, et ce moule montre de» conceptaclei globuleux fixéi «ur
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des nervures simples ou bifurquées. Je crois que M. (le Siernberg ne s'e»t pts rendu conipie de ce nioiJe (le ronserviilion , et il en résuile que sa délinilion du genre est incompréhensible.
La disposition des nervures laisse des doutes relativement à la position de cette pl.inie dans la prenuère ou la seconde section des Pecopletis.
Strephopteris , Sternb.
Ce genre me parait encore la même plante que la précédente, ou une forme très voisine qui rappelle les parties à pinnules allongées du l'ecopleris Itemilelioides , comme le rmlschia rappelle celles à pinnules plus courtes, représentées les unes et les autres sur un même échantillon dans mon Histoire des f-'égétaux fossiles , pi. 108. Maison ne conçoit pas que sur des traces aussi vagues de rruciifii-ation , que celles représentées par M. de Steniberg, il ait pu établir des caractères génériques.
Gœppeutia , Sternb.
La plante élevée par M. de Sternberg sous ce nom au rang de genre, me parait un Aplophlcbis ou Pecopteris à nervures simples, divergentes, très voisin deS Asplenites de Gœppert, et offrant aussi des fruclifications analogues à celles des Afjltmum ou des Davnllia, comme dans le Sief^cnHa de M. Gœppert.
Les cinq genres précédents ne présentent, comme on l'a vu, que des traces très vagues de fructification qui ne peuvent réellement pas servir à les caractériser d'une manière précise; tous les cinq ne comprennent chacun qu'une seule espèce provenant des terrains houillers.
Les suivants ont offert des détails de structure plus précis dans leurs organes reproducteurs.
\ Oligocarpia Gœppert.
Cette plante , aussi des terrains houillers , que les caractères de sa nervation et la forme générale de sa fronde rapportent aux Pecopteris voisins du P. oreoplerldi^ls, a offert à M. Gœppert des échantillons fructiOés assez bien conservés pour qu'il ait pu observer les capsules qui constituent les groupes arrondis
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ou sores qui terminent li;s nervures lalérales.
Les capsules sont en petit nombre, cin(} environ, se recouvrant mutuellement eu partie, sessiles, obovales, entourées d'un anneau élastique complet, et ressemblent, par ces caractères, à relies des Alsophila dont cette plante me paraît avoir prcsjne tous les caractères, qii()i(ju"elle diiyère des espèces actuelles par le petit nombre des capsules qui composent chaque groupe.
ScoLECOPTEnis Zenker.
La l'^ougcre, qui constitue ce genre, a été observée dans un état de péirifiiation tout à fait insolite, dans des roches calcédonieuses, probablement de même époque que les Psaronius, c'est-à-dire à peu près contemporaines des terrains houillers.
Des coupes diverses ont permis à M. Zenker de décrire avec beaucoup de détail la fructiGialion toute pan •culière de celte plante {Voij. Linnœa, 1837, p. o09, tab. 10).
Les fragments de feuilles contenus dans cet échantillon silicifié unique présentent des portions de pennes portant des pinnules oblongues, à bords recourbés, à nervures latérales simples, obliques, droites, ressemblant beaucoup aux pinnules du Pccoplens argula. De chaque côté de la nervure médiane et probablement vers le milieu des nervures secondaires, se trouvent des groupes de quatre capsules, quelquefois trois ou cinq, et même une ou deux seulement, portées sur un pédicelle commun, dressées, rapprochées, ovales, lancéolées, aigués, et s'ouvrant par une fente longitudinale interne. Malgré de nombreuses différences, cette disposition rappelle celle des Angiopteris parmi les Maralliacées , quant au mode de rapprochement des capsules et à leur dehiscence, et la disposition pédicellée a été observée dans une forme spéciale de il/ara//ia dont on a formé le genre Eupodium J. Smith.
AsTEROCAUPUs Gœppcrt.
Ce genre comprend, d'après Gœppert, plusieurs espèces analogues par la structure de leurs capsules, mais fort différentes par la forme de leurs frondes.
V Aslcrocarpus Sternbergii Gœppert, du terrain houiller, a des frondes semblables à
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celle des Pecopleris Oreoplcridius, etc., mais dont les contours et la nervation ont disparu par le nioile de conservation et la présence des frucilûcaiions qui les couvrent. Ces frucliOcations paraissent des capsules à peu près globuleuses, à quatre ou cinq lobes qui . mblent résulter de la soudure d'autant de capsules, comme dans les Marattiées etsurlouldnns le Kaulfussia, ou seulement de leur rapprocliernenl, comme dans les Mcrlcnsia ouGlciclienia. L'absence de toute trace d'anneau élastique est plus favorable à la première opinion.
A celle espèce des terrains houillers, il faut ajouter celle parfaiiement figurée par Germar {Die Venl. Wellin, V, tab. 17) sous Je nom de Pecopleris Iruncala, provenant aussi de ce terrain, analogue par sa forme générale, et dont les capsules, représentées avec une netieté adfnirable, si rien n'est ajouté à la nature, semblent indiquer une structure toute spéciale; la forme générale rapproche cette plante du Pecopleris polymorpha.
C'est aussi dans ce groupe que doit se classer VAsterocarpus muUtradiatus Gœpp.
{Gen. plant. fuss.,\i\. I 2, t. 7)donllesfrucliGcaiions sont cependant très vagues; sa forme générale est analogue àcc;le du Pecopleris unila, et les nervures non apparentes.
Ces plantes, si l'on juge leur structure d'après les figures si précises de M. Germar, sembleraient surtout se rapprocher du genre Malonia, de la tribu des Cyalhéacées don4 le tégument vésiculeux, régulier, ne contenant qu'un seul rang de capsules, ressemble beaucoup aux frucliOcations de tes Asterocarpus.
Deux autres espèces des terrains secondaires liasiques des environs de Bayreuih ont été rapportées par Presl, l'une au genre Lacopleris, l'autre à un genre spécial établi sous le nom de Phialopleris ; ici la forme des fjlioles, sinon celle de la fronde entière, et la disposition des nervures sont apparentes et, dans la dernière, celte disposition se rapproche plus de certains Neuropleris que des Pecopleris; les nervures simples, dans Y Aslcrocarpus helerophyllus , dichotomes dans \" Aslerocarpus Idnceolalus, comme dans hs Mcrlensia, portent des capsules arrondies, déprimées, divisées en cmq parties par des lignes rayonnantes et ressemblent assez a
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celles du Kaulfussia. Mais des détails sufQsammcnt grossis manquent pour bien apprécier celte structure.
IIawlea Corda.
Fronde bi-tripinnatifide ; pinnules adhérentes par la base; nervure médiane simple, nervures secondaires...; groui)es de capsules globuleux, disposés en une série de chaque côté de la nervure médiane, insérés probablement sur les nervures secondaires, nus, formés de trois à six capsules. Capsules pyriformes, sessiles, Oxées à un réceptacle central saillant.
Une seule espèce, Hawlea pulcherrima Corda {Beytr., p. 89, tab. 57, fig. 7, 8), provenant des schistes houillers de Berauu en Bohême, est connue jusqu'à ce jour.
Ce genre me paraît bieti voisin de V Aslcrocarpus de Gœppert et surtout de la première espèce décrite par ce savant. Cependant si, dans ce dernier genre, les capsules sont réellement soudées, la dillérence serait essentielle ; mais l'état imparfait des échantillons figurés ne me paraît pas pernietlre de <iécidcr cette question. Quant à l'analogie de ce genre et du Hawlea avec les Gleiclieniees, elle me parait douteuse, tant qu'on n'aura pas observé la structure des capsules.
CnoRiONOPTERis Corda,
Ce genre, considéré par Corda comme une Glcicheniacée , n'a été observé qu'en petits fragments de pinnules fertiles sans apparences de nervures. Il est décrit ainsi par cet auteur :
Groupes de capsules globuleux, disposés en séries Osées sur les nervures, renfermés dans un tégument d'abord clos, sphérique, épais, sessile, s'ouvrant ensuite en quatre valves aiguës. Capsules renfermées au nombre de quatre, ovales, remplies de spores sphériques, tétraèdres, lisses.
Je ne comprends pas sur quel motif M. Corda se base pour rapporter cette plante aux Gleicheniées dont les capsules ont une tout autre organisation. Il me paraîtrait y avoir plus de rapport entre cette plante et les Maralliacées et quelques affinités surtout avec le genre Sco/ecopiois indiqué ci-dessus. Senftenbergia.
Sous ce nom, M. Corda a décrit le genre de Fougère le plus parfait sous le rapport de
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la fructification qui soit connu à l'état fossile, et celle plaine est (l'HiitHnl plus retnarquatile qnavec mie r>rme t:éiiërale, aiialo-^ne à colle (Je la pliipirt des l'ecopleris a fionile très découpée, a pinnules petites, comme dans le l'ecoiilens arborenens, elle présente une fructification tout à fait différente de celle des Fougères qui on t ce genre de fronde, et semblable a celle de la famille des Schizéacées. Ce genre est ainsi caractérisé:
Pinnules à nervures pinnées, simples:
capsules disposées en une seule série de chaque côlé de la nervure médiane, sessiles, nues, surmontées d'un anneau élasliciue, terminal, hécuisphérique, a plusieurs rangs de cellules. Tégument nul. Fronde bipinnée (pluiôi tripinnalifide), à racbis grêle, canaliculé. glabre.
Citie disposition des capsules et leur structure rappelle celle des genres Schizea et Mohria, et surtout celle de ce dernier genre où les capsules sont portées sur le bord de )unnules peu inoilifiées. Mais, quoique ce epure fossile se rapproche beaucoup du Mohria, il en diffère, non seulement par la forme générale de la fronde, mais surtout par les capsules dont l'anneau élastique est formé, dans le Mohria, d'un seul rang de cellules linéaires, radiées, tandis que, dans \ii Senflnibergin, d'après M. Corda, il est composé de plusieurs rangées régulières de cellules.
Cependant, sur un éehantillon bien conservé de celte plante venant, comme ceux décrits par le sa\anl cité ci-dessus, de Kadnilzen liohi^mc, ranneau élastique terminal nie parait bien moins régulier qu'il ne l'a représenté, et, par là, ce genre se distinguerait encore plus complètement du Muhria.
Mais cet exemple est surtout remarquable en ce qu'il doit nous tenir en garde contre des rapprochements fondés seulement sur la forme générale des frondes ou sur des indices vagues et imparfaits de fructifications.
LACCOPTEnis, Presl.
Les deux espèces rapportées à ce genre par M. Gœpperi{lef,(uco)»;c)ise/egrflns Presl, rentrant dans le genre Aslerocarpus sous le nom ^i\■i.slelorar()us lanccolotus), sont remarquables autant par la forme générale de leurs frondes que ijar leur fructification. Ce sont des frondes longuement pélioiées,
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divisées au sommet en pennes digitées, radiées, nu nombre de sept environ, siniplemeiit pinnaiifiies, allongées, à pinnules oblongues, adhérentes par leur base, comme dans les Pecopleris, et même en partie soudées entre elles, à nervures secondaires diiholomes, comme dans les Cladophlebis.
Les fructifications, en groupes arrondis, disposées en une rangée de chanue côté de la nervure médiane, sont formées d'un petit nombre de capsules, cinq à sept en général, qui paraissent sessiles, obuvales, et munies d'un large anneau élastique.
Cette disposition semble indiquer quelques rapports avec les G?eic/ienie'es, mais la forme des capsules n'est pas assez nette pour décider ces rapprochements.
Ces deu\ plantes, fort remarquables, sont du lias de Beyreulh.
Andriana F. Braun.
Ce genre, provenant de la même localité que leprécédent,etdonton ne connaîiencore qu'une espèce, offre aussi une fronde à pennes digilées, radiées, partant du sommet du péliolecommiin au nombre de neuf probablement, portées elles-mêmes sur un pétiole nu, assez long, profondément pinnatiûdes , a lobes linéaires, étroits, plus ou moins longs, suivant leur position, et aileignant jusqu'à 1 décimètre. Ces piniiulessont presque contigiiës, parallèles, à nervures pinnées; mais les nervures secondaires ont une disposition qui caractérise parfaitement cette plante; elles sont semi pinnées, c'est à-dire que la nervure secondaire principale qui sort de la nervure médiane, n'émet des ramules que d'un côté, du côlé qui correspond à l'eilréniiié de la pinnule; ces nervures sont au nombre d'une ou de deux, suivant leur position, eicelled'en bas est souvent bifurquée; c'rstsur le rameau principal de celle ci que se trouvent insérés des groupes decap>ules arrondis , composés de cinq à six capsules sessiles, imbriquées, semi circulaires, eiiiourées à moitié par un anneau élastique, étroit.
