‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 4)Chapitre 27 sur 123 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

EXPOSITION CHRONOLOGIQUE DES rÉHIODES DE VÉGÉTATION ET DES FLOUES DIVERSES QDI SE SONT SUCCÉDli A LA SURFACE DE LA TERRE.

Si , après avoir étudié les Végétaux fossiles sous le point de vue de leur organisation, de manièreà déterminer leurs rapports avec les Végétaux actuellement existants, sans nous préoccuper de la position géologique qu'ils occupent, nous comparons entre elles les diverses formes qui ont habité la surface de la terre aux diverses époques de sa formation, nous verrons que de grandes diiïérences se font remarquer dans la nature des Végétaux qui s'y sont successivement développés et qui remplaçaient ceux dont les révolutions du globe et les changements dans l'état physique de sa surface amenaient la destruction.

Ces différences ne sont pas seulement des différences spécifiques, des modifications légères des mêmes types , ce sont le plus souvent des diiïérences profondes, telles que (les genres ou des familles nouvelles viennent remplacer des genres et des familles détruites et complétementdistinctes; ou bien, qu'une fatnille nombreuse et variée se réduit à quelques espèces, tandis qu'une autre, qui était à peine signalée par quelques individus rares, devient tout à coup nombreuse et prédominante.

C'est ce qu'on remarque le plus habituellement, en passant d'une formation géologique à une autre; mais en considérant ces transformations dans leur ensemble, un résultat plus général et plus important se présente d'une manière incontestable : c'est la prédominance dans les temps les plus anciens des Végétaux cryptogames acrogènes (Fougères et Lycopodiacées) ; plus tard, la prédominance des Dicotylédones gymnospermes (Cycadécs et Conifères) sans mélange encore d'aucune Dicolylédone angiosperme; enfin, en dernier lieu, pendant la formation crétacée, l'apparition et bientôt la prédominance des Végétaux angiospermes, tant dicotylédons que monorolylédons. Ces diiïérences si remarquables dans la composition de la végétation de la terre, que j'ai déjà signalées il y a longtemps, et

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que toutes les observations récentes, bien appréciées, me paraissent confirmer, montrent qu'on peut diviser la longue série de siècles qui a présidé à cet enfantement successif des diverses formes du règne végétal, en trois longues périodes que j'appellerai : le règne des Acrogènes , le règne des Gymnospermes et le règne des Angiospermes.

Ces expressions n'indiquent que la prédominance successive de chacune de ces trois grandes divisions du règne végétal, et non l'exclusion complète des autres. Ainsi, dans les deux premières , les Acrogènes et les Gymnospermes existent simultanément, seulement les premièresTemportenl d'abord sur les secondes en nombre et en grandeur, tandis que l'inverse a lieu plus tard.

Mais pendant ces deux règnes les Végétaux angiospermes me paraissent au contraire, ou manquer complètement , ou ne s'annoncer que par quelques indices rares, douteux et très dilférents de leurs formes actuelles, signalant, du reste, plutôt la présence de quelques Monocotylédones que celle des Dicotylédones angiospermes.

Chacun de ces trois règnes ainsi caractérisés par la prédominance d'un des grands embranchements du règne végétal se subdivise le plus habituellement en plusieurs périodes, pendant lesquelles des formes très analogues, appartenant aux mêmes familles et souvent aux mêmes genres, se perpétuaient; puis ces périodes elles-mêmes comprennent plusieurs époques durant lesquelles la végétation ne paraît pas avoir subi de changements notables. Mais souvent les matériaux manquent encore pour établir avec précision ces dernières subdivisions, soit parce que la position géologique exacte des couches qui renferment des empreintes végétales n'est pas bien déterminée, soit parce qu'on n'a pas établi avec soin le mode de répartition des espèces végétales dans les diverses couches d'un même terrain.

Aussi je ne doute pas que ces époques différentes, durant lesquelles la végétation a conservé ses caractères d'une manière invariable, se multiplieront beaucoup plus que nous ne pouvons le faire dans l'état actuel de nos connaissances, lorsque des matériaux recueillis -avec soin auront été réunis en grand nombre.

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Pour le moment voici la division générale que je crois devoir admettre.

«. ÎSègiie des Acrogèiies.

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