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français et latin de ce genre. Broussonnet, qui le premier a décrit méthodiquement un Voilier, le plaça parmi les Scombres (Scomber gladius); Lacépède en a fait un genre à part sous le nom d'IsTiopnoRE , qu'il aurait dû orthographier IIistiophore ; Bloch et Shaw le rangèrent dans le genre des Espadons [ Xiphias velifer , plalypterus). Toutes ces opinions traduisent exactement les affinités des Voiliers, qui se rai)prochent, en effet, beaucoup des Espadons, dont ils ont le bec, lesquels ont des rapports naturels avec la famille des Thons. Les Voiliers sont des Poissons de très grande taille, qui se servent de leurs armes contre leurs ennemis naturels, les Baleines et autres grands cétacés; quelquefois ils prennent les vaisseaux pour ces grands Mammifères et poussent leur bec dans la cale avec tant de violence qu'il se rompt et y demeure fixé. Les muséums gardent des débris de bordages où reste enfoncé le fragment du bec qui les a traversés. Ou a décrit trois espèces de Voiliers. Quelques espèces, dont on ne connaît que le museau, sont encore indéterminées : c'est sur un de ces museaux que Lacépède établit son Xtphias cnsis, qui n'est autre que le Voilier ordinaire.
(E. Ba.)
VOITIA (nom propre), bot. cr. (Mousses). — Ce genre , de la tribu des Phascées, a été créé par Horuschuch [Commenl. de Voitia et Syslylio, p. T) , t. I ) pour une mousse astome des hautes montagnes de la Carinthie, et dont voici les caractères : Capsule ovoïde, acuminée, égale, indéhiscente, c'est-à-dire à opercule oblique persistant comme la coiffe, qui est membraneuse et cuculliforme. Une seconde espèce, originaire de l'île Melville , a été ajoutée par M. Greville. Par leur habitat sur la bouse de vache , ces mousses ont quelque rapport avec les Splachnées. (C. M.)
VOIX. anat. et PHYSioL. — Le mot Voix est quelquefois employé pour désigner les bruits divers produits par les animaux, quels qu'ils soient, et devient alors synonyme de Son. Dans cette acception, il comprend les bruits spéciaux que font enleiulre les Insectes, soit qu'ils aient pour but d'appeler, d'avertir les individus d'une même espèce, principalement d'attirer la femelle vers le mâle, comme ces bruits monotones
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qu'on appelle le Chant de ces petits êtres , et qui ne résultent que du frottement des ailes, des mandibules, des pattes, ou de quelque partie de l'enveloppe tégumentaire les unes contre les autres ; soit qu'ils accompagnent d'autres actes et n'en soient que la conséquence en quelque sorte passive , comme le bourdonnement durant le vol des Hyménoptères. Mais on réserve plus particulièrement le nom de Foix aux sons plus ou moins variés qui se forment, chez les animaux supérieurs, par le passage de l'air dans une portion déterminée de l'appareil respiratoire, dans laquelle vibre le fluide atmosphérique. Avant d'expliquer la formation de la voix, nous devons faire connaître les instruments qui sont en jeu dans ce phénomène; cette description nous est d'ailleurs imposée par les nombreux renvois qui ont promis ici le complément de plusieurs articles de ce Dictionnaire.
Chez l'Homme et chez les Vertébrés à respiration aérienne, l'appareil respiratoire consiste essentiellement en poches plus ou moins subdivisées en cellules, et qui constituent les poumons. L'air extérieur, avant d'arriver à ces organes , traverse les fosses nasales, le pharynx, puis s'engage dans un conduit spécial qui le mène aux poumons, et qu'on nomme trachée-arlère. A son extrémité supérieure, la trachée se termine et communique avec le pharynx par une sorte de caisse ou tube large et court qu'on nomme larynx; à son extrémité inférieure, elle se bifurque en deux branches que l'on désigne sous le nom de bronches. Chacune de ces bronches donne naissance, à son tour, à des divisions et subdivisions qui vont se ramifler en tous sens dans le tissu pulmonaire , et dont les derniers ramuscules s'ouvrent , en général , dans les cellules des poumons terminées en cul-de-sac.
La trachée-arlère, dont nous venons d'indiquer les limites entre le larynx et les bronches, est donc un tube aérien qui monte le long de la partie antérieure du cou. Ce conduit, chez l'Homme, est formé de seize à vingt anneaux cartilagineux, espacés de quelques milliniètres, qui en ceignent les deux tiers antérieurs; ces anneaux sont enveloppés par un tissu cellulaire fort et comme ligamenteux ou fibreux,
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qui remplit les intervalles , et les unit ensemble en complétant les parois du canal. Les bronches et leurs principales subdivisions ont de semblables anneaux, qui deviennent successivement moins réguliers, plus étroits, moins nombreux, plus écartés les uns des autres, jusqu'à ce qu'ils disparaissent enGn complètement. La face interne de la trachée et de ses branches est tapissée par la membrane muqueuse qui s'y prolonge de l'arrière-bouche, et qui va s'amincissantdans les rameaux intra-pulmonaires. On retrouve cette même structure essentielle chez tous les Mammifères, avec quelques différences plus ou moins importantes dans les dimensions et le calibre du tube, dans Id forme, le nombre et la consistance des anneaux , dans la proportion relative des bronches; mais ces détails ne peuvent trouver place ici et n'importent pas à l'objet même de cet article.
Chez les Oiseaux, la constitution delà trachée est fondamentalement la même que chez les Mammifères; cependant on y rencontre quelques particularités importantes à signaler dans cet article. Ordinairement la longueur de la trachée est proportionnelle à celle du cou et varie comme elle; mais on trouve des Gallinacés, des Échassiers, des Palmipèdes chez lesquels ce canal, plus long que ne le comporterait son trajet direct du larynx à la bifurcation des bronches, se replie, se coude de diverses manières avant de pénétrer dans la cavité pectorale. Les Pénélopes, des Grues, des Cygnes nous offrent des exemples de cette disposition. On observe aussi des dillérences remarquables dans le calibre de la trachée et des bronches, qui présentent parfois des dilatations et des rétrécissements brusques ou insensibles. Nous ne pouvons décrire toutes les modifications que la trachée présente, d'un oiseau à l'autre, dans sa mobilité, dans la consistance de ses anneaux, dans sa forme ; mais nous devons appeler l'attention sur une particularité qui a une importance spéciale pour le but que nous nous proposons ici. A l'extrémité inférieure de la trachée-artère , au point de bifurcation de ce canal , là oia commencent les bronches par des anneaux ou des dilatations osseuses ou cartilagineuses diverses, se prononce un rétrécissement qui compose
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un organe distinct désigné sous le nom df
larynx inférieur.
On retrouve dans les Reptiles la même disposiiion généraleque chez les Oiseaux; la trachée est quelquefois longue, parfois même repliée , quelquefois courte et tellement rudimenlaire qu'elle semble nulle. Les Batraciens présentent l'organe réduit souvent à un court sinus intermédiaire entre le pharynx et les poumons ; ce sinus même disparaît chez quelques uns, et les sacs pulmonaires s'ouvrent dans le larynx : il n'existe plus ni trachée ni bronches.
Le vestibule supérieur de la trachée, ce tube large et court qui communique avec l'arrière-bouche et qu'on nomme larynx , est surpendu à un petit appareil particulier, l'os hyoïde qu'il convient de décrire avant de parler du larynx lui-même.