A en juger d'après la figure de M. Fr. Biaiin, qui a décrit avec beaucoup de détail ce nouveau genre i/( Munster, Ikyir., liv. G, p. 42, tab. 9et 10;, les capsules, imbriquées régulièrement, diirèreraient entre elles par leur grandeur; ce qu'on n'observe pas dans les autres Fougères.
La réunion de ces caractères semble indi-
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quer quelque analogie entre ces plantes et les Gleicheiiiées; mais il y a cepeiidani de graiiiles «iid'éreiues entre la fonne des capsules (le ce fossile et celle des plantes de cette tribu.
PoLYPOniTFS.
On ppiil, je crois. laisser ce nom appliqué par Al M. Gueppert et Unger à des plantes furt dilTéreiites par leur nervation, à deux espères du terrain jiirassiquedeScarborough; les Poiijpodiles Lmdlei/i Goeppert ( Pecnjilcrisp<ilyiJjdioidesl.\nii\. etHutt. Foss. Flot:, I, 60) et l'ulijpvdiles creuifolius Gœppert {Pccoiileris crenifoUis Fhill., piopittqua LiddI. et Huit , lococilato. t. 119).
Ces deui plantes ont, en ed'et, d'après les figures cit»'es ci-dessus, la nervation et le inoiiede fruciification des vrais /^o/(//K;dia»(, ceu à-dire une fronde piniiatifide, a piniuiles aiihéreiites et coiifluenles par leur base, à nervures secondaires, non réiiculée», «Mnei tairt seulement un ou deux rameaux latéraux parlant à l'extrémité de l'un d'eux un groupe de cipsuies arrondies.
Ces (araciéres se retrouvent dans les deux plantes fossiles et dans les vrais Polypodes {/'o/f/podiuni commune, sororium, etc.). La grosseur des groupes de capsules semble indiquée qu'ils sont composés d'un grand nombre de capsules pédiiellées , comme chez les plantes vivantes de ce genre, et ces divers caractères réunis les distinguent complétemeni du genre précédent dont les fragments stériles auraient cependant beaucoup d'analogie.
n. Nervures anaslomosées réticulées.
• Nervures anaslomosccs par arcades, arooles quadrilatères peiilagonales ou hexugonulcs. Beseau simple furiiié par des nervures du même ordre.
Phlebopteris, Brong. (pro parte).
Dans les Fougères auxquelles nous réservons le nom de Plilebopleris , appliqué autrefois p;ir nous à toutes les Fougères à nervures anastomosées par arcades, les nervures qui partent de la nervure médiane et qui sont assez espacées s'anastomosent par arcade, et donnent naissance par leur côté externe à des nervures simples ou bifurquées qui s'éieiidenl jusqu'au bord de la pinnule.
Ce sont des Fougères à fronde pinoalifide,
à pinnules allongées , confluente* par U base, ayant assez l'apparence de certains Polfipod'.uni ajtpartrnant actuellement au genre Marghiana, Presl. : tels sont les Plilebopleris poUjpodioides , Brong.'; Schouwii , Brong.; covligua, Limll. et Hutt.
M Giepperi a placé ces plantes dans son genre Ilemtteliles, mais outre riiuonvénient de changer un nom donné depuis plusieurs années, ce nom indique des rapports qui ne me paraissent nullement vraisemblables entre ces fossiles et le genre llemitelia ou Cnemidaria, et réunit des plantes tout à fait dissemblables , telles que celles ci-dessus indiquées , et le Pecopleris gigautea.
Les Phlebof)teris sont tous des terrains jurassiques. Une espèce trouvée dans les marnes du lias à Couches, près Auiiin, par 5 Landriot, et que je nomme Pld. Landriulii. Ires voisine du Phi. Schouwii , en difl'ere cepemlant par la surface des pinnules fructifères. Ici, les fructifications bien conservées forment de petits groupes arrondis portés sur les nervures externes , composés de 5 à 8 capsules sessiles rayonnantes, à anneau élastique assez large, plat, strie comme celui des ('yatheacées,ei difrèrent ainsi très notattlement des fructiûcations des vraies Polypodiacées.
GuTTBiKRA, Presl.
Ce genre limité au G. angusliloba, Presl., dinère a peine du précèdent, et une nouvelle comparaison conduira peut-être a les réunir, le mode d'aréolaiion des nervures paraît cependant un peu dilférent et les rapproche des PolypodUes. Ce sont des Fougères à frondes piniiatiûdes , à pinnules étroites et allongées , analogues surtout à celles du Plilebopleris Schouwii ^ parleur dimension et par la forme mamelonnée des pinnules dans les points qui correspondent aux fructifications. Dans ces plantes comme dans les hlebopleris, ces fructifications sont évidemment analogues à celles des Polypodium.
Cette espèce est du Keuper près de Bamberg.
WOODWARDITES , Gœpp.
M. Gœppert indique deux plantes fort analogues entre elles au premier abord, comme constituant ce genre; cependant, d'après ses figures, l'une par ses nervures
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aréolées, à double ou triple arcade émettant ensuite des nervures simples qui sVtendent jusqu'au bord des piniiules, ofl're, en elTet, beaucoup d'analogie avec la nervation du Woodwardia, l'autre {Woodwardiles andiloha Gœpp.) me paraît offrir une réliculation à inailles ovales , régulières, comme dans les Lonchopteris , et ne diffère peutêtre pas du L. Dricii , Brong. ( Ilisl. veg. foss., I, lab. 131). Le Woodivardiles oblusiloba du terrain houiller de Silésie, resterait donc seul de ces deux espèces dans ce genre , mais il faut y ajouter le Woodwardiles Munslerianus , de F. Braun {Flora, 18il, p. 33; Pccopl. Munster iana,Slernb., 2 , t. XXXVI , Cg. 2), et surtout le Woodwardiles Roesnerianus , Ung. {Chlor. proL, t. XXXVII, fig 4) qui a tous les caractères des vrahs Woodivardia actuels , tels que le W. radicans. Cette dernière espèce est des terrains tertiaires.
TuAUMATOFTEnis, Gœpp.
Celte Fougère remarquable figurée avec beaucoup de détail dans le premier cahier des genres des plantes fossiles, par M. Gœppert, se rapproche du suivant par la forme générale digiiée-pédéede sa fronde, forniesi rare parmi les Fougères vivantes, et qui, déjà signalée dans les genres Andriana et Laccopteris, se retrouve ici dans plusieurs espèces de divers genres de ce groupe de Fougères à nervures réticulées.
Le pétiole du Tliaumalopleris Munsteri , long et grêle, se divise au sommet en trois brauihes courtes, bifurquées, formant autant de grandes pennes allongées pinnatifides, à lobes courts et larges, ou longs et étroits, entiers ou quelquefuis dentés vers leurs extrémités, dans les diverses formes que M. Gœppert admet comme de sirni)!es variétés. Chacun de ces lobes ou pinniiles adhérentes entre elles parla base est traversé par une forte nervure médiane qui donne naissance à des nervures latérales qui s'anastomosent entre elles pour former un réseau uniforme, à mailles larges, peniagonales ou hexagonales, peu régulières, qui constituent une double série entre la nervure médiane et le bord des pinnules dans l'espèce décrite. L'uniformité de ce réseau qui ne renferme pas un réseau secondaire formé par des ner- Aures plus fines, rapproche ce genre du
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précédent et l'éloigné des trois suivants. Cependant des échantillons du lias de Bayreulh qui me paraissent a()partcnir sans aucun doute à celte plante, laisse voir un réseau plus fin, peu apparent, formé par des nervures plus déliées occupant les mailles du réseau principal. Dans ce cas, je ne sais pas par quel caractère on peut distinguer ce genre du suivant.
Les fructifications observées par M. Gœppert paraissent couvrir toute la face inférieure comme dans les Acrostichunt; mais la structure des capsules, si elle est aussi distincte que M. Gœppert l'a représentée, s'éloigne sensiblement de celle des Fougères de ce groupe par son anneau élastique complet et transversal , comme dans les Gleicheniées et les Hyménophyllées.
** Nervures anastomosées; reseau double, l'un formé par les nervures principales, consliluanl des aréoles polygonales ou quadiiUilcres ; l'imlre, plus fiu, à mailles arrondies ou polygonales fotnié par des nervures tertiaires.
Camptopteris , Presl.
Aréoles formées par les nervures principales inégales, irrégulières, polygonales, à 4 , 5 ou 6 angles, réseau secondaire plus uniformes, à mailles à o ou 6 angles.
On n'a vu que rarementdes frondes complètes de cette plante; mais le Camplopteris Munsteriana , si bien figuré et décrit par M. Gœi)pert (Mitnst. Beylr.^W, p. 86, t. 3), peut donner une idée exacte de l'ensemble de ces plantes. On voit que ce sont des frondesà limbe probablemenigéminé au sommet d'un long (léiiole et divisé en longs lobes pédés sur le côté supérieur d'une côte principale arquée, comme dans les feuilles pédées de certaines dicotylédones , telles que les Hellébores, si ce n'est qu'on ne voit pas de preuve de l'existence d'un lobe médian. Une disposition analogue se pré.<ente parmi les F'ougères vivantes dans le Polypodium conjugalum , Kaulf. , si ce n'est que les lobes sont dichotomes ; mais la forme pédée est très prononcée dans le Kaulfussia AescnJifulia. Ainsi celte di.^posilion , quoique rare parmi les Fougères vivantes, n'y est pas sans exemple, et la nervation elle-même n'est pas sans analogie avec celle de ces piaules. Dans le Camptopteris Munsteriana, les lobes principaux
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sont allongéset profondément dentés à dents arrondies formant des lobes courts correspondant à des nervures secondaires pinnées; entre ces nervures se trouve un réseau assez irrégiilier de nervures principales, et les aréoles de ce réseau sont occupées par des nervures plus fines formant un réseau à mailles assez régulières, polygonales. C'est ce double réseau des nervures qui distingue ce genre du précédent. On n'a encore observé aucune trace de fructification sur ces feuilles.
A cette espèce, la seule dont on ait vu des échantillons complets, on doit ajouter le Camplopleris Nilsonii , dont le C. biloha de Sternb. ne diffère pas. Les C. Bergeri et crenata sont des formes douteuses et connues trop imparfaitement ; enfin, le Camplopleris plaiypliylla, décrit par M. Gœppert {Gen.pl. foss., livr. 5-6, pi. 18-19) , me paraît par ses aréoles carrées rentrer plutôt dans le genre Clathropleris. Qiiant au genre Diclyophyllum de MM. Lindiey et Hulton , je ne doute pas qu'il ne comprenne des plantes voisines de celles-ci, mais l'étaî imparfait des échantillons ne permet pas d'apprécier assez leur mode de nervation pour les classer d'une manière précise.
Clathropteris , Brong.
Aréoles formées par les nervures principales quadrilatères, s'élendant transversalement d'une des nervures secondaires à l'autre. Réseau secondaire partagé par quelques nervures plus fortes, formant des aréoles petites à peu près carrées.
C'est la forme carrée des aréoles principales qui divisent l'inlervalle de deux des nervures secondaires pinnées, partant de la côte moyenne de chaque grand lobe, en îespaces quadrilatères formant une sorte de treillage, qui caractérise essentiellement ce genre, et le fait ressembler d'une manière frappante aux feuilles des Polypodium du sous-genre Drynaria et à quelques Aspidium {A. alalum, Wall.). Jusqu'à présent on n'a signalé dans ce genre que l'espèce que j'ai décrite anciennement sous le nom de Cl. meniscioides , et qu'on a retrouvée dans le grés du lias dans plusieurs parties de l'Europe. Mais je crois qu'on doit en distinguer une seconde confondue avec elle
T. XllI.
SI
ou placée dans le genre Camptopteris par d'autres auteurs.
La plante que j'ai observée à Hoer , en Suède, a, sans aucun doute, la fronde pinnatifide, comme le montre la figure générale faite sur place, et les longues pinnules sont séparées presque jusqu'à la ba.se.
