IV. TYPES OCÉANIENS
A l'Asie indo-chinoise se rattache de la manière la plus directe une population nombreuse qui, de la presqu'île de Malaca , s'est répandue dans toutes les grandes et petites iles de la mer des Indes jusqu'à la région polynésienne et au voisinage de l'Australie, occupant le vaste district maritime qui a reçu de M. Lesson le nom de Malaisie, et quelques archipels voisins, notamment celui des Carolines. Les Malais ne sont pas les seuls ni même, semble l il, les
plus anciens habitants de ce district; ils pa raissenl l'avoir conquis sur des races refoulées aujourd'hui dans les montagnes ei que nous retrouvons ailleurs,.
1. Malais. Le type malais dérive évidemment du type chinois ou du moins en reproduit les traiis principaux. C'est ce qu'on voit d'abord pour les crânes, qui ont la largeur, l'aplatissement antérieur des crânes mongols, leurs os malaires écartés, etc., mais avec un prognathisme plus ou moins sensible. L'obliquité de la fente palpébrale se retrouve ici; le nez est plus ou moins large, les lèvres grosses et saillantes; on remarque, en général, l'élévation et même souvent la direction avancée du front. Les Malais sont de petite taille, mais bien faits, robustes, avec des membres qui rappellent plus les formes des Indous que celles des Chinois. Ils ont le teint d'un jaune plus ou moins bruni, chez les personnes exposées aux intempéries, et qui pâlit jusqu'au blanc européen, chez les femmes qui passent leur vie à l'abri du soleil. Les cheveux ont la raideur et les teintes noires qu'ils offrent dans les races de la haute Asie; rarement sont-ils d'une autre couleur que le noir. L'industrie des Malais, leur activité commerciale les a fait nommer les Phéniciens de l'Océanie.
2. Polynésiens. Les habitants des nombreuses îles de la Polynésie parlent des langues de la même famille que celles de la Malaisie, et cependant nous ne retrouvons plus chez eux les caractères physiques des Malais proprement dits. Il y a même entre les Polynésiens une assez grande variété sous ce rapport, et il parait difficile d'indiquer un type polynésien. Cependant M. Lesson nous donne les Taïtiens comme les représentants de ce qu'il y a de plus général dans la caractéristique de ces peuples frères. Soit qu'on considère les crânes, soit qu'on ait égard à la tête revêtue des parties molles, nous trouvons ici de beaux traits, un beau développement du front, en un mot, ce qui distingue le type européen ; si ce n'est que la face serait proportionnellement un peu forte, le nez un peu large, la mâchoire supérieure et les lèvre? sensiblementsaillantes, corn )arés aux beaux exemplaires de la variété caucasique.
Les insulaires des Marquises, avec IpsTnrticus, sont les mieux partages pour tout
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l'ensemble (Je la laraclérislique. Les uns et li-s autres sont grands, bien faits, d'une physionomie agréable ; celle des Taïiiens est, ■ au rapport de M. Lesson, empreinte d'une (grande douceur. La peau est d'un brun oli- \àtre, peu foncé chez les femmes. Leurs dieveux sont le plus souvent noirs, quelquefois bruns ou même plus clairs, et même les enfants sont assez ordinairement blonds.
Les habitants des Marquises portent, en général, la barbe très longue.
Les Polynésiens de l'archipel d'Hawaii ou Sandwich ont des formes moins belles que les précédents. La coupe des yeux est plus mongole, le nez plus épaté, les lèvres plus saillantes et plus grosses, et, chez les (,'rands, on remarque des cheveux courts et «repus , avec un teint assez foncé, même dès la naissance. On dirait que ces îles renferment deux races; car le peuple diffère des chefs par une taille petite et des formes grêles, aussi bien que par des cheveux lisses et UD teint jaune.
Les habitants des lies Tonga sont de grande taille, plus robuste qu'élégante; mais ils ont des traits plus européens que les précédents; les nez romains ne sont pas rares chez eux, elles lèvres n'ont, en général, qu'une médiocre épaisseur. Leurs cheveux sont droits, grossiers, quelquefois frisés ou crépus.
Somme toute, les peuples qui, du continent asiatique, leur patrie d'origine, se sont répandus d'abord dans les grandes îles dépendantes de ce continent, puis dans la région tout à fait maritime de l'océan PaciDqiic, peuples qui parlent des idiomes de même famille et auxquels il faut joindre les habitants de la Nouvelle-Zélande, nous offrent, dans leurs traits, un double caractère. D'une part, ils font retour du type mongol vers le type caucasien, sans toutefois atteindre celui-ci; puis ils mêlent souvent à leur physionomie quelque peu du prognathisme que nous avons vu chez les nègres d'Afrique et que nous allons retrouver chez d'autres habitants de la Malaisie et chex ceuz des terres australes.
3. Nègres océaniens. Depuis les îles Andanian, dans le golfe de Bengale, jusqu'aux premiers archipels polynésiens qui suivent, à lest, la Nouvelle Guinée, en comprenant la péninsule malaise, les Philippines, etc., on
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rencontre des peuplades noires, aux cheveux courts et laineux, au nez épaté, aux grosses lèvres, aux mâchoires avancées, en un mol, aux traits nègres. En général , ces races prognathes vivent à l'état sauvage, dans les régions écartées et montagneuses. Une des Philippines en possède un nombre prédominant, qui lui a valu le nom d'île des nègres. Si, par leur physionomie, les nègres pélagiens se rattachent aux races africaines, ils s'en séparent nettement par leurs langues, qui sont malaises et polynésiennes. Aucune tradition ne permet de remonter à l'origine de ces tribus, parmi lesquelles on observe beaucoup d'hommes de très petite taille, et en général des formes grêles. Les habitants à peu près détruits de la terre de Diémea sont bien voisins de ce type.
■4. Alfourous , Papous, Australiens. Les grandes Iles de l'océan Indien, la Nouvelle- Guinée, l'Australie nous offrent encore des races assez différentes des précédentes et des Malais, mais qui se ressemblent par un prognathisme plus ou moins remarquable. Telle est d'abord la race des Alfourous ou Haraforus. Des pommettes saillantes, un nez épaté, des dents très proclives, de gros yeux, des membres grêles, disproportionnellement longs, des cheveux longs, abondants, lisses^ une barbe roideel épaisse, la peau d'un noir n:n sale, teissontles détails du portraitque nous trace M. Lessoii de quelques Alfourous de la Nouvelle-Guinée qu'il a pu observer. Des caractères assez analogues se retrouvent chez les habitants de la Nouvelle-Hol> lande, race misérable donlPéron et Lesueur nous ont donné de bons spécimens. Mais pour assurer que les Alfourous et les Australiens forment une même race, il faudrait tout au moins savoir si les divers peuples réunis sous ces dénominations parlent des idiomes de même origine.
Quant aux Papouas, à cette population singulière delà Nouvelle-Guinée et de quelques îles voisines, qui se fait remarquer par une énorme chevelure frisée, c'est une race mixte qui provient d'un croisement des Malais avec des nègres pélagiens, lesquels sont aussi désignés quelquefois, mais à tort, par ce même nom de Papouas. '
On voit que, si les Polynésiens nous offrent un retour du type extrême de la haute Asie vers le type moyen des peuples dEu-
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rupe, les peuplades iiirérieures de la Mulaisie et de l'Australie dérivent, à divers (iet;rés, vers les traits et les formes des Africains, et que quelques unes poussent la ressemblance jusqu'aux caractères de la chevelure. Toutes ces races prognathes sont descendues à la condition sociale la plus misérable.