L'hyoide (voy. atlas, Mammifèrf.s, pi. I, fig. 1 et 1') constitue une espèce de chaîne ou de demi-ceinture située en avant du cou, formée par un nombre variable d'os ou de cartilages, et suspendue au crâne par ses deux extrémités. Bien que la forme de Ihyoïde, sa structure, sa composition, aussi bien que ses fonctions et ses connexions présentent des caractères dilTérentiels nombreux et importants, on peut considérer néanmoins cette sorte de ceinture comme composée en général de trois os : un médian, qu'on appelle le corps de l'hyoïde, et qui, chez l'Homme, est presque carré, bombé en avant; et deux latéraux , grêles, continuant l'arc de la partie moyenne; et désignés sous le nom de cornes thyroïdes. Au-dessus de l'.irticulation de ces cornes avec le corps, s'élèvent les cornes antérieures ou slyhïdes, qui servent à suspendre l'appareil à la hase du crâne, par l'intermédiaire d'un ligament qui s'ossifie quelquefois et qui va s'attacher à l'apophyse styloïde du temporal. Des muscles nombreux, qu'il serait impossible de décrire ici , dépendent de l'appareil hyoïdien et sont destinés à le porter en arrière, à le tirer vers la bouche, à l'élever, à l'abaisser, à lui faire exécuter des mouvements de bascule. Du bord inférieur du corps de l'hyoïJe partent des muscles qui l'attachent au sternum ; la langue tient par sa base au corps de l'hyoïde au moyen de plusieurs muscles dont nous avons parlé en traitant de cet T. xui.
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organe {voy. langue); le larynx est suspendu lui-même à l'os hyoïde. L'appareil hyoïdien , dans sa composition aussi bien que dans ses rapports avec les organes que nous venons de nommer, offre de nombreuses variations qui ont été ramenées à un type uniforme par les habiles travaux de Geoffroy Saint-Hilaire , et dont on peut trouver l'indication dans les articles spéciaux de ce Dictionnaire. {Foy. mammifères, oiseaux , REPTILES , BATRACIENS , POISSONS , LjlNGUE , DÉGLUTITION.)
Comme nous venons de le dire , au bord inférieur de l'arc formé par l'hyoïde se fixe le larynx, lié lui-même au premier anneau de la trachée, dont il n'est que le vestibule. Chez l'Homme et les Mammifères, les parois de la cavité laryngienne sont formées par diverses lames cartilagineuses mobiles les unes sur les autres, et dont l'ensemble peut aussi se mouvoir relativement aux parties voisines. Les cartilages sont au nombre de quatre : le cricoïde, en forme d'anneau, et placé immédiatement au-dessus du premier arceau de la trachée; le thyroïde, situé au-dessus du précédent, uni à l'os hyoïde par une membrane, composé de deux plans ou ailes irrégulièrement quadrangulaires, faisant angleensemble, et formant en avant la saillie connue sous le nom vulgaire de pomme d'.4dam; enfin, les deux aryténoïdes, s'articulant sur la partie postérieure du cricoïde. Ces pièces sont articulées entre elles , et ont chacune différents muscles destinés à un jeu spécial. A l'intérieur, la membrane muqueuse qui tapisse le larynx forme, vers le milieu du cartilage thyroïde , deux grands replis latéraux dirigés d'avant en arrière, et qui laissent entre eux une fente en boutonnière nommée glotte; les deux replis, les deux lèvres de cette boutonnière, sont appelés cordes vocales ou ligaments inférieurs de la glotte. Cette dernière dénomination leur est donnée par opposition à celle de ligaments supérieurs de la glotte , sous laquelle on désigne deux autres replis analogues placés au-dessus des premiers. Les cordes vocales ou ligaments inférieurs sont assez épais; lour longueur est d'autant plus considérable que la partie antérieure du cartilage thyroïde, la pomme d'Adam , est plus saillante; à l'aide d'un petit muscle logé dans
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leur épaisseur, et des mouvements des cartilages arylénoides auxquels ils sont fixés en arrière, ils peuvent se tendre et s'approcher plus ou moins , de manière à rétrécir ou à élargir l'ouverture de la glotte qui les sépare. On conçoit qu'entre les deux plans parallèles formés par les ligaments inférieurs et supérieurs, sont compris deux enfoncements latéraux , déterminés par la saillie même des ligaments dans l'intérieur du larynx ; ces deux enfoncements sont appelés les ventricules de la glotte ou du larynx. Le rapprochement des ligaments supérieurs détermine en quelque sorte une seconde glotte au-dessus de la première , et c'est réellement à l'espace compris entre les quatre replis des ligaments qu'appartient le nom de glolle. Au-dessus de cette ouverture s'élève une espèce de languette Cbrocartilagineuse, fixée par sa base au-dessous de la racine delà langue, et nommée épiglotte; elle s'élève obliquement dans le pharynx, mais peut s'abaisser et couvrir la glotie, comme cela arrive au moment de la déglutition. Toutes ces parties exécutent des mouvements très variés au moyen de muscles spéciaux , qu'il nous est interdit de décrire dans cet article.
Chez les Oiseaux , il existe un larynx placé, comme celui que nous venons de décrire , au sommet de la trachée , et nommé larynx supérieur par opposition au larynx inférieur, situé, comme nous l'avons déjà dit, à la naissance des bronches. Le larynx supérieur des Oiseaux présente les mêmes connexions générales et la même composition essentielle que celui de l'Homme et des Mammifères, quant à la constitution de ses parois ; mais il ne s'y trouve ni cordes vocales ni ventricules. Dans l'impossibilité oîi nous sommes d'insister sur toutes les particularités que présenle cet organe , nous ferons seulement quelques remarques importantes. La glotte est formée par deux pièces osseuses, les aryténoïdes, qui ne peuvent que s'écarter ou se rapprocher, jamais se tendre ni se relâcher, comme ils le font chez les Mammifères. Cette ouverture, qui, chez ces derniers, est transverse par rapport au cylindre delà trachée, est longitudinale chez les Oiseaux ; l'épiglotte est remplacée, comme organe et pour ses fonctions, par des pointes cartilagineuses placées
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sur les bords de la glotte, et qui manquent dans plusieurs ordres.
Le larynx inférieur , situé à la bifurcation de la trachée-artère, est d'autant plus compliqué que l'Oiseau module mieux son chant. Chez les Oiseaux chanteurs , en général , ce petit appareil se compose d'une espèce de tambour osseux dont l'intérieur est inférleurement divisé par une traverse osseuse que surmonte une membrane mince en forme de croissant. Ce tambour communique, en bas, avec deux glottes formées par la terminaison des bronches , et pourvues chacune de deux lèvres ou cordes vocales. Des muscles, dont le nombre varie suivant les espèces, s'étendent entre les divers anneaux dont se composent ces parties, et les meuvent de manière à tendre plus ou moins fortement les membranes qu'ils soutiennent. Chez les Oiseaux qui ne possèdent pas la faculté de moduler les sons aussi savamment, on ne trouve plus la cloison membraneuse dont il vient d'être question; chez ceux enfin qui ne chantent pas, il n'existe plus de muscles propres du larynx inférieur, et l'état de la glotte ne peut être modifîéquepar les muscles mêmes qui modifient l'état général de la trachée.
Dans les Reptiles , on ne rencontre pas de larynx inférieur ; le larynx supérieur est assez analogue à celui des Oiseaux, et manque en général d'épiglotte.
La connaissance des organes dont la description précède va nous permettre d'exposer la théorie de la Voix.
Comme nous l'avons dit en commençant, la Voix est le résultat des vibrations de l'air atmosphérique dans une portion déterminée de l'appareil respiratoire. S'il est un point clairement établi dans la production de la Voix , c'est la connaissance de la partie des voies aériennes où cette production a lieu. Les observations recueillies sur rilomme et les animaux vivants, aussi bien que les expériences faites sur le cadavre, ont démontré que la Voix se forme dans le larynx chez l'Homme et les Mammifères, et dans le larynx inférieur chez les Oiseaux ; il est même certain que c'est dans la glotte même, ni au-dessus , ni au-dessous, que ce phénomène prend naissance.