Au contraire, dans une plante du grès du lias d'Halberstadt près Halle, décrite par M. Gevmar {Dunker Paleont. fasc, 3, p. 117, tab. IG), comme appartenant à la même espèce, la fronde est évidemment digitée et à lobes moins profondément divisés; en outre, les nervures principales pennées sont plus espacées; enfin, des parties de cette fronde montrent un bord régulièrement denté, qu'on n'a pas encore observé dans l'espèce précédente, mais que j'ai vu d'une manière parfaitement distincte sur des échantillons de Laniarchedans les Vosges, échantillons qui par leurs moindre dimension paraîtraient appartenir à une troisième espèce.
Enfin, la plante décrite et figurée par M. Gœppert sons le nom de Camptopteris platyphylla, me paraît dilTéier à peine de celle de M. Germar que je citais précédemment. Elle se distingue au contraire des vrais Camplopleris par les nervures principales de son réseau transversales formant des aréoles quadrilatères. Une dimension un peu moindre, et une fronde à surface plane et non mamelonnée entre les nervures, me paraissent la distinguer presque uniquement. Ainsi, il existerait deux et même probablement trois espèces de ce genre, toutes trois propres au grés du lias, dont elles caractériseraient l'époque.
Hausmannia, Dunker.
Fronde flabelliforme, dichotome ; nervures principales occupant le milieu des lobes, dichotomes; nervures secondaires transversales réticulées, formant des aréoles irrégulières presque quadrilatères.
Cette Fougère remarquable, dont M. Dunker {Monocj. Weald., p. 12, tab. o, fig. 1) a figuré un échantillon incomplet, quoique assez étendu, se distingue par ses lobes allongés régulièrement dichotomes, et par ses nervures secondaires réticulées de toutes les autres Fougères fossiles. Les détails de la nervation nesout pas représentés avec assez
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de précision pour qu'on puisse apprécier la forme du réseau avec certitude , et savoir s'il est simple ou double.
11 serait fort iiiléressant de connaître la forme générale de la fronde complète ; il est probable qu'elle se rapproche de celle du Tliaumalopteris et du Camplopteris Munsleriana; car celte Fougère me paraît avoir ■plus d'analoyie avec \fi Pobjpodium WalUchii et conjugalum { espèces du genre Phymalodes de Presl ou Dipleris de Reinwardt) qu'avec les Hlalycerium ( Acrosticlium alcicorne , L. ), auxquels M. Dunker la compare.
DiPLODiCTvuM , Fr. Braun.
Aréoles formées par les nervures principales hexagonales régulières; réseau secondaire Cil et régulier à mailles arrondies.
On ne connaît de ce genre qu'une espèce figurée par M. Fr. Braun , Diplodiclyum oblusilobum{\luHsL beylr., fasc. vi, p. 13, lab. 13, fig. 11 , 12), provenant des schistes charbonneux du lias des environs de Bayreuih.
Par sa forme générale elle ressemble aux Lonchopleris , mais elle en difi'ère par le double réseau de ses nervures ; elle se distingue dès-genres précédents par la grande régularité de ce réseau à mailles hexagonales.
Je ne connais pas de Fougère vivante qui présente ce double réseau régulier.
"" Rc/seau simple, uniforme, à mailles égales et régulières, paraissaul résulter d'uue auaitoniose par dicbolumie.
LoNCHOPTERis , Brong.
Ce genre, quoique parfaitement caractérisé par ses pinnules adhérentes à leur base, cl traversées par une nervure médiane très marquée comme celles des Pecupleris, et par ses nervures secondaires fines formant un réseau uniforme régulier a mailles ovales ou circulaires, a cependant éié omis ou confondu avec d'autres par MM. Gœppert, Presl et Unger; cepemJaut M. Gœppert, dans son dernier ouvrage, l'a adopté , et y a ajouté une nouvelle espèce fort remarquable.
11 comprend, en outre, les espèces déjà indiquées dans Vllistoire des végélaux fossUea; car il est certain que le Lonchopleris
Mantelli figuré par Mantell , et , plus tard, par moi , d'après les échantillons donnés par ce savant géologue, offre la réliculation des Loncliopleris , et n'a aucun rajjport avec les Polypodiles, auxquels MM. Gœppert et Unger l'avaient réuni.
Sagenofteris , Prel. { Acroslichites , Gœpp. Ung. )
Ce genre est très différent du précédent par la forme générale de ses frondes à folioles distinctes , ovales , oblongues ou lancéolées , contractées à la base , et qui paraissent, dans tous les échantillons complets , provenir d'une fronde digitée à folioles au nombre de 3 , 4 ou 5 portées sur un assez long pétiole. Ces folioles sont traversées par une nervure médiane très prononcée qui disparaît cependant vers l'extrémité , et de laquelle naissent des nervures très obliques qui s'anastomosent pour former un réseau à mailles ovales-oblongues qui couvrent tout le limbe de la feuille.
M. de Sternberg, et, plus récemment, M. Gœppert ( qui adopte actuellement aussi le nom de Sagenopleris), ont figuré plusieurs échantillons fort complets de ces plantes provenant du lias des environs de Bayreuth, et du Kei»per près de Bambcrg; mais il me paruil [)eu probable que ces derniers constituent quatre espèces distinctes comme M. de Sternberg l'admet. Le Glossopleris Phillipsii, de MM. Lindley et Hulton {Foss. Fior., t. 63), appartient aussi à ce genre, mais est fort diderent du Glossojiteiis Phillipsii, figuré par Phillips et par moi, et que j'ai indiqué à l'article des Phyllopieris. Enfin l'on ne saurait rapporter au même genre, ainsi que l'avait fait anciennement M. Gœppert et M. Unger, le Pecopteris Williamsonis, qui a une nervation et une forme générale toute dillérente.
M. Gœppert, diiiis son dernier ouvrage , ajoute à ces espèces des terrains keupriques et jurassiques une espèce du terrain houilier, Sagenopleris anliqua, qui paraît bien avoir les caraclcres essentiels de la nervation de ces Fougères , mais dont il n'a vu qu'un fragment incomplet.
Les plantes de ce genre , par leur forme générale et leur mode de nervation, s'éloignent de toutes les Fo gères que nous connaisons acluelieniënt.
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GtossoPTiinis, Brong.
Fronde simple, entière, traversée par une nervure méiliane très marquée, d'où naissent des nervures 1res obliques anastomo.sécs en un reseau à mailles obioiigues, et se ti-rniiiiarit par des nervures libres, parallèles, obliques, arquées, qui s'étendent jusqu'au bord de la feuille.
La réticulalion partielle des nervures secondaires, seulement dans la partie voisine de la nervure médiane, est le caractère particulier qui distingue ce genre, limité ainsi aux Glossopleris Broioniana et anguslifolia des mines de bouille de la Nouvelle-Hollande et de l'Inde.
On a , parmi les Fougères actuelles, quelques exemples de cette réliculatioii partielle des nervures, dans le genre Ilemidichjum, par exemple ; mais elle est dans un ordre inverse, c'est-à dire que les nervures libres et parallèles , près de la nervure médiane , s'anastomosent pour former un réseau régulier près du bord de cette feuille.
E. Foiigcies dont les nervures ne sont pas appareutes.
PAcnypTERis , Brong.
Frondes pinnées ou bipinnées, à folioles ovales ou lancéolées, univerviées, sans nervures secondaires apparentes.
On ne comprend pas sur quel motif M. Unger a pu se fonder pour placer ce genre à la suite des Cycadées. Le Pachypteris ovata, par sa fronde bipinnée, dilférerait de toutes les Cycadées connues, et la forme des frondes et des folioles est celle de plusieurs Fougères à tissu épais et coriace. Les deux plantes de ce genre anciennement connues sont du calcaire ooliihique du Yorkshire.
Une petite espèce deroolithe de Verdun me paraîtrait rentrer dans ce genre , et Kulorga lui rapporte aussi une plante de la formation carbonifère de l'Urai , qui me paraît douteuse quanta ses affinités.
Un autre groupe , voisin de celui-ci par ses frondes à pinnules épaisses et coriaces sans nervures apparentes, aurait pour type YAlellioplcris Marlinsu Germ. (Kurlze, Commetil., t. 3, fig. 2), des schistes bitumineux de Mansfeld. Une seconde espèce a été trouvée dans les calcaires jurassiques des environs de Cbâtillon-sur-Seine. Ces
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espèces ont des pinnules obovales obtuses, à base large, et les pennes décurrentessur le rachis commun.
F. Fougères douteuses, à feuilles anomales.
ScuizopTERis, Brong.
Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit du Schizopteris anomala , que j'ai décrit dans VHistoire des végétaux fossiles. Cet échantillon est resté unique, et les plantes qu'on a rapportées depuis a ce genre me paraissetit dilférentes. C'est toujours une plante très anomale, et dont la position, dans celle famille ordinairement si facile à reconnaître , est douteuse.
Aphi-ebia, Sternb.
La plante, figurée dans le Fossil florasows le nom de Schizopteris adnaacens, diffère beaucoup de la précédente. Elle a été placée par M Gœppert dans ses Trichomaniles, mais elle en ditlère par l'absence de nervures apparentes. Siernberg l'a misedans son genre Aphlcbia , genre mal défini et qu'on ne sait où placer, mais dont plusieurs espèces semblent avoir de l'analogie avec cette plante; d'autres par leur irrégularité ressembleraient à certaines Algues à frondes minces et très découpées, telles que celles de quelques Ulves; d'autres enfin s'éloignent tellement des végétaux connus qu'on ne sait où les classer, telle est VAphlebia palerœformis deGermar ; on ne peut donc pas considérer la plupart de ces plantes comme des Fougères, et c'est parce que ce genre a été placé dans cette famille que je le cite ici.
STAPUYLOPTEnts, Presl.
Sous ce nom, M. Presl a distingué génériquement la plante fossile Irèsimparfaiteque j'ai considérée comme analogue aux fructifications d'un Polybotrya, et que j'avais, par cette raison, nommée Filicites pohjbolrya. Tant qu'on n'en aura pas trouvé des échantillons plus complets avec les feuilles stériles, je crois qu'il sera difficile d'en former un genre bien déterminé ; elle provient du terrain d'eau douce tertiaire d'Armissan, près Narbonne.
II. Tiges arborescentes ou herbacées , isolées ou accompagnées de leurs pétioles et de racines adventives (CanloptéridéesV M. Corda , dans son essai sur la Flore de
l'ancien monde, me paraît avoir trop mul-
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tiplié, pour l'état actuel de nos connaissances, les genres fondés sur les tiges des Fougères, dont nous ne connaissons généralement la structure que d'une manière trop imparfaite pour y établir des divisions bien définies; je crois qu'il vaut mieux pour le niomeut les réduire aui suivantes.
Caulopteris, Lindl. et Huit.
Tiges arborescentes; feuilles caduques.
Cicatrices laissées parles feuilles oblongues, disposées le plus souvent en séries longitudinales. Traces des faisceaux vasculaires vagues et nombreuses.
Ce genre comprend les Caulopteris, Piychopleris et Stcnimatopteris de Corda, c'està-dire les quatre premières espèces de mon Utsloiie des l'ccjv aux fossiles, et le C. PliUlipsii, de Liiitllcy et Hutton.
Ce sont toutes des tiges du terrain bouiller qui paraissent se rapprocher de celles des Cyalbéacées.
Protopteris, Sternb.
Tiges arborescentes; feuilles caduques.
Cicatrices laissées par les péiioles ovales ou arrondis, disposées en spirale. Faisceau vasculyire unique en forme de demi-cercle, ou sinueux ouvert supérieurement.
Ces tiges, quicomprennentles Profop<em, Chetipleiis et Sphatvwpteri'i , de Corda, se distinguent essentiellement par la forme du faisceau vasculaire unique de chaque cicatrice foliaire qui les rend surtout analogues aux tij;cs des Dicksouiées arborescentes du monde actuel.
Diins quelques unes la structure interne a été observée, et elle vient confirmer cette analogie; c'est ce que montra le Protopteris Colleana Presl., de l'époque houillère, parfaitement décrit et figuré dans ses détails anatomiques par M. Corda; c'est ce que j'ji aussi observé sur une nouvelle espèce de Protopteris, des grès ferrugineux de l'époque wealdienne des environs de Saint-Lizier, qui m'a été communiqué par M. Amand Biivignier. Les espèces du grès bigarré décrites par M. Schimper et la tige qm; j'avais admise comme appartenant à VAnumopleris Mougculii , et qui forme le genre Sphalmopleris de Corda, n'ont offert aucune trace de structure interne. Du reste ce caractère du faisceau vasculaire du pétiole n'est pas
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propre uniquement aux Dicksoniés , il se retrouve dans les Osmondacées et dans plusieurs autres Fougères.
