PERIODE TERTIAIRE
L'ensemble des végétaux de celte période contemporaine de tous les dépôts tertiaires, et se continuant même encore dans la végétation qui couvre la surface actuelle de la terre, est un des plus caractérisés. L'abondance des Végétaux dicotylédons angiospermes, celle des Monocotylédones de diverses familles, mais surloul des Palmiers , pendant une partie du moins de celle périude, la distinguent immédiatement des périodes plus anciennes. Cependant les d^servations faites sur l'époque crétacée ont établi une sorte de transition entre les furn-es des époques secondaires et celles des époques lerliaires, qu'on ne présumait pas il y a quelques années. Mais tandis qu'à cette époque les angiospermes paraissent égaler à peu près les gymnospermes dans la période tertiaire, elles les dépassent de beaucoup; taudis qu'à l'époque crétacée il y a encore des (^ycadées et des Conifères voisines des gemes habitant les régions tropicales; pendant la période tertiaire les Cycadées paraissent manquer complètement en Europe, et les Conifères appartiennent à des genres des régions tempérées.
Malgré cet ensemble de caractères communs à toute la période tertiaire, il y a évidemment des difl'érences notables dans les formes génériques et spécifiques, et dans la prédominance de certaines familles aux diverses époques de cette longue période. Mais ici nous éprouvons souvent des difficultés graves pour établir le synclironisme des nombreuses formations locales qui constituent les divers terrains tertiaires. Dans 2i
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celle attribution des différentes localités où des fossiles végétaux ont élé observés aux priiK ipalesdivisions de la série tertiaire, je n'ai pas suivi exartemenl les bases admises par M. Unger dans son Synopsis; je me suis beaucoup plus rapiiroclié de la répariilinn adoptée par M. Haulin dans son mémoire sur les iransTormaiions de la flore de l'Europe centrale pendant la période tertiaire [Ann. se. nal., t. X, p. 193, oct. 1848), qui reporte à l'époque pliocène, ou la plus récente, plusieurs des formations classées par M. Unger dans la division moyenne ou miocène. Cependant, d'après des conseils de M. Élie de Beaumont, je n'ai pas placé tous les terrains de lignite de l'Allemagne dans la division pliocène, Ci>mme l'avait fait M. Raulin , ni tous dans la division miocène, comme M. Unger; mais, conformément a l'ancienne opinion de mon père, j'ai laissé les ligniles des bords de la Balii(|ne, qui renferment du succin, dans la division inférieure des bassins anciens de Paris, Londres et Bruxelles, en les considérant comme contemporains des ligniles soissotinais; les ligniles des bords du Rhin, de la Welieraviee^dela \Vestphalie,sont rangés dans la division moyenne ou miocène; ceux, au contraire, de la Slyrie et d'une partie de la Bubêtne, parmi les terrains récenls ou pliocènes.
Celle répartition s'accorde assez généralement avec la nature des Végétaux qui y sont contenus. Un point important seul me laisse des doutes : ce sont les ligniles des environs de Francfort ou de la Welleravie, dont les plantes sont assez généralement analogues à celles d'OICningen et de Partsclilug en Slyrie , quoique leur position géologique semble devoir les faire rapporter à un rerrain plus ancien.
Il est probable qu'une connaissance plus complète de ces divers gisements conduirait à une division en époques distinctes plus nombreuses ; mais je crois que pour le moment la division en trois époques principales, que je désignerai avec la majorité des gHdiogues sous les noms d'éocène, de miocène et de pliocène, suffit à la comparaison des cbangcmenls successifs du rèunc végétal. J'indi(incrai pour chacune d'elles les localités que j'ai cru devoir comprendre «ous ces diverses désignations.
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Quant aus caractères généraux qui résultent de l'examen comparatif deces flores, on voit d'abord que les nombres des espèces des grands ctnbrancbements se trouvent ainsi répartis dans ces trois flores.
Époque
Époque
Époque
■Cryptogames
cocene.
ani|)hi!;enes
IG
Plume, oga.nes
iTKinoci.îylcdones . .
«li
aicuiyledones
l'en
I'Jl.
gynuiospeime?. . .
aug.ospermes. . .
Totaux. .
11 faut remarquer seulement que dans la première colonne ou du terrain éocène, les fruits fossiles de l'île de Sheppey, dont une partie seulement est actuellement décrite par M. Bowerbank, ont une grande influence sur les chiffres des diverses divisions des Phanérogames, et que celte localité paraît tout à fait exceptionnelle, et nous offre peut-être un exemple du résultat de courants apportant de climats éloignés des fruits exotiques pour les accumuler $Ur Ub point des côles de l'Europe.
Sous ce point de vue, l'énuméralion des plantes de celle première époque n'est nullement comparable à celle des autres époques, oij j'ai évité même d'introduire le petit nombre de plantes fossiles des terrains tertiaires des régions équaloriales qui sont connues, pour me borner à comparer les flores tertiaires de l'Europe.
Quant aux caractères tirés des formes végéiales pendant ces trois époques, les plus remarquables me paraissent:
1" Pour l'époque éocène, la présence, mais la rareté des Palmiers, bornés à un petit nombre d'espèces
La prédominance des Algues et des Monocolylédones marines qu'on doit attribuer à la grande étendue des terrains marins pendant celle époque.
L'existence d'un grand nombre déformes extra-européennes, résultant surtout, du reste, de la présence des fruits fossiles de Sheppey.
2° Pour l'époque miocène, l'abondance des Palmiers dans la plupart des localités appartenant sans contestation à celte épo-
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que; l'existence d'un assez grand nombre de formes non européennes, et particulièrement (lu genre Steinhaucra , qui me paraît une nibiacée voisine des Nauclea , trouvée dans plusieurs localités de ces terrains.
3'^ Pour l'époque pliocène, la grande prédominance et la variété des Dicotylédones , la rareté des Monocolylédones et l'absence surtoutdes Palmiers; enfin l'analogie générale des formes de ces plantes avec celles des régions tempérées de l'Europe, de l'Amérique septentrionale et du Japon.
Un caractère remarquable des flores de ces trois époques , mais qui devient plus frappant encore pour celte dernière, dans laquelle les plantes dicotylédones sont plus nombreuses, c'est l'absence des familles les plus nombreuses et les plus caractéristiques de la division des gamopétales. Ainsi, au milieu dei empreintes si nombreuses de Parlschlug, d'OEningen , de Hœrring , de Radoboj, etc. , rien n'annonce l'eiistence des Composées, des Campanulacées , des Personnées , des Labiées, des Solanées, des Boraginées, etc.
Les seules monopélales citées en grand nombre sont des Ericacées, des llicinées, quelques Sa potées et Styracées, familles qui tiennent presque autant des dialypétales que des gamopétales.
Dans la flore miocène seulement, on indique plu.'ieurs Apocynées et le genre de Rubiacéesque je citais plus haut.