En effet, lorsqu'une blessure ou une maladie produit une ouverture accidentelle à la
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trachée-artère d'un Homme, au-dessous du larynx , ou qu'on en pratique une à celle d'un animal, la Voix cesse; mais elle reparaît si le blessé ou le malade ferme la plaie à l'aide d'une cravate serrée autour du cou. D'un autre côté , une ouverture située au-dessus du larynx ne suspend pas la faculté de parler. Des expériences analogues faites par Cuvier sur les Oiseaux ont démontré que, chez ces animaux , c'est dans le larynx inférieur que se produit la Voix, et l'illustre naturaliste a vu une Cane dont on avait coupé tout à fait le cou marcher quelques pas, et jeter encore des cris lorsqu'on la frappait. Il résulte aussi d'expériences exactes dues à d'habiles observateurs, que c'est précisément dans la glotte que la Voix se produit : une lésion des nerfs, des muscles ou des ligaments euxmêmes, affaiblit la Voix; la destruction de ces parties l'anéantit.
Comment la Voix se produit-elle? C'est là un point du problème malheureusement moins bien éclairci et qui réclame des études nouvelles. Nous essaierons de résumer l'état actuel de la question.
Sans entrer dans les détails historiques des expériences qu'on a faites et des explications qu'on a proposées , nous rapporterons .seulement les deux opinions prin(ipale.s entre lesquelles les physiologistes et les physiciens sont aujourd'hui partagés. L'une compare l'appareil vocal aux instruments à anche; l'autre le trouve analogue aux jéclames.
Une anche est , en général , une lame vibrante mise en mouvement par un courant d'air; les ajustements divers de l'anche donnent les embouchures de basson , de hautbois, de clarinette et de tuyau d'orgue, instruments dans lesquels le son résulte des alternatives d'ouverture et d'occlusion d'un orifiie par l'anche, en vertu de l'interruption périodique du courant d'air. Le tuyau d'écoulement de l'anche influe ensuite sur le son produit, et lui donne un timbre particulier en rapport avec sa propre forme. Chez les animaux pulmonés, les poumons constituent un véritable soufflet , semblable au soufflet du tuyau d'orgue et gonflé par l'air. Dans l'état ordinaire, l'air, expulsé des poumons, traverse librement le larynx et n'y produit pas de son, de même qu'on ne fait pas rendre de
son à un instrument à vent quand on souffle simplement à plein tube. Mais quand l'air, chassé par les muscles de l'expiration, arrive dans le larynx et rencontre les ligaments de la glotte, tendus comme de petites lames pour s'opposer à son passage, il ne peut sortir sans les frotter, sans les faire entrer en vibration, sans produire un son. Cette anche à double lèvre vibre donc, ce qui donne au son plus d'intensité ; puis toute la partie susglottique , faisant ofGce de tuyau d'écoulement , imprime au son produit des modifications nombreuses dont il est plus facile do comprendre l'efl^et général que de discerner la part qu'il faut faire à chaque organe dans le résultat définitif. Pour l'Homme , les Mammifères , les Reptiles , chez lesquels la voix se forme au larynx supérieur, on peut considérer comme tuyau d'écoulement le pharynx, les fosses nasales, la bouche avec l'épiglotte, le voile du palais, les dents, la langue, l'ouverture des lèvres. Chez les Oiseaux , dans lesquels la voix se forme au larynx inférieur, le tuyau d'écoulement commence à la naissance des bronches, et comprend , par conséquent, toute la trachée.
Cette analogie entre l'appareil vocal et un instrument à anche a été admise par plusieurs physiciens habiles, tels que MM. Diot, Cagniard-Latour, Muncke; par des physiologistes, tels que MM. Magendie, Malgaigne ; par des musiciens théoriciens , tel que G. Weber. Mais Savart a émis l'opiniou que l'appareil vocal est assimilable aux peiils instruments dont les chasseurs se servent pour imiter le cri ou le chant des Oiseaux , et qu'on désigne sous le nom d'appeaux ou réclames.
Le réclame , ordinairement construit en bois , en faïence ou en métal , consiste en un petit cylindre ou tambour, dans les deux bases duquel est percée une ouverture. Four faire parler cet instrument, le chasseur aspire l'air à travers un des trous; le courant ainsi produit entraîne avec lui une partie de l'air intérieur raréfié ; celui - ci est surle-champ remplacé par l'air extérieur, qui pénètre dans la cavité du tambour; une nouvelle aspiration du chasseur produit une nouvelle raréfaction , suivie d'une nouvelle entréedéterminée par la pression extérieure, et ainsi de suite. Les vibrations accomplies par la masse d'air contenue dans le réclame,
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et alternativement raréfiée et comprimée , produisent des ondes sonores qui se répandent au dehors. Pour appliquer cctlc construction du réclame à i'org.i ne vocal , on assimile les ventricules du larynx au tambour de l'inslrument; les deux glottes, aux deux ouvertures percées dans les deux bases du tambour. L'air chassé par les poumons sort par le larynx avec une vitesse plus ou moins grande, et entraîne avec lui une portion de l'air contenu dans les ventricules ; bientôt l'air extérieur se précipite dans la cavité ventriculaire pour remplacer l'air expulsé; de là des raréfactions et condensations exactement semblables à celles qui donnent naissance au son dans les réclames.
Peut-être les deux théories que nous venons de résumer sont-elles moins contraires qu'elles ne le paraissent; peut-être aussi l'opinion de ceux qui comparent les ligaments de la glotte aux cordes vibrantes ne manquel-elle pas complètement de justesse, non plus que l'opinion de ceux qui veulent que le son soit uniquement produit par la vibralion de l'air contre l'orifice plus ou moins étroit de la glotte; mais il est aujourd'hui impossible de donner une explication complète du phénomène, dans lequel se trahissent cependant certaines lois précises de l'acoustique. L'espace nous manque pour montrer comment ces lois trouvent ici leur application; comment le ralentissement ou l'accélération dans la rapidité du courant, l'allongementou la diminution du tube aérien par suite de l'ascension du larynx , le relâchement ou la tension des cordes vocales et des fibres musculaires voisines, influent sur le Ion, c'est-à-dire sur les degrés divers du grave et de l'aigu; comment Vinlcnsilé du son ou le volume de la voix varie avec la force d'expulsion de l'air, l'étendue de la cavité dans laquelle les sons se produisent , l'amplitude des vibrations , la facilité avec laquelle les dilTérentes parties du larynx entrent en mouvement; comment enfin le timbre est lié aux propriétés physiques, à la texture, à la substance des ligaments de la glotte et des parois du larynx , à la position du tuyau vocal , à la forme de l'ouverture extérieure de l'appareil. Toutes ces questions n'ont pas encore été complètement résolues; ou a constaté seulement des faits qui
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semblent jeter quelque jour sur certains points. Ainsi la même personne ne peut faire entendre, avec une égale intensité, tous les sons produits par son larynx, ce qui tient à ce que toutes les parties de son instrument ne sont pas également bien di.<posées. L'affaiblissement qui résulte de la maladie ou de la fatigue fuit perdre beaucoup de force à la voix , parce que les muscles expiratcurs ne chassent plus l'air avec leur énergie habituelle. L'homme doit, en partie, au volume plus considérable de son larynx le caractère qui le distingue de la feinine quant à la forrc de la voix. La dureté des cartilages du larynx chez l'homme, etchezles femmes dont la voix est masculine, explique le timbre si différent qu'on remarque dans la voix quand on le compare à celui des femmes et des enfants, chez lesquels ces mêmes cartilages sont flexibles. Les sons deviennent désagréables et nasillards lorsqu'ils traversent les fosses nasales seulement; ils prennent de ia force et de l'éclat quand ils sont émis la bouche largement ouverte. Le degré de tension du voile du palais et des autres parties de l'arrière-bouche paraît exercer une influence sur la manière dont les sons se modulent. Enfin il est facile de comprendre comment la longueur et l'épaisseur des cordes vocales modifient le diapason de la voix : chez l'homme, dont la voix est plus grave que chez la femme, la saillie considérable de la pomme d'Adam donne plus de longueur aux cordes vocales; cette saillie, très faible ou nulle chez la femme, ne laisse pas une place aussi grande au développement des cordes vocales, et la voix est, par conséquent, plus aiguë. C'est parce qu'il conserve à peu près le larynx de l'enfant que l'eunuque eu conserve la voix.