ZipPEA, Corda.
Cette tige singulière n'offre plus que des rapports éloignés avec les Fougères arborescentes actuelles, quoique les points les plus essentiels de son organisation paraissent l'en rapprocher. Elle est cylindroïde, donnant naissance par sa surface à desfibrillea radiculaires adventives et à deux rangées opposées de feuilles distiques qui ont laissé des cicatrices rapprochées assez semblables par leur forme à celles de certaines espèces de Sigillaires, présentant des traces vasculaires nombreuses , irrégulières et assez vagues.
Intérieurement cette tige, sous une écorr« épaisse, présente un cylindre ligneux et vasculaire continu. M. Corda le représente comme formé de deux moitiés inégales, mais la plus petite correspondant alternativement aux deux séries de feuilles et se séparant du cylindre principal, ne me paraît formé que par le faisceau vasculaire qui se porte dans chaque feuille, comme on le voit dans les autres liges de Fougères arborescentes. Je suis donc porté à croire avec M. Corda que c'est une tige de Fougères à feuilles distiques.
CoTTJiA , Gœpp.
La plante fossile du grès du Keuper des environs de Stultgard, figurée par M. Jaeger, qui a servi à constituer ce genre, est si vague et présente si peu de caractères précis, qu'il est presque impossible de définir ce genre autrement que par ces mots : lige non articulée, probablement dressée, couverte par les bases persistantes des pétioles disposées en spirale (Gœpp.).
M. Schimper a rapporté à ce genre la tige du grès bigarré que nous avions attribuée à VAnomopleris, mais la disposition des faisceaux vasculaires des pétioles doit plutôt la faire considérer comme un sommel de lige de Protopteris, dont les pétioles ne sont pas encore complètement détruits. Thamnopteris.
Je désigne sous ce nom une tige de Fougère frutescente, dressée, mais à pétioles persistant autour d'une tige assez grêle que
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M. Eichwald a (iésiRtirc sons le nom (Winomoplcris Schlechtendalii [Urv. Russl. fasc, 2, p. 180, lab. 4), parce qu'elle lui seriiblail offrir quelque analogie avec la tige que j'avais rapportée à VAnomopleris Mougeolii, mais celle ci eu diffère notablement par sa lige très grêle, entourée de pétioles dressés très nombreux, et qui doivent évidemment persister comme ceux de nos Fougères herbacées, à tiges ascendantes ; celle-ci, par la structure générale de sa tige présentant un cylindre régulier de faisceaux vasculaires arrondis et presque coniigus , et de ses pétioles, dont le faisceau vasculaire est unique, à coupe plus que demi circulaire et formant souvent un cercle presque fermé, car les détails anatomiqucs manquent, paraît avoir beaucoup d'analogie avec la tige de VOsmuiida regalis et probablement des autres plantes de cette tribu. Je ne connais que celle csjtèce qui, jusqu'à présent, doive se ranger dans ce genre ; elle a été trouvée en Russie dans une formation indéterminée.
AsTEROCULOENA , Corda.
Ce genre que M. Oorda a établi d'après le Tubicaulis ramosus, Colla, offre sans doute une forme de lige fort singulière par les saillies inégales qu'elle présente, mais tant que sa structure et surtout celle de ses parlies vasculaires ne sera pas mieux connue, ce sera un genre très mal défini ; les pétioles qui l'entourent en grand nombre paraissent bien, par la forme légèrement concave ou lunuiée de leur faisceau vasculaire unique, devoir faire classer cette tige dans la famille des Fougères, mais on ne peut pas préciser davantage ses rapports. Ce fossile, comme les autres décrits par M. Colla , vient du grès rouge de Chemniiz, en Saxe.
Karstenia , Gœpp.
M. Gœppert a désigné sous ce nom générique deux sortes d'empreintes très vagues qu'il a observées dans les roches du terrain houiller de Charlotlenbrunn, en Silésie, et qu'il a figurées dans son ouvrage sur les Fougères fossiles (pi. 33). Ce sont des empreintes de portions de tiges portant des cicatrices arrondies offrant un mamelon central et souvent un rebord annulaire, assez semblablesà celles iies Sligmaria. Mais ces cicatrices ne sont pas disposées régu-
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g fi
lièicment en quinconce, comme celles des Sligmaria, et ne paraissent pas avoir entouré la lige de toutes parts, ûl. Gœppert les compare aux rhizomes de certaines Fougères, telles que ceux des Polypodium qui, après la chute des feuilles, portent en effet des cicatrices d'une forme arrondie fort analogues à celles de ces fossiles.
Ce genre aurait besoin d'èlre étudié de nouveau sur des échantillons plus nombreux et plus complets.
III. Pétioles ou 7-achis isolés, ou tîîc'cV; à des racines. (Rachiopteridées, Corda.)
Sous ce nom de famille, mais qui ne peut êlre considéré que comme une désignation organographique, M. Corda a réuni divers genres établis sur des portions de i)élioles dont la structure interne est conservée, et qui, par ce caractère, se rapportent à la famille des Fougères. Ces formes , utiles à distinguer, ne doivent cependant être cou- 1 sidérées que comme des genres provisoires, comme beaucoup de ceux, du reste, que nous sommes obligés d'établir actuellement dans la classification des fossiles végéiaux , Us genres définitifs ne pouvant être rcelle- ■ncnl constitués que lorsqu'on pourra associer les frondes , les pétioles et les tiges d'une même plante.
Ces restrictions une fois établies , nous indiquerons brièvement les genres formés par M. Corda.
* Piilioles à fuisceau vasculaire unique.
Zygopteris, Corda.
Pétioles épais , cylindriques , entremêlés de racines; écorce épaisse. Faisceau vasculaire ressemblant dans sa coupe transversale à uni, à lignes horizontales inférieure et supérieure très larges. Racines très nombreuses, inégales, cylindriques ou anguleuses, à faisceau vasculaire central très petit.
Une seule espèce, le Zygopleris primaria,
Corda {Tubicaulis primarius , Colla, Den-
I drol., t. 1, fig. 12j, conslilue ce genre, dont
le faisceau vasculaire des pétioles s une
forme tout à fait insolite.
Selenochlœna , Corda.
Pétioles arrondis, mêlés de racines nombreuses et petites. Faisceau vas'ulaire des
SA
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pétioles unique , à coupe transversale iunulde.
Ce genre me paraît se conTondre avec le Selenopleris dii même auteur, foniJé sur des pétioles isolés : il rapporte à celui-ci les Tubicaulis soleniles et dubius de Colla.
Selenopteris, Corda.
Pétioles herbacés, presque triangulaires, plats ou canaliculés en dessus; écorcc assez épaisse; moelle parenchymateuse mince.
Fascicule vasculaire simple, infléchi, à coupe transversale luniilée ou hippocrépiijue, rarement recourbée vers son bord supérieur, entouré d'une gaine colorée étroite. Vaisseaux gros, poreux ou sculariformcs.
M. Corda en indique deux espèces, contenues dans la Sphaîrosidérile des mines de houille de Badnitz en Bohême.
GvROPTERis, Corda.
Pétioles arborescents , écorce épaisse subéreuse , moelle large parenchymateuse.
Faisceau vasculaire, simple, infléchi, lunule, aplati sur sa Face inTérieure , à bords latéraux recourbés en dehors , entoure d'une gaine mince. Vaisseaux larges scalariformes.
Une seule espèce dans la Sphœrosidérite de Radnitz.
Anachoropteris, Corda.
Pétioles herbacés, à écorce épaisse, canaliculés en dessus ou arrondis , glabres ou couverts de poils; moelle continue. Fascicule vasculaire simple, réfléchi (recourbé en dessous), à bords enroulés , à g.iine tnal limitée. Vaisseaux grands et poreux.
Deux espèces trouvées avec les précédentes. S'il n'y a pas erreur dans l'appréciation des faces inférieures et supérieures de ces pétioles, la disposition du faisceau vasculaire est contraire à tout ce que nous connaissons dans les pétioles des Fougères qui, dans tous les cas où le pétiole n'olTre qu'un seul grand faisceau vasculaire, ont ce faisceau canaliculé à concavité dirigée du coté supérieur , et jamais inférieurernent. La légère cannelure superficielle qui a décidé M. Corda dans la distinction des faces inférieures et supérieures , est-elle assez prononcée pour l'emporter sur celte di.spos!lion constante du faisceau vasculaire des Fougères vivantes i'
YEG
J'ai un fragment silicifié des environs d'Autun , que j'avais , depuis longtemps , considéré comme un pétiole de Fouj^èrc qur rentre dans ce genre, cl se rapproche beaucoup de VAyiachoroplerispukhra; mais sa coupe transversale ne permet pas de décider quel est le côté supérieur ou inférieur du pétiole : elle est elliptique Iransverse.
** Pcliolcs à faisceam vascuijircs niiilliples.
PriLORACiris, Corda.
Pétiole ou rachis herbacé, à écorce mince, à moelle large. Faisceaux vasculaires opposés ou annulaires irréguliers; vaisseaux grands, égaux.
Celte forme me paraît très obscure et mal déterminée. M. Corda n'en indique qu'une espèce. Pi. dubia de Radnitz.
DiPLOPHACELUs, Corda.
Pétiole épais, arborescent?, à écorce canaliculée en dessus et à moelle large. Faisceaux vasculaires géminés en forme de bandelettes parallèles obtuses aux deux bords. Gaine propre nulle. Vaisseaux petits, ar.gu leux, scalariformes.
Une seule espèce de la même localité, présentant deux faisceaux vasculaires sinueux et à peu près parallèles , superposés. Caloptehis, Corda.
Pétiole petit, herbacé, grêle, plissé en dessus; écorce épaisse; moelle large. Un large faisceau vasculaire à coupe lunuîée, enveloppant deux autres petits faisceaux également lunules , infléchis. Gaînc propre nulle autour des faisceaux vasculaires. Vaisseaux larges, inégaux.
Une seule espèce dans la Sphaerosidérite de Radnitz.
TEMPSKtA, Corda.
Pétioles arrondis, canndés ou ailés. Fascicules vasculaires au nombre de trois, dont un plus grand à coupe circulaire ou lunuîée recourbé en dessus, accompagné de deux plus petits également lunules. Racines très petites et très nombreuses.
M. Corda en distingue 4 espèces, qui api)artiennent, comme celles des deux genres précédents, aux couches dépendantes du terrain houiller ou du grès rouge.
Famille des niarsiléneées.
.l'avais considéré , comme appartenant à
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celte famille, les Sphenophyllum du terrain houillcr. Maintenant la disposition générale de leurs épis de frucliOcation indique de tels rapports entre ces plantes et les Aslérojjh'illilcs , qu'il est impossible de les séparer et iJe ne pas en faire une famille spéciale , dont In |K)silioii, dans la méthode naliireile, est juin d'être certaine, et qui, comme nous le (lirons en parlant des Aslerophyllites , oscille entre les Cryptogames , telles que les Marsiléacées , et les Equisétacées et les Phanérogames gymnospermes. Il ne resterait donc pas de plantes fossiles a classer parmi les Marsiléacées , si quelques plantes des terrains secondaires jurassiques ne [laraissaicnt se rapporter à celte famille.
C'est ce que M. F. Braun a supposé pour la plante qu'il a décrite sous le nom de bajera dichotoma ( Jeanpaulia dichotonia , Uiig. ), nom que je crois devoir conserver, le Hajoa de M. de Sternberg étant un végétal trop incomplet pour pouvoir constituer un genre, et pouvant être rapporté au genre Cuhniles sans aucun inconvénient. On peut ainsi caractériser ce genre :
Baji^ua , F. Dr.
Fronde pétiolée , flabelliforme , lobée , à lobes simples ou dichotomes; nervures principales dichotomes; nervures secondaires anastomosées formant des aréoles allongées, anguleuses. Conceptacles ovuides ou globuleux, groupés au sommet depédicelles naissant d'un rhizome.
Ce genre a pour type le B. diclioioma , parfaitement figuré par M. F. Braun (.1/u«j7. Bejlr., fasc. vi, p. 20, t. 13), et provenant des schistes du lias de Bayreulh. Mais il doit probablement comprendre quelques autres plantes de la même époque ou des terrains jurassiques plus récents.
