V ÉPOQUE ÉOCÈNE
Cette époque, dans ses limites les plus précises, comprend l'argile plastique avec ses lignites, le calcaire grossier parisien et le gypse qui le surmonte dans ce même bassin ; mais je n'ai pas cru devoir en séparer pour le moment quelques formations qui, d'après les travaux des géologues modernes, sont placées entre le terrain crétacé et les parties inférieures des terrains que nous venons d'indiquer : tels sont les terrains nummulitiques du Vicenlin, comprenant le célèbre gisement de Monte-Boica , et probablement quelques localités voisines, telles que Salcedo , dans le Vicentin.
J'ai joint aussi à cette flore des terrains éocénes une localité fort remarquable du bassin de Paris, dont les rapports avec les couches tertiaires ne soDt pas encore par-
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faitement déterminés : ce sont les couches de l'espèce de travertin ancien qui, près de Séznnne, reiifernient de nombreux fossiles végétaux encore non décrits et dont je signalerai ici les plus remarquahles. Ces plantes sont du reste fort particulières, et appartiennent probablement à une flore spéciale, à moins que ces dilTérences ne tiennent à une diversité de station.
Outre les diverses membres du terrain éocèiie proprement dit du biissiu de Paris, je comprends dans cette flore les fossiles du même terrain, en Angleterre, à l'île de Wight , et à l'île de Sheppey , dans le bassin de Londres. Ces derniers fossiles, consistant presque uniquement en fruits transformés en pyrite , constituent un ensemble qui n'a pas d'analogue sur d'autres points des bassins tertiaires de l'Europe, non seulement par le nombre et par la diversité de ces fruits, mais par leurs caractères tout spéciaux qui les éloignent beaucoup des plantes dont on trouve les feuilles dans les autres couches de la même époque géologique. Tout porterait donc à penser que ces fruits, quoique appartenant a des plantes contemporaines des (iépôts cocènes d'Europe , ont été apportés des contrées éloignées par des courants marins, comme des fruits sont encore apportés des régions équalorialesde l'Amérique sur les côies d'Irlande ou de Norwége par le grand courant de l'Atlantique. Le dépôt de l'île de Sheppey paraît donc un cas accidentel dans les dépôts éorènes , et le bassin de Paris ne présente aucun de ces fossiles.
Le bassin leriiairede la Belgique qui fait suite à celui de Londres, a offert, près de Bruxelles, quelques fruits fossiles très peu nombreux , mais qui paraissent identiques avec un des genres les plus abondants à Sheppey. Ce sont des Nipaditcs considérés d'abord comme une espèce de Coco , sous le nom de Cocos Durlini.
Enfin, d'après l'avis de mon savant confrère M. Elie de Beaumont, j'ai compris, dans cette même flore, les plantes contenues dans les lignites des bords de la Baltique et de la Poméramie , si riches en succin # dans lesquels ces Végétaux ont souvent été conservés. C'est aux travaux de M. Gœppett qu'on doit la connaissance de ces V'égétaus représentés le plus souvent par de très pe-
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tils fragments dont il a déterminé les rapports avec beaucoup de sagacité et d'exactitude.
Avec les matériaux recueillis dans ces diverses localités, mais dont la i)liipart sont encore inédits, on pourra construire la flore de l'époque éorène, dont la liste suivante, coniiirenant seulement les espèces décrites ou du moins déterminées, n'est qu'une ébauche.