Les sons produits par l'appareil vocal n'ont pas toujours le même caractère; ou distingue le cri, \e chant , la voix.
Le cri est un son ordinairement aigu et désagréable, peu ou point modulé : c'est le seul que puissent produire la plupart des animaux; l'enfant ne pousse que des cris , et l'homme apprend de ses semblables à moduler les sons et à en produire d'une nature particulière. Celle voix acquise diffère du cri par son timbre et son intensité; mais elle n'est formée que de sons dont l'oreille ne distingue pas nettement les in-
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tervalles et les rapports harmoniques. Des sons .'ipprctiables , dont l'oreille compte, pour aitisi dire, le nombre relatif de vibrations, composent le chant, !a musique.
L'homme possède aussi la faculté de niodiOer d'une manière spéciale les divers sons de sa voix : il peut articuler ces sons, et cet acte particulier est désigné sous le nom de prononciation. Les organes de la prononciation sont le pharynx, les fosses nasales, les diverses parties de la bouche, et, suivant l'action de ces. organes, le son produit dans le larynx prend tel ou tel caractère, et constitue un son articulé particulier. Les sons articulés se divisent en deux grandes classes : les voyelles , qui sont des sons permanents et simples , ne se confondant point en s'alliant à d'autres , et pouvant être produits d'une manière soutenue sans que la disposition de l'appareil de la prononciation change; les consonnes, dont le son ne peut être prolongé sans que des mouvements particuliers de l'appareil de la prononciation ne conduisent nécessairement à une voyelle, et qui ne peuvent, par conséquent, être articulées qu'en y joignant un son de voyelle. Les consonnes sont distinguées en labiales, dentales, gutturales, nasales, linguales, etc., suivant que le rôle principal dans le mécanisme de leur prononciation appartient aux lèvres , aux dents , à la gorge , au nez , à la langue, etc.
L'homme n'est pas le seul être animé qui jouisse de la faculté d'articuler les sons et de les combiner pour prononcer des mots; mais lui seul attache un sens aux mots qu'il prononce et à l'arrangement quil leur donne; lui seul est doué de la parole, moyen de communication avec ses semblables , condition d'éducation qui concourt puissamment au perfectionnement progressif de l'espèce humaine. (E.Ba.)
VOJET. MOLL. — Adanson désigne sous ce nom une espèce du genre Triton , le Trjton pileare. (E. Ba.)
VOL. zooL. — Il a été question de ce mode particulier de locomotion dans les articles OISEAUX , insectes. (E.Ba.)
*\OLBOr»THlïE (nom d'homme), min.
— Vanadate de cuivre. — Voy. vanadium.
VOLCAIV. GÉoL. — Il est peu de lois naturelles plus générales que celles qui ont présidé au développement des phénomènes
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volcaniques , à la production de certaines montagnes , et à la formation des roches et des minéraux qui les composent.
Le nom de Volcan représente à chacun le Vésuve, ce mont si souvent décrit, qui se dessine d'une manière pittoresque au fond de la délicieuse baie de Naples, ou bien le gigantesque Etna, dont le pied plonge dans une nier profonde , tandis que sa cime couverte de neige et fumante menace sans cesse de ses feux la Sicile et la Calabre. Quelque différentes que soient les dimensions de ces deux Volcans célèbres, leur forme générale est la même ; les matières qui les composent, les causes qui les ont élevés , les phénomènes qu'ils présentent, sont presque en tous points comparables : aussi l'étude de l'un d'eux peut-il facilement conduire à la connaissance de l'autre et donner, par analogie, une idée exacte, non seulement des nombreux Volcans qui brûlent à la surface des terres connues, mais de ceux plus nombreux , sans doute, qui sont en activité sous les eaux , et enfin des Volcans actuellement éteints de divers âges, dont les massifs plus ou moins démantelés et les produits plus ou moins altérés couvrent de vastes contrées (Auvergne, Eifel, Bohême, Irlande, etc.).
L'une et l'autre de ces deux montagnes volcaniques que nous citons comme exemples, isolées dans une plaine basse (la Campanie pour le Vésuve, la plaine de Catane pour l'Etna), s'élèvent d'une manière presque régulière sous la forme d'un grand cône surbaissé, qui lui-même sert de base à un cône beaucoup plus petit, à pente rapide et qui termine la montagne. Le sommet de ce cône terminal est tronqué et creusé d'une cavité conique en sens opposé, que sa ressemblance de forme avec une coupe a fait[ désigner sous le nom de cratère. C'est par. le cratère ou bouche volcanique que s'échappent presque continuellement des gaz ou des vapeurs visibles, et que parfois, et à des intervalles plus ou moins rapprochés, se font les éruptions, dont les effets majestueux et terribles causent en même temps l'admiration et l'effroi. Parfois des éruptions analogues ont lieu par des bouches qui s'ouvrent accidentellement sur les flancs du grand cône ou à sa base, et autour desquelles s'élèvent de petits cônes parasites. Il semble-
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rait, d'après ce qui précède , qu'une montagne conique comme le Vésuve et l'Eina, qui, par son sommet ou par des ouvertures sur son pourtour, lance avec bruit des matières incandescentes, représente l'ensemble des phénomènes que ion a appelés ignés ou plulonieus ; et cependant une éruption et un Volcan ne sont, pour ainsi dire, que des effets exceptionnels ou complémentaires de la grande cause à laquelle ils doivent être attribués.
Longtemps on a rapporté les phénomènes volcaniques à des causes locales, telles que des combustions ou des décompositions qui se seraient opérées dans l'épaisseur du sel, à des profondeurs variables ; aujourd'hui un Volcan n'est pour les naturalistes que l'un des nombreux accidents d'une cause générale qui se lie à l'état originaire du sphéroïde terrestre et à son état intérieur actuel. L'observation a démontré, en effet, que cette cause a son siège, non pas dans l'épaisseur du sol, mais plus bas, car les matières volcaniques sortent évidemment de dessous les plus anciens terrains, qu'elles traversent par conséquent.
Lorsque nous voyons arriver ces matières à la surface des continents , elles sont à l'extrémité de leur cours: dans leur long trajet , elles ont dû produire dans le sol des effets très différents de ceux qui se manifestent au dehors sous nos yeux. L'analyse de ces derniers effets eux-mêmes nous démontre bientôt qu'ils doivent différer de ceux qui sont produits à l'extrémité des bouches volcaniques ouvertes sur un sol inondé. Ici, des éruptions telles que celles qui caractérisent le Vésuve, l'Etna et tant d'autres Volcans continentaux ou insulaires, ne sauraient avoir lieu, pas plus que l'établissement des cônes de cendres; évidemment les matières refroidies dans le sol , celles qui sont épanchées ou projetées sous l'eau ou au contact de l'air, ne peuvent offrir les mêmes caractères et se disposer de la même manière après leur projection.
Ainsi , un Volcan tel que le Vésuve et l'Etna n'est que l'un des effets de la cause ignée ou volcanique; mais cet effet, tout exceptionnel qu'il est , est le plus appréciable pour nous , celui qu'il nous est le plus facile d'observer, et dont l'étude peut, comme nous l'avons dit, nous conduire par
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analogie à comprendre les résultats nécessairement bien différents de la même cause.
Quels sont donc les effets nombreux et variés de la cause générale qui élève les montagnes volcaniques et nous offre comme terme ou complément le grand spectacle des éruptions?