Tels sont les Baiera {Jeanpaulia ) Brauniana et nervosa ( Dunker, Weakl. form. , j). 11, tab. 5, Cg. 2, 3, 4}. Telle serait aussi probablement une plante des mêmes terrains désignée par Dunker sous le nom de Cyclopleris digilata, mais qui me parait différente de celle que j'ai décrite sous ce uom.
J'ai plus de dotite relativement à quelques plantes du terrain oolilhique de Whitby etdeScarborougb, qui, parla formedc leurs Vrondes profondément lobées, flabelliformes,
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se rapprochent du Bajera dichotoma, mais qui m'ont toujours paru avoir les nervures parallèles et non anastomosées. Tel est le Crjclopteris lluUoni (Cycl. digilata, L. et H., Foss. Fier., n" 64, Dunk., /. c, t. 3, f. ",, G ), et une espèce des mêmes localités à lobes linéaires.
Quant au Soleniles farcata de Lindley et Ilutton (Fos:;. Flor., n" 209), sa forme générale est si diirérente qu'il me paraît dif-licile de le classer dans le même genre. Je le cruirais plus voisin des Psiloliles.
On doit aussi exclure des Bajera le Sphœrococciles Munsleriavus de Sternb. , que M. F. Braun classe dans ce genre ; ce n'est qu'une portion de mon Sphenopteris macrophyllus, dont j'ai maintenant une fronde complète du calcaire jurassique de Morestel, I>rès Lyon.
Le Sphœreda paradoxa , L. et H. , Foss. Flor., n" 1o9, est très probablejnent la f; ticiiGcaiion d'une des espèces de ce genre trouvée dans le même terrain de Gristhorp- Bay, près Scarburoiigh.
H me parait qu'on peut conclure de ces comparaisons que la famille des Marsiléacées est probablement représentée, pendant la pério<ie jurassique , par un ou peut-être deux genres de plantes comprenant cinq ou six espèces, à souche grêle, rampante comme celle des Marsilea, qui portait des feuilles pétiolées , dont le litnbe , au lieu d'être di- \isé en quatre lobes réguliers, comme dans les Marsilea, était flabelliforme, à lobes (licliotomes , cunéiformes ou linéaires, à nervures principales dichotomes, et à nervures secondaires anastomosées ou parallèles, et dont les conceptacles reproducteurs, assez analogues par leur forme a ceux des l'ihilaria et Marsilea, étaient réunis par petites grappes ou bouquets portés sur des pédicelles naissant du rhizome.
Faïuâllc des Characées.
Cette famille, placée tantôt près îles Algues et des Confcrves, tantôt près des Marsiléacées et des Equisétacées, et que nous croyons devoir placera la suite de la première de ces familles, ne comprend que le genre Chaha dont les nombreuses espèces croissent dans les eaux douces de presque tout le globe, et sont facilement reconnaissables à leurs tiges articulées, lisses ou striées longiludi-
naïf menl. grêles, composées d'un seul tube ou de plusieurs lubes fascicules, portant des rameaux analoj^ues verticiliés, et surtout à leurs fruits ou graines sphéroïiJales ou ellipsoïdes, dont la paroi est formée de cinq tubes contournés en spirales.
A léial fossile, ce genre, représenté par SOS praincs antiennenient décrites par Larnar<k, sous le nom de Gyrogonites, et par des fragments de ses liges, se rencontre abondamment dans les meulières du terrain (i'cau douce supérieur des environs de Paris.
Quelques auires espèces moins abondantes ont été retrouvées dans d'autres parties des terrains tertiaires, et une élude attentive en multipliera probablement le nombre des espèces. Celles décrites jusqu'à ce jour sont au nombre de six, toutes des terrains tertiaires de France, d'Allemagne et d'Ecosse.
Famille des Lycopodiacées.
Cette famille, qui, dans le monde actuel, ne joue qu'un rôle très secondaire dans la végétation du globe, me paraît, dans les premiers temps de la création du règne végétal, avoir rivalisé avec la famille des Fougères par la dimension des individus, la variété et le nombre des espèces.
La dilTérence entre ses formes anciennes et celles qu'elle revêt actuellement a engagé divers auteurs à former plusieurs familles des végétaux que nous y plaçons. 11 est évident que, mieux connus dans tous les points de leur organisation, ce que nous considérons actuellement comme des genres ou des tribus, pourra être élevé au rang de famille. Mais je crois que, dans l'état actuel de nos connaissances, les végétaux que je vais énumérer ici ont plus d'affinité avec les Lycopodiacées qu'avec aucune autre famille, et que les caractères sur lesquels nous pourrions nous fonder pour les en séparer ne sont pas d'une valeur suffisante pour distinguer deux familles, si nous les apprécions d'après leur importance dans les Lycopodiacées et les Fougères actuelles.
Si nous ne connaissions à l'état vivant que les petites Fougères à tiges grêles et rampantes, si abondantes encore maintenant et dont les tiges ont la structure interne que nous observons dans les Polypodhim , Asple- '/ini»i,elc., et que nous trouvions à l'état fossile des liges de Cyatliea, et surtout des tiges
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deDicksoniaarlorcsceus, nous croirions aussi devoir en former des fatnilles distinctes.
On doit, je crois, se prémunir contre celte disposition à séparer trop facilement, et à séparer surtout comme famille distincte, sans motif suffisant, les végétaux fossiles, parce qu'ainsi on fait disparaître les rapports qu'il est si important de conserver entre les végétaux de l'ancien monde et ceux de l'époque actuelle.
Si l'on se demande quels sont les caractères les plus essentiels des Lycopodiacées, on voit que ce sont:
1" Comme forme extérieure; une lige ordinairemeni dicholome, rarement simple, dont les divisions ne paraissent latérales que par l'inégalité de leur développement ; des feuilles nombreuses simples, verticillées ou en spirales.
2" Pour organes reproducteurs, des capsules bi ou trivalves, ou d'une forme toute spéciale dans Vlsoeles, insérées sur la base même des feuilles à leur surface supérieure.
3° Commeslructure interne, des faisceaux vasculaires en forme de bandelette réunis au centre de la lige ou formant un cylindre continu autour d'une masse de tissu cellulaire central.
Ce cylindre vasculaire, que j'ai fait connaître dans les genres Fsilotum et Tmesipteris, est très important a remarquer, parce que c'est la modification de structure qui s'offre dans la plupart des liges fossiles que je considère comme appartenant à la famille des Lycopodiacées, et que quelques siivants en éloignent en se fondant surtout sur ce caractère général , et négligeant les points essentiels qui le distinguent du cylindre ligneux des végétaux dicotylédons.
Non seulement il est continu et non divisé en faisceau par des rayons médullaires, caractère que j'ai indiqué dans plusieurs familles très diverses de dicotylédones, mais les éléments qui le composent ne forment pas de rangées rayonnantes. Celle absence de direction radiée dans la disposition relative du tissu ligneux me paraît un caractère très essentiel, car elle indique la formation simultanée de ce tissu, et non sa formation successive du dedans au dehors, caractère de la zone ligneuse des dicotylédones. Aussi même, dans les plus grosses tiges de celle famille dont on ait observé la structure in-
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terne, ce cylindre reste très nnince et n'offre aucun indice d'accroissement par couches successives. Enfin ces éléineiils du cercle ligneux sont tous des vaisseaux rayés, comme chez les Lycopodiacées et les Fougères.
Ce caractère me pnraît moins important, et je concevrais parfaitement un mélange de libres et de vaisseaux ou la division du cylindre en faisceaux secondaires; mais je crois que jamais, dans ces Cryptogames, acrogcnes comme les Fougères et les Lycopodes, les éléments du cercle ligneux ne seront dispo.<és en séries rayonnantes et ne seront le résultat d'un développement successif vers l'extérieur.
Ce sont ces caractères existant d'une manière très prononcée dans les deux tiges de Lepidodendron, dont la structure interne est connue {Lepidodendron Harcourlii et Lepidodendron (sagenaria) fusiforme Corda) dans le Lomatophloios crassicaulc, le Leploxijlon geminumcl\eCalamoxyloncycadeunn[u\ me paraissent rapprocher d'une manière positive ces liges du terrain houilier des Lycopodiacées, telles que les Psilolum et Tmesipleris, et les éloigner tout à fait des dicotylédones auxquelles M. Corda les compare; ainsi les Crassulacées n'ont pas de rayons médullaires, mais leurs tissus sont disposés en séries rayonnantes, et les couches annuelles y sont bien distinctes dans les vieilles tiges. Dans les Euphorbées charnues, le tissu ligneux est quelquefois uniforme ; et non senlement il est disposé en séries rayonnantes, mais en outre il y a de très larges rayons médullaires, comme M. Corda l'a parfaitement représenté. A mes yeux, ces deux types d'organisation sont tout à fait dillércnls et, nulle part, nous ne connaissons, chez les dicotylédones, des tiges dont l'axe ligneux, placé vers le centre d'une tige volumineuse, soit formé seulement par un cylindre très mince de tissu vasculaire disposé sans régularité.
J'ajouterai que cette constitution du système ligneux entièrement par des vaisseaux rayés ou scalariformes, larges et anguleux, est un caractère presque général delà classe des Filicinécs.
Dans l'état imparfait de nos connaissances sur ces plantes fossiles, dont la fructification et la structure interne nous est le plus souvent iiii onnue, je crois pouvoir diviser la famille des Lycopodiacées en trois sections T. xui.
artificielles, mais qui paraissent cependant assez en rapport avec l'ensemble de leurs caractères.
S I. Tiges Ijulbifoimes , rapsules inJehiscenles (ISOETÉES).
ISOETITES,
Sous ce nom, M. de Munster a décrit une plante des terrains jurassiques deSolenhoferi qui n'a nue des rapports très douteux avec les Isoeles. M. Alex. Braun cite un Isoctes fossile du terrain tertiaire d'OEningcn, et M. Unger considère, comme des feuilles (i'Tsoeles, la plante désignée par MM. Liiulley et Hution sous le nom de Solenites Murraydna{Foss. Flor., n» 121), qui provient des terrains jurassiques duYorkshire.
Tous ces rapports sont fort peu certains.
S 2. Tiges hcibacces; caii^iiiles debisceiiles ^Lyco-
PGDIKE.S).
Lycopodites.
Les plantes réellement analogues aux Lycopoiles actuels sont très peu nombreuses à l'état fossile. Je n'en connais même aucune qui, par ses dimensions et la disposition i\é ses feuilles, puisse être comparée avec quelque certitude aux espèces du genre Lycopodium proprement dit, car la plupart des plantes que j'avais désignées ou qu'on a indiquées comme Lycopodites, sont probablement ou des parties supérieures déjeunes rameaux de Lepidodendron, ou des rameaux de Cotiiféres.
Ainsi la plupart des Lycopodites à rameaux dicholomes, du terrain houilier, paraissent dans le premier cas; les espèces à rameaux pinnés, distiques, sont évidemment des Conifères du genre Walchia. La plupart des espèces des terrains plus récents, du lias ou du calcaire oolithique, paraissent dans ce dernier cas; tels sont particulièrement les Lycopodites Williamsonis et païens.
Parmi ceux-ci, il y a cependant une espèce qui a tous les caractères d'un Lycopode ou plutôt du genre Solaginella, qu'on a séparé avec rai.son dans ces derniers temps, c'est ]e Lycopodites falcatus{\And\. et Hutt. Foss. Flor., n" Gl) , dont les rameaux fins et dichotomes, les feuilles en apparence distiques, mais probablement opposées et inégales, ont tout à fait l'aspect et les caractères essentiels des espèces si uonibreuses du geure Selaginella.
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Je ne connais aucune espèce qui ressenible aui vrais Lycopodes, tels qu'ils sont acluellenient limités, ni au genre Tmesipleris.
PSILOTITES.
Ce nom a été donné par M. de Munster à une petite plante fossile du calcaire jurassique scliistDïde de Daiiing près Rlaiiheirn, qu'il a comparé aux t'siloluin, mais qui, par sa petite taille, presque microscopique, serait un bien singulier exemple de ce genre. Les caractères en sont trop vagues et incomplets pour admettre cette afDnité d'une manière positive.