Les secousses qu'éprouve le sol; ses dislocations, qui ont souvent pour résultats l'affaissement et l'élévation de certaines de ses parties ; l'ouverture de fentes» de gouffres; la sortie, par ces solutions de continuité, d'eaux thermales et minérales , de gaz variés, et enGn de matières fragmentaires solides, de matières fluides incandescentes qui s'écoulent , s'épanchent ou sont projetées avec bruit et violence par les ouvertures béantes: tels sont les effets nombreux et variés de la grande cause ignée ou plutonienne.
Nous nous bornerons à résumer ici les principaux faits et phénomènes qui se rapportent spécialement à l'histoire des Volcans.
La cause ignée ou volcanique est profonde; son siège est inférieur au sol, c'est-à-dire à la partie consolidée de l'enveloppe terrestre. Pour qu'elle produise des effets dans l'épaisseur du sol ou à sa surface, il faut que celui ci soit disloqué, divisé, traversé enGn par des fissures ou cheminées qui mettent en rapport sa face inférieure avec sa surface. Les tremblements de terre, qui sont probablement dus à des contractions, des retraits et des tassements des matières consolidées du sol, donnent lieu à ces divisions et ouvertures.
Trouvant des fissures, des vides pour se loger, les matières fluides incandescentes, soumises à une pression moindre , se dilatant, et changeant même peut-être dénature par la réaction de leurs éléments, pénétrent le sol et le traversent dans tous les sens; elles s'y refroidissent, s'y consolident, en modifiant par leur haute température, par leur nature, les roches avec lesquelles elles se trouvent en contact (dykes, filons, métamorphisme).
Si ces matières gazeuses ou fluides traversent la totalité du sol, alors elles s'échappent ou s'épanchent au dehors; mais les effets sont bien différents si les bouches de sortie sont submergées, ou bien si elles s'ouvrent à l'air.
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Volcans sous-marins. — Sous l'eau , les matières gazeuses ou fragmentaires projetées dans une masse liquide agitée, dont la résistance et la pression sont en raison de son épaisseur, se dissolvent ou sont entraînées par les courants et déposées plus ou moins loin des points d'émission; alors elles donnent lieu à des couches sédimentaires (ou tufs). Les matières fluides incandescentes (ou laves) s'épanchent autour des orifices de sortie d'une manière plus ou moins régulière, mais de telle sorte cependant que le premier épanchemcnt sur un sol horizontal construit une masse discoïde, conique, dont la bouche d'émission fait le centre. En effet, la matière visqueuse, Uuente , s'arrête nécessairement à une distance à peu près égale, à partir de ce centre , et elle conserve plus d'épaisseur au point d'épanchement qu'à la circonférence du disque formé. Que des sédiments de matières scoriacées ou fragmentaires sorties par les mêmes bouches et tenues en suspension par les eaux; que des sédiments argileux, arénacés, des débris de Mollusques et de Polypiers, recouvrent le premier disque de laves; qu'un second manteau de lave consolidée par le refroidissement recouvre le sédiment aqueux, alors un cône très surbaissé, composé de strates alternativement solides, compactes ou tufacés et même de couches argileuses et fossilifères , pourra s'élever lentement du fond des mers les plus profondes jusqu'à leur surface. Un volcan sous-marin pourra ainsi persister et s'accroître pendant des siècles sans que rien n'annonce son existence. L'île Julia, qui en juillet 1831 parut au sein de la Méditerranée, n'était que le sommet d'un immense (une submergé qui avait comblé une mer de plusieurs centaines de brasses de profondeur. Plus de cent ans avant 1831, et à plusieurs reprises, on avait remarqué quelques émanations de gaz , vu des bulles de vapeurs à la surface des eaux , ressenti en mer des secousses, entendu des bruits qui démontrent l'existence dans le même lieu d'anciennes cheminées volcaniques.
Volcans atmosphériques. — Lorsqu'une bouche volcanique se trouve au contact immédiat de l'air, les effets doivent évidemment changer, bien que la cause reste la même: et nécessairement un volcan atmos-
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phérique doit différer d'un volcan sousaqueux par sa forme, par l'état des matières dont il est composé , par les phénomènes qui accompagnent et suivent la sortie de ces matières. Il doit arriver souvent aussi que ces deux sortes de volcans se superposent, l'un servant de base à l'autre. Beaucoup de montagnes volcaniques qui, par suite de l'immersion générale du sol, dominent aujourd'hui nos continents de toute leur hauteur, ont commencé à s'élever sous les eaux. La base du Vésuve et celle de l'Etna sont sans doute dans ce cas, et ainsi peut s'expliquer la grande différence que présentent la composition, la structure et la forme du grand cône fondamental de chacun de ces volcans avec celles de leur cône terminal.
Lorsqu'une bouche volcanique s'ouvre à l'air, les gaz qui se dégagent s'élèvent sans obstacle directement dans l'atmosphère. Si les chemins qui leur donnent issue sont encombrés de fragments du sol, ceux-ci sont lancés en débris plus ou moins atténués par les gaz d'abord comprimés; ces matières retombent autour de la bouche par laquelle elles sont sorties; elles y élèvent un premier bourrelet qui devient l'élément d'un cône, car chaque jet ou éruption qui succède donne lieu à des dépôts successifs qui se recouvrent. Si la cheminée, si l'espèce de cirque conique évasé que circonscrit le bourrelet, et qui devient le cratère, se remplit de matières fluides incandescentes, le contact de l'air refroidit et consolide la surface de la colonne liquide; les gaz et vapeurs qui traversaient cette dernière sont arrêtés par cette pellicule figée; ils sont comprimés de plus en plus jusqu'à ce que l'accroissement de la force d'expansion l'emporte sur la résistance de la pellicule : celle-ci se fend , elle est brisée; les gaz en lancent dans l'air, avec détonation , les morceaux incandescents, qui, retombant en gerbe, couvrent les parois du cône qu'ils exhaussent d autant. Tel est le phénomène des éruptions. En s'échappant avec violence, les gaz et vapeurs élèvent avec eux de la matière fluide qui, plus ou moins divisée dans l'air, s'y refroiditet retombe sous forme de bombes volcaniques ou de poussière cristalline qu'on nomme cendres. C'est ainsi qu'une grande période d'éruptions se compose d'un nombre infini d'éruptions succès-
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eives, et nécessairement intermittentes avec des moments de repos apparents; c'est ainsi que chaque principale éruption forme un cône composé de couches concentriques en nombre égal au nombre des éruptions composantes.
Lorsque la matière fluide incandescente qui s'élève dans les cheminées volcaniques s'y refroidit et s'y consolide, elle forme des filons, des dykes , ainsi que nous l'avons déjà dit; ces dykes et filons se croisent, ils se coupent et coupent les strates conoides qui constituent le cône : il résulte du tout un réseau souvent inextricable au premier aspect, mais dont on parvient à débrouiller la complication.
Lorsque la cause qui élève la lave diminue d'intensité ; lorsque l'ascension de celle-ci s'arrête , le refroidissement la consolide graduellement de la surface vers l'intérieur ; les canaux se bouchent, le Volcan reste en repos jusqu'à ce que l'équilibre entre la force d'ascension et la résistance soit rompu de nouveau, ou , plus exactement, jusqu'à ce que de nouvelles dislocation du sol viennent remplacer les anciennes cheminées obstruées : de là , la multiplication des bouches et des cônes secondaires (à l'Etna plus de 200) et l'intermittence des phénomènes volcaniques.
La durée des temps de repos n'a rien de fixe : le Vésuve, qui, chaque année aujourd'hui, a des éruptions plus ou moins violentes, a eu des périodes de tranquillité de plusieurs siècles, et depuis plus de 2,000 ans le Stromboli ( îles Lipari ) n'a cessé d'avoir des éruptions et des émanalions gazeuses, à huit ou dix minutes d'intervalle.