Le S'o/eH««cs?/'urcafa de Lindiey et Hutton {Foss. Flor. n^SOg), du terrain oolilhique de Scarborough, a beaucoup l'aspect des tiges dichotomesdes Psilotum; mais on n'y a pas observé ces feuilles rudimenlaires qui indi- (liqueraientclairementsa nature caulinaire, et ou peut aussi admettre que c'est une feuille dichotome , comme celle des Dajera ou des Schizopleris .
J 3. Tiges arhoresceDtes ; tissu vasciilaire formant un axe cylindrique rempli par lu moelle. LÉ- PIDODENDBÉES, Slcrub. ; Sageiiariucs, Corda.
Plusieurs auteurs ont considéré dans ces derniers temps ces plantes comme formant une famille distincte des Lycopodiacées, mais elles paraissent en diiïérer plutôt par des caractères génériques que par des caractères d'un rang plus élevé.
Cependant leur grande dimension, leurs feuilles articulées à leur base et caduques , laissant une cicatrice nette et régulière , la structure particulière des Lepidoslrobus que je n'hésite pas à considérer comme leurs organes reproducteurs, font du moins des Lepidodendron un genre tellement prononcé qu'on peut en former une section spéciale, d'autant plus que quelques autres genres peuvent se ranger auprès de lui. Aux caractères indiqués ci-dessus, il faut ajouter les caractères internes de structure que j'ai signaks plus haut dans ce genre et dans les Lomalopidoios ou Lepidophloios , structure analogue à celle des PsilotumeldesTmesipteris, et qui diffère de celles des vrais Lycopodes; mais nous ne pouvons pas affirmer qu'elle se présente sans différence notable dans les autres Lepidodendron , car les espèces de Lepidodendron diOèrent it$sez nota-
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blement par la forme de leur surface externe pour qu'on puisse supposer que des modifications d'organisation, analogues à celles que nous observons actuellement dans les divers genres de Lycopodiacées, pouvaient se présenter dans ce grand genre ou dans cette famille; il n'y aurait donc rien d'étonnant à ce qu'une partie du genre Lepidodendron offrît une structure analogue à celle des vrais Lycopodes; c'est ce que nous voyons exister dans les Psaroniées, dont nous ne connaissons que la structure interne et que nous plaçons à la suite de cette tribu.
Une organisation presque semblable a celle des Lepidodendron, existe en plus grand dans le Lomatophloios crassus de M. Corda, qui me paraît rentrer par ses caractères extérieurs dans le genre Lepidophloios de Slernberg : — la disposition et la nature des tissus qui constituent la tige sont les mêmes dans celte plante et dans les Lepidodendron Harcourlii et fusiforme.
Lepidodendron, Sternb. (Sagenaria, Brong., Cord.).
Tiges arborescentes, cylindriques, continues, dichoiomes, conservant les traces des insertions des feuilles sur leurs parties les plus anciennes. Feuilles insérées en spirales vers le milieu de mamelons rhomboidaux, ovales ou lancéolés, contigus ou presque contigus, séparés par des sillons formant un réseau très régulier, présentant chacun une carène inférieure, et deux carènes latérales correspondant aux angles médian et latéraux des feuilles , et une carène supérieure souvent obtuse, partant toutes quatre des angles de la cicatrice d'insertion des feuilles qui est transversale, marquée de trois points vasculaires. Feuilles {Lepidophyllum) d'une forme linéaire ou subulée, irèsentières sur leur bord, carénées en dessous, souvent très longues. FructiQcalions en épis terminaux {Lepidoslrobus) y formés d'écaillés naissant à angle droit sur l'axe par une sorte de péoicelle, renflées vers son sommet et supportant un sporange ou conceptacle plein de spores , se prolongeant ensuite en une lame foliacée lancéolée ou linéaire {Lepidophyllum), dressée et inabriquée.
JLe nombre des espèces de ce genre est
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très ronsidéraole, mais leurs limites sont très difGciles à établir, parce que les liralrices foliaires changent de forme, en se dilatant et en vieillissant, suivant qu'on les examine sur les rameaux, sur les branches ou sur les tiges. Plusieurs auteurs modernes ont cru pouvoir établir aux dépens de ce grand genre plusieurs genres distincts, fondés sur des caractères de détail des cicatrices qui ne me paraissent pas assez précis et d'une valeur suffisante : tels sont les genres Sagenaria, Sternb. ; Aspidiaria , Sternb.; Ikrgeria, Sternb. ; PhilUpsia , Sternb.; toules sont propres au terrain houiller ou aux formations plus anciennes que lui.
On a élevé des doutes sur les rapports des Lepidostrohus et des Lepidodendron , mais les exemples de jeunes Lepidoalrobus mêlés aux rameaux de Lepidodendron et paraissant même les terminer, ne sont p^s rares, et, d'un autre côté, si l'on rejelaitcette relation si probable, on ne saurait à quel genre de tige allribuer ces fruits fréquents dans les localités riches en Lepidodendron , etqui paraissent manquer dans celles où l'on n'a pas trouvé de tiges de ce genre.
J'ai connaissance , pendant que cet article est sous presse, dune dissertation très importante sur ces fruits et sur les Lepidodendron , publiée par M. le docteur Jos. Hooker dans les il/ewon-s of ihe Geological survey ofgreal britain, tom.Il, p. 44, dont je m'empresse d'extraire les faits suivants. M. Hooker , qui admet comme moi l'analogie intime des Lepidodendron avec les Lycopodiacées , et qui considère les Lepidoslrobus comme, les fructifications indubitables de ces arbres , est parvenu, par l'étude d'un grand nombre de ces fruits pétrifiés dans les nodules de fer carbpnaté des houillères , et surtout de ceux qui sont enveloppés dans les tiges môn)es du Lepidodendron eleg ans , k une connaissance beaucoup plus complète de leur structure au moyen de coupes diverses , dont quelques unes assez transparentes pour en observer les détails microscopiques.
Il établit : 1° que les sporanges ne sont pas renfermés dans une dilatation des éc;iilles , mais fixés , comme dans les Lycopodes , sur le côté supérieur d'un pédicelle grêle qui se dilate ensuite en une écaille terminale épaisse.
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2° Que CCS sporanges contiennent de vraies spores lernées ou quaternées , d'abord anguleuses, ensuite à peu près globuleuses, exactement comme dans les vrais Lycopodes.
D'après leur association avec des liges et des rameaux de Lepidodendron , M. Hooker pense que les Lepidoslrobus qu'il a étudiés se rapportent à deux espèces de Lepidodendron, les L. elegansel Harcourlii.
Ces résultats, que je réduis aux points les plu6 essentiels , confirment complètement , comme on le voit , les rapports des Lépidodendrons et des Lycopodes , entre lesquels il n'exisle certainement que des différences d'une valeur générique.
Ulodendron, Rhode {Ulodendron ei Bo- Ihrodendron, Liudl. et Hutt.).
Ce genre ne me paraît fondé que sur un état particulier de certains Lepidodendron, dans lesquels il se développe sur les tiges volumineuses des tubercules coniques ou hémisphériques, couverts de cicatrices foliaires et se prolongeant au centre en un commencement de branche ou de racine advenlive. Ces sortes de mamelons orbiculaircs sont disposés eu série longitudinale sur les deux côtés opposés de la lige à des intervalles assez rapprochés. Cette disposition paraît se montrer dans plusieurs espèces différentes appartenant, par la forme de leurs mamelons foliaires , à un groupe particulier de Lepidodendron , qui mérite peut-être d'être distingué génériquement.
Megaphytum, Artis.
Cette forme de tige se rapproche encore beaucoup des Ulodendron et des vrais Lepidodendron. Ce sont ainsi des tiges volumineuses qui présentent sur leurs deux faces opposées de grandes cicatrices disposées en séries longitudinales, sans avoir la forme de disques convexes, comme dans le genre précédent, mais plutôt de rameaux dressés rompus à leur base. Les mamelons et cicatrices foliaires sont beaucoup moins nets, soit parce que sur de vieilles tiges ils sont en partie effacés , soit parce qu'en effet ils étaient moins marqués et disparaissaient plus promplement dans ces plantes.
Cette disposition de grosses cicatrices.
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prxluiles probnblement par des rameaux ou des pcdi)iitiilcs,ou par de grosses rjiiines adveiiiives, en deux rangées lungittuiinalcs oppo.-ces cl siitnenl dans une grande cicndue, (orninc le montre l'éiliantillon que j'ai rcprésenlé ( llist. végét. foss., lom. 11, t, 28 , r. 5), est fort singulière. On ne sait à quoi l'aliribuer, elles exemples analogues manquent dans tous les Végétaux vivants que je connais ; mais il est impossible de ne pas considérer ces dcu^ formes, les Utodcndion cl les Megaphytum, qui , à mes yeux, ne dcviaipnl former qu'un seul groupe, comme des modiOcalions du genre Lepidodcndrou. I,e genre suivant parait presque dans le même cas.
Haioma, Lindl. et Huit.
Les liges assez rares et mal connues qui forment ce genre, offrent, sur les parties qui sont bien conservées, une écorce marquée de cicatrices foliaires disposées comme dans les Lcpidodciidron ; mais la tige présent'' en outre de gros tubercules coniques disposés en quinconce, el sur lesquels s'étend uni formémenU'écorce générale et les feuilles quelle supportait.
La disposition quinconriale des mamelons ou tubercules qui font saillie sur la tige, et la continuité de leur base avec le reste de l'écorcc de la tige, dislingue complètement ce genre des précédents. Ici les gros mamelons ne paraissent pas des cicatrices, mais des saillies sous-corlicales , comme celles qui seraient produites par des racines non sorties de dessous l'écorce. Knorkia , Sternl).
Ce genre, dont je n'ai vu que des échantillons fort imparfaits, mais qui a été bien représenté dans les ouvrages de M. de Slernberg, el surtout de M. Gœppcrt, me laisse cependant des doutes assez nombreux dans l'esprit. Les détails donnés par ces savants, el les figures qu'ils ont publiées, ne me paraissent pas établir positivement si les échantillons qu'ils ont étudiés offraient leur écorce complète et, par conséquent, leur véritable surface externe, et si les tubercules coniques dressés et imbriqués qui couvrent ces liges sont de vraies feuilles charnues et imbriquées comme ils l'ont admis , ou si ce seraient des tubercules sous-corticaux, correspondant à des mamelons d'insertion dont le* cicatrices ne pouvaient exister que sur
la surface externe, et analogues avec une saillie beaucoup plus grande, a ce que nous Voyons dans les Lepidodendron dépouillés de leur écorce charbonneuse. Après avojr exprime ces doutes, qui ne pourraient être levés que par l'examen de bons échantillons, dont on posséderait en même temps la lige et le moule dans la roche environnante, je dirai que M. Gœppert, qui dernièrement a donné les meilleures figures de ces liges curieuses, les considère comme couverles de feuilles courtes, charnues, coniques, imbriquées. Les tiges et les rameaux allongés se bifurquent comme ceux des Lepidodendron, et leur déformation fréquente semble aussi indiquer qu'ils ont été charnus; ils montrent comme les tiges des autres Lépidodendrécs , un axe central, mais dont la structure n'a pu être étudiée.
En admettant celte disposition des feuilles, je serais porté à croire que les rameaux que j'ai décrits sous le nom de Selagiuites, et >|ui se distinguent des Lepidodendron par leurs feuilles courtes, charnues el persistantes, sont des rameaux de ces mêmes plantes qui ne devraient former qu'un seul genre pour lequel le nom de A'norria serait préférable.
LEPiDOPnLoins,Sternb.(Lomafop7j;oios,Cord.; Pavhyphlœus , Gœpp.).
Ces trois genres me paraissent des espèces dinérentes d'un seul et même genre, auquel je laisse le nom donné en premier par M. de Slernberg.
Les caractères extérieurs sont les mêmes, ou ne présentent que de légères dilTérences ; l'organisation interne n'a éié obser\ée que sur la plante admirablement décrite pat M. Corda , sous le nom de Lomatophloios crassicaule. L'écorce de ces tiges est couverte d'écaillés formées par les protubérances basilaires des feuilles; elles sont à peu près rhomboidales , à grand diamètre transversal, terminées à leur angle supérieur par une cicatrice d'insertion' des feuilles également rhomboïdale , transverse , marquée de trois points vasculaires ; les feuilles qui s'y insèrent sont linéaires, longues el très étroites, carénées ou n;éme à double carène en dessous. Sous la couche externe assez dense de l'écorce se trouve une zone épaisse de parenchyme, puis vers
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le centre ou dans une position eicentrique (comme dans les Lepidodendron) , un cylindre ligneux rempli par le parenchyme médullaire, et entièrement formé par des vaisseaux rayés anguleux, irréguliers, sans rayons médullaires , ni disposition séiiale rayonnante, ni couches successives et ne formant, comme dans toutes ces plantes , qu'un cylindre assez mince d'où partent des faisceaux qui, traversantobliquement le parenchyme cortical, se portent dans les feuilles. Ces faisceaux foliaires se séparent comme dans les Lepidodendron de la face externe du cylindre vasculaire, ainsi que cela a lieu pour les Fougères et les Lycopodiacées, et non pas de la surface interne ou médullaire, ainsi qu'on l'observe dans les Dicotylédones où l'étui médullaire et le tissu ligneux conligu fournissent les faisceaux vasculaires qui vont dans les leuilles en traversant obliquement toute la zone ligneuse. Suivant M. Corda, le cylindre de parenchyme médullaire dépouillé de son enveloppe vasculaire charbonneuse , est marqué de sillons transversaux, et ce seraient ces cylindres isolés qui auraient été décrits sous le nom de Slernbergia ou Artisia.
Ces axes peuvent avoir quelquefois été confondus avec les vrais Artisia, et je crois que ceux figurés par M. de Sternberg ( FI. des Vonv., 2 , t. 53, f. 1-6) sont dans ce cas; mais je doute qu'il en soit toujours ainsi, et je pense qu'il y a des tiges désignées sous ce nom, encore mal connues, qui sont étrangères aux Lepidophloios ; celles des mines d'Angleterre me paraissent surtout dans ce cas.
Sous le nom de Leploxylum, M. Corda a établi un genre voisin de celui-ci et qui, dans les seules parties qui en sont connues , ne me paraît même pas en différer; son écorce extérieure est trop altérée pour qu'on puisse en apprécier la forme et la structure; dans l'intérieur de la tige se trouvent deux axes divergents qui indiquent une bifurcation de la lige, comme dans les Lepidodendron ; ces axes sont formés d'un cylindre creux, à parois minces formées par de gros vaisseaux rayés, disposés sans ordre. C'est l'organisalioa du cylindre vasculaire des Lepidodendron et des Lepidophloios.
Je oe vois pas non plus sur quel carac-
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1ère on peut distinguer génériqnement le Calainoxylon cycadeum, Corda (m Stcrnb., FI. der Vorw., t. H, p. M, fig. 8 13), de l'axe ligneux ou plutôt vasculaire du Loviatopliloios ou du Leploxylum du même auteur. La structure essentielle est la même, le cylindre ligneux est un peu plus épais , et toute la zone corticale manque.
Ainsi le genre Lepidophloios renfermerait comme espèces dillérant légèrement par leurs formes extérieures , les Lomatophloios et Pachyphlœus, et, comme tiges analogues par leur structure interne, les genres Leploxylum et Calamvxylon. Quant au Calainoxylon'ï involulum, Ung. {Cycadiles involulus , Slernb. , <. c. , t. 51 ), c'est , à mes yeux , une plante toute différente appartenant à la famille des Cycadées , ou , plus probablement, à celle des Sigillariées.
Je crois enfin que la plante, figurée par M. de Sternberg sous le nom de Cycadiles coiumnaris , mais dont la forme extérieure seule est connue, se rapporte encore au Lepidophloios, et se rapproche surtout beaucoup du crassicaule de Corda.
54. Tiges aiborescentes; faisceaux vusculaiies , aplatis , replies, reunis vers le centre de la tige, le plus souvent entouies tie racines advenlives , nombreuses, descendant dans le lissu de l'ecorce (PSARONlÉEs).
Ces tiges remarquables, dont nous ne connaissons pas jusqu'à présent la forme externe , ont été rapportées par M. Corda , qui en a étudié la structure et les espèces avec beaucoup de soin, à la famille des Fougères, tribu des Maraitiacées. Je crois qu'il y a plus de probabilité qu'elles proviennent de la base de tiges de Lycopodiacées arborescentes voisines des Lepidodendron , et confondues jusqu'à ce jour avec ce genre. C'est ce que je vais exposer, en indiquant les caractères des Psaronius ou Psaroliihes.
PsARONius, Cotta.
Ces tiges, qui ont maintenant été trouvées dans des localités assez variées, appartenant aux parties supérieures de la formation houillère ou au nouveau grès rouge qui la recouvre, se sont toujours présentées en fragments peu étendus en longueur, qu'on n'a rencontrés que hors de place, ce qui ne permet pas de constater si ce sont des tiges allongées simples ou ramifiées. La présence
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des racines nombreuses, qui coiistiluent leur partie externe, pourrait faire supposer que ce sont des bases de tiges souvent fort volumineuses, mais dans lesquelles la structure, telle que nous la voyons, ne se prolongerait pas dans les parties supérieures.
Ces tiges , lorsqu'elles sont à peu près complètes , présentent un axe central ordinairement de 5 à 10 centimètres de diamètre, formé de faisceaux vasculaires aplatis en forme de rubans, dont la coupe est souvent sinueuse et repliée, et qui sont plus ou moins parallèles à la surface externe; ces faisceaux sont entièrement formés de vaisseaux rayés gros et anguleux, disposés parallèlement entre eux, mais sans ordre régulier; ces divers faisceaux sont séparés par un tissu cellulaire très délicat, souvent en partie ou entièrement détruit. EnGn l'ensemble de ces faisceaux, qui constitue l'axe ligneux ou vasculaire de ces tiges, est souvent entouré par une zone continue étroite, mais dense, de tissu cellulaire allongé et fin analogue à celui qui forme un cylindre semblable daui les liges de Lycopodes que j'ai figurées (Hisl. vég. foss., toni. 11, pi 10, lig. 2, 3), et à celui qui entoure en particulier chaque faisceau vasculaire des tiges des Fougères arborescentes, tissu qu'il ne faut pas confondre avec les vaisseaux rayés formant les faisceaux du centre de la lige.
Dans d'autres espèces, ce cylindre de tissu ligneux manque, et la ligne de démarcation, entre l'axe vasculaire et l'écorce, est moins prononcée, quoique facile à reconnaître , par la différence des parties qui constituent ces deux zones.
En dehors de l'axe vasculaire et ligneux <e trouve le parenchyme cortical, dont la limite externe ne nous est pas connue; c'est un lissu cellulaire fin , quelquefois détruit, dans lequel descendent, parallèlement a l'axe de la tige , de nombreuses racines légèrement sinueuses, cylindriques ou très comprimées , dont la grosseur et la structure varient beaucoup, suivant les espèces , et suivant aussi la position qu'elles occupent dans la tige. Elles présentent cependant toujours un étui cortical dur et fibreux, puis une zone celluleuse plus ou mois lâche et lacuneuse; et enfin au centre un seul faisceau vasculaire dont la coupe est en forme d'étoile. C'est
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cette disposition qui avait fait donner an" ciennement à ces parties corticales le nom d'Aslerolilhes, ou Slaarslein des auteurs allemands; aux parties centrales dont les faisceaux vasculaires coupés ressemblent à des Vers , le nom dllelminlhoUthes ou Wurmslein ; et à l'ensemble de ces tiges fossiles, dont les coupes des racines forment des taches arrondies, le nom de Psarolilhes.
Quand on compare cette structure à celles des bases de tiges de Lycopodes que j'ai représentées dans Vllisloire de^ l'éijc'laux fossiles (totn. II, pi. 8, 9, 10), il me paraît difficile, en faisant abstraction des différences de taille, ou plutôt en se représentant les difféiences qu'entraînerait la forme arboresceiiie, de ne pas trouver plus d'analogie entre ces liges de I.ycopodiacées et les Psaronius, qu'entre ces derniers et les Fougères, même de la tribu des Maratliacées , qui s'en rapproche un peu plus. Dans les Lycopodiacées et les Psaronius, dill'érence très tranchée entre l'axe vasculaire et la partie corticale occupée par les racines, souvent limitée par un cylindre fibro-ligueux ; dans les uns et les autres , axe formé de nombreux faisceaux vasculaires sans enveloppe propre, aplatis et rapprochés; dans les deux tas, racines nombreuses, se prolongeant parallèlement à l'axe de la tige dans une étendue qui, dans ces plantes comme dans les Fougères, doit augmenter, ainsi que leur nombre, avec l'âge delà lige.
Enfin ces racines sont contenues dans le lissu cortical, taudis que dans les Fougères elles en sortent directement pour descendre au dehors.
Tels sont les caractères qui me semblent assimiler les Psai'omus plutôt aux Lycopodiacées arborescentes qu'aux Fout;ères. J'ajouterai que les empreintes du terrain houiller dont ces tiges sont contemporaines, nous annoncent l'existence de beaucoup de Lycopodiacées arborescentes {Lépidodcndrces) et de très peu de Fougères , ayant des dimensions comparables à celles des Psaronius. M. Corda énumère 26 espèces , décrites soit par lui, soit par M. Unger : la plupart sont d'Allemagne , deChemnitz en Saxe et de Neupaka en Bohême. A ces espèces, il faudrait eu ajouter quelques nouvelles, trouvées aux environs d'Aulun et une belle espèce du Brésil. Une espèce remarquable, qui
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m'a été remise par M. Virlet, a élé trouvée à Rlellier, près Souvigny (département de l'Allier), et annonce une localité nouvelle de ces fossiles iuiéressanls, localité qui mériterait d'être explorée avec soin.
La grosseur et le tissu lacuneux et spongieux des racines de quelques espèces, semblerait indiquer que ces plantes croissaient dans des terrains marécageux comme les Isoetes.
Heterangium, Corda.
Ce genre ne me paraît , jusqu'à ce jour, que fort incomplètement connu, par la description que Corda a donnée d'un seul fragment de lige fort imparfait, qui ne |jermet pas de juger des rapports des faisceaux vasculaires avec les autres parties de la tige.
Je ne puis pas cependant comprendre les figures de M. Corda exactement comme lui. Ainsi, ce qu'il appelle de petits vaisseaux mêlés aux grands, me paraît plutôt un tissu cellulaire interposé entre des faisceaux irréguliers de gros vaisseaux , comme dans les parties centrales des tiges de Lycopodiacées. Les parois régulièrement et finement réticulées de ces vaisseaux ressemblent surtout à celles de certains vaisseaux des pétioles de Fougères fossiles figurés aussi par Corda, tels que les Anachoropleris et Selenopteris.
DiPLOTEGiUM, Corda.
M. Corda forme de cette lige une famille spéciale sous le nom de Diplotégiacées ; mais j'avoue qu'elle me paraît trop imparfaitement connue jusqu'à ce jour pour prendre une détermination aussi absolue. Je crois qu'il estpréférable, jusqu'à ce quedes échantillons plus parfaits permettent de mieux apprécier sa structure interne, de la laisser à la suite des Lycopodiacées, près des Psaronices, aveclesquelleselleparaîtavoirquelque analogie. L'échantillon étudié par M. Corda constituait une longue tige simple d'environ 20 pieds de long sur près de 5 pouces de diamètre, sans trace de ramification ; vers la base, elle présentait, d'un côté, un profond sillon longitudinal, et l'écorce roulée en dedans, comme on l'observe souvent sur les grosses liges de Lépidodcndron et d'autres plantes charnues. La surface externe de l'écorce présente de nombreuses cicatrices des
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bases des feuilles disposées en quinconce ; chacune de ces cicatrices, en forme linéairelancéolée transversale sans traces vasculaires bien distinctes. La structure de cette écorce me paraît difGcile à bien apprécier, d'après les fij:ures et les descriptions de M. Corda; car une de ses figures la représente comme formée de trois couches minces immédiatement superposées , et donnant lieu, lorsqu'on enlève les couches superficielles, à trois aspects différents de la^surface, mais qui se suivent dans leurs ondulations. La coupe transversale indique , au contraire , une écorce inleriie ou liber , d'après M. Corda , composée de deux couches {Basl-'lonen) placées assez profondément , dont l'une est assez épaisse, et qui ne sont pas parallèles à l'écorce externe, mais diversement repliées à l'intérieur.
Enfin, vers le centre, se trouve un cylindre ligneux, formé sur la coupe transversale de deux arcs de cercles opposés par leur concavité, en embrassant un troisième plus petit. La structure propre de ces diverses parties n'a pas pu être observée : elle était trop altérée.