Avant l'année 79 de J.-C, lors de la fameuse éruption qui causa la mort de Pline, et détruisit Herculanum et Pompéi, les populations avaient perdu tout souvenir de l'aclivilé du Vésuve. A cette époque , d'après la description de Strabon, cette montagne était un cône simple présentant à son sommet une large dépression ; elle était couverte alors de forcis habitées par des animaux sauvages ; rien n'annonçait au vulgaire un Volcan , bien que ce qui reste de la composition de cette montagne et de sa slrucUire ne puisse laisser de doute sur sou origine volcanique et sur son mode de
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formation par une suite d'émissions de matières fragmentaires, ou fluides, sur un sol submergé.
En 79, après d'épouvantables tremblements de terre , le sol fut fissuré de nouveau; les matières gazeuses et fluides tendant à profiter de ces ouvertures pour s'éthapper , il leur fallut vaincre la pesanteur des laves consolidées et des scories qui formaient l'ancien cône; après un grand effort, elles finirent par lancer dans l'atmosphère, avec d'effroyables détonations, une grande partie du cône lui-même réduit en poussière. C'est là celle immense gerbe, en forme de pin , si bien décrite par le neveu de Pline, qui obscurcissait l'air, et enveloppait dans des tourbillons de vapeurs et de cendres les êtres assez imprudents pour approcher d'un tel foyer de destruction. Les débris de l'ancien cône, ainsi lancés, retombèrent au loin avec la pluie orageuse, dont l'éruption même déterminait la production; ils couvrirent la campagne et enfouirent des villes entières qui disparurent alors, comme Pompéi, Herculanum et Stables, et dont nous observons aujourd'hui avec tant de curiosité les monuments conservés sous ce manteau volcanique. La monlagne, évidée dans son centre par celte immense éruption , fut réduite à un vaste cirque , dont la base du cône formait l'enceinte, et dont l'escarpement regardait l'intérieur: c'est celle enceinte, encore en partie a|)parenle. qui conslitue la Somma, montagne circulaire séparée par une vallée également circulaire {altio del Cavallo) qui entoure les trois quarts nord-est du Vésuve actuel. Celui-ci, en effet, n'est qu'un cône qui, depuis l'année 79 , s'est élevé et s'élève journellement dans la cavité de l'ancien cône , de même qu'à chaque éruption un petit cône s'élève dans le cratère acluel. De novembre 1831 à mars 1832 , l'auteur de cet article a vu une montagne conique de 60 pieds de haut se former graduellement au fond du cratère du Vésuve par une suite d'éruptions assez faibles pour qu'il ait pu approcher jusque sur les bords du nouveau cône, et être témoin des projections de cendres et de laves, dont la vue et l'observation ont servi de base aux opinions auxquelles il s'est arrêté relativement à l'ensemble des phénomènes volcaniques.
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Un cône volcanique , entouré des débris d'un ancien cône de matières également de nature volcanique, est donc une disposition pour ainsi dire normale, et qui doit se retrouver dans beaucoup d'autres Volcans.
En effet, le grand Volcan de Ténériffc, celui de Palma, le Stromboli, Vulcano, Sanlorin , Baren-Island , etc., etc., parmi les Volcans brûlants, présentent cette disposition que l'on remarque dans un grand nombre de Volcans éteints , disposition qu'un célèbre géologue a cru devoir expliquer par le soulèvement autour d'un axe de dépôts (l'abord placés horizontalement, et dont les lambeaux redressés auraient laissé entre eux une cavité centrale ; ce qui a conduit à distinguer dans les Volcans les cratères de soulèvement des cratères d'éruption. Pour M. de Buch, la Somma est le bord d'un cratère de soulèvement, et le Vésuve offre, au contraire , l'exemple d'un cône et d'un cratère d'éru(iiion. Nous avons successivement expliqué comment nous concevons l'existence actuelle de la Somma , la disposition inclinée des strates volcaniques qui la composent, et comment nous ne pourrions comprendre la disposition primitivement horizontale de ces mêmes strates de nature volcanique. Au surplus, ce n'est pas ici le lieu de traiter cette question , qui ne pourrait l'être sans de grands développements. Nous dirons seulement que l'on a cité comme un exemple de la formation de cônes volcaniques, et de cratères de soulèvement par l'étoilement du sol et le redressement de ses lambeaux autour d'un axe, l'apparition de l'île Julia, en 1831, dans la Méditerranée. Nous avons visité cette île; nous avons étudié de la manière la plus scrupuleuse sa composition, sa structure; nous avons acquis sur les phases de son élévation successive, sur celles de sa disparition, des documents qui ne nous permettent pas de douter qu'elle n'ait été un cône d'éruption , formé par l'accumulation de cendres volcaniques retombées de l'atmosphère, dans laquelle elles avaient été projetées. L'observation ne nous a pas moins démontré , à nous comme à un célèbre géologue allemand , Fr. Hoffmann , dont la science déplore la mort prématurée, que le Monte Nuovo de la baie de Pouzzoles, que les nombreux cratères des champs Phlégréens
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ne sont non plus ni des cônes , ni des cratères de soulèvement.
Lorsque la matière fluide arrive à l'extrémité des canaux dans lesquels elle s'élève, alors elle s'épanche et coule : c'est dans ce cas qu'elle prend le nom de lave. Il existe un grand nombre d'observations en apparence contradictoires relativement aux conditions d'écoulement des laves sur des plans plu« ou moins inclinés, sur la rapidiip*^'* î»,^r marche, sur la lenteur de leur refroidissement, sur la forme que prennent les coulées, les caractères physiques des roches produites, etc. Sans vouloir expli<iuer les contradictions apparentes qui ont donné lieu à des opinions divergentes, nous nous bornerons à exposer quelques faits dont les conséquences découlent d'elles-mêmes et peuvent expliquer beaucoup d'autres faits, ou du moins préparer de nouvelles observations.
La Consistance de la lave est toujours supérieure à celle d'un fluide aqueux : c'est une matière qui coule à la manière du plomb fondu, du suif, de la cire ou d'une pâte plus ou moins dense; quelquefois elle suinte, pour ainsi dire, à l'extrémité des bouches volcaniques, ou se déverse lentement et cotnuie goutte à goutte, par-dessus les bords, d'uu cratère rempli; d autres fois elle sort avec impétuosité, et cela arrive surtout lorsqu'un cratère plein de lave se perce près de son fond : alors la lave s'écoule comme un liquide par le robinet d'un tonneau rempli, c'est-à-dire avec la vitesse que lui imprime le poids de la masse liquide supérieure. Si la lave sort des flancs d'un volcan par une ouverture circulaire étroite, elle coule comme une source, et produit, en se refroidissant, une coulée étroite, une sorte de boudin allongé; si elle sort par une fente horizontale, elle peut former une nappe aussi large que la fente est longue. Si les bords d'un cratère sont de niveau et solides, le trop-plein qui débordera pourra couvrir tout le cône d'un manteau non interrompu. Si les bords de ce cratère sont échancrés en une ou plusieurs places, la matière fluide qui s'échappera par ces échancrures, comme par les déversoirs des gouttières, produira autant de coulées étroites; la lave fluide, douée d'une grande vitesse, ne s'arrêtera pas sur des plans inclinés de 10, 5, 3 degrés; la lave visqueuse et pâteuse
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formera , sur des plans inclinés de 20, 40, 100 degrés, des enduits qui se superposeront sur une grande éjjaisseur, à la manière des stalaciites et des albâtres.
En coulant, les laves se refroidissent plus au contact du sol et à celui de l'air que dans le centre de la masse coulante; les parties refroidies, solidifiées, sont entraînées en roulant sur elles-mômes, et en augmentant de volume ( lormation des Scories). Lorsqu'elles se refroidissent, les bulles de gaz s'échappent à travers la matière demi -fluide (Bulles). Si le refroidissement des masses lortement comprimées est plus ou moins rapide ou lent, la même matière peut prendre l'aspect du verre (Obsidienne) ou de la pierre (Basalte).
Les priiduits volcaniques actuels de toutes 1rs contrées, considérés d'une manière générale, sont identiques entre eux et même avec les produits de la cause ignée de toutes les époques. Sous le rapport de leur composition élémentaire, ils sont tous des silicates dans lesquels la silice entre pour 4 à 9 dixièmes, et est combinée avec l'alumine, la magnésie, quel()ue peu de chaux, de potasse et de soude, et des oxydes de fer. Les principaux minéraux peu diiïérents qui résultent de la combinaison de ce petit nombre d'éléments, tels que le quartz, le feldspath, le mica, l'amphibole, le pyroxène, se rencontrent ensemble sur tous les points de la terre et dans les produits ignés de toutes les époques; seulement les roches avec quartz, feldspath potassique et mica (Granités), abondent plus dans les produits anciens; le feldspath sodique, l'albite, dans les produits des volcans éteints (Trachytes), et les roches pyroxéniques dans les plus modernes (Basaltes), mais sans qu'il y ait de limite tranchée : une même contrée volcanique, une même montagne (Vésuve, Etna) présente înème successivement des produits spécifiquement dilTérenls.
('es dernières considérations ont pour but de mnnirer que les phénomènes des Volcans modernes, ceux que l'on peut observer au Vésuve et à lEtna, se lient a ceux des produits ignés les plus anciens; mais pour bien comprendre comment on arrive à reconnaître une analogie entre des effets actuellement si dilTérents, il faut procéder, comme le Tait un archéologue qui compare un monu-
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ment antique avec un palais moderne. S'il ne considérait de l'habitation moderne que la nature et la forme de sa toiture, que ses bois de charpente, la menuiserie, les ornements qui la décorent, les meubles qui la garnissent, il ne verrait rien de comparable dans le monument antique ; mais qu'il descende dans les fondations, qu'il dépi>ui!le les murs des accessoires qui les masiiucnl , et alors il pourra établir des points de comparaison. Faites par la pensée ce que les eaux , le temps et les mouvements du sol produiront sur le Vésuve, c'est-à-dire supposez enlevées toutes les matières meubles qui entrent dans la composition de son cône actuel ; ravinez, disloquez ce cône, réduisezle à quelques lambeaux de roches qui ont résisté par leur solidité, vous aurez ces massifs basaltiques, porphyriques,ces dykesque l'on trouve sur tant de points de la surface de la terre, et que l'on rattache si difficilement a un système volcanique. Sup|>ost'Z que le sol inférieur au cône actuellement visible de l'Etna soit brisé, et que vous puissiez en voir des tranches sur 200 à 300 mètres d'épaisseur : les racines des coulées qui ont sillonné les flancs de l'Etna depuis plusieurs siècles, traversant le sol ancien, le modifiant , s'étant refroidies sous une énorme pression loin du contact ije l'air, ne se confondraient-elies pas, par leur nature et leur disposition , avec les roches du sol que nous appelons primitif?
Dire que la production des cônes volcaniques, des cendres, des scories caractérise les époques géologiques nouvelles , n'est-ce pas comme si l'on disait que les toits des maisons sont d'invention moderne , ainsi que la poussière et la boue de ims maisons et de nos rues, parce que l'antiquité ne nous a rien laissé de semblable? Pourquoi les sables des déserts, ces cristaux microscopiques de quartz , n'auraient ils pas été les cendres volcaniques lancées par les cratères des Volcans qui ont produit les roches granitiques, comme les cristaux d'albite et de pyroxène composent les cendres des Volcans trachytiques et basaltiques?
Nous terminerons par cette réflexion , qu'il n'est presque aucune question géologique qui, consi.lérée philosophiquement, ne vienne appuyer cette doctrine, que l'observation des phénomènes actuels peut aider
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à comprendre, et expliquer la plupart de
ceux des temps les plus éloignés. — Voy. géologie el TERRAINS. (Constant Prévost.)
VOLCANIQUES (terrains), géol. — Foy. terrains, tom. XII, pag. 514.
VOLITANTIA. mam, - Illiger adoptait ce nom pour désigner le groupe des Mammifères ailés, les Chauves-Souris. (E. I3a.)
VOLKAIHER. Volkanieria (dédié à J. George Volkaiiier, botaniste de Nuremberg, du xvii* siècle), bot. ph. — Genre de la famille des Verbénacées , de la didjnamie-angiospermie dans le Système de Linné, formé par ce célèbre bolaniste , mais fortement restreint dans ces derniers temps. En elTet, de toutes les espèces assez nombreuses que les botanistes y avaient successivement fait entrer, une seule avait conservé le nom générique de Volkamier, et ce n'est que récemment que deux autres nouvelles espèces oui été jointes à celle-là. Les autres plantes qui avaient été décrites comme des Volkameria sont aujourd'hui comprises dans le genre Clerodendron , R. Brown , genre tellement voisin , du reste , que M. Schatjer, dans son travail monographique sur les Verbénacées ( in DC. Prodr., vol. XI , p. 656), déclare que, vu la grande ressemblance qui existe entre plusieurs espèces de ces deux groupes génériques, notamment entre le Volkameria aculeala el le Clerodendron ineime, on est obligé de faire violence à la nature pour établir une séparation entre les deux. Les Volkamiers sont de grands arbrisseaux et de petits arbres des parties chaudes de l'Amérique, des Antilles, à feuilles opposées; à fleurs caractérisées par un calice campanule, quinqué- Cde , par une corolle dont le limbe présente 5 divisions, par un ovaire à quatre loges uni-ovulées, qui devient une drupe à deux noyaux osseux et creusés chacun de deux loges, tandis que chez les Clerodendron chaque loge de l'ovaire donne un noyau distinct el à une seule loge. L'espèce type de ce genre est le Volkamiku aiguillonné, Volkameria aculeata. Lin., petit arbre des Antilles et de l'Amérique équatoriale , à feuilles opposées ou verticillées par trois , ovales, acuminées, entières, luisantes en dessus, portées sur un pétiole court; après la chute des feuilles, leurs coussinets forment des aiguillons sur ses rameaux. Ses
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fleurs blanches, dont le tube a 2centim . environ de longueur, forment des cymes axillaires triflores, qui se groupent en une sorte de corymbeaiillaire, trichotome. Ou cultive celte plante en serre chaude, dans une terre substantielle et consistante, et en l'arrosant assez abondamment. Elle fleurit pendant tout l'été et une partie de l'automne. Ou la multiplie de boutures. (P. D.)
*VOLK!\IAIVI\IA. BOT. Foss.— Voy. végétaux FiissiLES, tom. XIII, pag. 100.
n'OLPLLUS. INS.— Genre de Coléoptères pentamères , tribu des Hydropliiliens , fondé par M. Brullé(l/(S/. nat. des Ins., t. V, p. 283) sur deux espèces de l'Ile Maurice : les V. inflaius et œncus de l'auteur. (C.)
*\'OLTAITE, Scacchi. min. — Sulfate double de peroxyde et d'oxydule de fer renfermant 16 pour 100 d'eau , et que l'on a trouvé en cristaux octaèdres d'un vert foncé ou de couleur noire dans les cornues qui servent à la disiillation du soufre à la solfatare de Pouzzoles. (Del.)
*V0LTIJI>E. Vollula. arachn. — V-'o/fus, genre de l'ordre des Acarides , de la famille des Cheylélides, établi par M. Heyden dans le journal VIsis, mais dont les caractères n'ont pas encore été présentés. (H. L.)