Les replis que forme la zone que M. Corda appelle liber interne, ressemblent à ce que j'ai observé dans mon genre Colpoxylon ; mais ici c'est la vraie zone ligneuse qui présente ces replis , et il n'y a pas d'axe central à l'intérieur {voyez à la famille des Cycadées ).
Famille des Équîsétacées.
La famille des Équîsétacées , dont les caractères, parmi les plantes vivantes, sont si précis, puisqu'elle ne comprend que le seul genre Equiselum, et si ditTerents de ceux de toutes les autres familles du même embranchement, estplus difGcile à bien limiter parmi les fossiles dont les débris sont si souvent incomplets.
Il existe évidemment, à l'état fossile, de vrais Equiselum, qu'on ne saurait hésiter à placer dans ce genre, tant d'après la forme de leur tige et de leurs gaines, que d'après la présence dans quelques eus de la fructification.
Tels sont, IcrEr/«ise(i7esJ)/«>!Sfen',Sternb., Flor. der Vorw., 2, p. 43, t. 16, fig. 1-3, qui montre un épi fructifié très caractérisé; 2o VEquiselites Jiurchardli , Duoker, mon.
96 VEB
u;co/(l.,t.S,fig-7.flu lerrain wealdien du nord del'AllemaBne; 3' les Equisetiles moniliformis, nœssertianus et //œ/Iianus deSlernberg. doril les deux premier,-, ne consiiiuent peulêlre pas des espèces suffisamment dislincles; 4" Les Equiselum Meriani el dubium, Urong., Uisl. Vcg. foss., t. 12. (ig. 13, et fig. 17, 18. Ce dernier seul appartient au terrain houiiier , toutes les autres espèces étant de l'époque keupérienne ou weaidienne.
Un autre groupe d'Equisetum comprend des espèces à liges beaucoup plus volumineuses que celle des Equiselum ordinaires, mais pourvues cependant de gaines niultidentées, dressées et appliquées sur la tige , comme celles des Equiselum vivants. Quelques espèces appartiennent au terrain houiiier ; ce sont les Equiselum infundiluUforme, Brong., t. 12, fig. U, IG, et Equiseliles mirabilis, Slernb., 2, t. 1, fig. 1, qui n'en diffère peut-être pas spécifiquement ; d'au- '.-es appartiennent au grès bigarré, Equiselum Drongnarlii, Schimper et Moug., il/onog'. Grès (yigf., t. 27, ou au keuper et à la formation jurassique; ce sont V Equiselum columvare , Brong., Uisl., i, t. 13; Equiseliles Braunii, Schoenleinii , conicus, cuspidalus , aculus , ehngalus, Seinsheimicus et areolalus, de Sternberg, dont plusieurs ne sont probableuient que de simples variétés.
Ces espèces diffèrent des vrais Equiselum et des espèces fossiles cnumérées précédemment, non seulement par leur taille, mais par leur tige lisse, non striée, dont la surface ne présente pas de cannelures continues aux dents de la gaine: les stries qui les séparent, s'évanouissant avant la base même de la gaine. La fructification de toutes ces espècesest inconnue, et je serais fort porté à penser qu'elles peuvent former un genre très voisin , mais distinct, des vrais Equiselum. On pourrait leur réserver le nom 6'Equisetiks , ou adopter le nom d'Oncylogonalum donné par Kœnig à \' Equiselum columnare, et conserver celui ii'Equisetum au premier groupe évidemment identique a v ecl es i,"çuiselum actuels.
La plante du calcaire grossier dont j'avais décrit le petit rameau, sous le nom à'Equisetiim brachyodon , a été considéré , je crois avec raison, par M. Unger comme de petits fragments de rameaux d'un Tliuya ou plu-
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tôt d'un Callitris qu'il a nommé Thuylei callitrina.
L' Equiselum Braunii, Unger, de la formalion tertiaire d'OEningen, est probablement un wai Equiselum, puisque M. Alex. Braun, dont tous les botanistes connaissent la précision, le compare à V Equiselum paluslre. Quant à V Equiselum slellifolium (el non pas slelliferum) Hailaii (Phys lies., p. 390, f. 4), c'est un véritable Annularia, probablement VA. ferlilis.
Enfin VEquiseliles LindaclcerianusSleTnb.
(Flor., 2, t. 56, fig. 1, 8) de la formaiiou du grès rouge, me paraît une vraie Calamités, dont il offre la structure interne, comme je l'indiquerai toul à l'heure.
Voici donc deux groupes de végétaux qui, en en excluant quelques plantes rapprochées d'eux à tort,sontévidemmentde vrais Équisétacées, et on ne comprend pas pourquoi M. Unger les a placés dans une famille des Calamileœ qui, comme on va le voir, est très hétérogène, en ne laissant dans les Équisétucées, et sous le nom générique d'Equise- Inm, que deux plantes, les Equiselum Braunii et slellifolium, dont la dernière est tout à fait étrangère à ce genre et même à celte famille.
Quant au genre Calamiles Suck., adopte par tous les auteurs, et au genre Calamitea Colla, ils ont, je crois, besoin d'un nouvel examen et de nouvelles limites.
Toutes les Calamiles décrites jusqu'à ce jour, tant dans mon Ilisloire des végélaux fossiles que dans les ouvrages plus récentSj appartiennent-elles au même genre, à la même famille, et quels sont leurs vrais rapports avec les tiges pétrifiées désignées sous le nom de Calaïuitea?
Je dois d'abord indiquer quelques faits qui me paraissent confirmer les rapports des Calamités ou du moins d'une partie d'entre elles avec les Équisétacées. On sait que les Calamiles sont des liges dont la surface externe est régulièrement articulée et striée, et ne présentant, en général, pas de vraies gaines ni aucun organe appendiculaire aux articulations, soitqu'il n'en ait jamais existé, soit qu'ils fussent très prompiemeni caducs avant que la tige eût pris sa taille et sa forme caractéristique.
Quelques exemples se sont présentés de tiges ayant les caractères extérieurs essen-
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fiels des Calamités et offrant encore leur structure interne; l'un a été figuré par M. de Sternberg sous le nom d'Equiseiiles Lindacheriatius (vol. II, t. 56, fig. 1, 8); mais les détails de l'organisation de celte plante remarquable ne sont pas représentés ni décrits avec assez de précision pour qu'on puisse discuter son analogie avec les vrais Equiselum sans l'avoir vue. Les détails peu grossis semblent cependant indiquer beaucoup de resseriiblance entre cette tige fossile et une grosse espèce de Prêle; un échantillon du terrain bouiller de Saint-Priest, que M. Dufresnoy m'a remis, semble aussi annoncer une Calamité à tige fistuleuse, ou dont le centre est occupé par un tissu cellulaire lâche, entourée d'un cercle étroit de tissu fibreux , formant les cannelures extérieures et se prolongeant à l'intérieur comme des lames courtes et saillantes qui doivent correspondre aux sillons du noyau central qui remplit ordinairement la tige. Si celte tige est complète à l'extérieur, elle n'offrirait donc qu'une zone ligneuse , très mince, correspondant à la couche charbonneuse des Calamités à écorce mince.
EnOn M. Petzholdt a décrit avec beaucoup de soin plusieurs échantillons de Calamités dont la znrie externe serait plus composée, présentant de larges lacunes séparées par des cloisons de lissu fibreux formant des lames rayonnantes. Il admet que celle zone constitue il elle seule les parois d'une tige fistuleuse qu'il compare avec raison à celle des Eqvisclum. Il est cependant étonnant, si c'est la structure normale des Calamités, qu'elle se soit olTene si rarement. Les liges de Calaniiies, telles que nous les connaissons habituellement, seraient ou des noyaux dépouillés de leurs parois organiques ou du moins de la partie externe de celte paroi, ou des liges aplaties dans lesquelles les parois elles-mêmes comprimées, se seraient appliquées sur ces noyaux.
Ces Calamités auraient donc une tige fistuleuse, cloisonnée, dont les parois, quelquefois très minces, ne présenteraient que des crêtes internes, fibreuses, correspondant aux cannelures externes, sans lacunes longitudinales ; quelquefois, plus épaisses, offriraient des lacunes longiludinales nombreuses en rapport avec les cannelures externes (Cal. Lindeckerianus); d'autres fois, enfin, beau-
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coup plus épaisses, mais susceptibles de s'affaisser par la compression, montreraient de grandes lames longituditrales, séparées et bordées par des lames de lissu disposé en séries rayonnantes correspondant aux stries de la surface externe et interne (tiges figurées par M. Petzholdt).
A l'article Calamités de ce Dictionnaire, j'ai exprimé la pensée que celte organisation pourrait ne s'appliquer qu'à l'écorce des liges des Calamités dont l'axe ligneux serait représenté par les Calamitea; mais, en y réfléchissant de nouveau et en examinant avec attention les diverses formes des échantillons de ces végétaux singuliers, il me paraît peu probable: 1° que celte zone externe ne soit qu'une simple écorce; sa structure complexe et ses lacunes régulières ne semblent pas en rapport avec la structure des tiges des Calamitea ; 2" que la destruction de la partie ligneuse centrale fiit complète dans les échantillons figurés par Petzholdt, si elle avait existé.
Je serais donc porté à penser qu'on a confondu sous le nom de Calamités deux groupes de végétaux très difTérenls. L'un comprenant les Calamités à écorce mince, régulière, recouvrant le noyau central d'une couche charbonneuse qui en suit tous les contours, qui montre à sa surface externe des stries et des articulations très nettes, des insertions de rameaux appliqués sur ces articulations, articulations dépourvues de gaines ou en oITrant quelquefois une étalée. Leur structure interne est celle (pie je viens de ilécrire. L'autre comprenant les Calamités à écorce charbonneuse, épaisse, qui, extérieurement, offre à peine des traces de stries longitudinales et d'articulations, dont le noyau interne correspomlant à la lige est, au contraire, profondément sil.oniié et présente des articulations très marquées. Ces tiges, lorsque leur partie centr;ile a conservé sa structure, paraissent offrir celle décrite par MM. Cotta, Petzholdt et Uiiger dans les Calamitea, c'est-à-dire une moelle centrale, un cylindre ligneux, part.igC par de nombreux rayons médullaires très réguliers, en faisceaux rayonnants, compo.^é.s eux-mêmes de lames rayonnantes, de tissu vasculaire strié, analogue à celui des Fougères, des Lepidodendron, des Sigillaria et
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des Stigmaria , etrfe tissu ligneux plus fin, fans stries ni ponrinalions.
Celle orj!aiiisaii()ii osl bien plus analogue à telle (les Diciiljlédoiies (gymnospermes qu'à celle des vraies Calaniiles , et l'on ne sauraii laisser ces plantes dans le même genre : les premières, vraies Calamités, resteraient parmi les Éqiiiséiarces; les secondes, que je nommerais Ca/aniorfend/on, pour ne pas employer un nom aussi semblable que celui de CalawUea, trop facile à confuiidre avec Calamités, doivent entrer dans une famille toute diiïérenle, et je serais très porté a penser, avec MM. Lindiey et Ilutlon, que les Astérophylliles seraient leurs rameaux.
Les vraies Calamités peuvent encore se diviser en deux sections qui deviendraient certainement deux genres, si le caractère qui les distingue se vérifie d'une manière constante.
La première, ne comprenant que le Calamiles radiants, est caractérisée par des gaines s'iiisérant sur les arliciilalinns, étalées dans un plan perpendiculaire à l'axe des liges; la seconde renferme des espèces qui paraissent constamment dépourvues de gaines et de tout autre organe appendiculaire. Elle renferme comme types principaux : les Calamilcs Suckowii , decoralus , undulalus , cannœforniis, verlicillalus Lindl., et probablement les G. ramosus, dubius, ainsi que plusieurs espèces imparfaitemeiil connues.
Ainsi la famille des Eqniselacèes comprend; 1° de vrais Equisetum, les uns tout à fait iileiiliques génériquemenl avec ceux de l'époque actuelle, par leur laille et leurs caractères; les autres analogues dans tous les points essentiels de leur structure, mais dirrèrents par leur laille; 2" les vraies Calayniles , giMire très distinct des Equiselum, mais qui parait cependant offrir une organisation analogue. Ils servent de passage à la famille suivante, qui cependant me semble appartenir, par l'ensemble de ses caraclére«, aux Dicotylédones gymnospermes.
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