♦VOLTZIA. BOT. Foss. — Voy. végétadx FOSSILES, tom. Xlll, pag. 123
* VOLTZI\E , Fournet. min. — Nom donné, en l'honneur de M. Voitz, ingénieur des mines, à un oxy sulfure de zinc, trouvé dans les mines des Rosiers, près Pongibaud, dépailement du Puy-de-Dôme. Il se présente en petits mamelons testacés, divisibles en écailles très minces, d'un rouge de tuile passant au jaune ou au brun, d'en éclat perlé dans le sens des couches , et gras ou vitreux dans le sens transversal. Il est composéd'un atomed'oxyde deziuc cl de quatre atomes de monosulfure de zinc. Au chalumeau, la Voitzine se comporte comme U blende ; elle est soluble dans l'acide chlorhydrique , avec dégagement d'hydrogène sulfuré. (Del.)
VOI.UBILAIRE. Volubilaria {volubilis, aisé à tourner), bot. cr. — ( l'hycées.) C'est encore un de ces genres fomlés par Lamou roux dont les physiologistes étrangers n'ont pas voulu tenir compte, bien qu'il eût une priorité de six années sur le Dichjmenia , mal à propos écrit Did^omenia. Aussi, dans
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la Flore d'Algérie, où nous avons donné une figure analytique de la fruclification conceptaculaire du V. mediterranea ( t. XVI , f. 2 ), avons-nous fait nos efTorts pour revendiquer en même temps, pour le nom, la justice qui lui est due. Entraîné par l'exemple , nous avions nous-même négligé de lui rendre cette justice à l'article Dictyménie de ce Dictionnaire, auquel nous renvoyons. (M.)
VOLUBILIS. BOT. PH. — Nom vulgaire de VIpomea purpurea, Lamk., ou Pharbilis hispida, Choisy. — Voy. l'atlas dece Dictionnaire. (D. G.)
VOLL'BLE CD VOLUBILE. Volubilis.
BOT. — On donne le nom de tiges volubles ouvolubiles à celles qui, s'alloiigeant beaucoup et ne pouvant se soutenir par ellesmêmes, sont douées de la propriété de s'enrouler autour des corps placés à côté d'elles. Telles sont celles de la Bryone, du Haricot, du Houblon, du Boussingaullia, etc. Le sens dans lequel se Tait l'enroulement est constant dans chaque espèce, généralement aussi dans un même genre et une même famille. La spirale décrite par la tige monte tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche. Dans le premier cas, la tige est voluble dextrorsum; dans le second, elle est voluble linislrorsum. Cette propriété de s'enrouler en spirale autour des corps est inhérente à la nature même des plantes qui en ont été pourvues, de telle sorte que lorsqu'une de ces plantes ne rencontre pas à sa portée de corps étranger qu'elle puisse enlacer, elle forme de nombreux replis en revenant plusieurs fois autour de ses premières portions. On remarque aussi que, lorsqu'on essaie d'empêcher une tige voluble de se contourner en spirale, elle souffre, languit et finit même par périr. (Pour plus de détails, voy. PHYSIOLOGIE, art. 4, § 2.) (D. G.)
VOLUCELLA. mau. — Ncm spécifique de l'Assapanick , espèce de Polatoucbe de l'Amérique du Nord. — Voy. polatoucue.
VOLUCELLE. Vo{ucella{volucer, léger).
INS. — Geoffroy (Histoire nat. des Insectes, 1766) a indiqué sous ce nom un genre de Diptères de la famille des Brachystomes , tribu des Syrphies , adopté par tous les auteurs, et formé aux dépens des Syrphus de Fabricius.
Ou ne connaît qu'un petit nombre d'es-
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pèces de ce genre. M. Macquart en décrit sept, dont quatre seulement propres à l'Europe. Nous ne citerons que la V. bombylans Meig., Latr. (Syrphus bombylans, Fabr., Fall.), qui est jaune brunâtre, et se trouve assez communément dans toute l'Europe , au mois de juin, sur les Églantiers. \E. D.)
VOLUCREPIS. BOT. PH. — Genre proposé par Dupetit-ïhûuars pour VEpidendrum volucre. (D.G.)
VOLUPIE. Volupia. moll. — Voy. l'article VENDS. (E. Ba.)
♦VOLUSIA. INS. — M. Robineau-Desvoidy ( Myod., 1830) a créé sous celte dénomination un genre de l'ordre des Diptères, famille des Athéricères, tribu des Muscides , remarquable principalement par sa face et son front très étroits et très resserrés. L'auteur n'y place qu'une espèce ( V. nilida), qu'il n'a trouvée qu'une seule fois, aux environs de Saint- Sauveur (E. D.)
VOLUTA. Moi.L. — Voy. volute.
*VOLlJTARIA. BOT. PH. — Cassini avait proposé d'abord sous ce nom, ensuite sous celui de l'olularella, un genre distinct et séparé pour \eCenlaureii Lippii, Lin., et deux autres. Ce genre n'a pas été adopté, et il rentre comme synonyme dans le genre Amberboa, Pers., section des Chryséidées DC, dans la famille des Composées, tribu des Cynarées. (D. G.)
VOLUTE. Voluta{volutus,Toi}]é). moll.
— Linné créa ce genre pour réunir toutes les coquilles dont la columelle est marquée de plis distincts. Sur ce caractère artificiel , qui excluait tous les autres sans traduire en rien l'organisation de l'animal, se forma un ensemble peu homogène masquant des affinités que des observations postérieures devaient dégager. Le genre Volute de Linné devint ainsi un groupe de genres correspondant assez exactement à la famille des Culumellaires.de Lan!arck,et généralement à celle des Vuluiides de M. d'Orbigny {voy. voLUTmEs); il fournit, par son démembrement , les types de plusieurs genres : les Olives, les Mitres, les Auricules, les Tornatelles, les Pyramidelles, les Turbinelles, les Cancellaires, les Fasciolaircs, les Colomlielles , les Marginelles, les Volvaires, les Aiicillaires,etc. (t;oi/. volutides), la plupart considérés par Cuvier cotnme des sous-gentes des Volutes de Linné. Ré-
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duiles par ces emprunts aux simples proportions d'un genre ou d'un sous-genre, les Volutes sont cependant nombreuses encore; on en compte plus de cent espèces, la plupart remarquables par leur grandeur et leur beauté, \ivant sur les fonds sablonneux des parties tranquilles de la plupart des mers.
L'animal des Volutes est de forme ovale, contenu à peine dans sa coquille; le pied est liés grand , débordant la coquille de tout côté; la tête est distincte, munie de tentacules assez courts, triangulaires, oculés a la partie externe de leur base; la bouche est portée à l'extrémité d'une trompi: épaisse , garnie de dents en crochets. La coquille est ovale, oblongue ou ventrue, à spire courte et à sommet obtus. La bouche de cette coquille est allongée, à bords simples, non dilatés , et présente en avant une forte échancrure. La columelle est marquée de plis très prononcés et obliques. Les plus gros lie ces plis sont les plus inférieurs, caractère qui distingue les Volutes des Mitres, dans lesquelles la disposition contraire a lieu. Cependant on rencontre dans l'un et l'auire genre des espèces à plis égaux qu'on ne saurait trop auquel des deux rapporter, si l'on ne se laissait guider par le faciès: ce sont là des transitions qui conduiront peut-être , quand elles seront corroborées par d'autres indications, à la fusion des deux genres.
Quelques savants, et M.deBlainville entre autres, ont voulu séparer génériquement du genre Volute de Lamarck, caractérisé comme nous venons de le faire, les espèces très ouvertes, dont la spire est complètement ou presque complètement cachée par le dernier tour; dont l'animal, à pied charnu sans opercule, porte sur la lêie un voile, aux côtés duquel sortent les tentacules. Le type de ce genre, nommé Cymlium par Monlforl , Cymba par Sowerby, serait I'Yet d'Adanson. Mais s'il est vrai que la comparaison d'animaux placés aux deux points extrêmes des deux genres qui résulteraient de cette distinction paraisse justiûtr l'idée d'une coupe générique, il n'est pas moins évident qoe le rapprochement de diverses espèces mixtes indique qu'il ne faut admettre ici d'autre genre que le genre Volute. Peut-être y a-t-il matière à une subdivi-